Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

BELGICATHO

  • «Le centre, c’est le Christ» (Léon XIV à Pavie)

    IMPRIMER

    Visite pastorale de Sa Sainteté le pape Léon XIV
    à Pavie et à Sant'Angelo Lodigiano

    CÉLÉBRATION DE LA PAROLE ET VÉNÉRATION DES RELIQUES DE SAINT AUGUSTIN

    HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE

    Basilique Saint-Pierre-en-Ciel-d'Oro (Pavie), samedi 20 juin 2026

    Homélie du Saint-Père

    Éminence,
    Excellences, chers frères dans l'épiscopat,
    chers prêtres et diacres,
    chers religieux et religieuses et séminaristes,
    mes frères augustins,
    frères et sœurs,

    Je suis heureux d'être parmi vous et je remercie Monseigneur Corrado Sanguineti et le Père Joseph Farrell, Prieur Général de l'Ordre de Saint Augustin, pour leurs paroles de bienvenue. Je suis ravi de ce que j'ai entendu dire de cette Église de Pavie : une communauté à la tradition ancienne, toujours vivante et présente dans la ville et ses environs, attentive aux signes de notre temps et à ses défis, et qui ne se laisse pas décourager par les difficultés, le contexte sécularisé et les obstacles à la transmission de la foi.

    Pour éviter le découragement, il nous faut un regard animé par l’esprit de foi, qui nous aide à lire la réalité plus profondément qu’il n’y paraît au premier abord, et à ne pas sombrer dans une attitude négative et pessimiste, incapable de faire naître une vie nouvelle. Le regard qui nous est demandé – et que l’Esprit Saint nous donne – est celui de Jésus. Au milieu des difficultés et des malentendus, il voit la main providentielle du Père dans les lys des champs , dans les oiseaux du ciel (cf. Mt 6, 28-29), il nourrit l’espérance dans la petite graine qui germe (cf. Mc 4, 30-33) et nous invite à lever les yeux et à contempler les champs déjà blancs pour la moisson (cf. Jn 4, 35). Dans l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium, le pape François  nous encourage à cette lecture spirituelle de la réalité, en disant : « Le regard de la foi est capable de reconnaître la lumière que l’Esprit Saint répand toujours au milieu des ténèbres [...]. Notre foi est appelée à entrevoir le vin en lequel l’eau peut être changée, et à découvrir le bon grain qui pousse parmi l’ivraie » (n° 84).

    Éclairés par l’espérance de l’Évangile et inspirés par ce que l’apôtre Pierre nous a dit dans la lecture (voir 1 Pierre 2 , 4-10), qui appelle les disciples du Seigneur « pierres vivantes », demandons-nous : comment pouvons-nous être une Église vivante aujourd’hui, ici à Pavie ?

    Le premier enseignement de l’Apôtre est essentiel : demeurer uni au Christ, la pierre vivante, rejetée par les hommes mais choisie par Dieu. Le Christ est le fondement de l’édifice spirituel, la pierre angulaire qui sert de base à notre cheminement ecclésial, à notre action pastorale et à notre évangélisation (cf. vv. 4-5).

    Le fait d’être bâtis et de construire en Christ nous protège du risque de dispersion et de surmenage dans des tâches secondaires, certes louables, mais qui ne touchent pas à l’essentiel. Bien sûr, nous sommes appelés à la lucidité, et nous savons que dans les paroisses et la vie diocésaine, de nombreuses urgences et engagements requièrent notre présence et nos multiples activités. Il s’agit cependant de tout ramener au centre, de toujours bâtir sur la pierre angulaire, d’éviter que nos actions ne se dispersent et ne se concentrent uniquement sur nous-mêmes et nos propres efforts. Puisque Christ est au centre, nous puisons tous à cette unique source et soumettons notre engagement au discernement qui découle de sa lumière et de sa Parole. Alors, bâtissons une Église où nous cheminons ensemble, capable de se renouveler sans se diviser, où tous se reconnaissent comme frères et sœurs et œuvrent avec joie au service du Royaume de Dieu.

    Cela confirme ce que votre évêque a dit en introduction : nous devons apprendre à être des communautés chrétiennes centrées sur l’essentiel, même si cela implique de renoncer à certaines structures et certitudes du passé. L’essentiel est de vivre avec le Christ, et la diffusion de son Évangile est ce qui doit nous préoccuper. Je le recommande en premier lieu aux prêtres, qui peuvent parfois souffrir d’un sentiment de dispersion intérieure, d’une lassitude face à la multiplicité de leurs responsabilités : toujours revenir au centre, unifier tout dans leur relation avec le Seigneur, et découvrir en Lui la joie de la fraternité sacerdotale et du travail pastoral partagé avec les laïcs. Je le recommande également aux religieux et religieuses, qui éprouvent souvent la difficulté d’actualiser le charisme auquel ils appartiennent, mais qui ont toujours besoin de se renouveler à partir du Christ et de partager les talents qu’ils ont reçus avec les autres communautés religieuses et avec l’Église diocésaine tout entière.

    L’attachement au Christ, pierre angulaire, nous permet aussi d’aborder les enjeux actuels de la transmission de la foi et de la pratique religieuse. À une époque où beaucoup semblent avoir perdu leur ferveur spirituelle ou, pour diverses raisons, ne trouvent plus d’écho dans la foi chrétienne, nous sommes appelés avant tout à porter le message de l’Évangile, message joyeux et libérateur de Jésus-Christ, qui révèle la beauté de la foi pour nos vies et pour notre société. Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire d’accompagner les personnes dans la découverte ou la redécouverte de la foi. C’est pourquoi nous devons proclamer le cœur de l’Évangile, à savoir Jésus, qui, par son incarnation, sa mort et sa résurrection, nous révèle le mystère de Dieu et, en même temps, le mystère de nous-mêmes. « Un ministère pastoral à vocation missionnaire […] se concentre sur l’essentiel, sur ce qu’il y a de plus beau, de plus grandiose, de plus attrayant et, en même temps, de plus nécessaire » ( Evangelii Gaudium , 35).

    Dans ce contexte, la figure de saint Augustin resplendit d'une lumière précieuse. Sa pensée, le récit de sa conversion et sa spiritualité nous rappellent la valeur et la primauté de l'intériorité : « Ne t'éloigne pas de toi-même, retourne à toi-même : la vérité est en toi » ( De vera religione , XXXIX, 72). Le besoin de se retrouver, d'éviter de se perdre dans la fragmentation extérieure, de chercher et de trouver un sens qui guide nos vies et anime nos relations, est un besoin universel : aujourd'hui, il ressurgit de différentes manières, même dans la hâte et la dispersion du quotidien, notamment dans les interrogations des plus jeunes.

    Lorsque notre témoignage de foi est constant et fervent, nous devenons nous-mêmes des « pierres vivantes » qui composent l’édifice spirituel qu’est l’Église. Le mode de vie chrétien, nouveau et étonnant à ses débuts, comparé aux mondes juif et païen, doit le demeurer aujourd’hui. Unis au Christ, nous pouvons exprimer notre sacerdoce sacré en offrant chaque jour des sacrifices spirituels (cf. 1 Pierre 2, 5). Enracinée dans la prière et le service d’autrui, cette vénération transforme nos vies en un signe de l’Évangile par nos choix, nos actions et nos relations.

