
BELGICATHO
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Liège, 6 juin : Fête-Dieu à l'église du Saint-Sacrement
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Dimanche de la Sainte Trinité; la prière de la bienheureuse Elisabeth de la Trinité

Masaccio - La Trinité (détail) (Florence - S. Maria Novella)
Elévation à la Sainte Trinité - de la bienheureuse Elisabeth de la Trinité
PRIÈRE DE LA BIENHEUREUSE ÉLISABETH DE LA TRINITÉ
Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
O mon Dieu, Trinité que j'adore,
aidez-moi à m'oublier entièrement
pour m'établir en vous, immobile et paisible
comme si déjà mon âme était dans l'éternité!
Que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir de Vous,
ô mon Immuable, mais que chaque minute m'emporte
plus loin dans la profondeur de votre Mystère.
Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel,
votre demeure aimée et le lieu de votre repos;
que je ne vous y laisse jamais seul,
mais que je sois là tout entière,
tout éveillée en ma foi, tout adorante,
toute livrée à votre action créatrice.O mon Christ aimé crucifié par amour,
je voudrais être une épouse pour votre cœur;
je voudrais vous couvrir de gloire,
je voudrais vous aimer...jusqu'à en mourir!
Mais je sens mon impuissance et
je Vous demande de me revêtir de Vous-même,
d'identifier mon âme à tous les mouvements de votre Âme;
de me submerger, de m'envahir, de Vous substituer à moi,
afin que ma vie ne soit qu'un rayonnement de votre Vie.
Venez en moi comme Adorateur,
comme Réparateur et comme Sauveur.O Verbe éternel, parole de mon Dieu,
je veux passer ma vie à Vous écouter,
je veux me faire tout enseignable afin d'apprendre tout de Vous;
puis, à travers toutes les nuits, tous les vides,
toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et
demeurer sous votre grande lumière.
O mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse
plus sortir de votre rayonnement.O Feu consumant, Esprit d'amour,
survenez en moi afin qu'il se fasse en mon âme
comme une incarnation du Verbe;
que je Lui sois une humanité de surcroît,
en laquelle il renouvelle tout son mystère.Et vous, ô Père, penchez-Vous vers votre pauvre petite créature,
ne voyez en elle que le Bien-aimé en lequel
Vous avez mis toutes vos complaisances.O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude,
Solitude infinie, Immensité où je me perds,
je me livre à Vous comme une proie;
ensevelissez-vous en moi,
pour que je m'ensevelisse en Vous, en attendant
d'aller contempler en votre lumière l'abîme de vos grandeurs.Ainsi soit-il
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Que soit bénie la sainte et indivisible Trinité (Introit du dimanche de la Sainte Trinité)
IN FESTO SANCTISSIMÆ TRINITATIS
Ant. ad Introitum. Tob. 12, 6.
Benedícta sit sancta Trínitas atque indivísa Unitas : confitébimur ei, quia fecit nobíscum misericórdiam suam.
Bénie soit la sainte Trinité et son indivisible unité : glorifions-la, parce qu’elle a fait éclater sur nous sa miséricorde.
Ps. 8, 2.
Dómine, Dóminus noster, quam admirábile est nomen tuum in univérsa terra !
Seigneur notre Maître, que votre nom est admirable dans toute la terre !
V/. Glória Patri. -
Homélie pour le Dimanche de la Sainte Trinité
Homélie pour le Dimanche de la Trinité
par le Père Simon Noël osb (archive 2017) (source)
Souvent nous devrions remercier le Seigneur dans notre prière de nous avoir faits chrétiens, de nous avoir donné la foi catholique, la connaissance de Dieu et de son mystère trinitaire. Oui, quel Dieu magnifique est le Dieu en lequel nous croyons : Dieu unique en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
Dans la première lecture, Dieu se révèle comme un Dieu tendre et miséricordieux. Dieu avait dit, la première fois qu'il était apparu à Moïse, qu'il était Celui qui est. Cela veut dire que Dieu est le seul être qui existe par lui-même, qui soit éternel. Nous, nous existons parce que nous avons été créés, parce que nous avons été désirés par Dieu, parce que nous sommes aimés de Dieu. Dieu est non seulement l'être éternel, que nous devons adorer, mais il est aussi l'amour éternel, que nous devons aimer en retour et en qui nous devons avoir une totale confiance.C'est ce que saint Jean nous dit dans l'évangile : Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. A l'origine, Dieu avait créé l'homme pour qu'il soit heureux sur la terre et qu'ensuite il jouisse de Dieu dans l'éternité. Mais l'homme a désobéi et s'est détourné de l'amitié divine. Le péché est entré dans le monde et avec lui la souffrance et la mort. Mais Dieu n'a pas rejeté l'homme. Il a envoyé son Fils, comme Sauveur, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais obtienne la vie éternelle.
