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BELGICATHO

  • Les Mutations de l'Église catholique au XXe siècle (Marcel De Corte)

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    Aux Editions de l'Homme Nouveau :

    Les Mutations de l'Église catholique au XXe siècle

    Marcel De Corte

    Introduction de Mère Marie-Geneviève Rivière

    Deuxième édition revue et augmentée

    1re édition : novembre 2025

    540 pages

    25,50 €

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    Les textes et les analyses du célèbre philosophe sur la crise traversée par l'Église après le concile Vatican II, telle qu’il a pu la vivre à son rang de laïc engagé et d’intellectuel catholique intervenant dans les débats de l’époque. Après d’autres, il s’agit là d’un témoignage historique sur une époque difficile pour l'Église.

    > Moins d’un an après sa parution, ce livre était déjà épuisé. Le voici donc revu, augmenté et réédité.

    Marcel De Corte, Les mutations de l’Église catholique au xxe siècle. Où en est le catholicisme ?, avec une préface de Mère Marie-Geneviève Rivière du Saint-Nom-de-Jésus de Fanjeaux, Paris, Hora Maxima, « Marcel de Corte », 2025, 540 p., 25,50 €

    Recension d'Olivier Rota (source) :

    Marcel De Corte, Les mutations de l’Église catholique au xxe siècle. Où en est le catholicisme ?, avec une préface de Mère Marie-Geneviève Rivière du Saint-Nom-de-Jésus de Fanjeaux, Paris, Hora Maxima, « Marcel de Corte », 2025, 540 p., 25,50 €

    Marcel De Corte (1905-1994) fait partie de cette génération de catholiques, néothomistes et maurrassiens, qui ont été révulsés par le second Concile du Vatican. Le présent volume rassemble un grand nombre de ses articles, publiés dans des revues traditionalistes telles que ItinérairesCourrier de Rome ou encore L’Ordre français. On retrouvera dans ces articles la tonalité de ces revues : l’écriture est précise et élégante, le ton hautement polémique, les accusations souvent ad hominen. Y. Congar, Mgr Liénart ou encore Mgr Elchinger ne sont pas épargnés ; tout comme Jean XXIII, Paul VI et la « mafia des évêques », tous ensemble accusés d’avoir fondé une « nouvelle Église » opposée aux vérités dogmatiques les plus élémentaires.

    M. D. C. regrette en premier lieu que le concile ne se soit pas constitué en tribunal des erreurs modernes (p. 190). Pour l’auteur, le concile a succombé au goût de la nouveauté et au subjectivisme. En s’efforçant d’adapter le langage de l’Église, Vatican II aurait déréglé jusqu’à l’idée chrétienne de vérité (p. 53, 67). Plutôt que de s’adresser au monde, le concile aurait fait entrer le monde moderne dans l’Église. Or, soutient l’A., « à un monde cassé ne peut correspondre qu’une Église cassée à son tour par sa “pastorale” d’ouverture et d’adaptation » (p. 290). Pour expliquer cet état de fait, la responsabilité d’une « minorité » progressiste est pointée, tout comme la faiblesse des évêques conciliaires. M. D. C. écrit :

    Il me paraît évident que si la majorité des Pères [conciliaires] n’a pas résisté au complot de la minorité, c’est en raison de la dégradation de la foi objective dans l’intelligence et dans le cœur de la plupart d’entre eux. Nul ne met en cause la foi subjective du très grand nombre, mais cette foi est visiblement tributaire chez eux d’une théologie et d’une philosophie qui n’ont plus rien en commun avec la vertu de foi tel que saint Thomas, le théologien et le philosophe par excellence de l’Église, du moins en parole, en sonde le mystère dans toute son œuvre. (p. 191)

     

    (...)

  • «Demandons à Marie son Bon Conseil, pour accueillir la Parole divine» (Léon XIV)

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    SAINTE MESSE DE LA NATIVITÉ DE LA B.V. MARIE
    HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV
    Genazzano, Sanctuaire de la Mère du Bon Conseil
    Lundi 7 septembre 2026


    Chers frères et sœurs,

    Comme vous vous en souvenez, déjà « dans les premiers jours du pontificat, j’ai senti le devoir et un profond désir de m’approcher de Genazzano, du sanctuaire de Notre-Dame du Bon Conseil, qui, tout au long de ma vie, m’a accompagné de sa présence maternelle, de sa sagesse et de l’exemple de son amour pour le Fils, qui est toujours le centre de ma foi » (Dédicace dans le livre des signatures du Sanctuaire, 10 mai 2025). C’est avec joie que je suis de nouveau ici, pour célébrer avec vous la Vigile de la Nativité de la Très Sainte Vierge et confier à Marie Enfant ce qui, dans cette pauvre et magnifique humanité, naît encore : fragile comme un germe, mais signe de la fidélité de Dieu. Oui, Marie est l’aurore d’un jour différent, de notre monde enfin libéré du mal. Et nous voici auprès d’Elle, autour de l’Autel d’où le salut vient à nous et nous transforme, fils dans le Fils. Demandons-lui son Bon Conseil, pour accueillir la Parole divine, la garder en nous et la mettre au monde à travers des décisions courageuses et sages, des décisions d’authentique conversion.

    Très chers amis, en ce lieu d’antique présence augustinienne, je reviendrai sur les pages bibliques que nous venons d’entendre, avec l’aide de saint Thomas de Villeneuve, frère et évêque augustinien qui, en consacrant sa vie au service des pauvres, a pénétré en profondeur la vérité de la foi. Il a su voir le paradoxe de la petitesse et, pour ainsi dire, de la marginalité de Marie, rendue centrale dans l’économie du salut. Demandons-nous : que devait être, au temps de Joachim et d’Anne, la naissance d’une petite fille ? Saint Thomas creuse en profondeur : « J’ai réfléchi maintes fois – écrit-il – et je me suis demandé pourquoi les évangélistes, qui ont parlé si longuement de saint Jean-Baptiste et des apôtres, nous racontent de façon si succincte l’histoire de la Vierge Marie, qui les surpasse tous par son histoire et sa stature personnelle. Pourquoi, me demande-je, ne nous a-t-on pas décrit la manière de sa conception, de sa naissance, de son éducation, de ses habitudes, des vertus qui l’ornaient, quel rapport humain elle entretenait avec son fils, comment elle se reliait à lui, comment elle a vécu avec les apôtres après son Ascension ? Toutes ces choses étaient importantes et les fidèles les auraient lues avec une dévotion singulière et elles auraient plu au peuple. Ô évangélistes, je m’adresse à vous ! Pourquoi nous avez-vous privés d’une si grande joie par votre silence ? Pourquoi avez-vous omis des détails si joyeux, si attendus, si agréables ? » (Œuvres complètes VII, 266,8).

    Nous trouvons dans ces paroles une suggestion importante pour notre foi : interroger l’Écriture et ses auteurs, discuter avec le texte et dialoguer avec les témoins de la Révélation, comme avec des amis. Nous sommes en effet « concitoyens des saints et familiers de Dieu » (Ep 2,19) et de Marie elle-même nous apprenons l’intelligence qui converse avec Dieu, qui pose des questions (cf. Lc 1,34) et interprète les événements en les gardant et en les reliant dans le cœur (cf. Lc 2,19.51). L’Évangile selon Matthieu, cependant, semble donner raison par son silence à saint Thomas de Villeneuve. Nous l’avons entendu : de Marie, il rapporte la présence, mais pas une parole. Et pourtant, le simple être-là de Marie – et du Fils en elle – meut l’histoire tout entière : celle de Joseph et de toute sa maison. La présence de Marie provoque comme un saut dans la généalogie, comme une nouveauté inattendue, capable de modifier non seulement les attentes, mais aussi les comportements prévisibles d’un homme. Ce que Joseph entend, ce qu’il décide et ce qu’il fait, en effet, est réponse à Dieu et à la présence de Marie, à sa différence absolue, qui dépasse tout discours et tout récit possibles. En Marie le salut trouve demeure : Dieu avec nous !

