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BELGICATHO

  • Quand la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X présente une série documentaire consacrée à la vie et à l'apostolat de ses prêtres à travers le monde

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    Du site de la FSSPX :

    Réalisé sur une période de deux ans par deux jeunes étudiants de Suisse et d'Allemagne en collaboration avec la Maison générale de la FSSPX, ce documentaire ouvre une série en trois volets retraçant l'apostolat de la Fraternité à travers le monde.

    Sous-titres disponibles en plusieurs langues. Cliquez sur ⚙️ puis sur « Sous-titres » pour sélectionner votre langue. 

  • La théologie allemande a oublié le Christ

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    D'InfoVaticana :

    Le cardinal Kasper avertit désormais que la théologie allemande a oublié le Christ

    Kasper avertit désormais que la théologie allemande a oublié le Christ

    Le cardinal allemand Walter Kasper, l'une des figures théologiques les plus influentes de l'ère post-Vatican II et acteur clé de certains débats ecclésiaux qui ont façonné le cours de l'Église ces dernières décennies, estime aujourd'hui qu'une grande partie de la théologie de langue allemande a perdu de vue son essence : Jésus-Christ. À 93 ans, le cardinal déplore que la réflexion théologique se soit excessivement concentrée sur des questions ecclésiologiques, ministérielles et structurelles, reléguant la christologie au second plan.

    S'adressant à l'agence de presse autrichienne Kathpress , à l'occasion de la présentation à Vienne de son nouveau livre Jesus Christus auf der Spur , écrit en collaboration avec le théologien Jan-Heiner Tück, Kasper a déclaré qu'il était nécessaire de revenir « au centre de la théologie chrétienne et aux questions christologiques ».

    « La christologie a été oubliée »

    Selon le cardinal, la théologie allemande s'est progressivement restreinte au point de se retrouver piégée dans des débats sur l'Église et les ministères.

    « Nous nous sommes enlisés dans des questions ecclésiologiques et la question des ministères. Mais c'est une vision trop étroite. Il serait important de revenir au cœur de la théologie chrétienne et aux questions christologiques », a-t-il déclaré.

    Kasper a reconnu que les questions liées à l'Église sont importantes, mais a insisté sur le fait que la réponse chrétienne à la quête d'espoir et de sens de l'homme contemporain doit partir de Jésus-Christ et non de réformes structurelles.

    Critiques du chemin synodal allemand

    Kasper est l'un des théologiens qui, pendant des années, ont plaidé pour une plus grande décentralisation au sein de l'Église et un élargissement du champ d'action des Églises locales. De fait, son célèbre débat de 2001 avec le cardinal Joseph Ratzinger sur la relation entre l'Église universelle et les Églises particulières a préfiguré nombre des tensions qui entourent aujourd'hui la synodalité et le Chemin synodal allemand.

    Aujourd'hui, selon lui, il existe un espoir erroné de croire que les problèmes de l'Église peuvent être résolus simplement par des changements organisationnels.

    « On espère que tous les problèmes de l'Église seront résolus en la rendant plus démocratique », a-t-il déclaré.

    Bien qu’il ait précisé qu’il n’était pas opposé à la participation et à la coresponsabilité des fidèles, il considère qu’il est « théologiquement erroné » de penser que le renouveau de l’Église et de la foi puisse être réalisé de cette manière.

    Retour aux sources de la tradition

    Le cardinal a également défendu la nécessité pour la théologie de retrouver une conscience plus profonde de sa propre tradition intellectuelle et spirituelle.

    « On ne peut pas bâtir une nouvelle théologie sur un terrain vague », a-t-il fait remarquer. « Nous nous inscrivons dans une grande tradition et possédons un héritage vivant. »

    Pour Kasper, les Pères de l'Église et les grands théologiens médiévaux demeurent une source indispensable à la réflexion contemporaine. C'est pourquoi il a appelé à une plus grande attention portée à cet héritage et à un engagement renouvelé à puiser aux sources classiques de la foi chrétienne.

    L'amitié avec le Christ au centre

    Le cardinal a souligné que toute revitalisation de la christologie implique nécessairement une lecture attentive des Saintes Écritures. Il a notamment insisté sur l'importance d'approfondir les récits évangéliques pour mieux comprendre la personne du Christ.

    Seule une lecture attentive des textes bibliques et une véritable immersion dans les situations décrites dans le Nouveau Testament permettent, affirmait-il, d'établir une authentique « amitié avec le Christ ».

    Il est difficile d'ignorer la réflexion de Kasper, précisément à cause de son auteur. Ce même cardinal qui a défendu pendant des années une plus grande autonomie des Églises locales met désormais en garde contre le fait que la théologie allemande se soit enlisée dans des débats sur les structures, les ministères et les formes de gouvernement.

  • Comment l’imaginaire féminin a été dénaturé

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    Du Dr Marcus Peter sur le CWR :

    Comment l’imaginaire féminin est corrompu

    Seul le Seigneur, venu en tant qu’Époux, peut restaurer le génie féminin des décombres de l’idéologie et enseigner à une culture brisée que les hommes et les femmes ont été créés pour la communion plutôt que pour la conquête.

    14 juin 2026

    Le récent essai de Beatrice Scudeler sur le discours public concernant les femmes de la génération Z et la fascination d’Internet pour les « hommes qui aspirent à l’amour » met en lumière une vérité plutôt dérangeante pour une culture qui a passé soixante ans à dire aux femmes que le mariage est un esclavage, que la maternité est une mort sociale, que les tâches ménagères sont un gaspillage de talent, que la retenue sexuelle est une répression et que la dévotion masculine est probablement à deux doigts d’une microagression devant un tribunal universitaire.

    Cependant, elle souligne que l’étrange popularité d’hommes fictifs qui servent, protègent, se sacrifient et désirent une seule femme avec une constance disciplinée révèle que de nombreuses jeunes femmes aspirent encore à un amour fondé sur une alliance, même après avoir été conditionnées par la culture à mépriser les conditions mêmes qui rendent un tel amour possible.

    Le féminisme moderne a commencé par insister, à juste titre, sur l’égale dignité des femmes, car aucun chrétien sensé ne peut nier que la femme est créée à l’image de Dieu et qu’elle a la même destinée immortelle que l’homme. Pourtant, une grande partie du mouvement a progressivement troqué l’égalité contre l’uniformité, et cet échange s’est avéré désastreux car une femme ne gagne pas en dignité en étant mesurée selon des catégories industrielles masculines ou des habitudes sexuelles masculines (cf. Gn 1, 27 ; CEC, 2334 ; Mulieris Dignitatem, 6).

    Bon sens contre idéologie

    Christina Hoff Sommers, dans Who Stole Feminism? How Women Have Betrayed Women, a qualifié la vision plus ancienne et plus raisonnable de « féminisme d’équité », qu’elle a défini comme « la croyance en l’égalité sociale, juridique et politique totale des sexes », et le fait même qu’elle ait dû distinguer cette position sensée du féminisme idéologique de genre montre à quel point le débat s’est égaré dans un ressentiment théâtral déguisé en érudition.

    Le premier mensonge était que les femmes sont identiques aux hommes, ne se distinguant que par le conditionnement social. Une fois cette fiction entrée dans les veines de l’éducation, du droit, des médias et de la vie d’entreprise, la féminité elle-même a dû être traitée avec suspicion, car la fertilité, la maternité, la réceptivité, la différence incarnée et le génie féminin sont tous devenus des rappels embarrassants que la nature n’avait pas réussi à obtenir l’approbation du comité de la faculté.

