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BELGICATHO

  • Marcel Gauchet récuse la « dictature du relativisme » pointée par Benoît XVI

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    De Radio Notre-Dame ("Le grand témoin" avec Louis Daufresne) :

    © RND-RCF
    11 mars 2026

    Marcel Gauchet récuse la « dictature du relativisme » pointée par Benoît XVI

    17 min
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    Marcel GAUCHET, historien, philosophe, sociologue. Auteur de Comment pensent les démocraties (Albin Michel)

    Dans une société liquide où tout se vaut et tout se vend, les idées et les identités sont comparables à des objets placés sur la gondole du supermarché : leur valeur est celle de choses que l’on renouvelle au gré de l’arbitraire des modes et des passions. « Dans un monde renversé, même le vrai est un moment du faux », disait Guy Debord. C’est très difficile pour une institution solide comme l’Église catholique de survivre dans ce monde-là, d’être devenue une idée parmi d’autres. Mais après tout, n’a-t-elle pas ce qu’elle mérite puisque, selon la célèbre thèse de Marcel Gauchet, le christianisme serait la « religion de la sortie de la religion ». C’est lui qui, en séparant Dieu de César, a offert à César un espace qui lui est propre, avec le pluralisme idéologique qui le caractérise et, peu ou prou, remonte dans sa forme contemporaine à 1848, époque où se consolidèrent trois camps, les conservateurs, les libéraux et les socialistes. C’es cadres mentaux demeurent, malgré la vacuité de certains débats politiques actuels. L’idéologie est ainsi, au sens technique du terme, ce qui anime l’espace démocratique. Elle se distingue se distingue de la variété des opinions qui pouvaient prévaloir auparavant, dans des sociétés homogènes et verticales, où il fallait statuer sur le vrai et le faux. Dans cet entretien, Marcel Gauchet, premier titulaire de la chaire du Collège des Bernardins, l’Église, influencée par l’esprit du siècle, a évolué vers la gestion démocratique des pluralités qui la constituent, sans céder au relativisme dont le pape Benoît XVI dénonçait la prédominance.

  • Ce que signifie réellement la fertilité

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    De sur The Catholic Thing :

    Ce que signifie réellement la fertilité

    D'une manière générale, le taux de fécondité d'une culture est révélateur de son caractère. Il témoigne aussi de sa santé. Avoir et élever des enfants est une tâche sérieuse qui exige des sacrifices. Mais pour toute personne généreuse, cela engendre également l'amour, l'espoir et la confiance en un avenir prometteur, car l'instinct de « croître et se multiplier » (Genèse 1:28, 9:1) est inscrit dans la nature humaine.

    Refuser cette réalité a des conséquences. En voici un exemple. Le taux de renouvellement des générations est de 2,1 enfants par femme au cours de sa vie. L'indice synthétique de fécondité en Europe occidentale était d'environ 2,66 au début des années 1960. Il est tombé à 1,46 à la fin des années 1990. Il a continué de baisser pour atteindre un niveau historiquement bas de 1,34 en 2024. Cela représente une baisse de la fécondité de 50 % en à peine deux générations. Les Européens musulmans ont tendance à avoir une fécondité légèrement supérieure en moyenne, mais le constat général est néanmoins celui d'un effondrement massif et durable de la natalité sur le continent.

    Concernant les États-Unis : au début des années 1960, leur taux de fécondité avoisinait les 3,5, nettement supérieur à celui de l’Europe à la même époque, car le baby-boom américain d’après-guerre avait été plus important et plus long. Mais la baisse qui a suivi a été plus marquée . Le taux de fécondité total américain a chuté à 1,59 en 2024. Ainsi, le déclin net de la fécondité au cours des soixante dernières années est en réalité plus important aux États-Unis qu’en Europe, en valeur absolue.

    Pourquoi cet effondrement ? Les facteurs sont assez évidents : un accès facile à la contraception et à l'avortement ; un nombre croissant de femmes dans l'enseignement supérieur et sur le marché du travail ; la hausse du coût de la vie ; une économie axée sur la consommation ; et le déclin des croyances religieuses.

    Le christianisme encourageait fortement les mariages stables et les familles nombreuses. Avec la sécularisation de l'Europe, cette pression morale a disparu. Aujourd'hui, la plupart des enfants grandissent en considérant les familles peu nombreuses comme la norme. Leur propre fécondité s'en trouve ajustée à la baisse. Ce qui rend cette réalité si difficile à inverser, c'est qu'une modernité ancrée dans l'individualisme et ses appétits matériels a appris à nombre d'entre nous à valoriser ces caractéristiques.

    Il en résulte une perte de sens culturel, une population vieillissante et des coûts de santé en constante augmentation, le tout soutenu par une population active en diminution. La réponse économique nécessaire à ce déclin démographique est l'immigration, qui permet de combler le déficit de main-d'œuvre grâce à des personnes en âge de travailler issues de régions à forte fécondité. Cependant, l'immigration massive requise pour compenser la faible fécondité suscite généralement une vive opposition politique. Il en résulte une tension constante entre les impératifs économiques et l'inquiétude populaire, qui a affecté la vie de presque tous les pays occidentaux.

    Voilà pour toutes ces données sociales. Quel rapport avec le livre « Infertile mais féconde » ?

    L'une des réponses (d'une ironie savoureuse) à tout ce qui précède réside dans le nombre de femmes aujourd'hui, dont beaucoup sont croyantes, qui choisissent délibérément d'avoir des familles nombreuses. Là encore, la fertilité – le désir ardent de donner la vie – est inhérente à la nature humaine. Cela peut se traduire par des enfants, ou par une vie de célibat au service d'autrui.

    Mais chacun, sans exception, éprouve le besoin de procréer, et ignorer ce besoin pervertit le cœur. Notre propre fille est mère de sept enfants. Pour ma femme Suann, les années les plus difficiles de notre mariage furent celles de ses huit ou dix ans, lorsqu'elle ne pouvait concevoir ou qu'elle a subi plusieurs fausses couches ; alors que ses amies, toutes autour d'elle, donnaient naissance à enfant sur enfant.

    Les maris peuvent apporter amour et soutien. Mais ils ne pourront jamais pleinement comprendre la souffrance et le sentiment de perte ressentis au plus profond de soi par la femme qui désire ardemment un enfant, mais ne le peut pas. Surtout lorsque l'infertilité s'avère définitive.

    Ce qui nous ramène au livre poignant et magnifique de Leigh Snead. Snead écrit sans prétention ni fausse piété. Son style est simple, intime et direct, et n'en est que plus efficace.  « Infertile mais féconde : Trouver l'épanouissement quand on ne peut concevoir »  est une sorte de confession. C'est le récit d'une femme talentueuse qui s'imagine qu'avoir un enfant sera facile, mais qui, année après année, échec après échec, se sent au contraire plus profondément attachée à son mariage et à sa foi, précisément à cause de ce qu'elle désire ardemment mais qu'elle ne parvient jamais à obtenir.

    Leigh Fitzpatrick Snead

    Au fil des années, Snead et son mari ont tout essayé pour concevoir un enfant, des méthodes naturelles de contraception à l'assistance médicale. Ils découvrent que la plupart de ces dernières – la FIV – sont moralement inacceptables et ne peuvent donc pas y recourir. Mais même l'aide médicale légale s'avère infructueuse.

    Pire encore, aucune cause biologique claire n'a été trouvée à ce problème. De ce fait, l'un des points forts du récit de l'auteure réside dans la section très pratique des « leçons apprises » qui conclut chaque chapitre ; en d'autres termes, les enseignements tirés de son expérience et les conseils qu'elle prodigue aux autres femmes qui empruntent le même chemin de croix difficile et incertain.

    Elle écrit que,

    Alors que l'idée que je ne pourrais peut-être jamais tomber enceinte s'imposait à moi, la croix de l'infertilité contrastait fortement avec le récit que je me faisais de ma vie, de ma maternité . L'infertilité était ma croix. Et avec la même ferveur que celle avec laquelle je priais Dieu de me donner un enfant, j'ai trouvé, par miracle, le don d'une grâce extraordinaire, et je l'ai accueilli… et notre vie entière s'est recentrée sur le Christ plutôt que sur la grossesse.

    On oublie trop facilement que Dieu n'abandonne jamais l'âme fidèle. Aujourd'hui, Snead est une mère comblée : la mère de quatre fils adorés, tous adoptés, dont deux sont en situation de handicap. La leçon de ce récit est donc simple : la fertilité relève davantage de l'esprit que de la chair. C'est la volonté et le courage d'aimer.

    __________

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  • Que penser du rapport final du Synode sur les femmes dans l'Église ?

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    De Niwa Limbu sur le Catholic Herald :

    10 mars 2026

    Que penser du rapport final du Synode sur les femmes dans l'Église ?

    Le Vatican a publié un autre rapport d'étude commandé à la suite de la phase d'ouverture du Synode sur la synodalité, qui traite du débat sur le rôle des femmes dans l'Église catholique.

    Le dernier document, publié par le Secrétariat général du Synode le 3 mars, présente les conclusions du groupe d'étude n° 5, qui a examiné « la participation des femmes à la vie et à la direction de l'Église ».