    Notre saint Thomas écrit encore : « Eh bien, au sujet de ces réflexions auxquelles je me référais, sur la raison pour laquelle un livre n’a pas été écrit sur les gestes de la Vierge, comme cela a été fait pour les gestes de Paul, […] il ne me vient à l’esprit que ceci : c’est ainsi parce que cela a plu ainsi à l’Esprit Saint, et que, sous son impulsion, les évangélistes, à son sujet, se sont tus, pour la simple raison que la gloire de la Vierge, comme nous le lisons dans le psaume, était tout entière en elle (cf. Ps 44,14 Vulgate), et qu’elle pouvait être imaginée plus que décrite, et que, comme synthèse de son histoire, suffit ce qui est exprimé dans le titre : que d’elle naquit Jésus. Que veux-tu savoir d’autre ? Que cherches-tu d’autre dans la Vierge ? Qu’il te suffise de savoir qu’elle est la Mère de Dieu » (ibid.).

    Chers frères et sœurs, nous éprouvons comme un vertige devant ce Mystère : il est impossible de s’y habituer ! Nous célébrons la naissance d’une petite fille appelée à devenir la Mère de son Créateur, la Mère de Dieu qui sauve. Et pourtant, c’est simplement une petite fille qui naît, comme les filles et les petites-filles que nous tenons dans nos bras. Nous avons aujourd’hui pour elle des titres nobles et très élevés, de Dame et de Reine, mais la voie de Dieu a été et demeure plus simple et plus silencieuse, et pourtant non moins puissante et transformatrice. C’est la voie de Jésus lui-même, « le premier-né d’une multitude de frères » (Rm 8,29). Eh bien, comme Marie, nous aussi sommes « prédestinés à être conformes à l’image du Fils » (ibid.) : par grâce, certes, mais en désirant et en préférant à d’autres voies son chemin, ses choix, sa route. En Jésus-Christ, Dieu a choisi les conditions historiques les plus humbles et la plus humble des créatures pour manifester l’originalité de son Royaume, où la prépotence n’a pas de place et où l’omnipotence est création, service et soin de la vie.

    Saint Thomas de Villeneuve ajoute ensuite : « Laisse courir ton imagination, élargis les confins de la compréhension et peins dans le plus profond de ton âme une jeune fille très pure, très prudente, très belle, très dévote, très humble, très douce, pleine de toute grâce, très riche de sainteté, ornée de toutes les vertus, embellie de tous les charismes, absolument agréable à Dieu ; amplifie-la autant que tu peux, imagine autant que tu es capable » (ibid.). Saint Thomas nous invite à ce merveilleux exercice d’imagination. Et il observe : « L’Esprit Saint ne l’a pas décrite par écrit, mais a attendu que tu la peignes intérieurement » (ibid., VII, 266,9). Chers frères et sœurs, c’est bien ainsi : dans la prière contemplative prend forme ce que le monde ne nous raconte pas, mais qui existe déjà ; ce qui est encore invisible, mais qui possède en soi un nouveau type de force. Il ne s’agit pas de fantaisie, mais de prophétie. Nous en avons besoin, en des temps de destruction et d’incertitude, pour voir l’œuvre de Dieu et la servir.

    Le prophète Michée, dans la minuscule Bethléem, a pressenti le lever d’un Roi de paix, grâce auquel habiter la terre enfin en sécurité (cf. Mi 5,1-4). Et aujourd’hui, dans l’oraison de collecte, en nous tournant vers la petite Marie, nous avons demandé que « la fête de sa naissance accroisse en nous la paix ». Oui, très chers amis, nous voulons imaginer la paix – élargir les confins de la compréhension et nous la peindre dans l’âme – pour reconnaître qu’elle existe déjà, pour l’accueillir et la servir. C’est le don de Dieu, le souffle du Ressuscité, l’œuvre de l’Esprit Saint. Laissons croître la paix en nous. Elle germera dans le monde. Et la Mère du Bon Conseil nous accompagnera dans cette mission.

  • La Nativité de la Vierge Marie; historique de la fête

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    la Naissance de la Vierge - Giotto (XIVe s.) Padoue

    Historique de la fête de la Nativité de Marie (missel.free.fr)

    Il faut assurément chercher l'origine de la fête de la Nativité de la sainte Vierge en Orient où le synaxaire de Constantinople la marquait déjà au 8 septembre1, selon ce qu’avait décrété l’empereur Maurice (582 + 602).  Il est probable que l’Eglise de Jérusalem fut la première à honorer le souvenir de la Nativité de Notre-Dame qu’elle célébrait dans une basilique proche de la piscine probatique, sur l’emplacement de la maison où, suivant la tradition, serait née la sainte Vierge.

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  • La Nativité de la Vierge Marie (8 septembre)

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    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ (homelies.fr - archive 2008)

    Tous les mystères que nous célébrons dans la liturgie procèdent et convergent vers le mystère de l’Incarnation rédemptrice. C’est donc à la lumière de la victoire de Jésus ressuscité sur le péché et sur la mort, qu’il nous faut contempler la nativité de celle qui fut sa mère selon la chair.

    La nativité de Marie est pour nous cause de joie et d’allégresse, parce qu’elle nous annonce une autre naissance : celle de l’Homme nouveau, qui au matin de Pâques surgit des entrailles de la mort et des enfers, pour s’élever dans la gloire de la vie divine triomphante. Jésus ressuscité est « le premier-né d’entre les morts », en qui « toute chose trouve son accomplissement total », car « par lui et en lui Dieu se réconciliait toute chose, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de la croix » (Col 1, 19-20). Au matin de Pâques, l’humanité du Verbe incarné est introduite au cœur même de la divinité. La transfiguration annonçait déjà cette glorification de la nature humaine du Christ qui s’accomplit pleinement et définitivement dans la résurrection. Cette nouvelle condition ontologique de la nature créée est le fruit d’une initiative de Dieu qui surélève la créature au-dessus de sa condition, pour la rendre participante de sa divinité (cf. 2 P 1, 4). Cette nouveauté est à ce point radicale qu’elle peut à juste titre être comparée à une nouvelle naissance. « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair n’est que chair ; ce qui est né de l’Esprit est Esprit » (Jn 3, 5-6).

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  • 8 septembre : fête de la Nativité de la Vierge

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    Du Père Simon Noël osb sur son blog :

    Nativité de la Vierge


    Celle dont nous fêtons aujourd'hui la Nativité est par excellence un enfant de la Grâce. A de nombreuses reprises, la liturgie byzantine appelle Marie la Toute-Sainte et Immaculée Mère de Dieu. Jamais Marie n'a été effleurée par l'ombre du péché. Le péché ! Lorsque quelqu'un, consciemment et volontairement, fait quelque chose de mal, il commet un péché. Il en est responsable. Il est coupable. Bien sûr, il existe de faux sentiments de culpabilité, mais cela relève du psychiatre.

    Mais le péché est plus que la simple culpabilité. Le péché est d'abord et essentiellement un état de séparation avec Dieu. Tous ont péché et sont privés de la Gloire de Dieu, a dit Saint Paul. Nous sommes tous nés dans le péché, séparés de Dieu. Or, c'est évident, à notre naissance, nous n'avons pas encore commis de faute personnelle. Mais nous avons déjà besoin d'être sauvés par le Christ.

    Marie elle n'a jamais été, depuis le début, séparée de Dieu. C'est pourquoi l'archange Gabriel la salue ainsi : Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi, tu as trouvé grâce aux yeux de Dieu. La plénitude de la Grâce a toujours été en Marie, la Toute-Sainte.

