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BELGICATHO

  • Le pape Léon XIV adresse un message aux futurs mariés : l'amour n'est pas un sentiment, mais un choix

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    De Nicolás de Cárdenas sur ACIPrensa :

    Le pape Léon XIV adresse un message aux futurs mariés : l'amour n'est pas un sentiment, mais un choix

    9 septembre 2026

    Le pape Léon XIV livre une réflexion sur l’amour humain dans la préface de la nouvelle édition du « YouCat. L’amour pour toujours », et souligne qu’il ne s’agit pas d’un sentiment éphémère, mais d’une décision, d’un cheminement et d’une alliance pour toute la vie.

    Cette version du catéchisme dédiée aux jeunes qui se préparent à vivre leur vocation au mariage devrait paraître en novembre prochain ; il s’agit de la première à comporter une préface du Souverain Pontife augustinien. La première édition de ce catéchisme avait été publiée une semaine après le décès du pape François, en mai 2025.

    « Votre cœur aspire à l’amour. Un amour profond, passionné et durable », souligne Léon XIV au début du texte d’introduction, précisant que ce désir n’est pas le fruit du hasard, mais qu’il « est le signe que vous avez été créés pour l’amour ».

    À propos de cet enseignement, que saint Augustin a résumé dans sa célèbre expression « notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en toi », le Souverain Pontife souligne que « Dieu lui-même peut se rendre présent dans l’amour humain et le transformer » de telle sorte qu’« il nous accorde la capacité d’aimer comme lui : en servant, dans un don généreux de soi et, si nécessaire, en pardonnant ».

    Dans le cas de l’amour entre un homme et une femme, poursuit le Pape, « il peut transpercer le cœur comme une flèche, avec fougue et rapidité », mais il ne s’arrête pas là, car « ce n’est pas un sentiment éphémère et passager ».

    « C’est bien plus que cela — ajoute le Souverain Pontife —. C’est un “oui” profond à l’autre, une décision, un chemin et une alliance pour toute la vie » lorsqu’il reflète l’amour de Dieu.

    Aimer jusqu’à la mort, l’ADN du christianisme

    Le Souverain Pontife profite également de l’occasion pour expliquer aux jeunes que le mariage révèle quelque chose du mystère divin : « Lorsqu’un homme et une femme se donnent entièrement l’un à l’autre dans l’amour, Dieu prend vie au milieu d’eux. Leur fidélité, leur pardon et leur lutte quotidienne pour le bien sont un reflet de l’amour du Christ pour son Église ».

    De plus, Léon XIV a encouragé les jeunes à ne pas avoir peur de la profondeur du « grand amour » auquel ils sont appelés, car « il est suffisamment fort pour surmonter les difficultés et assez grand pour vous soutenir tout au long de votre vie ».

    Cet amour « n’est pas parfait, mais il grandit à la lumière de la foi », c’est « un don de Dieu que nous ne pouvons pas produire par nous-mêmes » et, contrairement à l’amour humain entaché de désirs égoïstes, « il est désintéressé, patient et bienveillant, et possède toutes ces merveilleuses qualités que saint Paul énumère dans la Lettre aux Corinthiens ».

    Pour le Souverain Pontife, « c’est en contemplant la croix de Jésus-Christ que nous voyons la plus belle image du véritable amour », où se confirme qu’« il nous aime tant qu’il était prêt à mourir pour nous. C’est là l’ADN du christianisme, le commandement du Christ ».

    Enfin, le Souverain Pontife salue le contenu du YouCat. « L’amour pour toujours », à travers de nombreux témoignages de jeunes issus de plus de 30 pays, atteste « que l’idéal auquel le Christ nous appelle est un trésor fascinant » et constitue une invitation à ouvrir son cœur « à un projet qui dépasse tout rêve humain ».

    Il sert de préparation à un « oui » qui ne vaut pas seulement pour un jour, mais pour toute la vie ; un « oui » qui, à l’image de l’amour de Dieu, est infatigable et fidèle », conclut Léon XIV, avant de prier pour que les jeunes répondent « avec confiance et courage à la plus belle de toutes les vocations : la vocation à l’amour ».

    Nicolás de Cárdenas : né en 1980, je suis un mari et père de famille espagnol, ainsi qu’un journaliste comptant plus de 20 ans d’expérience dans la presse écrite et numérique, spécialisé dans l’actualité sociopolitique et religieuse. J'ai travaillé pendant plus de 10 ans dans la défense des droits de l'homme et je suis titulaire de diplômes en journalisme et en communication intégrale. Depuis juillet 2022, je suis correspondant d'ACI Prensa et d'EWTN Noticias en Espagne, où je couvre les événements internationaux de l'Église catholique.

  • Les archéologues en sont « absolument » certains : Bethsaïde a été découverte

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    De kath.net/news :

    Les archéologues en sont « absolument » certains : Bethsaïda a été découverte.

    10 septembre 2026

    Ces découvertes exceptionnelles remettent en question l'idée reçue selon laquelle les habitants de Galilée étaient de pauvres paysans illettrés. Elles suggèrent au contraire que les villes et villages visités par Jésus prospéraient même sous l'occupation romaine.

    Une équipe d'archéologues dirigée par le Dr Steven Notley est « absolument » certaine d'avoir découvert la ville biblique de Bethsaïda, où Jésus a accompli de nombreux miracles. Le site, situé sur les rives du lac de Tibériade, est aujourd'hui connu sous le nom d'El-Araj, rapporte le New York Post .

    Cet été, lors de la dixième campagne de fouilles, les archéologues ont mis au jour des lampes, des produits cosmétiques, des pièces de monnaie et de nombreux autres artefacts. Selon Notley, ces découvertes confirment l'hypothèse selon laquelle la cité serait l'ancienne Bethsaïda.

    L'ensemble des pièces collectées dans toute la ville dresse le portrait historique du site antique. À chaque saison, ce portrait se précise, écrit le Dr Notley sur son blog.

    « Tout ce que nous avons mis au jour confirme et soutient cette identification. Rien ne la remet en cause », a déclaré le Dr Notley au Daily Mail.

    La dixième campagne de fouilles, qui vient de s'achever, a permis d'affiner notre compréhension de Bethsaïda, ou Julias, nom que lui donnèrent plus tard les Romains, notamment pour la période du Ier au IIIe siècle de notre ère. Des indices laissent également penser que les vestiges d'un établissement hellénistique se trouvaient sous Bethsaïda.

    Les archéologues ont également découvert de la poterie en grès calcaire et plusieurs lampes hérodiennes intactes, fabriquées exclusivement à Jérusalem avant 70 après J.-C. Ce sont là des indices clairs de la présence juive dans la ville au cours du premier siècle, période durant laquelle elle s'est développée à partir de Bethsaïda pour devenir une cité romaine appelée Julias, écrit Notley.

    Ces découvertes exceptionnelles remettent en question l'idée reçue selon laquelle les habitants de Galilée étaient de pauvres paysans illettrés. Elles suggèrent au contraire que les villes et villages visités par Jésus prospéraient même sous l'occupation romaine.

    Selon la tradition biblique, Jésus guérit un aveugle à Bethsaïda et nourrit des milliers de personnes avec cinq pains et deux poissons. Les apôtres Pierre, André et Philippe étaient originaires de Bethsaïda.

    Les archéologues du Centre d'étude du judaïsme ancien et des origines chrétiennes travaillent à El-Araj depuis 2016. Au fil des années, ils ont découvert des mosaïques, des églises et d'autres bâtiments, ainsi que de nombreux artefacts.

  • Le Linceul de Turin a été pendant des siècles le seul cliché en négatif au monde

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    D'Olivier Bonnassies sur 1000 raisons de croire :

    Le Linceul de Turin a été pendant des siècles la seule image en négatif au monde

    Le concept de « négatif photographique » n’a été inventé qu’au XIXe siècle, quand Nicéphore Niepce a pris la toute première photo. Sur le sel d’argent qu’il avait mis en face de la lentille recevant l’image de sa maison, s’est en effet imprimée une image tout à fait inattendue : les noirs étaient blancs, les gris clairs étaient gris foncé et inversement. On n’avait jamais vu ça, personne n’y avait jamais pensé, et il a fallu trente ans pour trouver un procédé permettant de retrouver une image en positif à partir de ce négatif. Ainsi, avant le XIXe siècle, on ne connaît, dans l’histoire du monde, aucune image d’aucune sorte qui soit en négatif, sauf une seule : celle qui est imprimée sur le Linceul de Turin. Comment expliquer cela ? D’où cette image peut-elle alors venir ? En réalité, seules la Passion et la Résurrection du Christ peuvent expliquer cette image qui est donc une preuve supplémentaire de la vérité de la foi chrétienne.


    Les raisons d'y croire

    • L’image en négatif ne peut avoir une cause humaine, puisque ne pouvant être conçue, elle était inconcevable.

    • Elle ne semble pas non plus avoir une cause naturelle commune, car les mêmes causes produisant les mêmes effets, on retrouverait alors dans l’Histoire d’autres images proches ou comparables... Or, il n’y en a strictement aucune. Absolument rien.

    • N’étant ainsi a priori ni humaine, ni naturelle, la cause de production de l’image du Linceul est donc très logiquement surnaturelle. Et l’argument décisif est que cette représentation, absolument unique et singulière, implique impérativement une cause également unique et singulière.

