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BELGICATHO

  • Des terroristes ont tué neuf chrétiens et en ont blessé onze dans le nord du Nigeria

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    De Christian Daily International :

    Des terroristes ont tué neuf chrétiens et en ont blessé onze dans le nord du Nigeria


    Des éleveurs peuls présumés ont tué neuf chrétiens et en ont blessé onze autres lors d'une attaque nocturne survenue le 16 juin dans l'État de Kaduna, au Nigeria, ont déclaré des habitants de la région.

    Les assaillants ont attaqué le village d'Angwa Magaji, dans le quartier de Kamaru, dans le comté de Kauru, dans la partie sud de l'État, a déclaré Barnabas Chawai.

    Le révérend Mark Bisan, prêtre de l'église catholique Sainte-Monique de la région, a déclaré que les victimes étaient des membres de sa paroisse et a décrit les assaillants comme des « bandits armés peuls présumés ».

    « Les bergers ont envahi la communauté à 22 heures, tuant neuf chrétiens et en blessant onze autres », a-t-il déclaré.

    D'après l'Instruction publique mondiale 2026 de Portes Ouvertes, le Nigéria a enregistré le plus grand nombre de chrétiens tués dans le monde entre le 1er octobre 2024 et le 30 septembre 2025. Sur les 4 849 chrétiens tués en raison de leur foi durant cette période, 3 490 (soit 72 %) étaient Nigérians, contre 3 100 l'année précédente. Le Nigéria figure au 7e rang de cette liste des 50 pays où il est le plus difficile d'être chrétien.

    Les Peuls, qui se comptent par millions au Nigeria et au Sahel, sont majoritairement musulmans et comprennent des centaines de clans de lignées très diverses qui ne partagent pas de points de vue extrémistes, mais certains Peuls adhèrent à une idéologie islamiste radicale, comme l'a noté le Groupe parlementaire multipartite du Royaume-Uni pour la liberté ou la croyance internationale (APPG) dans un  rapport de 2020 .

    « Ils adoptent une stratégie comparable à celle de Boko Haram et de l’ISWAP et manifestent une intention claire de cibler les chrétiens et les symboles forts de l’identité chrétienne », indique le rapport du Groupe parlementaire multipartite.

    Des responsables chrétiens du Nigeria ont déclaré croire que les attaques de bergers contre les communautés chrétiennes de la région centrale du pays sont motivées par leur désir de s'emparer par la force des terres chrétiennes et d'imposer l'islam, la désertification rendant difficile l'entretien de leurs troupeaux.

    Dans la zone centre-nord du pays, où les chrétiens sont plus nombreux que dans le nord-est et le nord-ouest, des milices extrémistes peules islamistes attaquent des communautés agricoles, faisant des centaines de victimes, principalement des chrétiens, selon le rapport. Des groupes djihadistes tels que Boko Haram et le groupe dissident État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), entre autres, sont également actifs dans les États du nord du pays, où le contrôle du gouvernement fédéral est limité et où les chrétiens et leurs communautés continuent d'être la cible de raids, de violences sexuelles et d'assassinats lors de barrages routiers, toujours selon le rapport. Les enlèvements contre rançon ont considérablement augmenté ces dernières années.

    Les violences se sont étendues aux États du sud, et un nouveau groupe terroriste djihadiste, Lakurawa, a émergé dans le nord-ouest, doté d'armements sophistiqués et prônant un programme islamiste radical, comme l'a indiqué WWL. Lakurawa est affilié à Jama'a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), une insurrection expansionniste d'Al-Qaïda originaire du Mali.

    Articles connexes

  • Le père Nicola Bux au pape Léon XIV : faites tout votre possible pour surmonter les différends avec la FSSPX

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    Du substack d'Edward Pentin :

    Le père Nicola Bux au pape Léon XIV : Faites tout votre possible pour surmonter les différends avec la FSSPX

    Dans une lettre ouverte à la fois filiale et urgente, l'ancien consulteur du Vatican insiste sur la nécessité d'un dialogue avec la FSSPX, d'une libéralisation du rite romain traditionnel, de réponses aux dubia et de limites au chemin synodal de l'Allemagne.