Beaucoup de gens croient que Dieu existe, mais Dieu reste tout de même un grand mystère. Pour nous, c'est Jésus qui nous a révélé le mystère de Dieu. Il nous a parlé de Dieu d'abord comme un Père, son propre Père à lui et aussi notre Père. Lui même s'est fait connaître comme étant le Fils. Puis il a promis la venue du Saint-Esprit. Ainsi Jésus nous a confirmé qu'il n'y a qu'un Dieu, mais que ce Dieu est Père, Fils, et Saint-Esprit. Une belle et vivante image du mystère divin est la rivière. Il y a d'abord la source, c'est la personne du Père. Ensuite la rivière qui naît perpétuellement de la source, c'est la personne du Fils. Enfin il y a le courant qui ne cesse de faire couler la rivière, c'est la personne de l'Esprit. Quant à l'eau, commune à la source, à la rivière et au courant, c'est l'unique nature ou substance divine, commune aux trois personnes. Un seul Dieu, trois personnes divines.Dans la deuxième lecture, saint Paul nous rappelle que la vie chrétienne doit être empreinte de joie, de paix et d'amour. La vie chrétienne est une vie qui se déroule au sein de la Trinité. C'est d'abord une vie dans la grâce du Seigneur Jésus-Christ. Parce qu'il est mort et ressuscité pour nous, le Christ nous a obtenu la grâce sanctifiante, et toutes les grâces actuelles dont nous avons besoin pour sauver notre âme et parvenir à la vie éternelle. La grâce sanctifiante fait de nous des enfants du Père, des membres du corps mystique de Jésus-Christ et des temples du Saint-Esprit.
Ensuite Paul nous parle de l'amour du Père. Le Père est amour et cet amour demeure en nous par l'Esprit-Saint qui a été répandu dans nos cœurs. Le Père est à l'origine de tout ce que Dieu a fait pour nous et c'est par amour que Dieu a fait toutes choses. Le dessein éternel du Père est un dessein d'amour.Enfin, Paul nous souhaite la communion du Saint-Esprit. Par la communion eucharistique nous sommes remplis du Saint-Esprit, qui en Dieu est l'amour personnel du Père et du Fils. Cet amour nous met dans une communion intime avec les trois personnes de la Sainte Trinité. Il nous met aussi en communion les uns avec les autres et avec toute l’Église.
Laissons-nous habiter par le mystère de la Sainte et indivisible Trinité. La Trinité au fond de notre cœur, c'est déjà le ciel sur la terre. Que la Vierge Marie, qui est la fille du Père, la mère du Fils et l'épouse du Saint-Esprit ne cesse de nous aider à grandir dans notre union aux trois personnes divines.Lien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Eglise, Foi, Spiritualité 0 commentaire -
Canada : tombes introuvables des enfants autochtones à Kamloops : à quand excuses et errata des grands médias ?
De Christian Rioux dans le Journal de Montréal via le site "Pour une école libre au Québec" :
Tombes introuvables des enfants autochtones à Kamloops : à quand excuses et errata des grands médias ?
Tout le monde se souvient de la terrible « découverte » faite à Kamloops, en Colombie-Britannique, il y a cinq ans, près d’un pensionnat autochtone. Plusieurs médias ont souligné cette semaine le cinquième anniversaire de ce qui avait alors ému le monde entier.
Sauf que, cinq ans plus tard, on n’a toujours pas trouvé la moindre trace de ces « charniers » ou « fosses communes » dont la presse internationale avait fait sa une. Pas le moindre petit bout d’os.
Piscine du pensionnat de Kamloops vers 1960
Un scandale mondial
Le 27 mai 2021, le chef du Conseil de bande local, Rosanne Casimir, avait affirmé que les restes de 215 enfants reposaient dans l’ancien verger du pensionnat de la réserve. Ce pensionnat était l’une des 130 institutions créées par le gouvernement fédéral canadien à l’époque.
En 24 heures, la nouvelle a fait le tour du monde. Du New York Times au Asahi Shimbun (Tokyo) en passant par Le Monde (Paris) et la Vanguardia (Barcelone), on annonça la découverte macabre sans lésiner sur les mots.
Et pourtant, personne n’a jamais entrevu l’ombre d’une tombe. Grâce à des fouilles au radar, des experts avaient bien repéré des « anomalies de terrain » pouvant représenter des « sépultures probables ». Mais rien de plus. Sans attendre les fouilles ni l’exhumation des corps, Justin Trudeau mit les drapeaux en berne et dénonça « un chapitre sombre et honteux » de l’histoire du Canada.
Or, ces fouilles n’ont jamais été faites et elles ne le seront probablement jamais. Dans les quelques pensionnats où elles furent entreprises, elles n’ont strictement rien donné. Et cela, malgré les 246,7 millions de dollars alloués par le gouvernement fédéral au Fonds de soutien communautaire aux enfants disparus des pensionnats, dont 12,1 millions à la seule communauté de Kamloops. Des millions pour l’instant dépensés en vain.« Révisionnisme »?