    Marie est l'aurore du salut. L'aurore, ce n'est pas la pleine lumière du midi, mais c'est déjà l'annonce de cette lumière. Le Christ est notre seul Sauveur et Marie, elle aussi, comme chacun d'entre nous, a été sauvée par le Christ. Elle est donc de notre race. Et donc elle est toute proche de nous. Tout en elle est don gratuit de l'amour divin.

    Marie est notre Mère, dit-on, et c'est vrai. Mais elle est aussi notre sœur en humanité, elle est la nouvelle Eve. Bernanos aimait dire de Marie qu'elle était la sœur cadette du genre humain. La plus jeune de nos sœurs, la plus petite, la plus humble, la plus aimante. Aujourd'hui nous la contemplons petite enfant. Nous pouvons avoir avec elle la plus grande familiarité. Elle s'occupe de notre vie, même des petits détails, comme elle le fit à Cana pour le vin qui manquait à la fête.

    Elle est, disent les moines d'orient, la Mère de la prière incessante. Elle peut nous communiquer la grâce de la prière du cœur, qui lorsqu'elle sera enracinée en nous, fera que nous ne serons plus séparés de Dieu. Notre vie chrétienne connaîtra alors son plein épanouissement.

  • Homélie de saint Jean de Damas pour la fête de la Nativité de la Vierge Marie (8 septembre)

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    La nativité de la Vierge par Uccello (XVe s.)

    Première homélie pour la nativité de la Vierge Marie, de saint Jean Damascène

    Neuf mois étant accomplis, Anne mit au monde une fille et l'appela du nom de Marie. Quand elle l'eut sevrée, la troisième année, Joachim et elle se rendirent au temple du Seigneur et, ayant offert au Seigneur des victimes, ils présentèrent leur petite fille Marie pour qu'elle habitât avec les vierges qui, nuit et jour, sans cesse, louaient Dieu.

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  • Les apparitions de Beauraing face aux sceptiques

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    De Jean-Pierre Snyers :

    Il y a 90 ans, les apparitions secouaient la bourgade de Beauraing (vidéo)  - L'Avenir

    Les apparitions de Beauraing face aux sceptiques
     
    Comment vous le savez sans doute (mes écrits en témoignent), j'accorde une très grande importance aux apparitions de Beauraing. Pourquoi? Parce qu'elles me semblent les plus fiables et qu'à travers leur crédibilité, elles sont un signe très pertinent en faveur de l'existence de Dieu, de la vie après la mort et de la véracité du christianisme. Cela dit, que pourrait-on répondre à ceux qui n'y croient pas? Quels sont les principaux arguments qui permettraient de nier que la Vierge soit réellement apparue? Personnellement, j'en vois deux qui me semblent particulièrement solides: l'hallucination et l'auto-suggestion. Au niveau rationnel, permettez-moi de les passer en revue...
     
    1) L'hypothèse de l'hallucination. 
     
    -Une hallucination est un dysfonctionnement interne du système nerveux d'un individu. Cela dit, il est statistiquement et biologiquement impossible que 5 cerveaux distincts génèrent de manière autonome et synchronisée la même image complexe avec les mêmes détails. Vouloir à tout prix expliquer des phénomènes tels que les apparitions par de simples bugs du cerveau ou par des mécanismes psychologique alambiqués finit par devenir moins rationnel que d'admettre la communication d'une réalité spirituelle. Prêter au cerveau des capacités quasi magiques, demande une sacrée dose d'imagination. Choisir l'hypothèse du surnaturel n'est donc nullement un rejet de la raison mais est au contraire refuser une rationalité étroite qui s'interdit d'envisager le cadre étriqué du laboratoire. 
     
    -Le test d'une entrave physique. A plusieurs reprises, des médecins ont placé un chapeau ou un tissu devant les yeux des enfants pendant qu'ils voyaient. Résultat? Tous ont alors déclaré ne plus pouvoir voir la Vierge. Dans une hallucination purement mentale, générée par le cerveau, le fait de placer un objet devant les yeux physiques ne devraient pas interrompre la vision, puisque l'image est projetée par l'esprit.  
     
    -Interrogés séparément après une apparition où la Vierge était apparue avec un reflet bleu sur sa robe blanche, les 5 enfants ont été soumis à un test minutieux par les enquêteurs. On leur a présenté dans des pièces différentes, un nuancier composé de 44 teintes de bleu. Placés dans l'impossibilité de tricher ou de se concerter, tous ont désigné exactement la même teinte. Par conséquent, ce résultat annule l'idée d'une subjectivité aléatoire et cette concordance parfaite pointe vers la perception d'un objet extérieur réel et précis dont ils ont tous reçu la même empreinte visuelle.
     
    -Le comportement des chiens. On le sait, pour dissuader les gens de venir sur place, on avait lâché des chiens de garde. Hors des visions, ceux-ci aboyaient, menaçaient et contribuaient à repousser la foule. Cependant, dès l'instant où la Vierge apparaissait, ils cessaient d'aboyer, se couchaient et restaient totalement silencieux pour reprendre de plus belle leurs aboiements dès que l'apparition prenait fin. Rien qu'en fonction de ces éléments (auxquels on pourrait ajouter le fait que les enfants ne sentaient absolument rien lorsqu'on les piquait, les pinçait ou les brûlait pendant qu'il voyaient et qu'à la même fraction de seconde ils tombaient brutalement sur les pavés du sol sans ressentir la moindre douleur), il me semble raisonnablement impossible de persister à soutenir l'hypothèse de l'hallucination. 
     
    2) L'hypothèse d'une auto-suggestion.
     
    A Beauraing, les 5 enfants étaient dans un état d'attente immense et ne désiraient qu'une chose: que la Vierge prolonge ses visites après sa dernière apparition le 3 janvier 1933.  Si le phénomène avait été le fruit de leur imagination ou d'une construction psychologique inconsciente, leur esprit aurait continué à produire ces visions. Or, c'est exactement l'inverse qui s'est produit. Malgré leurs pleurs, leurs prières répétées, leur déception douloureuse et leur ardent désir de la revoir, plus rien ne s'est plus jamais produit jusqu'à leur mort. "Quand on a vu un coin du ciel, il est très difficile de rester dans la brume d'ici-bas", m'a souvent dit Albert Voisin (l'un des 5 visionnaires).  Comment en pas le comprendre? Conclusion: en face de ces données objectives (hélas trop peu connues), comment ne pas souscrire à l'évidence qui veut qu'à la source de tout, il y a un monde spirituel qui seul, peut nous donner les clefs pour comprendre notre véritable destinée?... 
  • Victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt : l’Église allemande face à la remise en cause de son puissant modèle de financement

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    De Tribune Chrétienne :

    Victoire d’Ulrich Siegmund et de l’AfD en Saxe-Anhalt : l’Église allemande face à la remise en cause de son puissant modèle de financement

    Avec 44 % des voix aux élections régionales du 6 septembre en Saxe-Anhalt, l’AfD emmenée par Ulrich Siegmund réalise un résultat historique sans obtenir la majorité absolue. Une victoire qui pourrait aussi ouvrir un affrontement majeur avec les Églises allemandes et leur puissant système de financement

    7 septembre 2026

    La victoire d’Ulrich Siegmund dépasse largement les frontières politiques de la Saxe-Anhalt. Elle pourrait également fragiliser un modèle très particulier de relations entre l’État et les Églises, alors que l’AfD entend remettre en cause plusieurs mécanismes dont bénéficient depuis des décennies les institutions catholiques et protestantes.

    Le cas personnel d’Ulrich Siegmund donne à cette confrontation une dimension particulière. Baptisé et élevé dans l’Église catholique, le dirigeant de l’AfD en Saxe-Anhalt a effectué en 2017 un « Kirchenaustritt », la procédure administrative permettant de déclarer officiellement sa sortie de l’Église. Il a pourtant expliqué ne pas avoir renoncé aux valeurs catholiques qu’il dit conserver « dans son cœur », mais contester l’institution ecclésiale allemande.