    Camille Paglia, qui n’est certainement pas une porte-parole de la piété domestique catholique, l’a bien mieux compris que la plupart des bureaucrates ecclésiastiques. Elle a soutenu tout au long de son célèbre ouvrage *Sexual Personae* que la sexualité est liée à la nature, au pouvoir, à l’agressivité, à la beauté et à la vulnérabilité. Pendant ce temps, un féminisme puéril qui fait comme si les différences entre les sexes n’existaient pas expose les femmes à un monde qui les dépeint délibérément de manière erronée.

    Le deuxième mensonge était d’ordre économique et industriel ; on a dit aux femmes que leur valeur était déterminée par leur contribution mesurable au marché, ce qui signifie que la mère qui forme les âmes, régit l’atmosphère morale d’un foyer, transmet la langue, stabilise son mari, civilise ses enfants et crée la première école de l’amour est en quelque sorte moins importante que la femme qui répond à des courriels sous des néons pour une entreprise qui remplacera son mot de passe avant même que sa nécrologie ne soit imprimée (cf. Jean-Paul II, Laborem Exercens, 19 ; Mulieris Dignitatem, 18).

    C’est là que le monde moderne est devenu particulièrement ridicule, car il vante solennellement l’économie des soins dans ses documents d’orientation tout en méprisant discrètement la femme au foyer qui s’occupe réellement de ses proches, et il finance des conférences sans fin sur la fragmentation sociale tout en se moquant de la jeune mariée et de la mère dont la fidélité quotidienne empêche la civilisation de devenir un entrepôt de consommateurs solitaires avec des abonnements à des services de streaming et des factures de thérapie (Jean-Paul II, Familiaris Consortio, 42–46).

    Dans son ouvrage *Adam et Ève après la pilule : les paradoxes de la révolution sexuelle*, Mary Eberstadt soutient que la révolution sexuelle qui a suivi l’avènement de la contraception a rompu le lien entre sexualité, mariage, enfants, liens familiaux et religion. Son livre reste percutant précisément parce qu’il montre que la libération a engendré la solitude, l’instabilité familiale, la pornographie, la confusion relationnelle et l’étrange malheur de personnes qui ont obtenu le droit de tout faire mais ont perdu le sens de presque tout.

    Le troisième mensonge était l’arrogance éducative. On a dit aux femmes que l’éducation les libérerait de tout besoin des hommes, alors qu’une éducation digne de ce nom devrait préparer une personne à la vérité, à la sagesse, à la vertu, à la vocation et au service, plutôt que d’apprendre aux femmes à considérer la dépendance comme une dégradation et le mariage comme un programme de rattrapage pour celles qui sont trop sentimentales pour adorer l’autodépendance (cf. Jean-Paul II, Lettre aux femmes, 9 ; CEC, 2221–2231).

    La tragédie est que les femmes ont été encouragées à confondre le besoin avec la faiblesse, alors que tout être humain vient à l’existence par la dépendance, mûrit par la dépendance, survit par la dépendance et atteint la sainteté par la dépendance à l’égard de la grâce. Cela signifie que la guerre contre le besoin des hommes devient vite une guerre contre la condition humaine elle-même (Gn 2, 18 ; Jn 15, 5 ; CEC, 1996–2001).

    Le quatrième mensonge était celui de la libération sexuelle, qui promettait aux femmes la liberté par la disponibilité, alors qu’il a surtout appris aux hommes à rechercher le plaisir sans engagement et aux femmes à qualifier l’abandon d’émancipation. Ce doit être l’une des campagnes de marketing les plus réussies jamais conçues par l’irresponsabilité masculine sous une image de marque approuvée par les femmes (cf. Mary Eberstadt, Adam and Eve After the Pill, 23–49 ; Louise Perry, The Case Against the Sexual Revolution: A New Guide to Sex in the 21st Century, 1–18).

    Louise Perry, dans The Case Against the Sexual Revolution, expose la question avec une franchise admirable lorsqu’elle écrit que les hommes sont encouragés à adopter un « mode de “cavalière” », recherchant « tous les plaisirs du sexe facile sans aucune des responsabilités de l’engagement », et cette phrase à elle seule mérite d’être imprimée sur chaque dossier d’orientation universitaire dans le monde occidental.

    La pornographie et les applications de rencontre ont aggravé les dégâts en transformant l’imaginaire sexuel en un marché de nouveautés incessantes. L’industrie des médias a ensuite félicité les femmes de consommer et de produire du contenu explicite, tandis que les annonceurs monétisaient leur insécurité avec le sérieux moral d’un propriétaire de casino dispensant des conseils financiers.

    L’observation de Scudeler selon laquelle de nombreuses femmes de la génération Y ont été désensibilisées par les divertissements explicites est donc cruciale, car l’écran a endoctriné des générations entières à l’impatience sexuelle ; et une fois que le désir a été conditionné par la rapidité pornographique, l’âme perd le goût de la cour, de la modestie, de la patience, de la tendresse, du sacrifice et du drame profondément humain que représente le fait d’être choisie dans le cadre d’une alliance.

    Le cinquième mensonge était le ressentiment anti-masculin, qui a enseigné aux femmes que la masculinité elle-même est toxique, que le patriarcat explique toutes les blessures, que l’autorité conjugale est une domination, que la protection masculine est une oppression, et que la société doit être purifiée de toute structure paternelle par des experts qui, curieusement, ne remarquent jamais que les foyers sans père, l’effondrement des taux de mariage, la confusion sexuelle et l’isolement des femmes ont suivi leur parade de la victoire.

    Cette haine de la masculinité a nui aux femmes, car la plupart d’entre elles désirent des hommes forts sans cruauté, protecteurs sans possessivité, prêts au sacrifice sans faiblesse, et fidèles sans fragilité de façade ; c’est pourquoi le fantasme des « hommes qui aspirent » revient sans cesse dans la fiction, alors que la culture réelle a passé des décennies à humilier les vertus mêmes dont ces hommes ont besoin.

    La vision catholique

    La réponse catholique n’est ni la nostalgie ni la panique réactionnaire. L’Église ne demande pas aux femmes de devenir des objets décoratifs au sein d’un foyer masculin, et elle ne demande pas aux hommes de devenir des tyrans domestiques au vocabulaire baptisé. L’Écriture nous offre une vision nuptiale et d’alliance dans laquelle l’homme et la femme sont créés pour la communion, la fécondité, la fidélité et la sainteté devant le Dieu vivant (Gn 1, 27-28 ; 2, 18-24 ; Ep 5, 25-33 ; CEC, 1601-1605).

    La Genèse déclare que Dieu a créé l’humanité « homme et femme » et les a bénis de fécondité, tandis qu’Éphésiens révèle le mariage comme un mystère orienté vers le Christ et l’Église, et Proverbes 31 loue une femme dont la gestion du foyer, la prudence économique, la miséricorde, la force, la sagesse et la crainte du Seigneur font paraître les caricatures modernes de la féminité biblique douloureusement ignorantes (Gn 1, 27-28 ; Éph 5, 25-33 ; Prov 31, 10-31).

    Jean-Paul II apporte la correction finale car sa Théologie du corps considère le corps comme un signe sacramentel de la personne, puisque « le corps, et lui seul, est capable de rendre visible ce qui est invisible : le spirituel et le divin », ce qui signifie que le corps féminin n’est ni une matière première pour le commerce ni un costume pour l’invention de soi (Jean-Paul II, Audience générale, 20 février 1980).

    Il enseigne également que l’homme devient l’image de Dieu dans la communion, car la personne humaine reflète Dieu à travers la « communion des personnes que l’homme et la femme forment dès le commencement », et cela démolit toute idéologie qui oppose les sexes l’un à l’autre comme des rivaux permanents au sein d’une lutte politique froide (Jean-Paul II, Audience générale, 14 novembre 1979).