On cherche encore les excuses et les erratums de ces médias, pourtant si prompts à dénoncer les fake news, qui ont contribué à cette gigantesque affabulation. Seuls quelques rares chroniqueurs et intellectuels ont eu le courage de braver les accusations de « révisionnisme ».
Parmi eux, l’historien Jacques Rouillard est certainement celui qui a été le plus lucide. Il rappelle qu’avant 1993, personne ne s’était plaint des pensionnats. Les anciens élèves tenaient même des conventums où ils célébraient leurs années d’étude. Comment imaginer que, durant toutes ces années, ni les religieux ni les enseignants, souvent eux-mêmes autochtones, n’aient pu témoigner de ces supposés « meurtres »?
Il n’est évidemment pas question de nier les conditions difficiles subies par les Autochtones dans ces internats. Ni la souffrance et le déracinement culturel qu’ont connus au cours des siècles les populations autochtones. Mais en quoi cette reconnaissance exigerait-elle de perpétuer une légende ? Légende qui, n’en doutons pas, refera surface l’année prochaine...
Voir aussiL'utilité de la glorification des Premières Nations
Canada : quand le droit glisse vers une application différente selon le groupe ethnique
Racialisation de la justice : un Amérindien invoque ses origines pour écoper d'une peine moins lourde (2024, affaire Joseph George Sutherland)
Cette « réconciliation » avec les Premières Nations est un désastre pour le Canada
Critique du documentaire Sugarcane, Les Ombres d'un pensionnat (2024)
Manitoba — « La honteuse disparition de l'évêque Grandin »
Nouveau livre sur « Comment le Canada s’est trompé du tout au tout sur les pensionnats autochtones »
ECR — obsession pour les Amérindiens écologistes
Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne
Ce qu’on ne dit jamais : certains Autochtones ont grandement apprécié leur pensionnat
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France : un groupe parlementaire veut forcer les prêtres à briser le secret de la confession
De Philippe Marie sur Tribune Chrétienne :
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Quand le scoutisme catholique européen veut former des militants LGBT
De "Tribune chrétienne" :
« Scout toujours, gay ! » : quand le scoutisme catholique européen veut former des militants LGBT
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Un évêque italien exhorte les catholiques à évangéliser les musulmans
De sur The European Conservative :
Un évêque italien exhorte les catholiques à évangéliser les musulmans
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Magnifica humanitas : une magnifique encyclique, mais aussi incohérente sur la guerre et la paix
De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :
Magnifique encyclique, mais aussi incohérente sur la guerre et la paix
“Désarmée et désarmante”: voilà comment devrait également être l’intelligence artificielle selon le pape Léon. Dans son encyclique “Magnifica humanitas”, il consacre tout un chapitre, le cinquième et dernier, à s’opposer à la “culture de la puissance” qui normalise la guerre, élevée au rang de “prolongement naturel de la politique” alors que les développements technologiques sont désormais en mesure d’imposer même “dépassement de la théorie de la ‘guerre juste’ trop souvent invoquée pour justifier n’importe quelle guerre, sous réserve du droit à la légitime défense dans son sens le plus strict”.
Dans les 240 pages que compte ce document, on retrouve de nombreuses invectives contre les guerres et les armes mais à peine quelques lignes – aux paragraphes 192 et 197 – consacrées à reconnaître que “l’usage de la force armée ne doit intervenir en dernier recours, en cas de légitime défense”, mais qu’on ne pourrait cependant plus qualifier de “juste”.
Pour appuyer cette thèse, dans une note de bas de page, la n°182, le pape Léon renvoie à l’encyclique “Fratelli tutti” du pape François, qui a en effet été le premier à déclarer dans un document pontifical qu’il était “très difficile aujourd’hui de défendre les critères rationnels, mûris en d’autres temps, pour parler d’une possible ‘guerre juste’”.
Mais dans la même note, le pape Léon renvoie également au Catéchisme de l’Église catholique, d’une valeur magistérielle bien supérieure, qui réaffirme en revanche au n°2309 le bien-fondé de “la doctrine dite de la ‘guerre juste’” et qui énumère “les strictes conditions d’une légitime défense par la force militaire” et qui résume comme suit, au n°2308, l’enseignement de l’Église, avec les mots de la constitution “Gaudium et spes” du Concile Vatican II : Aussi longtemps cependant "que le risque de guerre subsistera, qu’il n’y aura pas d’autorité internationale compétente et disposant de forces suffisantes, on ne saurait dénier aux gouvernements, une fois épuisées toutes les possibilités de règlement pacifique, le droit de légitime défense”. Un droit – précise le Catéchisme au n°2265 – qui “peut être un devoir grave, pour qui est responsable de la vie d’autrui”, étant donné que “la défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire” incluant “le droit de recourir même aux armes”.
Selon le Catéchisme, les “conditions strictes” susceptibles de justifier une guerre défensive sont au nombre de quatre et doivent être rencontrées cumulativement :
- “Que le dommage infligé par l’agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain.”
