| Introitus | Introït |
| Ps. 47, 10-11 | |
| SUSCÉPIMUS, Deus, misericórdiam tuam in médio templi tui: secúndum nomen tuum, Deus, ita et laus tua in fines terrae: iustítia plena est déxtera tua. Ps. ibid., 2 Magnus Dóminus, et laudábilis nimis: in civitáte Dei nostri, in monte sancto eius. ℣. Glória Patri. | Nous avons reçu, ô Dieu, Ta miséricorde au milieu de Ton temple : comme Ton nom, ô Dieu, Ta louange s’étend jusqu’aux extrémités de la terre, Ta droite est pleine de justice. Ps. Le Seigneur est grand et très digne de louange : dans la cité de notre Dieu, sur Sa sainte montagne. |
BELGICATHO
-
"Suscepimus, Deus, misericórdiam tuam in médio templi tui" (Introït du 14e dimanche du TO)
-
Venez vous tous qui m'aimez, et sachez que je suis doux et humble de coeur (14e dimanche du T.O.)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL (Paroisse Saint-Jean-de-Malte - Aix-en-Provence) pour le quatorzième dimanche du temps ordinaire – A
Frères et sœurs, dans un grand nombre de psaumes ou de textes de l'Ancien Testament, on nous parle des luttes et des victoires d'Israël. Les victoires de Dieu sont les victoires de son peuple et réciproquement. C'est un refrain qui revient ainsi très souvent dans la Bible, et nous venons de l'entendre dans le psaume que nous avons chanté : "Je suis émerveillé par la puissance de ta gloire, et je me répète les prodiges que tu as accomplis". Voilà une réflexion typique de ces luttes d'Israël contre ses ennemis et des victoires que Dieu lui donne de remporter.
Quelquefois, cela tourne à la violence, comme nous le chantons tous les dimanches sans peut-être bien nous en rendre compte : "Partout sur la terre s'entassent leurs cadavres, il leur a fracassé la tête". D'autres fois, cela tourne plutôt à l'exultation cosmique : "Que gronde la mer et tout ce qui vit en elle, que les arbres battent des mains, que les fleuves se réjouissent et que les forêts dansent de joie". C'est l'ambiance habituelle de ces psaumes et de tous ces textes.
Aujourd'hui, le texte du prophète Zacharie va nous précipiter dans une tout autre perspective : "Exulte de joie, fille de Sion, car ton roi est vainqueur (c'est classique), tressaille d'allégresse car il vient vers toi juste, vainqueur, humble, porté non pas sur un char de triomphe, non pas même sur un cheval caparaçonné, mais porté par un âne, le petit d'une ânesse". Ce roi vient justement pour détruire les chars de guerre, pour casser les arc et briser les lances. Voici donc qu'il appelle tous les peuples à la paix, voici donc que la victoire n'est plus une victoire triomphale, ou plutôt c'est un autre triomphe, c'est le triomphe de la douceur et de la paix.
L'évangile va faire retentir ce même thème : "Je te bénis Père d'avoir caché cela aux sages et aux savants et de l'avoir révélé aux tout-petits". A qui Dieu a-t-il révélé cela ? Aux savants, aux spécialistes, aux théologiens, non. Le mystère de Dieu, seuls peuvent y pénétrer le Père qui connaît le Fils et le Fils qui connaît le Père, ce n'est pas un mystère de déploiement de force et de splendeur, c'est un mystère d'humilité. Dieu vient à nous, et c'est ce que Jésus a fait le jour des Rameaux, monté sur un ânon, le petit d'une ânesse. La victoire du Christ, celle qu'il apporte sur la croix n'est pas une victoire militaire, ce n'est même pas une victoire de prestige, c'est une victoire beaucoup plus profonde. C'est cela que saint Paul veut dire quand il parle de "l'ordre de la chair", c'est-à-dire de ce qui se voit, des apparences, et l'ordre de l'esprit, c'est-à-dire de ce qui est caché au fond du cœur et précisément, il faut être petit, pauvre, humble, monté sur un ânon pour pénétrer dans ce mystère de la vraie puissance de Dieu, de la vraie victoire de Dieu.
Lien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Eglise, Foi, Spiritualité 2 commentaires -
La Lettre du pape Léon XIV à l'occasion du 250e anniversaire de la fondation des États-Unis
Du NCR :
Texte intégral : Lettre du pape Léon XIV à l'occasion du 250e anniversaire de la fondation des États-Unis
« Parmi ces principes, l’un des plus chers est la liberté religieuse : le droit de chacun de pratiquer sa religion selon sa conscience et de vivre ouvertement sa foi, sans contrainte ni crainte. »
3 juillet 2026
Note de la rédaction : À l’approche du 250e anniversaire de la fondation des États-Unis, le pape Léon XIV a rédigé une lettre pour marquer ce moment historique. Cette lettre, datée du 25 juin et publiée vendredi par la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, est reproduite intégralement ci-dessous.
J’adresse mes sincères félicitations à tous les Américains à l’occasion du 250e anniversaire de la signature de la Déclaration d’indépendance. Ce demi-quingentenaire marque ce moment décisif de l’histoire des États-Unis d’Amérique, le 4 juillet 1776, qui a donné une expression durable aux idéaux de liberté, d’égalité, de poursuite du bonheur, de justice et d’autonomie démocratique.
Depuis deux siècles et demi, des générations d’Américains ont œuvré ensemble pour faire progresser ces principes — par le sacrifice, le dévouement, l’innovation et la participation civique. Cet anniversaire est une invitation non seulement à célébrer le parcours remarquable de la nation, mais aussi à réfléchir aux responsabilités que les fils et les filles de ce pays ont les uns envers les autres, ainsi qu’envers les générations qui hériteront de la nation qui se construit aujourd’hui.
Parmi ces principes, la liberté religieuse figure parmi les plus chers à nos cœurs : il s’agit du droit de chacun à adorer selon sa conscience et à pratiquer sa foi ouvertement, sans contrainte ni crainte. À l’occasion de cet anniversaire, il est important de reconnaître que la liberté religieuse est depuis longtemps au cœur de la promesse américaine, protégeant à la fois la dignité individuelle et la coexistence pacifique d’un peuple diversifié.
Cette même liberté a permis à l’Église catholique de s’enraciner et de s’épanouir aux États-Unis, au bénéfice non seulement de ses propres fidèles, mais aussi de la nation tout entière. En tant que fils et filles fidèles de l’Église, les catholiques sont appelés à imprégner chaque dimension de leur existence de la charité du Christ (cf. 2 Co 5, 14), en vivant l’Évangile dans les circonstances de la vie quotidienne. Un tel mode de vie a donné naissance aux nombreux bienfaits que l’Église a apportés au fil des ans au développement de cette nation. Je pense en particulier à son engagement dans les domaines de l’éducation, de l’attention préférentielle portée aux pauvres, des soins de santé et des services sociaux de base, pour n’en citer que quelques-uns.
Dans l’encyclique *Sapientiae Christianae*, mon prédécesseur, le pape Léon XIII, écrivait qu’« il n’y a pas de meilleur citoyen… que le chrétien conscient de son devoir » (n° 7). En effet, la foi — loin de s’opposer aux responsabilités civiques — insuffle une nouvelle vigueur à la recherche de la justice, de la paix et du bien commun, menant à leur plein épanouissement tous les dons naturels accordés par le Créateur. Saint Paul lui-même encourageait les premiers chrétiens à prier pour ceux qui occupent des postes d’autorité afin de mener une vie paisible en accord avec la volonté de Dieu (cf. 1 Tm 2, 2). À cet égard, c’est dans l’accomplissement fidèle de leur devoir — envers Dieu et envers la patrie — que les catholiques sont appelés à continuer de servir la nation, comme levain pour la croissance d’une civilisation de l’amour (cf. Mt 13, 33).