    Derrière cette démarche se trouve notamment le Kirchensteuer, l’impôt d’Église allemand. Un catholique enregistré comme tel acquitte généralement une contribution équivalente à 9 % du montant de son impôt sur le revenu – 8 % en Bavière et dans le Bade-Wurtemberg – collectée par l’administration fiscale avant d’être reversée à l’Église. Pour échapper à cet impôt, il faut officiellement quitter l’Église. Mais cette décision administrative entraîne également de lourdes conséquences ecclésiales. Un décret adopté par la Conférence épiscopale allemande en 2012 prévoit notamment que la personne ayant effectué cette démarche ne peut normalement plus recevoir les sacrements de pénitence, d’Eucharistie, de confirmation ou d’onction des malades, sauf notamment en danger de mort. Elle ne peut plus être parrain ou marraine ni exercer certaines fonctions dans l’Église. Dans certaines circonstances, les funérailles religieuses peuvent également être refusées.

    Le résultat du 6 septembre remet aujourd’hui ce système sous les projecteurs. L’AfD veut s’attaquer aux « Staatsleistungen », qu’il faut distinguer du Kirchensteuer : il s’agit de versements publics historiques accordés aux Églises, notamment en compensation des grandes sécularisations de biens ecclésiastiques intervenues au début du XIXe siècle. Le parti entend également remettre en cause l’intervention de l’administration fiscale dans la collecte de l’impôt d’Église.

    Cette offensive intervient dans un contexte de confrontation croissante entre l’AfD et les responsables catholiques et protestants. Plusieurs évêques ont publiquement mis en garde les fidèles contre le parti, tandis que l’AfD accuse les grandes Églises de s’être transformées en acteurs politiques, notamment sur les questions migratoires.

    Mais le débat prend une dimension particulière au regard de la situation du catholicisme allemand. En 2025, l’Allemagne comptait encore 19,2 millions de catholiques, soit environ 23 % de la population. Pourtant, 307 117 personnes ont officiellement quitté l’Église au cours de cette seule année. Seulement 2 269 personnes y sont entrées et 5 443 anciens catholiques l’ont réintégrée.

    La pratique religieuse poursuit elle aussi son recul. Elle ne concerne plus qu’une faible proportion des catholiques et la crise des vocations devient spectaculaire : après seulement 29 ordinations sacerdotales en 2024, les chiffres ont encore reculé en 2025. La victoire d’Ulrich Siegmund ne signifie évidemment pas que le Kirchensteuer disparaîtra demain : une telle réforme dépasse les seules compétences d’un gouvernement régional. Mais avec près de 44 % des suffrages, une revendication longtemps périphérique vient de prendre une tout autre dimension politique.

    Pour l’Église allemande, la question dépasse donc largement l’AfD. Elle touche à la pérennité d’un modèle dans lequel une institution ecclésiale demeure financièrement très puissante alors que sa base démographique, la pratique religieuse et les vocations diminuent rapidement. Si demain une part croissante de ses ressources devait dépendre directement des dons volontaires des fidèles, l’Église catholique allemande serait confrontée à une réalité devenue impossible à contourner : celle du nombre de catholiques encore réellement engagés dans sa vie.

  • Le fil conducteur « bénédictin » dans la pensée de Léon XIV sur le concile Vatican II

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    De Charles Collins sur Crux Now :

    Le fil conducteur « bénédictin » dans la pensée de Léon XIV sur le concile Vatican II

    6 septembre 2026

    « Un nouveau concile s’est avéré non seulement significatif, mais aussi nécessaire », a déclaré le pape. Il faisait référence au concile Vatican II, notamment au regard des bouleversements majeurs survenus dans le monde au milieu du XXe siècle.

    Ce n’était pas la première fois que l’Église devait repenser sa position face aux bouleversements du monde.

    Il a rappelé comment la prise et le sac de Rome par les Wisigoths en 410 « ont profondément bouleversé le monde de cette époque » et ont également influencé la pensée de saint Augustin.

    « La spiritualisation complète du concept d’Église, quant à elle, occulte le réalisme de la foi et de ses institutions dans le monde », a-t-il poursuivi. « Ainsi, au concile Vatican II, la question de l’Église dans le monde est enfin devenue le véritable problème central. »

    Telles furent effectivement les paroles du pape.

    Il ne s’agissait cependant pas des paroles du pape Léon XIV – ancien supérieur général de l’ordre des Augustins –, mais de celles d’une lettre que le pape émérite Benoît XVI avait écrite en 2022 au père Dave Pivonka, président de l’université franciscaine de Steubenville.

    J’ai repensé à ces propos mercredi, lorsque le pape Léon a commencé sa série de conférences sur la constitution pastorale Gaudium et spes, ou « L’Église à l’écoute du monde et au service du monde ».

    Lorsque Léon XIV a entamé son cycle de réflexions catéchétiques sur le concile Vatican II, l’attention des observateurs du Vatican s’est immédiatement portée sur lui. C’était en janvier de cette année-là, et nous découvrions encore le nouveau pontife.

    Une série d’articles consacrés à l’événement ecclésial majeur des cent dernières années devait permettre de découvrir la pensée du nouveau pape à l’œuvre d’une manière inédite.

    Dès le départ, la série n’a absolument pas déçu à cet égard. La catéchèse de la semaine dernière a toutefois offert une perspective rare, de celles qui permettent de tout saisir d’un seul coup d’œil.

    Avant d’en arriver là, il est important de regarder d’où Léon est parti.

    Au début de son pontificat encore récent, les observateurs se demandaient s’il poursuivrait la voie tracée par François ou s’il adopterait une approche différente. Ses travaux sur Vatican II ont cependant montré que Léon s’inspire autant de Benoît XVI que de François.

    Cela change tout.

    Dans son discours du 7 janvier présentant la série, Léon a cité le pape Benoît XVI, qui avait noté – également peu après son élection en 2005 – que « les documents conciliaires n’ont rien perdu de leur actualité », quarante ans après la clôture du concile.

    « En effet », déclarait également Benoît XVI en 2005, « leurs enseignements se révèlent particulièrement pertinents face à la nouvelle situation de l’Église et de la société mondialisée actuelle. »

    En 2005, la « génération Vatican II » d’évêques était encore très présente et exerçait une forte influence sur l’Église. Benoît XVI lui-même avait été peritus, ou expert théologique, au Concile.

    En 2026, comme l’a souligné Léon dans son discours d’ouverture, la génération d’évêques, de théologiens et de fidèles de Vatican II a en grande partie disparu.

    « Par conséquent », a déclaré Léon en janvier, « même si nous entendons l’appel à ne pas laisser sa prophétie s’estomper et à continuer de chercher des moyens de mettre en œuvre ses enseignements, il sera important de la connaître à nouveau de près. »

    Léon a averti qu’il sera essentiel de développer une compréhension du Concile « non pas par le biais de rumeurs ou d’interprétations qui ont été données, mais en relisant ses documents et en réfléchissant à leur contenu ».

    Cette importance accordée aux documents mêmes du concile Vatican II est cruciale.

    Elle suggère, entre autres, que Léon se méfie de « l’esprit de Vatican II » et des récits généraux concernant le Concile.

    Cette prudence le rapproche encore de Benoît XVI, qui avait évoqué – quelques semaines seulement avant son abdication en 2013 – une autre manière d’envisager Vatican II, qu’il avait qualifié de « concile des médias ».

    « Pour les médias », a déclaré Benoît XVI le 14 février 2013, « le Concile était une lutte politique, une lutte de pouvoir entre différentes tendances au sein de l’Église », et le récit médiatique du Concile comme lutte de pouvoir était attrayant parce qu’il était simple.

    « Nous savons que ce Concile des médias était accessible à tous », a également déclaré Benoît XVI, et qu’il était donc « le plus dominant, le plus efficace ».