    Ce rapport est le troisième d'une série attendue des groupes d'étude créés par le pape François après la première session de la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques. Ces groupes ont été chargés d'examiner les questions complexes soulevées lors des consultations synodales qui n'ont pas pu être facilement résolues pendant l'assemblée elle-même. Leurs conclusions visent à approfondir la réflexion avant la poursuite du processus synodal au sens large.

    Dans une déclaration accompagnant la publication, le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode, a souligné que le débat sur les femmes dans l'Église doit d'abord aborder les questions culturelles qui façonnent l'Église. « Lorsque nous parlons du rôle des femmes dans la vie de l'Église, nous devons être conscients qu'il s'agit avant tout d'une question d'ordre culturel », a-t-il déclaré, soulignant que dans de nombreuses régions, les normes sociales influencent encore fortement la manière dont la foi est vécue et organisée.

    Le cardinal Grech a fait valoir que l'Église doit distinguer plus clairement les principes authentiques de l'Évangile des habitudes culturelles qui peuvent les obscurcir. « Trop souvent, la manière dont la foi est vécue est déterminée par certains aspects culturels plutôt que par les valeurs de l'Évangile », a-t-il déclaré. Le cardinal a ajouté que la tâche de l'Église était de veiller à ce que son témoignage au sein de sociétés diverses promeuve la dignité de tous les croyants et encourage la responsabilité partagée entre les fidèles. « Notre mission renouvelée est de faire de l'Église une force qui incarne l'Évangile au sein des cultures, en promouvant le respect des droits de tous et la coresponsabilité selon la vocation de chacun ».

    Le rapport final retrace le travail du groupe d'étude et la méthode qu'il a suivie pour examiner le sujet. Il décrit comment les perspectives théologiques, pastorales et canoniques ont été réunies afin d'évaluer la manière dont les femmes contribuent déjà à la mission de l'Église et comment leur participation pourrait se développer davantage.

    Une grande partie du document est consacrée à la synthèse des thèmes qui ont émergé au cours des délibérations du groupe. Parmi les questions explorées figurent les relations entre les hommes et les femmes dans la vie de l'Église, la signification de l'autorité dans les structures ecclésiales et la distinction entre le ministère ordonné et les autres formes de service exercées par les laïcs.

    Le rapport final se compose de trois parties. L'un des axes de réflexion souligne que toute réflexion sur le rôle des femmes ne peut être dissociée d'une conception plus large de l'Église comme communion d'hommes et de femmes partageant une mission commune. Le rapport évoque donc la possibilité que la clarification du champ d'action et des responsabilités du ministère ordonné puisse ouvrir de nouvelles perspectives pour le leadership laïc.

    Pour aborder cette question, le document s'appuie sur les enseignements papaux antérieurs afin de souligner les limites théologiques entourant le sacerdoce, tout en mettant en évidence l'objectif plus large de l'autorité ecclésiale.

    Un deuxième thème clé du rapport concerne ce qu'il appelle la « dimension charismatique » de la participation des femmes à l'Église. Le document note qu'à côté des ministères officiellement institués, il existe de nombreuses autres formes stables de service qui découlent de dons spirituels plutôt que de nominations liturgiques spécifiques.

    Le rapport soutient que se concentrer uniquement sur les ministères officiellement institués risque de réduire la portée de la contribution des femmes à la vie de l'Église. Il suggère que les charismes permettent souvent aux croyants d'atteindre des situations et des communautés que les structures traditionnelles ont du mal à aborder. En ce sens, le document affirme que les dons spirituels devraient être reconnus comme des réalités objectives qui répondent aux besoins pratiques de l'évangélisation.

    La dernière partie du rapport comprend une série d'annexes fournissant des réflexions théologiques et canoniques plus détaillées sur les questions abordées par le groupe d'étude. Elles contiennent également des propositions soumises lors des consultations, indiquant que le débat sur la participation des femmes reste un processus en cours plutôt qu'une question réglée.

    Cette publication s'inscrit dans le cadre de l'initiative synodale plus large lancée par le pape François en 2021, qui vise à encourager les catholiques du monde entier à réfléchir à la manière dont l'Église écoute, discerne et prend ses décisions. La première session de l'assemblée synodale à Rome en 2023 a révélé un vif intérêt pour les questions relatives à la gouvernance, à la participation et au rôle des différentes vocations au sein de l'Église.

    Le rapport contient à la fois des éléments rassurants et des ambiguïtés qui illustrent les tensions actuelles au sein de l'Église.

    Le premier point à reconnaître est que le rapport ne soutient clairement pas l'admission des femmes à la fonction de diacre. Il ne s'agit pas d'une interprétation, mais d'une affirmation contenue dans le document lui-même. Dans son aperçu historique des travaux du groupe d'étude et à nouveau dans son traitement des questions ministérielles, le rapport déclare à la page six : « La question de l'accès des femmes au diaconat ne semblait pas encore suffisamment mûre, tout bien considéré et comme l'a maintenu le pape François lui-même. »

    Depuis plusieurs années, la possibilité d'avoir des femmes diacres fait l'objet d'un large débat, et certains observateurs ont supposé que le processus synodal pourrait finalement approuver une telle évolution. Au contraire, le groupe d'étude indique explicitement que la question reste en suspens et, surtout, qu'elle n'est pas prête pour un changement doctrinal.

    Cette conclusion apparaît plus clairement au paragraphe 32 du rapport, qui décrit les travaux de la commission réactivée sur le diaconat féminin. Le texte note que « lors de la deuxième session du Synode sur la synodalité, le pape François a réactivé les travaux de la deuxième commission d'étude sur le diaconat féminin ». La conclusion de la commission est ensuite résumée avec une clarté similaire, affirmant que la proposition doit être comprise « tout en confirmant ce qui a été exprimé dans la lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis de saint Jean-Paul II ». 

    Ordinatio Sacerdotalis reste la déclaration magistérielle définitive selon laquelle l'Église n'a pas le pouvoir d'ordonner des femmes à la prêtrise. Le diaconat appartient à la même structure sacramentelle des ordres sacrés, et la réaffirmation de ce document préserve efficacement la nature exclusivement masculine du ministère ordonné.

    Le rapport fait également preuve d'une certaine retenue pratique dans son traitement de la gouvernance. À plusieurs reprises, il insiste sur le fait que l'Église dispose déjà de structures canoniques suffisantes pour permettre une plus large participation des femmes sans modifier la doctrine. À la page 15, paragraphe 29, le rapport note que « toutes les possibilités déjà présentes dans le cadre canonique actuel peuvent être pleinement exploitées ». Il affirme également qu'« il n'y a aucune raison ni aucun obstacle qui devrait empêcher les femmes d'exercer des fonctions de direction » dans le cadre de ce que le droit canonique autorise déjà. Concrètement, plutôt que de proposer une réforme radicale du droit canonique, le document suggère d'utiliser les outils dont dispose déjà l'Église.

    Cependant, ces éléments rassurants ne sont qu'une partie du tableau. La section consacrée aux travaux de la Commission sur le diaconat féminin illustre pourquoi certaines déclarations apparemment rassurantes peuvent être à double tranchant. Comme mentionné précédemment, le rapport réaffirme clairement les limites doctrinales établies par l'Église concernant les ordres sacrés. Pourtant, dans le même passage, il avance des propositions qui semblent contradictoires. Comme indiqué précédemment à la page 16 : « La même commission a approuvé à une très large majorité (9 voix pour, 1 contre) une thèse qui envisage la possibilité d'élargir l'accès des femmes aux ministères institués – tels que celui de catéchiste – ou d'en créer de nouveaux... À cet égard, il semble opportun d'élargir l'accès des femmes aux ministères institués pour le service de la communauté. »

    C'est là que réside le double tranchant. Comme indiqué précédemment, le document confirme explicitement Ordinatio Sacerdotalis. Le diaconat appartenant à la même structure sacramentelle des ordres sacrés, la réaffirmation de cet enseignement protège efficacement la conception traditionnelle du ministère ordonné. En ce sens, le rapport présente la question sacramentelle comme close.

    Pourtant, le même paragraphe propose d'élargir l'accès des femmes aux ministères institués et d'établir potentiellement de nouvelles formes de ministère. Lorsque de nouveaux ministères non sacramentels sont élargis alors que la question du diaconat continue d'être réexaminée, les structures peuvent plus facilement être présentées comme un tremplin vers de nouveaux développements. Le fait que le rapport décrive l'élargissement de la commission sur le diaconat féminin renforce l'impression que la question, bien que formellement non résolue, reste ouverte à une réinterprétation future.

    Un autre exemple apparaît dans la discussion du rapport sur la relation entre la gouvernance et les ordres sacrés. À la page 13, le texte stipule : « La potestas primae du Pontife romain peut également être déléguée à des personnes baptisées qui n'ont pas reçu les ordres sacrés... il ne semble y avoir aucun obstacle à étendre cette approche également au niveau local dans les diocèses individuels, sans que cela implique la participation aux ordres sacrés. »

    Dans la pratique, cette évolution est déjà visible. La nomination de sœur Simona Brambilla au poste de préfète du Dicastère pour les instituts de vie consacrée en 2025 et la nomination antérieure de Paolo Ruffini au poste de préfète du Dicastère pour la communication en 2018 montrent comment le leadership laïc est intégré dans la gouvernance de l'Église. Pourtant, la juridiction ordinaire reste étroitement liée aux ordres sacramentels. Si l'autorité peut être largement déléguée à des personnes non ordonnées, la distinction pratique entre le clergé et les laïcs devient moins claire.