    • On constate, en plus, que l’image est aussi la seule à décrire admirablement un grand nombre de détails de la Passion du Christ, dont beaucoup étaient inconnus ou inconcevables au Moyen Âge. Tout est donc cohérent avec l’explication de l’authenticité du Linceul.

    • En conclusion, l’événement de la Passion et de la Résurrection du Christ apparaît comme le seul événement absolument singulier qui explique de façon rationnelle, cohérente et logique la production de cette image unique.


    En savoir plus

    L’Association Marie de Nazareth a publié à ce sujet une petite étude, une vidéo YouTube et une présentation  montrant que tous les autres éléments du dossier (500 000 heures d’analyses scientifiques de haut niveau, les analyses historiques, le test au carbone 14, les témoignages, les raisonnements) collent parfaitement avec cette conclusion, et qu’aucune autre n’est possible. Cette singularité absolue du Linceul supposant une cause, elle aussi, absolument singulière permet vraiment de conclure avec certitude, au-delà de tout doute raisonnable.

    Avant le Linceul, bien des éléments attestaient déjà de la Résurrection du Christ  :

    • Le témoignage des apôtres qui n’ont jamais renié, jusqu’au martyre.

    • Le témoignage des cinq cents autres témoins, et de tous les disciples qui les ont suivis sans hésiter.

    • Toute la période de la naissance de l’Église jusqu’à la conversion de l’Empire romain, qui ne peut s’expliquer autrement que par la foi en la Résurrection du Christ.

    • Et les innombrables apparitions et interventions du Christ, de sa Mère et des saints, à chaque époque de l’Histoire, par lesquelles sans cesse Jésus se révèle toujours vivant, etc.

    Il n’y a cependant qu’une seule preuve matérielle et il ne pouvait y en avoir qu’une seule. Pourquoi ?

    • Parce qu’au moment décisif, et singulier entre tous, où le corps physique, terrestre, du Christ est transformé en corps glorieux, il n’y avait qu’un seul objet matériel à proximité immédiate du Christ : le Linceul qui l’entourait. Il ne pouvait donc y avoir d’autre élément matériel que celui-ci...

    En conclusion, ce Linceul est bien un signe matériel incontestable de la vérité de la Passion et de la Résurrection du Christ, qui est offert providentiellement à notre époque déboussolée. N’oublions pas ce cadeau de Dieu : parlons-en autour de nous et faisons-le connaître ! À lui seul, ce linge devrait changer le monde !

    Olivier Bonnassies


    Au delà

    Le Linceul de Turin est un miroir des souffrances et de la Passion du Christ : son étude est bouleversante, et beaucoup de ceux qui ont pris le temps de rechercher la vérité sur ce linge en ont été très touchés.


    Aller plus loin

    Jean-Christian Petitfils, Le Saint Suaire de Turin – l’enquête définitive, Tallandier, 2022. Celui-ci conclut de même, sans équivoque.


    En complément

    ... et aussi de nombreuses contributions sur ce site

  • Léon XIV en France : un engouement qui mérite d'être relativisé

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    La visite de Léon XIV mobilise fort dans son univers : inscriptions gratuites proches du million au total, Stade de France complet pour les jeunes (~80 000), plusieurs centaines de milliers attendus pour la messe de la Concorde/Champs-Élysées. C’est impressionnant pour un événement religieux en France sécularisée, et cela montre que le catholicisme conserve une capacité de rassemblement.

    L’engouement est réel, mais il concerne avant tout le noyau pratiquant et reste à relativiser dans une France profondément sécularisée.

    La visite de Léon XIV (25-28 septembre 2026 : Paris, Saint-Denis, Lourdes, Metz) mobilise clairement. Les inscriptions atteignent des niveaux élevés : le Stade de France est complet pour la veillée des jeunes (~80 000), la messe place de la Concorde/Champs-Élysées dépasse déjà les 400 000-450 000 inscrits (objectif autour de 500 000), Lourdes approche sa jauge, et le total des inscriptions frôle ou dépasse le million tous sites confondus. Les organisateurs parlent d’un « engouement surprise » et d’une « soif spirituelle ». C’est la première visite d’État d’un pape en France depuis Benoît XVI en 2008, ce qui contribue à l’effet d’événement.

    Des chiffres à mettre en perspective

    En France, environ 46 % des adultes se déclarent encore catholiques (affiliation culturelle ou identitaire en baisse depuis des décennies). Mais la pratique régulière est beaucoup plus restreinte : selon les enquêtes Ifop récentes (2025), environ 5,5 % des adultes vont à la messe au moins une fois par mois (~3 millions de personnes), et la pratique dominicale stricte se situe plutôt entre 1,5 et 2 %. Le « noyau dur » engagé (pratiquants + occasionnels actifs dans la vie paroissiale ou caritative) tourne autour de 12 % ou un peu moins.

    Dans ce contexte :

    • 400 000 à 500 000 personnes à la messe de Paris représentent une mobilisation très forte du monde catholique pratiquant et sympathisant, pas un raz-de-marée sociétal.
    • C’est du même ordre de grandeur que la messe de Benoît XVI aux Invalides en 2008 (~260 000). Les papes attirent toujours une foule importante quand ils viennent, surtout pour des grands rassemblements gratuits et médiatisés.
    • Le reste de la population (majoritairement sans religion ou indifférente) regarde cela de loin, avec de la curiosité culturelle ou indifférence. La France n’est plus la « fille aînée de l’Église » dans les faits.

    Dynamiques contradictoires

    Il y a des signaux positifs côté Église : hausse marquée des baptêmes d’adultes et d’adolescents ces dernières années, un certain renouveau chez les jeunes pratiquants plus engagés, et une capacité de mobilisation intacte pour les grands événements. Mais cela ne compense pas le déclin structurel (baisse des baptêmes d’enfants, des mariages religieux, des ordinations, des donateurs au denier, etc.). Les historiens et sociologues du religieux rappellent régulièrement que ces pics d’enthousiasme ne contredisent pas la sécularisation de fond.

    En résumé : l’engouement est authentique et révélateur d’une vitalité résiduelle (et parfois surprenante) du catholicisme français. Il mérite d’être salué comme tel. Mais le présenter comme un tournant majeur de la société française serait excessif. C’est surtout la démonstration que le noyau catholique reste capable de se mobiliser massivement quand le successeur de Pierre vient — ce qui n’est ni négligeable, ni un renversement de tendance.

  • Saint Nicolas de Tolentino (10 septembre)

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    Saint Nicolas de Tolentino

    De SPIRITUALITÉ SUR RADIO-SILENCE :

    (Quelques Saints du Mois par Paulette Leblanc)

    St Nicolas de Tolentino (vers 1245-1305 ou 1310)

    Nicolas dit de Tolentino, ainsi appelé en raison de son long séjour dans cette localité, naquit dans le bourg de Saint-Ange proche de Fermo, ville italienne de la région des Marches, située à 67 km au sud de Lancône. Ses parents, Compagnonus de Guarutti et Amata de Guidiani, très pieux, se désolaient de ne pas avoir d'enfant ; aussi firent-ils un pèlerinage à Bari, au sanctuaire de Saint Nicolas de Myre, le priant d'intercéder auprès de Dieu pour qu'ils aient un fils. Et ce fils leur fut accordé. Et ce fils naquit vers 1245. Et il reçut le nom de Nicolas.

    La naissance de Nicolas avait été exceptionnelle. Sa jeunesse, pour autant qu'on le sache, le fut également. Ainsi, dès sa plus tendre enfance, Nicolas manifesta de nombreuses vertus. À peine âgé de sept ans, imitant, dit-on, son saint patron, saint Nicolas de Myre, il commença à jeûner trois fois par semaine, se contentant de pain et d’eau.

    Un jour, Nicolas jeune adolescent, s’enrôla dans la milice ecclésiastique, les chanoines, et fut pourvu d’un canonicat. Bientôt, un jour qu’il assistait au sermon qu’un prédicateur de l’Ordre des Ermites de saint Augustin sur le mépris du monde, il fut profondément touché, et immédiatement il entra dans cet Ordre. On pense qu'il avait environ 16 ans. Nicolas, Ermite de Saint Augustin observait les préceptes de la vie religieuse dans leur plus rigoureuse exactitude, pratiquant les grandes vertus chrétiennes et les mortifications autorisées, tout en illuminant ses frères par son humilité et sa grande charité.

    Nicolas fut bientôt envoyé dans plusieurs couvents de son ordre, pour se former à cette vie d'ermite et il devint prêtre au couvent de Cingole. En 1279, il fut envoyé à Tolentino. Là, il dut s'occuper de la catéchèse tant des enfants que des adultes ignorants. Il devait aussi prêcher la Parole de Dieu, confesser, et convaincre les cœurs les plus rebelles à la Loi de Dieu. Ses sermons embrasaient les plus indifférents du feu de l'amour divin ; sa douceur ramenait les plus désespérés dans la voie du salut. Malgré ses nombreuses tâches, Nicolas demeurait toujours absorbé en Dieu, uni aux souffrances de Jésus. Parfois, pendant qu'il disait sa messe, son visage rayonnait malgré les larmes qui inondaient ses yeux. Quand il travaillait, on croyait voir un ange tant le feu divin brûlait dans sa poitrine. Pendant les trente années qu'il passa à Tolentino, son zèle pour le salut des âmes obtint de nombreuses conversions. Comme nous l'avons vu, Nicolas de Tolentino fut favorisé de visions et de miracles ; et le démon le tourmentait souvent.