    Mes très chers amis, comme des pierres vivantes, nous sommes appelés à être une Église profondément enracinée dans la terre, une Église qui chemine au milieu des luttes et des espoirs du peuple, experte dans l'art de l'écoute et de l'accompagnement, nourrissant des relations avec les familles, avec ceux qui se préparent à recevoir les sacrements, et même avec ceux qui sont occasionnels ou éloignés de la vie de foi.

    Je sais que vous êtes déjà animés par cette passion pastorale et je vous invite à la cultiver sans relâche, en cherchant à partager la joie de l’Évangile avec tous, en vous appuyant sur le meilleur de votre histoire – pensez aux oratoires – et en explorant de nouvelles occasions de rencontre. Il convient d’accorder une attention particulière à l’organisation des réseaux de petites communautés qui se réunissent dans des maisons autour de l’Évangile, ouvertes au service de la paroisse ou de la communauté pastorale. L’écoute de la Parole engendre une vitalité spirituelle, stimule le témoignage au quotidien, notamment à travers les mouvements et les associations, et nous encourage à aller vers les plus démunis. Et, ici à Pavie en particulier, j’insiste sur l’importance de la pastorale universitaire et du dialogue avec la culture. L’étude et la recherche universitaire incitent les croyants à développer une approche fondée sur la foi, capable d’éclairer la quête de vérité, de justice et de beauté qui anime l’âme humaine. Je sais que vous avez commencé à prendre des mesures importantes pour adopter une approche synodale de la vie communautaire, intégrant la tradition paroissiale aux nouvelles initiatives d’évangélisation. Je vous invite donc à poursuivre sur cette voie, en apprenant toujours davantage à cheminer ensemble, dans un discernement commun, en développant des projets partagés, en cultivant la fraternité et en promouvant la coresponsabilité.

    Chers frères et sœurs, que Marie Très Sainte, Mère de l'Église, vous obtienne le désir ardent de vivre et de témoigner de l'Évangile, dans la charité fraternelle qui fait de nous un seul peuple en chemin vers Dieu. Vénérant les reliques du saint Père Augustin, je prie pour qu'il intercède toujours, avec votre saint patron Siron, pour cette Église et pour la ville de Pavie. Merci !

  • Dominus fortitúdo plebis suæ (Introït du 12ème dimanche du temps ordinaire)

    IMPRIMER

    Introitus Introït
    Ps. 27, 8-9  
    DÓMINUS fortitúdo plebis suæ, et protéctor salutárium Christi sui est: salvum fac pópulum tuum, Dómine, et bénedic hereditáti tuæ, et rege eos usque in sǽculum. Ps. ibid. 1 Ad te, Dómine, clamábo, Deus meus, ne síleas a me: ne quando táceas a me, et assimilábor descendéntibus in lacum ℣. Glória Patri. Le Seigneur est la force de Son peuple, et le protecteur qui ménage les délivrances à Son oint. Bénis Ton héritage; conduis-le à jamais. Ps. Je crierai vers Toi, Seigneur mon Dieu, ne garde pas le silence à mon égard, de peur que, si Tu ne me réponds pas, je ne sois semblable à ceux qui descendent dans la fosse. ℣. Gloire au Père.
  • Une audace sans pareille (homélie du 12e dimanche du T.O.)

    IMPRIMER

    Une homélie de l'abbé Christophe Cossement (archive 2020) :

    Une audace sans pareille

    homélie du 12e dimanche

    Nous voilà mis aujourd’hui devant les difficultés auxquelles est confronté celui qui ose parler du Seigneur ou de sa foi. Cela nous le vivons tous. Il suffit de regarder la gêne qu’il y a à en parler autour de soi, en famille ou au travail. Jésus nous dit : « ne craignez pas les hommes », « ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ». C’est donc que nous serons amenés à les craindre ! Faisons un très bref survol de cette adversité à laquelle le croyant est confronté.

    Dans l’empire romain, les chrétiens sont très exposés et fréquemment persécutés, selon le bon vouloir des gouverneurs locaux, plus ou moins stricts ou tolérants.

    Dans les siècles qui ont suivi, il y a un combat avec ceux qui cherchent une foi plus explicable, plus convenable rationnellement. Ou plus compatible avec l’autorité publique : c’est notamment la crise arienne, avec des empereurs qui se réclameront de cette forme dérivée de christianisme et persécuteront beaucoup de monde, du 4e au 6e siècle.

    Puis viendront toutes les tentatives du pouvoir princier ou royal pour se soumettre l’Église, la faire fonctionner selon ses règles laïques. Ceux qui ont cherché une indépendance de l’Église par rapport aux princes ont eu à souffrir jusqu’à la Révolution française, et bien plus tard dans d’autres pays. On croit facilement que l’Église régentait tout aux siècles passés, mais au contraire elle a dû lutter sans cesse pour garder son autonomie et souvent des gouvernants se sont immiscés dans son gouvernement d’une façon qu’on n’imaginerait plus aujourd’hui. Savez-vous par exemple que les chefs d’État avaient un droit de veto sur qui serait élu pape ?

    Maintenant la société ne cherche plus à contrôler l’Église, mais à l’éjecter, et nous savons bien comme c’est difficile pour un politicien ou un savant ou un artiste de se dire chrétien. D’ailleurs il n’y en a presque plus en Belgique.

    Et Jésus dit : ne craignez pas ! Et pourquoi on ne devrait pas craindre ? Parce qu’on serait rendu invincibles ? Pas du tout, mais « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. » « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux ».

    Si nous ne devons pas craindre, ce n’est pas parce qu’on ne pourra pas nous faire du mal dans notre existence ou notre intégrité physique, mais parce que Dieu veille sur notre âme et la défend lorsque nous sommes prêts à tout perdre pour lui. C’est énorme. Le chrétien est protégé… car le Christ le fera arriver à bon port quoi qu’il lui arrive de fâcheux.

    Finalement, quelle liberté lorsqu’on se met à regarder notre vie comme le Christ nous le propose : ne ne devons pas chercher à préserver quoi que ce soit ! Le Seigneur s’en occupe. Oui, il y a des risques énormes à être fidèle au Christ et à le dire en pleine lumière. Jésus parle même du risque que nous soyons tués… mais qu’importe puisque les adversaires n’auront pas notre âme !

    Quel bouleversement par rapport à notre vision naturelle de la foi ! Ô Esprit Saint, fais-nous avancer sur le chemin d’une audace pareille ! Fais-nous commencer à dire notre foi, notre respect et notre amour pour le Père et le Fils, sans penser à ce qu’il nous en coûtera. Que notre seule préoccupation soit que le Nom du Père soit sanctifié et que sa volonté soit faite. Et le reste, ce n’est pas notre affaire.