    Sur le plan plus culturel du débat, le synode s'est exprimé en termes forts sur le cléricalisme et le genre. À la page 9, paragraphe 4, le document stipule : « Le cléricalisme est la tendance à transférer automatiquement l'autorité et le rôle unique qui appartiennent proprement au prêtre dans la célébration de l'Eucharistie à tous les autres domaines de la vie communautaire. »

    Les sections suivantes renforcent ce thème. L'annexe VI, dans une section intitulée « Tensions critiques concernant le cléricalisme et le machisme », fait explicitement référence à « la contribution du pape François contre le cléricalisme et le machisme ».

    Il devrait être clair que le sacerdoce masculin ne repose pas sur des catégories sociologiques, mais sur la théologie sacramentelle et l'institution divine. Des documents tels que Presbyterorum Ordinis expliquent l'autorité du prêtre principalement en termes de son rôle dans la célébration de l'Eucharistie et la conduite des fidèles. En revanche, les expressions « machisme » et « chauvinisme masculin » s'inspirent de la terminologie sociologique moderne. Plus généralement, les distinctions sacramentelles sont de plus en plus interprétées à travers les cadres culturels contemporains.

    Le passage le plus controversé de l'ensemble du rapport concerne peut-être son interprétation du changement culturel. À la page 10, le document déclare : « La « question des femmes » est un signe des temps, en ce sens que le Saint-Esprit s'exprime également à travers elle. Cela implique que dans ce domaine, un chemin de conversion, c'est-à-dire un changement de mentalité, est nécessaire à tous les niveaux de l'Église. » Le rapport poursuit en soulignant des facteurs tels que le départ des femmes de l'Église et le déclin des vocations.

    Cet argument s'appuie sur la constitution Gaudium et Spes du concile Vatican II, qui encourageait l'Église à lire les signes des temps. Cela n'impliquait toutefois pas d'adopter les hypothèses de la culture séculière ou de laisser les tendances sociales dicter la doctrine. Il s'agissait plutôt d'interpréter les événements contemporains à la lumière de l'Évangile. Présenter la pression culturelle comme une preuve que l'Église doit subir un « changement de mentalité » reste donc sujet à débat.

    Cette interprétation peut également être remise en question lorsque l'on examine les données démographiques émergeant au sein même de l'Église. Ces dernières années, bon nombre des exemples les plus frappants d'engagement féminin dans la vie catholique ne proviennent pas de communautés expérimentant le synode, mais de celles plus fermement ancrées dans la tradition, en particulier les communautés attachées à la messe en latin et aux formes traditionnelles de vie religieuse. On observe un afflux constant de jeunes femmes qui entrent ou discernent leur vocation religieuse dans des couvents et des instituts traditionnels, parallèlement à une tendance plus large des femmes à se convertir ou à redécouvrir la foi à travers ces communautés. 

    Ce phénomène suggère que le mécontentement à l'égard de la culture séculière et le désir de clarté dans la doctrine, la liturgie et la discipline spirituelle pourraient en fait attirer de nombreuses femmes vers les formes de vie catholique que le débat synodal plus large traite souvent comme périphériques.

    Dans l'ensemble, le rapport révèle donc une Église qui navigue sur une voie délicate entre continuité et adaptation. D'une part, il réaffirme clairement les limites doctrinales établies par Ordinatio Sacerdotalis et la tradition du sacerdoce masculin. D'autre part, il fait progresser un langage théologique fortement influencé par les débats contemporains sur le pouvoir, la culture et le genre. Il en résulte un document à la fois rassurant et déstabilisant. 

     

  • De moins en moins nombreux, les chrétiens du Moyen-Orient sont de nouveau pris pour cible

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    De Michele Chabin sur le National Catholic Register :

    Les chrétiens du Moyen-Orient, de moins en moins nombreux, de nouveau pris pour cible

    Les attaques et contre-attaques entre Israël et le Hezbollah, une milice soutenue par l'Iran, ont créé une situation désastreuse pour les chrétiens de la région frontalière israélo-libanaise.

    JÉRUSALEM — Les chrétiens sont minoritaires au Moyen-Orient, mais ils sont tout autant concernés par le dernier conflit qui ravage la région que n'importe quel autre habitant, affirment les responsables religieux locaux.

    Depuis qu'Israël et les États-Unis ont uni leurs forces dans une guerre contre le régime islamique iranien le 28 février, l'Iran a lancé des salves de missiles balistiques sur de nombreuses villes israéliennes.

    La semaine dernière, le Hezbollah, une organisation terroriste dotée d'un important arsenal militaire financé par l'Iran, a lancé des salves de roquettes depuis le Liban sur le nord d'Israël, où vit la plupart des quelque 200 000 chrétiens d'Israël.

    En réponse, les troupes terrestres israéliennes ont pénétré dans le sud du Liban afin de détruire les bastions du Hezbollah près de la frontière israélo-libanaise. Au fil des années, et notamment après le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, le Hezbollah a bombardé à plusieurs reprises des villes et des kibboutzim israéliens.

    Le nombre de morts augmente.

    Le 9 mars, un bombardement de chars israéliens dans le village chrétien de Qlayaa, au sud du Liban, a tué le père maronite Pierre al-Rahi. Comme de nombreux autres prêtres libanais et habitants de villages chrétiens du Liban, il avait refusé d'obéir aux ordres d'évacuation des Forces de défense israéliennes, espérant ainsi empêcher le Hezbollah d'entrer dans le village et Israël d'attaquer.

    « Nous ne portons en nous que bonté, bienveillance, amour et prière », a déclaré le père al-Rahi à la chaîne de télévision France24 sur les marches de son église la veille de son assassinat.

    « Nous avons choisi de rester exposés au danger car ce sont nos maisons. Nous ne les laisserons à personne qui voudrait venir les utiliser et les occuper », a-t-il déclaré, faisant clairement référence aux combattants du Hezbollah.

    Selon les médias, le père al-Rahi a été tué lors d'une frappe de l'armée israélienne contre un bâtiment infiltré par des combattants du Hezbollah. Il soignait des villageois blessés lors d'une précédente frappe de l'armée israélienne lorsque celle-ci a frappé à nouveau.

    De nombreux chrétiens libanais ont accusé à la fois Israël et le Hezbollah.

    « Le père Pierre a été tué dans un paisible village chrétien libanais entraîné par le Hezbollah dans une guerre contre Israël. Nous appelons la communauté internationale à placer le Liban sous le Chapitre VII », ce qui désignerait la région comme étant sous l'égide des Nations Unies, a écrit sur Twitter Amine Bar-Julius Iskandar, président de l'Union maronite-Tur Levnon.

    Le pape Léon XIII a exprimé sa « profonde tristesse » pour les victimes des attentats au Moyen-Orient, « pour les nombreuses personnes innocentes, dont de nombreux enfants, et pour ceux qui leur portaient secours, comme le père Pierre al-Rahi ». Le pape « suit les événements avec inquiétude et prie pour une cessation rapide des hostilités », a indiqué le Bureau de presse du Saint-Siège.

    Le père jésuite Jean-Paul II, recteur de l'Institut œcuménique de Tantur à Jérusalem, a déclaré que les chrétiens de Terre Sainte « ont un intérêt direct dans ce qui se passe ici. Les gens possèdent des maisons, des terres. Ils récoltent leurs oliviers. Les chrétiens sont profondément enracinés ici. Nous sommes touchés par tout ce qui se passe. Nous ne sommes pas un groupe extérieur, mais nous sommes souvent négligés par de nombreux dirigeants juifs et musulmans. »

    Le père Paul a déclaré que les églises locales « ont un rôle important à jouer dans la consolidation de la paix et la médiation. Car nous faisons partie de cette terre, de ce peuple, de tout ce qui se passe ici. »

    À Nazareth, dans le nord d'Israël, l'évêque auxiliaire Rafic Nahra, vicaire patriarcal pour Israël et le Patriarcat latin de Jérusalem , a déclaré au Register que les chrétiens locaux étaient profondément choqués par les violences qui ravagent la région. Nombre d'entre eux, citoyens israéliens et travailleurs étrangers, ont passé plus d'une semaine à se réfugier dans des abris anti-bombes. Une aide-soignante catholique philippine a été tuée lors d'une frappe aérienne iranienne.

    « Nous ne sommes pas séparés. Nous ressentons les effets de la guerre comme tout le monde, qu'ils soient chrétiens, musulmans ou juifs », a déclaré l'évêque Nahra. « Chacun souffre de cette guerre et nous prions pour qu'elle prenne fin. Nous voyons les informations ; nous voyons les destructions à répétition et les menaces. Nous avons connu tant de guerres dans cette région. »

    Depuis le début de la guerre, de nombreuses familles chrétiennes ont émigré d'Israël, a déclaré l'évêque Nahra. Il craint que la guerre actuelle et les violences au sein de la société arabo-israélienne n'entraînent de nouveaux départs.