    À la veille d'un consistoire de cardinaux cette semaine, le père Nicola Bux, proche collaborateur du défunt pape Benoît XVI, a adressé un appel filial mais ferme au pape Léon XIV, l'exhortant à « résoudre rapidement dans la vérité – et seulement dans la vérité – les nombreuses "polarisations" qui traversent le corps ecclésial ».

    Dans une lettre ouverte signée le jour de la fête de la naissance de saint Jean-Baptiste, le père Bux appelle notamment le pape à établir un dialogue avec la Fraternité Saint-Pie-X avant qu'elle ne consacre de nouveaux évêques sans mandat papal le 1er juillet.

    « Maintenant que nous avons acquis de l’expérience dans le dialogue avec des personnes et des groupes extérieurs à l’Église », écrit-il, « ne devrions-nous pas aussi, et surtout, engager un dialogue au sein de nos propres rangs, en faisant tout notre possible pour veiller à ce qu’aucun de ces frères et sœurs que le Seigneur nous a confiés ne soit perdu ? »

    Le père Bux, prêtre du diocèse de Bari et ancien consulteur auprès du Dicastère pour la Doctrine de la Foi et du Dicastère pour les Causes des Saints, exhorte également le pape Léon XIII à prendre trois autres mesures essentielles : « reconsidérer » le motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI qui libéralisait la liturgie romaine traditionnelle, mais que le pape François a abrogé en 2021 ; veiller à ce que le « chemin synodal » allemand ne se prononce pas sur les questions de doctrine, de morale et de pratique sacramentelle ; et répondre aux dubia (questions formelles demandant des éclaircissements) posées par les cardinaux durant le pontificat du pape François, mais auxquelles ce dernier n’a pas répondu, ou, selon les cardinaux, a répondu de manière insatisfaisante.

    « Les fidèles ont besoin d’être confirmés dans la vérité, la stabilité et l’immuabilité substantielle de la foi », écrit le père Bux, ajoutant qu’ils « doivent pouvoir entendre du Successeur de Pierre, après plus d’une décennie de confusion, que le Saint-Esprit fait en effet toutes choses nouvelles, mais en ce sens qu’il les amène à leur accomplissement final ( novus ), en harmonie – et non en contraste – avec ce qui a été inspiré jusqu’à présent. »

    « Saint Père, je vous en supplie, agissez promptement », écrit le père Bux en conclusion. « Ne laissons pas le schisme sous-jacent devenir irréparable. »


    Très Saint Père,

    C’est avec un profond respect filial que j’ose vous adresser cet appel sincère, après avoir eu la grâce de collaborer avec le cardinal Joseph Ratzinger, puis avec le Saint-Père Benoît XVI, avant de consacrer ces treize dernières années à la prière, au don de soi et à un travail discret mais constant pour l’unité de l’Église.

    L’Église est le pont entre Dieu et les hommes, dont le Pape est le pontife ; elle est en effet synonyme de la paix que le Christ a fixée comme limite : édifier l’Église, c’est bâtir la paix ; séparer les deux, c’est compromettre la mission de l’Évangile. C’est pourquoi je supplie Votre Sainteté de persévérer dans cette voie unique, afin de résoudre dans la vérité – et seulement dans la vérité – les nombreuses polarisations qui traversent le corps ecclésial. Maintenant que nous avons l’expérience du dialogue avec les personnes et les groupes extérieurs à l’Église, ne devrions-nous pas aussi, et surtout, dialoguer au sein de nos propres rangs, en faisant tout notre possible pour qu’aucun de ces frères et sœurs que le Seigneur nous a confiés ne soit perdu ?

    Faisant notamment référence à la décision importante annoncée par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, je vous invite à reconsidérer le « pont » conçu par Benoît XVI à travers le Motu Proprio Summorum Pontificum et, par conséquent, la levée de l’excommunication. Constatant que tant d’évêques ont su, avec équilibre, instaurer une harmonie liturgique dans leurs diocèses respectifs, Votre Sainteté pourrait donner l’exemple : en accordant à toute l’Église la possibilité de célébrer, parallèlement au nouveau rite, l’ancien rite romain, tout en réaffirmant la validité de la réforme liturgique et l’inviolabilité du Concile Vatican II, comme de tout autre concile œcuménique.

