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BELGICATHO

  • Le cardinal Müller sur le Consistoire : « Une atmosphère très fraternelle ; la plupart étaient convaincus de l'urgence de la Nouvelle Évangélisation. »

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    Du cardinal Müller sur kath.net/news :

    « Une atmosphère très fraternelle ; la plupart étaient convaincus de l'urgence de la Nouvelle Évangélisation. »

    9 janvier 2026

    « Il serait bon que chaque cardinal présente une déclaration argumentée sur un sujet particulier à la session plénière, afin que… » Déclaration après la clôture du consistoire extraordinaire. Par le cardinal Gerhard Müller

    Vatican (kath.net) Il est fondamentalement réjouissant que le Collège des cardinaux reprenne son rôle originel d'organe représentatif de l'Église catholique romaine, en tant que conseiller le plus proche du Pape dans sa mission universelle. La méthode employée est celle, plus collaborative, du dernier Synode, qui n'était plus un Synode des évêques. Il serait bénéfique que chaque cardinal arrive avec une déclaration mûrement réfléchie sur un sujet précis et la présente en séance plénière, suivie de l'élaboration d'une conclusion en petits groupes. Cette conclusion serait ensuite débattue avec les autres cardinaux lors de la séance finale, en présence du Saint-Père.

    L'atmosphère était très fraternelle, et la plupart étaient convaincus de l'urgence de la Nouvelle Évangélisation. L'unité de l'Église ne s'acquiert pas par des manœuvres politiques, mais par la confession de Pierre du Christ, Fils du Dieu vivant. Par conséquent, l'Église, Corps du Christ, n'est pas une ONG, mais un signe et un instrument de l'union la plus intime de l'humanité avec Dieu et de l'unité du genre humain (Lumen Gentium 1). C'est la seule voie qui permette de sortir de la crise que l'humanité s'inflige elle-même, ainsi que de la confusion qui règne au sein de l'Église, causée par l'arrogance et l'ignorance humaines. Cette Église, qui en Christ est le sacrement du salut du monde, doit devenir toujours plus réelle dans la vie concrète.

  • Les chrétiens d'Alep pris en étau entre les Kurdes et les djihadistes

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    D'Elisa Gestri sur la NBQ :

    Les chrétiens d'Alep pris en étau entre les Kurdes et les djihadistes

    Un an après la chute d'Assad, la guerre civile entre les vainqueurs a repris en Syrie. Les forces d'Al-Charia et les milices djihadistes s'affrontent aux milices kurdes, notamment à Alep. L'ancienne communauté chrétienne locale se retrouve prise en étau. La Bussola a entendu leurs voix.

    10/01/2026

    Conformément aux accords conclus en mars dernier par le président autoproclamé de la Syrie, Ahmed al-Sharaa, avec les dirigeants des milices kurdes des FDS (Forces démocratiques syriennes), ces dernières étaient censées fusionner avec l'armée gouvernementale avant le 31 décembre 2025. Comme prévu, cela ne s'est pas produit et, à l'approche du Nouvel An, une escalade des affrontements entre les deux armées a commencé.

    La ville d'Alep a été le théâtre de violents combats, notamment les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d'Achrafieh, ainsi que les quartiers adjacents de Bani Zaid, al Siryan, al Halak et al Midan, habités par des Kurdes et des chrétiens. Durant les affrontements, la quasi-totalité de la ville a été bombardée sans discernement. Il va sans dire que les victimes civiles, contraintes de fuir massivement leurs foyers, ont été les principales victimes. Ces derniers jours, l'ultimatum ayant expiré, les combats se sont rapidement intensifiés. Le commandant en chef des FDS, Mazloum Abdi, s'est rendu à Damas dimanche dernier pour négocier avec les autorités gouvernementales la fusion des deux armées et la création d'un État kurde autonome au sein de l'État syrien, conformément aux accords de mars. Mais le jour de l'Épiphanie, lorsque la nouvelle du report des négociations est parvenue, les affrontements ont atteint une intensité brutale, avec des bombardements massifs de civils sans défense et la destruction de quartiers entiers, à tel point que les autorités syriennes ont fermé l'aéroport d'Alep.

    Le 6 janvier, les autorités syriennes ont tenu une réunion à Paris, sous l'égide des États-Unis, avec des responsables israéliensLe communiqué conjoint publié à l'issue de cette réunion indiquait que « le leadership de Trump au Moyen-Orient a permis un dialogue constructif, axé sur le respect de la souveraineté et de la stabilité de la Syrie ainsi que sur la sécurité d'Israël ». Les deux pays « se sont engagés à mettre en place un mécanisme conjoint visant à faciliter le partage de renseignements, la détente militaire, le dialogue diplomatique et les opportunités commerciales sous la supervision des États-Unis ».

    Le 7 janvier, l'armée syrienne a déclaré « zone militaire » les quartiers d'Alep où se déroulaient les combats à partir de 15 heures, précisant avoir mis en place deux « couloirs humanitaires » pour permettre l'évacuation des civils dévastés par trois jours de bombardements ininterrompus. L'administration d'Alep a également fermé les écoles, les universités et les bâtiments publics, à l'exception des hôpitaux.

    Étrangement, les ordres d'évacuation donnés par les autorités gouvernementales aux habitants de quartiers entiers ressemblent étrangement aux méthodes qu'Israël utilise quotidiennement au Liban pour éloigner des villages entiers des bombardements de Tsahal. On pourrait croire que la coopération entre Israël et les hommes d'Al-Sharaa commençait à porter ses fruits, si ce n'est que, le 8 janvier, Israël, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, n'a fermement condamné « les attaques des autorités syriennes contre la minorité kurde à Alep ».

    Après au moins 17 morts (ou 9, ou 12, selon la source), dont 99 % de civils, et un appel du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, les autorités syriennes ont conclu une trêve avec les milices des FDS dans la nuit du 8 au 9 janvier et ont imposé un couvre-feu à toute la ville, avec une interdiction totale de circulation.

    La communauté internationale aurait accueilli avec satisfaction l'annonce du cessez-le-feu ; pourtant, elle est restée impassible face à la transformation du pays en un véritable abattoir, digne de l'ancien dictateur Bachar el-Assad. Le sort des FDS demeure quant à lui incertain.

    Le New Daily Compass s'est entretenu avec Aline (ce n'est pas son vrai nom), une chrétienne maronite de 35 ans originaire d'Alep, qui est piégée avec d'autres réfugiés dans le sous-sol d'un immeuble depuis plus de soixante-douze heures, fuyant les bombardements qui ont détruit son quartier. « Depuis trois jours, notre ville est le théâtre de violents affrontements entre les milices kurdes des FDS et les forces gouvernementales : à mon avis, ce sont des terroristes. Les deux camps sont lourdement armés et s’affrontent depuis des mois, mais la dernière escalade est la plus intense. Ces combats se déroulent en plein cœur des quartiers résidentiels, menaçant directement les civils. Pendant trois jours, les tirs de mortier, d’obus et de roquettes ont été incessants, causant d’importants dégâts et mettant en danger sans distinction tous les citoyens. Depuis minuit ce soir (jeudi soir pour ceux qui lisent ces lignes), les tirs ont cessé ; le calme est revenu, mais nous n’osons pas encore rentrer chez nous. Les troupes kurdes viennent de commencer à se retirer de la ville. Nous attendons, espérant que la trêve tienne pour pouvoir aller voir ce qu’il reste de nos maisons », nous confie-t-il en français au téléphone.

    Nous demandons à Aline de confirmer si les chrétiens d'Alep sont directement touchés par les combats. « Absolument », répond-elle. « Entre les lignes de démarcation des forces kurdes et de l'armée syrienne, où sont stationnées leurs troupes respectives, se trouvent des quartiers chrétiens déjà fragilisés. Les Kurdes, en particulier, attaquent l'armée syrienne dans les rues al-Jabaa et al-Suryan, majoritairement habitées par des chrétiens. L'Église y a construit des logements pour les personnes dont les maisons ont été détruites lors du tremblement de terre de février 2023. Malheureusement, ces nouveaux bâtiments ont maintenant été touchés par des bombardements. De nombreux habitants ont été contraints de fuir vers des zones moins dangereuses, abandonnant leurs maisons et leurs biens, qui sont désormais la proie des pillages et des saccages perpétrés par des groupes armés. »

    Nous demandons si les chrétiens se sont organisés d'une quelconque manière, et comment, et s'ils sont capables de se défendre. « Certaines églises ont mis leurs salles paroissiales à la disposition des personnes déplacées, mais en tant que communauté chrétienne, nous n'avons que la prière face à ces événements. Nous vivons dans un climat de peur et d'incertitude. Nous avons récité le chapelet et imploré la protection du Seigneur pendant les huit heures de bombardements continus qui ont eu lieu mardi, jour de l'Épiphanie. »

    Le père Fadi Azir, prêtre franciscain de l'église de Terre Sainte à Alep, a lancé un appel à la paix dans une vidéo publiée sur la page Facebook Add Alsama. Tandis qu'il raconte comment ses frères et lui ont accueilli des réfugiés dans la salle paroissiale, on entend en arrière-plan de violents tirs d'artillerie, témoignant, s'il en était besoin, de la gravité de la situation. « L'avenir de la Syrie est incertain. Pour l'instant, nous tenons le coup… nous vivons dans l'incertitude, comme tout le monde. Prions », nous invite au téléphone sœur Giovanna (un nom d'emprunt), supérieure d'un monastère situé dans une autre région de Syrie. Prions et écoutons le cri de ces frères et sœurs, pour lesquels, nous en sommes certains, nous devrons rendre des comptes.

  • Le nombre de prêtres catholiques continue de diminuer dans le monde entier tandis que le nombre de prêtres traditionnels continue d'augmenter

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    D'Emily Mangiaracina sur LifeSiteNews :

    Le nombre de prêtres catholiques continue de diminuer dans le monde entier tandis que le nombre de prêtres traditionnels continue d'augmenter

    Ven. 9 janv. 2026

    LifeSiteNews ) — Le nombre de prêtres et de séminaristes catholiques a récemment diminué dans le monde entier, selon des statistiques récemment publiées de 2023, alors que les sociétés sacerdotales vouées à offrir la messe traditionnelle en latin continuent de croître.

    Le nombre total de prêtres dans le monde a diminué de 734 entre 2022 et 2023, malgré une augmentation de 16 millions du nombre de catholiques, selon les données les plus récentes publiées par l'agence vaticane Fides. Le nombre de séminaristes a également baissé de 1 986 durant cette période, confirmant ainsi la persistance, au moins jusqu'à récemment, de la crise que traverse l'Église.

    L'année 2023 a vu un total de 406 996 prêtres catholiques, selon Fides, un décompte qui n'inclut vraisemblablement pas les prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX), qui étaient au nombre de 733 au 1er novembre 2025, sans compter leurs évêques.

