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BELGICATHO

  • Soixante ans de Nostra aetate : ce que la nouvelle Note vaticane cite et ce qu’elle laisse de côté

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    D'InfoVaticana :

    Une mémoire sélective : ce que la nouvelle Note vaticane cite et ce qu’elle laisse de côté

    17 septembre 2026

    On a appris depuis longtemps que les documents du Vatican se lisent deux fois : une fois pour le texte et une autre pour les notes, et que c’est souvent la seconde lecture qui compte vraiment. Le document par lequel trois dicastères célèbrent les soixante ans de Nostra aetate récompense cette habitude comme peu d’autres. Il cite ses sources avec générosité et s’arrête, avec la ponctualité d’un horloger, juste avant la phrase où ces sources parlaient de la vérité. Ensuite, il déclare caduque la fermeté que cette vérité soutenait. Et pour finir, il propose comme chemin pastoral une pratique que les mêmes sources excluaient. Trois mouvements, un seul geste.

    Il s’intitule « Un chemin d’espérance », est daté du 16 septembre et porte les signatures des cardinaux Fernández (celui que, nous disaient les enthousiastes, Léon allait foudroyer en quelques heures après l'habemus papam), Koch et Koovakad, à la tête de la Doctrine de la Foi, de l’Unité des chrétiens et du Dialogue interreligieux, avec leurs trois secrétaires. Sous les signatures, deux lignes supplémentaires : « Ex Audientia, 22 juin 2026 » et « Léon PP XIV ». C’est le même schéma avec lequel François a souscrit Fiducia supplicans, et il n’y a aucune raison de l’oublier maintenant que le signataire est un autre. Le Pape a approuvé le texte et en a ordonné la publication, et Donum veritatis enseigne que les documents de la Doctrine de la Foi expressément approuvés par le Pape participent de son magistère ordinaire. La même instruction admet que certains documents magistériels peuvent ne pas être exempts de déficiences. On s’accroche à cette admission. Il faut dire d’emblée ce qu’il ne contient pas, car on n’écrit pas pour le chasseur d’hérésies. Il ne nie rien de façon expresse. Il affirme que le Christ est l’unique Rédempteur, veut un dialogue « libre d’ambiguïtés » qui évite « le relativisme et le syncrétisme » et écarte une grande religion mondiale dans laquelle toutes les croyances seraient mises au même niveau. Il l’écarte, certes, « par respect pour soi-même et pour les autres », ce qui est un motif bien aimable pour rejeter ce que l’on rejetait auparavant parce que c’était faux. Le problème de la Note ne réside pas dans ce qu’elle dit. Il réside dans ce qu’elle fait de ce que d’autres ont dit.

    Elle commence par le Concile lui-même. La Note rappelle que l’Église « ne rejette rien de ce qui, dans ces religions, est vrai et saint » et qu’elle regarde avec estime leurs « manières d’agir et de vivre, les préceptes et les doctrines ». Elle s’arrête là. Nostra aetate ne s’arrêtait pas : elle ajoutait que ces préceptes et doctrines sont considérés avec respect « même s’ils divergent en beaucoup de points de ce qu’elle professe et enseigne », et aussitôt après que l’Église « a le devoir d’annoncer constamment le Christ ». Lorsque la Note revient plus loin sur ce numéro, l’obligation d’annoncer est devenue « l’exigence de fidélité à Jésus-Christ ». Fidélité et annonce ne sont pas synonymes. On peut être fidèle en silence, et le Concile ne demandait pas le silence.

    Avec Paul VI, l’opération est plus fine. La Note loue les cercles concentriques d’Ecclesiam suam, cette géométrie du dialogue qui, selon elle, « s’est révélée programmatique », et renvoie en note au passage où ils sont tracés. Dans ce même passage, en arrivant à ceux qui adorent Dieu dans d’autres religions, Paul VI avertissait qu’il ne fallait pas les regarder comme si toutes étaient équivalentes et déclarait, par loyauté, sa persuasion « que la vraie religion est unique, et que c’est la religion chrétienne ». La Note cite le cercle et saute le centre. C’est comme citer le Credo jusqu’à « créateur du ciel et de la terre » et considérer le reste comme récité.

    Avec Jean-Paul II, la méthode se répète. La Note apporte en note de bas de page l’audience générale du 22 octobre 1986, cinq jours avant Assise, et prend de son numéro 5 une phrase aimable sur des religions qui, après avoir causé des divisions, veulent contribuer à la paix. Elle ne prend pas la phrase immédiatement antérieure, qui rappelait les divergences de fond qui les séparent. Ni le numéro 2, où le Pape affirmait que c’est seulement dans le Christ que les hommes peuvent être sauvés. Ni le 4, où il expliquait pourquoi à Assise il n’y aurait pas de prière commune : on pouvait être présent pendant que les autres priaient, mais on ne peut pas « prier ensemble ». La formule retenue pour la journée fut d’être ensemble pour prier. On garde la distinction, car elle reviendra.

    Dominus Iesus s’en tire encore plus mal. Elle n’apparaît qu’une seule fois, dans une note, sans numéro de paragraphe, comme on mentionne dans un faire-part le parent avec lequel on ne se parlait plus. N’apparaît pas son numéro 22, selon lequel les non-chrétiens peuvent recevoir la grâce divine, mais se trouvent objectivement « dans une situation gravement déficitaire » face à ceux qui possèdent dans l’Église la plénitude des moyens de salut. Jean-Paul II a confirmé cette déclaration « avec une conscience certaine et de son autorité apostolique ». Cette Note porte la formule ordinaire : le Pape l’a approuvée et en a ordonné la publication. Quod non est in actis non est in mundo, disent les canonistes. La Note applique l’aphorisme à ses propres sources.

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  • Le catholicisme, une « religion minoritaire » en France ?

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    Le catholicisme, une « religion minoritaire » en France ?

    À quelques jours de l’arrivée du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre 2026, un constat s’impose dans les analyses des spécialistes : le catholicisme n’est plus la religion dominante qu’il fut pendant des siècles. Plusieurs sociologues et historiens le décrivent désormais comme une religion devenue, ou en train de devenir, minoritaire, surtout chez les jeunes générations.

    Selon les données de l’enquête European Values Study (EVS) de 2018, souvent citées par les chercheurs, environ 45 à 48 % des Français âgés de 60 ans et plus se déclarent encore catholiques. Chez les 18-29 ans, ce chiffre s’effondre à 15 %. Dans cette tranche d’âge, les « sans appartenance religieuse » dominent (près de 39 %), suivis des athées (28 %), tandis que les musulmans se situent autour de 13 %. Globalement, seuls 30 à 32 % des Français se disent aujourd’hui catholiques, contre 70 % en 1981. La pratique dominicale, elle, stagne à un niveau très bas, de l’ordre de 1,5 à 2 % de la population.