- “Que tous les autres moyens d’y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces.”
- “Que soient réunies les conditions sérieuses de succès.”
- “Que l’emploi des armes n’entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer. La puissance des moyens modernes de destruction pèse très lourdement dans l’appréciation de cette condition.”
Si c’est bien ce que nous disent les documents magistériels de l’Église, il faut donc reconnaître que, sur la question de la “guerre juste” et de la légitime défense, l’encyclique “Magnifica humanitas” pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.
Premièrement par la contradiction entre la “légitimité” reconnue à une guerre de défense armée s’inscrivant dans le cadre des conditions fixées par le Catéchisme et la négation de la qualification de “juste” à une telle guerre.
Deuxièmement par la disproportion flagrante entre la quantité d’invectives contre toutes les guerres et les armes, non seulement dans “Magnifica humanitas” mais aussi dans de nombreuses autres interventions orales et écrites du pontificat actuel, et les très rares et dérisoires références à la légitimité de la guerre défensive, pourtant reconnue.
Et troisièmement, par le contraste entre le soutien de fait apporté par le pape Léon à l’héroïque guerre de défense menée par l’Ukraine contre l’agresseur russe et les nombreux discours dans lesquels ce même pape condamne toutes les guerres et les armes, apparemment sans exception.
Toutes ces contradictions sont mises en lumière avec une rare finesse documentaire par Luca Diotallevi, professeur de sociologie à l’Université de Rome III et aux Facultés théologiques de l’Italie septentrionale dans une longue intervention que l’on retrouvera dans le dernier numéro de la prestigieuse revue “Il Regno”, proposée en lecture intégrale y compris pour les non-abonnés.
L’analyse du professeur Diotallevi montre combien ces contradictions ont marqué les dernières décennies de la vie de l’Église à tous les niveaux, jusqu’au sommet de la hiérarchie, tout en passant sous silence le pontificat de François – sur lequel un jugement semble “prématuré” – et plus encore sur celui de Léon.
On retrouve en effet dans l’Église un certain pacifisme qui non seulement tait ce que le Catéchisme dit noir sur blanc mais aussi ce que Paul VI avait déclaré aux Nations Unies le 4 octobre 1965 outre son cri très souvent cité “jamais plus la guerre, jamais plus la guerre!”, d’ailleurs repris tel quel dans l’encyclique “Magnifica humanitas”, c’est-à-dire que “Tant que l'homme restera l'être faible, changeant, et même méchant qu'il se montre souvent, les armes défensives seront, hélas!, nécessaires.”
Personne ne semble davantage se rappeler l’appel de Jean-Paul II en 1992 devant les Nations Unies et l’Europe à “désarmer l’agresseur” dans les Balkans en guerre : “La conscience de l'humanité, désormais soutenue par les dispositions du droit international humanitaire, demande que soit rendue obligatoire l'ingérence humanitaire dans les situations qui compromettent gravement la survie de peuples et de groupes ethniques entiers : c'est là un devoir pour les nations et la communauté internationale.”
On oublie aussi l’affirmation nette de Joseph Ratzinger le 4 juin 2004 à l’occasion de la commémoration du débarquement de Normandie, qui a sonné le début de la fin de la domination nazie et de la victoire du monde libre : “S’il y a eu jamais, dans l’histoire, un bellum justum, c’est bien ici, dans l’engagement des Alliés, car l’intervention servait finalement aussi au bien de ceux contre le pays desquels a été menée la guerre.”
Sur le terrain des faits, il n’y a aucun doute que le pape Léon – à la différence de son prédécesseur François qui en était venu à demander à l’Ukraine de hisser “le drapeau blanc” – considère comme “juste” la défense armée déployée par la nation ukrainienne contre l’agression russe. On se souvient du jugement tranché qu’il a posé sur ce conflit avant d’être élu pape. Et on peut se douter que ce jugement tient toujours aujourd’hui, si l’on prend la peine de décrypter ses faits et gestes.
On peut prendre pour exemple ce qu’il a déclaré à l’occasion du quatrième anniversaire de l’agression russe, à l’Angélus du 22 février 2026 : “Quatre ans se sont écoulés depuis le début de la guerre contre l’Ukraine. Mon cœur se tourne encore vers la situation dramatique qui est sous les yeux de tous : combien de victimes, combien de vies et de familles brisées, combien de destructions, combien de souffrances indicibles ! J’invite tout le monde à se joindre à la prière pour le peuple ukrainien meurtri.”
Ou encore ce que le pape Léon a déclaré lors de l’audience générale de mercredi dernier après l’aggravation des attaques russes contre la population civile : “Je suis avec une profonde préoccupation l’évolution du conflit en Ukraine, qui connaît ces jours-ci une intensification dramatique. Je tiens à exprimer ma proximité envers toutes les victimes des récentes attaques, particulièrement lorsque celles-ci touchent des populations civiles. Là où s’abattent les missiles et les drones, ce sont les espérances qui s’effondrent, les foyers et les lieux de prière qui sont réduits en cendres, et des vies innocentes qui sont brisées.”