    La FSSPX, en revanche, la plus grande congrégation de prêtres traditionalistes, a connu une croissance constante du nombre de ses prêtres depuis sa fondation en 1970. Le nombre de prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FFSP) a également augmenté à un rythme relativement constant depuis sa création en 1988, suite à une scission de la FSSPX, bien que dans une moindre mesure.

    Le déclin mondial du clergé catholique est dû à tous les continents sauf l'Afrique et l'Asie, les seules régions à enregistrer des augmentations du nombre de prêtres : 1 451 et 1 145 respectivement.

    Cependant, même en Asie, le nombre de séminaristes a diminué de 1 331 en 2023. L’année précédente, le nombre de séminaristes n’avait diminué que de 375.

    En Afrique, le nombre de séminaristes a augmenté de 383 en 2023, une hausse nettement inférieure à celle de l'année précédente (726). En 2023, les Africains représentaient près d'un tiers des séminaristes dans le monde. 

    Il est à noter que le nombre de religieuses dans le monde continue de diminuer sensiblement malgré l'augmentation du nombre de catholiques, avec une baisse de 9 805 religieuses en 2023, pour un total de 589 423 religieuses cette année-là. L'Afrique et l'Asie font à nouveau exception, avec une légère augmentation en Asie (+46 religieuses) et une augmentation plus importante en Afrique (+1 804).

    Parallèlement, le nombre de diacres permanents, qui peuvent se marier, continue d'augmenter dans le monde entier, avec une hausse de 1 234 diacres permanents en 2023. Selon Fides, le nombre de ces diacres reste stable en Europe tandis qu'il augmente sur le continent américain.

    À l’appui de cette association, une étude laïque publiée en 2025 a constaté que Vatican II avait « déclenché un déclin » de la fréquentation des messes catholiques dans le monde par rapport à la fréquentation des offices religieux d’autres religions, y compris le christianisme protestant.

    Le Bureau national de recherche économique (NBER) a constaté que « par rapport aux autres pays, les pays catholiques ont connu un déclin constant du taux mensuel de fréquentation des services religieux par les adultes à partir de la fin du concile Vatican II » en 1965, la dernière année du concile.

    La crise des vocations semble s'être considérablement aggravée sous le pontificat de François. Selon Catholic World News , après 1978, le nombre de séminaristes a culminé à 120 616 en 2011, avant de légèrement diminuer à 120 051 en 2012. Fin 2013, après l'entrée en fonction de François, ils étaient 118 251, soit une baisse de 1 800 en un an. 

    Les données de 2023 ont montré un déclin « ininterrompu » du nombre de séminaristes amorcé en 2013.

  • Le cardinal Zen condamne la synodalité du pape François et sa « manipulation » du processus synodal lors du consistoire

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    D'Antonino Cambria sur LifeSite News :

    Le cardinal Zen condamne la synodalité du pape François et la « manipulation » du processus synodal lors du consistoire.

    LifeSiteNews ) — Le cardinal Joseph Zen , évêque émérite de Hong Kong, lors d'une intervention devant le consistoire extraordinaire des cardinaux cette semaine, a critiqué le document final du Synode sur la synodalité et l'ensemble du processus synodal pour avoir contourné l'autorité légitime des évêques, permis diverses interprétations et suggéré que le Saint-Esprit peut changer d'avis.

    L'intervention du cardinal chinois de 93 ans, rapportée pour la première fois par le College of Cardinals Report, a eu lieu devant le pape Léon XIV et 170 de ses confrères cardinaux et portait sur la note accompagnant le document final du synode triennal sur la synodalité.

    Le cardinal Zen a utilisé la totalité des trois minutes qui lui étaient allouées pour dénoncer le document et l'ensemble du processus synodal comme une « manipulation implacable » qui, selon lui, privait les évêques de leur autorité en les court-circuitant au profit des laïcs et avait un résultat prédéterminé.

    Le cardinal a insisté sur la contradiction des propos du pape François, qui qualifie le document de « magistère » tout en précisant qu'il n'est « pas strictement normatif », laissant ainsi place à différentes interprétations par les évêques. Cette situation pourrait engendrer des divisions semblables à celles qui existent au sein de l'Église anglicane et ne permettra pas aux anglicans ni aux orthodoxes de revenir en communion avec Rome. Il a également soutenu que l'invocation constante du Saint-Esprit par les prélats du Vatican pour le Synode frôlait le « blasphème », puisque le Saint-Esprit ne peut renier ce qu'il a inspiré dans la tradition bimillénaire de l'Église.

    Intervention complète du cardinal Zen :

    Note d'accompagnement du Saint-Père François

    Le Pape affirme qu’avec le Document final, il rend à l’Église ce qui s’est développé au cours de ces années (2021-2024) grâce à « l’écoute » (du Peuple de Dieu) et au « discernement » (de l’Épiscopat ?).

    Je demande :

    • Le pape a-t-il pu écouter l'ensemble du peuple de Dieu ?
    • Les laïcs présents représentent-ils le peuple de Dieu ?
    • Les évêques élus par l'épiscopat ont-ils été capables de mener à bien un travail de discernement, qui doit assurément consister en « dispute » et en « jugement » ?
    • La manipulation implacable du processus est une insulte à la dignité des évêques, et la référence constante au Saint-Esprit est ridicule et presque blasphématoire (ils s'attendent à des surprises de la part du Saint-Esprit ; quelles surprises ? Qu'il renie ce qu'il a inspiré dans la tradition bimillénaire de l'Église ?).

    Le pape, « en court-circuitant le collège épiscopal, écoute directement le peuple de Dieu », et il appelle cela « le cadre d’interprétation approprié pour comprendre le ministère hiérarchique » ?

    Le Pape affirme que le Document est  un magistère , « il engage les Églises à faire des choix conformes à ce qui y est énoncé ». Mais il précise également « il n’est pas strictement normatif… Son application nécessitera diverses médiations » ; « les Églises sont appelées à mettre en œuvre, dans leurs contextes respectifs, les propositions faisant autorité contenues dans le document » ; « l’unité d’enseignement et de pratique est certes nécessaire dans l’Église, mais cela n’exclut pas différentes manières d’interpréter certains aspects de cet enseignement » ; « chaque pays ou région peut rechercher des solutions mieux adaptées à sa culture et respectueuses de sa tradition et de ses besoins ».

    Je demande :

    • Le Saint-Esprit garantit-il qu’aucune interprétation contradictoire ne surgira (surtout compte tenu des nombreuses expressions ambiguës et tendancieuses du document) ?
    • Les résultats de ces « expérimentations et mises à l’épreuve », par exemple (de « l’activation créative de nouvelles formes de ministère »), devront-ils être soumis au jugement du Secrétariat du Synode et de la Curie romaine ? Ces instances seront-elles plus compétentes que les évêques pour juger des différents contextes de leurs Églises ?
    • Si les évêques s'estiment plus compétents, les interprétations et les choix divergents ne conduisent-ils pas notre Église à la même division (fracture) que celle que l'on trouve au sein de la Communion anglicane ?
    • Compte tenu de la rupture dramatique de la Communion anglicane, allons-nous nous unir à l'archevêque de Canterbury (qui ne représente plus qu'environ 10 % de la communauté anglicane mondiale), ou à la Conférence mondiale pour l'avenir de l'anglicanisme (qui en représente environ 80 %) ?
    • Et chez les orthodoxes ? Leurs évêques n’accepteront jamais la synodalité bergoglienne ; pour eux, la synodalité se résume à « l’importance du Synode des évêques ». Le pape Bergoglio a instrumentalisé le mot  « synode », mais a fait disparaître le Synode des évêques, une institution établie par Paul VI.
  • Le pape Léon XIV condamne l'avortement et la gestation pour autrui dans son discours adressé aux diplomates

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV 
    AUX MEMBRES DU CORPS DIPLOMATIQUE 
    ACCREDITÉ PRÈS LE SAINT-SIÈGE 
    POUR LA PRÉSENTATION DES VŒUX POUR LA NOUVELLE ANNÉE

    Salle des bénédictions
    Vendredi, 9 janvier 2026

    _________________________________

    Excellences,
    Distingués membres du Corps diplomatique,
    Mesdames et Messieurs,

    je tiens tout d’abord à remercier Son Excellence l’Ambassadeur George Poulides, Doyen du Corps diplomatique, pour les paroles aimables et respectueuses qu’il m’a adressées en votre nom à tous, et je vous souhaite bienvenue à cette rencontre organisée pour échanger nos vœux au début de la nouvelle année.

    Il s’agit d’un événement traditionnel dans la vie du Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, mais qui constitue une nouveauté pour moi qui ai été appelé il y a quelques mois à paître le troupeau du Christ. Je suis donc heureux de vous accueillir ce matin et je vous suis reconnaissant de votre forte participation, enrichie cette année par la présence des nouveaux Chefs de Mission résidents du Kazakhstan, du Burundi et de la Biélorussie. Je remercie les autorités gouvernementales respectives pour leur décision d’ouvrir des Représentations diplomatiques près le Saint-Siège à Rome, signe tangible des bonnes et fructueuses relations bilatérales. À travers vous tous, chers ambassadeurs, je souhaite adresser mes vœux de bonheur à vos pays et partager un regard sur notre époque tellement troublée par un nombre croissant de tensions et de conflits.

    L’année qui vient de s’achever a été riche en événements, à commencer par ceux qui ont directement touché la vie de l’Église, celle-ci ayant vécu un Jubilé intense et vu le retour à la Maison du Père de mon vénéré prédécesseur, le Pape François. Le monde entier s’est rassemblé autour de son cercueil le jour des funérailles, percevant la disparition d’un père qui a guidé le Peuple de Dieu avec une profonde charité pastorale.

    Il y a quelques jours, nous avons fermé la dernière Porte Sainte, celle de la basilique Saint-Pierre, que le Pape François avait ouverte lui-même la nuit de Noël 2024. Au cours de l’Année Sainte, des millions de pèlerins ont afflué à Rome pour accomplir le pèlerinage jubilaire. Chacun est venu chargé de son expérience, de ses questions et de ses joies, mais aussi de ses douleurs et de ses plaies, pour franchir les Portes Saintes, symbole du Christ lui-même, notre céleste médecin qui, en venant dans la chair, a pris sur lui notre humanité pour nous faire participer à sa vie divine, comme nous l’avons contemplé dans le mystère de Noël récemment célébré. Je suis convaincu que lors de ce passage, de nombreuses personnes ont pu approfondir ou redécouvrir leur relation avec le Seigneur Jésus, trouvant ainsi du réconfort et une espérance renouvelée pour affronter les défis de la vie.

    Je tiens ici à exprimer une particulière gratitude aux Romains qui, avec beaucoup de patience et de sens de l’hospitalité, ont reçu les nombreux pèlerins et touristes venus du monde entier dans la Ville éternelle.

    Je tiens à adresser une gratitude particulière au Gouvernement italien, à l’Administration capitoline et aux forces de l’ordre qui ont travaillé avec zèle et précision pour que Rome puisse accueillir tous les visiteurs et pour que les événements du Jubilé, comme ceux qui ont suivi le décès du Pape François, puissent se dérouler dans la sérénité et la sécurité.