    Yann Raison du Cleuziou, professeur de science politique à l’université de Bordeaux et spécialiste reconnu du catholicisme contemporain, parle de « transition minoritaire ». « Le catholicisme a longtemps été en déclin tout en restant majoritaire. Aujourd’hui, ce déclin le conduit à devenir minoritaire, mais seulement dans certains segments de la société », explique-t-il. Cette recomposition s’accompagne d’une intensification de la pratique et de l’identité chez ceux qui restent fidèles : un « entre-soi » plus marqué, des communautés plus structurées, parfois plus traditionalistes ou charismatiques.

    La sociologue Céline Béraud, dans son ouvrage Une religion parmi d’autres (PUF, 2025), souligne de son côté que le catholicisme se trouve « dans une situation d’entre-deux ». Il conserve une présence sociale « diffuse » – jours fériés, patrimoine architectural, couverture médiatique – mais perd progressivement les privilèges institutionnels qui étaient les siens lorsqu’il était majoritaire. « La pluralité religieuse tend à le déplacer du côté du lot commun », analyse-t-elle.

    Ce n’est pas pour autant une disparition. Plusieurs observateurs notent un paradoxe : en devenant minoritaire, le catholicisme gagne en visibilité. Il se distingue davantage de la norme séculière dominante. On assiste aussi à des signes de renouveau localisé : hausse des baptêmes d’adultes et d’adolescents ces dernières années, dynamisme de certaines communautés, y compris issues de l’immigration.

    La visite du pape Léon XIV, attendue par des centaines de milliers de personnes à Paris, Lourdes et Metz, intervient précisément dans ce contexte. Elle met en lumière à la fois l’effondrement quantitatif de l’affiliation catholique et les dynamiques de recomposition en cours. Pour beaucoup d’experts, l’enjeu n’est plus de reconquérir une majorité perdue, mais d’apprendre à vivre et à témoigner comme une minorité religieuse dans une société profondément sécularisée.

    Dans la « fille aînée de l’Église », le catholicisme n’est plus le cadre culturel quasi naturel qu’il fut. Il devient une option parmi d’autres – une religion minoritaire, certes, mais encore capable de mobiliser et de surprendre.

    (avec l'IA)

  • Un évêque courageux

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    D'Austin Ruse sur le CWR :

    Un évêque qui montre la voie

    L’évêque Michael Francis Burbidge du diocèse d’Arlington, en Virginie, mène la lutte pour empêcher deux changements radicaux dans la constitution de l’État.

    L'évêque Michael F. Burbidge d'Arlington (Virginie) s'est exprimé récemment au sujet de deux amendements proposés à la Constitution de Virginie. (Image : Capture d'écran / YouTube)
    Les électeurs de Virginie sont appelés à se prononcer sur deux amendements à la constitution de l'État. Tous deux se situent à l'avant-garde de la révolution sexuelle.

    Et l'évêque Michael Francis Burbidge du diocèse d'Arlington mène la lutte pour les arrêter.

    Non seulement on inscrirait l'avortement sur demande dans la Constitution de Virginie , ce qui est inutile puisque l'avortement est déjà légal dans cet État, mais on autoriserait également le personnel non médical à pratiquer des avortements, et ce jusqu'au terme de la grossesse. Sans oublier que les mineurs pourraient interrompre l'avortement sans la surveillance de leurs parents.

    L'autre amendement inscrirait le mariage homosexuel dans la Constitution , ce qui est également inutile puisque le « mariage homosexuel » a été imposé à notre pays par la Cour suprême des États-Unis. Ce même amendement protégerait « l'idéologie du genre » dans la Constitution de Virginie.

    Ce sont parmi les initiatives référendaires les plus radicales du pays. Les démocrates n'en ont besoin que pour provoquer les catholiques et les autres chrétiens.

    En temps normal, ce serait une période où la voix de l'Église serait la seule à se faire entendre, ou bien où des laïcs organisés prendraient la parole, les évêques restant pour la plupart silencieux.

    C’est assurément le cas en Virginie actuellement, mais nous constatons également que l’évêque d’Arlington prend l’initiative.

    Il y a quelques semaines, l'évêque Burbidge a lancé une campagne « Votez Non » sur le site web du diocèse. C'était déjà remarquable. Puis, il a demandé aux 70 curés de paroisse de s'engager pour faire échouer ces amendements. L'évêque a envoyé des tracts, des pancartes et des affiches, et a demandé à ses hommes de les afficher dans leurs paroisses. La plupart l'ont fait. Dimanche dernier, il leur a demandé de lire une lettre de sa part sur ce sujet à chaque messe !

    « Nous tous, en Virginie, serons bientôt confrontés à de très graves menaces juridiques qui pèsent sur le caractère sacré de la vie humaine et la sainteté du mariage. Durant la prochaine période électorale, du 18 septembre au 3 novembre, deux initiatives dangereuses seront soumises au vote de tous les électeurs. »

    Il s'est adressé directement à tous les catholiques : « Premièrement, je vous demande d'être des disciples fidèles et de vous engager à voter en visitant CatholicVoteno.com, où vous pourrez vous informer et partager la vérité sur ces initiatives légitimes et radicales. Deuxièmement, je vous demande de vérifier votre inscription sur les listes électorales et de vous organiser pour aller voter dès ce vendredi 18 septembre, date du début du vote anticipé. Je vous encourage vivement à voter tôt afin de pouvoir exercer votre droit de vote lors de cette élection cruciale. »

    Il organise même des bénévoles pour envoyer 400 000 cartes postales personnelles demandant aux catholiques de voter non.

    C'est tout simplement stupéfiant. Nous, catholiques, sommes habitués à la timidité des évêques face aux prises avec des positions politiques radicales. Ils craignent d'être taxés de « guerriers culturels » et de franchir, d'une manière ou d'une autre, cette ligne sacrée et illusoire censée séparer l'Église et l'État. Certes, l'évêque nous assure que l'Église est apolitique et que cette élection ne porte pas sur les personnes, mais sur les enjeux. Mais même cela est sidérant.

    Mais cela ne nous surprend pas vraiment dans le diocèse d'Arlington. Notre évêque n'est pas un militant culturel, mais il est aussi courageux, à sa manière discrète et persévérante.

    Il y a plusieurs années, quasiment seul parmi les évêques, il a publié une lettre catéchétique contre l'idéologie du genre . Il affirmait que personne ne peut naître dans le mauvais corps. Il disait même qu'il ne fallait pas se laisser abuser par de faux pronoms.

