Pour toutes informations, y compris les dates des séances du cycle de cette nouvelle saison, nous vous renvoyons à notre site www.batirsamaisonsurleroc.be.
BELGICATHO
-
"Bâtir sa maison sur le roc" : nouvelle saison de formation à l'amour et au mariage
Une nouvelle saison de formation à l'amour et au mariage "Bâtir sa maison sur le roc" démarrera d'ici quelques semaines.Le parcours de formation à Bruxelles (première séance le samedi 10 octobre 2026) aura lieu cette année à Schaerbeek, Rue Victor Lefevre 52. Les séances auront lieu en après-midi (début à 16h).Faites la promotion de cette formation auprès de vos amis et connaissances ! Tous les couples sont les bienvenus, fiancés, mariés ou réfléchissant à un engagement. Ils peuvent tous en tirer profit. Mais les inscriptions allant déjà bon train, qu’ils ne tardent pas à se manifester car le nombre de places est limité.Par ailleurs, comme l'année passée nous organisons en collaboration avec IFFD Belgium, pour les couples mariés désirant rebooster leur relation, un week-end "Vivre l'amour durable", animé par le thérapeute conjugal Marc d'Anselme et l'abbé Stéphane Seminckx, les 13-14 mars 2027 au Sanctuaire de Beauraing. Les informations détaillées ne sont malheureusement pas encore disponibles, mais, compte tenu du succès de la première édition de ce WE en janvier dernier, nous invitons ceux qui souhaiteraient s'inscrire à nous le signaler par retour de courriel. Nous les informerons alors en priorité dès que les inscriptions formelles seront ouvertes.Sachez que la Communion Priscille & Aquila organise désormais aussi chaque année à Beauraing un week-end Maranatha pour couples. Nous y avons participé l'année dernière et recommandons très chaudement ces WE. Le prochain aura lieu du 22 au 24 janvier 2027Enfin, nous vous invitons à suivre notre page facebook, sur laquelle vous trouverez de nombreuses publications enrichissantes. -
Un saint patron des femmes enceintes et des enfants qu'elles portent
Saint Raymond Nonnat, fêté le 31 août (source)

"Raymond, né à Portel, au diocèse d'Urgel, en Catalogne, en 1204, fut surnommé « Nonnat » (non natus) parce que sa mère mourut avant de lui donner le jour, ce qui lui vaut d'être le patron des femmes enceintes et de l'enfant qu'elles portent. Sa mère était morte d'une grave maladie dont elle se vit attaquée au septième mois de sa grossesse ; les médecins assuraient que l'enfant était mort aussi, et que c'était même sa mort qui avait provoqué celle de sa mère ; le père, néanmoins, ne put jamais se résoudre à la voir conduire en terre sans avoir la connaissance de ce qu'elle portait dans ses entrailles ; un de ses parents, qui le vit dans cette perplexité, eut la hardiesse de tirer un poignard de son sein pour en fendre le côté gauche de la défunte, et l'on vit paraître aussitôt un bel enfant plein de vie, contre toute espérance humaine et au grand étonnement de tous ceux qui étaient présents. Son père était de la noble famille des Sarrois, depuis appelée Segers, alliée aux maisons de Foix et de Cardone. Enfant pieux et studieux, fort dévôt à Vierge Marie, il était bouleversé par la misère physique et morale...
Entré dans l'Ordre des Mercédaires[1], récemment fondé par Pierre Nolasque[2] pour venir en aide aux chrétiens tombés aux mains des musulmans, Raymond Nonnat fut chargé d'aller à Alger pour racheter ceux que les barbaresques avaient réduits à l'esclavage. Quand il n'eut plus d'argent, il se livra lui-même contre quelques captifs. D'abord traité durement, il obtint ensuite la permission de circuler pour encourager ses compagnons d'infortune et, comme il avait profité de cette relative liberté pour enseigner quelques musulmans qui se convertirent et qu'il baptisa, il aurait été condamné à être empalé si ceux qui lui servaient de caution n'étaient intervenu ; il fut fouetté dans les rues, puis on lui perça les lèvres avec un fer rouge pour y placer un cadenas dont le gouverneur avait la clef.
Saint Pierre Nolasque finit par rassembler la rançon de Raymond qui, bien qu'il eût voulu rester pour soulager les esclaves chrétiens, obéit à l'ordre de rentrer en Espagne. Peu après, le pape Grégoire IX qui l'appela auprès de lui, le créa cardinal, au titre de Saint-Eustache, sans lui imposer de quitter l'habit de son Ordre. Raymond Nonnat mourut près de Barcelone, avant que d'avoir rejoint le Souverain Pontife. Dès que Raymond Nonnat fut entré dans la maison du comte de Cardone qui était à deux journées de Barcelone, il fut saisi d'une fièvre très-violente, accompagnée de convulsions et de tous les symptômes qui pouvaient être les marques d'une mort prochaine. Il voulut s'y disposer par les moyens ordinaires que l'Eglise présente à tous les fidèles. Mais les religieux de la Merci dépendaient du curé du lieu qui était absent ; il fallut l'attendre pour lui administrer les derniers Sacrements. Alors Raymond, qui craignait de mourir sans être muni du saint Viatique, éleva les yeux au ciel et pria Dieu de ne pas permettre qu'il fût privé de ce bien qu'il désirait avec tant d'ardeur, quoiqu'il s'en reconnût indigne ; et aussitôt il entra, par la porte de la salle où il était couché, en présence du comte, des religieux et de plusieurs autres personnes qui l'assistaient, une belle procession d'hommes inconnus, revêtus d'habits blancs, comme les religieux de la Merci, et tenant chacun un flambeau allumé à la main. Notre-Seigneur les suivait ayant un saint ciboire entre ses mains ; mais la lumière qu'il répandait était si grande, que tous ceux de l'assemblée en furent éblouis : de sorte que personne ne put voir ce qui se passa dans la suite d'une action si miraculeuse qui dura une bonne demi-heure ; après quoi la procession s'en retourna dans le même ordre qu'elle