    Concernant le « chemin synodal » allemand, j’implore le Saint-Père de clarifier que ce chemin ne saurait délibérer sur les questions de doctrine, de morale et de pratique sacramentelle, et que la pastorale est indissociable de ces dernières. Autrement, ce prétendu « accompagnement » ne conduirait jamais à la conversion nécessaire : le pécheur ne serait pas, en réalité, détourné du péché, mais au contraire, conduit à sa confirmation, voire à sa reconnaissance institutionnelle. Votre Sainteté a déjà affirmé que certaines questions sources de division « ne peuvent faire l’objet de délibérations ou de décisions de la part d’une Église particulière », mais vous n’êtes certainement pas sans savoir que cette grave division pourrait s’étendre à d’autres épiscopats. L’Église n’est inclusive que si ceux qui souhaitent y entrer reçoivent l’initiation sacramentelle et si ceux qui souhaitent la quitter suivent le chemin de pénitence.

    Votre Sainteté, enfin, je vous implore de lever un autre obstacle à la vérité et à la communion : l’absence ou l’insuffisance de réponse aux Dubia des cardinaux sur les questions doctrinales et pastorales des récents synodes. Nombreux sont les fidèles à travers le monde qui attendent cette réponse, non pas sous la forme d’une interview – car les interviews réduisent les paroles et le magistère du Pape à une simple opinion parmi d’autres – mais sous la forme d’un document d’une autorité égale ou supérieure.

    Les fidèles ont besoin d’être affermis dans la vérité, la stabilité et l’immuabilité fondamentale de la foi, car l’Esprit Saint ne peut renier ce qu’il a inspiré à l’Église tout au long de ses deux mille ans d’histoire. Les fidèles ont besoin de redécouvrir, avec saint Irénée, que le Christ a apporté toute nouveauté en s’offrant lui-même, et qu’il n’y a rien d’autre de nouveau à espérer, si ce n’est la proclamation toujours renouvelée de l’Évangile du Christ.

    Les fidèles doivent pouvoir entendre du Successeur de Pierre, après plus d'une décennie de confusion, que le Saint-Esprit fait en effet toutes choses nouvelles, mais en ce sens qu'il les amène à leur accomplissement final ( novus ), en harmonie – et non en contraste – avec ce qui a été inspiré jusqu'à présent.

    En vertu de la prérogative indispensable du commandement pétrinien , je vous supplie, Votre Sainteté, d’énoncer clairement la vérité et l’erreur : l’Église tout entière doit ainsi se conformer à votre parole. Vous avez dit à juste titre que suivre le Christ exige la conversion et que nous devons chercher à fonder notre unité sur Jésus-Christ et sur son enseignement. Or, Votre Sainteté, le seul moyen que nous connaissions pour y parvenir est précisément et uniquement de défendre la vérité. Agissez promptement, Père Saint, je vous en supplie. Ne laissons pas le schisme sous-jacent devenir irrémédiable.

    Nous prions pour vous, Sainteté, dans l'espoir ferme qu'au sein du Consistoire vous puissiez initier et mener une discussion fructueuse sur ces questions urgentes.

    Dans le Seigneur Jésus,

    Père Nicola Bux

    24 juin 2026,

    Fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste

  • Aux Pays-Bas : la première euthanasie d’un enfant de moins de 12 ans

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Pays-Bas : première euthanasie d’un enfant de moins de 12 ans

    24 juin 2026
     

    Sophie Hermans, ministre néerlandais de la Santé, a révélé dans une lettre adressée au Parlement qu’un enfant de moins de 12 ans est, pour la première fois, décédé par euthanasie aux Pays-Bas en 2025.

    Elle indique que le médecin qui a effectué le geste létal a signalé l’acte à la commission spéciale chargée de contrôler, a posteriori, les euthanasies de mineurs et les interruptions tardives de grossesse. Celle-ci a été saisie l’an dernier. Elle a ensuite examiné le dossier, auditionné le praticien concerné et transmis son avis au parquet qui déterminera si le praticien a respecté la loi.