Parmi les principes qui ont guidé le développement de ce pays figure également la dignité de toute vie humaine, donnée par Dieu, chaque personne étant dotée d’une valeur intrinsèque qui appelle le respect, la protection et la sollicitude. Dans cet esprit, une pleine compréhension de cette dignité conduit à reconnaître l’importance de sauvegarder la vie humaine depuis son commencement, à la conception, jusqu’à la mort naturelle, et de construire une société dans laquelle les personnes vulnérables, celles qui souffrent et celles qui sont oubliées sont toujours accueillies avec compassion, solidarité et amour.
La défense de la vie humaine passe également par l’accueil, la protection et l’aide aux immigrés, dont les espoirs, les sacrifices et la contribution font partie intégrante de l’histoire de ce pays depuis ses origines. À chaque génération, ceux qui sont arrivés en quête de liberté, d’opportunités et d’un lieu où se sentir chez eux ont contribué à forger le caractère de la nation. Les accueillir avec compassion et générosité n’est pas seulement un acte de charité, mais aussi une reconnaissance de la dignité qui appartient à chaque personne humaine.
Dans ma récente lettre encyclique, *Magnifica Humanitas*, j’ai évoqué la nécessité de travailler ensemble pour le bien commun. « Construire un monde où chacun puisse s’épanouir exige une responsabilité partagée et du courage. Personne ne peut porter à lui seul le poids des défis auxquels le monde est confronté » (n° 13). Nous avons besoin les uns des autres, et nous devons œuvrer ensemble, dans l’unité, pour relever les défis auxquels le monde est confronté aujourd’hui.
Puisse ce jalon renouveler l’engagement commun envers la promesse de liberté, de justice, d’opportunités et de démocratie. Puissent les Américains honorer le courage et la vision de ceux qui les ont précédés en renforçant leurs communautés, en respectant leurs différences et en œuvrant ensemble vers une union plus parfaite.
Félicitations à l’occasion de cet extraordinaire anniversaire national. Puisse l’esprit de 1776 continuer à inspirer l’espoir et l’unité alors que les États-Unis d’Amérique se tournent vers l’avenir. En vous assurant tous de mes prières pour vos efforts renouvelés visant à renforcer la nation selon les principes qui ont guidé ses Pères fondateurs, je vous confie à l’intercession de l’Immaculée Conception, patronne de ce pays, afin qu’elle continue à veiller sur l’Amérique et à protéger tous ceux qui y vivent.
Lien permanent Catégories : Actualité, Eglise, Foi, International, Magistère, Politique 0 commentaire -
Converti de l’islam au catholicisme : un professeur menacé pour avoir choisi le Christ
De Tribune chrétienne :
Ahmed Yetrib converti de l’islam au catholicisme : un professeur menacé pour avoir choisi le Christ
Lien permanent Catégories : Actualité, Belgique, Eglise, Enseignement - Education, Foi, Islam, Société, Témoignages 0 commentaire -
Mettre à jour le Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise avec les encycliques de François ?
De Stefano Fontana sur la NBQ :
L'impossible mise à jour du Compendium avec les encycliques de François
Dans un essai récent, Marco Invernizzi a exprimé l'espoir que le Compendium de la doctrine sociale de l'Église soit mis à jour avec les enseignements sociaux de Benoît XVI et de François : « Le Compendium de la doctrine sociale de l'Église date de 2004. Il rassemble tous les enseignements sociaux et les présente par thèmes. Il devrait certainement être mis à jour avec les dernières encycliques sociales des pontificats de Benoît XVI ( Caritas in veritate , 2009) et de François ( Laudato si' , 2015 et Fratelli tutti , 2020), et il est étrange que cela n'ait pas encore été fait après plus de vingt ans » [M. Invernizzi, « La doctrine sociale de l'Église entre révolution et contre-révolution », dans O. Sanguinetti, La doctrine sociale de l'Église aujourd'hui – une lecture « forte », Ares, Milan, 2026, p. 53-54].
Cet espoir, cependant, est difficile, voire impossible, à réaliser . À cet égard, deux observations s'imposent. La première nous rappelle que Jean-Paul II avait demandé la rédaction d'un Compendium de la doctrine sociale de l'Église , qu'il qualifiait même de « catéchisme », en vue du Grand Jubilé de l'an 2000. Son désir et son projet étaient de léguer le précieux héritage de sa doctrine sociale à l'Église du troisième millénaire. Derrière cette démarche se cachait donc une profonde conviction de l'importance de la doctrine sociale de l'Église, de la nécessité de la synthétiser en un corpus doctrinal unitaire et de veiller à ce qu'elle puisse continuer à porter ses fruits au fil du temps, même à travers les millénaires. Le Compendium était le fruit de cette conviction, qui, toutefois, s'est estompée par la suite. Non pas tant chez Benoît XVI, qui, à sa manière, y est resté fidèle, mais chez François.
Nous en arrivons donc à la seconde observation . Rien n'était plus éloigné de la vision de François que l'idée d'un Compendium de la doctrine sociale de l'Église . Ses deux encycliques considérées comme sociales sont en réalité très en décalage avec l'enseignement social antérieur et pourraient difficilement y être intégrées par une mise à jour du Compendium . Oscar Sanguinetti lui-même, aux pages 235 et 236 de l'ouvrage susmentionné, qui contient l'essai d'Invernizzi, formule diverses critiques à l'égard de Laudato si' : pour avoir défendu des « opinions scientifiques qui, en réalité, restent souvent à vérifier », pour avoir avancé des « hypothèses de responsabilité plutôt audacieuses et conspirationnistes », pour avoir proposé des thérapies « dont la faisabilité n'est pas évaluée, et pour lesquelles il est impossible de distinguer ceux qui les appliquent correctement… de ceux qui, au contraire, spéculent à leur sujet », pour sa bienveillance « envers des acteurs de l'action sociale… pour la plupart doctrinalement ambigus, voire explicitement hostiles à la doctrine sociale de l'Église traditionnelle et au christianisme en tant que tel ». Sanguinetti est intervenu avec des pincettes, car d'autres éléments de cette encyclique pouvaient être critiqués, tels que les concepts d'« écologie intégrale » et de « conversion écologique ». Sanguinetti ne mentionne même pas Fratelli Tutti .
La raison plus profonde de la difficulté à mettre à jour le Compendium pour le pontificat de François est encore plus vaste que les imperfections de ces deux encycliques. On peut citer un exemple parmi tant d'autres. La doctrine sociale de l'Église fait partie de la théologie morale, et le Compendium le réaffirme clairement. Or, François s'est efforcé de transformer la théologie morale catholique, tant avec Amoris laetitia qu'avec la transformation de l'Institut Jean-Paul II et la nouvelle synodalité.
Lien permanent Catégories : Débats, Doctrine Sociale, Eglise, Livres - Publications, Magistère 0 commentaire -
Vénérer le Coeur Immaculé de Marie le premier samedi du mois
Aujourd'hui, premier samedi du mois, on se tourne vers le Coeur Immaculé de Marie. Voici la notice proposée par Evangile au Quotidien (evangelizo.org) :La propagation de la dévotion au Cœur de Marie remonte au XVIIe siècle où saint Jean Eudes la propagea en l'unissant à celle du Sacré-Cœur de Jésus.