    Par conséquent, les catholiques doivent remettre la société sur la bonne voie en formant des hommes capables de protéger sans convoitise et des femmes capables de recevoir l’amour sans mépris d’elles-mêmes, en honorant le travail domestique sans mépriser l’éducation, en louant la maternité sans réduire les femmes à leur biologie, en défendant le mariage sans slogans sentimentaux, et en proclamant Jésus-Christ comme l’Époux dont l’amour d’alliance guérit le cœur féminin blessé et restaure l’âme masculine au service sacrificiel (Familiaris Consortio, 11–17 ; Éph 5, 25–33 ; Ap 19, 7–9).

    Le monde a menti aux femmes à l’aide d’un mégaphone étonnamment coûteux et puissant, mais l’Évangile continue de parler avec une autorité divine. La femme n’est ni la copie de l’homme, ni son ennemie, ni son jouet, puisqu’elle est la fille du Père, l’épouse dans l’alliance, la mère selon la nature ou la grâce, et la sœur en Christ dont la gloire se trouve dans la sainteté plutôt que dans l’imitation des vices typiquement masculins que le féminisme prétendait autrefois mépriser (Gn 1, 27 ; Ga 3, 28 ; Lc 1, 38 ; Mulieris Dignitatem, 11).

    L’Église doit donc proclamer à nouveau que la liberté est ordonnée à l’amour, que l’amour est ordonné à l’alliance, que l’alliance est ordonnée à la vie, et que la vie est ordonnée à Jésus-Christ. Seul le Seigneur, venu en tant qu’Époux, peut restaurer le génie féminin des décombres de l’idéologie et enseigner à une culture brisée que les hommes et les femmes ont été créés pour la communion plutôt que pour la conquête (Jn 3, 29 ; Éph 5, 25-33 ; Ap 21, 2 ; Mulieris Dignitatem, 30).

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    Le Dr Marcus Peter est directeur théologique d’Ave Maria Radio et du Kresta Institute, animateur radio de l’émission quotidienne Ave Maria in the Afternoon diffusée sur EWTN à l’heure de pointe, animateur télévisé de Unveiling the Covenants et d’autres séries, auteur prolifique, théologien biblique, commentateur culturel et conférencier international. Suivez son travail sur marcusbpeter.com.

  • A Rome : la Marche pour la vie avec un message surprise de Bocelli

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    De Fabrizio Cannone sur la NBQ :

    Marche pour la vie avec un message surprise de Bocelli

    Samedi dernier, Rome a accueilli la seizième édition de la manifestation pour la défense du caractère sacré de la vie, de la conception à la mort naturelle. Parmi les témoignages de « survivants » d'avortements conseillés par les médecins à leurs mères, qui, par une heureuse coïncidence, ont désobéi, figurait celui du célèbre ténor.

    15 juin 2026

    Photo de Mauro Scrobogna / LaPresse

    Sous un soleil de plomb, la seizième édition de la Manifestation nationale pro-vie s'est déroulée samedi à Rome, avec pour objectif de témoigner, protéger et promouvoir le caractère sacré de la vie humaine innocente, « de la conception à la mort naturelle ». La manifestation, qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes, s'est articulée autour de trois temps forts, d'égale intensité et parfaitement structurés, menés par Maria Rachele Ruiu, porte-parole de Pro Vita e Famiglia.

    Sur la Piazza della Repubblica, vers 14h30, lors de la première étape de l'événement , des représentants reconnus du mouvement pro-vie – médecins, militants, écrivains et activistes – ont prononcé de brèves allocutions, concluant par les encouragements fraternels du très jeune délégué de la Marche pour la Vie  . Les témoignages de plusieurs Italiens ordinaires, qui peuvent littéralement se qualifier de « survivants », ayant échappé de justesse à l'injuste « avortement thérapeutique » proposé par des médecins sans scrupules à leurs mères, ont été particulièrement émouvants.

    Le cortège proprement dit commença alors , comme toujours coloré, bruyant et rempli de familles, d'enfants et d'innombrables groupes religieux qu'il est impossible de nommer un par un. Parmi eux, nous tenons à mentionner le groupe « orange », formé par les jeunes enthousiastes des Voix de la Parole, groupe laïc de l'Institut du Verbe Incarné, qui, plus que quiconque peut-être, avec leurs tambours, leurs slogans et leurs chants, ont animé cette manifestation joyeuse et animée.

    Au-delà de la question morale primordiale – liée aux lois désastreuses sur l'avortement volontaire et l'euthanasie – nous sommes confrontés à un fait objectif et choquant qui devrait préoccuper tout le monde, et particulièrement en Italie, au-delà de toute barrière idéologique ou partisane : l'effondrement démographique manifeste du pays, qu'aucune « immigration de masse » ne pourra jamais enrayer. Aujourd'hui, tout le monde en est conscient et les politiciens qui s'alarment du vieillissement de la population sont nombreux. Pourtant, il est difficile d'admettre que les plus de six millions d'avortements pratiqués depuis la promulgation de la loi 194 (1978) ont été un facteur déterminant du déclin démographique actuel.

    De plus, au-delà de la solidarité justifiée envers les pauvres et les réfugiés cherchant asile dans notre pays, il serait injuste et immoral d'importer une population entière de remplacement ou de rechercher des mineurs non accompagnés à travers le monde, puisque notre population a cessé de procréer ou ne le fait que très rarement. En bref, au-delà d'un crime moral, l'avortement constitue aujourd'hui un crime social, un risque majeur pour la sécurité sociale et une triste « structure du péché ».

    Après une procession pacifique et ordonnée, les manifestants sont arrivés sur la Piazza San Giovanni, où le groupe de rock The Sun s'est produit .L'événement a alterné avec des discours plus longs que ceux prononcés lors de l'ouverture. Parmi les nombreux intervenants, citons Monseigneur Antonio Suetta, évêque de Vintimille-San Remo, qui a évoqué son initiative courageuse, les Cloches pour la Vie, qui sonnent chaque soir quelques coups de cloche en défense des enfants à naître oubliés.
    Massimo Gandolfini, l'un des pères fondateurs du Rassemblement Pro-Vie, a captivé, galvanisé et même ému l'auditoire en lisant divers témoignages pro-vie recueillis spécialement pour l'occasion.

    Sur le plan institutionnel, le message du président de la Chambre des députés, Lorenzo Fontana, a souligné que « choisir la vie » signifie en définitive « promouvoir une culture qui s'oppose à la logique de sélection et de marginalisation ». Mais cela signifie aussi construire une société meilleure, « capable de reconnaître en toute circonstance, même la plus difficile et la plus douloureuse, un don précieux à accueillir et à protéger ». Le président s'est engagé à « renforcer les dispositifs de soutien à la maternité » et, parallèlement, à étendre et à rendre plus accessible le « réseau de services sociaux et de santé », afin d'encourager les naissances et d'alléger le fardeau des soins « qui pèse encore lourdement sur les familles italiennes ».

    Toujours depuis la scène, et après avoir échangé quelques plaisanteries avec le public , Ruiu a créé un petit « coup de théâtre » en lisant une lettre touchante et inattendue du ténor Andrea Bocelli, qui y racontait brièvement son histoire. « Ma mère », écrivait l'artiste aux manifestants de samedi, « à qui les médecins avaient conseillé d'interrompre sa grossesse, a choisi de faire confiance à la vie et d'assumer ses responsabilités. » Pour lui, connu et respecté dans le monde entier, livrer ce petit « témoignage » à la manifestation pro-vie est un « privilège et un geste de gratitude ». Ce que nous voulons et devons tous faire, et ce à quoi les institutions publiques (quelle que soit leur affiliation politique) devraient s'engager, c'est soutenir toutes les femmes courageuses qui luttent pour la vie lors de grossesses difficiles et imprévues, notamment celles d'enfants à risque présentant des pathologies connues.