    Il a affirmé que le « Concile des médias » était un récit qui « a engendré tant de désastres, tant de problèmes, tant de souffrances : fermeture de séminaires, fermeture de couvents, liturgie banale… et le véritable Concile a eu du mal à s’établir et à prendre forme ».

    « Le Concile virtuel était plus fort que le Concile réel », a déclaré Benoît.

    C’était un aveu surprenant par sa franchise, surtout à la fin d’un pontificat de huit ans consacré à une « herméneutique de la continuité » qui avait cherché à (re)lire le Concile à la lumière de l’histoire et de la tradition de l’Église, avec un T majuscule et un t minuscule.

    Le 26 août, le pape Léon XIV a déclaré que la réforme liturgique promue par le concile Vatican II est « fermement enracinée dans la tradition vivante de l’Église ».

    En réalité, la liturgie a été un champ de bataille majeur durant la période postconciliaire, notamment en ce qui concerne la tradition – et la Tradition elle-même.

    Léon a passé des semaines à étudier le document liturgique du Concile, Sacrosanctum Concilium, et a également reconnu franchement les abus qui se sont produits au cours des décennies qui ont suivi le Concile et la réforme postconciliaire de la liturgie promulguée par le pape saint Paul VI.

    « Une bonne compréhension de [Sacrosanctum Concilium] nous permet également de rejeter les abus qui se sont produits dans certains secteurs de l’Église pendant la période postconciliaire », a déclaré Léon, notant également comment, « malheureusement », de tels abus « se produisent encore de temps à autre aujourd’hui ».

    Léon a précisé que ces abus ont tendance à se produire « lorsque certains des principes qui sous-tendent la réforme elle-même ont été poussés à l’extrême ou mal compris ».

    Si les partisans de « l’esprit de Vatican II » se sont trompés dans un sens, les éléments plus conservateurs de l’Église se sont trompés dans l’autre : un malaise face aux changements liturgiques qui s’est cristallisé autour de préoccupations concernant l’enseignement de l’Église.

    Nombre de catholiques appartenant au courant le plus conservateur en sont venus à penser que le Concile était allé trop loin. Certains affirment même qu’il a enseigné des choses contraires au dogme de l’Église.

    Une grande partie de ce camp s’est ralliée à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), qui a refusé d’utiliser la messe de 1970 de Paul VI et a fini par entrer en conflit avec Rome.

    Autrement dit, la catéchèse du 26 août a mis en lumière un thème central de toute la série de Léon. Un examen de certaines de ses remarques antérieures dans cette série permet de mieux le comprendre.

    Le 27 mai, dans le deuxième volet de ses réflexions sur Sacrosanctum Concilium, Léon a loué et approuvé la compréhension du problème par Benoît.

    « Dans cette déclaration d’intention, le pape Benoît XVI a saisi le “programme de réforme” des Pères conciliaires », a déclaré Léon.

    Pour appuyer son propos, Léon a cité directement le discours prononcé par Benoît XVI le 6 mai 2011 devant les participants au congrès du 50e anniversaire de l’Athénée pontifical Saint-Anselme, consacré à l’étude de la liturgie.

    « Dans leur programme de réforme », a déclaré Benoît XVI, « les Pères conciliaires souhaitaient maintenir un équilibre entre les deux temps, un juste milieu entre la grande tradition liturgique du passé et celle de l’avenir. »

    « On oppose souvent maladroitement tradition et progrès », a déclaré Benoît XVI, mais « les deux concepts fusionnent : la tradition est une réalité vivante, qui inclut donc en elle-même le principe de développement, de progrès. »

    « C’est comme si le fleuve de la tradition portait aussi sa source en lui et coulait vers son embouchure », a déclaré Benoît.

    Il est particulièrement intéressant – voire révélateur – que Léon ait cité trois papes dans son discours du 27 mai : Benoît XVI, saint Jean-Paul II et Pie XII, le dernier pontife avant Vatican II.

    C’est intéressant, car Pie XII avait apporté plusieurs modifications à la messe avant le Concile – notamment pendant la Semaine sainte – et les deux papes suivants ont élargi l’usage de l’ancienne messe.

    Tentant de guérir le schisme avec la FSSPX, le pape saint Jean-Paul II a facilité l’utilisation de l’ancien rite de la messe en 1988, une politique que Benoît XVI a étendue.

    Avant que Jean-Paul II et Benoît XVI ne rendent la liturgie préconciliaire plus largement accessible, le débat interne sur la messe au sein du camp conservateur se concentrait sur la « réforme de la réforme », qui cherchait à incorporer des éléments plus traditionnels dans la célébration de la liturgie de 1970.

    Bon nombre des abus mentionnés par Léon sont effectivement devenus moins fréquents et moins visibles, mais le développement de la liturgie préconciliaire a peut-être aussi freiné l’élan de la « réforme de la réforme ».

    Il est également arrivé que la rancœur et le scepticisme persistants à l’égard du Concile ne disparaissent pas du jour au lendemain, et nombre de ceux qui pratiquaient encore le culte selon l’ancien usage continuaient de lire des écrits de personnes qui refusaient d’accepter les enseignements de Vatican II.

    Ce phénomène est devenu encore plus visible avec l’essor des médias sociaux, qui ont sans doute donné l’impression que le problème était beaucoup plus grave qu’il ne l’était en réalité.

    Quoi qu’il en soit, les observateurs des deux camps des soi-disant « guerres liturgiques » ont déclaré que c’est la principale raison pour laquelle le pape François a abrogé la réforme libérale de Benoît XVI et imposé de nouvelles restrictions à l’utilisation de l’ancienne forme de la messe : il estimait qu’un trop grand nombre de ses partisans rejetaient le Concile dans son intégralité.

    Si l’on en croit la série de catéchèses de Léon XIV sur le concile Vatican II, il souhaitera que l’Église réfléchisse attentivement à toute la question, dans la continuité de la tradition (et de la Tradition), en s’appuyant sur les documents du Concile lui-même.

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  • Benoît XVI, un cas à part ?

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    De John M. Grondelski sur le CWR :

    Benoît l'exception ?

    En tant que théologien engagé envers l'Église, Joseph Ratzinger ne se sentait pas obligé de suivre la ligne officielle et de présenter les choses comme un monde idyllique. Il savait faire la part des choses entre le bon grain et l'ivraie.

    Le pape Benoît XVI était-il un cas à part ?

    C’est l’avis de Mike Lewis sur la conception liturgique du pape Benoît XVI. Dans un article publié sur « Where Peter Is », Lewis présente Ratzinger – avant, pendant et après son pontificat – comme une figure à part dans le projet liturgique post-Vatican II. Selon Lewis, Montini a fidèlement mis en œuvre la vision de la réforme liturgique de Vatican II, Luciani l’a accueillie favorablement, Wojtyła l’a poursuivie, et Bergoglio et Prevost l’ont défendue.

    Ratzinger serait soi-disant en décalage avec la danse liturgique. Je ne partage pas cet avis.

    D'abord, il me semble que plusieurs éléments s'entremêlent ici. Sans attribuer de motivation à Lewis, je crois qu'un courant de révisionnisme historique plus vaste sous-tend ce débat. Divers milieux prétendent que Vatican II a initié des réformes (pas seulement liturgiques) que Paul VI a mises en œuvre, non sans quelques réserves, mais que l'esprit réformateur du Concile a été occulté pendant une trentaine d'années, tandis que l'Église errait dans le désert durant le pontificat de Jean-Paul II et Benoît XVI, pour finalement retrouver le « véritable » esprit de la réforme conciliaire sous l'impulsion du pape François.

    Les partisans du statu quo liturgique constituent une sous-catégorie du mouvement « réformateur », souvent guidés par leurs propres intérêts. Nombre d'entre eux semblent voir dans la FSSPX, alimentant les débats sur la « réforme liturgique de Vatican II », soixante ans après son entrée en vigueur, une menace.