Au cours du XIXe siècle, sa sainteté Pie VII d'abord, et Pie IX ensuite, accordèrent à plusieurs églises une fête du Cœur très pur de Marie fixée au dimanche dans l'octave de l'Assomption, puis au samedi suivant la fête du Sacré-Cœur. Le 13 juillet 1917, la Sainte Vierge apparaissait au Portugal pour déclarer aux petits voyants de Fatima que Dieu voulait établir la dévotion à son Cœur immaculé pour le salut du monde. Elle demanda aux chrétiens la pratique du premier samedi du mois par la communion réparatrice et la récitation du chapelet accompagnée de la méditation des mystères du Rosaire. (cliquer sur "lire la suite")Lien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Eglise, Foi, Spiritualité 0 commentaire -
Fraternité Saint-Pie X : des nouvelles sanctions objectivement injustes et invalides
Lettre au Saint-Père concernant le décret du Dicastère pour la Doctrine de la Foi
Source: FSSPX ActualitésLe Supérieur général
À Sa Sainteté
le Pape Léon XIVÉcône, le 3 juillet 2026
« Quel est d’entre vous le père, à qui son fils demandera du pain, et qui lui donnera une pierre ? ou un poisson, et qui, au lieu du poisson, lui donnera un serpent ? ou encore, s’il lui demande un œuf, lui donnera un scorpion ? Si donc vous, tout méchants que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste donnera-t-il l’Esprit-Saint à ceux qui le lui demandent ! » (Lc XI, 11-13)
Très Saint-Père,
La notification de la décision prise par le Saint-Siège à l’égard de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, signée par Son Éminence le Cardinal Fernández, nous est parvenue et est désormais de notoriété publique.
Il nous semble que cette décision met une fois de plus en lumière le contexte extrêmement tragique dans lequel se trouve l’Église universelle. Ce que la Fraternité Saint-Pie X a fait et continuera de faire n’est rien d’autre qu’une initiative extrême de secours des âmes, au milieu de la confusion doctrinale et morale dans laquelle l’Église est plongée. Nous ne prétendons en aucune manière nous substituer à l’Église et nous n’avons d’autre ambition que de lui demeurer fidèles.
En conscience, nous n’avons pas estimé pouvoir nous soustraire au devoir moral que nous avons envers les âmes, comme nous l’avons déjà expliqué, tant en privé que publiquement, à Votre Sainteté.
Nous avions demandé du pain, c’est-à-dire un peu de compréhension pour un cas de conscience sincère, un geste de paternité non tant envers la Fraternité Saint-Pie X qu’envers les âmes, Vous promettant d’en faire de véritables fils de l’Église romaine ; malheureusement, nous avons reçu une pierre.
Nous avions demandé un poisson, c’est-à-dire la possibilité d’obtenir temporairement les moyens nécessaires pour continuer à former de bons prêtres, afin qu’ils poursuivent leur mission de faire connaître Notre-Seigneur aux âmes ; malheureusement, nous avons reçu un serpent.
Nous avions demandé un œuf, en promettant de le rendre dès que cela serait possible. En effet, la sainte Tradition que nous conservons dans les âmes appartient à l’Église, notre Mère — et non à la Fraternité Saint-Pie X —, et nous sommes certains qu’un jour un Pape voudra s’en servir pour le bien de l’Église universelle ; malheureusement, nous avons reçu un scorpion.
Nous avions demandé d’être instruits et confirmés dans la foi de toujours ; au lieu de cela, nous avons été déclarés schismatiques une seconde fois.
Malgré les sanctions qui nous frappent, la Fraternité Saint-Pie X renouvelle sincèrement la promesse qu’elle avait déjà formulée à Votre Sainteté. Permettez-moi, à ce propos, de reprendre librement ce que j’avais déjà exprimé :
« La Fraternité Vous promet […] de consacrer toutes ses énergies à préserver la Tradition et à la mettre au service de l’Église. Ce faisant, la Fraternité Saint-Pie X ne se contente pas de conserver d’anciens usages ; elle favorise et préserve les vocations sacerdotales, les vocations religieuses, les familles nombreuses et profondément chrétiennes ; en un mot, tout ce qui manifeste la vitalité de l’Église, de la grâce et de la foi catholique. Notre intention n’est pas d’offrir à l’Église un musée de choses anciennes, mais la Tradition intégrale, féconde, source de vie spirituelle, incarnée et vécue dans les âmes.
[...] Je suis certain qu’un jour Vous-même ou l’un de Vos successeurs pourra et voudra utiliser ce service, dont l’offrande, dans l’Église et pour l’Église, constitue notre unique raison d’être. » (Lettre personnelle adressée le 21 novembre 2025 à Sa Sainteté)
Mais surtout, la Fraternité Saint-Pie X Vous promet aujourd’hui de ne pas accueillir ces nouvelles sanctions — objectivement injustes et invalides — dans l’amertume ou la révolte.
Les condamnations récentes, comme celles du passé, nous atteignent dans ce que nous avons de plus cher : notre attachement à notre Mère, l’Église romaine. Pourtant, même dans cette épreuve, tout doit concourir au bien des âmes et de l’Église elle-même. C’est pourquoi ces condamnations nous poussent à aimer davantage encore la sainte Église et à subvenir à ses besoins de toutes nos forces, plus que jamais. Pour cette même raison, la Fraternité Saint-Pie X offre volontiers la souffrance causée par ces nouvelles sanctions, pour le bien de l’Église universelle et de Votre Sainteté.
Nous sommes certains qu’un jour Vous-même ou l’un de Vos successeurs voudra faire sien le programme de saint Pie X : « Tout restaurer dans le Christ », Instaurare omnia in Christo. En ce jour-là, le Saint-Père découvrira dans la Fraternité Saint-Pie X, non un amas de serpents et de scorpions, mais une petite armée de fils loyaux, prêts à tout pour Le soutenir dans la restauration de toutes choses en Notre-Seigneur, et pour revendiquer devant l’humanité entière les droits imprescriptibles du Christ-Roi sur toutes les âmes et sur toutes les nations.
En ce jour-là, le Saint-Père découvrira avec une grande joie et une profonde consolation des âmes authentiquement catholiques, dont le lien avec l’Église ne s’est jamais fondé sur les sables mouvants d’un dialogue ambigu, mais sur le roc de la foi de Pierre.
Nous demandons à la très sainte Vierge Marie de hâter la venue de ce jour, et nous souhaitons surtout à Votre Sainteté de connaître au plus tôt cette joie et cette consolation.
En attendant, si Vous le pouvez, malgré Votre récente décision, bénissez-nous comme Vos fils. Pour nous, rien n’a changé et jamais rien ne changera.
Confiant dans la divine Providence, à laquelle rien n’échappe et qui lit jusqu’au fond du cœur de chaque homme, je demeure, Très Saint-Père, votre très dévoué fils dans le Seigneur.
Don Davide Pagliarani
Lien permanent Catégories : Actualité, Débats, Eglise, Foi, Magistère, Structures ecclésiastiques 7 commentaires -
FSSPX : quelles sont les répercussions canoniques de ce nouveau schisme pour son clergé et ses fidèles ?
D'Ed. Condon sur le Pillar :
Comment l’Église peut limiter un schisme plus large au sein de la Fraternité Saint-Pie X
Le Vatican a établi des distinctions claires au sein du concept juridiquement flou de la Fraternité Saint-Pie X.
3 juillet 2026
Par un décret et une note explicative du Dicastère pour la doctrine de la foi, le Vatican a déclaré jeudi l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint-Pie X à la suite de leurs consécrations épiscopales illicites du 1er juillet.
Le libellé du décret était simple et précis, citant nommément les six hommes ayant directement participé aux consécrations qui constituaient, comme ils en avaient été préalablement avertis, un double crime canonique : les consécrations elles-mêmes et le schisme qu’elles manifestaient.