    « Je suis inquiet de voir autant de chrétiens partir. Nous encourageons nos fidèles à rester, à témoigner de notre foi chrétienne et de notre besoin d'être ici, mais nous ne pouvons forcer personne à rester. Nous ne pouvons pas les protéger. Tout ce que nous pouvons leur dire, c'est : « Que Dieu vous bénisse. » »

    Yousef Barakat, directeur général du Centre Notre-Dame de Jérusalem, fait partie de ceux qui envisagent d'émigrer prochainement. Il a déjà dit à son fils, qui a récemment obtenu un diplôme d'études supérieures aux États-Unis et vit maintenant au Texas, de ne pas rentrer au pays.

    « Tous les deux ou trois ans, nous connaissons une crise, et je pense que même après la fin de cette guerre, il sera très difficile pour les chrétiens de vivre ici », a déclaré Barakat. « La plupart des chrétiens de Jérusalem et de Bethléem travaillent dans le secteur du tourisme. En Cisjordanie, je dirais que 70 à 80 % des chrétiens envisagent de partir, à condition de pouvoir obtenir les documents nécessaires, notamment les visas. »

    À moins d'une nette amélioration de la situation, a déclaré Barakat, dans quelques décennies, « il ne restera peut-être plus que quelques familles chrétiennes ici ».

  • En quête d'esprit (Aymeric Pourbaix) : Marie face à la déchristianisation en Europe

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    Marie face à la déchristianisation en Europe : En quête d'esprit (Émission du 08/03/2026)
    Aymeric Pourbaix
     
    Tous les dimanches à 13h

    Tous les dimanches, Aymeric Pourbaix et ses invités abordent l’actualité d’un point de vue spirituel et philosophique dans #EQE

    La Vierge Marie est un antidote à la déchristianisation de l'Europe. Comme l'explique Inti Paolucci, président de Radio Maria Angleterre, par son OUI définitif à Dieu, elle est la voie royale qui mène à son Fils.

    https://www.cnews.fr/emission/2026-03-08/marie-face-la-dechristianisation-en-europe-en-quete-desprit-emission-du

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  • José Aparicio Sanz et ses 232 compagnons, martyrs victimes des "Rouges" espagnols (11 mars)

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    D'Evangile au Quotidien :

    José Aparicio Sanz et ses 232 compagnons
    Martyrs de la Guerre Civile Espagnole (1936-1939)
    Béatification record du 11 mars 2001 par saint Jean-Paul II
    Mémoire commune : 11 mars
    Mémoire individuelle : ‘dies natalis’ de chacun

    Fruit du grand Jubilé de l'An 2000, cette béatification du 11 mars 2001 est la première du nouveau siècle et du nouveau millénaire. Jamais autant de serviteurs de Dieu n'ont été béatifiés à la fois. (Il faut remonter au Bx Pie IX - Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878, en 1867, pour avoir la béatification de 205 martyrs du Japon.) Chaque cause a été étudiée individuellement. Chacun de ces martyrs avait déjà mené une vie sainte digne de béatification avant que le martyr ne vienne couronner leur carrière. L'Église de Valence, suivie par celles de Barcelone et de Lérida, a commencé à instruire les procès de béatification depuis 50 ans déjà. Une masse de documents a été recueillie.
    Avant cette béatification, saint Jean Paul II avait déjà célébré 10 béatifications pour des martyrs de la guerre civile espagnole, soit, avec ceux de ce jour, 471 martyrs. A savoir: 4 évêques, 43 prêtres séculiers, 379 religieux, 45 laïcs.

    La seconde République instaurée en 1931 amène le "Frente popular" (Front populaire) au pouvoir. Composée de communistes, socialistes et anarchistes, elle est essentiellement anticléricale. Pourtant les évêques ont reconnu au début sa légitimité. Si les violences ne se déclenchent pas tout de suite, néanmoins ce gouvernement révolutionnaire entame d'emblée une persécution juridique : dissolution des ordres religieux et nationalisation de tous leurs biens, approbation du divorce, crucifix retirés des classes.

    Après les lois restrictives vient la persécution sanglante avec la "Révolution des Asturies" en 1934 et les martyrs de Turon.
    En l'été 1936, les "Rouges", comme on les appelle, (à juste titre car leur but est de faire de l'Espagne un état satellite de la Russie), déclenchent la plus grande persécution religieuse qu'ait jamais connu l'Espagne. Sur la liste noire des personnes à abattre figurent en premier lieu tous les prêtres. A cause de sa brièveté dans le temps et de son intensité, c'est un ouragan révolutionnaire comparable à celui de la Révolution française qui s'abat sur toutes les régions où domine leur influence : incendie de couvents, d'évêchés, d'églises, destruction du patrimoine artistique sacré, bref, de tout ce qui rappelle la religion catholique. Mais les révolutionnaires ne sont pas suivis par tout le peuple ; au contraire, il se produit un sursaut de la conscience nationale.

    Une partie de l'armée avec le général Francisco Franco se révolte et crée le "Mouvement national". C'est alors la guerre civile entre "Rouges" et "Nationaux" qui dure de 1936 à 1938. Les révolutionnaires ont vraiment l'intention d'éradiquer l'Église et ils procèdent à des exécutions massives, accompagnées d'une férocité inouïe.
    Sont victimes: 13 évêques, 4184 prêtres, 2365 religieux, 283 religieuses, des milliers et des milliers de laïcs. Ils sont vraiment martyrs car ils ont été tués "en haine de la foi", ce ne sont pas des "victimes de guerre", car ils sont pacifiques et ne prennent pas part aux événements, ni des "victimes politiques ", car ils n'ont pas pris partie. (Notons à ce propos que le parti qui soutenait Franco, la "Phalange", influente surtout au début, avait certaines accointances avec les Nazis.). Conscients de mourir pour leur foi, beaucoup criaient « Vive le Christ-Roi! », ce qui n'est pas sans rappeler la guerre des "Cristeros" au Mexique (1926-1929), et tous, avant de mourir, pardonnaient de tout cœur à leurs bourreaux.

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  • Réfléchir à la guerre contre l'Iran

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    De Marcus Peter  sur le CWR :

    Réfléchir à la guerre contre l'Iran

    Les croyants fidèles refusent les illusions sentimentales tout en résistant à un triomphalisme inconsidéré.

    Un récent appel du pape Léon XIV a exhorté à une diplomatie patiente face aux tensions croissantes entre les puissances occidentales et la République islamique d'Iran. Ses paroles reflétaient l'instinct de paix constant de l'Église. À travers de longues décennies de dévastation, les chrétiens ont appris la terrible réalité de la guerre moderne. Des villes s'effondrent, des familles se déchirent et des générations entières portent des blessures invisibles longtemps après que les armes se soient tues.

    Par conséquent, l'Église prône systématiquement la négociation avant la confrontation et la stabilité avant le chaos.

    Néanmoins, la rigueur morale exige une description honnête du régime en question. Une description précise de la République islamique d'Iran révèle un gouvernement dont les dirigeants ont accumulé un nombre considérable d'effusions de sang pendant plusieurs décennies. Quiconque étudie les documents se trouve confronté à une classe dirigeante responsable d'une répression systématique, d'un militantisme idéologique fondé sur le Coran et d'un nombre stupéfiant d'exécutions perpétrées dans le cadre d'une mise en scène judiciaire.

    Les organisations de défense des droits humains signalent que les autorités iraniennes ont procédé à des centaines d'exécutions au cours de la seule année écoulée. Amnesty International et Human Rights Watch ont documenté à plusieurs reprises le recours massif à la peine capitale, notamment par le biais de procès secrets et d'aveux extorqués. Les pendaisons publiques demeurent un instrument d'intimidation au sein du système judiciaire du régime. Par ces pratiques, le gouvernement iranien a adressé au monde un message sans équivoque quant à son autorité et au prix de la dissidence.

    Parallèlement, les femmes qui protestent contre le port obligatoire du voile sont arrêtées, emprisonnées et subissent des violences physiques. Les journalistes qui enquêtent sur la corruption sont fréquemment détenus et soumis à des interrogatoires prolongés. Les minorités religieuses subissent des saisies de biens, du harcèlement et des incarcérations. Les chrétiens et les bahaïs sont régulièrement soumis à des pressions de la part des services de sécurité gouvernementaux. Ces conditions constituent un modèle établi de gouvernance fondamentalement tyrannique.

    La répression du régime face aux manifestations citoyennes révèle la même brutalité. En 2022, la mort de Mahsa Amini, suite à son arrestation par la police des mœurs, a déclenché des manifestations à travers tout le pays. Dans de nombreuses villes, les citoyens ont exigé la fin du contrôle social oppressif. Les forces de sécurité ont réprimé ces manifestations à balles réelles, par des arrestations massives et par de lourdes peines de prison. L'attention internationale a connu des hauts et des bas, puis s'est progressivement estompée, tandis que la répression se poursuivait en Iran. Les militants étudiants, les syndicalistes et les penseurs indépendants restent exposés à des sanctions arbitraires.

    Un tel ordre politique a émergé en 1979. Cette année-là, la Révolution islamique a renversé le Shah et instauré une structure théocratique sous l'autorité de l'ayatollah Rouhollah Khomeiny. Ce dernier a formulé la doctrine du « velayat e faqih », que l'on peut traduire par « la tutelle du juriste ». Selon cette doctrine, l'autorité politique suprême appartient à un érudit juridique islamique qui gouverne la société par une interprétation religieuse rigoureuse.