était venue, avec cette différence seulement, qu'en venant, les religieux n'avaient paru que depuis la porte de la chambre jusqu'autour du lit, et, au retour, ils prirent le chemin de la rivière qui arrose le pied du village, et la passèrent à pied sec, marchant sur les eaux comme sur la terre ferme, et disparurent ensuite. Le comte et tous les assistants, qui étaient sortis pour voir la fin de cette merveille, trouvèrent à leur retour le saint cardinal, les genoux en terre, les yeux baignés de larmes, le visage et les mains levés vers le ciel, et comme sortant d'un profond ravissement ; on lui demanda ce qui s'était passé ; mais il ne dit que ce mot de David : « Que le Dieu d'Israël est bon à ceux qui ont le cour droit et innocent[3] ! » Enfin, il avoua qu'il avait reçu le très-auguste Sacrement de nos autels. Ainsi, tous ses désirs étant accomplis, peu de temps après il rendit son esprit à son Créaleur, en prononçant ces paroles du Sauveur expirant sur la croix : « Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains. »
Son visage, après sa mort, devint beau et éclatant comme celui de Moïse, quand il descendit de la montagne où il venait de parler avec Dieu ; et, bien que la chaleur de la saison fùt extrême, et qu'elle fût encore augmentée par le grand concours du peuple qui venait de tous côtés, pour honorer ses précieuses dépouilles, son corps néanmoins ne donna jamais aucune marque de corruption ; il répandait au contraire, par toute la salle, une odeur plus suave que le baume et que les parfums les plus précieux, et il se fit même beaucoup de guérisons surnaturelles, en faveur de ceux que la piété y avait amenés et qui avaient le bonheur de le toucher. Cependant il fallut penser au lieu où l'on mettrait en dépôt un si précieux trésor, et il s'éleva à ce sujet un nouveau ditférend entre le comte de Cardonne qui le voulait retenir, et les religieux de la Merci, qui le voulaient emmener dans leur couvent. Pour apaiser leur contestation, on convint que le saint corps serait mis dans une châsse et ensuite chargé sur une mule aveugle qui ne serait guidée que par son propre instinct, et que le lieu où elle s'arrêterait serait choisi pour cette sépulture. Cet accord fut fidèlement exécuté : car la mule, ayant marché quelque temps, alla s'arrêter enfin proche de l'ermitage de Saint-Nicolas où le serviteur de Dieu avait vu naître sa dévotion envers la sainte Vierge et où cette bonne Mère lui avait fait goûter ses faveurs. Jamais il ne fut possible de faire aller plus avant cette bête : elle fit trois fois le tour de l'ermitage, et ensuite elle tomba morte à la porte de la chapelle.
[1] Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci pour la Rédemption des captifs.
[2] Issu de la noble famille des Nolasco, apparenté par sa mère aux comtes de Toulouse et aux rois d'Aragon, Pierre Nolasque, né vers 1189 au mas des Saintes-Puelles, dans l'ancien diocèse de Saint-Papoul, après avoir renoncé au mariage pour se consacrer à Dieu, rejoint les armées de Simon de Montfort. A la bataille de Muret où le roi Pierre d'Aragon est tué, son fils, Jacques, âgé de six ans, est fait prisonnier ; Simon de Monfort le met sous la garde de Pierre Nolasque puis les envoie tous deux en Espagne. Loin de la cour, Pierre Nolasque enseigne son royal élève et lui montre l'exemple de sa piété et de sa charité.
[3] Psaume LXI 1.
La suite ICI : http://missel.free.fr/Sanctoral/08/31.php
-
Miserere mihi Domine; introit du 22ème dimanche du temps ordinaire
Introitus
Miserere mihi Domine,
quoniam ad te clamavi tota die :
quia tu Domine suavis ac mitis es,
et copiosus in misericordia
omnibus invocantibus te.Ayez pitié de moi, Seigneur,
car j’ai lancé vers vous mon appel tout au long du jour :
car vous, Seigneur, vous êtes doux et bon :
et abondant en miséricorde
pour tous ceux qui vous invoquent.Ps. 1Inclina, Domine, aurem tuam,
et exaudi me :
quoniam inops, et pauper sum ego.Inclinez l’oreille, Seigneur,
et exaucez-moi :
car livré à moi-même, je suis sans ressource et malheureux. -
Avons-nous banni Dieu ? (22ème dimanche du temps ordinaire)
En lien avec l'évangile de ce dimanche, l'abbé Gérald Chaput propose cette réflexion sur le site du diocèse de ValleyField (archive 2011)
Année A: Dimanche de la 22e semaine ordinaire (litao22d.11) - Matthieu 16, 21-27
"Qu'est-ce qui est prodigieusement stimulant dans ce texte qui parle de renoncement? Si nous recevons les textes de ce jour avec des yeux tout axés sur une vie facile, la bonne nouvelle de l'Évangile en est plutôt déroutante. Beaucoup ont l'impression qu'adhérer à Jésus, c'est s'inscrire dans un mouvement de vie austère : elle est dure, cette parole! Qui peut l'écouter ? (Jn 6, 60)
Pourtant Jésus propose à Pierre qui vient de le reconnaître comme Fils de Dieu, un avenir assuré, une vie réussie, s'il contribue avec son aide, à mettre le monde sens dessus dessous. À ceux qui le reconnaissent et le suivent sur son chemin, Jésus offre un défi époustouflant : remettre le monde à l'endroit. Nos vies aussi.
Dans les mots de Paul, Jésus propose à ceux qui veulent faire partie de son équipe, de le suivre, de ne pas prendre pour modèle le monde présent mais de transformer, de renouveler leur façon de pensée (Rm 12, 1). Aux yeux de Jésus, le modèle de société de son temps, de tout temps, tourne autour d'une loi écrite pour les autres. Il y avait détournement vers la facilité. Vers le bas. Vous dites mais ne faites pas.
Le projet de Jésus à ceux qui le reconnaissent comme Fils de Dieu, le Messie de Dieu, ouvre sur l'instauration d'un monde à l'envers de la manière de vivre de son temps. Dans les mots d'aujourd'hui, il propose un grand projet d'humanisation de l'humain, de l'humanité. De réussir l'humain à la mode de Dieu.