Si aucun observateur averti n’a jamais douté que telles seraient les conséquences pour les évêques, de nombreuses discussions ont eu lieu quant aux répercussions canoniques plus larges que ce nouveau schisme de la FSSPX aurait pour son clergé et ses fidèles.
Mais, si les interventions du DDF jeudi peuvent paraître logiques aux canonistes, la formulation exacte des réponses du Vatican a déjà fait l’objet d’une avalanche de commentaires, dont une grande partie remet en cause leur efficacité et leur cohérence juridique.
Le défi auquel la hiérarchie est désormais confrontée, tant à Rome qu’au niveau local, consistera à expliquer la position de l’Église — et à agir en conséquence — d’une manière qui réponde de façon cohérente aux arguments inévitables de la FSSPX selon lesquels elle existe au-dessus et au-delà de la discipline de l’Église.
Dans le cadre de cet effort, cependant, le DDF a déjà largement contribué à minimiser l’ampleur potentielle du schisme de la Fraternité Saint-Pie X en reconnaissant juridiquement les différentes relations que certains catholiques entretiennent avec la Fraternité et ses positions.
Les avis juridiques et les avertissements émis ces dernières semaines par le Dicastère pour la doctrine de la foi ont clairement indiqué que le Vatican adopterait une vision large, voire expansive selon certains, de l’étendue d’un schisme, en réitérant ses conseils juridiques sur les conditions dans lesquelles les prêtres et les laïcs affiliés à la FSSPX pourraient être considérés comme s’associant légalement à la rupture canonique, et donc passibles de sanctions.
Ces avis établissaient une distinction entre le clergé de la Fraternité et les laïcs qui s’associent à ses églises, et précisaient la nécessité d’une décision de la part d’une autorité ecclésiastique compétente pour déclarer que l’excommunication automatique avait été encourue.
Le décret publié jeudi par la DDF se terminait ainsi : « Les clercs et les fidèles laïcs sont avertis de ne pas adhérer au schisme de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, car ils encourraient ipso facto la peine d’excommunication latae sententiae. »
La définition exacte d’une telle adhésion a ensuite été précisée dans une note explicative jointe du dicastère qui, citant à nouveau la justification juridique précédemment fournie par le Vatican, expliquait qui, quand et pourquoi, parmi ceux qui s’associent à la Fraternité Saint-Pie X, devait être considéré comme en schisme et soumis à la peine automatique d’excommunication.
Les premières réactions à la note explicative, qui établissait une nouvelle fois une distinction entre le clergé et les laïcs, ont cherché à déterminer si celle-ci avait pour effet juridique de prononcer la peine d’excommunication pour schisme à l’encontre de toutes les personnes associées à la FSSPX.
D’un point de vue purement canonique, il semblerait évident qu’elle n’ait pas un tel effet, puisqu’une note explicative n’est pas un décret au sens juridique du terme — et parce qu’elle énonce les critères permettant d’évaluer à l’encontre de qui la peine pourrait et devrait être prononcée, plutôt que de procéder à cette évaluation dans des cas spécifiques.
Cependant, les premières réactions reposent sur l’hypothèse, probablement erronée, selon laquelle la note explicative de la DDF visait à prononcer l’excommunication de larges pans du clergé et des fidèles, plutôt qu’à définir les circonstances dans lesquelles de telles excommunications pourraient être prononcées. La différence est significative.
Comme l’ont souligné les canonistes au cours des semaines qui ont précédé les ordinations de la FSSPX, il serait juridiquement problématique, voire impossible, pour le Vatican de prononcer une peine canonique d’excommunication à l’encontre de toutes les personnes associées à la FSSPX dans un seul texte ou acte juridique.
Pour commencer, un principe canonique fondamental veut que les actes juridiques soient adressés à des personnes ou à des communautés capables — c’est-à-dire juridiquement reconnues — de les recevoir. Dans le cas de la Fraternité, l’Église ne reconnaît pas et n’a jamais reconnu la Fraternité Saint-Pie X comme une association juridique valide.
S’il est possible pour l’Église de reconnaître l’existence générale de la Fraternité Saint-Pie X (SSPX) en tant que groupe s’identifiant comme tel, celle-ci n’ayant toutefois pas d’existence juridique, le Vatican ne peut pas sanctionner ses « membres » en tant que tels, car il n’existe aucun critère juridique permettant d’établir l’appartenance à ce groupe.
Au lieu de cela, ce qu’a fait la DDF, tant dans la note explicative de jeudi que précédemment, c’est de décrire les circonstances dans lesquelles des clercs et des laïcs peuvent être considérés comme ayant adhéré volontairement au schisme du mouvement de la FSSPX, sans tenter de réaliser, ce qui est juridiquement impossible, un tel discernement pour toutes les personnes et tous les lieux dans un seul document.
L’intention apparente de la note explicative de la DDF est double.
Premièrement, elle met explicitement en évidence la nature schismatique de la FSSPX et les graves conséquences spirituelles et canoniques pour un catholique, prêtre ou laïc, qui s’y associe. Deuxièmement, elle expose l’argumentation canonique nécessaire qui permettrait aux autorités compétentes, à savoir très clairement les évêques locaux, de prendre les mesures nécessaires pour protéger et discipliner les catholiques de leurs diocèses.
Comme cela a été souligné, de telles mesures canoniques locales ont déjà été prises dans certains diocèses par le passé, et ont été confirmées par le Vatican en appel — ce qui démontre à la fois leur bien-fondé juridique et leur utilité pratique.
Aujourd’hui, cependant, la situation semble plus urgente, et la nécessité d’une action locale en réponse au schisme renouvelé de la FSSPX et à la réaction du Vatican apparaît bien plus pressante.
Tout au long des échanges entre la Fraternité et le Vatican au cours des mois qui ont suivi l’annonce des consécrations, les dirigeants de la Fraternité Saint-Pie X ont avancé l’argument selon lequel ils occupent une sorte de statut privilégié au sein de l’Église — étant en quelque sorte à la fois en communion avec le pape, tout en se situant en dehors de sa discipline et au-dessus des déclarations faisant autorité de la hiérarchie en matière de foi.
La FSSPX va désormais s’employer tout autant à convaincre autant de catholiques que possible que les jugements de Rome sont erronés et que les déclarations de la hiérarchie ne les lient pas. On trouve déjà en ligne une quantité considérable d’arguments selon lesquels le schisme de la FSSPX est à la fois justifié et n’en est pas un, et que les déclarations canoniques du Vatican manquent de poids et de force.
Au-delà des hyperboles parfois comiques et de la mauvaise foi évidente qui caractérisent le discours en ligne, cependant, de nombreux catholiques qui se sont sentis attirés par les chapelles et les liturgies de la FSSPX l’ont fait pour des raisons autres que la dissidence clairement affirmée de la Fraternité vis-à-vis de la discipline papale et de l’autorité doctrinale du Vatican.
En particulier à la suite de *Traditionis custodes*, nombreux sont ceux qui estimeront également avoir fait un choix justifié en répondant ainsi à leurs propres besoins liturgiques, face à des circonstances locales difficiles, voire délibérément provocatrices.
Il y aura, comme on peut d’ailleurs déjà le constater, une avalanche de questions et d’arguments visant à contester la description claire faite par le Vatican de la Fraternité Saint-Pie X comme un mouvement schismatique, face à des cas spécifiques, qu’ils soient réels ou hypothétiques.