  • "Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux." (Homélie pour le 12ème dimanche du temps ordinaire)

    IMPRIMER

    Homélie (site "catholique.org")

    12e dimanche du Temps Ordinaire

    On peut éprouver une véritable peur d’annoncer l’évangile. Je ne veux pas parler d’une timidité à dire ses convictions, mais d’une authentique crainte de parler de Jésus. L’avertissement qu’il nous fait à propos des dangers réels que ses disciples vont courir, pourrait ne pas nous rassurer... Mais si Jésus les prévient ainsi de ce qui va arriver, c’est justement dans le but de les préserver de la crainte d’annoncer sa parole.

    La première tentation qui pousse à se taire consiste à considérer le devoir de solidarité que nous avons envers nos frères humains. Taire l’évangile serait, s’imagine-t-on alors, une manière de respecter nos frères, de rester proche d’eux, de maintenir une relation qui demain, peut être, nous permettra de témoigner d’une autre manière.

    Il est indéniable que le respect est le premier mouvement de la charité et qu’il est vain d’asséner l’évangile. Mais Jérémie, nous l’avons entendu dans la première lecture, fait l’expérience que la solidarité à laquelle nous invite la Parole de Dieu ne suscite pas spontanément la sympathie : « Dénoncez-le ! », s’écrie la foule. Là est sans doute une raison non avouée de ce qu’on appelle le respect, il cache notre souhait de n’être pas mis au ban de notre société ou de l’opinion générale. Cette réserve est inutile cependant, car Jésus nous dit dans l’évangile que « tout finit par se savoir ». Autant être d’emblée fidèle à l’envoi du Seigneur.

    Mais le bon sens résiste : il ne faudrait pas oublier trop vite que les apôtres risquent leur vie dans cette affaire !

    Le Seigneur envisage clairement cette éventualité et nous rappelle où est le véritable risque dans cette aventure : il y a ceux qui tuent le corps et ceux qui tuent l’âme. Risquer sa vie n’est pas si grave. Le drame serait d’y perdre son âme, d’y perdre la vie éternelle. C’est ce qui pourrait arriver si quelqu’un renonçait à dire toute la vérité que le Seigneur lui a apprise. Jésus lui-même ne pourrait que le renier devant le Père.

    Une telle radicalité ne manque pas de surprendre. Jésus s’en explique dans la comparaison des moineaux, qui montre que Dieu le Père a la totale maîtrise de l’univers entier. Le témoin ne risque que sa vie corporelle, ce qui n’est pas l’essentiel, mais personne ne peut lui ravir son âme s’il n’y consent, et la confiance dans la protection qu’il peut attendre de notre Père des Cieux est infinie. Le chant d’action de grâce de Jérémie en était un premier témoignage.

    Avouons-le, la rigueur et la simplicité du raisonnement de Jésus n’entraînent pas spontanément notre adhésion. Il faut dire que nous sommes un peuple traumatisé par la mort. Pèsent sur nos épaules les millions de morts du siècle passé. Pèsent sur nos âmes les poids de mort qui déchirent nos maisons, nos vies et celle de nos amis. Aujourd’hui, il n’est plus spontané de croire à la suprématie de la vie. La mort fait peur, et son pouvoir fascine et fait douter de la victoire de la vie.

    Saint Paul nous est alors d’un grand secours. Il exprime très clairement la réalité de notre condition. Il est vrai que nous sommes soumis à la mort, depuis Adam, mais il existe une réalité supérieure à celle-ci, car Adam est la figure de « celui qui devait venir ». L’apôtre l’affirme avec force : « le don gratuit de Dieu et la faute n’ont pas la même mesure ». Si la mort est toujours inéluctable, sa puissance est maintenant détruite « par la grâce d’un seul homme, Jésus-Christ ». Et cette grâce atteint tous les hommes. A nous de faciliter sa réception. Là est le travail d’évangélisation.

    Et ce travail est un devoir pressant pour nous tous. Le XXe siècle, en effet, a été un temps de martyre. Le pape Jean-Paul II l’avait fortement mis en relief, en canonisant de nombreux martyrs de l’histoire récente. Or le sang des martyrs est semence de nouveaux chrétiens. Au début du IIIe millénaire, il nous faut donc nous attendre à une nouvelle floraison de l’Eglise, le nouveau printemps annoncé. Il est de notre responsabilité de contribuer à son avènement, par respect pour frères.

    Ainsi notre crainte de faillir dans notre solidarité avec les hommes doit en fait être celle de manquer d’imagination et de courage dans l’annonce de la Parole. La Parole de Dieu nous invite à prendre une décision concrète, pour Jésus, devant les hommes. Nous ne pourrons nous y engager que si nous avons foi que Jésus est la Vie, la Vie véritable et ultime, celle devant qui pâlissent toutes les grandeurs de ce monde, celle qu’il nous donne en partage dans son eucharistie. Nous avançons avec assurance, car il nous l’a promis : « Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. »

  • Le cardinal Müller met en garde depuis le Parlement italien : l'Europe court à sa perte si elle renonce à ses racines chrétiennes

    IMPRIMER

    D'InfoVaticana :

    Müller met en garde depuis le Parlement italien : l'Europe court à sa perte si elle renonce à ses racines chrétiennes.

    L'intervention a eu lieu lors de la réunion intitulée « Diktat eurogenre : Racines chrétiennes, liberté religieuse et éducative menacées dans l'UE » , organisée par l'association catholique I RadicaTi dal diritto naturale alla legge et promue par le député Massimo Milani.

    Une conférence contre l'idéologie du genre et la dérive culturelle européenne

    Cette réunion a été créée dans le but d'analyser les conséquences de certaines politiques promues depuis Bruxelles dans des domaines tels que la famille, l'éducation, la liberté religieuse et la liberté d'expression.

    Les organisateurs ont dénoncé le fait que certaines initiatives européennes présentées sous l'égide de la lutte contre la discrimination favorisent une imposition idéologique croissante sur les questions liées au genre, à la sexualité et à l'anthropologie humaine.

    Selon les organisateurs de l'événement, l'Europe traverse une phase dans laquelle la défense des racines chrétiennes et de la conception traditionnelle de la famille est fréquemment présentée comme un obstacle au progrès, tandis que certains courants idéologiques bénéficient d'une protection institutionnelle privilégiée.

    C’est dans ce contexte que Müller est intervenu, développant une vaste réflexion sur la crise spirituelle, culturelle et politique que traverse le continent.

    « L'Europe est née du christianisme »

    Le cardinal allemand a rappelé que les pères fondateurs du projet européen — des personnalités telles que Robert Schuman, Alcide De Gasperi ou Konrad Adenauer — n'ont jamais conçu l'Europe comme une simple structure économique ou administrative.

    Selon lui, l'unité européenne est née d'une vision commune de la personne humaine profondément marquée par le christianisme, ce qui a permis le développement de concepts aujourd'hui considérés comme fondamentaux tels que la dignité humaine, la liberté de conscience, l'égalité devant la loi et les droits fondamentaux.

    « L’Union européenne repose aujourd’hui sur ces fondements », a-t-il déclaré.

    Il a donc averti qu'une Europe détachée de l'Évangile court le risque de « se suicider et de sombrer dans sa propre chute ».

    La crise de la famille et de l'identité humaine

    Müller a identifié la désintégration de la famille et la confusion autour de l'identité humaine comme quelques-uns des principaux symptômes de la crise culturelle européenne.