    Les fidèles doivent éviter d'utiliser des termes ou des pronoms « affirmant le genre » qui expriment une approbation ou renforcent le rejet de la vérité par la personne concernée. Refuser d'utiliser un tel langage n'est ni dur ni moralisateur. Dans la société en général, les catholiques peuvent subir une forte pression pour adopter une terminologie culturellement approuvée. Cependant, nul ne doit être contraint d'utiliser un langage contraire à la vérité. Le droit de dire la vérité est inhérent à la personne humaine et ne peut être remis en cause par aucune institution humaine. Les tentatives de l'État, des entreprises ou des employeurs pour imposer un tel langage, notamment par des menaces de poursuites judiciaires ou de licenciement, sont injustes. Nous devons aimer dans la vérité, et la vérité doit être fidèlement exprimée par nos paroles. Parallèlement, la clarté doit toujours être au service de la charité, dans le cadre d'une volonté plus large de conduire les personnes vers la plénitude de la vérité.

    Ce diocèse est tout à fait particulier. Petit par la taille, il n'en est pas moins dynamique. Plus de 50 hommes étudient et se préparent à la prêtrise. Un grand diocèse ne pourrait pas en compter autant. Nous avons ordonné 12 prêtres l'an dernier. Actuellement, 46 hommes et femmes sont en formation pour la vie religieuse.

    Il y a une dizaine d'années, j'ai siégé quelques années au comité d'examen diocésain. Nous n'avons pratiquement jamais eu affaire à des accusations d'agressions sexuelles. Il n'existe pas ici de sous-culture de prêtres homosexuels. Un prêtre, fervent défenseur de l'association Rainbow Zeus, a organisé une réunion Zoom avec une paroisse il y a plusieurs années. Alerté, l'évêque Burbidge nous a assuré que cela ne se reproduirait plus jamais.

    Certes, Mgr Burbidge a dû faire preuve d'une grande habileté. Lorsque le pape François a injustement restreint la messe traditionnelle en latin, Mgr Burbidge a réduit le nombre de messes célébrées de 21 à 8, soit 13 de moins. Trois de ces huit messes sont restées dans les églises paroissiales, tandis que les cinq autres ont été déplacées. Cette décision a suscité une profonde tristesse parmi les catholiques attachés au rite traditionnel. Il est à noter que l'évêque a maintenu deux de ces messes près de Washington, D.C., où l'archevêque a pourtant interdit la messe traditionnelle. Mgr Burbidge aurait pu les maintenir dans des paroisses plus éloignées, jusqu'en Virginie-Occidentale, mais il ne l'a pas fait. Il les a conservées à proximité de Washington, D.C. Enfin, récemment, et pour la première fois, la Fraternité Saint-Pierre a été autorisée à intervenir dans le diocèse pour accompagner les fidèles assistant à la messe traditionnelle.

    Prenons l'exemple des tables de communion. Elles ont été arrachées partout dans le pays. À Arlington, elles n'ont même pas été installées lors de la construction de toutes ces églises modernes et laides. Mais dès son arrivée en 2016, Burbidge a autorisé leur utilisation et leur installation. Plusieurs ont été mises en place, ou d'autres sont désormais utilisées. Et vous savez quoi ? Les fidèles les apprécient, communiant à genoux et sur la langue.

    Et malgré toutes ces églises laides, l'évêque Burbidge a entrepris l'an dernier de rénover l'architecture de sa propre cathédrale Saint-Thomas-More (elle n'était pas complètement affreuse, mais elle l'était quand même). Comme me l'a dit un ami : « Il est même parvenu à transformer une cathédrale objectivement laide en un édifice évoquant l'esthétique Tudor, ce qui n'est pas une mince affaire. »

    Et toutes les nouvelles églises en construction sont classiques, magnifiques, telles que devraient être les églises, et non pas comme ces églises futuristes construites ici lors de la fondation du diocèse il y a 50 ans. Ce diocèse est remarquable.

    Et voici notre évêque. C'est lui qui montre la voie.


  • Saint Lambert, patron du diocèse de Liège (17 septembre)

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    Buste-saint-Lambert.pngSa biographie par Godefroid Kurth (Biographie nationale T. IX pp. 143 et suiv., publiée par l'Académie royale des sciences, des lettres et des Beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1897). (source)

    LAMBERT (Saint), LANDBERTUS, LANTPERTUS, LANDEBERTUS, naquit à Maestricht pendant le second quart du VIIe siècle. Ses parents, qui étaient riches et chrétiens de longue date, semblent avoir fait partie de l'aristocratie de cette ville. Un remaniement de sa première biographie donne à son père le nom d'Aper, et à sa mère celui de Herisplendis ; mais le texte primitif de ce document ne nous a pas conservé leurs noms.

       Lorsqu'il eut atteint l'âge des études, son père le confia aux soins de saint Théodard, alors évêque de Maestricht, qui, comme tous les prélats de l'époque, dirigeait l'éducation des jeunes clercs de son diocèse. La cour royale siégeait parfois à Maestricht. Lambert eut l'occasion d'y vivre dans l'entourage du roi et d'y être remarqué de lui. On ne sait ce qu'il faut croire de l'assertion d'un écrivain du Xe siècle, d'après lequel son premier maître aurait été un prêtre romain du nom de Landoald (voir ce nom), qui aurait vécu quelque temps avec son disciple à Wintershoven, dans une ferme de ses parents, où des miracles auraient fait éclater les vertus de l'enfant. Ce qui est certain, c'est que, de bonne heure, Lambert paraît avoir eu un rang élevé dans le clergé de Maestricht, et y avoir rallié, grâce à sa famille et à ses qualités personnelles, un grand nombre, de sympathies. Lorsque, en 668 ou 669, saint Théodard périt assassiné dans le pays de Spire, ce fut Lambert qui, au dire de la Vita Theodardi, alla redemander ses ossements aux habitants de cette contrée.

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  • Les évêques prennent le patronage de la Marche pour la Vie (Slovaquie)

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    De kath.net/news :

    Les évêques catholiques prennent le patronage de la Marche pour la vie/Slovaquie

    17 septembre 2026

    L'an dernier, le diocèse de Bratislava avait déjà assumé le patronage ; celui-ci sera prolongé cette année.