    Le Saint-Siège et l’Italie partagent non seulement une proximité géographique, mais surtout une longue histoire de foi et de culture qui relie l’Église à cette magnifique Péninsule et à son peuple. En témoignent également les excellentes relations bilatérales scellées cette année par l’entrée en vigueur des modifications apportées à l’Accord sur l’assistance spirituelle des Forces Armées qui permettra un accompagnement spirituel plus efficace des femmes et des hommes exerçant leur service dans les Forces Armées en Italie comme dans leurs nombreuses missions à l’étranger, mais aussi par la signature de l’accord pour une installation agrivoltaïque à Santa Maria di Galeria, qui permettra d’alimenter la Cité du Vatican en électricité grâce à des sources renouvelables, confirmant ainsi l’engagement commun en faveur de la création. Je suis également reconnaissant pour les visites que m’ont rendues les hautes autorités de l’État au début de mon Pontificat et pour l’exquise hospitalité qui m’a été réservée au Palais du Quirinal par le Président de la République à qui je souhaite adresser mon cordial et reconnaissant souvenir.

    Au cours de l’année, répondant à l’invitation qui avait été faite au Pape François, j’ai eu la joie de pouvoir me rendre en Turquie et au Liban. Je suis reconnaissant aux Autorités des deux pays pour leur accueil. À İznik, en Turquie, j’ai eu l’occasion de commémorer, avec le Patriarche œcuménique de Constantinople et les représentants des autres confessions chrétiennes, les 1700 ans du Concile de Nicée, le premier concile œcuménique. Ce fut une occasion importante pour renouveler notre engagement sur le chemin vers la pleine unité visible de tous les chrétiens. Au Liban, j’ai rencontré un peuple qui, malgré les difficultés, est plein de foi et d’enthousiasme et j’ai perçu l’espoir émanant des jeunes qui aspirent à construire une société plus juste et plus soudée en renforçant l’entrelacement entre les cultures et les confessions religieuses qui rend le pays du Cèdre unique au monde.

    Chers ambassadeurs,

    inspiré par les événements tragiques du sac de Rome en 410 ap. J.-C., saint Augustin a écrit l’une des œuvres les plus puissantes de sa production théologique, philosophique et littéraire : le De Civitate DeiLa Cité de Dieu. Comme l’a observé le Pape Benoît XVI, il s’agit d’une « oeuvre imposante et décisive pour le développement de la pensée politique occidentale et pour la théologie chrétienne de l’histoire ». [1] Il s’inspire d’un « récit » – dirions-nous en termes contemporains – qui se répandait : « Les païens, encore nombreux à cette époque, et même bon nombre de chrétiens pensaient que le Dieu de la nouvelle religion et les apôtres eux-mêmes avaient montré qu’ils étaient incapables de protéger la ville. À l’époque des divinités païennes, Rome était caput mundi, la grande capitale, et personne ne pouvait imaginer qu’elle serait tombée aux mains de ses ennemis. À présent, avec le Dieu des chrétiens, cette grande ville ne paraissait plus sûre ». [2]

    Notre époque est certes très éloignée de ces événements. Il ne s’agit pas seulement d’une distance temporelle, mais aussi d’une sensibilité culturelle différente et d’un développement des catégories de pensée. Cependant, on ne peut ignorer le fait que notre sensibilité culturelle s’est inspirée de cette œuvre qui, comme tous les classiques, parle aux hommes de tous les temps.

    Augustin interprète les événements et la réalité historique selon le modèle des deux cités : la cité de Dieu, qui est éternelle et caractérisée par l’amour inconditionnel de Dieu (amor Dei), auquel est lié l’amour du prochain, en particulier des pauvres ; et la cité terrestre, qui est un lieu de séjour temporaire où les êtres humains vivent jusqu’à leur mort. De nos jours, elle comprend toutes les institutions sociales et politiques, de la famille à l’État national et aux organisations internationales. Pour Augustin, cette cité était incarnée par l’Empire romain. La cité terrestre est centrée sur l’amour orgueilleux de soi (amor sui), sur la soif de pouvoir et de gloire mondains qui mènent à la destruction. Il ne s’agit toutefois pas d’une lecture de l’histoire qui vise à opposer l’au-delà à l’ici-bas, l’Église à l’État, ni d’une dialectique sur le rôle de la religion dans la société civile.

    Dans la perspective augustinienne, les deux cités coexistent jusqu’à la fin des temps et possèdent une dimension à la fois extérieure et intérieure, car elles ne se mesurent pas seulement à l’aune des attitudes extérieures avec lesquelles elles sont construites dans l’histoire, mais aussi à l’aune de l’attitude intérieure de chaque être humain face aux réalités de la vie et aux événements historiques. Dans cette perspective, chacun de nous est protagoniste et donc responsable de l’histoire. Augustin souligne en particulier que les chrétiens sont appelés par Dieu à séjourner dans la cité terrestre avec le cœur et l’esprit tournés vers la cité céleste, leur véritable patrie. Cependant, le chrétien, vivant dans la cité terrestre, n’est pas étranger au monde politique et cherche à appliquer l’éthique chrétienne, inspirée des Écritures, au gouvernement civil.

    La Cité de Dieu ne propose pas de programme politique, mais offre de précieuses réflexions sur des questions fondamentales de la vie sociale et politique, telles que la recherche d’une coexistence plus juste et plus pacifique entre les peuples. Augustin met également en garde contre les graves dangers pour la vie politique dérivant de fausses représentations de l’histoire, d’un nationalisme excessif et d’une distorsion de l’idéal de l’homme d’État.

    Bien que le contexte dans lequel nous vivons aujourd’hui soit différent de celui du V e siècle, certaines analogies restent très actuelles. Comme à ce moment-là, nous vivons une époque de profonds mouvements migratoires ; comme à ce moment-là, nous vivons une période de profonde réorganisation des équilibres géopolitiques et des paradigmes culturels ; comme à ce moment-là, nous ne sommes pas, selon l’expression bien connue du Pape François, dans une époque de changement, mais dans un changement d’époque [3].

    Ces temps-ci, la faiblesse du multilatéralisme sur le plan international est particulièrement préoccupante. Une diplomatie qui promeut le dialogue et recherche le consensus de tous est remplacée par une diplomatie de la force, des individus ou de groupes d’alliés. La guerre est revenue à la mode et une ferveur guerrière se répand. Le principe établi après la Seconde Guerre mondiale, qui interdisait aux pays d’utiliser la force pour violer les frontières d’autrui, a été enfreint. On ne recherche plus la paix comme un don et un bien désirable en soi « dans la poursuite d’un ordre voulu par Dieu, qui implique une justice plus parfaite entre les hommes », [4] mais on la recherche par les armes, comme condition pour affirmer sa propre domination. Cela menace gravement l'État de droit qui est le fondement de toute coexistence civile pacifique.

    D’ailleurs, comme le note saint Augustin, « il n’y a personne qui ne veuille la paix. Même ceux qui veulent la guerre ne veulent rien d’autre que gagner, ils souhaitent donc atteindre une paix glorieuse par la guerre. La victoire, en effet, n’est rien d’autre que la soumission de ceux qui opposent une résistance et, lorsque cela se produira, la paix sera là. [...] Même ceux qui veulent que la paix dans laquelle ils vivent soit rompue ne haïssent pas la paix, mais souhaitent qu’elle soit transmise à leur libre pouvoir. Ils ne veulent donc pas qu’il n’y ait pas de paix, mais qu’il y ait celle qu’ils veulent ». [5]

    C’est précisément cette attitude qui a conduit l’humanité au drame de la Seconde Guerre mondiale dont les cendres ont donné naissance aux Nations Unies, dont le 80e anniversaire a été récemment célébré. Elles ont été voulues par la détermination de 51 nations comme pivot central de la coopération multilatérale afin de prévenir de futures catastrophes mondiales, de préserver la paix, de défendre les droits humains fondamentaux et de promouvoir un développement durable.

    Je tiens à rappeler en particulier l’importance du droit international humanitaire dont le respect ne peut dépendre des circonstances et des intérêts militaires et stratégiques. Le droit humanitaire, en plus de garantir un minimum d’humanité dans les fléaux de la guerre, est un engagement que les États ont pris. Il doit toujours prévaloir sur les velléités des belligérants, afin d’atténuer les effets dévastateurs de la guerre, y compris dans une perspective de reconstruction. On ne peut passer sous silence le fait que la destruction d’hôpitaux, d’infrastructures énergétiques, d’habitations et de lieux essentiels à la vie quotidienne constitue une grave violation du droit international humanitaire. Le Saint-Siège réaffirme fermement sa condamnation de toute forme d’implication des civils dans les opérations militaires et souhaite que la Communauté internationale se souvienne que la protection du principe de l’inviolabilité de la dignité humaine et du caractère sacré de la vie compte toujours plus que tout intérêt national.

    Dans cette perspective, les Nations Unies ont joué un rôle médiateur dans les conflits, encouragé le développement et aidé les États à protéger les droits humains et les libertés fondamentales. Dans un monde confronté à des défis complexes tels que les tensions géopolitiques, les inégalités et les crises climatiques, l’organisation devrait jouer un rôle fondamental pour favoriser le dialogue et l’aide humanitaire, contribuant ainsi à construire un avenir plus juste. Il est donc nécessaire de faire des efforts pour que les Nations Unies reflètent non seulement la situation du monde actuel et non celle de l’après-guerre, mais aussi pour qu’elles soient plus orientées et efficaces dans la poursuite non pas d’idéologies, mais de politiques visant à l’unité de la famille des peuples.

    Le but du multilatéralisme est donc d’offrir un lieu où les personnes peuvent se rencontrer et parler, sur le modèle de l’ancien forum romain ou de la place médiévale. Cependant, pour dialoguer, il faut s’entendre sur les mots et les concepts qu’ils représentent. Redécouvrir le sens des mots est peut-être l’un des premiers défis de notre époque. Lorsque les mots perdent leur rapport à la réalité et que la réalité elle-même devient sujette à opinion et, en fin de compte, incompréhensible, on devient comme ces deux personnes dont parle saint Augustin qui sont obligées de rester ensemble sans qu’aucune des deux ne connaisse la langue de l’autre. Il observe que « les animaux muets, même s’ils sont d’espèces différentes, se comprennent plus facilement qu’elles, bien que toutes les deux soient des êtres humains. En effet, puisque par la seule diversité de la langue elles ne peuvent se communiquer leurs pensées, une grande affinité de nature ne sert à rien pour établir des relations, au point qu’un homme préfère rester avec son chien plutôt qu’avec un étranger ». [6]

    De nos jours, le sens des mots est de plus en plus flou et les concepts qu’ils représentent de plus en plus ambigus. Le langage n’est plus le moyen privilégié de la nature humaine pour connaître et rencontrer, mais, dans les replis de l’ambiguïté sémantique, il devient de plus en plus une arme pour tromper ou frapper et offenser ses adversaires. Nous avons besoin que les mots recommencent à exprimer sans équivoque des réalités certaines. C’est seulement ainsi qu’un dialogue authentique et sans malentendus pourra reprendre. Cela doit se produire dans nos foyers et sur nos places, en politique, dans les moyens de communication et sur les réseaux sociaux, ainsi que dans le contexte des relations internationales et du multilatéralisme, afin que ce dernier puisse retrouver la force nécessaire pour jouer son rôle de rencontre et de médiation, indispensable pour prévenir les conflits, et que personne ne soit tenté de dominer l’autre par la logique de la force, qu’elle soit verbale, physique ou militaire.