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  • Les médias francophones belges : un paysage largement dominé par le progressisme de gauche

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    Les médias francophones belges : un paysage largement dominé par le progressisme de gauche

    En Wallonie et à Bruxelles, le paysage médiatique mainstream présente une orientation clairement progressiste à centre-gauche. Ce constat, longtemps contesté ou relativisé, s’appuie sur l’analyse des lignes éditoriales, du profil des rédactions, de la sélection des sujets et de la place accordée aux différentes sensibilités politiques.

    Les grands acteurs

    La RTBF, service public audiovisuel, est régulièrement accusée d’un tropisme progressiste. Choix des thèmes (immigration, questions de genre, écologie, justice sociale), sélection des invités et cadrage des débats y sont souvent perçus comme favorables aux grilles de lecture de gauche. Le cordon sanitaire médiatique, appliqué strictement depuis 1991, y interdit la parole en direct aux représentants d’extrême droite.

    Le Soir, grand quotidien de référence du groupe Rossel, s’inscrit explicitement dans une ligne progressiste et social-démocrate. Il constitue le titre le plus clairement ancré à gauche parmi les quotidiens généralistes.

    La Libre Belgique, historiquement centre-droit et chrétienne-démocrate, s’est recentrée depuis la fin des années 1990. Elle reste un peu moins progressiste que Le Soir sur certains sujets, mais s’inscrit largement dans le même continuum idéologique dominant. Elle n’offre pas de contrepoint conservateur ou libéral-conservateur significatif.

    Avec la fusion Rossel-IPM, autorisée en juillet 2026 sous conditions, le groupe Rossel contrôle désormais la quasi-totalité de la presse quotidienne francophone (Le Soir, La Libre, La DH, L’Avenir et les titres Sudinfo). Cette concentration renforce encore l’homogénéité éditoriale d’un marché déjà étroit.

    Les exceptions limitées

    Quelques titres se distinguent partiellement. L’Echo défend plus clairement un libéralisme économique (compétitivité, critique de la dépense publique excessive). C’est le média le plus proche d’un positionnement centre-droit sur le plan économique, tout en restant prudent sur les questions sociétales.

    Du côté des pure players, 21 News, lancé en 2024 et lié à des sensibilités du MR, constitue l’initiative la plus explicite pour offrir un espace de droite ou de centre-droit. Son audience demeure toutefois limitée face aux grands médias traditionnels.

    Facteurs structurels

    Plusieurs éléments expliquent cette configuration :

    • Le profil des journalistes, qui se situent en moyenne plus à gauche ou centre-gauche que la population générale.
    • La disparition progressive des anciens médias d’opinion clairement ancrés à droite.
    • Le cordon sanitaire médiatique, qui, s’il cible d’abord l’extrême droite, contribue à un climat où certaines positions conservatrices sont traitées avec une défiance a priori.
    • La concentration économique, qui réduit la diversité des lignes éditoriales.

    Conséquences pour le pluralisme

    Le résultat est un déséquilibre net. Les sensibilités progressistes et centre-gauche disposent d’un accès large et structurant au débat public. Les opinions de centre-droit ou de droite (qu’elles portent sur l’économie, la sécurité, l’immigration, l’identité ou les questions sociétales) restent sous-représentées dans les médias qui touchent le plus large public.

    Ce constat ne signifie pas l’absence totale de pluralisme, ni une censure organisée. Il décrit une réalité structurelle : en Belgique francophone, le spectre médiatique mainstream s’étend principalement du centre-gauche progressiste au centre, avec très peu d’espace pour des voix clairement situées plus à droite.

  • « Ne sacrifiez pas votre jeunesse sur l'autel des plaisirs illusoires et de la superficialité. » (Léon XIV)

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    MESSAGE VIDÉO DU PAPE LÉON XIV
    À L’OCCASION DE LA PREMIÈRE ÉDITION DES JOURNÉES DE LA JEUNESSE DE L’AFRIQUE DE L’OUEST
    [7 - 12 septembre 2026]


    Chers jeunes,

    La paix soit avec vous !

    Je suis heureux de me joindre à vous en cette joyeuse occasion de la première Journée de la Jeunesse de l’Afrique de l’Ouest. Je me réjouis de cette belle initiative des Conférences épiscopales de vos pays, qui ont placé les jeunes au cœur de leurs priorités pastorales. Je suis convaincu que ces moments puissants passés ensemble vous aideront à grandir dans la foi et à vous enrichir toujours plus profondément de valeurs telles que la rencontre et l’ouverture aux autres.

    À une époque où tant de crises semblent obscurcir votre horizon, je souhaite vous encourager à avancer sans perdre espoir. Je sais combien le poids du doute, de l’incertitude et, parfois, de l’insécurité peut peser lourdement sur vos épaules et bouleverser vos projets d’avenir.

    Cependant, vous n’êtes pas une jeunesse sacrifiée comme beaucoup peuvent le penser. Dans l’Église-Famille de Dieu, vous êtes l’aujourd’hui de Dieu, l’aujourd’hui de l’Église ! Comme le disait le Pape Benoît XVI, « vous êtes riches de qualités, d’énergies, de rêves et d’espérances, des ressources que vous possédez en abondance. Votre jeunesse est un trésor inestimable, non seulement pour vous-mêmes, mais aussi pour les autres, pour l’Église et pour le monde » (Message à l’occasion de la XXV Journée Mondiale de la Jeunesse, 22 février 2010).

    L’un des défis auxquels vous êtes confrontés est celui de marcher ensemble pour contribuer à un changement positif dans vos sociétés. Marcher ensemble signifie veiller à ce que personne ne soit marginalisé, isolé, exclu ou rejeté. Soyez des bâtisseurs de ponts entre les peuples, les cultures et les religions. Nous devons nous engager à vivre comme Jésus, notre Maître et Seigneur, a vécu, lui qui n’a exclu personne de son chemin. Il a reconnu la présence de Dieu en ceux qui vivaient aux marges de la société, même en ceux qui n’appartenaient pas à son propre peuple.

    Chers jeunes, je compte sur vous et je vous fais confiance, l’Église vous fait confiance. Par vos paroles et vos actions, donnez un message fort à notre monde traversé de guerres et de conflits de toutes sortes. Soyez les témoins de l’amour, de la justice, de la paix. Ne sacrifiez pas votre jeunesse si précieuse sur l’autel des plaisirs factices et de la superficialité. En effet, « nos questions les plus profondes ne trouvent ni écoute ni réponse dans le défilement infini sur notre téléphone portable, qui capte notre attention tout en laissant notre esprit fatigué et notre cœur vide. Elles ne nous mènent pas loin si nous les gardons enfermées en nous-mêmes ou dans des cercles trop restreints. La réalisation de nos désirs authentiques passe toujours par le fait de sortir de nous-mêmes » (Message pour la XL Journée Mondiale de la Jeunesse, 7 octobre 2025).

    Je vous confie à la Vierge Marie, Reine de la Paix, en pensant particulièrement à ceux de vos pays qui, parfois, font face à des crises complexes. Qu’elle intercède auprès de son Fils, Jésus-Christ, pour le développement humain intégral de vos chères nations. Sur vous, sur le clergé et sur tous ceux qui œuvrent auprès des jeunes, j’invoque une abondance de grâces divines.

    Et maintenant je vous donne de tout mon cœur la Bénédiction :

    Que le Seigneur vous garde toujours dans son amour.

    Le Seigneur soit avec vous. Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.

  • Un nouveau rapport indique que plus de 3000 chrétiens ont été tués au Nigéria en seulement huit mois en 2026.

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    De Ngala Killian Chimtom sur le CWR :

    Un nouveau rapport indique que plus de 3000 chrétiens ont été tués au Nigéria en seulement huit mois en 2026.

    La Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit, Intersociety, affirme que juillet et août ont peut-être été les mois les plus meurtriers de 2026, avec 437 chrétiens tués et 393 enlevés.

    Un nouveau rapport alarmant affirme qu'au moins 3 083 chrétiens ont été tués et 3 193 enlevés lors d'attaques qui auraient été perpétrées par des groupes djihadistes au Nigéria entre janvier et août de cette année.

    Le rapport, publié dimanche par la Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit (Intersociety), souligne que juillet et août ont peut-être été les mois les plus meurtriers de 2026, avec 437 chrétiens tués et 393 enlevés.

    Des chiffres stupéfiants

    Outre les meurtres et les enlèvements, le rapport révèle également que 400 églises ont été attaquées et que 25 prêtres et pasteurs ont été tués ou enlevés.

    D'après ce rapport, la plupart des meurtres et des enlèvements ont eu lieu dans la ceinture centrale du Nigeria, une région où la population majoritairement musulmane du nord rencontre la population majoritairement chrétienne du sud.