Mais si on ne peut remettre en question la solidarité du pape Léon avec le peuple ukrainien qui combat pour défendre sa liberté et sa vie, il semble incohérent que de tels soutiens soient assortis de condamnations aussi fréquentes que généralisées sur les dépenses militaires, comme si ces dernières étaient toutes et toujours peccamineuses.
L’encyclique “Magnifica humanitas” est truffée de telles condamnations. Mais elles se trouvent résumées dans le discours que le pape Léon a prononcé le 14 mai dernier à l’occasion de sa visite à l’Université “La Sapienza” de Rome : “Au cours de l’année écoulée, l’augmentation des dépenses militaires dans le monde, et en particulier en Europe, a été considérable : on ne peut appeler ‘défense’ un réarmement qui accroît les tensions et l’insécurité, appauvrit les investissements dans l’éducation et la santé, dément la confiance dans la diplomatie, enrichit des élites qui se moquent du bien commun. Il faut également être attentif au développement et à l’application des intelligences artificielles dans les domaines militaire et civil, afin qu’elles ne déresponsabilisent pas les choix humains et n’aggravent pas la tragédie des conflits. Ce qui se passe en Ukraine, à Gaza et dans les territoires palestiniens, au Liban et en Iran illustre l’évolution inhumaine de la relation entre la guerre et les nouvelles technologies, dans une spirale d’anéantissement. Que l’étude, la recherche et les investissements aillent dans la direction opposée : qu’ils soient un ‘oui’ radical à la vie ! Oui à la vie innocente, oui à la vie des jeunes, oui à la vie des peuples qui invoquent la paix et la justice !”.
On peut être d’accord avec plusieurs aspects de cette déclaration du pape, mais certains passages se heurtent à la réalité. Comment par exemple condamner la défense nécessaire dont l’Europe doit se doter – d’autant plus dans un contexte de désengagement croissant de l’allié américain – pour garantir sa propre sécurité contre des agressions futures et, de fait, contre celles qui s’exercent déjà depuis des années sur son flanc oriental, en Ukraine ?
On ne peut condamner a priori les innovations technologiques mises en œuvre par cette même Ukraine pour produire les systèmes de défense et d’attaque de drones de nouvelle génération les plus avancés au monde, en mesure de bloquer l’avancée russe.
Ces incohérences dans la prédication du pape Léon recueillent l’adhésion ininterrompue, qu’elle soit sincère ou calculée, d’une grande partie de l’opinion publique et des classes dirigeantes, à l’enseigne d’une invocation consensuelle à la paix.
Mais si l’on aspire véritablement à une paix juste, à une pax opus iustitiae, on ne peut pas davantage faire comme si elles n’existaient pas.
— — —Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent. -
La prière de Jeanne à Domrémy (Péguy)
Aujourd'hui, nous célébrons la fête de Jeanne d'Arc qui appartient à l'Eglise universelle et non seulement à la France. Qui a mieux célébré Jeanne que Charles Péguy? C'est l'occasion, en ces temps de détresse où la grande pitié de l'Eglise nous accable et où le mal semble partout triompher de méditer cette prière de Jeanne à Domrémy (Le Mystère de la Charité de Jeanne d'Arc) :Ô mon Dieu si on voyait seulement le commencement de votre règne. Si on voyait seulement se lever le soleil de votre règne. Mais rien, jamais rien. Vous nous avez envoyé votre Fils, que vous aimiez tant, votre fils est venu, qui a tant souffert, et il est mort, et rien, jamais rien. Si on voyait poindre seulement le jour de votre règne. Et vous avez envoyé vos saints, vous les avez appelés chacun par leur nom, vos autres fils les saints, et vos filles les saintes, et vos saints sont venus, et vos saintes sont venues, et rien, jamais rien.
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Jeanne d'Arc, une figure de foi et d'amour (30 mai)
Le texte intégral du « panégyrique de Jeanne d’Arc » prononcé par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, le samedi 30 mai 2015 en la cathédrale Notre-Dame de Rouen. (source)
Jeanne d'Arc, figure de foi et d'amour
Le cardinal Vingt-Trois encourage les Français à redécouvrir la figure de sainte Jeanne d’Arc, dont la vie « fut d’abord une affaire de foi chrétienne », et qui a « fait la guerre par amour des gens opprimés par la violence et les destructions sauvages, amour de son roi et de son pays, amour même de ses ennemis qu’elle s’emploie à convaincre de se retirer avant le combat ».
Dans le cadre des « Fêtes Jeanne d’Arc », le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, avait prononcé ce « panégyrique de Jeanne d’Arc » le samedi 30 mai 2015 en la cathédrale Notre-Dame de Rouen – ville où mourut la sainte.