    Comme il l'a expliqué, le continent traverse un processus de remise en question des réalités anthropologiques les plus fondamentales, largement impulsé par l'idéologie du genre et les mouvements transhumanistes qui cherchent à redéfinir la nature humaine elle-même.

    Le préfet émérite a dénoncé ce qu'il a qualifié de transformation culturelle inspirée par une logique « jacobine », contraire à la famille naturelle et à l'identité personnelle.

    Elle a également accusé certaines institutions européennes de promouvoir une forme de « totalitarisme de genre » qui menace progressivement la liberté de pensée et d'éducation.

    Lire la suite

  • La direction de la Fraternité Saint-Pie X contre les Écritures et la Tradition

    IMPRIMER

    De George Weigel sur le NCR :

    La direction de la Fraternité Saint-Pie X contre les Écritures et la Tradition

    COMMENTAIRE : Même si la Fraternité Saint-Pie X freine in extremis et ne commet pas d’actes schismatiques formels, le grave problème posé par la Fraternité Saint-Pie X persistera.

    17 juin 2026

    Le Saint-Siège a déclaré que, si la Fraternité Saint-Pie X (FSPX) procède à l’ordination d’évêques en juillet sans mandat papal, les personnes impliquées dans ces ordinations illicites seront automatiquement (latae sententiae) excommuniées — c’est-à-dire excommuniées de plein droit.  

    On peut, et on doit même espérer, que l’on n’en arrive pas là. Mais même si la FSSPX freine in extremis et ne commet pas formellement d’actes schismatiques, le grave problème posé par la FSSPX persistera. 

    Cela a été clairement mis en évidence par la « Déclaration de foi catholique adressée au pape Léon XIV » du 14 mai, dans laquelle la direction de la FSSPX déclare, consciemment ou non, qu’elle ne partage pas la foi de l’Église catholique. 

    Prenons la toute première phrase de la Déclaration, dans laquelle la Fraternité Saint-Pie X affirme que « Notre Seigneur Jésus-Christ […] a définitivement abrogé l’Ancienne Alliance ». Cela aurait choqué saint Paul qui, aux prises avec la question complexe de la relation entre l’élection d’Israël et la Nouvelle Alliance intégrant les païens dans le plan de salut de Dieu, a écrit, sous l’inspiration divine : « Ce sont eux les Israélites, et c’est à eux qu’appartiennent la filiation, la gloire, les alliances, la loi, le culte et les promesses » (Romains 9, 4). Non pas « appartenaient », mais « appartiennent ».  

    Deux chapitres plus loin, Paul insiste sur le fait que « quant à l’élection, ils [le peuple juif] sont aimés à cause de leurs pères. Car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Romains 11, 28-29). Dieu ne se repent pas de ses promesses, et l’Ancien et le Nouveau Testament forment une unité, comme l’Église l’affirme sans relâche depuis deux millénaires. La Déclaration de la FSSPX nie cela.  

    La Déclaration poursuit en affirmant que « tout homme doit être membre de l’Église catholique pour sauver son âme, et il n’y a qu’un seul baptême comme moyen d’y être incorporé. Cette nécessité concerne l’humanité tout entière sans exception et englobe sans distinction les chrétiens, les juifs, les musulmans, les païens et les athées. » L’enfer de la FSSPX est donc bien peuplé, et y figurent vos amis et proches luthériens, anglicans, juifs, musulmans et non-croyants.  

    Il s’agit là, cependant, précisément de la déformation extrême de l’ancienne maxime « extra ecclesiam nulla salus » (pas de salut en dehors de l’Église), pour laquelle le père Leonard Feeney fut excommunié en 1953, le fondement théologique de cette sanction ayant été établi par une déclaration du Saint-Office de 1949 approuvée par le pape Pie XII.   

    Ironiquement, la Déclaration de la FSSPX affirme que « le déni d’une seule vérité de la foi détruit la foi elle-même et rend radicalement impossible toute communion avec l’Église catholique ». Or, c’est précisément ce que fait la FSSPX en déclarant « définitivement nulles et non avenues » les promesses de Dieu au peuple juif et en donnant l’interprétation la plus extrême qui soit à l’expression « extra ecclesiam nulla salus ». La FSSPX contredit ainsi l’enseignement de géants tels que saint Augustin et saint Thomas d’Aquin, les condamnations papales du jansénisme, ainsi que l’enseignement du bienheureux Pie IX dans *Quanto Conficiamur Moerore* sur la disponibilité de la grâce en dehors des sacrements.   

    Il est évident depuis longtemps que le mouvement lancé par l’archevêque Marcel Lefebvre, qui se poursuit aujourd’hui au sein de la Fraternité Saint-Pie X (FSPX), ne trouvait pas simplement son origine dans le rejet par l’archevêque de la liturgie postconciliaire, mais dans un rejet de l’enseignement du Concile Vatican II sur l’Église, le salut, la liberté religieuse, les relations entre l’Église et l’État, ainsi que les relations de l’Église avec les autres religions. À cet égard, il convient de rappeler que Mgr Lefebvre était un partisan du maréchal Pétain et du régime collaborationniste de Vichy en France pendant la Seconde Guerre mondiale : un régime qui rejetait la modernité de fond en comble. Certains éléments du régime de Vichy ont fini par sombrer dans un antisémitisme meurtrier qui trouvait en partie son origine dans le rejet des chapitres 9 à 11 de l’Épître aux Romains, que la Déclaration de la Fraternité Saint-Pie X rejette également. Faire résonner ne serait-ce que le plus faible écho de cette histoire sordide au milieu des scandales antisémites d’aujourd’hui relève, pour employer un euphémisme, d’une obtusité effrayante. 

    En mai, un éminent historien italien a fait remarquer, à propos des ordinations épiscopales que la Fraternité Saint-Pie X (SSPX) a l’intention de célébrer et des excommunications qui s’ensuivront automatiquement, que « ce qui va se passer en juillet ne sera pas la construction d’un pont, mais la création d’un nouveau fossé entre [le monde de la SSPX] et le Saint-Siège ». C’est tout à fait vrai. Cela ne se produira toutefois que si les plus de 700 prêtres, les plus de 200 séminaristes et les centaines de milliers de laïcs impliqués dans la FSSPX continuent d’accepter, à la manière d’une secte, l’hétérodoxie des dirigeants de la FSSPX, dont la prétention d’être les seuls vrais catholiques est ce qui fera voler en éclats les ponts ecclésiaux et créera les tristes fossés qui s’ensuivront. Les personnes qui trouvent une nourriture spirituelle dans les centres de messe de la FSSPX méritent mieux que cela. 

    George Weigel est éminent chercheur senior et titulaire de la chaire William E. Simon d’études catholiques à l’Ethics and Public Policy Center de Washington.