Mais ce chemin si emballant soit-il, exige que nous abandonnions notre vie propre pour devenir participants de la nature divine (2 Pi 1, 4) Pour nous confier son Évangile, Dieu nous a mis a l'épreuve et continue à le faire (1 Th 2,3). Cette épreuve passe par une manière neuve de vivre qui comporte des exigences, certains diront de renoncement, d'autres d'accomplissement.
Quand Jésus nous invite à renoncer à nous-mêmes, il ne nous demande pas de renoncer à ce qui est bon en nous, à ce que nous sommes. Image de Dieu, nous, humains, sommes fondamentalement bons, très bons. Dieu vit que cela était bon (Gn). Pour le suivre, il nous demande de renoncer à ce que nous sommes devenus. À ce que nous avons fait de nous-mêmes par un mauvais usage de notre liberté. Nous avons superposé à notre beauté originelle des comportements moins qu'humains. Déclarer tu es le fils de Dieu, c'est renoncer à vivre entre nous d'une manière non humaine. Pierre a trouvé ce chemin impossible. Il s'est fait traiter d'agir comme Satan. Ce n'est pas humain de nourrir vengeance et rancune, de ne voir que le mauvais dans l'autre, la paille, dit l'Évangile.
Lien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Eglise, Foi, Spiritualité 0 commentaire -
Incontournable, la Croix (22e dimanche du temps ordinaire)
Du Frère Pavel Syssoev o.p. (Dominicains de Bordeaux)Qu’il prenne sa croix et me suive…Incontournable, la Croix. Pas d’autre voie pour suivre le Christ. « Tu es le Messie ». Il leur défendit alors vivement de parler de lui à personne. Et, pour la première fois, il leur enseigna qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup… Jésus disait cela ouvertement. Ma royauté, je vous défends d’en parler pour instant, mais la Croix, la Croix – parlons-en. Pierre lui barre le passage. Que cela ne t’advienne pas, Seigneur ! Que cela ne nous advienne ! Un cœur généreux, magnanime. Son Maître ne doit pas souffrir. Nous ne devons pas souffrir, car Pierre entrevoit avec justesse que si le Christ établit son Règne par sa mort sur une croix, nous ne pourrons pas y accéder autrement. La réponse de Jésus, nette et tranchée : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ».A quoi le Christ reconnait-il la marque de Satan ? Au goût de la possession et de la volonté propre. Tout selon mon désir, tout selon ma mesure. La royauté et la loi, l’ordre que j’impose aux éléments, au monde, à mon prochain - tout me sera soumis. Je m’appartiens ! Le monde m’appartient ! Il n’y a pas de place pour la Croix ici. Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.Le Christ, lui, ne cherche pas à être comme Dieu. Lui, étant de condition divine, se dépouille avec une générosité sans réserve jusqu’à déposer sa vie. Non pas volonté, mais la tienne ! Par amour du Père, par amour pour nous, il se perd, certes, mais c’est ainsi qu’il nous sauve.Celui qui m’aime, qu’il me suive ! Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même… Il y a quelque chose de vertigineux dans ce « si quelqu’un veut ». Si tu veux être avec moi. Si seulement tu veux marcher à ma suite. Si tu veux être là, où je suis, alors renonce à toi-même. Le prince de ce monde s’impose. Dieu se propose. La toute-puissance de Dieu suscite la liberté de l’homme, la tyrannie usurpatoire du démon le réduit en esclavage.Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même… C’est à tous que le Christ s’adresse. Aux apôtres, aux disciples, à la foule, et à travers les âges à la multitude que nul ne peut dénombrer. Le salut, et donc la Croix, est pour tous ; non pas pour quelques élus, quelques génies mystiques, mais pour toute âme, car tout toute âme est rachetée par la Croix. Toute existence chrétienne est marquée par la Croix, nulle n’en est privée. Inutile de la chercher, elle s’impose par elle-même. Paradoxalement, la recherche des exploits extraordinaires peut devenir pour nous une fuite de notre croix bien réelle, bien proche, toute banale, et précisément pour cela insupportable. Qu’il prenne sa croix. La sienne propre, l’unique. L’enfant malade, le conjoint difficile à porter, la prière aride, la Cité qui sombre dans la barbarie… Tout proche, tout banal. Ce divin quotidien qui seul peut forger en nous la vie divine.Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même… Celui qui veut sauver sa vie la perdra. Que signifie ici sauver sa vie et donc la perdre ? Refuser tout renoncement, s’obstiner à imposer la volonté propre coute que coute à tout ce qui nous entoure. Dicter sa propre loi sans tenir compte de Dieu, du monde, du prochain – voilà le chemin le plus simple pour transformer sa vie et la vie de ses proches en enfer.Celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Evangile la sauvera. Il ne suffit pas de perdre sa vie, pour la sauver. Faut-il encore la perdre pour le Christ, et non pas pour un Christ imaginaire, mais pour son Evangile. Il y a dans l’Evangile des choses qui ne sont pas à notre goût, tout comme la Croix répugne à Pierre. N’est-ce pas précisément cela, la conversion : conformer ses pensées à celles de Dieu et non pas réduire la pensée de Dieu à notre bon plaisir ? Une Croix bien lourde. Une Croix salutaire.Incontournable, la Croix. Elle semble obstruer la route vers le bonheur. Comment croire qu’elle est la voie de béatitude ?Parce que – notre cœur le sait bien - elle seule est digne de confiance. La Croix seule rend l’Evangile crédible. Pourquoi crois-tu cet homme ? Parce qu’il m’a aimé et s’est livré pour moi. Nul autre ne l’a fait. En lui seul je peux mettre toute ma confiance. Mais attention ! Une fois cette confiance accordée, elle bouleversera toute ma vie. Elle devra s’inscrire dans la multitude d’œuvres, d’actes concrets et simples où la volonté de Dieu passera avant la mienne propre. C’est cela, prendre sa croix jour après jour : sans cesse préférer l’amour de Dieu à ses convoitises. Serait-ce dur et pénible ? Il y a du tragique dans toute vie chrétienne, mais le cœur amoureux cherche à suivre celui qu’il aime, il n’est pas là pour marchander le prix. Comme le disait S. Augustin, celui qui aime comprendra ce que je dis. Suivons le Christ, et lui seul. Dans cette suite, la Croix nous séparera de tout ce qui n’est pas lui. Mais surtout elle nous unira à lui comme rien d’autre.