Dans une société de chrétiens « vivant comme si Dieu n’existait pas », la « leçon de Jeanne d’Arc » est nécessaire, a-t-il souligné : « Quand il aurait été si commode de se taire, d’oublier, voire de renier l’appel de Dieu, quand une simple abjuration semblait capable de lui sauver la vie, elle ne voulut connaître que la fidélité à Celui qui était son seul Seigneur. »
Panégyrique de sainte Jeanne d’Arc, par le card. Vingt-Trois
Le 30 mai 1431, après avoir été jugée par le tribunal ecclésiastique et avoir été livrée à la justice séculière des anglo-normands, Jeanne d’Arc fut brûlée vive à Rouen sur la Place du Vieux-Marché et ses cendres jetées à la Seine depuis le pont où nous lui avons rendu hommage ce matin. Un quart de siècle plus tard, la sentence fut rapportée et Jeanne d’Arc réhabilitée. Prise dans l’étau d’une guerre civile dont notre pays a malheureusement trop souvent éprouvé les dégâts, Jeanne d’Arc a très vite, -et pour longtemps-, symbolisé une figure du patriotisme et de l’unité nationale. Sa canonisation en 1920 s’inscrit aussi dans la reconnaissance de ce symbole.
Cette canonisation a marqué un tournant dans les relations entre l’Église catholique et l’État français. Après les luttes passionnées qui avaient abouti à la loi de Séparation en 1905, les gouvernants des années vingt, héritiers politiques des grandes figures de la lutte anticléricale, n’ont pas hésité à prendre leur part de l’hommage rendu à Jeanne d’Arc. Au lieu d’ignorer, de combattre ou même d’interdire les solennités johanniques, ces gouvernants républicains trouvèrent plus utile à la société d’en faire une fête nationale et d’y associer étroitement l’État français lui-même. Le président de la République protestant, Gaston Doumergue n’hésita pas à présider personnellement en 1929 les fêtes johanniques à Orléans.
Dans les mêmes années vingt, l’Action Française se taillait une réputation militante à coups d’agressions, verbales ou physiques. Se présentant comme le dernier rempart du nationalisme et la seule école du patriotisme, elle fustigeait l’invasion de la France par des vagues d’immigration et faisait monter la haine contre ceux qu’elle appelait les « métèques ». Elle tentait de récupérer la fête de Jeanne d’Arc, récemment canonisée, et d’en tirer une caution religieuse que son opposition déclarée à la hiérarchie catholique lui rendait d’ailleurs inaccessible.
La laïcité de la République progressait mieux par l’inclusion des différences et leur gestion raisonnable que par l’interdit et l’exclusion des particularités. Ces gouvernants, sans renoncer à leurs convictions laïques, comprenaient que la force et la richesse d’une société dépendent plus de la vitalité de ses corps intermédiaires que de leur effacement, de leur marginalisation et moins encore de leur extinction. Leur laïcité était assez vigoureuse, -et peut-être, pour certains, était-elle devenue assez sereine !-, pour ne point trembler d’entretenir des relations publiques avec l’Église catholique.
Il n’est pas anecdotique que Jeanne d’Arc fût l’occasion symbolique de cette nouvelle étape des relations entre l’État français et l’Église catholique. Sa figure héroïque était demeurée très vive dans la conscience collective. Les épreuves récentes et sanglantes de la Première Guerre mondiale pour la défense du territoire national donnaient à sa canonisation un ton d’authentique actualité dans une France où le patriotisme n’avait pas encore sombré dans la défaveur qui l’identifie trop commodément à un nationalisme étroit.
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Les options du pape Léon concernant « Traditionis custodes »
De JD Flynn sur le Pillar :
Les options du pape Léon concernant « Traditionis custodes »
Que pourrait faire le pape au sujet de « Traditionis custodes » ?28 mai 2026
Quoi qu’il arrive cet été, le pape Léon XIV devra certainement faire preuve de fermeté face à la Fraternité Saint-Pie X, basée en Suisse, et à la détermination de ce groupe à consacrer de nouveaux évêques malgré l’interdiction papale qui s’y oppose
Alors que le Vatican du pape Léon a promis des sanctions rapides si le groupe allait de l’avant, la controverse a attiré l’attention internationale, compte tenu notamment des termes sans concession dans lesquels la situation peut être décrite, et de l’intérêt croissant porté aux rites liturgiques préconciliaires depuis que le pape François en a restreint l’usage en 2021.
Pour certains, la confrontation entre le pape et la FSSPX soulève des questions sur l’obéissance et l’autorité dans une Église hiérarchisée. Mais pour d’autres, elle soulève des questions sur la manière dont Léon va gérer les séquelles chaotiques des efforts de son prédécesseur pour restreindre la forme extraordinaire de la messe, en particulier au vu de sa popularité apparemment croissante parmi les jeunes catholiques en Occident.
Faire face à cette situation sera plus qu’un test de détermination pour Léon. Ce sera un test de la créativité canonique et pastorale du pontife, face à une situation qui ne semble pas vouloir disparaître.