  • Pour l'Occident et pour la démocratie : le malentendu concernant la « guerre juste »

    IMPRIMER

    De Riccardo Cascioli sur la NBQ :

    Pour l'Occident et pour la démocratie : le malentendu concernant la « guerre juste »

    Le pacifisme radical se manifeste de façon paradoxale chez certains catholiques qui justifient les guerres de gouvernements « amis ». L’erreur consiste à confondre les visions géopolitiques du monde avec la doctrine sociale de l’Église, qui peut certes avoir du mérite, mais n’a pas pour but de rétablir l’ordre voulu par Dieu. Il y a également une incompréhension des concepts d’Occident et de démocratie.
    20/06/2026

    Dans l'article précédent, nous avons critiqué le pacifisme radical qui s'est répandu dans de nombreux milieux de l'Église, allant jusqu'à nier ce que le Catéchisme lui-même définit comme une « guerre juste », comprise comme une légitime défense. Mais parmi les catholiques, on observe aussi le radicalisme inverse : certains étendent les quatre conditions de la légitime défense énoncées par le Catéchisme jusqu'à justifier toute guerre, en la dissimulant sous des intentions louables.

    La principale erreur consiste à confondre l'Évangile ou la doctrine sociale de l'Église avec des idéologies ou des visions géopolitiques du monde. Celles-ci sont légitimes, respectables et peuvent, à certains égards, coïncider avec une vision catholique, mais elles sont essentiellement motivées par des préoccupations autres que le rétablissement de l'ordre naturel voulu par Dieu.

    Un exemple classique en est la justification invoquée au nom de la défense d'un Occident prétendument chrétien. Une discussion distincte serait nécessaire pour clarifier ce qu'est l'Occident – ​​ce que La Bussola a déjà fait  ici et ici – mais il suffit de comprendre qu'aujourd'hui, les classes politiques et culturelles dominantes en Europe et aux États-Unis s'opposent à ce que devrait véritablement être l'Occident, à savoir « une civilisation dans laquelle le christianisme a synthétisé et purifié la philosophie grecque et le droit romain », comme nous l'avons déjà écrit. Cela conduit non seulement à la promotion d'intérêts et de valeurs antichrétiens en général et anticatholiques en particulier, mais aussi à la tentative d'exclure l'Église de la sphère publique, favorisant paradoxalement des cultures et des religions qui visent la destruction de l'Occident en tant que tel. La Bussola dispose de nombreux articles documentant cette tendance.

    Cela ne signifie pas que nous devions applaudir – comme le font malheureusement nombre de catholiques – les régimes violents et criminels qui entrent régulièrement en conflit avec l'Europe et les États-Unis. Mais nous devons reconnaître, en toute lucidité, que les enjeux de la politique internationale de nos pays ont très peu à voir avec la doctrine sociale de l'Église. Pour donner un exemple concret : nous avons vivement critiqué l'intervention militaire américaine et israélienne contre l'Iran, mais cela ne signifie pas que nous devions nous réjouir du renforcement du régime sanguinaire des ayatollahs que cette guerre a engendré.

    Une autre justification douteuse de l'intervention militaire est celle d'une prétendue guerre mondiale entre démocraties et dictatures, qui peut être interprétée comme la base de conflits majeurs en cours, de l'Ukraine au Moyen-Orient, en passant par les tensions dans la région Asie-Pacifique.

    Là encore, il nous faut d’abord comprendre le concept de démocratie qui, même chez les catholiques, est souvent idéalisé sans que l’on s’interroge sur les fondements sur lesquels il est censé reposer. Or, saint Jean-Paul II, dans son encyclique Centesimus Annus (1991), avait déjà mis en garde contre la dérive vers laquelle nos sociétés se dirigent, celle du renoncement à la vérité : « S’il n’y a pas de vérité ultime pour guider et orienter l’action politique, alors les idées et les convictions peuvent facilement être instrumentalisées à des fins de pouvoir. Une démocratie sans valeurs se transforme aisément en totalitarisme ouvert ou insidieux, comme l’histoire le démontre » (n° 46).

    Mais même en admettant une distinction politique entre démocraties et dictatures (ou régimes autoritaires), distinction qui existe bel et bien, il est clair que l'idée d'une guerre mondiale « démocraties contre dictatures » ne résiste pas à l'épreuve des faits : pour être précis, les alliés des États-Unis dans la guerre contre l'Iran sont des régimes dictatoriaux au Moyen-Orient ; de plus, la Turquie, membre de l'OTAN, est un régime autoritaire qui n'a rien à envier à la Russie tant décriée de Poutine. Sans parler du soutien, ou du moins de la tolérance, dont bénéficient les régimes despotiques qui servent les intérêts occidentaux.

    Très souvent, l'argument de la libération des peuples de régimes violents sert à justifier une intervention armée , frôlant presque l'ingérence humanitaire évoquée dans l'article précédent. En réalité, il faut reconnaître que l'oppression subie par les peuples est cyniquement exploitée pour servir des intérêts qui n'ont que peu à voir avec la liberté. Le cas du Venezuela, « libéré » par Maduro, est exemplaire : le simple fait que le régime ait accepté d'être « domestiqué » a suffi à assurer sa survie. De même, les soulèvements populaires en Iran ont été salués et encouragés car ils étaient perçus comme un moyen d'éliminer un régime indésirable pour les intérêts israélo-américains, et non l'inverse.

    L’exhortation de Jésus à ses disciples reste toujours d’actualité : « Vous savez que ceux qui sont considérés comme les chefs des nations les dominent, et que leurs grands exercent leur autorité sur elles. Il n’en sera pas ainsi parmi vous » (Marc 10, 42-43). Cela signifie qu’en matière de relations internationales, les intérêts nationaux et les rapports de force ne prévalent pas toujours, mais que les véritables intérêts en jeu doivent être pris en compte si l’on souhaite contribuer, par ses décisions et ses actions politiques, au rétablissement de l’ordre voulu par Dieu.
    Il ne faut jamais oublier que les guerres ne surgissent pas soudainement, mais sont l’aboutissement de longs processus qui, à un certain moment, mènent à un conflit armé. Par exemple, il est clair que la guerre en Ukraine n’a pas commencé brutalement avec l’invasion russe du 24 février 2022, ni avec le soulèvement de Maïdan en 2014. De toute façon, même les gouvernements occidentaux auraient eu largement le temps de tenter de concilier les intérêts divergents.

    C’est pourquoi, plutôt que de discuter d’une « guerre juste », il serait plus important de discuter de la manière d’empêcher que les conflits entre nations ou au sein de celles-ci ne dégénèrent en tragédie de guerre.

    Nous en revenons donc aux critères établis par le Catéchisme pour juger de la légitime défense comme « juste », à commencer par le fait qu'il est une condition préalable nécessaire d'épuiser tous les moyens politiques et diplomatiques pour éviter la guerre.

    Une menace lointaine à la sécurité nationale ne saurait justifier une attaque préventive telle que celle menée contre l'Iran le 28 février. De même, l'expansion supposée de l'OTAN et l'ingérence en Ukraine n'ont pas justifié l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Le Compendium de doctrine sociale explique : « Quant à une action militaire préventive, lancée sans preuve manifeste d'une agression imminente, elle ne peut manquer de soulever de sérieuses questions morales et juridiques » (n° 501).

    Même la catastrophe de Gaza et du sud du Liban ne peut être justifiée par la menace qui pèse sur la sécurité d’Israël, car il existe un critère de proportionnalité à respecter, ainsi que celui du droit humanitaire (sans même tenir compte des évaluations sur l’existence de « chances de succès fondées »).