Lien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Eglise, Foi, Spiritualité 0 commentaire -
Homélie pour le 22e dimanche du temps ordinaire : le langage de la Croix
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,21-27.
En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter.
Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. »
Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera.
Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
LE LANGAGE DE LA CROIX Homélie pour le 22e dimanche du T.O. | fr. Dominique Joseph
Lien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Eglise, Foi, Spiritualité 0 commentaire -
"Les chrétiens sont le poil à gratter du monde..."
Du site de l'archidiocèse de Paris :
Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à Saint-Germain l’Auxerrois (Paris 1er)
Dimanche 30 août 2020
22e dimanche ordinaire - Année A
- Jr 20, 7-9 ; Ps 62,2-6.8-9 ; Rm 12,21-27 ; Mt 16,21-27
Il est difficile d’être chrétien. On nous traite souvent de ringards, de gens dépassés, hors de leur temps parce que nous sommes en décalage avec le monde. De fait, si nous regardons l’histoire, nous avons toujours été en décalage avec le monde.
Au-delà de la versatilité de l’opinion toujours fluctuante de la majorité, le christianisme s’appuie seulement sur l’évangile, se réfère en permanence au Christ. Le Christ n’est pas une opinion. Le Christ est une personne, une personne divine au-delà du temps et de l’espace. Voilà pourquoi les chrétiens ne peuvent pas être des moutons de Panurge. Ils sont des hommes et des femmes libres.
Je dirais même que les chrétiens sont le poil à gratter du monde. Ce qu’on appelle en d’autres temps des prophètes, ce que nous sommes vraiment par notre baptême par lequel nous avons été institués prêtres, prophètes et rois.
Est-ce que cela nous amuse d’être souvent à contre-courant ? Non, car nous ne sommes pas des provocateurs comme certains. A l’instar de Jérémie, nous souffrons de voir nos frères humains s’éloigner de l’évangile du Christ.
Jérémie nous dit : « Tout le monde se moque de moi ». Mais il explique pourquoi il persiste dans son rôle prophète : « Tu m’as séduit Seigneur et j’ai été séduit. La Parole du Seigneur était comme un feu brûlant dans mon cœur » (Jr 20,7.9).
C’est donc au nom de cet amour du Seigneur, au nom de notre amour du Christ que nous sommes en décalage.
Sommes-nous encore chrétiens ? Pour cela il faut répondre à cette interrogation : dis-moi qui tu aimes et je te dirai qui tu es. Il y a un choix et c’est un choix d’amour. Comme le dit saint Augustin : « La grande affaire de la vie doit être de bien choisir ce que l’on doit aimer ».
Aimer Jésus, c’est l’écouter nous dire comme à ses disciples dans cet évangile : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».
Aimer, c’est renoncer à soi-même par amour.
Le temps est venu, je crois, de savoir si nous aimons vraiment Jésus jusqu’au bout, au point d’entrer dans la volonté de Dieu pour changer le monde en commençant par se changer soi-même.
+ Michel Aupetit, archevêque de Paris.
Lien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Eglise, Foi, Spiritualité 6 commentaires -
Quand Dieu vient dans un monde où le mal a pris ses aises (homélie pour le 22e dimanche du T.O.)
L'homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le 22e dimanche (A) (source),
(archive 3 septembre 2023)
Vivant au milieu des combats
Si nous cherchons dans les Écritures de la littérature souriante, aujourd’hui n’est pas le bon jour. Mais ces lectures inquiétantes nous apportent finalement une grande lumière et une grande motivation. Dans le combat que Jérémie doit mener (Jr 20,7-9) ou celui que Jésus annonce (Mt 16, 21-27), nous découvrons ce qui se passe quand Dieu vient dans un monde où le mal a pris ses aises, et quand il embauche des hommes dans cette lutte — car par amour il ne veut pas nous laisser en simples spectateurs alors que nos cœurs, notre volonté sont impliqués.
Pour comprendre l’enjeu, il nous faut d’abord nous poser la question de la nature du mal. Le mal n’est pas un phénomène abstrait, une saleté déposée sur le monde par on ne sait qui. Il est la production d’un cœur. Un cœur fait pour aimer et qui dit : je ne veux pas ! Ce que je veux c’est utiliser, exploiter, tirer à mon avantage, dominer, manipuler, mais je ne veux pas aimer, je ne veux pas servir, je ne veux pas me donner, je ne veux pas écouter. Cette attitude a été inaugurée par celui qu’on appelle diable ou satan, ange merveilleux qui se dresse contre Dieu et tout ce qui lui est cher. Ensuite, nous avons écouté ses insinuations, nous avons choisi nous aussi de prendre ce chemin. Tout cela est devenu l’esprit du monde, d’un monde de mort, c’est-à-dire d’un monde qui a tourné le dos à Celui qui est la source de la vie.
Quand vient le Fils de Dieu, Celui qui est amour, qui ne veut que la volonté du Père, qui trouve sa gloire à servir l’humanité, à relever le faible, à honorer les petits, il ne peut qu’y avoir un clash avec le monde. Bien plus qu’un clash, un différent retentissant pour un moment… Il s’agit d’un affrontement terrible, la plus grande guerre qui aura jamais lieu dans l’humanité, et qui résume toutes les guerres : le combat de Gethsémani (Mt 26, 36-44), anticipé par tant d’épreuves intérieures du Fils de Dieu.
Et c’est lui qu gagnera. La croix est le signe de sa victoire. C’est pourquoi elle nous est si chère. Le mal a été défait. Il n’aura pas le dernier mot. Celui qui met sa foi dans le Christ sait où il va : la vie éternelle.