    En pratique, cette doctrine concentre un pouvoir exécutif extraordinaire entre les mains d'institutions cléricales non élues. Des élections ont certes lieu périodiquement, mais un conseil de surveillance sélectionne les candidats selon des critères islamiques. La participation politique s'inscrit dans un cadre restreint, défini par les autorités religieuses islamiques. Les citoyens peuvent voter pour des personnalités approuvées, tandis que toute opposition politique véritable est exclue de force du système.

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  • La polygamie, pierre d’achoppement du premier voyage du pape Léon en Afrique

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    La polygamie, pierre d’achoppement du premier voyage du pape Léon en Afrique

    Oui, c’est rien moins qu’un hymne au mariage monogame et indissoluble qui a remporté le Superbowl de la chanson italienne à Sanremo en cette première nuit de mars, avec « Per sempre sì » chantée par Sal Da Vinci, ce qui lui a valu un commentaire enthousiaste dans « Vatican News » de la part de Mgr Antonio Staglianò, président de l’Académie pontificale de théologie, pour cette « résistance poétique » inattendue, à rebours de l’esprit du temps qui boude les mariages en faveur du « polyamour ».

    Mgr Staglianò fait référence à la note doctrinale « Una caro » publiée en novembre dernier par le Dicastère pour la Doctrine de la foi au sous-titre éloquent : « Éloge de la monogamie », qui prend pour modèle l’amour de Jésus qui s‘est sacrifié jusqu’au bout, érigeant ainsi le don réciproque du mariage chrétien au rang de sacrement.

    Mais le fait que le mariage chrétien soit monogame et indissoluble n’est pas forcément une évidence partout dans le monde, au contraire, il continue à faire face à des difficultés qui ne datent pas d’hier, comme la note « Una caro » le reconnaît elle-même.

    La note en cite deux en particulier : la polygamie, encore largement pratiquée principalement en Afrique subsaharienne, et le « polyamour », entendu comme « une forme publique d’union non monogame », qui augmente principalement en Occident.

    Le cas de l’Afrique touche l’Église catholique de manière d’autant plus particulière qu’il s’agit du seul continent où le christianisme est en expansion, avec 20% du total mondial des catholiques baptisés, mais où la polygamie fait obstacle à de nombreux baptêmes potentiels.

    Ce n’est pas la première fois que l’Église catholique tente de prendre ce problème à bras-le-corps et, depuis quelques années, elle cherche à établir une ligne commune. Le Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar a demandé à douze experts de travailler à la rédaction d’un document unitaire sur la question, dont le projet – préalablement approuvé par le Dicastère pour la Doctrine de la foi – a été débattu en assemblée plénière à Kigali, au Rwanda, entre le 30 juillet et le 4 août 2025.

    Ce projet a ensuite été présenté à huis clos à l’assemblée par sœur Ester Lucas, une théologienne mozambicaine, et le texte est actuellement en phase de finalisation, avant d’être remis aux conférences épiscopales nationales. Mais on a déjà appris que la pratique consistant à attribuer aux polygames la reconnaissance officielle de « catéchumène permanent », c’est-à-dire de candidat à un baptême ne pouvant être célébré qu’après son abandon de la polygamie, c’est-à-dire en pratique quasi jamais, a été critiquée.

    En revanche, on vise à renforcer le « soin pastoral » et l’accompagnement des polygames, qui resteront tels pour la plupart « étant donné que les époux ne peuvent briser les liens entretenus » , mais ils pourront cependant acquérir une meilleure compréhension du mariage chrétien, comme « profondément lié au mystère du Christ et de l’Église ». Étant entendu que, s’ils satisfont aux conditions pour accéder aux sacrements, la première épouse et les enfants pourront être baptisés, tandis que le mari polygame et les autres femmes « seront encouragés à vivre leur foi de manière pénitentielle et dans l’espérance d’une pleine intégration dans la communauté de Jésus ».

    Il faudra cependant affirmer à tous avec clarté que « la polygamie n’est pas une condition normative, pas même dans les sociétés où elle est légalisée ».  D’autant que pas moins de trente-et-un pays africains la reconnaissent légalement.

    Et l’Église catholique fait encore face à une autre difficulté : celle de l’attitude adoptée par les autres confessions chrétiennes en la matière. Au sein de l’Église anglicane, ce sujet fait l’objet de vives discussions depuis la fin du XIXe siècle, et la solution qui fait aujourd’hui consensus depuis 1988 permet de baptiser un polygame ainsi que sa femme et ses enfants, pour autant qu’il n’ajoute pas d’autres femmes à celles qu’il a déjà.

    Sans parler du millier d’Églises africaines indépendantes, fondées et dirigées par des leaders autochtones, qui se sont largement répandues ces dernières décennies, allant jusqu’à rassembler plus de la moitié des chrétiens dans un pays comme l’Afrique du Sud. Ces Églises ont une attitude très indulgente envers la polygamie. Le professeur Marzio Barbagli de l’université de Bologne, qui est l’auteur d’un volumineux travail de recherche historique et sociologique à l’échelle mondiale intitulé « Monogamia, Storia di un’eccezione », qui vient de sortir récemment chez Mulino, attribue même aux Églises indépendantes africaines « la naissance d’une figure inconnue sur les autres continents et à d’autres périodes historiques : celle du chrétien polygame. Au Burkina Faso, pas moins de 24% des chrétiens ont plusieurs épouses et au Tchad, la polygamie est davantage répandue parmi les chrétiens que parmi les musulmans ».

    La recherche du professeur Barbagli, qui couvre une période de trois millénaires, confirme que « dans les cultures humaines, c’est la monogamie qui est rare, tandis que la polygamie est courante ». Les Grecs et les Romains ont été les premiers, à partir du Ve siècle avant Jésus Christ, à adopter le système monogame de formation des familles, que le christianisme a rendu « exclusif, durable et plus égalitaire en ce qui concerne l’obligation de fidélité conjugale ».

    Et cela dans un monde qui, hors de la domination romaine, était totalement polygame, avant d’être peu à peu conquis à la monogamie d’abord en Europe, puis aux Amériques, plus tard encore au Japon, en Chine et en Inde, tandis que cette transition est encore en cours dans d’autres pays d’Asie et d’Afrique subsaharienne.

    Le Pape Léon abordera vraisemblablement la question de la polygamie à l’occasion de son premier voyage africain, programmé du 13 au 23 avril en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée Équatoriale. Et peut-être tiendra-t-il compte de ce que la note doctrinale « Una caro » ajoute dans une note de bas de page, à propos de quelques aspects de ce phénomène qu’elle estime devoir mettre en valeur :

    « Des études approfondies sur les cultures africaines montrent que les différentes traditions accordent une importance particulière […] au rôle que la première épouse est appelée à jouer vis-à-vis des autres épouses. […] La première épouse régulièrement mariée selon les coutumes traditionnelles est souvent présentée comme celle donnée par Dieu à l’homme, bien que ce dernier puisse accueillir d’autres femmes. Dans le cas de la polygamie, la première épouse se voit attribuer une place particulière dans l’accomplissement des rites sacrés liés aux funérailles ou dans l’éducation des enfants nés d’autres femmes de la famille ».

    Mais le jésuite Anthony R. Lusvardi, professeur de théologie sacramentelle à la Grégorienne, a quant à lui écrit ceci dans son commentaire de « Una caro » paru dans le dernier numéro de « La Civiltà Cattolica » :

    « À bien y regarder, si l’on analyse honnêtement l’état actuel de la culture occidentale, il convient d’éviter de présenter la polygamie comme un phénomène exclusivement africain. Mark Regnerus de l’Université du Texas et d’autres chercheurs ont forgé l’expression iconique ’monogamie sérielle’ pour qualifier des modèles relationnels – caractérisés par des divorces fréquents et des cohabitations de courte durée – aujourd’hui largement dominants en Occident. La pratique de la gestation pour autrui introduit elle aussi une tierce personne dans le mariage à des fins de procréation, sans reconnaître à la femme qui accouche aucun des droits et des protections dont bénéficie l’épouse. […] En outre, depuis la légalisation de l’union entre personnes de même sexe dans plusieurs pays occidentaux, certaines voix critiques de la structure monogame de la famille, considérée comme oppressive, ont commencé à promouvoir des systèmes considérés comme plus inclusifs, comme le ‘polyamour’. La montée, en Europe, de communautés musulmanes avec une longue tradition de polygamie pourrait rendre ce sujet encore plus incontournable à l’avenir. »

    Bref, comme le dit notamment le professeur Barbagli en conclusion de sa recherche, « le déclin de la polygamie n’a pas coïncidé avec la pleine affirmation de la monogamie. Et certainement pas sous la forme indissoluble pour laquelle l’Église catholique s’est toujours battue ».

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Selon les évêques soudanais : les massacres au Soudan du Sud marquent une « descente dans l’abîme de la dépravation humaine »

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    De Ngala Killian Chimtom sur le CWR :

    Évêques soudanais : Les massacres au Soudan du Sud marquent une « descente dans l’abîme de la dépravation humaine »

    Au moins 178 personnes ont été tuées dimanche 28 février, lorsque des hommes armés ont pris d'assaut le comté d'Ayod dans l'État de Jonglei et le comté d'Abiemnom dans la zone administrative de Ruweng.