    Il convient également de noter que le paradoxe de cet affaiblissement de la parole est souvent revendiqué au nom de la liberté d’expression elle-même. Mais à y regarder de plus près, c’est le contraire qui est vrai : la liberté de parole et d’expression est garantie précisément par la certitude du langage et par le fait que chaque terme est ancré dans la vérité. Il est douloureux de constater, en revanche, que, surtout en Occident, les espaces de véritable liberté d’expression se réduisent de plus en plus, tandis que se développe un nouveau langage à la saveur orwellienne qui, dans sa tentative d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’animent.

    Malheureusement, cette dérive en entraîne d’autres qui finissent par restreindre les droits fondamentaux de la personne, à commencer par la liberté de conscience. Dans ce contexte, l’objection de conscience autorise l’individu à refuser des obligations légales ou professionnelles qui sont en contradiction avec des principes moraux, éthiques ou religieux profondément ancrés dans sa sphère personnelle : qu’il s’agisse du refus du service militaire au nom de la non-violence ou du refus de pratiques telles que l’avortement ou l’euthanasie pour des médecins et des professionnels de santé. L’objection de conscience n’est pas une rébellion, mais un acte de fidélité à soi-même. En ce moment particulier de l’histoire, la liberté de conscience semble faire l’objet d’une remise en question accrue de la part des États, y compris ceux qui se déclarent fondés sur la démocratie et les droits de l’homme. Cette liberté établit au contraire un équilibre entre l’intérêt collectif et la dignité individuelle, soulignant qu’une société authentiquement libre n’impose pas l’uniformité, mais protège la diversité des consciences, en prévenant les dérives autoritaires et en favorisant un dialogue éthique qui enrichit le tissu social.

    De même, la liberté religieuse risque d’être restreinte, alors qu’elle est, comme le rappelait Benoît XVI, le premier des droits humains puisqu’elle exprime la réalité la plus fondamentale de la personne. [7] Les données les plus récentes indiquent que les violations de la liberté religieuse sont en augmentation et que 64 % de la population mondiale subit de graves violations de ce droit.

    En demandant le plein respect de la liberté religieuse et de culte pour les chrétiens, le Saint-Siège le demande également pour toutes les autres communautés religieuses. À l’occasion du 60e anniversaire de la promulgation de la Déclaration Nostra aetate, l’un des fruits du Concile œcuménique Vatican II qui s’est achevé le 8 décembre 1965, j’ai eu l’occasion de rappeler le rejet catégorique de toute forme d’antisémitisme, qui continue malheureusement à semer la haine et la mort, et l’importance de cultiver le dialogue judéo-chrétien, en approfondissant les racines bibliques communes.

    Dans le même contexte commémoratif, la rencontre avec les représentants d’autres religions m’a permis de renouveler mon appréciation pour le chemin parcouru au cours des dernières décennies sur la voie du dialogue interreligieux, car dans toute recherche religieuse sincère, il y a « un reflet du Mystère divin unique qui embrasse toute la création ». [8] En ce sens, je demande à la communauté des États de garantir la pleine liberté de religion et de culte à tous leurs citoyens.

    On ne peut toutefois ignorer que la persécution des chrétiens reste l’une des crises des droits humains les plus répandues à l’heure actuelle, touchant plus de 380 millions de croyants partout dans le monde, lesquels subissent des niveaux élevés ou extrêmes de discrimination, de violence et d’oppression en raison de leur foi. Ce phénomène touche environ un chrétien sur sept dans le monde et s’est aggravé en 2025 en raison des conflits en cours, des régimes autoritaires et de l’extrémisme religieux. Toutes ces données montrent malheureusement que, dans de nombreux contextes, la liberté religieuse est davantage considérée comme un “privilège” ou une concession que comme un droit humain fondamental.

    Je voudrais ici adresser une pensée particulière aux nombreuses victimes des violences à caractère religieux au Bengladesh, dans la région du Sahel et au Nigeria, ainsi qu’à celles du grave attentat terroriste perpétré en juin dernier contre la paroisse Saint-Élie de Damas, sans oublier les victimes de la violence djihadiste à Cabo Delgado, au Mozambique.

    Il ne faut toutefois pas oublier une forme subtile de discrimination religieuse à l’égard des chrétiens qui se répand également dans des pays où ils sont majoritaires, comme en Europe ou en Amérique, où ils voient parfois leur possibilité d’annoncer les vérités évangéliques limitée pour des raisons politiques ou idéologiques, en particulier lorsqu’ils défendent la dignité des plus faibles, des enfants à naître, des réfugiés et des migrants, ou lorsqu’ils promeuvent la famille.

    Dans le cadre de ses relations et actions au niveau international, le Saint-Siège défend constamment une position en faveur de la dignité inaliénable de toute personne. On ne peut donc pas ignorer, par exemple, que tout migrant est une personne et qu’en tant que tel, il possède des droits inaliénables qui doivent être respectés dans tous les contextes. Tous les migrants ne se déplacent pas par choix, mais beaucoup sont contraints de fuir en raison de violences, de persécutions, de conflits et même des effets du changement climatique, comme dans différentes régions d’Afrique et d’Asie. En cette année où l’on célèbre le 75e anniversaire de l’Organisation Mondiale pour les Migrations, je renouvelle le souhait du Saint-Siège que les mesures prises par les États contre l’illégalité et la traite des êtres humains ne deviennent pas un prétexte pour porter atteinte à la dignité des migrants et des réfugiés.

    Les mêmes considérations valent pour les détenus, qui ne peuvent jamais être réduits au rang des crimes qu’ils ont commis. À cette occasion, je tiens à exprimer ma vive gratitude aux Gouvernements qui ont répondu positivement à l’appel de mon vénéré prédécesseur en faveur de gestes de clémence au cours de l’Année jubilaire, en exprimant le souhait que l’esprit du Jubilé inspire de manière permanente et structurelle l’administration de la justice, afin que les peines soient proportionnées aux délits commis, que des conditions dignes soient garanties aux détenus et, surtout, que l’on s’efforce d’abolir la peine de mort, mesure qui anéantit tout espérance de pardon et de renouveau. [9] Nous ne pouvons pas non plus oublier la souffrance de nombreux détenus pour raisons politiques présents dans de nombreux États.

    Par ailleurs, dans la perspective chrétienne, l’être humain est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu qui, « en l’appelant à l’existence par amour, l’a appelé en même temps à l’amour ». [10] Cette vocation se manifeste de manière privilégiée et unique au sein de la famille. C’est dans ce contexte que l’on apprend à aimer et que l’on développe la capacité de se mettre au service de la vie, contribuant ainsi au développement de la société et à la mission de l’Église.

    Malgré son caractère central, l’institution familiale est aujourd’hui confrontée à deux défis cruciaux. D’une part, on assiste à une tendance inquiétante dans le système international qui consiste à négliger et à sous-estimer son rôle social fondamental, ce qui conduit à sa marginalisation institutionnelle progressive. D’autre part, on ne peut ignorer la réalité croissante et douloureuse des familles fragiles, désagrégées et souffrantes, affligées par des difficultés internes et des phénomènes inquiétants, y compris la violence domestique.

    La vocation à l’amour et à la vie, qui se manifeste de manière éminente dans l’union exclusive et indissoluble entre la femme et l’homme, impose un impératif éthique fondamental : mettre les familles en mesure d’accueillir et de prendre pleinement soin de la vie naissante. Cela est plus que jamais prioritaire, en particulier dans les pays qui connaissent une baisse dramatique du taux de natalité. La vie est en effet un don inestimable qui se développe dans le cadre d’un projet relationnel fondé sur la réciprocité et le service.

    C’est à la lumière de cette vision profonde de la vie comme un don à protéger et de la famille comme sa gardienne responsable qu’il faut rejeter catégoriquement les pratiques qui nient ou instrumentalisent l’origine de la vie et son développement. Parmi celles-ci, il y a l’avortement, qui interrompt une vie naissante et refuse d’accueillir le don de la vie. À cet égard, le Saint-Siège exprime sa profonde préoccupation face aux projets visant à financer la mobilité transfrontalière visant à accéder au soi-disant « droit à l’avortement sûr » et estime déplorable que des ressources publiques soient consacrées à la suppression de la vie, au lieu d’être investies dans le soutien aux mères et aux familles. L’objectif premier doit rester la protection de chaque enfant à naître et le soutien effectif et concret de chaque femme afin qu’elle puisse accueillir la vie.

    De même, la maternité de substitution, qui transforme la gestation en un service négociable, viole la dignité tant de l’enfant, réduit à un “produit”, que de la mère, en instrumentalisant son corps et le processus de génération et en altérant le projet relationnel originel de la famille.

    De semblables considérations peuvent être étendues aux malades et aux personnes âgées et seules, qui ont parfois du mal à trouver une raison de continuer à vivre. Il incombe également à la société civile et aux États de répondre concrètement aux situations de fragilité, en proposant des solutions à la souffrance humaine, comme les soins palliatifs, et en promouvant des politiques de solidarité authentique, plutôt que d’encourager des formes de compassion illusoires comme l’euthanasie.

    Une réflexion similaire peut être faite à propos de beaucoup de jeunes confrontés à de nombreuses difficultés, parmi lesquelles la dépendance aux drogues. Un effort conjoint de tous est nécessaire pour éradiquer ce fléau de l'humanité et le trafic de drogue qui l'alimente, afin d'éviter que des millions de jeunes à travers le monde ne finissent victimes de la consommation de drogues. Conjointement à cet effort, il devra y avoir des politiques adéquates de désintoxication et des investissements plus importants dans la promotion humaine, l'éducation et la création d'emplois.

    À la lumière de ces défis, il faut réaffirmer avec force que la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain. Une société n'est saine et avancée que lorsqu'elle protège le caractère sacré de la vie humaine et s'efforce activement de la promouvoir.

    Les considérations que j’ai présentées conduisent à penser que, dans le contexte actuel, on assiste à un véritable “court-circuit” des droits humains. Le droit à la liberté d’expression, à la liberté de conscience, à la liberté religieuse et même à la vie subissent des restrictions au nom d’autres droits dits nouveaux, avec pour conséquence que tout le système des droits humains perd de sa vigueur, laissant place à la force et à l’oppression. Cela se produit lorsque chaque droit devient autoréférentiel et surtout lorsqu’il perd son lien avec la réalité des choses, leur nature et la vérité.

    Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

    si saint Augustin souligne la coexistence de la cité céleste et de la cité terrestre jusqu’à la fin des temps, notre époque semble plutôt encline à nier le « droit de citoyenneté » à la cité de Dieu. Seule semble exister la cité terrestre, enfermée exclusivement à l’intérieur de ses frontières. La recherche des seuls biens immanents mine cette « tranquillité de l’ordre » [11] qui, pour Augustin, constitue l’essence même de la paix, qui concerne autant la société et les nations que l’âme humaine, et qui est essentielle à toute coexistence civile. En l’absence d’un fondement transcendant et objectif, seul l’amour de soi prévaut, jusqu’à l’indifférence envers Dieu qui gouverne la cité terrestre. [12] Cependant, comme le note Augustin, « telle est la stupidité de l’orgueil chez ces hommes qui prétendent trouver le souverain bien ici-bas et le principe de leur félicité en eux-mêmes ». [13]

    L’orgueil obscurcit la réalité elle-même et l’empathie envers le prochain. Ce n’est pas un hasard si à l’origine de tout conflit se trouve toujours une racine d’orgueil. Comme j’ai eu l’occasion de le rappeler dans le Message pour la Journée Mondiale de la Paix, « on perd alors tout réalisme, cédant à une représentation partielle et déformée du monde, sous le signe des ténèbres et de la peur », [14] ouvrant ainsi la voie à la logique de l’affrontement, prélude à toute guerre.

    Nous le voyons dans de nombreux contextes, à commencer par la poursuite de la guerre en Ukraine, avec le fardeau des souffrances infligées à la population civile. Face à cette situation dramatique, le Saint-Siège réaffirme avec détermination l’urgence d’un cessez-le-feu immédiat et d’un dialogue animé par une recherche sincère de voies susceptibles de conduire à la paix. Je lance un appel pressant à la communauté internationale pour qu’elle ne relâche pas ses efforts afin de trouver des solutions justes et durables pour protéger les plus fragiles et redonner espérance aux populations touchées, en renouvelant la pleine disponibilité du Saint-Siège à accompagner toute initiative favorisant la paix et la concorde.

    De même, nous le constatons en Terre Sainte où, malgré la trêve annoncée en octobre, la population civile continue de subir une grave crise humanitaire qui s’ajoute aux souffrances déjà endurées. Le Saint-Siège accorde une attention particulière à toute initiative diplomatique visant à garantir aux Palestiniens de la bande de Gaza un avenir de paix et de justice durables sur leur propre terre, ainsi qu’à l’ensemble du peuple palestinien et à l’ensemble du peuple israélien. En particulier, la solution à deux États reste la perspective institutionnelle qui répond aux aspirations légitimes des deux peuples, alors que l’on constate malheureusement une augmentation des violences en Cisjordanie perpétrées contre la population civile palestinienne qui a le droit de vivre en paix sur sa propre terre.

    L’aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique suscite également une vive inquiétude. Je souhaite renouveler mon appel pressant à rechercher des solutions politiques pacifiques à la situation actuelle, soucieux du bien commun des populations et non de la défense d’intérêts partisans.

    Cela vaut tout particulièrement pour le Venezuela, compte tenu des récents développements. Je renouvelle à cet égard mon appel à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun et de la construction d'un avenir stable et harmonieux. Il pourra trouver l’inspiration dans l’exemple de ses deux enfants que j’ai eu la joie de canoniser en octobre dernier, José Gregorio Hernández et Sœur Carmen Rendiles, pour construire une société fondée sur la justice, la vérité, la liberté et la fraternité, et ainsi sortir de la grave crise qui frappe le pays depuis de nombreuses années.

    D’autres crises parsèment le paysage mondial. Je fais tout d’abord référence à la situation dramatique en Haïti, marquée par toutes sortes de violences, du trafic d’êtres humains, aux exils forcés et aux enlèvements. À ce propos, j’exprime le souhait que, avec le soutien nécessaire et concret de la Communauté internationale, le pays puisse au plus vite franchir les étapes nécessaires pour rétablir l’ordre démocratique, mettre fin à la violence et parvenir à la réconciliation et à la paix.

    Nous ne pouvons pas non plus oublier la situation qui touche depuis des décennies la région africaine des Grands Lacs, en proie à des violences qui ont fait de nombreuses victimes. J’encourage les parties concernées à rechercher une solution définitive, juste et durable, qui mette fin à un conflit qui dure depuis trop longtemps. De même, je pense à la situation au Soudan, transformé en un vaste champ de bataille, et à l’instabilité politique qui persiste au Soudan du Sud, le plus jeune pays de la famille des nations, né à la suite du référendum il y a quinze ans.

    Nous ne pouvons pas non plus passer sous silence l’intensification des signes de tension en Asie orientale, en exprimant le souhait que toutes les parties concernées adoptent une approche pacifique et dialoguante face aux questions litigieuses qui sont source de conflits potentiels.

    Je pense tout particulièrement à la grave crise humanitaire et sécuritaire qui frappe le Myanmar, aggravée par le tremblement de terre dévastateur du mois de mars dernier. Avec une vigueur renouvelée, j’adresse un appel pour que soient courageusement choisies les voies de la paix et du dialogue inclusif, garantissant à tous un accès juste et rapide aux aides humanitaires. Pour être authentiques, les processus démocratiques doivent s’accompagner de la volonté politique de poursuivre le bien commun, de renforcer la cohésion sociale et de promouvoir le développement intégral de toute personne.

    Dans bon nombre de ces scénarios, nous remarquons, comme le souligne Augustin, que l’idée centrale est toujours que la paix n’est possible que par la force et sous l’effet de la dissuasion. Or la guerre se contente de détruire, tandis que la paix exige un effort continu et patient de construction et une vigilance constante. Cet effort interpelle tout le monde, à commencer par les pays possèdant des arsenaux nucléaires. Je pense en particulier à l’importance de donner suite au traité New START, qui expire en février prochain. Le danger est que l’on se laisse au contraire entraîner dans course à la production d’armes toujours plus sophistiquées, notamment grâce à l’intelligence artificielle. Cette dernière est un outil qui nécessite une gestion adéquate et éthique, ainsi que des cadres normatifs axés sur la protection de la liberté et la responsabilité humaine.

    Chers ambassadeurs,

    malgré le tableau dramatique que nous avons sous les yeux, la paix reste un bien difficile mais possible. Comme le rappelle Augustin, elle « est la fin de notre bien », [15] car elle est la fin même de la cité de Dieu, à laquelle nous aspirons, même inconsciemment, et dont nous pouvons goûter l’anticipation dans la cité terrestre. Au cours de notre pèlerinage sur cette terre, elle exige humilité et courage. L’humilité de la vérité et le courage du pardon. Dans la vie chrétienne, ceux-ci sont représentés par Noël, où la Vérité, le Verbe éternel de Dieu, se fait humble chair, et par Pâques où le Juste condamné pardonne à ses persécuteurs, leur donnant Sa vie de Ressuscité.

    À y regarder de plus près, les signes d’une espérance courageuse ne manquent pas aujourd’hui non plus, et ils doivent être constamment soutenus. Je pense par exemple aux accords de Dayton qui, il y a trente ans, ont mis fin à la guerre sanglante en Bosnie-Herzégovine et qui, malgré les difficultés et les tensions, ont ouvert la voie à un avenir plus prospère et harmonieux. Je pense également à la Déclaration commune de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, signée en août dernier et qui, espérons-le, permettra d’ouvrir la voie à une paix juste et durable dans le Caucase du Sud, en résolvant les problèmes encore en suspens de manière satisfaisante pour les deux parties. Par analogie, je pense à l’engagement dont ont fait preuve ces dernières années les Autorités vietnamiennes pour améliorer les relations avec le Saint-Siège et les conditions dans lesquelles l’Église opère dans le pays. Ce sont là autant de germes de paix qui doivent être cultivés.

    Le mois d’octobre prochain marquera le huitième centenaire de la mort de saint François d’Assise, un homme de paix et de dialogue, universellement reconnu même par ceux qui n’appartiennent pas à l’Église catholique. Sa vie est lumineuse parce qu’elle a été animée par le courage de la vérité et la conscience qu’un monde pacifique se construit à partir d’un cœur humble, tourné vers la cité céleste. Je souhaite à chacun d’entre nous un cœur humble et bâtisseur de paix, ainsi qu’à tous les habitants de nos pays en ce début d’année.

    Merci.

    _____________________________

    [1] Benoît XVI, Catechèse (20 février 2008).

    [2] Ibid.

    [3] Cf. François, Discours au Ve Congrès national de l'Église italienne, Florence (10 novembre 2015).

    [4] S. Paul VI, Lettre encyclique Populorum progressio (26 mars 1967), 76 : AAS 59 (1967), 294-295.

    [5] S. Augustin, De Civ. Dei, XIX, 12.1.

    [6] S. Augustin, De Civ. Dei, XIX, 7.

    [7] Benoît XVI, Discours à l'occasion de la présentation des vœux au Corps diplomatique, 9 janvier 2012.

    [8] Catéchèse (29 octobre 2025).

    [9] Cf. François, Bulle d'indiction du Jubilé ordinaire de l'année 2025 « Spes non confundit » (9 mai 2024), 10 : AAS 116 (2024), 654-655.

    [10] S. Jean-Paul II, Exhortation apostolique Familiaris consortio (22 novembre 1981), 11 : AAS 74 (1982), 91.

    [11] Cf. S. Augustin, De Civ. Dei, XIX, 13.

    [12] Ibid., XIV, 28.

    [13] Ibid., XIX, 4. 4.

    [14] Message pour la 59e Journée mondiale de la paix (8 décembre 2025).

    [15] S. Augustin, De Civ. Dei, XIX, 11.

  • La déglingue continue : les Engagés sont prêts à inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution

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    Jusqu'où ira l'ignominie des ex sociaux chrétiens ?

    Du site du Soir :

    « C’est une petite révolution et une victoire » : Les Engagés prêts à inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution

    Un changement significatif pour les descendants du Parti social chrétien, mais qui ne pourra toutefois se concrétiser que durant la prochaine législature.

    Les Engagés ont déposé à la Chambre une proposition de déclaration de révision de la Constitution afin d’inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution. Un changement significatif pour les descendants du Parti social chrétien, mais qui ne pourra toutefois se concrétiser que durant la prochaine législature.

    Plusieurs groupes politiques ont déposé des propositions visant à inscrire ce droit dans la Constitution, suivant en cela ce qui s’est fait en France en 2024. Dans la majorité, le MR souhaite ainsi consacrer le droit à disposer de son corps. Les Engagés veulent quant à eux insérer un article 22/1 selon lequel « le droit de recourir à l’interruption volontaire de grossesse est garanti par la loi qui en détermine les conditions d’exercice. »

    « C’est une petite révolution et une victoire », a affirmé mercredi la députée Carmen Ramlot, initiatrice de la proposition cosignée par huit de ses collègues centristes.