    Le diocèse de Wukari, dans l'État de Taraba, a enregistré à lui seul un nombre alarmant d'atrocités : environ 239 édifices religieux ont été attaqués ou détruits entre septembre 2025 et août 2026, et près de 100 000 paroissiens ont été déracinés et contraints de fuir leurs communautés. De plus, plus de 200 communautés chrétiennes ont été pillées et leurs habitants déplacés. Seize prêtres catholiques ont été contraints à l'exil, et les résidences de huit autres ont été détruites.

    Le rapport indique en outre que l'Église des Frères au Nigéria et l'Église chrétienne réformée universelle ont collectivement perdu plus de 27 000 membres et des milliers d'églises à cause d'attaques depuis juillet 2009.

    En 2020, l'Église des Frères au Nigéria a déclaré avoir perdu plus de 8 600 membres et des centaines de lieux de culte de district à cause de Boko Haram. De même, l'Église chrétienne réformée universelle a annoncé avoir perdu 5 987 de ses membres et 753 églises.

    Le dernier rapport d'Intersociety dresse un tableau plus large de ce que l'organisation considère comme la violence à motivation religieuse au Nigéria.

    Depuis 2009, date à laquelle Boko Haram a lancé sa campagne meurtrière pour créer un califat à travers le Sahel, au moins 19 800 églises ont été attaquées.

    Emeka Umeagbalasi, chercheur principal et directeur d'Intersociety, a déclaré à CWR que le nombre de chrétiens tués au Nigéria depuis 2009 a atteint le chiffre effarant de 130 783. M. Umeagbalasi, catholique fervent, a ajouté qu'au moins 82 603 chrétiens ont été enlevés ou kidnappés durant cette période. Il prévient qu'il existe 20 % de chances que ces victimes ne reviennent jamais vivantes auprès de leurs familles ni ne renouent avec leur foi.

    L’islamisation et la question du « génocide »

    Des organisations internationales de surveillance des persécutions ont averti que les chrétiens du Nigéria sont confrontés à un programme d'islamisation.

    « Le Nigeria est depuis plusieurs années l'endroit le plus violent au monde pour les disciples de Jésus », affirme Portes Ouvertes, expliquant que l'imposition de la charia dans 12 États du nord rend la vie des chrétiens nigérians de plus en plus précaire.

    L’organisation Global Christian Relief décrit le Nigeria comme « un épicentre mondial du martyre des chrétiens », expliquant que chaque année, au moins 4 000 chrétiens sont tués par des organisations extrémistes au Nigeria, un chiffre « qui dépasse souvent le total cumulé des décès de chrétiens persécutés dans le reste du monde ».

    Au Nigéria et dans le monde entier, les responsables religieux et civils ont présenté des points de vue contrastés sur la situation des chrétiens dans ce pays qui compte environ 113 millions de chrétiens.

    En septembre dernier, l'humoriste et animateur de télévision américain Bill Maher a déclaré sans ambages que les chrétiens nigérians étaient victimes d'un « génocide ». Il a affirmé que le groupe Boko Haram avait « tué plus de 100 000 personnes depuis 2009 et incendié 18 000 églises ».

    Le sénateur américain Ted Cruz a dressé un constat similaire, écrivant sur X que « depuis 2009, plus de 50 000 chrétiens ont été massacrés au Nigéria, et plus de 18 000 églises et 2 000 écoles chrétiennes ont été détruites ».

    L’homme politique américain a accusé les autorités nigérianes d’« ignorer, voire de faciliter, le massacre de chrétiens par des djihadistes islamistes… »

    Le président Donald Trump, reprenant ces propos, a décrit le Nigeria comme un « pays déshonoré », affirmant que le gouvernement « continue de permettre le meurtre de chrétiens ».

    Même les Nations Unies ont indiqué que les violences au Nigéria ciblent principalement les chrétiens. Le 8 juin 2026, des experts de l'ONU ont mis en garde contre les violations des droits des femmes et des filles issues des communautés chrétiennes et d'autres minorités religieuses.

    Citant les lois de la charia en vigueur dans 12 États du nord, ainsi que l'application des codes sur le blasphème, les experts ont noté que « la violence visant les chrétiens et les autres minorités religieuses reste endémique ».

    « Nous sommes particulièrement alarmés par les risques très spécifiques et accrus de discrimination, de violence et d’exploitation auxquels sont exposées les femmes et les filles chrétiennes, alors que nous continuons de documenter de graves cas de violence sexuelle, d’enlèvements, d’actes assimilables à des disparitions forcées, de conversions forcées et de mariages d’enfants parmi elles », ont déclaré les experts.

     « Dans de nombreux cas, ceux qui résistent seraient menacés, punis, portés disparus ou tués », ont-ils ajouté.

    Mais le gouvernement nigérian a répliqué, arguant que « les terroristes attaquent tous ceux qui rejettent leur idéologie meurtrière – musulmans, chrétiens et personnes sans confession indifférents ».

    Les rapports d'Intersociety suggèrent cette contradiction : entre 2009 et mars 2026, 128 750 chrétiens ont été tués, et 61 400 musulmans modérés ont été tués.

    Durant cette même période, 81 100 chrétiens et 50 000 musulmans modérés ont été enlevés.

    Bien que des musulmans modérés aient également été victimes d'attaques djihadistes, l'évêque Wilfred Chikpa Anagbe de Makurdi affirme qu'il n'y a aucune ambiguïté, insistant sur le fait que ce qui se passe au Nigeria est un génocide contre les chrétiens.

    « L’élimination totale de la population chrétienne est en cours. C’est un génocide perpétré par des djihadistes », avertit l’évêque Anagbe.

    Son diocèse dans l'État de Benue, où 98 % de la population est chrétienne, est devenu un foyer de violence.

    Mgr Anagbe décrit une campagne implacable au cours de laquelle des djihadistes massacrent des civils, rasent des églises et incendient des terres agricoles, forçant les communautés à quitter leurs foyers pour occuper les terres.

    Il qualifie cela de « stratégie calculée d’islamisation ». Pour illustrer l’horreur, il a mis en lumière le massacre de Yelewata : environ 200 personnes ont été tuées, dont beaucoup brûlées vives dans une pièce fermée à clé, parmi lesquelles deux bébés de seulement trois et cinq mois.

    Umeagbalasi a déclaré à CWR que si la tendance actuelle se poursuit, le christianisme pourrait disparaître du Nigeria au cours des 100 prochaines années.

    « C’est un génocide, quelle que soit la définition », a-t-il déclaré.


  • Béatification de Fulton Sheen (suite) : au-delà des cclichés, la leçon du « communicateur »

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    De Marie-Lucile Kubacki sur le site de l'Agence Fides :

    BÉATIFICATION DE FULTON SHEEN/II - Au-delà des clichés. La leçon du « communicateur » Fulton Sheen

    7 septembre 2026 
     

    Foundation Archbishop Fulton Sheen

    New York (Agence Fides) - Le futur bienheureux n’a pas conquis l’Amérique uniquement grâce à l’essor de la télévision. Sa popularité est née de la rencontre entre une formation théologique rigoureuse, un langage ancré dans la vie quotidienne et une attention portée aux questions concrètes d’un très large public.

    Lorsque Fulton J. Sheen fit sa première apparition à la télévision, le 12 février 1952, ce nouveau média faisait son entrée dans les foyers américains et commençait à modifier les habitudes et le rythme de vie des familles. Son émission, intitulée de manière significative *Life Is Worth Living* (« La vie vaut la peine d’être vécue »), était diffusée dans une tranche horaire très disputée, face à des émissions de divertissement animées par Milton Berle et Frank Sinatra.

    À première vue, le défi semblait démesuré : pas de variétés, pas de décors spectaculaires, pas de défilé d’invités. Juste un Évêque, un bureau, quelques livres, une statue de la Vierge à l’Enfant et, parfois, un tableau noir. Une austérité presque provocatrice.

    Et pourtant, comme le retrace Thomas Reeves dans *America's Bishop: The Life and Times of Fulton J. Sheen* (Encounter Books, San Francisco, 2001), en quelques semaines, l’émission devint un phénomène national. La chaîne DuMont recevait des milliers de lettres chaque semaine ; les demandes pour assister aux enregistrements dépassaient largement le nombre de places disponibles ; l’émission s’étendit rapidement à de nouvelles chaînes. En 1952, Sheen remporta l’Emmy de la personnalité télévisuelle de l’année, devançant des figures déjà bien établies du monde du spectacle américain. Dans son discours de remerciement, il lança : « Je tiens à remercier mes quatre auteurs : Matthieu, Marc, Luc et Jean », dit-il en citant les noms des quatre évangélistes.

    Le « phénomène Fulton Sheen » ne s’explique toutefois pas uniquement par le charme d’une personnalité naturellement « télévisuelle », par sa voix unique, par son regard dirigé vers la caméra ou par une présence scénique acquise au fil de décennies de prédication. Le média offrait une opportunité extraordinaire ; ce qui a rendu son succès durable, c’est la substance de ses propos.

    La simplicité n'est pas du simplisme, mais le fruit d'un travail intense

    Sheen n'a pas considéré la télévision comme un raccourci pour rendre le christianisme plus « à la mode ». Il l'a plutôt perçue comme un espace où la foi pouvait affronter, avec intelligence et sans crainte, les inquiétudes de la modernité.