Nous aimerions tant que le chemin vers la lumière s’ouvre autrement, dans la facilité, dans un humanisme doux, rayonnant, solaire : croître vers la lumière en marchant de petits bonheurs en petits bonheurs. On entend cela souvent. C’est une grave illusion de faire croire que la vie peut se passer ainsi alors que l’humanité est prise dans un tel drame, en butte à la détestation du diable envers tout ce qui est authentiquement humain… une attitude qui engendre tant d’exploitation et de mépris, qui cause la mort intérieure ou extérieure de tant d’innocents !
Le Christ nous offre de ne pas rester indifférents à tout cela. Si nous ne voulons pas passer à côté de notre vie, si nous voulons être présents à la grande réalité du monde, il n’y a qu’un chemin, celui qu’il donne : renoncer à nous-mêmes, prendre notre croix et suivre le Christ (Mt 16,24). Ce n’est pas triste. C’est grand, c’est fort. Il y a là la grande réponse à la question du sens de notre vie et du salut de l’humanité : « je donnerai ma vie à ta suite, toi notre Sauveur ! » Que chacun de nous, selon l’étape de sa vie, se demande : comment vais-je donner ma vie au Seigneur ? Comment vais-je faire de lui le centre de ma vie ? Ainsi vous serez heureux, votre cœur débordera d’amour, vous éprouverez une grande reconnaissance pour votre propre vie : vous serez vivants !
Lien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Eglise, Foi, Spiritualité 0 commentaire -
Le pontificat du « on verra »
De Carlos Balén sur InfoVaticana :
Le pontificat du « on verra ».
Léon XIV est pape depuis plus de quinze mois, et l'on peut déjà décrire sa méthode de gouvernement avec une précision notariale : elle consiste à ne pas gérer les conflits. Il gère tout le reste. Il nomme des suppléants, révise les règlements, convoque des consistoires avec des audiences programmées et recadre le vicariat de Rome après le groupe d'étude obligatoire. Mais les dossiers qui brûlent restent exactement là où François les a laissés, avec ce « donec aliter provideatur » ("jusqu'à nouvel ordre") du 9 mai 2025, devenu la devise officieuse du pontificat.
Ce qui apparaissait alors comme une prudence transitoire est désormais un système : le pari que les problèmes disparaîtront avant qu'il n'ait à les résoudre.
Aux États-Unis, il existe un mécanisme légal pour cela : le veto de poche. Un président qui ne souhaite pas signer un projet de loi ni en assumer les conséquences politiques en y opposant son veto le conserve simplement dans sa poche et laisse la session législative s'ajourner pour le rejeter automatiquement. Prevost, né à Chicago, connaît bien cette pratique. Sa présidence est en train de la consacrer comme un droit fondamental.
Commençons par le préfet. Víctor Manuel Fernández est intouchable : il est maintenu à son poste, ce qui est la manière la plus simple de le confirmer. La seule « confirmation » officielle est une fuite dans Religión Digital en juin 2025, jamais corroborée par une quelconque déclaration du Bureau de presse. Depuis, le Pape le reçoit, le protège face à la polémique mariale et lui confie la gestion d'Écône, avec son approbation. Ce qu'il ne fait pas, c'est se prononcer sur le fond : Fiducia supplicans reste en vigueur sans que Léon XIV ne l'ait approuvée ni amendée, les demandes de remplacement s'accumulent sans réponse et le cardinal dirige le dicastère le plus sensible de la Curie avec un titre provisoire qui dure depuis déjà quinze mois. En septembre, il a critiqué la bénédiction rituelle des couples de même sexe en Europe du Nord ; le document qui l'a instituée reste inchangé. Maintenir, c'est aussi décider, mais sans texte de loi : si la situation dégénère, tout était provisoire.
L'Allemagne en est un exemple flagrant. La Conférence synodale, succédant au concile synodal qui avait été rejeté, a été approuvée en février par les évêques allemands à une quasi-unanimité des deux tiers, quatre évêques diocésains s'abstenant (Cologne, Ratisbonne, Eichstätt et Passau), et le cardinal Marx s'exclamant : « Je n'en veux pas ! » en réaction à ce mécanisme de contrôle épiscopal. Le 31 mars, Wilmer s'est rendu à Rome, a remis les statuts à Iannone et a sollicité la reconnaissance du Saint-Siège. Cinq mois plus tard, la réponse officielle est que Rome « a encore besoin de temps ». La session constituante était prévue les 6 et 7 novembre à Stuttgart : Wilmer lui-même admet désormais qu'elle n'aura probablement pas lieu. Inutile de refuser quand le calendrier est défavorable. Interrogé sur la question lors de son premier voyage, le pape l'a éludée d'un « on verra » qui mériterait de figurer dans les manuels de la diplomatie papale. Et en toile de fond, comme nous l'avons évoqué il y a quelques jours à propos du dîner à Castel Gandolfo avec les principaux donateurs américains, se trouve l'arithmétique qui rend l'attente possible : un fonds de moins en moins dépendant du Kirchensteuer négocié plus sereinement.
Avec l'Opus Dei, l'attente ne se mesure plus en mois, mais en pontificats. François a ordonné l'adaptation des statuts en 2022 avec l'encyclique Ad charisma tuendum ; l'Œuvre a soumis sa proposition le 11 juin 2025 ; et en février de cette année, Léon XIV a personnellement informé Ocáriz que le processus « reste à l'étude » et qu'« aucune date de publication ne peut encore être prévue ». Quatre années de provisoire statutaire pour l'institution de l'Église la plus obsédée par sa propre sécurité juridique, avec la résurgence de l'affaire argentine des numéraires auxiliaires et le centenaire de 2028 qui approche sans que personne à la prélature ne sache quel sera le statut canonique de l'Œuvre lors de sa célébration. L'attente comme régime juridique.
(...)
Traditiones Custodes est un autre exemple de la façon dont l'inaction peut mener à l'explosion : la FSSPX, soucieuse de garantir sa nourriture spirituelle, a fait exploser une bombe à retardement.