    Bien sûr, les critères de légitime défense ne sont pas infaillibles ; beaucoup dépend du discernement des autorités, qui doivent savoir les appliquer au mieux dans des circonstances souvent complexes. Surtout, ne les instrumentalisez pas à votre avantage.

  • Les confidences de Mgr Paglia et la morale de l'Église à la croisée des chemins

    IMPRIMER

    De Mgr Livio Melina sur la NBQ :

    Les confidences de Mgr Paglia et la morale de l'Église à la croisée des chemins

    La suppression de l'Institut Jean-Paul II d'études sur le mariage et la famille était une opération idéologique aux graves conséquences pour l'Église tout entière. Voici la réponse de Mgr Melina, président de l'institut de 2006 à 2016, à Mgr Paglia, qui soutient cette décision. 

    - ARCHIVES : L'attaque contre l'Institut Jean-Paul II

    20/06/2026

    Dans un entretien accordé à Settimana News le 21 mai 2026, Mgr Vincenzo Paglia a réaffirmé son rôle déterminant dans la suppression de l’Institut Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille et son remplacement par une nouvelle entité académique, ainsi que dans la transformation radicale de l’Académie pontificale pour la vie. Il a également expliqué que ces interventions visaient un changement de paradigme radical, reconnu pour la première fois non seulement au niveau pastoral, mais aussi au niveau doctrinal.

    Cette réforme « très profonde », selon Mgr Paglia, impliquait avant tout de repenser le concept même de « droit naturel ». Celui-ci ne pouvait plus se fonder sur des principes immuables permettant de déduire des normes, mais devait s’appuyer sur un discernement historique continu de l’expérience subjective et culturelle. Il s’agissait donc de proposer une « théologie dans l’histoire et dans la vie des hommes », dépassant ainsi la « théologie de salon ».

    Il convient tout d'abord de se demander si cette critique correspond aux travaux menés par l'Institut Jean-Paul II. Ensuite, il faut examiner la pertinence des nouvelles propositions doctrinales de Paglia. Ce n'est qu'alors que nous pourrons comprendre la véritable raison de la suppression de cet institut universitaire.

    1. Pour répondre à cette question, il est nécessaire de partir de l’intention initiale de Jean-Paul II et d’examiner dans quelle mesure l’Institut qu’il a créé le 13 mai 1981, à la suite du premier synode sur la famille et à la veille de Familiaris consortio , s’est développé .

    Commençons par l’intention première de Jean-Paul II. L’étude approfondie de sa correspondance avec Paul VI, menée par Paweł Gałuszka dans les archives de l’archidiocèse de Cracovie, a démontré son influence profonde sur la préparation et la réception de l’encyclique Humanae Vitae . Saint Jean-Paul II était profondément convaincu que la question de la morale conjugale et familiale constituait un défi décisif pour l’Église. Mais il estimait également que la structure de la théologie morale enseignée dans les manuels catholiques était inadéquate pour y répondre. Ni le droit naturel traditionnel et l’approche légaliste, ni le caractère unilatéral d’un personnalisme de la conscience détaché de la nature, ne rendaient compte de la valeur positive de la sexualité conjugale et de la nature personnaliste de la procréation.

    L’archevêque Wojtyła ressentait le besoin d’une anthropologie à la hauteur de l’expérience de l’amour et d’une théologie du corps. Ce qu’il avait suggéré à Paul VI, il put le réaliser une fois devenu pape. Avec ses Catéchèses sur l’amour humain dans le plan divin (1979-1984), il illustra la grandeur de la vocation à l’amour, au don de soi, à la communion entre les personnes et à la collaboration avec Dieu pour engendrer des vies nouvelles.

    Dans le même temps, le pape polonais prit rapidement conscience que les résistances et les contestations de l'encyclique de Paul VI n'étaient plus seulement partielles et ponctuelles, mais se muaient en une remise en question globale et systématique de la « saine doctrine morale » de l'Église. Ainsi, dans l'encyclique Veritatis Splendor, il put ouvrir la voie à une resémantisation personnaliste du droit naturel. Le droit naturel se comprend à travers le langage du don de soi, que le Créateur a inscrit dans le corps humain, langage que nous pouvons découvrir à la lumière de la raison et grâce au soutien de la vertu (cf. n° 48). Le droit naturel naît de la capacité de la raison à saisir, « à la lumière de la dignité de la personne », « la valeur morale spécifique de certains biens » auxquels la personne est naturellement encline. Ainsi, les « biens pour la personne », objet des inclinations naturelles, acquièrent une pertinence morale du point de vue du « bien de la personne » en tant que tel (ibid.).

    Dans la constitution apostolique Magnum Matrimonii Sacramentum du 7 octobre 1982, qui a conféré une forme juridique définitive à l'Institut d'études sur le mariage et la famille, le pape polonais a explicitement cité Humanae Vitae. Il a également indiqué comme objet d'étude « le dessein de Dieu pour le mariage et la famille », dont la pleine vérité doit être recherchée par une approche interdisciplinaire. Ainsi, deux grands axes de recherche théologique ont émergé : d'une part, l'anthropologie théologique ; d'autre part, la théologie morale.

    Lire la suite

  • L'AED invite pour la 'Semaine Rouge' : priez pour les chrétiens persécutés (15-22 novembre 2026)

    IMPRIMER

    Aide à l'Église en Détresse Belgique/Luxembourg

                      Basilique Sacré-Coeur de Montmartre, Paris

    « Si un seul membre souffre,
    tous les membres partagent sa souffrance ;
    si un membre est à l’honneur,
    tous partagent sa joie. »

    (1 Kor. 12,26) 

    Cher prêtre, diacre, agent pastoral,
    Chers amis de l'Aide à l'Église en Détresse,

    Chaque année en novembre, à travers une campagne internationale intitulée « Semaine Rouge », Aide à l'Église en Détresse attire l'attention sur les millions de chrétiens dans le monde qui sont persécutés, opprimés ou menacés en raison de leur foi. Des centaines d'églises, cathédrales, monastères, monuments et bâtiments publics du monde entier sont illuminés d'une lumière rouge sang, couleur symbole du martyre.

    Cette année, la Semaine Rouge se déroulera du dimanche 15 au dimanche 22 novembre 2026.

    L'année dernière, beaucoup d'églises en Belgique ont participé à cette campagne mondiale, et aussi le Parlement européen. Nous espérons que davantage d'églises de tous les diocèses se joindront à nous cette année, afin de susciter davantage de sensibilisation, de solidarité et de prière.

    Vous aussi, vous pouvez soutenir cette campagne de deux manières :

    1. Illuminez votre église en rouge pendant la Semaine Rouge

    Sur notre site web www.redweek.be, vous trouverez des informations sur la manière d'illuminer votre église en rouge. Sur la même page, vous pouvez nous demander (gratuitement) des filtres rouges spéciaux, une affiche et des feuillets et des cartes de prière pour les chrétiens persécutés.

    2. Organisez une soirée de projection et/ou une veillée de prière pendant la Semaine Rouge

    Il est possible de projeter sur grand écran un documentaire avec des témoignages de chrétiens persécutés au Nigeria, en Irak, au Pakistan et au Sri Lanka. Le film dure 30 minutes et est disponible sur demande via notre site web.