    Une brève digression s'impose toutefois. Il est facile aujourd'hui, presque convenu, de parler d'« inclusion des personnes handicapées » dans la société et à l'école, propos tenus avec hypocrisie par ceux qui promeuvent l'avortement jusqu'au neuvième mois pour les enfants atteints de trisomie 21 ou qui acceptent l'euthanasie pour les personnes dépressives comme une évidence. Il convient de noter, cependant, que l'interruption de grossesse, près d'un demi-siècle après la loi 194, est devenue un risque majeur précisément pour les enfants dont on prévoit la naissance avec une pathologie ou une « imperfection », comme le soulignait le statisticien Roberto Volpi il y a dix ans (cf. La Disparition des enfants atteints de trisomie 21 , Lindau, Turin, 2016).

    On espère que cette dernière manifestation pro-vie ne restera pas qu'un souvenir agréable pour les participants, mais qu'elle marquera le début d'une réforme éthique et politique en Italie et en Europe. Car, comme l'a déclaré le pape Léon XIV aux responsables politiques espagnols le 8 juin : « Si la vie cesse d'être reconnue comme une valeur fondamentale, quel avenir nos sociétés peuvent-elles espérer ? »

  • Léon XIV : un pontificat tourné vers les périphéries de la foi

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday vatican :

    Léon XIV : Aux périphéries de la foi

    15 juin 2026

    Il est peut-être un peu exagéré de dire que le pontificat de Léon XIV a débuté dans la péninsule ibérique, mais son récent séjour de six jours en Espagne a clairement donné le ton du pontificat auquel on peut s’attendre de sa part.

    Ce sera un pontificat tourné vers les périphéries de la foi, comme l’a fait le pape François tout au long du sien. La différence réside dans la manière dont nous comprenons ces périphéries.

    Au cours de son règne de douze ans, le pape François a soigneusement évité les pays aux traditions chrétiennes les plus anciennes. Il n’a jamais effectué de visite apostolique en France, préférant se rendre à Strasbourg en 2014 sans même s’arrêter à la cathédrale, qui célébrait son millénaire, puis faire un dernier effort pour visiter la Corse sans passer par Paris.

    L’Espagne non plus n’avait pas été une destination de prédilection pour le pape. Le seul projet qui a pu se concrétiser fut une escale aux îles Canaries lors de son dernier voyage (qui n’a jamais eu lieu) en Argentine, pour venir en aide aux migrants bloqués sur ces îles de l’Atlantique. Une escale à Madrid était, en tout cas, hors de question, et encore moins à Barcelone, même s’il était attendu à Manresa pour célébrer la fête de saint Ignace de Loyola.

    En Europe, le pape François avait privilégié les pays où la tradition catholique était minoritaire, à quelques exceptions près : la Lituanie, incluse dans une tournée des pays baltes qui l’avait conduit en Lettonie protestante et en Estonie agnostique ; et la Pologne, étape incontournable des Journées mondiales de la jeunesse. Sinon, François s’est principalement rendu dans des pays à majorité non catholique, tant en Europe que dans le reste du monde.

    Léon XIV a renversé cette tendance.

    Les premiers pays qu’il a choisis de visiter en Europe lors de ses voyages internationaux sont ceux qui possèdent une solide histoire catholique. Monaco, avant tout, est également un signe d’attention portée aux petits pays, démontrant que le Saint-Siège se tourne vers tous les États, et que tous les États ont effectivement un impact sur la Société des Nations.

    Il y a eu le récent voyage en Espagne. Bientôt, il se rendra à Saint-Marin, un voyage techniquement « international » même s’il ne le fera pas sortir de la péninsule italienne, un périple similaire à celui qui l’a conduit à Monaco. Ensuite, il se rendra en France, où il visitera non seulement la cathédrale Notre-Dame, qui a rouvert ses portes, mais se rendra également jusqu’à Metz, dans ces territoires frontaliers où le Concordat napoléonien est toujours en vigueur.

    Tout porte à croire que pour Léon XIV, la nouvelle évangélisation est le thème principal.

    Ce sont tous des lieux autrefois considérés comme le centre de la foi, la France étant souvent appelée « la fille aînée de l’Église », chacun doté d’un catholicisme ancestral récemment pris dans l’emprise d’un sécularisme avancé.

    Il s’agit toutefois de périphéries particulières. En France, notamment, on assiste à un retour à la foi que personne ne parvient à expliquer, et qui s’est traduit par une augmentation des baptêmes d’adultes au cours des cinq dernières années.

    Léon XIV a ainsi clairement défini sa mission : affermir la foi. Et où affermir la foi, sinon auprès des nations qui ont conservé une identité et un héritage chrétiens, mais semblent les avoir perdus ?

    Le voyage en Espagne en a été un exemple clair. La présence du pape a réveillé la foi comme personne ne l’aurait imaginé. Les 1,2 million de personnes rassemblées sur la Plaza Cibeles à Madrid en ont dit long sur le catholicisme profond du pays, mieux que n’importe quel discours.

    L’émotion des Barcelonais lors de la bénédiction de la tour de Jésus de la Sagrada Familia était palpable. Toujours à Barcelone, le pape s’est rendu au monastère de Montserrat, où l’on peut lire l’inscription : « La Catalogne sera chrétienne ou ne sera pas. »

    La présence d’un pape était nécessaire pour rappeler au peuple espagnol sa foi.

    Léon XIV s’est rendu aux Cortes, le parlement espagnol, où il a prononcé un discours monumental devant tous les députés. Même les députés du parti populiste Podemos se sont présentés à la chambre, bien qu’ils aient vivement critiqué la décision d’inviter le pape au départ.

    Dans un discours percutant, le pape s’est élevé contre le populisme et le nationalisme, mais aussi contre l’avortement et en faveur de la vie humaine, abordant des questions cruciales auxquelles sont confrontées toutes les factions politiques, sans exception.

    Avant tout, le pape a rappelé à l'Espagne l'héritage culturel que cette nation a légué au monde, à commencer par l'École de Salamanque et la pensée des brillants dominicains qui ont étudié les droits des peuples du Nouveau Monde, jetant ainsi les bases de ce qui allait devenir les droits de l'homme.

    Dans son discours au corps diplomatique, Léon XIV a évoqué deux autres saints espagnols, saint Jean de la Croix et sainte Thérèse d’Avila, les exhortant à bâtir l’État selon les principes chrétiens, en maintenant une laïcité saine, sans pour autant exclure la religion de la vie publique.

    Le discours prononcé devant les Cortes a suscité huit minutes d’applaudissements, ce qui est énorme dans une chambre à majorité socialiste et généralement anticléricale.

    Mais c’est à cela que sert la présence du pape.

    Elle sert à nous rappeler que lorsque nous en appelons à certains principes fondamentaux, nous le faisons en partant d’une pensée, celle de l’Église, qui reste à la racine de tout raisonnement. Elle sert à rappeler aux gens leur christianisme, quelque peu en sommeil parce qu’il manque du choc nécessaire que seule la présence du pape peut procurer.

    Voilà à quoi sert la présence du pape : rendre la foi vivante et présente, la faire sortir des catacombes de la pensée, remettre le Christ au centre, même aux périphéries de la foi.