    Bratislava (kath.net/pl) « Nous, évêques, avons accepté avec joie le patronage de la Marche nationale pour la vie, à laquelle nous invitons chacun à Bratislava le dimanche 20 septembre. » C’est ce qu’ont écrit les évêques catholiques de Slovaquie dans leur lettre pastorale concernant la Marche nationale pour la vie, qui aura lieu à Bratislava le 20 septembre 2026. L’année dernière, le diocèse de Bratislava avait également accepté le patronage de cette manifestation pro-vie.kath.net avait signalé).

    kath.net publie la lettre pastorale des évêques locaux de tous les diocèses slovaques concernant la prochaine « Marche nationale pour la vie 2026 », lue dans toutes les églises le dimanche 13 septembre 2026 :

    Chers frères et sœurs,

    Les conflits armés nous obligent à réfléchir de toute urgence à la valeur de la vie humaine. Nous sommes douloureusement conscients de l'absurdité des morts de soldats et de civils, victimes des ambitions de pouvoir de certains. Mères en pleurs, veuves, sœurs endeuillées et enfants orphelins sont les conséquences dévastatrices de guerres où, au final, tout le monde perd et où les plus faibles sont les plus durement touchés. « La colère et la fureur sont abominables ; le pécheur s'y attache », lit-on dans le livre de Sirach.

    Sainte Thérèse de Calcutta a illustré avec justesse les liens profonds entre l'agressivité manifeste et l'agressivité latente d'une personne lorsqu'elle a reçu le prix Nobel de la paix il y a près de cinquante ans. Devant une salle silencieuse remplie de personnalités influentes, elle n'a pas hésité à exprimer avec calme et fermeté de profondes vérités sur la vie : « À notre époque, l'avortement est le plus grand fléau de la paix, car c'est une guerre ouverte – un meurtre direct commis par la mère elle-même. Si une mère peut tuer son propre enfant, que peut-on attendre d'autre que ma capacité à vous tuer et la vôtre à me tuer ? Il n'y a aucune différence entre l'avortement et un meurtre mutuel… »

    En ce sens, l’Évangile selon Matthieu (Mt 18, 21-35) nous présente l’exemple troublant du serviteur impitoyable : un débiteur qui, malgré la bonté de son maître et le pardon de sa dette, se montre cruel envers ceux qui lui doivent quelque chose. Au fond, cet exemple renvoie la balle à tous ceux qui jouissent du don de la vie mais le refusent aux autres. « Nous sommes là, soulignait Mère Teresa dans ce discours, parce que nos parents nous ont désirés. Nous aussi, nous désirons nos enfants et nous les aimons. Mais qu’en est-il des millions de personnes tuées par l’avortement ? »

    L’évocation du chiffre de « millions » pourrait rappeler le fait largement rapporté que le nombre d’avortements en Slovaquie est en baisse. Bien sûr, chaque enfant sauvé est une nouvelle merveilleuse et unique. Mais les enfants ne sont pas de simples statistiques ; il n’en demeure pas moins que chaque enfant, en tant qu’être humain à part entière, mérite d’être protégé dès sa conception. Des mesures concrètes de soutien aux mères en situation de crise doivent poursuivre cet objectif – tout comme la législation – à savoir, protéger la vie de la conception à la mort naturelle. Dans l’esprit de l’appel de l’Évangile à « aller au large » (Luc 5, 4) – et conscients de notre propre péché –, nous sommes, bien entendu, également attentifs au contexte plus large. Derrière la décision tragique d’avorter se cachent souvent la peur et l’angoisse – mêlées à des sentiments d’impuissance, de solitude ou de pression de la part du partenaire. L’Église ne souhaite pas condamner les femmes dans une telle situation ; elle cherche plutôt à les accompagner et à les soutenir. Reconnaissant la beauté de la maternité et l'importance du courage et de la responsabilité qu'exige la paternité, nous soutenons toutes les personnes confrontées à un choix moral personnel et leur offrons un large éventail d'aides. Parallèlement, nous reconnaissons la nécessité de protéger la vie après la naissance, notamment celle des mères qui, parfois, ne bénéficient pas de conditions de travail dignes pour élever leurs enfants.

    C’est pourquoi, nous, évêques, avons accepté avec joie le patronage de la Marche nationale pour la vie, à laquelle nous invitons chacun à Bratislava le dimanche 20 septembre. Il est important d’y participer avec un profond sentiment de liberté intérieure, afin d’exprimer collectivement notre respect pour la vie humaine et son Créateur. Respect de la maternité – personnelle, paisible, compatissante et libre de tout intérêt commercial. Respect du mariage – qui ne requiert aucune précision telle que « entre un homme et une femme », puisque d’autres formes d’union ne sauraient constituer un mariage. Respect de la parentalité, y compris le droit garanti d’élever ses enfants conformément à la loi divine et naturelle. À de nombreuses reprises et dans divers passages de l’Évangile, Jésus souligne que l’amour du prochain ne s’improvise pas. Il ne doit pas être occasionnel ni fragmentaire. Lorsque le Seigneur nous appelle à pardonner « soixante-dix-sept fois » – et l’exige de chacun sans exception –, il affirme que l’amour est une attitude universelle : universelle dans le temps et l’espace, s’étendant à tous sans exception. C’est pourquoi, par amour pour les plus vulnérables, entreprenons ensemble ce voyage : comme pèlerins et compagnons, pour qui chaque personne est chère.

    Les évêques catholiques de Slovaquie vous accordent leur bénédiction. Bratislava, le 3 septembre 2026.

    Ah si les évêques belges pouvaient en prendre de la graine !

  • Hildegarde de Bingen, prophétesse et docteur de l'Eglise (17 septembre)

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    HILDEGARDE DE BINGEN, PROPHÉTESSE ET DOCTEUR DE L’ÉGLISE

    Hildegarde de Bingen, prophétesse et docteur de l’Église

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) est une religieuse bénédictine allemande du Moyen Âge devenue Docteur de l’Église en 2012, notamment grâce à ses écrits dans lesquels elle raconte ses visions. Elle est aujourd’hui très connue pour ses connaissances exceptionnelles en matière d’alimentation et de médecine naturelle notamment.