    En ce qui concerne le sous-ensemble de la réforme liturgique, je souhaite dégager plusieurs thèmes distincts.

    Premièrement, tout ce qui est fait au nom du Concile ne reflète pas forcément sa volonté. Beaucoup de choses ont été faites en son nom et, souvent, de façon encore plus ténue, au nom de « l’esprit de Vatican II », dont le lien avec le Concile exige une certaine suspension d’incrédulité.

    Prenons des sujets qui ont suscité de vives polémiques, comme la balustrade d'autel. Soyons honnêtes : rien dans Sacrosanctum Concilium ne prescrit son retrait. J'ai du mal à imaginer l'évêque moyen ayant voté pour la Constitution sur la liturgie sacrée (comme mon ancien évêque à Trenton, le relativement traditionaliste George W. Ahr) comprendre que son vote impliquait que les églises du monde entier puissent saccager leurs sanctuaires, au point que le sanctuaire finisse par empiéter sur le reste de l'Église. C'est peut-être pourquoi les sanctuaires des cathédrales allemandes sont mis à la disposition de jongleurs de poulets , tandis que les parkings de Home Depot deviennent des « sanctuaires » inviolables pour les sans-papiers.

    Je sais que certains liturgistes ont plaidé en ce sens au nom de la « participation pleine et consciente des fidèles » à la « célébration » de l’Eucharistie. Je sais aussi qu’ils ont rédigé les documents d’application qui, dans bien des cas, ne prescrivaient pas cette possibilité, mais la suggéraient. Pourtant, des vandales liturgiques se sont rapidement abattus sur les églises, les « renouvelant » au nom d’ une interprétation des exigences du Concile.

    Oui, il s'agit sans doute d'une interprétation. Et, soixante ans après le Concile, se demander si les interprétations de ce dernier ont résisté à l'épreuve du temps n'est pas une trahison du Concile, et encore moins un acte schismatique qui menace l'« unité » ecclésiastique.

    On peut dire la même chose, mutatis mutandis, du débat actuel sur l'emplacement du tabernacle. Derrière cette question se cache une autre interrogation, que les Pères conciliaires n'ont sans doute jamais pensé ratifier : cette focalisation sur l'Eucharistie comme « source et sommet » de la vie chrétienne impliquerait que le Saint-Sacrement, le tabernacle et l'adoration eucharistique hors de la messe occuperaient, de facto, une place subordonnée dans le catholicisme post-conciliaire, et ce, en apparence comme une conséquence de leurs décisions.

    Ajoutez à cela les soupçons quant aux intentions de chacun, et l'on aboutit à une sorte d'« unité » liturgique toxique. Prenons l'exemple de l'évêque de Charlotte qui, en 2025, a demandé aux prêtres de ne plus réciter les prières antérieures à 1969 lors de l'habillage (le missel actuel ne contient aucune prière pour cela ), de peur que cela ne soit perçu comme un retour aux anciennes pratiques liturgiques. Vaut-il mieux que les prêtres ne prient pas en se préparant à la messe et considèrent l'habillage comme une simple formalité, un déguisement anachronique ? Les échanges informels qui animent souvent les sacristies constituent-ils une atmosphère plus appropriée avant la messe ?

    Tout ceci nous ramène à la question de l'interprétation. Soixante ans – soit trois générations après Vatican II – constituent un intervalle approprié pour évaluer honnêtement et sans polémique les réussites et les échecs de la mise en œuvre post-conciliaire. Ce débat semble être de ceux que les catholiques fidèles – qu'ils défendent les modèles actuels ou qu'ils les remettent en question – devraient pouvoir avoir, au synode comme ailleurs.

    C’est peut-être sur la question d’interprétation que Benoît XVI faisait véritablement figure d’« exception ».

    Le pape Paul VI a mis en œuvre le concile. Lewis balaie d'un revers de main la question de savoir si Montini comprenait réellement tout ce qu'il « réformait » et si Annibale Bugnini ne cherchait pas à ménager la chèvre et le chou pour parvenir à ses fins. Lewis invoque des tendances générales (« plus d'Écriture, l'usage de la langue vernaculaire… et la participation active des fidèles ») pour affirmer que Jean-Paul Ier était parfaitement en phase avec les orientations liturgiques de l'époque, alors qu'en réalité, nous ignorons presque tout de la direction que Luciani aurait prise pour l'Église. Lewis insiste par ailleurs sur le soutien « sans équivoque » de Jean-Paul II aux nouvelles orientations liturgiques. Enfin, il présente François comme celui qui a sauvé l'Église d'une régression liturgique, une voie que, selon lui, Léon XIV poursuivrait sans tenir compte des « points de vue de ceux qui rejettent la réforme ».

    Mais Benoît, affirme-t-il, est le seul à ne pas être concerné.

    Je propose une autre interprétation de l'histoire. Paul VI était trop impliqué dans les événements pour en saisir pleinement la portée. Quant à savoir ce qu'aurait fait Jean-Paul Ier, ce sont des conjectures, non des faits historiques.

    Jean-Paul II, auteur d'un livre ( Sources du renouveau ) et organisateur de réunions régulières dans l'archidiocèse de Cracovie sur la mise en œuvre des accords conciliaires, était lui aussi originaire d'un pays où nombre d'abus liturgiques, pourtant courants en Occident, étaient méconnus. Je soupçonne qu'il ait pu minimiser certains de ces rapports ; je peux témoigner, par expérience personnelle, que lorsque je décrivais à mes collègues de l'Université catholique de Lublin ce qui se passait sur le plan liturgique dans certaines régions des États-Unis, ils pensaient que j'exagérais. Il ne fait cependant aucun doute qu'il s'est efforcé de mettre fin à ce qu'il considérait comme des abus, notamment le recours indiscriminé aux ministres extraordinaires de la communion, une pratique que la plupart des évêques n'ont pas soutenue.

    François, en revanche, était probablement habitué à une liturgie plus libre au sein de la Compagnie de Jésus et en Amérique latine, alors en pleine effervescence de la théologie de la libération. Il était donc, je crois, généralement plus indulgent à cet égard qu'envers les liturgies « rigides » qu'il désapprouvait tant. Il m'est impossible, à ce stade, de prédire quelle sera l'orientation de la liturgie selon le pape Léon XIV.

    Au sein de ce groupe, Ratzinger se distingue. De retour du Concile, il s'est intéressé à la mise en œuvre improvisée de ses préceptes en Allemagne, notamment dans le milieu universitaire où il évoluait. Si l'Église de Wojtyła en Pologne a pu contenir les expérimentations liturgiques, celle de Ratzinger en Allemagne, elle, ne l'a certainement pas fait – et ne l'a toujours pas fait. L'Église synodale allemande n'en est que le prolongement logique.

    Pour cette raison, et en tant que théologien dévoué à l'Église, Ratzinger ne se sentait pas obligé de suivre la ligne officielle selon laquelle tout était rose. Il savait faire la part des choses entre le bon grain et l'ivraie.

    Il a soulevé à juste titre la question, par exemple, des traductions liturgiques qui ignoraient les éditions typiques au profit des préférences (et parfois, d'une créativité débridée) des traducteurs. Il n'a pas hésité à invoquer « l'expérience », si en vogue à l'époque, pour suggérer qu'une « réforme de la réforme » s'imposait. Connaissant bien la pensée du grand théologien liturgique Romano Guardini – l'une des figures emblématiques de la réforme liturgique –, Ratzinger ne prétendait pas que le recul du temps remette en cause certaines pratiques ou leurs conséquences, accomplies ostensiblement au nom du Concile.

    Si cela fait de lui un « cas à part », alors ce que Lewis recherche, c'est un publiciste, pas un penseur théologique.