    « Essentiel »

    Comme d’autres, la députée fait le constat que les droits fondamentaux reculent dans le monde, notamment le droit à l’avortement inscrit dans la loi en Belgique depuis 1990. « Dans ce contexte, même si l’IVG est aujourd’hui déjà protégée par la loi, il apparaît essentiel d’inscrire explicitement ce droit dans la Constitution belge dans le but de renforcer cette protection, afin de protéger le droit à l’IVG contre le risque de voir une loi ordinaire le remettre en cause ultérieurement », dit la proposition.

    Le débat sur une telle initiative a lieu actuellement en commission de la Constitution de la Chambre. Jusqu’à présent, il n’a pas abouti. A la fin de l’année passée, la majorité a rejeté une proposition des écologistes. L’Arizona est non seulement divisée sur la question (le CD&V juge une telle révision inutile), mais aussi confrontée à un problème juridique. L’actuelle déclaration de révision de la Constitution ne prévoit pas explicitement l’inscription du droit à l’avortement sous cette législature.

    « Nous voulons respecter les procédures de révision de la Constitution, c’est le socle de notre démocratie. Si on commence à tordre les règles, même pour la bonne cause, on ouvre la boîte de Pandore », souligne la députée.

    Un débat pour 2029

    Le débat reprendrait donc sous la prochaine législature, en principe après 2029, le vote d’une déclaration de révision de la Constitution entraînant la dissolution des Chambres et la convocation d’élections.

    Le sujet de l’avortement est revenu dans le débat politique il y a presque dix ans avec des propositions de moderniser la loi de 1990. Sous le gouvernement Michel, certaines dispositions ont été revues, mais les avancées les plus significatives sont restées lettre morte. Elles se sont systématiquement heurtées à une minorité de blocage constituée du CD&V, de la N-VA et du Vlaams Belang. En se muant de CDH en Engagés, les centristes francophones ont décidé de laisser la liberté de vote à leurs députés sur les sujets éthiques, à l’instar des libéraux.

  • Les foules sont de retour aux audiences papales, mais la question de fond demeure

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    De Niwa Limbu sur le Catholic Herald :

    8 janvier 2026

    Les foules sont de retour aux audiences papales, mais la question de fond demeure.

     
    La fréquentation des audiences papales et des célébrations liturgiques a fortement augmenté en 2025, atteignant 3,17 millions de participants, selon les chiffres publiés par la Préfecture de la Maison papale, ce qui représente une augmentation de 88 % par rapport à l'année précédente après plus d'une décennie de déclin constant.

    Les données, qui couvrent les audiences générales, les célébrations liturgiques et la prière de l'Angélus, montrent une année divisée entre les derniers mois du pontificat du pape François et les huit premiers mois de celui du pape Léon XIV. Prises ensemble, elles indiquent une nette reprise numérique, bien qu'elle fasse suite à une longue période de contraction de la participation du public aux événements du Vatican.

    Au début du pontificat du pape François en 2013, la fréquentation annuelle des messes dépassait 7,3 millions de fidèles, un record absolu. Dès lors, la participation a chuté de façon quasi ininterrompue. En 2024, elle était tombée à 1 682 100, soit moins du quart du niveau observé au début de son pontificat, et aucune année n'a permis d'inverser durablement cette tendance.

    Au cours des premiers mois de 2025, la fréquentation est restée historiquement faible. Les chiffres de janvier à avril, durant la dernière phase du pontificat de François, font état d'un total de 262 820 participants. En janvier, on a dénombré 35 000 participants aux audiences générales et jubilaires, 8 500 aux audiences spéciales, 26 000 aux célébrations liturgiques et 60 000 à l'Angélus.

    En février, la fréquentation a encore diminué : 25 500 personnes ont assisté aux audiences générales, 1 750 aux audiences spéciales, 36 000 aux liturgies et 30 000 à l’Angélus. Mars et avril ont été marqués par une faible participation du public : seulement 70 personnes ont assisté aux audiences spéciales en avril, contre 40 000 à l’Angélus ce même mois.

    La dernière audience générale du pape François a eu lieu le 12 février, peu avant son hospitalisation et son décès. À ce moment-là, la participation avait atteint son niveau le plus bas du pontificat.

    L'élection du pape Léon XIV en mai a entraîné une augmentation immédiate de la fréquentation. De mai à décembre, 2,9 millions de personnes ont assisté aux événements pontificaux. Rien qu'en mai, on a dénombré 55 000 participants aux audiences générales, 11 000 aux audiences spéciales, 106 000 aux célébrations liturgiques et 200 000 à l'Angélus. En juin, on a enregistré 151 000 participants aux audiences générales, 18 000 aux audiences spéciales, 218 000 aux liturgies et 100 000 à l'Angélus.

    La fréquentation a baissé pendant les mois d'été, avec 35 000 personnes présentes aux audiences générales en juillet et 76 000 en août, avant de remonter à l'automne. En septembre, 180 000 personnes ont assisté aux audiences générales, 24 500 aux audiences spéciales, 136 000 aux liturgies et 60 000 à l'Angélus. Octobre a été le mois le plus fréquenté, avec 295 000 participants aux audiences générales, 54 000 aux audiences spéciales, 200 000 aux célébrations liturgiques et 50 000 à l'Angélus. Novembre et décembre sont restés forts, clôturant l'année avec respectivement 200 000 et 77 000 participants aux audiences générales.

    Si l'augmentation sous Léon XIV est significative, les chiffres restent bien inférieurs à ceux enregistrés au début du pontificat de François, lorsque la fréquentation annuelle dépassait régulièrement les sept millions.

    Si la visibilité publique a connu une augmentation positive, peu de gens ont remarqué que la reprise numérique ou tout regain d'intérêt à Rome ne saurait se substituer à la clarté doctrinale et à la confiance ecclésiale. L'Église n'est pas une démocratie. Elle ne se nourrit pas uniquement de popularité, mais de la cohérence entre ce qu'elle proclame, la manière dont elle gouverne et la manière dont elle comprend la personne humaine devant Dieu. Le soi-disant « effet Léon » risque d'être mal compris s'il est considéré comme une preuve de renouveau plutôt que comme un test permettant de déterminer si l'Église a tiré les leçons du long déclin qui l'a précédé.

    Après des années de baisse de fréquentation pendant la dernière partie du pontificat du pape François, l'afflux soudain de pèlerins et de visiteurs a été présenté comme une justification de la continuité. La logique semble évidente si la visibilité est interprétée comme une confirmation. Pourtant, l'histoire même de l'Église met en garde contre de telles hypothèses. Souvent attribuée à tort au pape Saint Jean-Paul II, mais pertinente ici, est la phrase selon laquelle « nous devons défendre la vérité à tout prix, même si nous ne sommes plus que douze ». Les périodes de vitalité visible ont souvent coïncidé avec une ambiguïté doctrinale, tandis que les périodes de faiblesse numérique ont parfois été celles de la plus grande clarté théologique.

    Léon XIV a été explicite quant à ses intentions. S'adressant au Collège des cardinaux le 10 mai, il les a exhortés à « reprendre ce précieux héritage [du pape François] et à poursuivre le chemin », une formulation qui ne laisse guère de doute sur le fait qu'il se considère comme un héritier plutôt que comme un correcteur. Depuis le début du pontificat, les questions d'orientation pastorale et de ton ont jusqu'à présent conservé la même posture fondamentale que celle qui définissait le précédent.

    Le déclin prolongé de l'engagement au cours de la dernière décennie ne s'est pas produit du jour au lendemain. Il s'est déroulé parallèlement à des années de disputes controversées avec Rome, notamment sur la théologie morale et les préférences liturgiques, exacerbées par un style de communication papale qui privilégiait souvent les remarques improvisées et impréparées plutôt que la précision. Pour de nombreux catholiques, le résultat n'a pas été la libération, mais l'incertitude. La participation a diminué non pas parce que l'Église était trop exigeante, mais parce qu'elle semblait de plus en plus incertaine de ce qu'elle souhaitait exiger.

    Léon XIV hérite de ce paysage et, à bien des égards, a choisi de ne pas le redessiner. Sur le plan doctrinal, son approche des questions pastorales controversées a jusqu'à présent reflété celle de son prédécesseur, en maintenant une posture d'ouverture. Dans le même temps, des signes plus subtils d'ajustement ont été observés. Les réformes au sein de la gouvernance du Vatican, notamment la surveillance financière et la restructuration administrative, ainsi que les nominations épiscopales dans plusieurs régions suggèrent un rééquilibrage, favorisant les candidats locaux et compétents sur le plan administratif. On note notamment un retour visible à des vêtements liturgiques et à une tenue papale plus traditionnels. Ces changements, bien que modestes, ont été remarqués par ceux qui craignaient une poursuite ininterrompue des tendances les plus déstabilisantes de l'ère François.

    La tension reste toutefois irrésolue. La popularité, même lorsqu'elle est réelle, ne répond pas à la question sous-jacente de la crédibilité. Les foules peuvent se rassembler par curiosité, par goût de la nouveauté ou par soulagement, mais elles ne témoignent pas en elles-mêmes d'un renouveau de la foi. La mission de l'Église n'a jamais été de rivaliser sur le marché de l'approbation.

    C'est pourquoi l'attitude publique de Léon XIV est aussi importante que ses politiques. L'habitude des remarques spontanées qui caractérisait une grande partie du pontificat précédent a diminué mais n'a pas disparu, refaisant surface à certains moments, notamment dans des commentaires aux médias à l'extérieur de Castel Gandolfo.

    Dans le même temps, Léon XIV bénéficie d'un taux d'approbation exceptionnellement élevé dans les sondages internationaux, en particulier aux États-Unis et dans certaines régions d'Europe. Cela lui confère un certain pouvoir d'influence et façonne le discours médiatique autour de son pontificat. Cependant, l'approbation est une base fragile pour le renouveau ecclésial.

    La caractéristique la plus révélatrice du moment présent n'est donc pas l'augmentation de la fréquentation, mais la combinaison de gestes visant à rassurer sur la doctrine, de modestes réajustements dans la gouvernance et d'un style moins conflictuel, qui ont contribué à stabiliser une Église qui, sous le pape François, semblait souvent en guerre contre elle-même. Cette maîtrise des conflits internes peut expliquer pourquoi la participation a rebondi sans pour autant revenir à ses niveaux historiques. Le véritable test de ce pontificat ne sera pas le nombre de personnes qui se rassemblent sur la place Saint-Pierre, mais la capacité de l'Église à affirmer avec plus de certitude ses convictions.

  • C'est l'incroyant moderne qui est finalement dépourvu de joie, et la société incrédule moderne qui est sans espoir

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    D'

    Le défi que Pierre Manent lance à l'Occident est complexe, affranchi de toute simple nostalgie.