    Sainte Hildegarde, sous la plume d’Emmanuelle Martin, responsable de l’école Sainte-Hildegarde à Fallais (Belgique) (source) :
     
    Une enfant extraordinaire. Je m’appelle Hildegarde. Je suis née à Bermersheim, en Rhénanie (Allemagne), le 16 septembre 1098 sous le Saint Empire romain germanique. Mes parents s’appelaient Hildebert et Mechtilde et j’étais leur dixième enfant. Ils me vouèrent à Dieu dès ma naissance, comme on offre la dîme à l’Église. Ils étaient nobles et ne manquaient pas de richesses, mais ce sont de richesses spirituelles que Dieu, à qui je fus vouée, me combla dès mon plus jeune âge. « Depuis mon enfance, lorsque mes os, mes nerfs et mes veines n’étaient pas encore développés (…) j’ai toujours dans mon âme le don de voir. Dans la vision, mon esprit, selon la volonté de Dieu, s’élève dans les hauteurs célestes porté par les différents courants… tout ce que j’ai vu ou appris dans ces visions, j’en garde le souvenir. Je vois, j’entends et je connais et j’apprends ce que je connais en un même instant. »[i] « Dans la 3e année de mon jeune âge, je vis une lumière tellement grande que mon âme en fut effrayée, mais à cause de mon jeune âge, je n’ai rien pu expliquer. » [ii] Mes parents se rendirent compte très tôt de ce que leur dernière petite fille avait des dons extraordinaires. Ainsi, lorsque j’avais 5 ans, je dis un jour à ma nourrice devant une vache prête à mettre bas : « Regarde, comme il est joli le petit veau, blanc et marqué de nombreuses taches sur le front, les pattes et le dos. »[iii] Le veau naquit comme je l’avais décrit. Je compris un jour que j’étais seule à voir tout cela après avoir posé des questions à ma nourrice qui me dit ne rien voir de ce que je voyais. Alors, je fus saisie d’une grande frayeur et je n’osais plus en parler à personne. Pendant longtemps, très longtemps, « jusqu’au moment où Dieu a voulu que par sa grâce cela fut manifesté, j’ai caché tout cela sous un paisible silence »[iv]. Ma santé était très fragile, j’étais une enfant chétive et je le restai toute ma vie. Dieu m’a expliqué plus tard qu’il voulait m’abaisser afin que je ne m’enorgueillisse pas de tous ces dons.

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  • Sainte Hildegarde de Bingen, une grande prophétesse (17 septembre)

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    Benoît XVI, lors des audiences générales des mercredis 1er et 8 septembre 2010, a consacré deux catéchèses à l'évocation de sainte Hildegarde de Bingen :

    Chers frères et sœurs,

    En 1988, à l’occasion de l’Année mariale, le vénérable Jean-Paul II a écrit une Lettre apostolique intitulée Mulieris dignitatem, traitant du rôle précieux que les femmes ont accompli et accomplissent dans la vie de l’Eglise. «L'Eglise — y lit-on — rend grâce pour toutes les manifestations du génie féminin apparues au cours de l'histoire, dans tous les peuples et dans toutes les nations; elle rend grâce pour tous les charismes dont l'Esprit Saint a doté les femmes dans l'histoire du Peuple de Dieu, pour toutes les victoires remportées grâce à leur foi, à leur espérance et à leur amour: elle rend grâce pour tous les fruits de la sainteté féminine» (n. 31).

    Egalement, au cours des siècles de l’histoire que nous appelons habituellement Moyen Age, diverses figures de femmes se distinguent par la sainteté de leur vie et la richesse de leur enseignement. Aujourd’hui, je voudrais commencer à vous présenter l’une d’entre elles: sainte Hildegarde de Bingen, qui a vécu en Allemagne au XIIe siècle. Elle naquit en 1098 en Rhénanie, probablement à Bermersheim, près d’Alzey, et mourut en 1179, à l’âge de 81 ans, en dépit de ses conditions de santé depuis toujours fragiles. Hildegarde appartenait à une famille noble et nombreuse, et dès sa naissance, elle fut vouée par ses parents au service à Dieu. A l’âge de huit ans, elle fut offerte à l’état religieux (selon la Règle de saint Benoît, chap. 59) et, afin de recevoir une formation humaine et chrétienne appropriée, elle fut confiée aux soins de la veuve consacrée Uda de Göllheim puis de Judith de Spanheim, qui s’était retirée en clôture dans le monastère bénédictin Saint-Disibod. C’est ainsi que se forma un petit monastère féminin de clôture, qui suivait la Règle de saint Benoît. Hildegarde reçut le voile des mains de l’évêque Othon de Bamberg et en 1136, à la mort de mère Judith, devenuemagistra (Prieure) de la communauté, ses concours l’appelèrent à lui succéder. Elle accomplit cette charge en mettant à profit ses dons de femme cultivée, spirituellement élevée et capable d’affronter avec compétence les aspects liés à l’organisation de la vie de clôture. Quelques années plus tard, notamment en raison du nombre croissant de jeunes femmes qui frappaient à la porte du monastère, Hildegarde se sépara du monastère masculin dominant de Saint-Disibod avec la communauté à Bingen, dédiée à saint Rupert, où elle passa le reste de sa vie. Le style avec lequel elle exerçait le ministère de l’autorité est exemplaire pour toute communauté religieuse: celui-ci suscitait une sainte émulation dans la pratique du bien, au point que, comme il ressort des témoignages de l’époque, la mère et les filles rivalisaient de zèle dans l’estime et le service réciproque.

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  • Robert Bellarmin (fêté aujourd'hui) affirmait déjà le droit de résister à une loi injuste

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    Le droit de résistance passive et active à une loi injuste (source : missel.free.fr)

    L’encyclique Evangelium vitæ (25 mars 1995) relance le débat sur la résistance passive aux lois injustes (prudemment appelée objection de conscience) et la race des journalistes mondains qui parlent de tout sans en rien connaître, ont cru y découvrir une nouveauté. Il m’a semblé intéressant, puisque nous célébrons la fête de saint Robert Bellarmin[1], de nous rappeler ce qu’il enseignait du droit de résistance passive et active à une loi injuste.

    C’est la révolte des Vénitiens contre Paul V (1606)[2] qui força Robert Bellarmin à exposer ses idées sur la légitimité de la résistance à une loi injuste, quand les théologiens de la Sérénissime République qui affirmaient que L’homme n’est pas tenu d’obéir au pape quand ce que celui-ci commande est contraire à la loi de Dieu, et même dans quelques autres cas, et qui déclaraient coupables de péché mortel ceux qui avaient obéi à Paul V. Certes, Bellarmin souligne que lorsque le commandement d’un homme est manifestement contraire à la loi de Dieu, c’est un devoir de lui désobéir ; ainsi en va-t-il pour les princes séculiers qui commandent à tous leurs sujets de renier le Christ ou de sacrifier aux idoles, ainsi en va-t-il pour un pape, homme de mauvaise vie, comme l’ont été quelques-uns au temps passé (si les récits qui nous sont parvenus sont véridiques), et voulant user de fait d’une injuste violence (...) si, par exemple, un pape voulait ruiner l’église de Saint-Pierre, pour en bâtir un palais à ses parents, ou s’il voulait déposer tous les évêques, et par ce moyen mettre l’Eglise en trouble, ou s’il voulait faire la guerre sans occasion ni sujet, pour ôter les Élats à leurs vrais possesseurs, ou en gratifier ses proches, les docteurs indiquent les remèdes suivants : avoir recours à Dieu par l’oraison, admonester ledit pape avec tout respect et révérence, n’obéir point à ses commandements notoirement injustes, et enfin lui résister, et empêcher qu’il ne fasse le mal projeté. A Paolo Sarpi[3] qui objectait : Si le prince me commande quelque chose qui soit au détriment des biens temporels, je lui dois obéir, d’autant que le bien particulier doit céder au bien commun, Bellarmin répondait : Je dis que cette raison n’est de mise, d’autant qu’il peut arriver que le prince commande injustement la perte de biens temporels ; et si cette injustice est évidente, je ne lui dois pas obéir ; l’exemple de Naboth est trop clair qui refusa d’obéir au roi Achaz[4].