    Si chacune de ses interventions semblait couler comme l'eau d'une rivière, c'était le fruit d'un travail constant. Pour les émissions de radio des années 1930, il estimait consacrer entre quarante et soixante heures de préparation, raconte Reeves ; pour chaque épisode télévisé, il en consacrait environ trente. « Être un bon orateur », expliquait-il, « c’est à dix pour cent de l’exposé et à quatre-vingt-dix pour cent de la réflexion, de l’étude, de l’effort et du travail acharné ». Il ne lisait pas de texte devant les caméras et ne recourait pas à des souffleurs : il élaborait de nombreux plans, les revoyait et les éliminait jusqu’à ce que la structure du sujet lui soit devenue familière au plus profond de lui-même. C’est de là que provenait ce naturel que de nombreux téléspectateurs prenaient pour de l’improvisation.

    Avant le petit écran, il y avait eu la radio. Sheen y fit ses débuts dès 1928 et, à partir de 1930, il devint une voix régulière de l’émission « Catholic Hour », une émission nationale diffusée aux États-Unis pour faire connaître la doctrine catholique et favoriser des relations plus cordiales entre les différentes communautés religieuses. Ses discours, préalablement soumis à l’examen des autorités ecclésiastiques, étaient brefs mais d’une grande densité. En 1933, l’émission était diffusée par 54 stations de la NBC ; elle recevait environ trois mille lettres par mois et plus de 1,3 million d’exemplaires imprimés des interventions avaient déjà été distribués. En 1940, le nombre de stations était passé à 106 et les rééditions des discours de l’intégralité de la série avaient atteint des millions d’exemplaires.

    Malheureusement, l’émission de radio de Sheen n’offrait ni évasion ni « divertissement » facile. Elle abordait la crise économique, la liberté, la dignité du travail, la guerre, la paix, la souffrance, le rapport entre foi et raison, ainsi que les idéologies de son époque. En examinant le fascisme et le communisme, par exemple, il mettait en lumière un trait commun : tous deux tendaient à absorber l’individu dans l’État et à le priver, progressivement, de sa liberté et de sa responsabilité. Ses propos pouvaient être vigoureux et reflétaient les polémiques de l’époque, mais le fil conducteur était la défense de l’homme en tant que créature appelée par Dieu, et non en tant que rouage d’un pouvoir politique ou économique.

    Le véritable acteur de l'évangélisation n'est pas l'animateur vedette, mais le Saint-Esprit

    Ce choix a également marqué la télévision.

    « Life Is Worth Living » n’était pas conçu comme un cours de catéchisme destiné à un public déjà convaincu. Avant chaque intervention, il se posait deux questions : quel était le but de l’émission et quelle impression en retireraient les non-catholiques ? À la première, il répondait par les paroles de saint Paul : annoncer « le Christ, et le Christ crucifié ». Quant à la seconde, il y voyait une responsabilité culturelle précise : ne pas répondre aux caricatures du catholicisme par l’autodéfense, mais en montrer de l’intérieur la réalité et le bien-fondé.

    Sheen décrivait sa méthode en ces termes : « En partant de ce que le public et moi avions en commun, je passais progressivement du connu à l’inconnu, c’est-à-dire à la philosophie morale et chrétienne. » C’est pourquoi il ne cherchait pas à forcer les adhésions. « Il n’y a jamais eu de tentative de ce qu’on pourrait appeler du prosélytisme », observait-il ; il appartenait à l’auditeur de reconnaître si ce qu’il entendait correspondait à un manque, à une question, à un besoin présent dans sa propre existence. La lumière qui pouvait atteindre une personne, ajoutait-il, était l’œuvre de l’Esprit, et non de Sheen.

    Le point de départ était souvent étonnamment concret. Il parlait de la fatigue et de la manière de la surmonter ; de l’ennui au travail ; de l’éducation des adolescents ; de la solitude ; du caractère ; de la liberté ; de l’angoisse engendrée par la guerre et la menace atomique. Il commençait souvent par une anecdote ou une boutade, parfois délibérément simple, pour briser la distance entre l’Évêque et ceux qui étaient assis chez eux. Puis le discours changeait de ton : de l’ironie, il passait au diagnostic moral, de l’expérience quotidienne à la question du destin de l’homme, jusqu’à la proposition chrétienne. C’était une manière de reconnaître que l’annonce de l’Évangile s’adresse à des personnes qui ont chacune leur histoire et leurs propres questions. Face à ces questions, Sheen ne réduisait pas l’horizon de la foi à un répertoire de conseils psychologiques à la va-vite ; il prenait le temps d’écouter et montrait que les sacrements, la prière, la vie morale et la grâce sont au cœur d’une vie épanouie. Sa formule de conclusion, « God love you », après avoir évoqué les conflits, les échecs et les inquiétudes, laissait le spectateur dans une attitude de contemplation de la miséricorde de Dieu.

    Il est possible de toucher un large public en recourant à des références théologiques et culturelles élevées.

    Fulton Sheen avait reçu une formation complète. Professeur de philosophie à l’Université catholique d’Amérique, formé également à Louvain, il possédait une solide connaissance de la tradition thomiste. Sa réflexion s’inspirait de la métaphysique et de l’anthropologie chrétiennes, de la doctrine de la création, de la reconnaissance de la réalité du péché originel, de la liberté personnelle et de la vocation transcendante de l’homme. Dans ses ouvrages et ses émissions, Saint Thomas d’Aquin était la clé permettant de distinguer la raison du réductionnisme, la liberté de l’arbitraire, l’espérance de l’utopie politique.

    Mais sa culture ne se limitait pas au seul domaine théologique. Pour toucher un public diversifié, Sheen savait faire appel à une vaste constellation de références littéraires, historiques, philosophiques et scientifiques, avec une grande rigueur. Le rapprochement avec G. K. Chesterton, qui lui valut en Angleterre le surnom de « Chesterton américain », met en évidence l’une de ses affinités les plus manifestes : le goût du paradoxe, une apologétique capable d’émerveillement, la conviction que le christianisme ne restreint pas le réel mais le rend plus intelligible. Dans ses interventions figuraient également Platon et Aristote, Saint Augustin et Dante Alighieri, Blaise Pascal et John Henry Newman, Shakespeare et Charles Dickens, ainsi que des figures de la pensée moderne telles que Søren Kierkegaard ou Karl Gustav Jung. Lorsqu’il abordait les thèmes de la science, de la technique et de la guerre atomique, il n’hésitait pas à citer ou à évoquer Démocrite, Albert Einstein, Leo Szilard, le physicien et astronome James Jeans, le généticien Hermann J. Muller, Winston Churchill et même Alexandre le Grand…

    Cette richesse de références n'avait rien d'une démonstration érudite de « name dropping ». Sheen utilisait la culture comme un pont. Il faisait comprendre à son auditoire que la foi chrétienne pouvait dialoguer avec la philosophie antique, la littérature, la recherche scientifique et le drame politique du XXe siècle. Il partait du principe qu’un public populaire pouvait être initié à des questions complexes si le communicateur respectait son intelligence et trouvait les mots, les images et les passages capables de l’accompagner. Une approche diamétralement opposée à celle d’une communication soi-disant « moderne », façonnée par les réseaux sociaux, qui mise sur les slogans et les phrases chocs, et évalue le succès d’un article ou d’une émission au seul critère du nombre de clics. En effet, Sheen n’aimait pas les slogans ni les clichés.

    La communication de masse et la rencontre avec l'individu

    Le succès de Sheen reposait également sur le dialogue et la rencontre. À l’époque de « Catholic Hour », l’émission prévoyait un long créneau réservé aux questions posées par les auditeurs présents en studio et aux réponses données à brûle-pourpoint. Les lettres arrivaient, contenant des demandes d’éclaircissements, des questions personnelles, des interrogations sur la foi et des appels à l’aide. Dans les années 1940, l’énorme volume de correspondance nécessitait des secrétaires et du personnel dédié ; Sheen dictait chaque jour des centaines de réponses. Il consacrait du temps personnel aux personnes qui demandaient une instruction religieuse, souvent pendant des dizaines d’heures. À ses yeux, la communication de masse ne remplaçait pas la rencontre avec l’individu. Bien au contraire. Elle partait de la rencontre avec l’individu, et c’est précisément cette rencontre qui touchait la masse grâce au charme qui se dégageait de l’authenticité de ces rencontres singulières, c’est-à-dire de son expérience médiatique et pastorale.

    Toute son œuvre et ses activités trouvaient leur source dans une véritable vie de prière et d’intimité avec Dieu. Avant de passer à l’antenne, Sheen s’arrêtait en silence pour prier. Puis il entrait en scène avec une discipline presque théâtrale : des temps maîtrisés, des gestes sobres, des pauses étudiées, l’emploi de la voix, le regard tourné directement vers la caméra. Pour lui, la caméra était le seuil d’une maison, et donc d’une conscience. Sa capacité à « s’adresser à tous » découlait de son choix de n’humilier personne par des formules toutes faites ou des oppositions identitaires. Parce qu’il avait une haute considération de la mission, il estimait que le communicateur chrétien ne vend pas un produit ni ne travaille pour sa propre gloire, mais annonce le Christ… ce qui implique d’être encore plus exigeant envers soi-même afin de ne pas entraver la force d’attraction du Ressuscité.