    Ni l’âge, ni le sexe, ni la pathologie de l’enfant n’ont été révélées. Aucune information n’a en outre été rendue publique sur sa situation familiale ou l’établissement dans lequel l’acte a eu lieu.

    Extensions progressives de la loi

    Aux Pays-Bas, l’euthanasie d’enfants de 1 à 12 ans, atteints d’une maladie incurable en phase terminale et présentant une « souffrance désespérée et insupportable » sans perspective d’amélioration, est autorisée depuis février 2024 (cf. Pays-Bas : l’euthanasie autorisée pour les enfants de moins de 12 ans). « Le médecin implique l’enfant, dans la mesure de ses capacités, dans la décision et doit s’assurer que sa vie n’a pas été interrompue contre sa volonté » précise la commission d’évaluation.

    A l’époque, le gouvernement considérait qu’un « petit groupe » d’environ cinq à dix enfants pourrait être concerné chaque année. Parmi les situations envisagées se trouvaient les anomalies congénitales sévères, les maladies métaboliques ou les atteintes graves des organes essentiels.

    En 2002, le pays avait été le premier à dépénaliser l’euthanasie et le . En 2014, la pratique a été étendue aux mineurs de plus de douze ans « capables de discernement », et aux bébés de moins d’un an, avec le consentement des parents (cf. Pays-Bas, Belgique, Suisse… L’incontrôlable « pente glissante » de l’euthanasie).

    Selon les données publiées en mai 2025 par les Commissions régionales de contrôle de l’euthanasie, 9 958 personnes sont décédées par euthanasie aux Pays-Bas en 2024, soit 10 % de plus que l’année précédente (cf. Pays-Bas : près de 10 000 euthanasies en 2024). Au total, 5,8 % de l’ensemble des 172 049 décès enregistrés dans le pays ont fait suite à des euthanasies.

    Sources de la synthèse de presse : NL Times (23/06/2026) ; Le Figaro, Marie de Montalembert de Cers (23/06/2026) ; Le JDD, Audrey Senecal (23/06/2026)

  • La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X écrit au Pape et aux cardinaux à la veille du Consistoire

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    Du site de la FSSPX :

    Lettre ouverte à Sa Sainteté le Pape Léon XIV et aux Cardinaux de la Sainte Église

    Source: FSSPX Actualités

    Très Saint-Père,
    Éminences Révérendissimes,

    À la veille du Consistoire de la fin de ce mois, et à quelques jours des consécrations épiscopales prévues le 1er juillet prochain à Écône, il nous semble que le moment est venu pour la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X de formuler une profession intégrale de foi catholique, que nous souhaiterions remettre entre les mains de Votre Sainteté et de chacun des Cardinaux.

    L’Église souffre aujourd’hui sous la pression de forces nouvelles, venues tant de l’intérieur que de l’extérieur, qui la poussent dans toutes les directions possibles, sauf – nous semble-t-il – dans la bonne. Devant une telle souffrance, nous ne pouvons demeurer indifférents.

    Ce n’est pas à la Fraternité Saint-Pie X qu’il revient d’indiquer la voie à suivre, mais à la Tradition bimillénaire de l’Église, fidèlement gardée et transmise par le Siège apostolique au cours des siècles, et que beaucoup considèrent désormais, dans les faits, comme une réalité dépassée, soumise à une évolution permanente.

    C’est au nom de cette même Tradition, et à sa seule lumière, que nous formulons aujourd’hui cette profession de foi catholique face aux principales erreurs et aux plus graves périls de notre temps.

    Nous sommes convaincus que la Tradition renferme tous les remèdes aux maux les plus profonds dont souffrent l’Église et le monde, et pour lesquels on cherche en vain des solutions en dehors d’elle. La foi immuable et intégrale est le principe, le fondement et la racine du salut des âmes. Cette foi, contenue dans la Tradition et enseignée par le Magistère constant, constitue le véritable fondement de l’unité de l’Église et, par conséquent, le moyen nécessaire d’établir l’union et la communion entre les membres du Corps mystique du Christ.

    Au-dessus des changements et des vicissitudes du temps se dresse la Tradition immuable, écho dans l’histoire de la Vérité éternelle.