La mesure dans laquelle le danger posé par le schisme, et par les tentatives persistantes de la FSSPX de convaincre des catholiques de s’y rallier, sera atténué dépendra en grande partie de la capacité de la hiérarchie, à tous les niveaux, à adopter, amplifier, clarifier et codifier les orientations du DDF en les adaptant aux spécificités des personnes et des lieux.
Le Vatican lui-même semble en avoir pris conscience : peu après la déclaration d’excommunication des évêques de la FSSPX et la note explicative précisant qui d’autre pouvait tomber dans le schisme et de quelle manière, le Vatican a publié un protocole destiné aux prêtres et aux laïcs affiliés à la Fraternité afin qu’ils reviennent en communion avec l’Église.
Pour les prêtres de la Fraternité – dont les directives juridiques en vigueur du Vatican précisent depuis des années qu’ils peuvent, du fait de se mettre au service de la FSSPX, être considérés comme ayant formellement adhéré au schisme de ses dirigeants –, diverses démarches doivent être entreprises pour renoncer au schisme et réaffirmer les enseignements de l’Église ainsi que l’autorité du pape ; celles-ci requièrent, et c’est là un point crucial, l’intervention de l’évêque local.
Tout aussi crucial, en prévoyant le retour des laïcs à la communion avec l’Église après un schisme avec la Fraternité Saint-Pie X, le protocole précise clairement — là encore, conformément à des avis juridiques antérieurs du Vatican — que l’intention et l’effet schismatiques ne peuvent être présumés chez aucun laïc et ne peuvent être évalués qu’au cas par cas.
Bien qu’il existe certains indicateurs pouvant aider tant les autorités locales que les laïcs concernés eux-mêmes à évaluer leur degré de culpabilité probable — tels que la participation habituelle aux célébrations liturgiques de la FSSPX ou l’adhésion formelle à ses positions doctrinales —, rien ne doit être présumé d’office.
On peut toutefois considérer que la disposition la plus importante des protocoles de la DDF est la déclaration explicite selon laquelle « les laïcs qui ont fréquenté la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X uniquement pour des raisons liturgiques ou spirituelles [et] les laïcs qui, bien que conscients des tensions avec le Saint-Siège, ne rejettent pas le Magistère ni l’autorité du Souverain Pontife… ne doivent pas être considérés comme imputables ».
En l’affirmant clairement, le Vatican a tracé une ligne de démarcation autour de ces catholiques par ailleurs fidèles qui se sont retrouvés dans l’orbite de la Fraternité Saint-Pie X et de ses chapelles pour des raisons spirituelles personnelles, et les a distingués du schisme formel de la Fraternité elle-même.
Dans ses trois documents publiés jeudi, le Vatican a donc établi des distinctions importantes au sein du concept juridiquement flou de la Fraternité Saint-Pie X, en procédant à des appréciations canoniques très différentes quant à l’imputabilité et à la culpabilité de ses évêques, de ses prêtres et des différentes catégories de laïcs.
Il appartient désormais aux évêques locaux d’expliquer, dans leurs diocèses, la nature et la portée de ces distinctions, ainsi que leurs différentes conséquences pratiques et canoniques. L’efficacité et la cohérence avec lesquelles ils s’acquitteront de cette tâche détermineront probablement l’ampleur et la profondeur réelles du schisme de la FSSPX.
-
Pourquoi les laïcs ne sont pas autorisés à prononcer l'homélie
L’Église catholique n’autorise pas les laïcs à prononcer l’homélie lors de la messe parce que celle-ci est intrinsèquement liée au ministère ordonné (sacrement de l’Ordre). Ce n’est pas une simple règle disciplinaire modifiable localement, mais une norme qui découle de la nature même de la liturgie. L’homélie n’est pas un simple discours motivant ; elle participe à l’action liturgique du Christ par son ministre ordonné. Autoriser les laïcs risquerait de relativiser le sacerdoce ministériel.
Les bases juridiques et théologiques
- Code de droit canonique (canon 767 §1) : « Parmi les formes de prédication, l’homélie, qui fait partie de la liturgie elle-même, est réservée au prêtre ou au diacre. » Elle explique les mystères de la foi et les normes de la vie chrétienne à partir des textes sacrés.
- Instruction générale du Missel romain (n° 66) et documents comme Redemptionis Sacramentum : L’homélie doit être donnée par le prêtre célébrant, ou exceptionnellement par un concélébrant ou un diacre, jamais par un laïc. Même les assistants pastoraux, catéchistes ou personnes hautement formées en sont exclus.
Cette règle a été rappelée fermement en juin 2026 par le Dicastère pour le Culte divin, qui a rejeté une demande des évêques allemands souhaitant une dérogation exceptionnelle. Le Vatican a insisté sur le fait que l’homélie n’est pas une simple intervention ou un commentaire biblique, mais un acte liturgique lié à la proclamation de l’Évangile et à l’unité entre Parole et Sacrement dans l’Eucharistie.
Pourquoi cette réserve au ministère ordonné ?
- Dimension sacramentelle : Le prêtre ou le diacre agit in persona Christi (au nom du Christ Tête) pendant la liturgie. L’homélie prolonge la proclamation de la Parole de Dieu de manière sacramentelle et pastorale. Les laïcs ont le sacerdoce commun des baptisés, mais pas le sacerdoce ministériel.
- Unité de la célébration : L’homélie fait partie intégrante de la Liturgie de la Parole et prépare à la Liturgie eucharistique. Elle n’est pas interchangeable avec d’autres formes de prédication.
- Tradition et théologie : Cela reflète la distinction entre le ministère ordonné (enseigner, sanctifier, gouverner de manière spécifique) et l’apostolat des laïcs, qui est surtout tourné vers le monde (évangélisation, témoignage dans la vie quotidienne, etc.).
Ce que les laïcs peuvent faire
Les laïcs peuvent prêcher dans d’autres contextes (canon 766) : réunions, retraites, célébrations de la Parole sans messe, etc., si nécessaire ou utile, selon les normes de la conférence épiscopale. Ils peuvent aussi :
- Proclamer les lectures (sauf l’Évangile).
- Animer des groupes de prière, catéchèse, formations.
- Témoigner et évangéliser dans le monde.
L’Église valorise fortement la contribution des laïcs, mais maintient cette distinction pour préserver le sens de la liturgie.
En résumé, ce n’est pas un manque de confiance envers les laïcs (beaucoup sont théologiquement compétents), mais une question de nature sacramentelle et liturgique de l’homélie. Cette position a été réaffirmée récemment et s’applique à toute l’Église.
Lien permanent Catégories : Actualité, Christianisme, Débats, Doctrine, Eglise, Foi, liturgie 2 commentaires -
Pourquoi la Révolution américaine a apporté la liberté — et la Révolution française, la terreur
De Solène Tadié sur le NCR :
Pourquoi la Révolution américaine a apporté la liberté — et la Révolution française, la terreur
COMMENTAIRE : L’expérience de Lafayette et d’autres vétérans de la guerre d’indépendance américaine explique pourquoi beaucoup en sont venus à considérer la Révolution française comme l’antithèse de la liberté qu’ils avaient défendue de l’autre côté de l’Atlantique.

« Serment de La Fayette à la Fête de la Fédération », Inconnu, ca. 1790-91, Musée Carvavalet, Paris (photo : Domaine Public) « L’humanité a obtenu gain de cause. La liberté ne sera plus jamais sans asile. »
Lorsque le marquis de Lafayette écrivit ces mots en 1781, peu après la victoire de l'armée continentale à Yorktown, il pensait avoir assisté à un événement que le reste du monde imiterait : un peuple se libérant de la tyrannie pour se gouverner comme il l'avait toujours souhaité.