    Les évêques catholiques du Soudan et du Soudan du Sud ont décrit les récents massacres perpétrés dans certaines régions du Soudan du Sud comme « une nouvelle descente dans l’abîme de la dépravation humaine ».

    Au moins 178 personnes ont été tuées dimanche 28 février, lorsque des hommes armés ont pris d'assaut le comté d'Ayod dans l'État de Jonglei et le comté d'Abiemnom dans la zone administrative de Ruweng.

    James Monyluak Mijok, ministre de l'Information de la zone administrative de Ruweng, a déclaré que des dizaines de jeunes armés avaient perpétré l'attaque. Il a affirmé que les assaillants venaient de l'État voisin d'Unité et étaient liés à l'Armée populaire de libération du Soudan en opposition (APLS-IO). L'APLS-IO a cependant nié toute implication dans l'attaque, accusant les autorités de politiser les violences.

    Selon Mijok, l'attaque a fait des dizaines de morts parmi les combattants et un nombre indéterminé de femmes et d'enfants. La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a ensuite indiqué dans un communiqué que sa base était devenue un refuge pour un millier de personnes à la suite des violences.

    « Ces violences mettent gravement en danger les civils et doivent cesser immédiatement », a déclaré Anita Kiki Gbeho, responsable de la MINUSS, dans un communiqué. « J’exhorte toutes les parties impliquées à cesser les hostilités sans délai et à engager un dialogue constructif pour répondre à leurs griefs. »

    « Nos soldats de la paix continueront de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les civils qui cherchent refuge sur notre base », a-t-elle ajouté.

    Les évêques catholiques du Soudan et du Soudan du Sud ont publié une déclaration condamnant les violences, affirmant que leurs cœurs étaient « accablés par une profonde tristesse et un esprit profondément alarmé par la cruauté persistante de la violence ».

    Qualifiant les attaques de « brutales » et ciblant des civils, les religieux ont condamné ces « meurtres odieux et insensés » avec la plus grande fermeté.

    « Rien ne saurait justifier le meurtre de civils », affirme le communiqué signé par dix évêques, dont le cardinal Stephen Ameyu Martin Mulla de Juba, président de la Conférence des évêques du Soudan et du Soudan du Sud.

    « Ces actes représentent non seulement une perte tragique de vies humaines, mais aussi une nouvelle descente dans l’abîme de la dépravation humaine, où le caractère sacré de la vie, don sacré de Dieu, est bafoué avec une impunité alarmante. »

    « Le sang de nos frères et sœurs, de nos mères et de nos pères, de nos fils et de nos filles, versé non pas sur un champ de bataille mais au sein même de leurs communautés, crie vers le Ciel », ont-ils ajouté. « Nous sommes profondément bouleversés, non seulement par l’ampleur des souffrances, mais aussi par le mépris flagrant de la dignité humaine que représentent de tels actes. »

    Les religieux ont exprimé leur profonde tristesse et leur vive inquiétude face à la violence croissante dans le plus jeune pays du monde, et ont manifesté leur solidarité pastorale envers les populations touchées qui sont une fois de plus plongées dans le « deuil, la peur et le déplacement ».

    « Aux familles dévastées par cette tragédie, aux mères qui ont perdu leurs fils et leurs filles, aux enfants qui ont perdu leurs parents, aux communautés qui enterrent leurs voisins, nous présentons nos plus sincères condoléances », ont déclaré les évêques.

    « Nous ne pouvons pleinement comprendre la profondeur de votre souffrance, mais nous vous assurons : vous n’êtes pas seul. L’Église est votre famille. Nous pleurons avec vous. Nous prions avec vous. »

    Au-delà de la simple condamnation des meurtres, les membres de la Conférence des évêques catholiques du Sud-Soudan (SSS-CBC) ont également été confrontés à une culture profondément enracinée de violence de représailles qui perpétue le conflit dans la région.

    Les responsables catholiques ont averti que les cycles de vengeance alimentés par la colère, les griefs historiques et la culpabilisation collective continuent de ravager les familles et de déchirer le tissu social des communautés.

    « Avec une honnêteté pastorale, nous devons faire face à une vérité douloureuse : la culture de la vengeance meurtrière s’est enracinée dans certaines parties de notre société », ont-ils déclaré.

    Dans un commentaire au CWR, l'évêque Eduardo Hiiboro Kussala du diocèse catholique de Tombura-Yambio, au Soudan du Sud, a déclaré que « depuis dix ans, le Soudan du Sud est en proie à un conflit et il ne reste que les larmes et la détresse des innocents ».

    « Les combats incessants entre factions rivales continuent de faire des victimes civiles, de déplacer des familles, de détruire des biens et de provoquer des difficultés économiques. Les civils sont fréquemment pris pour cible en raison de leur appartenance ethnique ou de leur affiliation supposée à des groupes opposés », a déclaré l’évêque Hiiboro à CWR.

    Dans un contexte d'instabilité politique croissante au Sud-Soudan, les affrontements entre l'armée nationale (SSPDF) et les forces d'opposition (SPLA-IO) dans l'État de Jonglei sont devenus tragiquement fréquents.

    La paix fragile au Soudan du Sud est menacée par le procès du vice-président Riek Machar, accusé de trahison et de meurtre. Ses partisans dénoncent une manœuvre politique visant à l'évincer, craignant qu'elle ne fasse voler en éclats le fragile accord de partage du pouvoir et ne ravive un conflit brutal.

    Ce dernier épisode s'inscrit dans la longue et tumultueuse rivalité entre Machar et le président Salva Kiir. Bien que les deux hommes aient été d'anciens camarades qui ont obtenu l'indépendance en 2011, leur alliance s'est effondrée en 2013, plongeant le pays dans une guerre civile à caractère ethnique entre les peuples Dinka et Nuer.

    Bien qu'un accord de paix de 2018 ait mis fin aux principaux combats et instauré un gouvernement de transition, ses promesses essentielles n'ont pas été tenues. Des engagements clés, tels que des élections générales et des réformes sécuritaires, n'ont jamais été mis en œuvre.

    En 2019, le défunt pape François avait lancé un appel vibrant à la paix, s'agenouillant pour baiser les pieds des dirigeants politiques du pays.

    « À vous trois qui avez signé l’accord de paix, je vous le demande en tant que frère : restez en paix », avait déclaré le pape François à l’époque.

    « Je vous le demande du fond du cœur. Allons de l'avant. Il y aura de nombreux problèmes, mais ils ne nous vaincront pas. Allez de l'avant, et résolvez-les. Vous avez entamé un processus. Puisse-t-il aboutir », a-t-il déclaré. « Il y aura des luttes et des désaccords parmi vous, mais que cela reste au sein de la communauté – au sein du bureau, pour ainsi dire – mais devant le peuple, unissez-vous, main dans la main ; ainsi, en tant que simples citoyens, vous deviendrez les pères de la nation. »

    Mais la voie de la paix est bloquée. La persécution manifeste de Machar a unifié l'opposition, ce qui a intensifié les combats entre les forces gouvernementales et l'opposition dans son bastion de Jonglei. Au moins 280 000 personnes ont été déplacées dans la région ces deux derniers mois.

    « Même s’il est détenu, injoignable ou incapable de donner des ordres, il est devenu très efficace », a déclaré Akech Daniel Akech, analyste principal pour le Soudan du Sud au sein de l’International Crisis Group.

    Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a exhorté à prendre des mesures urgentes pour préserver l'accord de paix et empêcher un retour à une guerre civile généralisée.

    « Nous nous trouvons à un point critique, où la montée de la violence s'accompagne d'une incertitude croissante quant à la trajectoire politique du Soudan du Sud, tandis que l'accord de paix est soumis à de fortes tensions », a déclaré Volker Türk au Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

    Dans leur déclaration du 4 mars, les évêques catholiques du pays ont rappelé aux dirigeants du gouvernement de transition leur « devoir sacré de protéger la vie » et les ont exhortés à « agir immédiatement, de manière décisive et transparente ».

    Les évêques ont également exigé des enquêtes approfondies et indépendantes sur les récents meurtres d'Ayod et d'Abiemnom afin de garantir que les auteurs de ces crimes soient identifiés et poursuivis en justice.

    Ils ont étendu leur appel à la prière à tous les chrétiens et aux peuples du Soudan et du Soudan du Sud, espérant briser le « cycle de violence ».


    Ngala Killian Chimtom est un journaliste camerounais fort de onze années d'expérience. Il travaille actuellement comme reporter et présentateur pour la Radio Télévision Camerounaise (radio et télévision). Chimtom collabore également avec plusieurs médias, dont IPS, Ooskanews, Free Speech Radio News, Christian Science Monitor, CAJNews Africa, CAJNews, CNN.com et Dpa.
  • Technologie, réseaux sociaux, IA : le risque que les humains deviennent des objets

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    De Tommaso Scandroglio sur la NBQ :

    Technologie, réseaux sociaux, IA : le risque que les humains deviennent des objets

     

    La Commission théologique internationale a publié une note sur l'anthropologie chrétienne face au développement technologique. Ce document met en garde contre le transhumanisme et le posthumanisme et explique comment la généralisation des technologies a un impact négatif sur l'identité.