    Le voyage en France devrait susciter le même enthousiasme, mais on peut imaginer que le pape se rende également en Angleterre, en Allemagne, peut-être en Autriche et en Croatie dans les années à venir, dans le cadre d’une tournée idéale au cœur de la foi européenne, d’où relancer le grand débat européen.

    En Espagne, le voyage du pape marquera un avant et un après. Mais il marquera sans doute aussi un avant et un après au cours de son pontificat. Car Léon XIV a dévoilé ses thèmes majeurs et mis en avant ses objectifs. Et il l’a fait au cours d’un voyage marqué par la joie et l’émotion, tant de la part du pape que de ceux qui y ont assisté.

    Nous avons besoin du pape pour nous confirmer dans la foi.

    C’est une vérité simple et l’un des objectifs premiers de la fonction pétrinienne dans l’Église, après tout, et Léon XIV s’y est pleinement consacré.

  • Pourquoi il faut prier le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson

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    De Denis Crouan sur le site "Pro liturgia" :

    « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » (Lc 10, 2).

    Si l’on écoute attentivement cette parole de l’Évangile, on remarque que Jésus parle de moisson abondante mais pas du tout d’un grand nombre d’ouvriers. Toutefois, il précise que les ouvriers peuvent et doivent être demandés à Dieu sans pour autant nous assurer que l’actuel manque d’ouvriers sera suivi d’un excédent de travailleurs. Il ne nous garantit, pour ainsi dire, qu’un « service minimum » qui - comme tout ce qui peut être obtenu de Dieu - reste toujours lié à une grâce.

    Il y a quelque temps, un évêque d’Allemagne du nord déclarait avec un désarmant sérieux épiscopal qu’il n’était plus nécessaire de prier pour les prêtres ; il ajoutait qu’il a été suffisamment démontré que cela ne servait à rien.

    À l’évidence non seulement cet évêque ne fait pas confiance à la parole de Jésus, mais en plus il ne l’écoute plus... Si toutefois il l’a un jour écoutée. Selon le jugement de cet évêque qui se croyait dans le vent en reprenant un slogan éculé des années 1968 et de la « théologie de la libération », la prédication de l’Évangile était vouée à l’échec dès le départ, Jésus lui-même n’ayant trouvé que douze « ouvrier » pour aller travailler à sa suite.

    Douze pour convaincre le monde entier ! Certes, du point de vue des normes modernes du marketing, c’est totalement irréaliste. Et pourtant... En d’autres termes, le nombre relativement réduit d’ « ouvriers » a été voulu par Jésus dès le commencement de sa mission terrestre ; de même qu’était voulue leur stricte dépendance de la grâce de Dieu et de la prière : « Priez le maître de la moisson… ».

    L’Église n’a jamais été et n’est toujours pas (malgré une bureaucratie productive de documents) une organisation fonctionnant sur la base d’une « planification du personnel » et d’un « plan d’entreprise » ; Jésus n’a pas demandé à ses disciples de nommer un directeur des ressources humaines. L’Église est et restera donc toujours totalement entre les mains de Dieu ; et puisqu’elle est d’origine divine, elle ne pourra compter que sur elle-même... A cet égard, elle n’est tout simplement pas de ce monde et c’est tant mieux.

    Certains peuvent soutenir qu’il n’y pas si longtemps, il y avait davantage de prêtres. C’est parfaitement exact. Cependant, il faut ajouter qu’il y avait aussi beaucoup plus de croyants. Si l’on met le nombre actuel de prêtres en rapport avec le nombre de catholiques qui pratiquent encore aujourd’hui, on constate alors qu’il n’y a, proportionnellement, pas moins de prêtres qu’il y a 50 ans. En d’autres termes, la pénurie de prêtres est un mythe. En vérité, ce ne sont pas les prêtres qui font défaut mais les croyants. Si le nombre de croyants devait augmenter, il n’y a aucun doute que le Seigneur susciterait plus de vocations sacerdotales. Quand nous déplorons le manque de prêtres, nous oublions généralement de voir que le sacerdoce ne germe pas sur un sol rendu stérile en raison du manque de foi, mais sur le sol fertile des communautés croyantes.

    Combien de fois, il y a une cinquantaine d’années, n’a-t-on pas entendu de la bouche de certains prêtres alors avant-gardiste que la diminution du nombre de prêtres était une chance pour l’Église car elle obligera les fidèles « à se prendre en mains » et à s’engager pour dynamiser les paroisses qui, enfin décléricalisées, deviendront véritablement vivantes et attractives comme l’étaient les premières communautés chrétiennes. Qu’ils étaient naïfs ces prêtres qui tenaient de tels propos et ces laïcs qui rêvaient de s’engager dans cette Église de l’avenir radieux !

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  • Exaudi Domine vocem meam (Exauce ma voix Seigneur) (Introït du 11ème dimanche)

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    Introitus Introit
    Ps. 26, 7 et 9  
    EXÁUDI, Dómine, vocem meam, qua clamávi ad te: adiútor meus esto, ne derelínquas me, neque despícias me, Deus salutáris meus. Ps. ibid., 1 Dóminus illuminátio mea, et salus mea, quem timébo ? ℣. Glória Patri. Exauce, Seigneur, ma voix, qui a crié vers Toi ; sois mon secours, ne m'abandonne pas, et ne me méprise pas, Dieu de mon salut. Ps. ibidem, 1. Le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrai-je ? ℣. Gloire au Père.
  • Dire aux hommes combien Dieu les aime (homélie pour le onzième dimanche du T.O.)

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    Jésus voit les gens désolés et abattus comme des brebis sans berger. Pourtant c’étaient des juifs, des gens qui connaissaient cette parole du Seigneur : vous serez mon domaine particulier… Je vous ai portés comme sur les ailes d’un aigle… Mais il n’y avait plus personne pour rendre cette parole de Dieu actuelle. Tout ce qu’ils vivaient leur faisait penser qu’ils étaient abandonnés de Dieu. Dieu les aimait tant et ils ne le savaient pas.

    Quand je suis arrivé dans ces paroisses, j’avais au cœur cette conviction : il faut faire sentir aux gens d’ici combien leur Père du ciel les aime. Et nous avons essayé de faire cela, en rendant la catéchèse attrayante, en centrant le cœur des enfants et des parents sur le cœur de Dieu. Nous avons essayé de le faire en préparant le mieux possible les fiancés au mariage, en accompagnant les personnes en deuil, en animant une bonne équipe de visiteurs de malades et de personnes âgées, et une bonne Conférence de Saint-Vincent de Paul qui visite les personnes dans le besoin. Mais ce n’est pas assez. L’amour de Dieu n’est pas encore assez connu. Nous nous sentons comme au temps de Jésus, des ouvriers peu nombreux devant la moisson abondante. Et Jésus a dit : « priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ». Alors nous allons faire deux choses aujourd’hui : puisque c’est l’amour de Dieu qu’il nous faut faire connaître, nous allons demander de pouvoir mieux le connaître, le sentir, y croire. Et puis nous allons dire au Seigneur : me voici, envoie-moi comme un ouvrier de ta moisson, même sans quitter mon travail, ma famille, mon quartier, même en continuant de vivre ici, avec ma femme, mon mari, mes enfants, mes petits-enfants, mes voisins… Mais fais de moi un ouvrier de ta moisson, un témoin de ton amour, quelqu’un qui donne envie de chercher l’amour de Dieu.