En moins de dix ans, ce Français serait contraint à l'exil de sa patrie, qui se déchirait au nom des idéaux mêmes que son exemple avait contribué à inspirer, et passerait des années dans une prison autrichienne.
Le 250e anniversaire de l'indépendance américaine est l'occasion de célébrer la longue amitié franco-américaine. Mais c'est aussi l'opportunité d'aborder une question absente des commémorations officielles : les révolutions américaine et française étaient-elles véritablement des événements de même nature, séparés seulement par le temps et l'espace ?
Ceux qui ont vécu ces deux événements connaissaient la réponse. Nombre d'officiers français envoyés par le roi Louis XVI outre-Atlantique combattre aux côtés des insurgés coloniaux se retrouvèrent de l'autre côté des barricades lorsque la révolution éclata dans leur propre pays (1789-1799) : traqués, emprisonnés et exécutés par un régime qui se proclamait l'héritier légitime de la liberté pour laquelle ils avaient combattu en Amérique.
Révolutions politiques contre révolutions idéologiques
« Comparer les deux révolutions est une erreur », a déclaré au Register l’historien Reynald Sécher, l’un des plus éminents spécialistes français des mouvements contre-révolutionnaires et auteur de *Le génocide français : la Vendée* . « La Révolution américaine avait pour seul but de s’affranchir de la tutelle du roi d’Angleterre, une tutelle qui s’exprimait presque exclusivement par le biais d’obligations fiscales. Fondamentalement, les insurgés ne remettaient pas en cause la nature même de la société. »
La France, c'était une toute autre histoire, a déclaré Sécher.
« Les révolutionnaires avaient un programme précis », expliqua-t-il, « qui consistait à détruire la monarchie de droit divin et la société traditionnelle et ordonnée, pour les remplacer par un monde nouveau, un ordre nouveau, un homme nouveau. »
Il soutenait, en outre, que la Révolution américaine était de nature politique – visant à rompre avec une couronne lointaine qui avait abusé de ses droits – tandis que la Révolution française était purement idéologique. Selon Sécher, il s'agissait d'un projet de transformation fondamentale qui s'attaquait à tout ce qui échappait à son contrôle, y compris la foi du peuple.
La Constitution civile du clergé, la persécution systématique des prêtres résistants et la déchristianisation forcée de régions entières n'étaient pas de simples excès de ce mouvement, insistait Sécher, mais son corollaire naturel. Cette campagne contre la foi catholique a également abouti à l'exécution publique des seize carmélites de Compiègne pendant la Terreur, en 1794, pour avoir refusé d'abjurer leur vocation religieuse.
Le roi Louis XVI était entré en guerre aux États-Unis pour des raisons bien moins philosophiques que stratégiques ; la guerre de Sept Ans (1756-1763) avait coûté à la France son premier empire colonial, et soutenir les insurgés était une façon de régler ses comptes avec l'Angleterre.
Mais ce que les officiers envoyés outre-Atlantique découvrirent les marqua profondément. Ils rencontrèrent une société qui aspirait à l'autonomie sans pour autant bouleverser le monde dans lequel elle s'inscrivait. Les églises restaient actives et les institutions locales conservaient leur dynamisme, jouant même un rôle clé dans le processus d'indépendance. C'est cette expérience d'une liberté ordonnée et profondément enracinée que ces hommes rapportèrent chez eux. Et c'est précisément ce qui leur permit, le moment venu, de reconnaître l'inverse.
Les hommes qui connaissaient la différence
La France s'allia officiellement aux insurgés américains en 1778. Parmi les officiers déployés aux côtés des Américains figuraient plusieurs hommes qui allaient devenir par la suite des figures de proue de la résistance armée contre la Révolution française. « En réalité », notait Sécher, « la majorité des officiers de la Marine royale française rejetaient la révolution dans leur propre pays, ce qui entraîna des démissions massives et de nombreux exils. »
L'un des exemples les plus révélateurs de ce paradoxe est sans doute celui d'Armand Tuffin de La Rouërie. Noble et ami personnel du général George Washington, il s'illustra en combattant en Amérique, se forgeant une réputation de commandant courageux.
« Parlementaire et héritier d’une famille illustre, cet homme était un rebelle qui s’était soulevé contre son propre monde – le monde de la tradition – au nom de la liberté individuelle et collective », explique Sécher. « C’est avec cette logique qu’il s’est enrôlé aux côtés des insurgés américains. »
Pourtant, dès qu'il a remis le pied sur sa terre natale, une amère réalité s'est imposée à lui.
« Il comprit immédiatement que la nature de la révolution en cours était contraire au droit naturel — et que le seul véritable garant et protecteur de ce droit naturel était le roi, la monarchie de droit divin. »
Il organisa la résistance dans sa province natale de Bretagne et fonda un mouvement contre-révolutionnaire qui allait devenir la Chouannerie .
François-Athanase de Charette de la Contrie, autre vétéran des campagnes américaines, allait devenir la figure emblématique de la contre-révolution vendéenne. En 1793, cet officier de marine français fut sollicité par des paysans vendéens pour mener leur soulèvement contre une république qui fermait leurs églises et enrôlait de force leurs fils. L'armée qu'il commandait se nommait l'Armée catholique et royale.
« Il ne s’est pas battu pour la monarchie par nostalgie », a insisté Sécher, « mais parce qu’elle lui semblait le régime le mieux à même de défendre les droits naturels énoncés par le Christ, saint Thomas d’Aquin et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. C’est ce paradoxe que ses contemporains peinent à saisir. »
Au traité de La Jaunaye en 1795, les conditions qu'il obtint pour les Vendéens étaient sans équivoque : la liberté de culte et l'exemption de la conscription – la défense des droits locaux et des libertés individuelles face à une révolution qui, selon son expérience, était synonyme de déchristianisation, de centralisation autoritaire et de conscription imposée de force aux campagnes. Il fut capturé et exécuté par les autorités républicaines en 1796.
Cette histoire reste gravée dans la mémoire collective d'une partie du pays. Au Puy-du-Fou, le célèbre parc historique vendéen où l'épopée de Charette est reconstituée chaque année devant des centaines de milliers de visiteurs, Nicolas de Villiers — dont le père, Philippe, fondateur du parc, se considère comme un héritier des combattants blancs de Vendée — conserve sur le mur de son bureau un certificat attestant que sa famille compte parmi les « Fils de la Révolution américaine ». Ce paradoxe, semble-t-il, n'a jamais nécessité d'explication.
Le verdict de Burke
Aucun contemporain n'a saisi plus clairement les enjeux qu'Edmund Burke, l'un des plus grands esprits de son temps, dès 1790. L'homme d'État et philosophe irlandais, qui avait défendu avec passion les colons américains au Parlement britannique — tout en s'opposant à leur indépendance totale —, était consterné par ce qu'il voyait se dérouler en France, considérant la révolution comme la fin de la chevalerie et l'extinction de la gloire de l'Europe.
Comme il l'écrivait dans sa brochure « Réflexions sur la Révolution de France », les révolutionnaires, contrairement aux Américains, mettaient en péril leur postérité en ne préservant pas l'héritage de leurs ancêtres. Burke exprimait avec force et clarté ce que des figures telles que La Rouërie et Charette avaient déjà compris par l'expérience du terrain.
« Tu as mal commencé », écrivait-il, « parce que tu as commencé par mépriser tout ce qui t’appartenait. Tu as établi ton commerce sans capital. »
Pour Burke, la liberté détachée de toute contrainte morale devenait inévitablement destructrice : « Il est inscrit dans la constitution éternelle des choses que les hommes à l’esprit intempérant ne peuvent être libres. Leurs passions forgent leurs chaînes. »
Ces réflexions restent tout aussi pertinentes 250 ans plus tard.