    Je dis ces choses en partie parce que je me sens proche de Ratzinger. Je ne prétends certainement pas être à son niveau, mais je partage son point de vue – parfois dérangeant pour les deux extrêmes – selon lequel le Novus Ordo était une réforme nécessaire qui, globalement, a été bénéfique pour l'Église, mais qui, en même temps, est imparfaite et dont on peut, après soixante ans, évaluer honnêtement les faiblesses comme les qualités.

    Cette position est inconfortable pour certains car elle refuse catégoriquement de prendre parti dans la polémique (ce qui ne devrait pas être une attitude dans l'Église). Je reconnais que ce débat est alourdi par le rejet, par les lefebvristes, des réformes post-conciliaires. Mais, bien sûr, tous les critiques de ces réformes ou de leurs détails ne sont pas lefebvristes. De même, l'attachement à la forme extraordinaire du rite romain (dont je ne fais pas partie) n'est pas un subterfuge de la part d'Écône et de la FSSPX.

    Ratzinger l'a reconnu et était disposé à en parler. Si cela fait de lui une exception, cette approche semble plus inclusive que la nouvelle notion d'« inclusion ».

    Enfin, n'est-il pas intéressant de constater que, malgré tous les discours synodaux de l'année écoulée – y compris ceux qui remettaient ouvertement en question la doctrine reçue et établie –, les questions liturgiques ont été curieusement mises de côté ?


    John M. Grondelski (docteur en philosophie, Fordham) a été vice-doyen de la faculté de théologie de l'université Seton Hall, à South Orange, dans le New Jersey. Il publie régulièrement dans le National Catholic Register et dans des revues théologiques. Les opinions exprimées ici sont exclusivement les siennes.
  • Les conférences épiscopales de l'UE attendent une décision concernant l'effacement des inscriptions de baptême

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    De Luke Coppen sur le Pillar :

    Les conférences épiscopales de l'UE attendent une décision concernant l'effacement des inscriptions de baptême

    La Cour de justice de l'Union européenne examine une affaire concernant le diocèse de Gand, en Belgique.

    4 septembre 2026

    Une décision imminente de la Cour de justice de l'Union européenne sur la question de savoir si un diocèse belge doit effacer les données de son registre de baptême sur demande pourrait avoir des conséquences importantes pour l'autonomie de l'Église et la liberté institutionnelle de religion.

    C’est ce qu’affirme un document de position publié le 4 septembre par la Commission des Conférences épiscopales de l’Union européenne (COMECE).

    Le document de 15 pages traitait d'une affaire actuellement pendante devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) concernant un différend entre le diocèse de Gand et l'Autorité belge de protection des données quant à savoir si le diocèse doit se conformer à la demande d'une personne non identifiée de supprimer son inscription au registre de baptême.

    « Le registre baptismal est la base fondamentale pour établir le statut juridique de la personne dans l’ordre juridique interne de l’Église », indique le document de position, préparé à la demande des conférences épiscopales membres de la COMECE et daté du 2 septembre.

    « Exiger de l’Église catholique qu’elle efface les données qu’elle contient, et donc intervenir directement dans son organisation, constituerait une atteinte grave à l’autonomie de l’Église et à la liberté institutionnelle de religion. »

    L'article a été publié moins d'un mois avant que l'avocat général, conseiller juridique indépendant de la CJUE, ne rende son avis formel sur l'affaire. Cet avis ne sera pas contraignant, mais pourrait donner une indication sur la manière dont la CJUE pourrait trancher dans son arrêt définitif, qui pourrait être rendu fin 2026 ou début 2027.

    L'affaire, connue sous le nom de C-12/25 Bisdom Gent , est née d'un différend concernant une pratique mise en place par les diocèses belges consistant à ajouter une note aux registres de baptême plutôt que de supprimer les inscriptions lorsque des personnes demandent leur « débaptême ».

    L'Église catholique enseigne que « le baptême marque le chrétien de la marque spirituelle indélébile de son appartenance au Christ ». Bien qu'une personne puisse s'éloigner de la pratique de la foi, voire y renoncer complètement, il est impossible d'annuler les effets du baptême.

    Le 25 mars 2021, une personne a demandé au diocèse de Gand de supprimer ses données de tous les fichiers, y compris le registre des baptêmes, en invoquant le Règlement général sur la protection des données (RGPD), une loi européenne de 2018 sur la protection des données.

    Le 2 avril 2021, le diocèse de Gand a ajouté une mention au registre de baptême, indiquant que la personne avait « quitté l’Église » à cette date. Deux traits diagonaux ont été tracés en travers de l’inscription de baptême.

    Lorsque les autorités diocésaines ont expliqué qu'une note avait été ajoutée à la fiche, la personne concernée a insisté sur la suppression de ses données et a porté plainte auprès de l'Autorité de protection des données.

    Le 19 décembre 2023, l'Autorité de protection des données a ordonné au diocèse de Gand de se conformer à la demande du plaignant.

    L'autorité chargée de la protection des données a indiqué que le diocèse soutenait qu'il était nécessaire de conserver les registres de baptême afin de prévenir d'éventuelles usurpations d'identité, par exemple si une personne déjà baptisée cherchait à recevoir le sacrement une seconde fois, en contravention de l'enseignement de l'Église.

    L'autorité de protection des données a reconnu les préoccupations de l'Église, mais a estimé que les intérêts du plaignant primaient sur ceux de l'Église. Le diocèse a interjeté appel de cette décision.

    Le 11 décembre 2024, la Cour d'appel de Bruxelles (Tribunal du marché) a déclaré que l'affaire soulevait des questions de droit de l'Union européenne qui devaient être examinées par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Elle a posé cinq questions à la Cour de Luxembourg, notamment celle de savoir si le RGPD devait être interprété à la lumière du droit à la liberté de religion et si une mention indiquant qu'une personne a quitté l'Église constituait un effacement de ses données.

    Une fois que la CJUE aura rendu son arrêt, le tribunal du marché devrait appliquer cette décision au litige du diocèse de Gand.

    Le document de position de la COMECE notait que l'annotation du diocèse de Gand n'était « pas idéale » et « non représentative des annotations utilisées par l'Église dans les autres États membres de l'UE ».

    L'article mettait en garde contre le risque de considérer les registres de baptême comme des listes de membres de l'Église.

    Se référant à une audience de la CJUE du 30 juin 2026, il a été déclaré : « Au cours de l'audience dans cette affaire, il a été sous-entendu que les registres de baptême peuvent être considérés comme des "listes de membres", car l'annotation insérée dans leur marge dans l'affaire (à savoir que la personne avait "quitté l'Église" à une certaine date) semblait impliquer un sentiment d'"appartenance". »

    « Toutefois, quelle que soit la formulation concrète de ces annotations, aucune conclusion ne peut en être tirée quant au fait que, dans l’Église catholique, les registres de baptême sont des « listes de membres ». »

    L'article précise que les registres de baptême sont des documents relatant des événements historiques plutôt que des listes de membres, reprenant ainsi une note explicative de 2025 publiée par le Dicastère pour les textes législatifs du Vatican.

    La COMECE a également souligné l'impact que la suppression d'un acte de baptême aurait sur les tiers. Elle a constaté que ces actes contiennent également les données personnelles du ministre du baptême, des parents de l'enfant et des deux parrains et marraines.

    « Chacune de ces personnes a un intérêt indépendant et juridiquement protégé à préserver l’intégrité du registre, en tant que compte rendu permanent et authentique de sa participation à l’acte sacramentel », indique le texte.

    L'article soulignait également que la suppression d'un acte de baptême pouvait affecter la sécurité juridique quant à la validité d'un mariage.