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  • Saint Robert Bellarmin (17 septembre) : l'illustration claire et efficace de la doctrine catholique

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    De BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du Mercredi 23 février 2011 (source) :

    Saint Robert Bellarmin

    Chers frères et sœurs,

    Saint Robert Bellarmin, dont je désire vous parler aujourd’hui, nous ramène en esprit à l’époque de la douloureuse scission de la chrétienté occidentale, lorsqu’une grave crise politique et religieuse provoqua l’éloignement de nations entières du Siège apostolique.

    Né le 4 octobre 1542 à Montepulciano, près de Sienne, il est le neveu, du côté de sa mère, du Pape Marcel II. Il reçut une excellente formation humaniste avant d’entrer dans la compagnie de Jésus le 20 septembre 1560. Les études de philosophie et de théologie, qu’il accomplit au Collège romain, à Padoue et à Louvain, centrées sur saint Thomas et les Pères de l’Eglise, furent décisives pour son orientation théologique. Ordonné prêtre le 25 mars 1570, il fut pendant quelques années professeur de théologie à Louvain. Appelé par la suite à Rome comme professeur au Collège romain, il lui fut confiée la chaire d’«Apologétique »; au cours de la décennie où il occupa cette fonction (1576-1586), il prépara une série de leçons qui aboutirent ensuite aux « Controverses », œuvre devenue immédiatement célèbre en raison de la clarté et de la richesse de son contenu et de son ton essentiellement historique. Le Concile de Trente s’était conclu depuis peu et pour l’Eglise catholique, il était nécessaire de renforcer et de confirmer son identité notamment face à la Réforme protestante. L’action de Robert Bellarmin s’inscrit dans ce contexte. De 1588 à 1594, il fut d’abord père spirituel des étudiants jésuites du Collège romain, parmi lesquels il rencontra et dirigea saint Louis Gonzague, puis supérieur religieux. Le Pape Clément VIII le nomma théologien pontifical, consulteur du Saint-Office et recteur du Collège des pénitenciers de la Basilique Saint-Pierre. C’est à la période 1597-1598 que remonte son catéchisme, Doctrine chrétienne abrégée, qui fut son œuvre la plus populaire.

    Le 3 mars 1599, il fut créé cardinal par le Pape Clément VIII et, le 18 mars 1602, il fut nommé archevêque de Capoue. Il reçut l’ordination épiscopale le 21 avril de la même année. Au cours des trois années où il fut évêque diocésain, il se distingua par son zèle de prédicateur dans sa cathédrale, par la visite qu’il accomplissait chaque semaine dans les paroisses, par les trois synodes diocésains et le Concile provincial auquel il donna vie. Après avoir participé aux conclaves qui élurent les Papes Léon XI et Paul V, il fut rappelé à Rome, où il devint membre des Congrégations du Saint-Office, de l’Index, des rites, des évêques et de la propagation de la foi. Il reçut également des charges diplomatiques, auprès de la République de Venise et de l’Angleterre, pour défendre les droits du Siège apostolique. Dans ses dernières années, il rédigea divers livres de spiritualité, dans lesquels il résuma le fruit de ses exercices spirituels annuels. Le peuple chrétien tire aujourd’hui encore une profonde édification de leur lecture. Il mourut à Rome le 17 septembre 1621. Le Pape Pie XI le béatifia en 1923, le canonisa en 1930 et le proclama docteur de l’Eglise en 1931.

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  • La preuve de la vraie religion?

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    De Jean-Pierre Snyers :

    Preuve de la vraie religion?

    Dans ses pensées, Pascal écrit: "La preuve de la vraie religion, se sont les miracles". Oui, mais qu'est-ce qu'une "preuve"? Si par ce mot on entend qu'elle est une démonstration contraignante (scientifique ou autre) que personne au monde ne pourrait plus nier (et qui de ce fait, supprimerait notre liberté),  il n'y a de preuve au sujet de rien. En effet, ne connaissant pas ce qu'est le réel en soi mais seulement celui qui existe par rapport à nous à travers nos limites, il nous est impossible de nous voir de "l'extérieur". Tel est aussi le cas lorsque nous sommes en état de rêve. C'est seulement lorsque nous nous réveillons que nous pouvons voir de l'extérieur les personnages de nos rêves. Cela dit, si on considère qu'une "preuve" est un argument extrêmement solide, puissant et apte à convaincre donné par la raison, à travers la logique, les déductions et les probabilités, il est évident qu'il y en a.  
     
    Cela dit, par rapport à toutes les autres religions, c'est presque exclusivement dans le catholicisme que l'on trouve le plus de signes d'une intervention divine. Pour ne prendre que l'Islam, le Judaïsme et le Bouddhisme, jamais il n'y a eu une seule apparition de Mahomet, d'un prophète juif ou de Bouddha. Bien sûr, comme dans la Bible, dans des écrits comme le Coran, on trouve des récits de phénomènes surnaturels qui pourraient être appelés "miracles". Cependant, quel crédit objectif accorder à des récits écrits il y a tellement longtemps, sans jamais avoir été analysés, contrôlés et scientifiquement étudiés? Si "preuves" il y a, elles ne sont qu'intrinsèques. "C'est vrai parce que la Bible ou le Coran le dit" ressemble à un "Je le crois, donc c'est vrai" et une telle formule semble on ne peut plus insuffisante. 
     