    Dans son ouvrage « Challenging Modern Atheism and Indifference: Pascal's Defense of the Christian Proposition », Manent affirme que c'est l'incroyant moderne qui est finalement dépourvu de joie, et la société incrédule moderne qui est sans espoir.

    Au milieu du XVIIe siècle, Blaise Pascal n'était pas le seul à s'inquiéter du fait que sa nation et son continent n'étaient plus suffisamment chrétiens. Aujourd'hui, l'idée d'une société chrétienne est bien plus éloignée de la réalité qu'à l'époque de Pascal, et pourtant, comme l'écrivait T.S. Eliot dans son introduction à l'édition de poche de 1958 des  Pensées de Pascal chez Dutton, le monde moderne compte encore un nombre non négligeable de personnes pour qui « le christianisme, et le christianisme catholique, expliquent le mieux le monde et surtout le monde moral intérieur ».

    L’œuvre de Pascal nous offre une sagesse précieuse pour réfléchir non seulement à la manière d’être des chrétiens authentiques à chaque génération, mais aussi à la façon de reconstruire aujourd’hui la société occidentale sur la base de la foi qui l’a longtemps définie. Pierre Manent, figure emblématique de la philosophie politique française, réinterprète Pascal pour notre temps, ravivant l’espoir d’un avenir fidèle à la foi.

    Dans son nouvel ouvrage publié aux Presses de l'Université de Notre Dame,  *Challenging Modern Atheism and Indifference: Pascal's Defense of the Christian Proposition*  ( traduit par Paul Seaton ), Manent commence par un constat sans détour de l'état spirituel actuel de son continent : « L'Europe n'aborde pas la question de Dieu, si ce n'est pour la tenir à distance. Elle ne fait que l'effleurer afin de ne pas en être affectée. » En Europe aujourd'hui, et sans doute aussi aux États-Unis, on ne sait guère par où commencer pour examiner ce qu'est le christianisme, ce qu'il devrait être, ou ce qu'il devrait apporter à l'individu. Plus important encore, rares sont ceux qui osent même s'interroger sur la possibilité d'être un  peuple chrétien . Comme le souligne Manent dans un ouvrage précédent, *  Beyond Radical Secularism* ( 2015 ), la société chrétienne est devenue presque du jour au lendemain « un monde aussi éloigné de nous que les Grecs et les Romains ».

    C'était une anomalie dans le système séculier ; aussi, lorsque des foules de jeunes adultes, chapelets à la main, ont encerclé la cathédrale Notre-Dame de Paris, menacée par les flammes, le 15 avril 2019, implorant qu'on l'épargne, ce jour-là, tandis que le père Jean-Marc Fournier se précipitait à l'intérieur pour sauver la relique de la couronne d'épines du Christ, c'était comme si les plus hautes valeurs d'une époque révolue avaient fait irruption dans le relativisme établi de l'ère post-chrétienne. Une église, et par extension l'  Église, semblait de nouveau primordiale aux yeux du monde. Ou peut-être un géant endormi s'était-il brièvement réveillé.

    Dans ces moments-là, l'indifférence envers le christianisme, ancrée dans ce qu'Eliot décrit comme le « point de vue incrédule » de Voltaire, paraît absurde. Nous comprenons que tout n'est pas perdu. Il reste encore un territoire religieux intact, et un travail de restauration passionnant nous attend, nous qui croyons. Comme l'écrit Daniel J. Mahoney dans sa préface minutieuse à  *Challenging Modern Atheism and Indifference* , « l'Europe ne peut échapper à l'influence du christianisme ».

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  • Alors que les barbares se tenaient autrefois aux portes, aujourd'hui, ils s'installent à l'intérieur...

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    Du sur le CWR :

    Retrouver le fil d'or de la civilisation occidentale

    Alors que les barbares se tenaient habituellement à l'extérieur des portes, constituant une menace visible, aujourd'hui ils se tiennent fermement à l'intérieur.

    À quoi ressemblerait l'effondrement de la civilisation ?

    On pourrait immédiatement penser aux coupures d'électricité, aux perturbations des chaînes d'approvisionnement, à la violence urbaine et au dysfonctionnement de l'État. Certes, ces éléments peuvent témoigner du fonctionnement d'une société moderne, mais ils ne constituent pas l'essence même de la civilisation. Une personne civilisée ne se contente pas de vivre en ville (la « civitas » , qui donne son nom à la civilisation), mais se conforme à un idéal culturel. Un barbare vit au gré de ses besoins et désirs immédiats, tandis qu'une personne civilisée pense et agit selon des principes plus élevés de décence et de noblesse, reconnaissant des valeurs supérieures au sein de l'âme et de la société.

    Les grandes civilisations se sont fixé des objectifs qui transcendent les préoccupations quotidiennes, tels que le perfectionnement de l'esprit, la culture des arts et la promotion d'une vie vertueuse. Le barbare ne peut saisir l'essence ni la finalité de ces fins, les jugeant impraticables ou vaines, ce qui explique pourquoi il était souvent connu pour détruire les acquis de la civilisation. Ceux qui œuvraient à bâtir un héritage culturel en comprenaient généralement la fragilité et la nécessité constante de le transmettre et de le défendre.

    Alors que les barbares se tenaient autrefois aux portes, menaçants et invisibles, aujourd'hui, ils s'y installent. Nous sommes les barbares. Nous avons peu à peu sapé les acquis des deux mille cinq cents dernières années, les rejetant sans les transmettre à nos enfants. Notre façon de parler, de nous habiller, de penser, d'agir et, surtout peut-être, de nous divertir, témoigne d'un manque d'âme civilisée. Et cette corruption intérieure s'est déjà manifestée extérieurement : nous méprisons la vie humaine, corrompons les enfants par l'idéologie à l'école et laissons les foules semer le chaos.

    La civilisation occidentale a été menacée d'extinction à maintes reprises. Lors de l'effondrement de l'Empire romain d'Occident, envahi par une succession de tribus germaniques, l'œuvre de Boèce et de Cassiodore a assuré la survie du savoir classique grâce à leurs manuels et traductions, copiés par des générations de scribes monastiques. Lorsque ces populations barbares se convertirent enfin au catholicisme et commencèrent à rétablir l'ordre sous Charlemagne, une nouvelle vague d'invasions détruisit une grande partie de ce qui avait été accompli. Alfred le Grand, combattant la Grande Armée païenne, entreprit personnellement de traduire des ouvrages importants du latin en vieil anglais afin de préserver la culture de son royaume assiégé.

    À l'époque moderne, Dom Prosper Guéranger a rétabli la vie bénédictine en France après la fermeture des monastères par Napoléon, faisant de son monastère de Solesmes un symbole de la renaissance chrétienne en tant que centre de collecte de manuscrits qui a stimulé l'étude des Pères de l'Église et un renouveau du chant grégorien.

    « L’Occident a échoué », déclara Denethor, désespéré, dans Le Seigneur des Anneaux de Tolkien . Même si l’Occident a sombré dans la barbarie à bien des égards, nous ne sommes nullement condamnés à y demeurer. Il sera toutefois difficile de recouvrer l’héritage de notre civilisation si nous restons dans l’ignorance. Nous avons besoin d’une meilleure connaissance des actes, des œuvres et des idéaux de la civilisation occidentale pour former nos esprits et inspirer la renaissance d’une société civilisée. Pour ceux qui débutent, il est utile de se procurer un guide de voyage, conçu pour nous orienter et nous permettre de découvrir par nous-mêmes le riche héritage de l’Occident.

    Un nouvel ouvrage en deux volumes vise précisément cet objectif : *Le Fil d’or : Histoire de la tradition occidentale* , écrit par les éminents chercheurs Allen Guelzo et James Hankins (Golden Thread Academics est une collection d’Encounter Books). Ce travail colossal, qui retrace l’histoire de l’Occident de la Grèce antique au XXe siècle, compte plus de deux mille pages au total (de quoi me donner des crampes à la main pendant ma lecture !).

    L'ouvrage est magnifiquement réalisé, richement illustré d'œuvres d'art, de portraits, de frises chronologiques et de nombreuses cartes. Il comprend également de courts extraits de sources primaires et des « fils narratifs » qui offrent un contexte et une perspective supplémentaires sur les œuvres culturelles. J'apprécie son approche interdisciplinaire qui, bien qu'à dominante historique, accorde une attention particulière à la philosophie, à l'art, à la religion, au droit, à la littérature et aux sciences.

    Et, contrairement à beaucoup d'autres ouvrages, il ne survole pas la chrétienté médiévale ; au contraire, il consacre une large place à l'essor de la Rome chrétienne et au développement d'une culture spécifiquement chrétienne en Occident.

    Nous nous sommes peut-être égarés, mais nous n'avons pas encore échoué. Nous pouvons retrouver notre chemin, en renouant avec le fil d'or de notre tradition. L'image du fil d'or remonte à Thésée, qui s'en servit pour se repérer dans le labyrinthe lors de sa quête pour terrasser le Minotaure. Si cette bête mythique représentait une obscurité destructrice tapie sous la surface de la civilisation, elle a refait surface sous une nouvelle forme technologique. Notre propre création menace de nous submerger, et il est hors de question de s'enliser dans le doute existentiel.

    Pour relever ce défi, nous devons réfléchir davantage, et non moins, redécouvrir la beauté de l'amour sacrificiel et devenir des créateurs culturels plutôt que de sombrer dans la passivité.

    Il est temps de renouer avec le fil d'or de l'Occident afin de perpétuer cette grande et noble tradition, en puisant dans ses profondeurs pour surmonter notre superficialité et réparer sa partie brisée en la transmettant à la génération suivante.

  • Le prochain consistoire aura lieu en juin

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Le pape Léon XIV tiendra son prochain consistoire en juin et espère des rencontres annuelles avec les cardinaux.

    Le Vatican a fait cette annonce jeudi soir, à l'issue du premier consistoire extraordinaire des cardinaux du Saint-Père, qui a duré deux jours.

    Conférence de presse post-consistoire prévue le 8 janvier 2026.
    Conférence de presse post-consistoire en cours le 8 janvier 2026. (Photo : Edward Pentin / National Catholic Register)

    Le pape Léon XIV accueillera un deuxième consistoire de cardinaux à la fin du mois de juin et souhaite tenir de telles réunions chaque année.

    Le Vatican a fait cette annonce jeudi soir, à l'issue du premier consistoire extraordinaire des cardinaux du Saint-Père, qui a duré deux jours. La prochaine réunion de ce type devrait se tenir les 27 et 28 juin, veille de la fête de saint Pierre et saint Paul. 

    Le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, a déclaré que le pape souhaitait organiser des réunions annuelles d'une durée de trois à quatre jours, ce qui permettrait de consacrer plus de temps aux discussions sur divers sujets importants et aux interventions libres des membres du Sacré Collège.