Ce qui distinguait la Révolution américaine de la Révolution française, c'était avant tout une conception de la liberté que les sociétés occidentales sont aujourd'hui contraintes de reconsidérer : l'idée que la liberté sans racines, sans héritage et sans ordre moral n'est qu'un prélude à la tyrannie.
-
Cardinal Müller : « Il faut laisser coexister l’ancien et le nouveau rite. »
De kath.net/news :
« Il faut laisser coexister l’ancien et le nouveau rite. Interdire le latin ? Cela fait le jeu des rebelles »
3 juillet 2026
Le cardinal Gerhard Müller : « Traditionis Custodes n’a pas eu d’effet positif… Certes, il ne peut y avoir de compromis sur les dogmes, mais dans la pastorale pratique, une certaine tolérance est tout à fait possible. »
Vatican (kath.net/pl) « Les mesures restrictives ont en fait servi de propagande aux partisans de Lefebvre, qui ont pu s’en servir pour diffuser leurs arguments. » C’est ce qu’explique le cardinal émérite de la Curie Gerhard Ludwig Müller dans un entretien avec Nico Spuntoni publié dans le journal italien « Il Giornale ». Les mesures restrictives devraient être levées « notamment parce que », selon Müller, « les partisans de Lefebvre peuvent faire de ces interdictions un symbole de résistance contre Rome ». Spuntoni décrit le préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi comme l’un « des plus éminents théologiens vivants » et comme « un membre très respecté du Collège cardinalice ». L’interview publiée dans « Il Giornale » est intitulée : « Laissez coexister les anciens et les nouveaux rites. Interdire le latin ? « Cela fait le jeu des rebelles ». Müller plaide pour que l’on mette fin à l’ère des restrictions imposées à la messe tridentine – qui a débuté en 2021 avec la publication de *Traditionis Custodes* – et que l’on revienne à la libéralisation de l’ancienne liturgie, dans l’esprit même de Ratzinger.
Selon l’ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, « Traditionis Custodes n’a pas eu d’effet positif. Exiger une obéissance aveugle par des méthodes autoritaires ne correspond pas à notre style – ce n’est pas la voie chrétienne. Certes, il ne peut y avoir de compromis sur les dogmes, mais dans la pastorale pratique, il peut tout à fait y avoir une certaine tolérance. »
Benoît XVI aurait « trouvé une bonne solution avec Summorum Pontificum, en reconnaissant pleinement l’ancien rite », ce qui aurait apporté une grande paix au sein de l’Église. Une fois de plus, le cardinal rappelle « que l’Église dispose de différents rites, qui prennent également des formes variées. On ne peut pas simplement interdire le rite dans sa forme traditionnelle. »
Depuis *Traditionis Custodes*, « l’attitude autoritaire de nombreux évêques, qui ne pensaient qu’à imposer des interdictions », n’a certainement pas aidé, explique Müller ; cela ne correspond pas non plus « au style d’un bon berger. Je pense qu’un peu d’autocritique s’impose ici. L’affirmation selon laquelle quiconque préfère le rite traditionnel rejette le Concile Vatican II est fausse. Selon la même logique, on pourrait dire que tous ceux qui préfèrent le Novus Ordo n’acceptent pas pour autant le Concile : il suffit de penser à la situation en Allemagne, où certains évêques aiment certes se référer au Concile, mais en rejettent systématiquement l’enseignement. »
Spuntoni a demandé comment il fallait répondre à ceux qui estiment que la soi-disant messe en latin nuit à l’unité ? Le cardinal Müller a répondu : « Comment pourrait-elle nuire, alors que les saints et les Pères de l’Église la célébraient sous cette forme ? Et le Concile Vatican II n’a jamais déclaré que la forme célébrée jusqu’alors était erronée ! Si l’on compare les deux formes, on constate d’un seul coup d’œil qu’il s’agit du même rite, qui ne diffère que par de très légères nuances. »
Le préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a ajouté dans une interview accordée à « Il Giornale » : « Je célèbre la liturgie selon la nouvelle forme, mais je n’ai eu aucune hésitation à accepter des invitations pour célébrer pour ces groupes et associations qui sont pleinement fidèles à l’Église. Il y a quelques années, j’ai célébré la messe de clôture du pèlerinage traditionnel à Chartres devant 22 000 jeunes. Comment pourrions-nous leur dire de rester chez eux s’ils préfèrent la messe selon la forme traditionnelle ? »
Interrogé sur la question, Mgr Müller apporte des précisions sur les idées fausses : « Il existe déjà au sein de l’Église des associations et des groupes qui célèbrent légitimement la forme traditionnelle tout en reconnaissant pleinement le Concile – en union avec le pape et le collège épiscopal. En effet, je dirais que l’autorisation sans réserve de cette forme liturgique et la promotion de l’acceptation du Concile offrent une solution à ceux qui – après la désobéissance liée aux ordinations de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X – souhaitent revenir à la pleine unité avec le pape, qui est le principe permanent de l’unité et le fondement de l’Église. »
Lien permanent Catégories : Actualité, Christianisme, Débats, Eglise, Foi, liturgie, Patrimoine religieux 0 commentaire -
Le Cardinal Tagle préside la première liturgie de béatification sur le sol vietnamien
De Marie-Lucile Kubacki sur le site de l'Agence Fides :
« Si vous choisissez Jésus, vous serez bienheureux ». Le Cardinal Tagle préside la première liturgie de béatification sur le sol vietnamien
2 juillet 2026
photo Giáo dục & Thời đại
Tac Say (Agence Fides) – Des dizaines de milliers de fidèles se sont rassemblés le 2 juillet 2026 au Centre de pèlerinage de Tac Say, dans la province de Ca Mau, diocèse de Can Tho, pour la messe de béatification du père François Xavier Truong Buu Diep, présidée par le Cardinal Luis Antonio G. Tagle, Pro-Préfet du Dicastère pour l’Évangélisation et envoyé pontifical au nom du Pape Léon XIV. Le quotidien vietnamien Giáo dục & Thời đại (Éducation & Temps), organe officiel du ministère de l’Éducation et de la Formation, a consacré un vaste reportage à cette célébration, devenant ainsi l’un des premiers médias nationaux à couvrir l’événement de manière détaillée.
Selon le journal, des pèlerins venus de tout le Vietnam et de l’étranger sont arrivés à Tac Say tout au long de la nuit ; certains ont dormi sous les abris des stations-service faute de logement, d’autres ont bravé les difficultés liées à leur âge avancé afin de « voir de leurs propres yeux » une béatification célébrée pour la première fois sur le sol vietnamien. La même source souligne que cet événement, préparé avec le soutien des autorités locales et grâce à une forte mobilisation pastorale, a été vécu comme «une grande joie pour l’Église catholique au Vietnam et une bénédiction pour tous», dans la continuité de la mémoire populaire du père Truong Buu Diep, prêtre proche des pauvres qui a donné sa vie pour protéger son troupeau.