    Etant donné cela, les preuves extrinsèques sont particulièrement importantes. Il faut donc se pencher sur des faits contrôlables par la raison et par nos outils actuels, (tels que les guérisons de Lourdes, le suaire de Turin, les miracles eucharistiques ou les apparitions de Beauraing que j'ai analysées dans un article précédent). Inutile de préciser que de tels faits renforcent inévitablement la crédibilité du christianisme. Par ailleurs, au sujet des apparitions, on pourrait étonnement découvrir une allusion à celles-ci dans le livre des Actes des apôtres. Au chapitre 2 (versets 17 à 19), il est notamment dit que "dans les derniers jours (une période qui s'étend de la naissance du Christ à celle de son retour glorieux), vos jeunes auront des visions et que Dieu fera paraitre des prodiges dans le ciel et des miracles sur la terre". "Vos jeunes auront des visions". N'est-ce pas le cas de ces 5 jeunes voyants qui, à 33 reprises, ont vu la Vierge à Beauraing?  Oui, comme l'a dit Pascal, "La preuve de la vraie religion ce sont les miracles: des miracles palpables abondamment présents dans le catholicisme, qui laissent entendre que Dieu veut nous faire comprendre qu'il a choisi cette religion pour le salut éternel des âmes..  
     
    Jean-Pierre Snyers (Adresse du blog : jpsnyers.blogspot.com ) 
     
  • Un amalgame douteux

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    Du chanoine Eric de Beukelaer sur le site de la Libre (en contribution externe) :

    La posture victimaire des Catholiques traditionalistes

    La Fraternité Saint-Pie X invoque la fidélité à la tradition pour justifier sa rupture avec Rome. Mais son refus d'assumer les conséquences de ses actes, de désobéir puis de se victimiser, relèvent d'un individualisme très contemporain.

    15-09-2026

    Une chronique d'Eric de Beukelaer, prêtre

    L'évêque de Liège ayant atteint l'âge canonique de la retraite, imaginons que lui-même et son vicaire général, votre serviteur, décident de relancer la glorieuse tradition des prince-évêques en Cité ardente. Pour ce faire, ils proposeraient à un des princes de Bavière – titulaires réguliers de la fonction au cours de la Renaissance – d'assurer la succession. Si le noble candidat accepte, au jour de l'ordination épiscopale du nouveau "prince-évêque" de Liège, que pensez-vous que fera Rome – tenue à l'écart de ces joyeuses délibérations ?

    En conformité avec ce qui est stipulé en toutes lettres par le canon 1387 du code de droit canonique, le Saint-Siège constatera l'excommunication automatique de tous les acteurs de cette ordination illicite. Jadis, la réaction du commun eut été : "Ils l'ont cherché… Ils savaient pertinemment bien qu'une ordination épiscopale sans mandat du Pape place de facto tous ceux qui y participent, hors-jeu par rapport à la communion catholique." Cela, c'était avant… A l'heure du populisme, le récit victimaire l'emporte sur la réalité objective des faits. Il suffira que les excommuniés se plaignent bruyamment d'être persécutés par le Vatican et en appellent au patriotisme liégeois, pour qu'un large mouvement de défense se manifeste en leur faveur. Fruit de l'hyper-individualisme né de l'ultra-modernité, où "chacun fait ce qui lui plait", l'opinion publique en vient à donner raison, non pas à celui qui a agi en conformité avec le réel, mais à celui qui crie "sa vérité alternative" avec le plus d'emphase et de pathos.

    Non à la liberté religieuse et l'œcuménisme

    C'est ce qui se passe avec la fraternité Saint-Pie X. En renouvelant ce 1erjuillet dernier, le geste de désobéissance posé une première fois en 1988 par Mgr Marcel Lefebvre, soit l'ordination de quatre évêques sans mandat du Pape, les traditionalistes savaient qu'ils formaliseraient leur schisme avec Rome. La justification que ces ultra-catholiques donnent à un acte aussi anticatholique, est que la doctrine et liturgie héritée du Concile Vatican II (1962 - 1965) est dangereuse pour les âmes. Leurs raisons ne sont pas tant l'attachement à l'ancienne liturgie. Celle-ci peut se célébrer dans l'Église en obéissance avec le Pape. C'est la liberté religieuse et l'œcuménisme qu'ils refusent.

    Le jour des ordinations illicites, le Vatican déclara que ce fait plaçait tous ceux qui s'en réclamaient "hors communion". Ceci n'est pas tant une sanction (il ne s'agit pas de les "punir"), qu'une mesure de discipline ecclésiale constatant que les tradis se mettent hors-jeu. Un peu comme un club de foot qui jouerait avec douze hommes plutôt qu'onze, se trouverait en marge de toute fédération sportive. La Fraternité aurait pu réagir en déclarant vouloir refonder une nouvelle Église "plus catholique que le pape"Mais non… En ultras-modernistes, ils posent des actes, sans en assumer les conséquences. Pour toute réaction, le père Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, écrivit deux jours plus tard, une lettre ouverte à Rome dans laquelle il prit la posture favorite des enfants du siècle et de tous les populistes à la mode, soit la posture victimaire : "Nous avions demandé du pain (…) malheureusement, nous avons reçu une pierre. Nous avions demandé un poisson (…) malheureusement, nous avons reçu un serpent." Sortez les mouchoirs…

    Pick and choose

    En clair, les traditionalistes pratiquent le pick and choose par rapport au Concile Vatican II. Fils de l'ultra-modernité, ils prennent et laissent dans l'héritage catholique, selon leur bon vouloir. Paradoxalement, la Fraternité Saint-Pie X rejoint ici la vision protestante, en refusant d'accepter que le souffle de l'Esprit protège l'enseignement des papes et évêques, successeurs de Pierre et des autres apôtres : "Sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes du mal ne prévaudront point contre elle" (Mt 16, 18).

    Notre commentaire :

    Il y a un amalgame problématique dans ce texte. L’abbé Éric de Beukelaer (vicaire général du diocèse de Liège et chroniqueur) critique principalement la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) pour les consécrations épiscopales du 1er juillet 2026 à Écône, sans mandat pontifical, sous le pape Léon XIV. Ces ordinations ont entraîné, selon le Saint-Siège, une excommunication latae sententiae des évêques concernés et une déclaration de schisme pour le clergé et les fidèles qui y adhèrent formellement.

    Cependant, le texte glisse régulièrement de « la fraternité Saint-Pie X » à « les traditionalistes », « catholiques traditionalistes », « ultra-catholiques » ou « les tradis » de manière indifférenciée. C’est précisément là que l’amalgame devient douteux.