    Le cardinal Stephen Brislin de Johannesburg, en Afrique du Sud, a déclaré aux journalistes lors d'un point de presse de clôture au Vatican que lui et les autres cardinaux avaient trouvé ce consistoire « une expérience très enrichissante et très profonde ». Il a ajouté qu'ils avaient également apprécié qu'il leur ait permis de « mieux se connaître et de s'écouter ». Le fait que le pape souhaite organiser d'autres réunions, a-t-il précisé, montre que le pape, lui aussi, « l'a trouvé très important » et utile.

    Le cardinal a indiqué que certains doutes avaient été exprimés lorsqu'on leur avait annoncé leur répartition en petits groupes, et que « l'une des préoccupations majeures » était le manque d'occasions « de s'exprimer et d'écouter les autres ». Il a toutefois ajouté que la composition des groupes, divisés en deux blocs, lui semblait « très utile » et « permettait à chaque cardinal de prendre la parole », même si l'assemblée entière ne l'entendait pas.

    La liturgie a été brièvement évoquée, a déclaré au Register le cardinal Wilfrid Napier, archevêque émérite de Durban, en Afrique du Sud. Mais il a précisé que la messe traditionnelle en latin et « des détails de ce genre » n’ont pas été abordés. « Je crois que l’essentiel était : comment amener toute l’Église à un niveau d’engagement égal en matière d’évangélisation ? C’était là, je crois, le point central », a-t-il affirmé. Plusieurs cardinaux ont exprimé l’espoir que d’autres sujets non abordés ici seraient traités lors des prochains consistoires.

    Peu d'informations ont filtré pendant et après le consistoire, les cardinaux ayant indiqué aux journalistes que le pape Léon XIV leur avait demandé de garder les débats confidentiels. Néanmoins, le cardinal Brislin, accompagné du cardinal philippin Pablo David et du cardinal colombien Luis José Rueda Aparicio lors du point de presse de jeudi, s'est exprimé avec une relative liberté.

  • La liturgie a-t-elle été éludée lors du premier consistoire du pape Léon XIV ?

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    La liturgie a-t-elle été éludée lors du premier consistoire du pape Léon XIV ?

    Les cardinaux choisissent l'évangélisation et la synodalité comme sujets clés, décevant ceux qui s'attendaient à ce que la liturgie soit un thème central après les récentes restrictions imposées à la forme traditionnelle du rite romain, mais le Saint-Père insiste plus tard sur le fait que la liturgie reste une question « très concrète » qui doit encore être abordée.

    Le pape Léon XIV s'adresse aux cardinaux lors du consistoire extraordinaire le 7 janvier 2026 au Vatican.
    Le pape Léon XIV s'adresse aux cardinaux lors du consistoire extraordinaire du 7 janvier 2026 au Vatican. (Photo : Vatican Media)

    ROME — Certains cardinaux et fidèles attachés au rite romain traditionnel ont exprimé leur inquiétude quant au fait que la liturgie semble être reléguée au second plan lors du consistoire extraordinaire qui se tient actuellement au Vatican, après que les cardinaux ont voté pour donner la priorité à d'autres questions à l'ordre du jour.

    Dans son discours d'ouverture au consistoire hier, le pape Léon XIV a réaffirmé aux cardinaux participants qu'ils auraient l'occasion de « s'engager dans une réflexion commune » sur quatre thèmes déjà annoncés à l'avance comme étant à l'ordre du jour de la réunion.

    Ces sujets, a-t-il précisé, étaient l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium du pape François de 2013 , « c’est-à-dire la mission de l’Église dans le monde d’aujourd’hui », Praedicate Evangelium , la constitution apostolique du défunt pape réformant la Curie romaine ; le Synode et la synodalité, « à la fois comme instrument et comme style de coopération », et la liturgie, « la source et le sommet de la vie chrétienne ». 

    Mais Leo a ajouté que « par manque de temps, et afin d’encourager une analyse véritablement approfondie, seuls deux d’entre eux seront abordés en détail ». 

    Il a ensuite été demandé aux cardinaux de préciser lesquels des quatre thèmes ils souhaitaient voir débattus en détail et, selon le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, une large majorité a décidé que les sujets seraient « l’évangélisation et l’activité missionnaire de l’Église, d’après une relecture d’Evangelii Gaudium », et « le Synode et la synodalité ». Le pape a remercié les cardinaux pour ce choix, ajoutant : « Les autres thèmes ne sont pas oubliés. Il y a des questions très concrètes et spécifiques que nous devons encore aborder. »

    Lors d'un point de presse mercredi soir, Bruni a indiqué aux journalistes que les 170 cardinaux participants étaient répartis en 20 groupes, eux-mêmes divisés en deux blocs. Onze groupes étaient composés de cardinaux en poste à Rome, notamment des cardinaux de la Curie et ceux ayant achevé leur mandat et n'étant plus électeurs. Les neuf autres groupes comprenaient des cardinaux électeurs des Églises locales (archevêques et évêques de diocèses), des cardinaux électeurs nonces et des cardinaux électeurs ayant achevé leur mandat mais conservant leur droit de vote en raison de leur âge (moins de 80 ans). 

    Bruni a indiqué que, « par manque de temps », les secrétaires cardinaux du deuxième groupe étaient chargés de rendre compte de la décision des cardinaux. « Ils disposaient de trois minutes pour expliquer le travail effectué au sein des groupes et les raisons qui avaient conduit au choix des deux thèmes. » 

    Le Saint-Père avait clairement indiqué dans son discours d'ouverture qu'il préférait recevoir l'avis du second groupe de cardinaux, car il ne s'adresse généralement pas à eux. « Il m'est naturellement plus facile de solliciter l'avis de ceux qui travaillent à la Curie et vivent à Rome », a-t-il déclaré. 

    Mais la décision de ne pas faire de la liturgie un thème central a déçu certains cardinaux et fidèles traditionnels. 

    La liturgie est depuis longtemps un sujet particulièrement sensible, notamment pour les catholiques attachés à la tradition, suite aux restrictions importantes imposées récemment à la forme ancienne du rite latin sous le pontificat du pape François. Ces fidèles ont perçu ces restrictions non comme un simple changement disciplinaire, mais comme un jugement porté sur leur fidélité, leur spiritualité et leur appartenance à l'Église, ce que beaucoup ont décrit comme profondément blessant et source de division. 

    Le site web italien traditionnel populaire Messa in Latino a écrit le 7 janvier avoir contacté des cardinaux anonymes mais importants qui se sont tous déclarés « découragés et déçus » par la relégation de la liturgie au rang de sujet de discussion. 

    Dans un commentaire au Register le 8 janvier, le rédacteur en chef du site web, Luigi Casalini, a demandé : « À qui le pape a-t-il délégué ce choix, et selon quels critères ces cardinaux des neuf églises locales ont-ils été sélectionnés pour écarter – de fait – deux sujets ? » Il s'est également demandé « pourquoi les cardinaux sensibles à la question » ne semblent « avoir fait aucune tentative pour faire pression » afin que la liturgie soit incluse comme sujet central de discussion, « même avant le consistoire ». 

    Le consistoire, a-t-il ajouté, « semble être en parfaite continuité avec les synodes et la pensée de François » — une allusion au silence des synodes récents sur la liturgie traditionnelle.

    S'adressant aux journalistes mercredi, Bruni a tenté de les rassurer. « Les deux autres thèmes seront abordés d'une manière ou d'une autre, car la mission n'exclut pas la liturgie », a-t-il déclaré. « Au contraire, cela ne signifie pas une exclusion. Cela signifie qu'ils seront traités parmi les autres ou d'une autre façon. »

    Il a ajouté : « Comme l’a dit le Pape et comme il l’a souligné dans ses discours d’ouverture et de clôture [mercredi], ces thèmes ne peuvent être dissociés, car la mission et l’évangélisation sont indissociables de la liturgie. » 

    Casalini a déclaré qu'il attendait avec intérêt les deux discussions libres prévues aujourd'hui pour voir « si le sujet de la liturgie sera de nouveau abordé ».

    Cet article a été mis à jour afin d'inclure les remarques finales du Pape lors de la séance d'ouverture d'hier.

  • L'évêque Barron (Winona-Rochester) met en garde contre une synodalité qui conduit au relativisme doctrinal.

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    D'InfoVaticana :

    L'évêque Barron met en garde contre une synodalité qui conduit au relativisme doctrinal.

    L’évêque de Winona-Rochester (États-Unis), Robert Barron, a publiquement mis en garde contre les risques d’une synodalité mal comprise qui, au lieu de servir la mission de l’Église, finirait par devenir un espace de débats doctrinaux et de relativisme théologique. Ses déclarations interviennent dans le cadre du Consistoire des cardinaux, où la synodalité figure parmi les sujets à l’ordre du jour et, comme nous avons déjà pu le constater dès la première journée, constitue également le mode opératoire de cet événement.

    Barron, qui a participé activement aux processus synodaux tant au niveau local qu'à Rome, a souligné que les synodes peuvent être des instruments utiles pour définir des stratégies pastorales pratiques , mais qu'ils ne doivent pas être utilisés comme forums pour remettre en question les enseignements établis du Magistère.

    Lorsque la doctrine est soumise au vote, l'Église entre en crise.

    Dans un message publié sur les réseaux sociaux, l’évêque a rappelé son expérience en tant que délégué élu lors des deux phases du Synode et en tant que président d’un synode diocésain. De ce fait, il a soutenu que lorsque l’enseignement doctrinal est soumis à une « détermination synodale », l’Église sombre dans le relativisme et la complaisance , une dynamique qui, selon lui, est déjà clairement visible dans le cadre du « chemin synodal allemand » .

    Barron a souligné que ces types de processus engendrent une insécurité doctrinale et un sentiment permanent de provisoire qui finit par paralyser la vie ecclésiale.

    La référence à Ratzinger et à la théologie de Communio

    L’évêque a évoqué les fondateurs de la revue Communio — Joseph Ratzinger, Hans Urs von Balthasar et Henri de Lubac — qui se sont distanciés de la publication Concilium précisément en raison de son engagement à perpétuer ce qu’on appelait « l’esprit de Vatican II ». Selon Barron, ces grands théologiens reconnaissaient que les conciles pouvaient être nécessaires à certains moments historiques, mais ils mettaient également en garde contre le fait que l’Église ne pouvait pas rester indéfiniment dans un état conciliaire .

    « À la fin d’un concile, c’est un soulagement », se souvient Barron, car l’Église peut alors reprendre sa mission essentielle. La maintenir dans un processus continu de délibérations engendre confusion, hésitation et dérive pastorale, comme ce fut le cas durant les décennies qui ont suivi le concile Vatican II.

    Une synodalité au service de la mission, et non comme une fin en soi

    L’évêque américain a conclu en soulignant que, si la synodalité doit se poursuivre, elle doit se concentrer exclusivement sur les moyens pratiques permettant à l’Église de mieux accomplir sa mission : adorer Dieu, évangéliser et servir les pauvres. Il a également mis en garde contre le risque d’en faire un élément permanent et déterminant de la vie de l’Église.

    Autrement, a-t-il affirmé, l’Église risque de perdre la clarté, la vigueur et le sens de sa propre mission.