(...)
Décider a un prix, et attendre semble gratuit, pense León. C'est le calcul du bureaucrate, non du pasteur, et il comporte une faille : les problèmes de l'Église ne disparaissent pas d'eux-mêmes, ils explosent. « Nous verrons », a dit le Pape. Nous le voyons déjà.
Lien permanent Catégories : Actualité, Débats, Eglise, Magistère, Structures ecclésiastiques 4 commentaires -
Le génocide caché : la traite arabo-islamique
D'Anna Bono sur la NBQ :
Le génocide caché : la traite arabo-islamique

Un véritable génocide occulté : pendant treize siècles, les colonisateurs arabo-islamiques d’Afrique ont déporté entre 12 et 18 millions d’habitants, les réduisant en esclavage. L’étude de l’anthropologue Tidiane N’Diaye paraît en Italie (parue en français précédemment). Un chapitre de l’histoire délibérément passé sous silence.
29/08/2026On peut dire tout ce qu'on veut de mal sur notre civilisation en Italie, et même lorsque les accusations et les critiques sont infondées, ceux qui les formulent n'en subissent aucune conséquence, aucune responsabilité. Parler des défauts de l'Occident, en réalité, ouvre bien des portes. Critiquer d'autres cultures, en revanche, c'est comme s'aventurer en terrain miné. On risque des accusations, et des plaintes, de racisme, d'ethnocentrisme, d'islamophobie et, dans le cas du monde musulman, de fascisme. La délégitimation systématique de l'Occident, en cours depuis des décennies, exige que, par comparaison, nous ne parlions que positivement des autres cultures et sociétés, ou, si cela est impossible, que nous gardions le silence.
C’est pourquoi, par exemple, la traite négrière arabo-musulmane en Afrique est quasiment passée sous silence. L’éditeur Massari fait donc preuve de courage en décidant de publier l’ouvrage de Tidiane N’Diaye, « La traite négrière arabo-musulmane : treize siècles de racisme et d’extermination », paru ces dernières semaines. Cet éditeur courageux mérite nos remerciements, car c’est grâce à lui que l’Italie peut enfin prendre connaissance de ce chapitre profondément douloureux de l’histoire des peuples noirs et de l’humanité tout entière.
La traite négrière arabo-musulmane en Afrique s'est poursuivie sans interruption du VIIe au XXe siècle. Elle a réduit en esclavage et déporté entre 12 et 18 millions de personnes. Ce commerce s'effectuait selon deux routes : la route terrestre transsaharienne, acheminant les esclaves d'Afrique centrale et de l'Ouest vers l'Afrique du Nord, et la route maritime, des côtes de l'océan Indien vers le Moyen-Orient, la Perse et l'Inde.
Cela a été rendu possible par un autre événement historique qui a été passé sous silence , voire nié : la colonisation arabo-musulmane du continent africain, qui a commencé peu après la mort du prophète Mahomet en 632. On croit généralement qu’il n’y a eu qu’une seule colonisation de l’Afrique, la colonisation européenne qui a eu lieu plusieurs siècles plus tard, et que la seule déportation d’Africains réduits en esclavage qui soit relatée et commémorée est la déportation transatlantique, qui a amené environ 12 millions d’Africains aux Amériques sur une période de quatre siècles, entre le XVIe et le XIXe siècle.
En 2007, les Nations Unies ont institué la Journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique , célébrée chaque année le 25 mars. Pour marquer cette journée, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté cette année, par 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions, une résolution présentée par le Ghana reconnaissant la traite transatlantique comme « le crime le plus grave contre l’humanité ». Avant le vote, le président ghanéen John Mahama a déclaré : « Qu’il soit écrit pour l’avenir que nous avons agi conformément à la mémoire des millions de personnes qui ont subi l’indignité de la traite et de celles qui continuent de subir la discrimination raciale. L’adoption de cette résolution contribue à prévenir l’oubli et à lutter contre les séquelles persistantes de l’esclavage. »
L’Assemblée générale a ainsi approuvé les demandes de réparation formulées par l’Union africaine et les pays des Caraïbes pour le préjudice causé par la traite des êtres humains, notamment la déportation de millions d’Africains, et pour les dommages qu’elle continue d’infliger, sous forme de racisme structurel, d’inégalités raciales et de sous-développement, aux Africains et aux personnes d’ascendance africaine dans le monde entier. La résolution de l’ONU exhorte les pays responsables à reconnaître leur culpabilité, à présenter des excuses officielles, à accorder une compensation financière aux populations touchées, à restituer les biens volés et à s’engager à ne plus jamais commettre de tels actes.
Rien de tel n'a jamais été fait concernant la traite négrière arabo-musulmane (ou islamique) des Africains, pour commémorer les victimes, dénoncer les responsables et exiger justice. Ce sujet n'est évidemment pas évoqué ni le 25 mars, ni le 23 août, Journée internationale de commémoration de la traite négrière et de son abolition , qui semble pourtant englober toute la traite des esclaves, partout et à toutes les époques. Or, cette commémoration a également été promue par l'UNESCO en 1997 afin d'« inscrire dans la mémoire de tous les peuples la tragédie » de la traite transatlantique et d'« offrir une occasion de réflexion collective sur les causes, les méthodes et les conséquences historiques de cette tragédie, ainsi que sur les interactions qu'elle a engendrées entre l'Afrique, l'Europe, les Amériques et les Caraïbes ». La date du 23 août a été choisie car, dans la nuit du 22 au 23 août 1791, une révolte d'esclaves a éclaté à Saint-Domingue, jouant un rôle décisif dans l'abolition de la traite transatlantique.