    09/03/2026

    Le 4 mars, la Commission théologique internationale a publié une longue note intitulée « Quo vadis, humanitas ? Réflexions sur l’anthropologie chrétienne face à certains scénarios d’avenir pour l’humanité » . Cette note, divisée en 164 points, traite du développement humain en relation avec le développement technologique. La Commission théologique y examine de nombreuses questions conceptuelles, souvent abordées de manière verbeuse et tout aussi souvent hors sujet. Nous en soulignons ici deux particulièrement frappantes.

    D'après ce document, deux phénomènes philosophiques, aux répercussions immédiates dans le domaine technologique, sont particulièrement dangereux pour le développement harmonieux de l'humanité : le transhumanisme et le posthumanisme. « Le transhumanisme  lit-on dans la note – est un mouvement philosophique qui part du principe que les êtres humains peuvent et doivent utiliser les ressources de la science et de la technologie pour dépasser les limites physiques et biologiques de la condition humaine, […] façonnant ainsi leur propre évolution et maximisant leur potentiel, jusqu'à remodeler l'être humain pour le rendre apte à aller au-delà » (14). Le transhumanisme, en définitive, prône l'avènement du surhomme, un homme si surpuissant qu'il deviendrait autre que lui-même. Un homme qui dépasse – et c'est là une pure dystopie – sa propre nature et se dénature de ce fait. Le posthumanisme, en revanche, rend « la frontière entre l’humain et la machine complètement fluide » (15), prêchant l’absence d’une nature spécifique pour la personne humaine : l’homme serait indéterminé et pourrait donc potentiellement fusionner avec d’autres entités dans un tout cosmique.

    Dans les deux cas, on assiste à une tentative de déformer l'homme, puisqu'un « jugement négatif est porté sur la condition humaine telle qu'elle est, et finalement sur son identité . De là naît le rêve de la réinventer, un rêve motivé par l'insatisfaction face à ce qui est donné tel quel » (57). Un trait propre à toute idéologie se dessine ainsi : le rejet de la réalité pour en inventer une nouvelle. La tentation est donc de se substituer au Créateur pour devenir soi-même créateur. Le potentiel technologique actuel, désormais perçu comme omnipotent, rend le désir incessant d'autopoïèse de l'homme encore plus séduisant.

    En réponse à ces deux thèses philosophiques, on peut rappeler que l'être humain doit se perfectionner non pas parce que la nature l'exige, par manque de quelque chose, mais parce que c'est ce que la nature demande. La nature lui sert de critère pour atteindre sa propre perfection, mais aussi de limite : ontologiquement, l'homme ne peut jamais être différent de ce qu'il est, ou plutôt , de qui il est. Cette perfection, explique la note, est possible non seulement en exploitant le potentiel naturel, mais surtout par la grâce divine : « Le sens juste de ce “dépassement” caractéristique de l’humain se trouve dans le “transhumain” exprimé par Dante au premier Chant du Paradis, comme dans d’autres modes d’expérience de la “divinisation”, l’effet d’une union intime avec Dieu par la grâce plutôt que le produit de techniques humaines plus ou moins élaborées. […] À ce niveau de discours, on peut mesurer la profonde distance qui existe entre le rêve de “devenir comme des dieux” (cf.  Gn  3,4) d’un certain  transhumanisme  ou  posthumanisme  et le don de la “divinisation” compris comme participation à la vie divine dans l’humanité transfigurée des enfants de Dieu en Christ » (24). C’est dans la participation à l’être de Dieu – c’est ce qu’indique le terme, certes imparfait, de “divinisation” employé dans la note – que l’homme se perfectionne, c’est-à-dire qu’il devient toujours plus humain, toujours plus lui-même. Une participation imparfaite ici-bas et parfaite au Paradis : « nous serons comme lui, « Car nous le verrons tel qu’il est » (1 Jn 3, 2). Dans le transhumanisme et le posthumanisme, la quête de transcendance est vouée à l’échec, car l’homme est réduit à sa seule dimension physique, et parce qu’il se fonde uniquement sur ses capacités humaines, et surtout parce que la nature, comprise métaphysiquement, constitue une limite infranchissable. En revanche, dans le christianisme, la volonté de transcender, c’est-à-dire de dépasser non pas la condition naturelle mais la condition de la nature déchue, est accessible grâce aux forces de l’âme et à la grâce de Dieu. Un mouvement de transcendance si élevé, bien plus élevé que celui imaginé par les transhumanistes, qu’il nous rend semblables à Dieu.

    Un second thème suggestif abordé par la note est celui du rapport entre technologie et identité. À cet égard, la Commission écrit que, puisque « la technologie numérique, les médias sociaux, l’intelligence artificielle [sont] des outils plus étroitement  liés à notre compréhension de nous-mêmes , utilisés pour nous exprimer sous diverses formes de communication sociale, pour façonner des identités personnelles ou collectives, pour cultiver des relations avec autrui, une transformation plus intime s’opère. La technologie numérique n’est plus seulement un outil, mais constitue un véritable environnement de vie, avec sa propre manière de structurer les activités et les relations humaines » (33). L’intuition est pertinente : la technologie numérique n’est plus seulement un moyen, mais un environnement, une structure technologique déjà sociale car nous vivons en son sein, nous y sommes immergés et, par osmose, nous en assimilons le contenu. C’est une condition existentielle. Cet environnement techno-social, si omniprésent, flexible, personnalisable, englobant la quasi-totalité de nos activités et, concernant l’IA, imitant l’intelligence humaine, transforme nos identités. Le risque est que les humains, de sujets, deviennent des objets, et les instruments, d'objets, des sujets ; que les humains, d'agents, deviennent des sujets, et les instruments, d'acteurs, des sujets. En substance, le danger réside dans le fait que notre identité est façonnée par les réseaux sociaux, l'IA et les innombrables appareils que nous utilisons. Les humains deviennent ainsi des cyborgs et les machines des humanoïdes. Un véritable échange d'identités s'opère, où le réel devient virtuel et le virtuel devient réel.

    La note se concentre ensuite sur une manière particulière de construire son identité par le biais des technologies numériques : « Dans de nombreux environnements de l’infosphère, on observe une insistance à être reconnu, à partager en permanence en ligne pensées et émotions, qui doivent être “reconnues par autrui”. Malgré le besoin humain légitime de reconnaissance, ce phénomène excessif est symptomatique d’une incertitude identitaire. Précisément parce que celle-ci doit être “inventée” sans instances objectives externes (nature, valeurs culturelles, rôles sociaux, coutumes partagées), l’identité est plus fragile : elle invoque la reconnaissance mais doit la négocier, l’attirer, la conquérir, quitte à crier ou à déformer la réalité. Le moi, aujourd’hui, lutte dans l’espoir d’être reconnu par quelqu’un » (43). Le moi se construit avec des milliers, des millions de « j’aime » et d’abonnés, c’est-à-dire par l’appréciation, la considération, le consensus. Vous existez si vous existez pour les autres, au-delà des paramètres objectifs tels que la nature, les valeurs culturelles, les rôles sociaux, les coutumes partagées. Le moi est alors désincarné de la nature, de son histoire, de ses relations sociales physiques, de sa famille, de ses talents. L’identité naît et meurt dans le virtuel. Vous êtes l’image que les autres ont de vous. Narcisse n'est que l'image qu'il voit se refléter dans l'eau. Et cette eau, aujourd'hui, s'appelle les réseaux sociaux.

  • Léon XIV : l'équilibre des pouvoirs

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : l'équilibre des pouvoirs

    9 mars 2026

    Tout le monde attend que Léon XIV réforme la Curie romaine. Cinq chefs de département ont déjà plus de 75 ans, et ils seront six d'ici la fin de l'année. Les observateurs du Vatican gardent également un œil sur l'archevêque Edgar Peña Parra, le sostituto – sorte de « chef de cabinet du pape » – qui a connu un mandat controversé à son poste actuel et qui, selon les rumeurs, serait sur le point de partir pour occuper le poste de nonce en Italie.

    De grands changements s'annoncent ; en d'autres termes, la seule question est « quand ? » et la réponse dépend en grande partie du moment choisi.

    Cela dit, il s'est passé beaucoup de choses en coulisses – ou plutôt sous le radar – notamment certaines nominations cruciales qui montrent comment Léon XIV s'efforce de rééquilibrer le pouvoir au sein du Vatican.

    Un autre exemple de ces nominations moins visibles est la récente sélection d'Anton Kappler comme adjudant de la deuxième chambre (le valet personnel du pape, ou « homme de confiance », dans le jargon). Bien que cela puisse sembler mineur, cette décision est susceptible d'avoir un impact profond.

    Kappler a servi dans la Garde suisse pendant 25 ans, atteignant le grade de lieutenant, et parle couramment l'italien, le français et l'allemand. Il est relativement jeune et largement considéré comme une figure fiable. Il est probable qu'il se préparait à retourner en Suisse après un quart de siècle de service dans la Garde.

    Le contexte dans lequel s'inscrit le nouveau rôle de Kappler apparaît plus clairement lorsque l'on considère la décision du pape de le placer aux côtés de Piergiorgio Zanetti, l'aide de chambre de confiance du pape François.