    Sur notre site web, vous trouverez plusieurs livrets de veillées de prière des années précédentes pour vous inspirer pour votre veillée de prière.

    Vous y trouverez également des informations générales sur les chrétiens persécutés, comme le Rapport sur la liberté religieuse dans le monde ou le Rapport « Persécutés et oubliés ».

    Si vous participez, veuillez vous inscrire via le formulaire sur notre site web. Nous pourrons ensuite faire connaître en octobre votre église et/ou votre temps de prière sur une carte numérique de la Belgique et du Luxembourg.

    Pour plus d'informations, n'hésitez pas à nous contacter.

    Découvrez la campagne de la 'Semaine Rouge' et participez

  • « Cultum Regni » : une encyclique de Pie XII qui aurait pu prévenir les dérives théologiques et liturgiques des décennies suivantes

    IMPRIMER

    « Cultum Regi Regum » (ou « Cultum Regni ») est le titre envisagé pour une encyclique que Pie XII préparait dans les derniers mois de sa vie, mais qui n’a jamais été publiée en raison de sa mort le 9 octobre 1958.

    Ce projet, découvert dans les archives vaticanes ouvertes en 2020 (pour le pontificat de Pie XII), constitue une suite et un approfondissement de l’encyclique Humani generis (1950) sur les erreurs doctrinales menaçant les fondements de la foi catholique. Il visait à condamner les courants de la « Nouvelle Théologie » et les formes modernes de modernisme qui se diffusaient déjà dans les séminaires et universités catholiques, particulièrement en France.

    Contexte de préparation

    • L’idée remonte à 1956-1957, initialement pour marquer le 50e anniversaire de Pascendi Dominici Gregis de saint Pie X (1907), qui condamnait le modernisme.
    • Une commission du Saint-Office (dirigée notamment par des théologiens comme les Pères Tromp, Gagnebet, Garrigou-Lagrange, Philippe, etc.) a travaillé sur des schémas successifs.
    • Le dernier schéma, intitulé Cultum Regi Regum (« Culte du Roi des rois »), a été finalisé peu avant la mort du pape et communiqué à la commission le 27 septembre 1958.

    Pie XII suivait de près les travaux, inquiet des dérives internes à l’Église (relativisme, affaiblissement de l’autorité doctrinale, etc.), plutôt que d’une crise venue de l’extérieur.

    Contenu principal du schéma

    Le texte était structuré en six chapitres couvrant l’ensemble de la vie ecclésiale, morale et sociale. Il exposait « l’hérésie globale de la modernité », c’est-à-dire l’acceptation d’une rupture entre la société et Dieu.

    1. La nature de la religion : Rappel que la religion est une vertu par laquelle l’homme reconnaît l’excellence divine et rend un culte à Dieu, créateur et maître de l’ordre naturel qu’Il transcende.
    2. Le culte liturgique et les dévotions privées : Importance du culte public et social (d’où le titre de l’encyclique, centré sur le Christ Roi). Cela incluait probablement des précisions sur la liturgie contre certaines dérives anticipant des réformes post-conciliaires.
    3. La théologie morale : Condamnation probable de positions laxistes ou subjectivistes.
    4. La profession de foi : Affirmation de la nécessité d’adhérer pleinement à la doctrine.
    5. La relation entre autorité et liberté dans l’Église : Réaffirmation forte que le munus docendi (charge d’enseigner) appartient uniquement à la hiérarchie (Pape et évêques), contre toute idée de démocratisation ou de relativisation de l’autorité.
    6. Les relations entre l’ordre religieux et l’ordre profane : Doctrine traditionnelle sur l’Église et l’État, la société et la royauté sociale du Christ, s’opposant aux idées préfigurant la liberté religieuse telle qu’elle sera développée plus tard.

    Le document réaffirmait la royauté du Christ, la centralité de la hiérarchie, et condamnait des erreurs comme le naturalisme, le relativisme doctrinal, ou des conceptions affaiblissant l’unité de l’Église et sa mission dans la société.

    Destin du projet

    Jean XXIII n’a pas poursuivi ce texte après la mort de Pie XII. Il prit une orientation pastorale radicalement différente. Plutôt que de publier une nouvelle condamnation doctrinale globale, il choisit de convoquer le Concile Vatican II pour engager un dialogue avec le monde moderne, laissant définitivement Cultum Regni dans les cartons de l'histoire ecclésiastique;

    Ce projet est souvent évoqué dans les milieux traditionalistes comme un document qui aurait pu anticiper et contrer certaines évolutions théologiques et liturgiques des décennies suivantes. Il s’inscrivait dans la continuité de la théologie romaine traditionnelle (École romaine) face à la Nouvelle Théologie.

  • L'abbé Christophe Cossement sera doyen de Tournai

    IMPRIMER

    Du site du diocèse de Tournai :

    Un nouveau doyen pour Tournai

    En septembre prochain, l’abbé Christophe Cossement quittera ses fonctions de curé des unités pastorales de Frameries-Quévy et Colfontaine pour devenir Doyen de Tournai.

    L’abbé Cossement remplacera l’abbé Michel Decarpentrie, qui vient d’atteindre ses 75 ans, l’âge auquel les prêtres renoncent à leur charge.

    Cela faisait huit ans que Christophe Cossement avait la charge de ces deux UP boraines. À bientôt 58 ans, il a derrière lui un beau parcours: physicien de formation, ordonné prêtre en 1997, il a été vicaire à Louvain-la-Neuve, directeur de l’Institut Supérieur de Théologie de Tournai et responsable du Service Pastoral des Jeunes du diocèse.

    Voilà une première nomination décidée par Mgr Rossignol. À son arrivée fin de l’année passée, notre nouvel évêque avait annoncé qu’il se donnait quelques mois de réflexion avant de procéder aux différentes nominations. Comme par exemple à Mons, où le doyen André Minet a atteint ses 75 ans en septembre 2024 et attend le nom d’un successeur. Dans le doyenné du Centre-Soignies, où l’abbé Fröhlich est actuellement doyen f.f., un doyen est également attendu depuis le décès de l’abbé Christian Dubois.

    Belgicatho met régulièrement en ligne de belles homélies de l'abbé Christophe Cossement qui nous y a autorisés, ce pour quoi nous le remercions à nouveau.

    Lire également :  Christophe Cossement : « Trop souvent, l’Église n’ose pas : elle ne croit pas assez dans la beauté de son message »

  • Qu'est-il advenu de la Loi naturelle ?

    IMPRIMER

    De Richard A. Spinello sur The Catholic Thing :

    Qu'est-il advenu du droit naturel ?

    L’Église catholique traverse aujourd’hui de nombreuses crises, mais l’une des plus graves est l’état déplorable de la théologie morale. Cette crise trouve ses racines dans la confusion et l’effervescence intellectuelle qui ont suivi le concile Vatican II.  Des théologiens moraux progressistes ont proposé des théories morales contestables telles que le proportionnalisme et l’« option fondamentale », tandis que d’éminents chercheurs comme Bernard Häring ont exprimé leur désaccord sur des questions essentielles de l’enseignement moral traditionnel, telles que l’inadmissibilité de la contraception et l’indissolubilité du mariage.