    Commençons par la première chose : mieux connaître l’amour de Dieu. Car Dieu a un cœur qui bat pour nous. Il n’est pas une force vague, une énergie, il a un cœur — ce qu’on dit souvent en disant qu’il est une personne, mais bien sûr cela ne veut pas dire qu’il a deux bras et deux jambes ! La bonne nouvelle que les apôtres doivent annoncer c’est que « le royaume des Cieux est tout proche », c’est que Dieu a fait le chemin vers nous, c’est que nous sommes aimés, c’est-à-dire regardés, considérés, désirés, attendus... Le regard de Dieu se pose sur nous.

    Saint Paul dit qu’il y a un lieu spécial où nous découvrons l’amour de Dieu : « la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. » Quand je contemple la croix je découvre l’amour du Christ pour moi, et je découvre ma valeur : tu as fait ça pour moi !

    La croix fait peur à certains, au point qu’ils n’en mettent plus dans leur maison. Nous aimerions que Jésus n’ait pas dû mourir pour nous. Mais il est mort parce que nous étions indifférents, que nous voulions n’en faire qu’à notre tête… Il est mort à cause de tout le mal qu’il y a dans le monde, et nous y avons notre part. La croix nous aide à ne pas minimiser notre responsabilité. Et elle nous aide aussi à ne pas être écrasés par ce que nous aurions fait de mal. Elle nous aide à ne pas croire que nous ne sommes pas dignes de cet amour. Sur la croix, le Christ nous dit : regarde, je t’aime malgré tout… mon amour est plus fort que tout le mal. À nous de goûter cet amour, de nous laisser aimer par le Christ. Quant à l’étape 2, nous la vivrons plus tard dans la messe.

    Par écrit je voudrais également ajouter ceci, à partir de l’expression de saint Paul, « être sauvés par Lui de la colère de Dieu ». Cela sonne bizarre dans une culture où on dit à Dieu : laisse-nous vivre tranquillement notre vie comme nous l’entendons… Nous ne te demandons rien… Ne nous demande rien non plus… Or c’est justement cette situation d’indifférence qui nous met dans la colère de Dieu, c’est-à-dire le vide qu’il crée en se retirant devant les imprécations de notre liberté égarée. Car ses prétentions reviennent à scier la branche sur laquelle on est assis, ne pas reconnaître que toutes nos facultés ont un but bien plus élevé que de nous permettre d’être astucieux pour nous procurer les plaisirs de la vie… Avoir une vie si dépourvue de sens, voilà la colère de Dieu. La colère de Dieu, ce n’est pas Dieu qui pique une crise parce qu’on ne l’écoute pas. La colère de Dieu, c’est le vide éprouvant lorsque nous nous sommes retirés de lui et que nous avons l’impression qu’il se retire. Dieu n’est jamais en péril, et lorsque nous sommes ses ennemis, lorsque nous le méprisons, c’est nous-mêmes que nous combattons, c’est nous-mêmes que nous méprisons.

    Être sauvés de la colère, c’est découvrir que Dieu a fait tout notre chemin du retour vers lui. Nous ne sommes pas perdus en nous demandant : comment nous assurer un avenir dans ce monde inquiétant ? Nous sommes sauvés. Notre avenir, c’est de l’aimer et de nous laisser porter comme sur les ailes d’un aigle.

  • Bilan du séjour de Léon XIV en Espagne : au-delà des foules

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    D'InfoVaticana :

    Bilan du séjour de Léon XIV en Espagne : au-delà des foules

    13 juin 2026

    Les voyages d'un pape se comprennent mieux lorsque les projecteurs s'éteignent et que les paroles demeurent. Et la relecture sereine des discours prononcés ces derniers jours permet de tirer une conclusion que peu auraient formulée avant son arrivée : Léon XIV a laissé en Espagne un message intellectuellement solide, pastoralement exigeant et étonnamment éloigné de certains des lieux communs qui dominent le débat public contemporain.

    L’un des aspects les plus marquants de cette visite a été la manière dont le Souverain Pontife a abordé des questions particulièrement sensibles. L’exemple le plus évident a été celui de l’immigration. Dans une Europe prise au piège entre la sentimentalisisation du phénomène migratoire et son utilisation comme arme politique, Léon XIV a choisi une voie différente. Il a défendu la dignité de toute personne migrante, dénoncé l’exploitation des plus vulnérables par les mafias qui se livrent à la traite des êtres humains et rappelé clairement l’une des grandes intuitions de la doctrine sociale de l’Église : le droit de ne pas émigrer, le droit de chaque homme et de chaque femme de pouvoir s’épanouir sur la terre où ils sont nés sans être contraints de la quitter par nécessité.

    Il en a été de même lors de son intervention historique devant les Cortes Generales. L'image d'un pape s'exprimant devant le Parlement espagnol revêt désormais une importance institutionnelle incontestable. Mais ce qui importait vraiment, c'était le fond. Léon XIV a parlé de la défense de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle, et il l'a fait sans se réfugier derrière des formulations ambiguës. Devant les représentants d’une nation dont les lois ont consacré l’avortement et l’euthanasie, il a rappelé avec sérénité et fermeté la position constante de l’Église. Il n’a pas cherché les applaudissements faciles ni la confrontation théâtrale. Il s’est contenté d’exercer la mission propre au Successeur de Pierre : proclamer une vérité qu’il considère comme contraignante même lorsqu’elle dérange.

    Il serait naïf d’affirmer que ces discours ont immédiatement modifié la réalité religieuse espagnole. L’Espagne reste un pays marqué par une sécularisation profonde, une pratique sacramentelle en déclin et une crise vocationnelle évidente. Rien de tout cela n’a disparu en une semaine. Cependant, il serait également superficiel de s’en tenir uniquement à cette image.

    Ce qui s’est passé à Madrid, à Barcelone et aux Canaries a mis en évidence une réalité : derrière les statistiques se cache encore un substrat catholique nettement plus solide qu’on ne le reconnaît généralement. Un terreau spirituel, culturel et affectif qui continue de faire partie de l’identité de larges pans de la société espagnole et qui refait surface chaque fois qu’il trouve une voix capable de l’interpeller avec clarté.

    Une Catalogne plus complexe que ne le laissent entendre les clichés

    L’expérience catalane est particulièrement significative. Depuis des années, on répète que la Catalogne est l’une des régions les plus sécularisées d’Espagne et que les liens entre l’identité catalane et la tradition catholique appartiennent au passé. Pourtant, les journées vécues lors de la visite pontificale ont révélé une réalité bien plus complexe. Des milliers de fidèles ont participé aux cérémonies liturgiques et aux rencontres avec le pape avec un naturel qui contredit de nombreux clichés. Et il y a eu des scènes chargées de symbolisme : des Catalans émus chantant le Virolai, des drapeaux espagnols flottant aux côtés des senyeras et une expression populaire de la foi qui semblait rappeler qu’il existe des liens plus profonds que les divisions politiques des dernières décennies.

    Ces images ne parlaient ni de nostalgie ni de restaurations impossibles. Elles parlaient de continuité. D’une mémoire religieuse partagée qui reste vivante même lorsque beaucoup la considèrent comme éteinte. D’un sensus fidelium qui reste latent sous la surface et qui refait surface lorsque l’Église se présente sans complexe, sans s’excuser d’exister et sans édulcorer son message pour le rendre plus acceptable.

    La clarté comme méthode

    C'est peut-être là l'un des enseignements les plus importants de cette visite. Pendant trop longtemps, certains secteurs ecclésiaux ont tenu pour acquis que l'homme contemporain ne pouvait être atteint qu'à travers une adaptation constante au langage, aux catégories et aux sensibilités dominantes. Léon XIV a testé – timidement, parfois – une hypothèse différente. Il a parlé de la vérité, de la vie, de la responsabilité morale, de la transcendance et de l’espérance chrétienne avec une clarté remarquable. Et les places se sont tout autant remplies.