    Les recettes et la visibilité des émissions étaient liées au soutien des œuvres missionnaires par le biais de l’Œuvre Pontificale pour la Propagation de la Foi (Society for the Propagation of the Faith).
    L’essor de la télévision a permis à Fulton Sheen d’entrer dans des millions de foyers. Mais ce n’est pas la technologie, à elle seule, qui lui a valu d’être écouté. Sa voix a trouvé un écho parce qu’il ne traitait pas le public comme une audience à conquérir ni comme une masse à laquelle il suffisait de lancer quelques formules toutes faites, mais comme un ensemble de personnes et de visages à prendre au sérieux : prêts à se laisser interroger, marqués par des questions authentiques, ouverts à la vérité

    C’est peut-être dans cette alliance entre rigueur intellectuelle, charisme personnel, foi vécue et attention portée aux inquiétudes du cœur humain que réside la raison la plus profonde de son succès médiatique hors du commun. (Agence Fides (07/09/2026)

    Lire également : Béatifié et « inspirant » : pourquoi les catholiques de la génération Z succombent au charme de Fulton Sheen

  • 10 ans après Amoris Laetitia : en revenir au magistère

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    De l'abbé Claude Barthe sur Res Novae :

    Revenir au magistère

    Il y a dix ans, le sabordage de l’enseignement moral

    Humanæ vitæ, en 1968, avait représenté un événement insolite au milieu du climat libéral établi par Vatican II. Il souleva d’ailleurs une contestation intense. Alors que ce concile, présidé par Paul VI, avait ouvert l’ecclésiologie au catholicisme libéral (œcuménisme, liberté religieuse, dialogue avec les religions), le même Paul VI, à l’étonnement général, s’était refusé à libéraliser la doctrine du mariage et avait condamné la contraception. Ce qu’on a appelé la « restauration » des pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI, selon le terme employé par Joseph Ratzinger dans son Entretien sur la foi, qui était une tentative d’interprétation modérée du Concile, s’est ainsi cristallisée sur cette relative résistance de l’enseignement moral (Veritatis splendor en 1993). Résistance fragile, qui se croyait obligée de lâcher du lest (la théologie du corps de Jean-Paul II) et surtout qui se refusait à s’appuyer sur le magistère infaillible : malgré des requêtes répétées, jamais l’enseignement d’Humanæ vitæ n’a été donné comme définitif, l’horizon « pastoral » du Concile restant indépassable.

    Quoi qu’il en soit, Amoris lætitia, en 2016, a fait sauter ce barrage moral et s’est ouverte une nouvelle phase du post-Concile. Ce qui comporte d’ailleurs un aspect positif : le temps des demi-mesures est passé.

    Le chapitre VIII d’Amoris lætitia

    Avec Amoris lætitia, du 19 mars 2016, le pape Bergoglio a en quelque sorte dépénalisé l’adultère, les relations propres au mariage avec un autre que son conjoint, sous certaines conditions. Le VIIIème chapitre de l’exhortation apostolique, « Accompagner, discerner et intégrer la fragilité », traite concrètement de la « fragilité » de ceux qui brisent le lien matrimonial et contractent un second mariage. Le pape François y procédait en trois étapes :

    • Il invitait à une pastorale d’« accompagnement » des divorcés remariés fondée sur la gradualité, distinguant l’idéal que représente la norme morale et ce que peuvent concrètement accomplir nombre de chrétiens et qu’il faut prendre en charge par un itinéraire d’accompagnement et de discernement qui « oriente ces fidèles à la prise de conscience de leur situation devant Dieu » [1]. Cet accompagnement se met en place par un « colloque avec le prêtre, dans le for interne, [qui] concourt à la formation d’un jugement correct sur ce qui entrave la possibilité d’une participation plus entière à la vie de l’Église et sur les étapes à accomplir pour la favoriser et la faire grandir » (n. 300).
    • Le pape François exposait ensuite sa proposition doctrinale nouvelle : « Il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite “irrégulière” vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. Les limites n’ont pas à voir uniquement avec une éventuelle méconnaissance de la norme. Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les “valeurs comprises dans la norme” ou peut se trouver dans des conditions concrètes qui ne lui permettent pas d’agir différemment et de prendre d’autres décisions sans une nouvelle faute » (n. 301). C’est le cœur de la nouvelle doctrine morale, qui s’oppose frontalement à l’adage de saint Augustin (Confessions, l. X, c. 29) qu’avait repris le concile de Trente (Dz 1536) : « Dieu ne commande pas de choses impossibles, mais en commandant il t’invite à faire ce que tu peux et à demander ce que tu ne peux pas », adage qui signifie que Dieu donne toujours la grâce nécessaire pour accomplir ce qu’il demande, en l’espèce la fidélité dans le mariage.
    • Le pape François tirait les conséquences de cette affirmation en ce qui concerne la pratique sacramentelle : la fameuse communion accordée aux divorcés remariés, objet de toutes les pressions de la gauche théologique. « À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église » (n. 305).

    Sur quoi une note (la note 351) précise que, tout en restant dans l’adultère, on peut éventuellement recevoir l’absolution sacramentelle et l’Eucharistie : « Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, “aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur” (Evangelii gaudium, n. 44). Je souligne également que l’Eucharistie “n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles” (ibid., n. 47). » 

    Questions de foi sans réponse  

    Quatre cardinaux – Raymond L. Burke, Walter Brandmüller, Carlo Caffara et Joachim Meisner[2] – ont alors présenté au pape François cinq dubia, des questions adressées aux autorités romaines, jadis rédigées de telle sorte qu’elles aient à répondre par oui ou par non, positive ou negative – « que votre oui soit oui et votre non soit non » (Matthieu 5, 37) – quitte à donner une explication sur la réponse. Le principal dubium des cardinaux était : « Après Amoris lætitia n. 301, est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel (cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Déclaration du 24 juin 2000) ? »

    La Déclaration du Conseil pour les Textes législatifs visée par les cardinaux disait en effet : « Recevoir le Corps du Christ en étant publiquement indigne constitue un dommage objectif pour la communion ecclésiale ; c’est un comportement qui attente aux droits de l’Église et de tous les fidèles à vivre en cohérence avec les exigences de cette communion. Dans le cas concret de l’admission à la sainte communion des fidèles divorcés remariés, le scandale, entendu comme une action qui pousse les autres vers le mal, concerne à la fois le sacrement de l’Eucharistie et l’indissolubilité du mariage. […] Le ministre de la distribution de la communion doit se refuser de la donner à qui en est publiquement indigne. »

    Auparavant, alors que le pontificat bergoglien avait commencé et que se dessinait un retournement doctrinal, nous avions posé la même question, mais concernant le sacrement de pénitence, à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : « Un confesseur peut-il donner l’absolution à un pénitent qui, ayant été marié religieusement, a contracté une seconde union après divorce ? » Il s’agissait de permettre à la Congrégation (dont le Préfet était le cardinal Müller et le Secrétaire Mgr Ladaria) d’affirmer que l’enseignement de Familiaris consortio, que nous citerons plus bas, était toujours valable. La Congrégation nous avait répondu le 22 octobre 2014 : « On ne peut absoudre validement un divorcé remarié qui ne prend pas la ferme résolution de ne plus “pécher à l’avenir” et donc de s’abstenir des actes propres aux conjoints, et en faisant dans ce sens tout ce qui est en son pouvoir. »

    Mais après Amoris lætitia, ni le pape, ni la Congrégation pour la Doctrine de la Foi n’ont jugé utile de répondre aux interrogations des cardinaux concernant le retournement opéré.

    Une occasion de poser à nouveau la question va se présenter. Le 19 mars 2026, dixième anniversaire de l’exhortation apostolique, le pape Léon XIV a tenu à célébrer le « message lumineux d’espérance concernant l’amour conjugal et familial » constitué par l’exhortation apostolique, et à « rendre grâce au Seigneur pour l’élan donné à l’étude et à la conversion pastorale de l’Église » apporté par elle, lui demandant « le courage de poursuivre le chemin, en accueillant toujours à nouveau l’Évangile. » Et il a annoncé qu’il allait réunir du 7 au 14 octobre les Présidents des Conférences épiscopales du monde entier « afin de procéder, dans l’écoute réciproque, à un discernement synodal sur les mesures à prendre pour annoncer l’Évangile aux familles aujourd’hui, à la lumière d’Amoris lætitia et en tenant compte de ce qui se réalise dans les Églises locales. »

    Pour préparer les travaux de l’assemblée, un parcours thématique a été publié le 6 juillet dernier par le Secrétariat du Synode et le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie dont le quatrième point (« Face aux difficultés de la vie : accompagner et soutenir ; cheminer avec les familles dans des situations complexes ») recoupe le sujet du chapitre VIII d’Amoris lætitia. Selon toutes les apparences il avalise le changement doctrinal opéré par l’Exhortation: « Une attention particulière est portée aux couples et aux familles qui rencontrent, à toutes les étapes de la vie conjugale, des situations de difficulté relationnelle, sociale ou spirituelle […]. Quelles démarches ont été entreprises pour soutenir ceux qui vivent des situations de fragilité ou de difficulté ? Quelles résistances apparaissent ? Comment bâtir des communautés chrétiennes où ceux qui ont fait l’expérience de la souffrance, de l’abandon, de la séparation et du divorce puissent se sentir réellement écoutés, pleinement intégrés et coresponsables ? Quelles expériences concrètes révèlent, dès aujourd’hui, le visage d’une Église toujours plus capable de proximité, de discernement, d’accompagnement et de valorisation, aidant les personnes et les familles à retrouver confiance, à se reconnaître membres de la communauté et à faire l’expérience de la miséricorde de Dieu ? »

    Le texte aussi peu limpide que possible évoque bien ceux « qui ont fait l’expérience du divorce », qui doivent « se sentir réellement écoutés » dans une Église « plus capable » d’aider à « faire l’expérience de la miséricorde ».  On remarquera qu’il est question par euphémisme de « situations de fragilité » pour éviter le mot péché (comme le fait d’ailleurs l’encyclique Magnifica humanitas).