Au début de son homélie, le Cardinal Tagle a décrit le nouveau bienheureux comme « une bénédiction de Dieu pour toute l’Église et pour l’humanité », soulignant que « grâce à lui, l’Église au Vietnam est elle aussi bénie ». Se référant aux Béatitudes, il a posé une question que, selon lui, de nombreux chrétiens peuvent porter dans leur cœur : « Comment un martyr comme le père François Xavier Truong Buu Diep, qui a été brutalement maltraité et tué, peut-il être considéré comme “bienheureux” ? N’est-il pas plus logique d’appeler un martyr “misérable” et “malheureux” plutôt que bienheureux ? ». Pour y répondre, il est revenu sur les paroles de Jésus dans Matthieu 5 : « Heureux ceux qui font œuvre de paix… Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice… Heureux êtes-vous lorsqu’on vous insultera et qu’on vous persécutera… », et il a conclu : « Ceux qui sont persécutés à cause de la justice et du nom de Jésus sont heureux car, bien qu’ils soient rejetés par le monde, ils seront récompensés dans le Royaume de Dieu. La persécution à cause de Jésus est la clé du bonheur. »
À ce propos, le Cardinal a souligné que la persécution ne devient une béatitude que si elle découle de l’appartenance au Christ : « Une personne ne peut accepter la persécution au nom de Jésus que si elle appartient à Jésus, et non au monde, si elle aime Jésus plus que le monde. » À la lumière de l’Évangile de Jean proclamé lors de la liturgie, il a rappelé que Jésus « nous a choisis parce que nous lui appartenons et non au mal, parce que nous gardons sa parole et non les mensonges répandus par le monde, et parce que nous sommes unis à lui même lorsque c’est dangereux et pas seulement lorsque cela nous arrange ». Un véritable disciple, a-t-il dit, « aime profondément Jésus, reste avec Lui et participe à sa persécution ». Ainsi, le bienheureux François Xavier Truong Buu Diep apparaît comme « celui qui invite chacun de nous à répondre à l’appel de Jésus, à choisir Jésus, à s’accrocher aux paroles de Jésus et à proclamer le nom de Jésus dans la vie quotidienne ». Le cardinal a ensuite traduit cet appel en questions concrètes pour les croyants d’aujourd’hui : « Que choisirons-nous : devenir riches par la corruption ou rester pauvres mais honnêtes ? Accumuler des biens dont nous n’avons pas besoin ou les partager avec les pauvres et les nécessiteux ? Rechercher notre propre sécurité et notre confort ou embrasser la souffrance des autres ? Si vous choisissez Jésus, vous serez bienheureux. Bienheureux êtes-vous, à l’instar du bienheureux François Xavier Truong Buu Diep ».
Dans la deuxième partie de son homélie, il a clarifié la notion de martyre en rappelant sa signification authentiquement chrétienne, loin de toute fascination pour la souffrance ou d’une forme d’héroïsme mondain, et ancrée au contraire dans le témoignage rendu au Christ. « Nous associons souvent le martyre à la souffrance et à la mort », a-t-il fait remarquer, « mais tout comme la béatitude pour la justice et pour le nom de Jésus, le martyre (marturia) signifie rendre témoignage à Jésus ». Le martyr, a-t-il expliqué, « proclame la vérité sur Jésus à travers ses paroles, ses actes et ses relations », et sa disposition à mourir « pour la vérité de Jésus confère une plus grande crédibilité à son témoignage ». Cela fait du martyr « un missionnaire par excellence ». Se référant à la deuxième lecture tirée de la Première lettre de Pierre — « Soyez toujours prêts à répondre à quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect » —, il a présenté le martyr comme un témoin doux, joyeux et courageux qui « maintient allumée la lumière de Jésus même lorsque ceux qui rejettent Jésus tentent de l’éteindre ».
Le bienheureux François Xavier Truong Buu Diep, a-t-il ajouté, « n’a jamais hésité à manifester la charité et la justice de Jésus envers les pauvres, l’amour de Jésus qui embrasse tout le monde, même les non-chrétiens, et la fidélité de Jésus, le Bon Pasteur, qui ne laisse pas son troupeau seul face aux loups, aux voleurs et aux pillards ».
Appliquée au contexte actuel, cette conception du martyre devient un discernement entre vérité et mensonge, simplicité et mode, humilité et orgueil. « Le bienheureux François Xavier nous invite tous à ne pas renier Jésus, mais à être des témoins ou des martyrs de sa vérité », a déclaré le Cardinal Tagle. « Je vous pose donc la question : que choisirons-nous ? Diffuser des fausses informations ou l’enseignement de Jésus ? Nous comporter et nous habiller selon la dernière mode ou selon la charité et la simplicité de Jésus ? Être fiers de nos succès mondains ou être fiers de Jésus ? ». Un véritable martyr, a-t-il insisté, « aide un monde désorienté à découvrir la vérité de Jésus. Le monde a besoin de véritables martyrs et de porteurs de vérité. N’allons pas grossir les rangs déjà grandissants des messagers du mensonge, de la haine, de la division et de la violence ».
Enfin, la troisième réflexion du Cardinal a mis en lumière l’espérance comme force intérieure qui soutient les martyrs dans leur union avec le Christ. Citant à nouveau la Première épître de Pierre, le Cardinal Tagle a rappelé aux fidèles que Jésus « a été mis à mort dans la chair, mais rendu vivant dans l’Esprit » et que sa mission « ne s’est pas achevée avec la souffrance et la mort, mais avec sa résurrection et sa glorification ». « Jésus est vraiment ressuscité », a-t-il proclamé. « Jésus règne désormais dans le Royaume de Dieu. Jésus, assis à la droite du Père, intercède pour nous. La foi dans le Seigneur ressuscité donne de l’espérance aux disciples et aux martyrs ». Il a évoqué le malfaiteur repentant qui supplia Jésus : « Souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton royaume », recevant la promesse : « Aujourd’hui, tu seras avec moi au paradis », tout comme saint Étienne qui, alors qu’il était lapidé, vit « les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu ». « Le monde peut nous oublier », a déclaré le Cardinal, « mais Jésus ressuscité se souviendra de nous pour toujours dans son Royaume, dès aujourd’hui ».
Dans cette perspective, le Pro-Préfet du Dicastère missionnaire a évoqué la grâce intérieure qui a sans doute soutenu le nouveau bienheureux : « Nous pouvons affirmer avec certitude que le bienheureux François Xavier a dû avoir une vision de Jésus, son Roi éternel, qui le voyait, se souvenait de lui et l’accueillait ». L’espérance en Christ rend les martyrs fermes mais doux face à leurs persécuteurs. Une fois encore, le Cardinal a invité les fidèles à faire des choix concrets : « Que choisirons-nous : mettre notre confiance dans les richesses terrestres ou dans les richesses éternelles du Royaume de Jésus ? Nous en remettre à la renommée, au nombre d’abonnés et aux « likes » sur les réseaux sociaux, ou à la promesse de Jésus d’être avec nous ? Compter sur les armes de la guerre ou sur le don de la paix de Jésus ? ». Revenant en conclusion sur les Béatitudes — « Heureux ceux qui font œuvre de paix… Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice » —, le Cardinal Tagle a confié l’Église à la Bienheureuse Vierge Marie, « Mère de la paix », et a invoqué le bienheureux François Xavier Truong Buu Diep comme un homme dont la vie de charité, de proximité avec les pauvres et de courage pastoral a culminé dans un martyre vécu non pas en quête de gloire, mais dans la fidélité au Christ et dans la protection de son troupeau. Pour l’Église au Vietnam et pour l’Église universelle, a-t-il suggéré, le nouveau Bienheureux offre une image du martyre qui n’est pas mondaine : non pas le culte de l’héroïsme individuel, mais un témoignage humble et crédible du Christ, enraciné dans l’amour, la vérité et l’espérance. C’est pourquoi la figure du bienheureux François Xavier Truong Buu Diep apparaît comme un maître silencieux mais exigeant pour les missionnaires et les disciples d’aujourd’hui, au Vietnam et dans le monde entier. (Agence Fides 2/7/2026)Lien permanent Catégories : Actualité, Christianisme, Eglise, Foi, International, Spiritualité, Témoignages 0 commentaire