    Bien sûr, il serait imprudent d’en tirer des conclusions triomphalistes. La visite n’a pas résolu les problèmes structurels de l’Église en Espagne ni inversé des tendances culturelles consolidées depuis des décennies. Mais elle n’autorise pas non plus les interprétations défaitistes. Elle a plutôt permis de constater quelque chose que beaucoup semblaient avoir oublié : l’Espagne est aujourd’hui plus sécularisée qu’hier, mais elle reste plus catholique qu’on ne le dit souvent.

    Une réserve spirituelle qui perdure

    Au terme de ces journées, le bilan le plus juste consiste peut-être justement à reconnaître cette double réalité. Léon XIV a trouvé une nation où la foi n’occupe plus la place sociale qu’elle avait autrefois, mais où subsiste une réserve spirituelle considérable. Il s’est adressé à une société fragmentée et pourtant encore capable de se reconnaître dans certaines références communes. Et il a constaté que, lorsque le message chrétien est présenté avec conviction et sans complexes, il ne tombe pas dans le désert.

    La grande nouvelle de cette visite n’a pas été uniquement ce que le Pape a dit. Elle a aussi été de découvrir qu’il y a encore beaucoup d’Espagnols prêts à l’écouter.

  • Au Pakistan : la peine de mort pour blasphème contre l'islam

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    De Constance Avenel sur le site de l'ECLJ :

    Pakistan : ECLJ alerte l'ONU sur la peine de mort pour blasphème contre l'islam

    12 juin 2026

    Au Pakistan, une quarantaine de personnes sont actuellement condamnées à mort pour blasphème contre l'islam, tandis que plus d'une centaine d'autres ont été lynchées avant même d'être jugées. Le 23 mai 2026, l'ECLJ a officiellement alerté le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies sur ces condamnations à mort, documentant des cas où les enquêtes avaient été bâclées et les garanties procédurales ignorées.

    L’article 295-C du Code pénal pakistanais prévoit la peine de mort par pendaison pour quiconque « profane le nom sacré du Prophète Muhammad ». La notion de profanation est interprétée de manière très large, car elle peut résulter d’actes commis « par des paroles, orales ou écrites, par une représentation visible, ou par toute imputation, insinuation ou allusion, directement ou indirectement ».

    Le nombre de poursuites pour blasphème au Pakistan a fortement augmenté ces dernières années. Selon un rapport publié par le Centre pour la justice sociale (CSJ) en avril 2025, un nombre record de 344 nouveaux cas de blasphème ont été enregistrés en 2024. Bien que le Pakistan n'ait jamais exécuté de personne reconnue coupable de blasphème, les peines de mort prononcées pour ce délit sont généralement commuées en réclusion à perpétuité. Néanmoins, ces condamnations continuent d'envoyer des dizaines d'individus dans le couloir de la mort. Une quarantaine de personnes attendent actuellement leur exécution.

    De plus, les accusations de blasphème s'accompagnent fréquemment de violences extrajudiciaires visant aussi bien les accusés que leurs familles. Au moins 104 personnes ont été lynchées publiquement à la suite d'accusations de blasphème entre 1994 et 2024, dont 26 chrétiens. Tandis que des chrétiens innocents sont condamnés sur la base de fausses accusations, les responsables de ces actes de « justice populaire » continuent de bénéficier de l'impunité.

    Procès et condamnations entachés d'irrégularités, prononcés sous la pression

    Il n'est pas rare que les accusations de blasphème soient fondées sur de fausses déclarations, les accusés étant condamnés malgré des preuves insuffisantes, en raison d'enquêtes bâclées et du non-respect des garanties procédurales. Le sort des accusés est souvent scellé dans un climat d'intimidation et de peur, des organisations islamistes fondamentalistes envahissant les salles d'audience pour faire pression sur les juges.

    La peur paralyse tout le système de justice pénale. Avocats, policiers, procureurs et juges sont empêchés d'exercer leurs fonctions efficacement et impartialement. Les acquittements restent extrêmement rares, laissant les accusés dépendants des juridictions supérieures, elles-mêmes débordées et qui reportent fréquemment les audiences sine die. L'État non seulement manque à son devoir de protéger les accusés, mais ne leur verse aucune indemnisation pour les années de détention injuste qu'ils subissent.

    Ces affaires révèlent une réalité que l'ECLJ documente régulièrement : l'instrumentalisation de la législation sur le blasphème contre les minorités religieuses, notamment les chrétiens. Ces derniers représentent moins de 2 % de la population pakistanaise, mais 6 % des personnes poursuivies pour blasphème. Le 27 février 2026, l'ECLJ avait déjà soumis une contribution sur cette question au Rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires.

    L'ECLJ défend quatre chrétiens injustement condamnés à mort.

    L'organisation partenaire de l'ECLJ au Pakistan représente actuellement cinq personnes poursuivies en vertu de l'article 295-C. Quatre d'entre elles sont actuellement détenues dans l'attente de leur exécution.

    Shahzad Masih avait seize ans lorsqu'il a été inculpé en juillet 2017. Au cours d'une conversation, il n'a fait que répéter des propos tenus par un ami de son père, propos jugés irrespectueux envers le nom de « Muhammad ». Cela a suffi pour qu'il soit dénoncé aux autorités. Lors du procès, même le commissaire de police a témoigné que les propos de Shahzad n'étaient pas insultants envers l'islam. Malgré cela, le tribunal l'a condamné à mort en novembre 2022, refusant de le juger comme mineur. Shahzad a passé plus de huit ans en prison. « Ils devraient simplement me pendre. Je ne supporte plus l'angoisse d'attendre chaque jour de savoir ce qui va se passer », a-t-il déclaré à ses avocats.

    Qaisar et Amoon Ayub, deux frères chrétiens, ont été arrêtés en 2014 après que leurs noms et adresse sont apparus sur un blog en ligne au contenu jugé blasphématoire. La police n'a jamais cherché à vérifier s'ils étaient réellement responsables de ce blog. L'Agence fédérale d'enquête (FIA) a bien adressé une demande à WordPress pour connaître l'identité du créateur du site, mais n'a jamais reçu de réponse. Les deux frères ont néanmoins été condamnés à mort en 2018, une peine confirmée en appel en 2022. Ils ont passé plus de dix ans en prison. Aujourd'hui, l'épouse d'Amoon effectue chaque semaine un trajet de cinq heures en bus aller-retour pour rendre une courte visite à son mari, qui souffre de dépression.

    Ahsan Masih, âgé de vingt-six ans, a été arrêté en août 2023 pour avoir prétendument republié une image blasphématoire sur TikTok , une image déjà partagée des milliers d'internautes. L'image n'a jamais été retrouvée sur son téléphone et aucune preuve n'a été produite contre lui. Malgré cela, il a été condamné à mort. Toute sa famille vit désormais dans la crainte d'un lynchage médiatique s'il venait à être libéré.

    Intizar Masih, représenté par notre organisation partenaire au Pakistan, a été arrêté en mars 2023 pour des propos qu'il aurait tenus dans un groupe WhatsApp privé . Vingt personnes sont poursuivies dans cette affaire, qui s'inscrit dans une vague plus large de plus de deux cents procédures similaires visant des participants à des groupes de discussion en ligne. Son épouse, sans qualification professionnelle, vit de la charité. Leurs enfants grandissent sans leur père. S'il est reconnu coupable, Intizar encourt la peine de mort.