    Distinction réelle

    Il existe une différence claire et canoniquement significative :

    • La FSSPX (fondée par Mgr Lefebvre) refuse depuis longtemps des points majeurs de Vatican II (liberté religieuse, œcuménisme, etc.), a déjà posé l’acte de 1988, et a renouvelé un acte d’ordination épiscopale sans mandat en 2026. Elle invoque un « état de nécessité » et rejette la qualification de schisme, tout en maintenant qu’elle ne crée pas une Église parallèle. Sa situation est irrégulière et, après juillet 2026, formellement déclarée schismatique par Rome.
    • D’autres traditionalistes (Fraternité Saint-Pierre / FSSP, Institut du Christ Roi, communautés diocésaines célébrant selon le missel de 1962, etc.) restent en pleine communion avec Rome. Ils préfèrent la liturgie traditionnelle, critiquent parfois des dérives post-conciliaires, mais acceptent l’autorité du pape et ne posent pas d’actes d’ordination illicite. Les regrouper sous le même « traditionalistes » qui « formalisent leur schisme » ou qui « refusent d’assumer les conséquences » est inexact.

    L’analogie du « prince-évêque de Liège » sans mandat romain est juridiquement pertinente pour les ordinations sans mandat (canon 1382 / excommunication automatique), mais elle ne s’applique pas automatiquement à tous ceux qui aiment la forme extraordinaire ou qui expriment des réserves doctrinales.

    Sur la « posture victimaire »

    L’abbé de Beukelaer a raison de relever un discours fréquent de la FSSPX qui présente les sanctions comme une persécution injuste (« nous avions demandé du pain… nous avons reçu une pierre »). C’est un registre rhétorique classique après 1988 et à nouveau en 2026. Pourtant, présenter cela comme un trait propre à « l’ultra-modernité » et à l’individualisme contemporain de tous les traditionalistes est excessif. La FSSPX a une théologie de la crise de l’Église (état de nécessité, sauvegarde de la Tradition) qui n’est pas réductible à un simple « pick and choose » protestant ou à une posture de victimisation médiatique. On peut la juger erronée ou dangereuse ; on ne peut pas l’effacer en la ramenant uniquement à de l’individualisme postmoderne.

    Points de fond

    • L’acte d’ordonner des évêques sans mandat pontifical est objectivement grave dans la discipline catholique. Rome l’a traité comme tel en 1988 et à nouveau en 2026.
    • La critique de la liberté religieuse et de l’œcuménisme tels qu’ils sont compris par la FSSPX est un débat doctrinal réel et ancien (elle ne se limite pas à la liturgie).
    • L’accusation de « pick and choose » peut se retourner : beaucoup de critiques de la Tradition sélective oublient que l’interprétation et l’application de Vatican II ont elles-mêmes donné lieu à des lectures divergentes, parfois très éloignées du texte conciliaire.

    En résumé : le texte vise avant tout la FSSPX et ses actes de 2026, ce qui est légitime. Mais en étendant le diagnostic (« posture victimaire », individualisme, schisme formalisé) aux « traditionalistes » en général, il opère un amalgame qui efface la distinction entre ceux qui sont en rupture de communion et ceux qui ne le sont pas. C’est une faiblesse argumentative classique dans les polémiques ecclésiales : on confond un courant particulier avec toute une sensibilité.

  • Le Secrétariat du Synode tend-il à jouer un rôle prépondérant dans l'Eglise ?

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    Son rôle a nettement gagné en visibilité, en permanence et en influence opérationnelle, surtout depuis Episcopalis communio (2018) et le Synode sur la synodalité (2021-2024), ce qui suscite des critiques sur un risque de centralisation bureaucratique.

    Cadre canonique et institutionnel

    Le Synode des évêques, institué par Paul VI en 1965 (Apostolica sollicitudo), est un organe consultatif (parfois délibératif sur mandat du pape) qui assiste le pontife romain. Il n’est pas une instance de gouvernement autonome et ne fait pas partie de la Curie romaine : il dépend directement du pape.

    Son Secrétariat général permanent (dirigé par un secrétaire général nommé par le pape, actuellement le cardinal Mario Grech) prépare les assemblées, en assure le suivi, collabore à la rédaction des documents et assure la continuité entre les sessions. Le Code de droit canonique (can. 348) et les normes postérieures confirment ce rôle d’appui, sous l’autorité exclusive du pape, qui convoque, fixe l’ordre du jour, ratifie les membres et décide de l’usage des résultats.

    Avec Episcopalis communio (François, 2018), le Secrétariat a été renforcé : il devient plus permanent, peut s’appuyer sur des experts et des commissions, et le document final d’une assemblée, s’il est approuvé par le pape, participe au magistère ordinaire. Le processus synodal élargi (consultation du peuple de Dieu, phases diocésaines/continentales, groupes d’étude) a encore accru son rôle de coordination, de synthèse et d’accompagnement de la mise en œuvre.

    Influence réelle et critiques

    Dans la pratique récente :

    • Le Secrétariat centralise la collecte et le filtrage des contributions (diocèses → conférences → Rome), rédige ou oriente des documents de travail, pilote des groupes d’étude et publie des rapports (souvent présentés comme non magistériels).
    • Il accompagne la phase de mise en œuvre post-2024 (orientations, ressources, suivi jusqu’à environ 2028), en lien avec les dicastères.
    • Sous François, et dans la continuité sous Léon XIV, il a une présence médiatique et institutionnelle forte (Card. Grech, sous-secrétaires, commissions théologique/méthodologique, etc.).

    Des observateurs et commentateurs (y compris dans des publications catholiques critiques) estiment que ce rôle opérationnel peut devenir prépondérant dans les faits : influence sur le cadrage des questions, sélection des experts, formulation des synthèses, et dynamique permanente qui dépasse les assemblées ponctuelles. Certains y voient un risque de bureaucratie « synodale » qui filtre la « voix du peuple de Dieu », marginalise de facto certaines conférences épiscopales ou dicastères, ou crée des structures parallèles peu ancrées dans le droit canon traditionnel (équipes synodales, etc.). Des polémiques récentes (rapports de groupes d’étude sur des questions doctrinales/pastorales sensibles) ont illustré des tensions, le Secrétariat prenant parfois ses distances avec des contenus qu’il a contribué à diffuser.

    D’autres soulignent au contraire que tout reste soumis au pape, que les évêques locaux et les conférences conservent leurs compétences ordinaires, et que le processus vise précisément une collégialité et une co-responsabilité élargies, non un transfert de pouvoir au Secrétariat.

    En résumé

    Le Secrétariat n’a pas, en droit, un rôle de gouvernement qui se substitue aux évêques, aux conférences épiscopales, à la Curie ou au Collège des cardinaux. Il reste un instrument au service du pape et de la collégialité. Cependant, son caractère permanent, son rôle de coordination d’un processus mondial long et son activité documentaire lui ont conféré une influence pratique accrue, que certains jugent disproportionnée ou au détriment d’autres instances plus traditionnelles. L’équilibre dépend en grande partie de la volonté du pontife régnant et de la façon dont les propositions sont (ou non) reçues et mises en œuvre par les autorités compétentes.