    Il précisait : « Des cas ont été rapportés où un ancien catholique s'était marié civilement avec une personne non catholique, et qu'après la rupture du mariage, cette dernière avait souhaité se convertir au catholicisme et avait demandé à l'Église l'annulation de son précédent mariage civil. »

    « L'absence d'acte de baptême détruirait des preuves pertinentes et compromettrait les chances de la personne concernée de faire valoir ses droits. »

    L'article notait également que les actes de baptême peuvent être utilisés dans le cadre de procédures civiles, citant l'exemple de l'Irlande, où un certificat de baptême peut être accepté comme preuve de naissance en cas de destruction des registres, et celui de Chypre, où les registres de baptême servent de preuve pour régler des litiges fonciers familiaux.

    En conclusion, l'article indique : « Cette affaire ne se limite pas à la question de savoir si certaines données personnelles doivent être conservées. Elle soulève également une question plus profonde : dans quelle mesure le droit européen de la protection des données peut-il contraindre une Église à modifier la manière dont elle exprime visiblement et juridiquement sa foi ? »

    « Ceci est particulièrement important en ce qui concerne le baptême. Pour l’Église, le baptême n’est pas simplement un événement historique qui s’est produit une fois et qui a été consigné par la suite. Son enregistrement exprime également un contenu de foi. »

    « Le baptême reflète l’alliance entre Dieu et la personne humaine et la fidélité inébranlable de Dieu. Le caractère permanent du baptême n’est donc pas seulement une question d’administration ou de droit canonique. Il est enraciné dans la foi et la compréhension sacramentelle de l’Église. »

    Le document ajoute : « Une obligation d’effacer les données des registres de baptême aurait donc des conséquences qui dépassent le simple cadre d’un système d’archivage. Elle pourrait affecter la manière dont l’Église exprime et préserve un élément central de sa foi sacramentelle. »

    « Il ne s’agit pas seulement d’un intérêt administratif pour un responsable du traitement des données. Il s’agit de la dimension institutionnelle de la liberté de religion et de la liberté de l’Église de vivre, de s’organiser et d’exprimer sa foi. »

    Lire également : Les évêques européens mettent en garde contre l'effacement de la « réalité théologique » des registres de baptême

  • Des milliers de personnes participent à la marche annuelle pro-vie à Londres

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    Des milliers de personnes participent à la marche annuelle pro-vie à Londres

    Cette marche intervient dans un contexte de débat actuel sur la loi relative à l'avortement en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles, les militants pro-vie réclamant des restrictions plus importantes en la matière.

    Une militante pro-vie défile à Londres lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026.
    Une militante pro-vie défile à Londres lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. (Photo : Crédit : Elliot Hartley)

    LONDRES — Samedi, des milliers de militants ont défilé du Centre Emmanuel, à Westminster, jusqu'à Parliament Square dans le cadre d'une manifestation annuelle organisée par le groupe pro-vie March For Life UK.

    Cette marche intervient dans un contexte de débat permanent sur la loi relative à l'avortement en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles, les militants pro-vie réclamant des restrictions plus importantes sur l'avortement et s'opposant aux projets de loi établissant des zones tampons autour des cliniques et hôpitaux pratiquant l'avortement.

    Des militants pro-vie défilent à Londres près de Big Ben lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley

    Des militants pro-vie défilent à Londres près de Big Ben lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley

    Ben Thatcher, organisateur de la Marche pour la vie, a déclaré à EWTN News : « Chaque être humain est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. L’avortement met fin à cette vie, et lorsqu’un avortement met fin à une vie, nous sommes confrontés à une immense tragédie, qui affecte non seulement la personne concernée, mais aussi sa famille, la société et la culture dans lesquelles nous vivons. »

    En vertu de la législation actuelle, les avortements peuvent généralement être pratiqués jusqu'à 24 semaines de grossesse, sous réserve de certaines conditions légales. Par ailleurs, des zones tampons autour des cliniques et hôpitaux pratiquant l'avortement limitent certaines activités visant à influencer, entraver ou harceler les personnes souhaitant accéder à ces services.

    « Je trouve absolument scandaleux qu’une vie humaine, créée à l’image de Dieu, puisse être interrompue et justifiée par le slogan “l’avortement est un soin de santé” », a déclaré Thatcher.

    Quinze évêques catholiques ont participé à la marche et ont également célébré la messe à la cathédrale de Westminster le matin avant de rejoindre le groupe principal.

    L’évêque auxiliaire de Southwark, Paul Hendricks, a déclaré à EWTN News : « Je soutiens la vie à toutes ses étapes. Nous devons défendre nos valeurs. Nous avons nos principes et nous suivons Jésus. »

    Des milliers de militants pro-vie défilent à Londres près de Big Ben lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley

    Des milliers de militants pro-vie défilent à Londres près de Big Ben lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley

    L’archevêque de Southwark, John Wilson, a déclaré à EWTN News : « Je suis ici parce que je crois en la beauté et la dignité de la vie humaine. […] Nous sommes unis dans un esprit de beauté, de paix et de joie pour affirmer que la vie humaine compte, que chaque vie compte, de la conception à la mort naturelle. » 

    « Et dans une culture difficile, où tant de gens, en un sens, considèrent la vie comme quelque chose de jetable, on a juste envie de se lever et de donner une voix à ceux qui n'en ont pas », a-t-il déclaré.

    Les participants ont chanté des hymnes chrétiens, notamment « Il tient le monde entier entre ses mains » et le Salve Regina, tout en défilant dans les rues ensoleillées de Londres, brandissant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « L'avortement fait du mal à la famille », « Interdire l'avortement sauve des vies » et « J'ai rejoint la riposte ».

    Des milliers de militants pro-vie défilent à Londres lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley

    Des milliers de militants pro-vie défilent à Londres lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley

    « Je suis venu ici aujourd’hui pour défendre la vie, de la conception à la mort naturelle, dans une culture où cela ne semble plus être valorisé… Je pense qu’il est important de prendre position et d’affirmer que la dignité humaine de chaque personne réside dans le fait qu’elle est créée à l’image de Dieu, aussi petite soit-elle », a déclaré l’évêque militaire Paul Mason à EWTN News.

    Le père Paul Grogan a déclaré à EWTN News que l'avortement est « la question des droits de l'homme la plus fondamentale de notre époque ». 

    « Et je pense que c’est un aspect important de la manière de vivre notre foi catholique que de témoigner de notre croyance en la beauté de la vie humaine, depuis le moment de la conception jusqu’aux moments de sa fin naturelle », a-t-il déclaré.

    Des centaines de personnes ont également participé à une contre-manifestation pro-choix, scandant des slogans tels que « l'avortement est un droit humain », « ni l'Église, ni l'État, nous décidons de notre propre destin », « les fascistes chrétiens, partez » et « laissez nos ovaires tranquilles ».

    Tilly Middlehurst, militante pro-choix et étudiante à Cambridge devenue célèbre en ligne après une confrontation avec le défunt militant conservateur Charlie Kirk, a déclaré à EWTN News qu'elle était « venue pour défendre nos droits en tant que femmes ». 

    « Je veux amener le plus de gens possible ici pour démontrer que [les militants pro-vie] sont une minorité et qu’ils n’ont pas leur place ici », a-t-elle déclaré, faisant référence aux milliers de militants qui défilaient dans les rues.

    Avant la marche, la militante pro-vie Ruth Price a été confrontée à la colère de contre-manifestants devant le centre Emmanuel après avoir tenté de distribuer des tracts pro-vie aux défenseurs du droit à l'avortement.

    Price a déclaré à EWTN News : « Je voulais m’adresser aux personnes qui assassinent de jeunes enfants… Je n’avais absolument aucune intention de leur faire du mal. Je travaille avec des adultes souffrant de graves difficultés d’apprentissage et leur vie est précieuse. Ils sont précieux aux yeux de Dieu et je tiens à ce que chacun sache que nous respectons la vie de la mère. »

    L'an dernier, la Marche pour la vie de Londres a rassemblé environ 10 000 personnes, selon les organisateurs qui attendaient vendredi soir de confirmer les chiffres prévus pour cette année.

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