Tidiane N'Diaye était un anthropologue sénégalais (décédé en octobre dernier). Il a publié en 2008 son ouvrage, désormais disponible en Italie, intitulé « Le génocide caché ». Dans la préface, il écrit : « Pendant treize siècles, les Arabes ont pillé l'Afrique subsaharienne sans interruption. La plupart des millions de personnes déportées ont disparu, victimes de traitements inhumains, aggravés par la pratique de la castration. Il est grand temps que la traite négrière arabo-musulmane, véritable génocide, soit examinée et intégrée au débat, au même titre que la traite transatlantique. En effet, bien qu'il n'existe pas de degrés d'horreur ni de monopole de la cruauté, on peut affirmer, sans risque de se tromper, que la traite négrière arabo-musulmane et les djihads (guerres saintes) – menés par des prédateurs impitoyables pour se procurer des prisonniers – ont été bien plus dévastateurs pour l'Afrique noire que la traite transatlantique. »
Dans les neuf chapitres suivants, Tidiane N'Diaye relate où, comment et pourquoi cela s'est produit : la conquête arabe de l'Afrique, puis l'islamisation progressive des territoires conquis, et les formes préexistantes d'asservissement que l'islam a transformées, passant d'institutions tribales imposées par ses ancêtres fondateurs à la volonté d'Allah. L'annexe contient des versets du Coran qui encouragent la réduction en esclavage des non-musulmans par les musulmans. Un chapitre important de l'ouvrage explique son titre original. Selon N'Diaye, les déportations ne servaient pas seulement à tirer profit du commerce d'êtres humains, répondant ainsi à la demande de main-d'œuvre. Elles constituaient également, affirme-t-il, « une entreprise véritablement planifiée d'extermination ethnique par castration de masse », mise en œuvre à partir de la conviction, comme l'écrivait l'historien Ibn Khaldoun, que « les seuls peuples qui acceptent l'esclavage sont les Noirs » en raison de « leur humanité se rapprochant du stade animal », et qu'il était donc nécessaire de les empêcher de se reproduire en terres arabo-musulmanes.
L'ouvrage conclut en qualifiant l'éradication réussie du trafic d'êtres humains, mise en œuvre par des universitaires et intellectuels arabo-musulmans au nom de la « solidarité religieuse », de sorte de « syndrome de Stockholm ». Mais cela n'explique pas l'amnésie sélective qui touche tout autant d'universitaires et d'intellectuels occidentaux.
-
Le Nouveau Testament : l’un des textes de l’Antiquité les mieux attestés
Les plus anciens manuscrits du Nouveau Testament
Nous le savons tous : aucun original de la Bible n’a survécu. Ce que nous possédons, ce sont uniquement des copies. Pour le Nouveau Testament, ces copies sont particulièrement nombreuses et, pour certaines d’entre elles, remarquablement anciennes. De quand datent les plus anciens manuscrits ? Voici un panorama plus complet et nuancé.
Les tout premiers témoins ne sont pas de grands livres reliés, mais de petits fragments de papyrus, découverts principalement en Égypte. Leur datation repose exclusivement sur la paléographie (l’étude comparative des écritures). Il s’agit donc de fourchettes approximatives, parfois discutées par les spécialistes, et non de dates précises.
Le plus célèbre, et généralement considéré comme le plus ancien, est le Papyrus 52 (ou Papyrus Rylands). C’est un minuscule fragment de la taille d’une carte de crédit, contenant quelques versets du chapitre 18 de l’Évangile selon Jean (18,31-33 et 37-38). On l’a longtemps daté vers l’an 125. Des études plus récentes élargissent prudemment la fourchette à environ 125-175, voire un peu plus tard. Même avec cette nuance, il reste l’un des plus anciens, sinon le plus ancien fragment connu du Nouveau Testament.
Un peu plus tardif, le Papyrus 90, daté de la fin du IIe siècle (environ 150-200), contient également des portions de l’Évangile selon Jean (18,36-19,7). Contrairement à ce que l’on peut parfois lire, il ne comporte pas de texte de Matthieu.
Vers l’an 200 apparaissent des manuscrits nettement plus substantiels. Le Papyrus 46 (Chester Beatty II) est un codex qui contenait originellement une grande partie des épîtres de saint Paul ainsi que l’Épître aux Hébreux. Il nous en reste environ 86 feuillets, avec de larges portions de Romains, des deux Corinthiens, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, 1 Thessaloniciens et Hébreux. Sa datation se situe autour de 200 (souvent 175-225).
À la même époque, le Papyrus 66 (Bodmer II) offre une large portion de l’Évangile selon Jean : presque complet jusqu’au chapitre 14, puis des passages jusqu’au chapitre 21. On le date généralement du début du IIIe siècle, avec une fourchette allant de 150 à 250.
D’autres papyri importants complètent ce tableau. Le Papyrus 104 (IIe siècle) conserve un fragment de Matthieu. Le Papyrus 45 (début-milieu du IIIe siècle) contient des portions des quatre Évangiles et des Actes. Le Papyrus 75 (début du IIIe siècle) offre de larges extraits de Luc et de Jean, et se révèle très proche textuellement du célèbre Codex Vaticanus.
Malgré la richesse de ces fragments, il faut attendre le IVe siècle pour disposer de manuscrits presque complets du Nouveau Testament. Après la légalisation du christianisme par Constantin (édit de Milan, 313), les chrétiens ont pu faire copier de grands codex sur parchemin. Deux d’entre eux se distinguent particulièrement :
- Le Codex Vaticanus, daté d’environ 325-350, contient presque tout le Nouveau Testament (il manque la fin d’Hébreux, les épîtres pastorales, Philémon et l’Apocalypse).
- Le Codex Sinaiticus, daté d’environ 330-360, est le plus ancien manuscrit connu contenant l’intégralité du Nouveau Testament. Il renferme également une grande partie de l’Ancien Testament (version grecque de la Septante), ainsi que l’Épître de Barnabas et le Pasteur d’Hermas.
Trois cent cinquante ans après les événements rapportés dans le Nouveau Testament, c’est à la fois court et long. Court, si l’on compare avec les œuvres des philosophes ou des historiens de l’Antiquité : pour Platon, Aristote ou la Guerre des Gaules de César, les plus anciennes copies complètes datent souvent de huit cents à quatorze cents ans après la rédaction originale. Long, si l’on imagine que le plus ancien récit des apparitions de la Vierge à Beauraing (1932-1933) ne daterait que de 2280 ou 2300.