Le scénario le plus probable pour la FSSPX au cours de l'été est que ses évêques mettront en œuvre ce que le supérieur général, le père Davide Pagliarani, a annoncé qu'ils feraient : consacrer des évêques, malgré l'avertissement papal contre ce projet.
Il en résultera que les consacrés et les consécrateurs encourront la peine canonique d’excommunication, que Léon a laissé entendre que le Vatican était susceptible de prononcer officiellement — une mesure rare pour le Vatican, mais destinée à faire comprendre la gravité de la désobéissance de la FSSPX et à appeler ses dirigeants à revenir en communion avec le successeur de saint Pierre.
Ces dernières semaines, le cardinal Victor Fernandez, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a évoqué la possibilité que des prêtres ordinaires, voire des laïcs, encourent et voient prononcée l’excommunication susceptible d’être infligée aux dirigeants de la FSSPX. La perspective de prononcer cette sanction à l’encontre de laïcs semble peu probable.
Mais quelle que soit l’étendue des sanctions prononcées et rendues publiques à l’encontre de la Fraternité Saint-Pie X, la situation concernant ses dirigeants ne manquera pas de soulever une question au sujet de ceux qui assistent actuellement aux liturgies du groupe : « Et eux, alors ? »
En résumé, étant donné que les dirigeants de la Fraternité Saint-Pie X seront très certainement sanctionnés cet été, il est naturel que les événements en cours soulèvent des questions quant à savoir si l’Église va reconsidérer ses accommodements envers les laïcs catholiques attachés aux liturgies préconciliaires — si, de manière encore plus définitive, ils doivent éviter les messes célébrées par la Fraternité Saint-Pie X, où devront-ils se rendre ?
C’est pour cette raison – entre autres – que l’on pense généralement que Léon XIV envisage actuellement de modifier ou de réexaminer les restrictions de 2021 sur la liturgie préconciliaire établies par le pape François dans Traditionis custodes.
Au cours des dernières semaines, la liste des audiences privées du pape a compté plusieurs personnalités susceptibles d’avoir un poids sur la question, notamment un groupe d’érudits dont le livre sur le phénomène des catholiques traditionalistes en Occident est à paraître, ainsi qu’un certain nombre de clercs ayant occupé des postes de responsabilité liturgique au sein de l’Église.
Et bien que le nombre de catholiques assistant régulièrement aux liturgies préconciliaires soit statistiquement faible dans le contexte global de l’Église, il semble croître parmi les jeunes catholiques et susciter l’attention et l’intérêt dans tout l’Occident catholique.
Et, à bien des égards, les restrictions imposées par le document Traditionis custodes de François n’ont guère contribué à endiguer ce phénomène — ce qui semblait pourtant être son objectif — et pourraient au contraire être mises en corrélation, à tout le moins, avec une montée en puissance de celui-ci.
À la lumière de cela, alors que la controverse autour de la FSSPX prend de l’ampleur, on peut s’attendre à ce que des questions se posent quant à savoir si le pape Léon compte s’attaquer à la situation créée par Traditionis.
S’il le fait, plusieurs options s’offrent à lui.
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L’objectif déclaré de Traditionis custodes est de réglementer l’usage des rubriques liturgiques préconciliaires dans le cadre d’une « recherche constante de la communion ecclésiale ». Mais, du moins en Occident, il n’est pas certain que cet objectif ait été atteint par le motu proprio : au contraire, on observe des signes d’une discorde croissante entre les adeptes de la liturgie traditionnelle et leurs évêques, les curés de paroisse se trouvant le plus souvent pris entre deux feux : sympathisants des communautés qu’ils ont accompagnées pastoralement, tout en souhaitant encourager l’obéissance à l’Église locale.Il est possible que Léon XIV revienne simplement sur la pertinence du motu proprio dans les mois à venir, en l’abrogeant purement et simplement tout en exhortant les évêques à mettre l’accent sur les textes liturgiques postconciliaires en tant qu’« expression unique du rite romain », tout en revenant au statu quo établi par *Summorum Pontificum*, cet ensemble de permissions accordées par Benoît XVI pour l’utilisation des textes liturgiques qu’il désignait sous le nom de « forme extraordinaire ».
Mais cela semble peu probable. Abroger Traditionis au profit de son prédécesseur immédiat serait perçu comme un rejet audacieux de l’auteur du motu proprio, le pape François, et donc comme une démarche s’écartant du style d’unité et de conciliation que Léon a adopté.
Il est également possible que Léon laisse Traditionis intact, tout en demandant au Dicastère pour le culte divin du Vatican de se montrer généreux dans l’octroi d’autorisations permettant aux prêtres de célébrer la forme extraordinaire, aux églises paroissiales d’être utilisées pour sa célébration, et à la création de nouvelles paroisses personnelles dédiées à l’observance des rites liturgiques préconciliaires. Certains indices laissent penser que les diplomates de Léon ont déjà indiqué cette approche, au moins à titre de mesure temporaire, dans plusieurs pays.