    Une thèse irrecevable

    On s’apprête assurément à une reconduction de la nouvelle doctrine, en insistant sur l’accueil dans l’Église des personnes divorcées remariées, accueil qui, au reste, n’a jamais été remis en cause : on a toujours dit qu’un pécheur faisait toujours partie de l’Église, mais qui dans la pastorale nouvelle devient un accueil sacramentel.

    Cette réunion pourrait cependant être une occasion providentielle pour un certain nombre de pasteurs courageux de faire souligner le dommage considérable causé par l’exhortation apostolique à la morale naturelle et catholique, et par le fait au salut des âmes. Il est au reste plus facile de contester Amoris lætitia que tel ou tel texte problématique du Concile.

    • D’une part, en effet, on peut en effet s’appuyer ici sur l’enseignement d’un pape postconciliaire, Jean-Paul II, qui a maintenu sur ce point la doctrine pérenne :
      • Sur la pénitence : « La réconciliation par le sacrement de pénitence – qui ouvrirait la voie au sacrement de l’Eucharistie – ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage (Familiaris consortio, n. 84).
      • Sur la communion : « L’Église, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l’Écriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d’y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d’amour entre le Christ et l’Église, telle qu’elle s’exprime et est rendue présente dans l’Eucharistie. » (ibid.)

    À moins que les personnes en cette situation irrégulière « prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux[3] », et tout scandale étant écarté auprès de ceux qui les voient communier.

    • D’autre part, les ruptures dans l’enseignement moral sont plus aisément appréhendables par tous que celles intervenues dans l’ecclésiologie. En l’espèce, le retournement opéré par Amoris lætitia est saisissant. Aux termes du n. 301, des « conditions concrètes » (un nouveau « mariage », l’existence d’enfants de cette nouvelle union) feraient que la rupture de cette nouvelle union – se séparer de ce conjoint illégitime ou vivre avec lui comme frère et sœur – pourrait être « une nouvelle faute », on suppose en raison du dommage causé à la seconde épouse, et aux éventuels enfants de la seconde union. (Bien entendu, il n’est pas contestable que les conséquences de l’adultère doivent être assumées, notamment en ce qui concerne les enfants nés de cette union illégitime, mais sans préjudice de ce qui doit être rendu en justice à l’épouse légitime et aux enfants de l’union légitime, que l’Exhortation n’envisage pas). Ainsi le raisonnement d’Amoris lætitia va jusqu’au bout de sa logique : dans le cas où rester dans l’adultère public n’est pas pécher, quitter cette situation devient une faute. Il est des cas, selon Amoris lætitia où l’adultère est méritoire !

    La théologie et le magistère aimaient jadis condenser leurs propos en thèses ou en propositions claires et ramassées, notamment quand il s’agissait de les condamner (les 85 propositions issues du synode de Pistoie, condamnées par la bulle Auctorem fidei de Pie VI en 1794). La thèse irrecevable d’Amoris lætitia pourrait ainsi se formuler : Certains de ceux qui vivent dans l’adultère public, alors même qu’ils connaissent la norme qu’ils transgressent, peuvent n’être pas considérés comme étant en état de péché mortel. Cette proposition est-elle ou non condamnable au regard de la foi catholique ? Ou inversement, le fait de tenir cette thèse pour irrecevable est-il condamnable ?

    Fermer la parenthèse de l’enseignement « pastoral »

    Il est de la fonction du pape et des évêques de répondre à des questions sur la foi et les mœurs que se posent et leur posent les fidèles du Christ. Leur rôle premier est de dire la foi, de transmettre le message l’Évangile. « Les évêques, rappelle Lumen Gentium (n. 25), sont, en effet, les hérauts de la foi, amenant au Christ de nouveaux disciples, et les docteurs authentiques, c’est-à-dire pourvus de l’autorité du Christ, prêchant au peuple qui leur est confié la foi qui doit régler leur pensée et leur conduite, faisant rayonner cette foi sous la lumière de l’Esprit Saint, dégageant du trésor de la Révélation le neuf et l’ancien (cf. Mt 13, 52), faisant fructifier la foi, attentifs à écarter toutes les erreurs qui menacent leur troupeau (cf. 2 Tm 4, 1-4). »

    Quant au pontife romain, il est d’abord le suprême docteur de la foi. Il se distingue des autres évêques non par un pouvoir sacramentel supérieur mais par une juridiction plénière et souveraine sur toute l’Église, d’abord en ce qui touche l’enseignement de la foi et des mœurs (Vatican I, Pastor Æternus, Dz 3064).

    Ce que l’Église attend donc aujourd’hui de ses pasteurs, c’est qu’ils sortent du « pastoral » au sens nouveau donné à ce terme, celui d’un enseignement de seconde qualité déconnecté du rapport à la tradition, pour revenir au pastoral au sens évangélique, au soin que les pasteurs doivent déployer pour conduire au salut les âmes des brebis, en premier lieu par l’annonce de la vérité.

    En l’espèce, l’Église attend qu’ils rappellent le commandement : « Tu ne commettras point d’adultère » (Exode 20, 14 ; Deutéronome 5, 18 ; Matthieu 5, 27), qu’ils prêchent avec patience la pénitence aux pécheurs en les guidant dans la voie du repentir envers Dieu et de la réparation envers l’époux ou l’épouse trahi, et envers les enfants profondément malmenés, sans oublier bien sûr d’assumer les conséquences de la faute commise, notamment vis-à-vis des enfants de la seconde union. 

    Au fond, l’Église attend un retour au magistère comme tel ou comme référence directe de son discours.


    [1] Cette notion de gradualité avait été mise en avant pour contourner la doctrine d’Humanæ vitæ réprouvant la contraception. Jean-Paul II, dans Familiaris consortio (22 novembre 1981, n. 34) avait tenté de colmater la brèche en faisant une distinction hasardeuse : la « loi de gradualité », celle de l’agir humain, qui surmonte graduellement les difficultés pour arriver à observer les commandements, est légitime, mais pas la « gradualité de la loi », qui veut que le commandement divin soit seulement un idéal vers lequel on doit tendre. Amoris lætitia, dans son n. 295, parle d’une « gradualité dans l’accomplissement prudent des actes libres » de la part de sujets qui ne « sont dans des conditions ni de comprendre, ni de valoriser ni d’observer pleinement les exigences objectives de la loi. » En un mot, si on ne peut pas observer la loi, on fait ce qu’on peut…

    [2] Un cinquième cardinal, le néerlandais Willem Jacobus Eijk, archevêque d’Utrecht, a publiquement soutenu et rejoint la démarche des quatre premiers. Un autre haut prélat a signé les dubia adressés au pape, mais n’a pas voulu que soit divulgué son nom dans le public.

    [3] Jean-Paul II, homélie à la messe de clôture du VIe Synode des Évêques, 25 octobre 1980.

  • Le critère d’embarras renforce la crédibilité historique des Évangiles

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    De Matthieu Lavagna sur 1000 raisons de croire :

    Le critère d’embarras prouve que les Évangiles ne peuvent pas être un mensonge

    Nous avons établi dans les articles précédents que les Évangiles sont précis et exacts quant aux informations objectives rapportées au sujet de la Palestine du Ier siècle. Face aux données historiques, topographiques,   archéologiques et onomastiques , on peut conclure que les évangélistes étaient suffisamment informés pour produire un récit historiquement fiable. En revanche, pouvons-nous être sûrs qu’ils n’ont pas menti délibérément pour que leur propagande religieuse se développe, tout en truffant leur récit de détails historico-géographiques exacts ? Le critère d’embarras, cher aux historiens, suffit à réduire cette thèse à néant. Lorsque l’on invente une histoire, on évite en général de s’auto-ridiculiser en relatant des détails gênants pour soi-même. Or, les évangélistes font exactement le contraire : ils racontent un bon nombre d’événements embarrassants qu’ils n’auraient sûrement pas mentionnés s’ils mentaient.