Parallèlement à la transmission des textes, la question du canon se pose : quels livres font autorité ? La première liste qui correspond exactement aux vingt-sept livres du Nouveau Testament tel que nous le connaissons apparaît en 367, dans la 39e lettre festale de saint Athanase d’Alexandrie. Cette liste est ensuite confirmée au concile de Rome de 382 sous le pape Damase Ier, puis aux conciles d’Hippone (393) et de Carthage (397 et 419). Ce n’est toutefois qu’au concile de Trente, en 1546, que l’Église catholique a solennellement défini ce canon (Ancien et Nouveau Testament) comme un dogme, en réaction aux contestations de la Réforme.
Aujourd’hui, on dénombre plus de 140 papyri du Nouveau Testament, dont une soixantaine antérieurs à l’an 300, et plus de 5 800 manuscrits grecs au total. Cette abondance exceptionnelle, combinée à la relative proximité chronologique des plus anciens témoins, fait du Nouveau Testament l’un des textes de l’Antiquité les mieux attestés.
(avec l'IA)
Lien permanent Catégories : Christianisme, Culture, Eglise, Foi, Livres - Publications, Patrimoine religieux 0 commentaire -
Catholicismes européens, Église catholique et sexualités : un colloque dont on peut craindre le pire
14-16/9/2026 : Catholicismes européens, Église catholique et sexualités. Plaidoyer pour une histoire croisée, de l’âge confessionnel au XXIe siècle
" Du 14 au 16 septembre 2026, le groupe de recherche d'histoire des christianismes (GHB - RSCS) et l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) organisent un colloque à Louvain-la-Neuve : "Catholicismes européens, Église catholique et sexualités : plaidoyer pour une histoire croisée, de l’âge confessionnel au XXIe siècle. Le religieux, la norme et l’hégémonie, un réservoir de complicités et de subversions". " (programme détaillé)
Le cadrage du colloque laisse clairement attendre une approche critique, souvent subversive par rapport à la doctrine et à la tradition morales catholiques classiques, plutôt qu’une défense ou une simple description interne de celle-ci.
Le titre complet est révélateur : « Catholicismes européens, Église catholique et sexualités : plaidoyer pour une histoire croisée, de l’âge confessionnel au XXIe siècle. Le religieux, la norme et l’hégémonie, un réservoir de complicités et de subversions ». Il s’agit d’un colloque international coorganisé par le groupe d’histoire des christianismes de l’UCLouvain (RSCS) et l’EHESS, les 14-16 septembre 2026 à Louvain-la-Neuve. L’argumentaire souligne que les questions de genre et de sexualité dominent l’attention contemporaine, mais que leurs liens avec le religieux sont « occultés » en contexte de sécularisation, et que le dialogue entre histoire religieuse et histoire des sexualités reste « délicat ». Le colloque part d’un « postulat contraire » en étudiant les « dynamiques et évolutions réciproques » du catholique et des sexualités.
Ce langage (« hégémonie », « complicités et subversions », « norme ») s’inscrit dans une historiographie influencée par les études de genre, les approches critiques de la norme et de l’hégémonie (souvent gramscïennes ou foucaldiennes), et l’histoire des sexualités. Il ne s’agit pas d’une approche théologique ou magistérielle interne (qui partirait de l’Écriture, de la Tradition, de la loi naturelle ou du Catéchisme), mais d’une lecture historico-sociale qui interroge le pouvoir normatif de l’Église, ses accommodements, ses résistances et les espaces de contestation ou de réinterprétation.
Les organisateurs renforcent cette orientation :
- Régis Schlagdenhauffen (EHESS) détient la chaire de socio-histoire des catégories sexuelles. Ses travaux portent sur l’histoire LGBT, la mémoire des victimes homosexuelles du nazisme, les condamnations pour « impudicité », les mouvements homosexuels et les normes sexuelles.
- Jean-Pascal Gay (UCLouvain, histoire du christianisme moderne et contemporain) travaille sur les normativités catholiques, la théologie morale, la casuistique, et l’intersection religion/genre/sexualité. Il a publié sur la focalisation religieuse sur la sexualité à l’âge confessionnel.
- Autres membres du comité : Camille Banse Wauty (doctorante UCLouvain, études de genre/histoire), Silvia Mostaccio (UCLouvain), Théo Hagenmuller (EHESS/UCLouvain). Le comité scientifique mentionné dans l’appel inclut des spécialistes d’histoire du genre et des sexualités (Céline Béraud, Sylvie Steinberg, etc.).
L’appel à communications (ouvert jusqu’en mai 2026) et le programme détaillé (flyer PDF sur le site UCLouvain) confirment une invitation à des communications d’histoire croisée, pas de doctrine apologétique. Dans le contexte universitaire actuel (EHESS + UCLouvain post-sécularisation, forte présence des gender studies), il est raisonnable d’anticiper des communications qui :
- historicisent et relativisent les normes sexuelles catholiques (mariage, chasteté, condamnation des actes homosexuels comme « intrinsèquement désordonnés », contraception, etc.) ;
- mettent en avant les « subversions » internes (pratiques déviantes, résistances, réinterprétations, complicité avec des évolutions sociales) ;
- analysent l’Église comme productrice d’hégémonie normative plutôt que comme gardienne d’une vérité révélée immuable.
Cela ne signifie pas que toutes les interventions seront polémiques ou militants anti-traditionnels : l’histoire académique sérieuse peut aussi documenter la continuité doctrinale, les pratiques pastorales ou les résistances. Mais le cadrage explicite (« réservoir de complicités et de subversions ») et le profil des organisateurs orientent fortement vers une lecture critique et déconstructive, loin d’une fidélité à la tradition magistérielle (Catéchisme §§ 2337-2359, Persona humana, Humanae vitae, etc.).
En résumé : oui, on peut s’attendre à des discours qui, du point de vue de la tradition catholique classique, apparaîtront subversifs ou révisionnistes. C’est cohérent avec une grande partie de l’historiographie universitaire contemporaine sur le sujet.