Mais l’appel du Vatican à une « nouvelle perspective » sur les inclusions liturgiques suggère que les projets de Léon pourraient bien être plus vastes qu’une simple interprétation « généreuse » de Traditionis, et que l’insistance de ses diplomates en faveur de cette approche auprès des conférences épiscopales n’est qu’une sorte de mesure temporaire.
Certains catholiques ont évoqué la possibilité de créer un ordinariat personnel, voire plusieurs, à l’intention des catholiques et des membres du clergé attachés à une liturgie traditionaliste — peut-être en guise de reconnaissance du solide réseau de communautés qui s’est constitué parmi les adeptes des liturgies d’avant le concile.
Cette option semble toutefois peu probable sous le pontificat de Léon XIV.
D'une part, le temps passé par Léon dans le diocèse de Chiclayo lui a permis d'acquérir de l'expérience dans la construction de l'unité entre des groupes de clergé séculier qui se chevauchent, étant donné que son diocèse comptait de nombreux prêtres de la prélature personnelle de l'Opus Dei, ainsi que des laïcs associés à cette prélature. Cela pourrait lui donner une idée des possibilités d'une structure distincte dotée d'une mission pastorale unique, et de la mesure dans laquelle celle-ci pourrait exister sans sectarisme.
D’autre part, l’objectif de Traditionis semble être de favoriser l’unité entre les catholiques, et l’idée d’une structure ecclésiale entièrement parallèle pour les catholiques traditionalistes n’est guère susceptible d’être perçue à Rome comme une voie vers l’unité ecclésiale souhaitée, en communion avec les évêques diocésains locaux et les autres catholiques locaux. En fait, un ordinariat personnel serait probablement considéré comme encourageant le genre d’insularité que Traditionis était censé combattre, et qu’il a, ironiquement, facilité dans certaines communautés.
De plus, les ordinariats créés pour le patrimoine anglican ont été confrontés à des problèmes récurrents liés aux réalités pratiques de la gestion financière et du personnel, et cette expérience a probablement suscité au sein du Siège apostolique une certaine réticence à l’idée de mettre en place des structures canoniques similaires.
Mais une possibilité plus probable serait une modification de Traditionis, qui encouragerait en fait la création de paroisses personnelles destinées aux catholiques attachés à la forme extraordinaire, ainsi que la publication de lignes directrices sur la meilleure façon de les intégrer dans les diocèses.
L’avantage d’une telle structure serait sans doute de permettre une relation étroite entre les communautés traditionalistes et leur évêque diocésain : plutôt que d’assister aux liturgies d’instituts religieux ou d’institutions proches du schisme comme la FSSPX, les catholiques de tendance liturgique traditionaliste resteraient intégrés dans une communauté faisant pleinement partie du diocèse où elle est implantée, et fonctionnant sous la charge pastorale directe et la supervision de l’évêque diocésain.
Cet encouragement pourrait s’accompagner d’instructions sur la manière dont les prêtres diocésains pourraient être sélectionnés, formés et affectés à ces paroisses, ainsi que de conseils destinés aux catholiques sur la manière d’entretenir des relations à la fois avec leur paroisse personnelle et avec les autres catholiques de leur territoire.
Et comme les paroisses personnelles ne sont pas territoriales — c'est-à-dire limitées au seul territoire d'un diocèse —, les directives relatives à leur création pourraient également inclure des indications sur la célébration de la forme extraordinaire en plusieurs lieux d'un même diocèse, afin de rassembler les catholiques de toute une région sous une seule structure paroissiale.
Une modification de Traditionis qui encourage les paroisses personnelles pourrait être perçue à Rome comme permettant, sous le pontificat de Léon, une « nouvelle perspective » qui assure « généreusement » à la fois la charge pastorale et la structure paroissiale des communautés traditionalistes, tout en donnant aux évêques une plus grande facilité de supervision et de discernement que ce qui était possible en vertu des termes de Summorum pontificum.
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Bien sûr, il appartient à la FSSPX elle-même de déterminer les choix que sa propre direction pourrait faire cet été, et comment le pape Léon pourrait y répondre.
Certaines personnalités ecclésiastiques ont même suggéré que la Fraternité pourrait bien renoncer à ses projets actuels et rechercher une forme de reconnaissance institutionnelle au sein de l’Église, peut-être sous la forme d’une prélature personnelle — « si, comme tout catholique, elle reconnaît la doctrine de l’Église dans son intégralité, y compris les décrets du Concile Vatican II, qui ne peuvent être authentiquement déclarés contraignants que par les évêques en union avec le pape et sous son autorité ».
Cela semble hautement improbable. Mais à mesure que les dirigeants de cette communauté se rapprochent de la perspective d’une excommunication officielle, des milliers de catholiques de son entourage chercheront un lieu d’accueil et d’accompagnement au sein de la communion de l’Église.
À en juger par certains signes, Léon semble disposé à leur offrir cela. Reste à savoir comment.
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