    La présence d'un ancien garde suisse dans l'entourage papal revêt une importance considérable. Elle marque également un rééquilibrage des pouvoirs qui régissent les relations internes au Vatican. Zanetti était arrivé au palais en provenance de la gendarmerie – la police de la Cité du Vatican –, une organisation qui a acquis un pouvoir considérable pendant les années François.

    La Garde suisse a pour mission spécifique de défendre le pape et de garder le palais apostolique du Vatican. Au cours des années François, cependant, l'entourage papal et la Garde suisse semblaient de plus en plus distants, ne serait-ce qu'en raison de l'« allergie » du défunt pontife aux contextes ou cadres institutionnels.

    Léon XIV comble non seulement le fossé entre les institutions, mais intègre également un ancien garde dans sa maison papale, le met en binôme avec un majordome qui possède déjà une expérience considérable, et en fait un bureau appelé non seulement à être particulièrement efficace, mais aussi à œuvrer pour le bien de l'institution.

    La coopération mutuelle semble être un thème central pour Léon XIV.

    Cela apparaît clairement dans un autre détail. Le nouvel archevêque Petar Rajič, actuellement nonce en Italie et précédemment en Angola et dans les États baltes, devrait être nommé préfet de la Maison pontificale. Rajič, Canadien d'origine croate, possède une vaste expérience diplomatique. Au sein de la Préfecture de la Maison pontificale, il assurera la liaison entre la Secrétairerie d'État et l'appartement pontifical, agissant en tant que diplomate au sein de la famille du pape.

    Si le choix de Rajic comme préfet de la Maison pontificale était confirmé, cela démontrerait une fois de plus la préférence de Léon XIV pour les personnalités capables de créer des ponts plutôt que des distances, conformément à son désir de voir les institutions du Vatican collaborer entre elles.

    Certaines décisions gouvernementales reflètent cette même stratégie, illustrant encore davantage l'importance accordée à la collaboration.

    Par exemple, la décision d'annuler le mandat du pape François selon lequel tous les investissements du Vatican doivent passer par l'IOR (Institut pour les œuvres de religion, la « banque du Vatican ») avec un chirographe qui fait précisément référence au principe de « collaboration mutuelle » entre les dicastères.

    La course contre la montre de Léon XIV pour rétablir l'équilibre au sein du Vatican a conduit les différentes institutions à collaborer.

    Dans le cadre de ce rééquilibrage, rappelons l'audience accordée par le pape le 1er février aux Gentlemen de Sa Sainteté, aux huissiers d'antichambre et aux porteurs de la chaise pontificale. Rappelons également son message du 24 mai 2025 au personnel de la Curie et du gouvernorat : « Les papes passent, la Curie reste ».

    La sélection d'un aide de chambre parmi les gardes suisses n'est que la dernière d'une série de petites mesures prises par Léon XIV en vue d'harmoniser les ministères.

    Il ne s'agit pas de mesures bureaucratiques.

    Au contraire, elles contribuent à renforcer la vie communautaire, dans laquelle la méfiance entre les corps est surmontée grâce à la compréhension personnelle et au travail communautaire.

    En fin de compte, le pape reste un moine et croit profondément en la vie communautaire. À tel point qu'il dîne souvent dans la première loggia avec les augustins qui s'occupent de la sacristie de Saint-Pierre, entretenant ainsi un lien fort mais discret avec sa communauté, qui lui permet également de rester en contact direct avec la réalité.

    Les prochains voyages internationaux du pape nous en apprendront davantage. Le pape François n'a jamais emmené de secrétaires avec lui, mais seulement un aide de chambre, qui agissait essentiellement comme un « porteur de sacs ». Léon XIV pourrait, et devrait, emmener l'un de ses secrétaires avec lui, en particulier Mgr Edgard Rimaycuna, le premier secrétaire, rétablissant ainsi une sorte de normalité. Le secrétaire agira comme un filtre pour le pape, le soutenant lors des réunions et l'accompagnant à tout moment.

    Léon XIV n'est plus un pape seul aux commandes, il s'appuie désormais sur les personnes qui travaillent avec lui.

    Il a maintenu un profil clair dans ses nominations. Les nominations visibles et importantes suivent un critère : elles recherchent des personnes discrètes, compétentes dans leur travail et fidèles à l'institution. Elles n'ont pas besoin d'être considérées comme des amis du pape, elles doivent seulement être compétentes. Par exemple, l'archevêque Filippo Iannone, préfet du Dicastère des évêques, correspond à ce profil. Un autre exemple pourrait être Rajic, s'il est confirmé comme préfet de la Maison pontificale ou même, comme le bruit court, comme sostituto.

    Au niveau international, un choix similaire a été celui de Roland Hicks comme archevêque de New York.

    Léon XIV a toutefois également fait appel à des personnes en qui il savait pouvoir avoir pleinement confiance. L'une d'elles était le père Edgard Rimaycuna, qui n'avait aucune expérience au sein de la Curie. Un autre était le père Marco Billeri, son deuxième secrétaire, qui lui avait été recommandé par Mgr Paccosi, évêque de San Miniato. Léon XIV avait été missionnaire au Pérou avec Mgr Paccosi. Il y avait aussi tout un monde de personnes similaires autour du pape, de son cuisinier péruvien aux augustins de la sacristie.

    C'est ainsi que Léon XIV s'efforce de rétablir l'équilibre et de créer une nouvelle communion, comme il l'a souligné dès le début de son pontificat. Après le pontificat perturbateur du pape François, qui a creusé le fossé et s'est concentré sur la figure du pape, le moment est venu de trouver une nouvelle communion. Tous les dicastères se conformeront probablement à ce choix.

    Il se peut que d'autres ajustements mineurs soient apportés à la réforme de la Curie afin de faire avancer ce projet avant que les « grands changements » n'interviennent, mais, considérés sous le bon angle, ces petits changements sont déjà assez importants.

  • Les moines de la Trappe annoncent leur départ en 2028

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    De Vincent Guerrier sur Le Perche :

    Présents depuis 900 ans dans le Perche, les moines de la Trappe annoncent leur départ en 2028

    Neuf siècles d’histoire qui pourraient s’achever. C’est ce qu’annoncent les moines de la communauté de la Trappe, à Soligny-la-Trappe (Orne). L’abbaye n’est toutefois pas vendue

    6 mars 2026

    « Si ce n’est pas une catastrophe, c’est évidemment une page d’histoire qui s’apprête à se tourner. » Dans un communiqué transmis à la presse ce vendredi 6 mars 2026, les moines de l’Abbaye de la Trappe, à Soligny-la-Trappe (Orne) annoncent qu’ils « envisagent un départ à l’horizon 2028 ».

    Une prise de parole qui fait suite à des mois de rumeurs sur une hypothétique mise en vente de cet emblème du Perche. « Non, l’abbaye de La Trappe n’a pas fermé et n’est pas vendue », réplique le Père Abbé. « Les frères sont toujours là, fidèles à la prière et au travail, et les activités (accueil, magasin…) se poursuivent normalement. »

    Un projet qui n’a pas abouti

    En 2024, les moines avaient présenté un grand projet d’ouverture au public et de restauration d’un bâtiment historique. Un premier projet était chiffré à 12 millions d’euros. Les soutiens ne viendront pas, et le projet sera abandonné en 2025. Malgré tout, pour la première fois de son histoire, l’abbaye s’était ouverte chaque semaine pour des visites publiques qui ont remporté un franc succès.

    Le Père Abbé ne cachait pas, à l’époque, sa volonté de trouver une solution pour sa communauté, même si le problème n’était pas uniquement financier. Le départ prévu en 2028 serait malheureusement une conséquence de « la rareté des vocations et de la charge de plus en plus lourde du patrimoine foncier ».

    La question est désormais de savoir où la communauté pourrait s’installer, même si le domaine n’est « pas encore mis en vente ». « Une réflexion est en cours avec d’autres communautés pour trouver des solutions plus adaptées, plus pertinentes économiquement et spirituellement. Le contexte est dur, depuis plusieurs décennies déjà, et bien d’autres abbayes ont déjà changé de mains. »

    Les moines ne sont désormais plus que 12 au sein de leur vaste abbaye. Le contexte est difficile pour de très nombreuses communauté monastiques en France.

    La belle saison sera cette année encore l’occasion de visites guidées sous la conduite des frères. Ceux-ci escomptent votre compréhension et votre soutien dans cette étape importante de leur cheminement. […] Le départ des frères, très exigeant et douloureux pour eux, ne sera pas sans bouleverser toutes les personnes attachées, parfois depuis des générations, à la communauté.

    Père Thomas Georgeon

    Hasard du calendrier, de grands panneaux ont été posés par le Département de l’Orne le long des axes près de Soligny-la-Trappe. Une pose qui fait suite à une demande de l’abbaye il y a un an environ.

    Avec l’annonce de ce départ, les panneaux, représentant un moine et l’abbaye, pourraient vite figer dans le temps l’image de la communauté cistercienne présente sur le site depuis neuf siècles. Rien que ça.

    Contacté, le maire de Soligny-la-Trappe, Thierry Cortyl, n’a pas souhaité réagir à l’annonce de ce départ.