    L'ECLJ appelle à une action internationale urgente

    Le 16 mai 2026, la conférence annuelle Justice AR Cornelius s'est tenue sur le thème « La liberté religieuse dans la Constitution du Pakistan ». Le président de la Cour constitutionnelle fédérale, Aminuddin Khan, s'est engagé à protéger les droits constitutionnels de chaque Pakistanais sans discrimination, réaffirmant ainsi l'attachement du pouvoir judiciaire à l'égalité et à la justice pour tous.

    Globalement, la conférence est toutefois restée largement évasive sur les questions les plus sensibles. Sans aborder de front la persécution des minorités religieuses ni les abus liés aux accusations de blasphème, les intervenants se sont principalement limités à des déclarations institutionnelles soulignant l'importance de la liberté religieuse et de l'égalité devant la loi.

    Compte tenu de la gravité de la situation, l’ECLJ appelle les États membres du Conseil des droits de l’homme à exhorter le Pakistan à :

    • Abolir la peine de mort prévue par ses lois sur le blasphème ;
    • Mener des enquêtes impartiales et approfondies dans tous les cas de blasphème ;
    • Accélérer les procès et les appels afin de mettre fin à des années d'emprisonnement injuste ;
    • Acquitter et libérer les personnes détenues sur la base d'accusations de blasphème non fondées.

    Ces recommandations sont énoncées dans une déclaration écrite soumise au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies le 23 mai 2026.

  • « Il y a aujourd’hui plus de martyrs qu’au cours des premiers siècles de l’Église » (cardinal Koch)

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    De Walter Sánchez Silva sur EWTN News :

    Cardinal Koch : « Il y a aujourd’hui plus de martyrs qu’au cours des premiers siècles de l’Église »

    S’exprimant lors d’un pèlerinage organisé par « Aide à l’Église en détresse » en Suisse, le prélat a mis en avant le témoignage des martyrs chrétiens de toutes confessions.

    11 juin 2026

    Le cardinal Kurt Koch, président de la fondation pontificale « Aide à l’Église en détresse » (AED ou ACN (Aid to the Church in Need), a déclaré qu’« aujourd’hui, il y a plus de martyrs qu’au cours des premiers siècles de l’histoire de l’Église ».

    « Le martyre est véritablement au cœur du christianisme », a déclaré le prélat suisse, qui s’est exprimé fin mai lors du pèlerinage annuel pour les chrétiens persécutés organisé par la branche suisse de l’AED à l’abbaye bénédictine d’Einsiedeln.

    Mgr Koch, qui dirige l’organisation depuis novembre 2025, date à laquelle il a été nommé par le pape Léon XIV, est également préfet du Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens au Vatican.

    Réaffirmant l’engagement de la fondation pontificale à aider les chrétiens persécutés, Mgr Koch a souligné que le martyre n’est pas seulement un phénomène du passé, mais qu’il reste « une réalité vécue par d’innombrables chrétiens à travers le monde », a rapporté l’AED.

    Le cardinal a également mis en avant le témoignage des nombreux chrétiens persécutés à travers le monde : « Les dictateurs ne font pas de distinction entre catholiques, orthodoxes, luthériens, anglicans ou protestants. »

    « Les chrétiens ne sont pas persécutés parce qu’ils appartiennent à une Église particulière, mais à cause de leur foi en Christ. Le sang qui a été versé unit les chrétiens au-delà de leurs divisions », a-t-il souligné, rappelant l’expression du pape François, « l’œcuménisme du sang ».

    Au cours du pèlerinage, des prières ont été adressées aux victimes de persécutions et de violences dans des pays tels que l’Irak, Haïti, le Pakistan et l’Indonésie.

    En janvier, l’organisation Open Doors a publié un rapport révélant que plus de 388 millions de chrétiens dans le monde souffrent de persécutions et de discriminations et que 4 849 ont été tués entre octobre 2024 et septembre 2025.

    La majorité de ces crimes ont eu lieu au Nigeria, où la persécution des chrétiens est si grave que les États-Unis l’ont reclassé comme « pays particulièrement préoccupant » en octobre 2025.

    À propos de son rôle de président de l’AED, Mgr Koch a déclaré : « J’ai accepté cette mission avec une grande joie car l’AED m’a toujours tenu très à cœur. C’est une fondation pontificale qui accomplit un immense bien tout en nous rappelant constamment combien de parties de l’Église vivent dans des situations de grand besoin. Contribuer à cette mission est quelque chose de très important pour moi. »

    Des dons ont également été collectés au cours du pèlerinage ; ils serviront à soutenir les projets d’AED au Moyen-Orient, notamment au Liban, où la fondation pontificale vient en aide aux familles déplacées et aux écoles catholiques qui s’occupent des communautés vulnérables.

    Qu’est-ce qu’AED ?
    Selon la fondation, l’AED soutient « l’Église catholique dans son œuvre d’évangélisation auprès des communautés les plus démunies, discriminées et persécutées du monde », en finançant plus de 5 000 projets pastoraux et humanitaires d’urgence dans 137 pays.

    Elle dispose de 23 bureaux à travers le monde qui se consacrent à la sensibilisation à la réalité à laquelle sont confrontés ces chrétiens, à la promotion de la prière et à la collecte de fonds. L’AED ne reçoit aucune subvention d’institutions publiques.

  • Sondage Gallup : de plus en plus d'Américains considèrent l'avortement comme moralement inacceptable

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    De kath.net/news :

    Sondage Gallup : de plus en plus d'Américains considèrent l'avortement comme moralement inacceptable

    13 juin 2026

    L'acceptation morale de l'avortement est ainsi inférieure à celle de nombreux autres comportements tels que la contraception, le divorce, les relations sexuelles entre personnes non mariées ou les relations homosexuelles.

    Selon un sondage récent de l'institut Gallup, la proportion d'Américains considérant l'avortement comme « moralement acceptable » a diminué. L'acceptation est passée d'un pic de 54 % en 2024 à 49 % cette année. Dans le même temps, 41 % des personnes interrogées déclarent que l'avortement est moralement répréhensible.

    Ces résultats sont tirés du sondage annuel « Values and Beliefs » (en français « Valeurs et croyances ») de Gallup, réalisé du 1er au 17 mai 2026. Depuis 2001, l’institut pose régulièrement les mêmes questions sur une série de comportements, notamment sur des thèmes liés à la sexualité, au mariage et à l’éthique médicale.

    L'acceptation morale de l'avortement est donc inférieure à celle de nombreux autres comportements tels que la contraception (83 %), le divorce (74 %), les relations sexuelles entre personnes non mariées (65 %) ou les relations homosexuelles (62 %). Elle reste toutefois supérieure à celle des relations sexuelles chez les adolescents (35 %) ou du clonage animal (27 %).

    Les sondages Gallup révèlent globalement une tendance à long terme vers une plus grande acceptation de bon nombre de ces comportements sur une période de deux décennies. Ces dernières années, cette tendance s'est toutefois stabilisée, voire a partiellement reculé. L'acceptation de la contraception, des jeux d'argent et du clonage animal a également atteint son niveau le plus bas en 2026.

    Les opinions sur l'avortement restent fortement marquées par les clivages politiques. Alors que seuls 18 % des républicains considèrent l'avortement comme moralement acceptable, 73 % des démocrates partagent cet avis.

    Les résultats de ce sondage sont publiés plusieurs années après l’arrêt rendu par la Cour suprême dans l’affaire « Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization » (2022), qui a abrogé la réglementation fédérale sur l’avortement et donné aux États une plus grande marge de manœuvre. Selon le rapport de LifeNews, l’agitation initiale suscitée par cet arrêt s’est apaisée avec le temps. De plus en plus d’Américains auraient pris conscience que les interdictions de l’avortement n’empêchent pas les traitements légitimes et ne nuisent pas à la santé des femmes.