    Ces théologiens dissidents avaient des visions divergentes, mais un point commun : l’Église n’avait pas l’autorité de proclamer des normes morales spécifiques et sans exception fondées sur la loi naturelle.  Le mieux qu’elle puisse faire, selon eux, était d’enseigner des principes moraux formels. Des préceptes moraux spécifiques tels que « l’adultère est toujours un mal » sont, à leurs yeux, hautement problématiques, car il peut exister des exceptions valables. Un corollaire en est l’autonomie de la conscience, associée au « discernement » dans la prise de décisions morales. À la place de la loi naturelle, ils recommandaient des théories plus souples permettant des compromis moraux dans certaines situations.

    Jean-Paul II a cherché à corriger ces erreurs dans son encyclique *Veritatis splendor*. L’option fondamentale, le proportionnalisme, la souveraineté de la conscience et le subjectivisme moral – toutes ces doctrines hétérodoxes – ont été réfutés de manière approfondie par un raisonnement fondé sur des principes. Il a également réaffirmé l’attachement de l’Église à la loi naturelle et à son postulat anthropologique d’une nature humaine commune et immuable, qui sert de passerelle vers cette loi.  Les biens intrinsèques tels que la vie et la santé, le mariage et l’amitié, constituent notre épanouissement humain.  Un ensemble de normes morales découle des premiers préceptes de la loi naturelle et interdit les maux intrinsèques tels que l’adultère ou le fait d’ôter la vie à un innocent. 

    Pendant un certain temps, il a semblé que le pape-philosophe avait réussi dans son effort herculéen pour renouveler la théologie morale. Mais vint ensuite le pontificat du pape François, qui s’est constamment efforcé de détrôner les principes de la théorie traditionnelle du droit naturel. L’archevêque Vincenzo Paglia l’admet d’ailleurs dans sa récente interview intitulée « Mes réformes avec François ». Il raconte comment le pape François l’a chargé de réinventer l’Institut Jean-Paul II à Rome afin de dépasser le cadre rigide et moraliste du droit naturel qui était au cœur du programme d’études.  Ce qui était nécessaire, déclare Mgr Paglia, « c’était de repenser le concept de “nature”, qui sous-tendait une vision statique et immuable de la loi naturelle, et, par là même, de remettre en question le paradigme essentialiste et ahistorique qui avait soutenu […] la théologie morale ».

    L’encyclique *Amoris Laetitia* du pape François constituait une tentative d’aller dans cette direction, et elle a remplacé *Veritatis Splendor* comme texte de référence à l’Institut Jean-Paul II. L’encyclique du pape François se range clairement du côté de l’aile progressiste de l’Église sur des questions telles que le mal intrinsèque. Au chapitre huit, il explique :

    Il est réducteur de se contenter d’examiner si les actes d’un individu correspondent ou non à une loi ou à une règle générale, car cela ne suffit pas pour discerner et garantir une pleine fidélité à Dieu dans la vie concrète d’un être humain. […] Il est vrai que les règles générales énoncent un bien qui ne peut jamais être ignoré ni négligé, mais, de par leur formulation, elles ne peuvent pas couvrir de manière absolue toutes les situations particulières. (304)

    Saint Jean-Paul II [Source : Vatican News]

    La « règle générale » en la matière est l’interdiction faite par Jésus de se remarier pour une personne divorcée de son conjoint, car cela équivaut à un adultère. Or, *Amoris laetitia* ne considère manifestement pas cette règle comme sans exception, pas plus qu’elle ne considère l’adultère comme un mal intrinsèque, c’est-à-dire comme quelque chose qui est toujours, objectivement, mauvais et nuisible, même en l’absence de culpabilité subjective. 

    Depuis Amoris laetitia, de nombreuses autres attaques ont été portées contre le droit naturel traditionnel et les normes morales absolues. Lors d’une conférence internationale sur la théologie morale à l’Université grégorienne de Rome, l’orateur principal, le père Julio Martinez, a évoqué la nécessité de « dénouer les nœuds que Veritatis splendor a créés en théologie morale ». L’un de ces nœuds est le concept de mal intrinsèque, qui introduit « de sérieuses difficultés pour la théologie morale » et crée des obstacles au discernement.

    Plus récemment, le rapport du groupe d’étude n° 9 du Synode sur les questions « émergentes », intitulé *Critères théologiques et méthodologies synodales pour un discernement partagé des questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes*, a proposé de s’éloigner de l’application de principes moraux « abstraits » et « rigides » à la vie humaine. Le document met en garde « contre la tentation d’une ossification stérile et régressive des principes et des déclarations, des normes et des règles, sans tenir compte de l’expérience des individus et des communautés ». Il s’agit là d’une attaque voilée non seulement contre les normes morales sans exception, mais aussi contre le raisonnement moral déductif qui applique ces normes.

    La discorde actuelle au sein de l’Église signifie que nous sommes confrontés à un choix radical entre la théologie de *Veritatis splendor* et celle d’*Amoris Laetitia*, entre le magistère du pape Jean-Paul II et celui du pape François.  Les théologiens et prélats tels que Mgr Paglia, qui portent haut le flambeau de la théologie d’*Amoris Laetitia*, soutiennent que, puisque la nature humaine change, la loi morale doit elle aussi changer.

    Mais l’idée selon laquelle la nature humaine changerait fondamentalement relève d’un mythe progressiste. Bien sûr, il existe de nombreuses transformations culturelles, accompagnées de tournants historiques qui affectent l’humanité pour le meilleur ou pour le pire. Mais comme le souligne John Finnis, ces théologiens ne peuvent fournir aucun exemple concret illustrant la mutabilité de la nature humaine, car celle-ci, correctement comprise en termes de possibilités humaines fondamentales ou de formes d’épanouissement, n’a jamais changé.  

    On ne trouve, tout au long de l’histoire humaine, aucune personne qui n’ait pas été un être corporel et rationnel, pour qui ces biens intrinsèques que sont la vie et la santé, le mariage et la connaissance, n’aient pas été la source de son épanouissement.

    C’est bien beau de rédiger des encycliques sur des questions sociales telles que l’intelligence artificielle.  Mais le pape Léon est confronté à des questions plus fondamentales : à travers quel prisme moral l’Église évaluera-t-elle ces enjeux ? Elle peut rester fidèle à la tradition de la loi naturelle ou revenir à la morale édulcorée proposée par l’humanisme laïque, qui privilégie l’expérience et l’harmonie sociale. Les réponses aux controverses morales les plus troublantes ne peuvent être trouvées qu’au plus profond du raisonnement fondé sur la loi naturelle, qui reconnaît l’ordre éternel de l’être et de la nature.  

    Vous pourriez également apprécier :

    __________

    Richard A. Spinello est professeur au Boston College et membre du corps professoral associé du séminaire St. John's. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et articles sur la philosophie et l'éthique, dont * Quatre philosophes catholiques : se réjouir de la vérité* (Jacques Maritain, Edith Stein, Dietrich von Hildebrand, Karol Wojtyła).