    Les raisons d'y croire

    Parmi les exemples qui remplissent le critère d’embarras, on peut citer :

    • La mort du Christ sur la croix, qui n’aurait pas pu être inventée par les évangélistes ; en particulier s’ils cherchaient à faire valoir leur religion auprès des Juifs et des païens.
    • Le discrédit total du témoignage des femmes à l’époque dans le contexte de la découverte du tombeau vide. Il aurait été parfaitement absurde de la part des premiers chrétiens d’inventer que les premiers témoins du tombeau vide de Jésus étaient des femmes (en particulier une pécheresse comme Marie-Madeleine). Cela ne pouvait que les décrédibiliser aux yeux des Juifs. Si les évangélistes voulaient mentir et inventer leur propre récit, ils auraient choisi de mettre en scène des hommes comme les apôtres afin de renforcer la crédibilité de leur fiction.
    • Le portrait ridicule de Pierre, chef des apôtres, qui se fait réprimander sévèrement par Jésus et qui le renie à plusieurs reprises. Si les Évangiles étaient un récit monté de toutes pièces dans l’unique but de faire valoir la religion chrétienne, jamais les premiers chrétiens n’auraient eu l’idée de dévaloriser leur chef ainsi.
    • Les nombreux détails embarrassants rapportés à l’égard des disciples : ils fuient devant les difficultés, ils doutent ( Mt 28,17 ) et ne comprennent pas toujours ce que dit Jésus ( Lc 24,11  ; Mt 16,23  ; Jn 14,9 ), etc. Cela n’aurait pas de sens que les disciples de Jésus ou les évangélistes aient inventé ces éléments embarrassants. Ces détails apparaissent dans les Évangiles parce que leurs auteurs ont été soucieux de rapporter ce qui s’était réellement passé.
    • Il est donc impossible de considérer que les Évangiles sont un tissu de mensonges conçus de toutes pièces. Ces écrits sont trop gênants pour les disciples et « contreproductifs » pour qu’il s’agisse de mensonges.

    En savoir plus

    Avez-vous déjà menti pour sauvegarder votre image ou votre réputation ? C’est possible. En revanche, avez-vous déjà menti en faisant exprès d’entacher votre réputation aux yeux des autres ? Certainement non ! En effet, l’être humain n’aime pas se dénigrer lui-même par plaisir. S’il relate un fait gênant à son égard, c’est parce que ce fait lui est vraiment arrivé.

    Il en est de même lorsqu’on analyse les faits embarrassants présents dans les Évangiles. Les évangélistes présentent les leaders de l'Église comme ayant souvent l'air impulsifs, incompétents, vantards ou stupides. L’Évangile de Marc décrit les disciples comme étant parfaitement incrédules, si bien qu’à de nombreuses reprises, Jésus les accuse de manquer de foi ( Mc 9,17-19 ). Ils paniquent lorsqu'ils sont confrontés à une tempête sur le lac de Tibériade ( Mc 4,35-41 ), ils sont extrêmement lents à comprendre le véritable sens des paroles de Jésus ( Mc 4,13  ; 7,18 ). Lors des moments difficiles, ils agissent comme des couards et des incrédules apeurés. Au lieu de prier avec Jésus en vue de préparer sa passion, ils s’endorment ( Mc 14,37-42 ). Et, quand le Christ se fait arrêter par les grands prêtres, ils prennent la fuite ( Mc 14,50 ).

    L’Évangile est particulièrement humiliant à l’égard de Pierre, le chef de l’Église primitive , mentionnant ainsi que celui-ci se fait sévèrement réprimander par Jésus lorsqu’il s’oppose à sa future mise à mort. Quand Pierre dit au Christ « Cela ne t’arrivera pas, Seigneur ! » ( Mt 16,22 ) Jésus répond : « Passe derrière moi, Satan. Tu m'es en scandale ; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes »( Mt 16,23 ). Pire encore, Pierre affirme fièrement qu’il ne reniera jamais le Christ – « Quand il me faudra mourir avec toi, je ne te renierai pas » ( Mt 26,35 ) –, et les évangiles rapportent qu’il finira par le renier trois fois. Rien de plus humiliant pour le chef des apôtres ! Jamais les chrétiens n’auraient inventé un tel événement.

    On peut aussi ajouter que l’événement humiliant de la crucifixion n’a pas pu être inventé par les disciples. En clair, si vous pensez qu’un homme est le Messie, ou du moins si vous voulez le faire croire aux gens, il paraît tout à fait stupide de le faire crucifier et de l’humilier comme un moins que rien. Les Juifs de l’époque s’attendaient à un Messie fort et vaillant : l’idée d’une crucifixion était impensable pour eux. Pourquoi revendiquer haut et fort que Jésus est Dieu, et créer un scénario dans lequel ce dernier meurt lamentablement à coups de clous ? Au niveau de la crédibilité, il est difficile de faire pire si vous voulez convaincre les gens de la vérité de votre religion. D’ailleurs, au IIe siècle, le polémiste antichrétien Celse prenait un malin plaisir à ridiculiser les chrétiens à cause de ce fait même : « Vous nous donnez pour Dieu un personnage qui termina par une mort misérable une vie infâme » (Discours véritable contre les chrétiens).

    Enfin, les Évangiles affirment que ce sont les femmes qui ont retrouvé le tombeau vide. Or, le témoignage des femmes, à l’époque, n’avait aucune valeur devant les tribunaux juifs. Il n’était même pas recevable dans une affaire judiciaire. C’est typiquement le genre d’élément narratif qu’un récit inventé se voulant convaincant aurait préféré éviter car, dans la société de l’époque, rapporter un tel détail revenait à exposer son propre récit à la dérision et à la moquerie.

    En conséquence, si la découverte du tombeau vide était une légende, ceux qui auraient inventé une telle histoire auraient choisi de faire en sorte que les premiers témoins de la résurrection soient des hommes. Ils auraient ainsi évité d’ébranler la crédibilité de leur histoire auprès de cette culture largement patriarcale. C’est pourquoi l’historien N. T. Wright remarque : « En tant qu’historiens, nous sommes obligés de dire que, si ces histoires avaient été inventées cinq ans plus tard, [leurs auteurs] n’auraient jamais attribué la découverte du tombeau vide à Marie Madeleine. Pour des apologistes chrétiens, vouloir expliquer à un public sceptique que Jésus est ressuscité en invoquant des femmes serait comme se tirer une balle dans le pied. Mais pour nous, historiens, c’est le genre d’information en or. Les chrétiens n’auraient jamais pu inventer une telle chose » (cité dans Antony Flew, There is a God, HarperCollins, 2009, p. 207).

    En somme, les Évangiles contiennent des événements tellement embarrassants que leurs auteurs n’auraient jamais eu l’idée d’inventer de telles choses pour promouvoir leur religion et aller évangéliser les nations. Ils couraient le risque permanent de se ridiculiser aux yeux des Juifs et des païens. Ces faits ne nous sont connus que parce que les évangélistes ont fait preuve d’honnêteté et qu’ils ont voulu retranscrire méticuleusement les événements de la vie de Jésus, en dépit des conséquences humiliantes à leur égard.

    Bref, l’hypothèse d’un mensonge est intenable. Cela supposerait en outre que les apôtres eussent été des imposteurs masochistes, prêts à se rabaisser pour des choses qu’ils savaient fausses. La moindre des choses que nous pouvons leur accorder, c’est qu’ils étaient honnêtes et avaient l’intention de rapporter des faits exacts concernant la vie du Christ.

    Le critère d’embarras permet donc de renforcer la crédibilité historique des Évangiles, et constitue en cela une solide raison de croire au christianisme.

    Matthieu Lavagna, auteur de Soyez rationnel, devenez catholique !


    Aller plus loin

    Craig L. Blomberg, The Historical Reliability of the New Testament, 2016.

  • Saint Pierre Claver (9 septembre)

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    Du site des Jésuites de la Province de France :

    Pierre Claver naquit à Verdu, en Espagne, en 1580. Il étudia les lettres et les arts à l'université de Barcelone à partir de 1596 et entra dans la Compagnie en 1602. Spécialement encouragé par saint Alphonse Rodriguez, portier du collège de la Compagnie à Majorque, il répondit à la vocation missionnaire qu'il entendit alors.

    Ordonné prêtre en 1616 dans la mission de Colombie, c'est là que, jusqu'à sa mort, il exerça son apostolat parmi les Noirs réduits en esclavage, devenu par un vou spécial " esclave des Nègres pour toujours ". Epuisé, il mourut à Carthagène, en Colombie, le 8 septembre 1654. il fut canonisé en 1888 par Léon XIII.

    Lettre de saint Pierre Claver

    Annoncer l'Evangile aux pauvres, guérir les coeurs blessés ; annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres.

    Hier, 30 mai 1627, jour de la Sainte Trinité, débarquèrent d'un énorme navire un très grand nombre de Noirs enlevés des bords de l'Afrique. Nous sommes accourus portant dans deux corbeilles des oranges, des citrons, des gâteaux et je ne sais quoi d'autre encore. Nous sommes entrés dans leurs cases. Nous avions l'impression de pénétrer dans une nouvelle Guinée ! Il nous fallut faire notre chemin à travers les groupes pour arriver jusqu'aux malades. Le nombre de ceux-ci était considérable ; ils étaient étendus sur un sol humide et boueux, bien qu'on eût pensé, pour limiter l'humidité, à dresser un remblai en y mêlant des morceaux de tuiles et de briques ; tel était le lit sur lequel ils gisaient, lit d'autant plus incommode qu'ils étaient nus, sans la protection d'aucun vêtement.

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