    Nous ne pouvons qu’espérer et supplier que cette Tradition et la pureté de la foi soient de nouveau placées au fondement de la vie de l’Église, afin qu’à partir d’elles puisse s’amorcer une authentique régénération. C’est à cette intention que nous prions avec instance.

    Nous sommes persuadés que, dans le contexte instable et extrêmement périlleux qui se présente aujourd’hui à nos yeux, la meilleure contribution que l’on puisse offrir à l’Église universelle est celle d’une profession sincère et intégrale de foi catholique.

    Nous espérons qu’un jour, ce texte doctrinal puisse servir de base pour une discussion franche avec le Saint-Siège, dans un climat paisible, fraternel et charitable.

    Le texte que nous vous remettons n’est pas le ressassement stérile d’un groupe de nostalgiques, mais la nécessaire expression, paisible et résolue, de notre foi.

    « Non enim possumus aliquid adversus veritatem sed pro veritate. »
    « Car nous ne pouvons rien contre la vérité, mais seulement pour la vérité. »

    Et selon le Psalmiste, repris par saint Paul :

    « Et nos credimus propter quod et loquimur. »
    « Nous aussi nous croyons, c’est pourquoi nous parlons. »

    En vous remerciant de l’attention que vous daignerez porter à ce texte, nous vous assurons de notre prière constante pour vous et pour l’Église universelle.

    Menzingen, le 24 juin 2026, Nativité de saint Jean-Baptiste

    Davide Pagliarani 
    Supérieur général

    + Alfonso de Galarreta
    Premier Assistant général                     

    Christian Bouchacourt
    Second Assistant général

    + Bernard Fellay
    Premier Conseiller général
    Ancien Supérieur général 

    Franz Schmidberger
    Second Conseiller général
    Ancien Supérieur général

    Le texte de la "Profession de foi catholique de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X pour éclairer les âmes face aux erreurs modernes" se trouve ICI

  • Dicastère pour le Cute divin : un laïc ne peut pas prononcer une homélie

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    De Vatican News :

    Dicastère pour le Cute divin: un laïc ne peut prononcer une homélie

    La réponse du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements à la question posée par les évêques allemands est négative. Dans une lettre, le dicastère précise que la proclamation de la Parole dans la célébration liturgique est inséparable de la mission reçue sacramentellement.

    Le Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, dans une lettre en anglais datée du 17 juin 2026, répond à la question posée par les évêques allemands le 30 mars dernier concernant la possibilité de confier l’homélie, dans des cas exceptionnels, à des laïcs qualifiés.

    Dans cette missive adressée à Mgr Heiner Wilmer, président de la Conférence épiscopale allemande, le Dicastère, tout en exprimant son appréciation pour les préoccupations pastorales qui ont inspiré cette demande, souligne qu’une telle possibilité n’existe pas et que «la discipline en vigueur ne peut pas faire l’objet d’une dérogation par indult, car l’homélie réservée au prêtre ou au diacre ne résulte pas d’une simple norme disciplinaire, mais découle de la nature même de la liturgie».

    Parole et mission

    L’homélie constitue en effet une partie intégrante de la Liturgie de la Parole, elle est intrinsèquement liée à la proclamation de l’Évangile et représente — peut-on lire — un exercice du munus docendi (le «pouvoir d’enseigner» — NDLR) confié aux ministres ordonnés par le sacrement de l’Ordre. La proclamation de la Parole au sein de la célébration liturgique est donc inséparable de la mission reçue sacramentellement et de l’unité qui relie la Parole et le Sacrement dans la célébration eucharistique.

    Autres formes d’annonce

    La lettre souligne également l’importance de promouvoir la formation permanente des ministres ordonnés afin que l’homélie puisse exprimer pleinement son efficacité pastorale et spirituelle. Enfin, le Dicastère rappelle que la discipline actuelle de l’Église prévoit déjà de nombreuses formes d’annonce de la Parole et de prédication qui peuvent être confiées aux fidèles laïcs en dehors de l’homélie et en dehors de la célébration de l’Eucharistie, conformément au droit canonique et à la nature propre de ces différentes formes d’annonce de l’Évangile.

    mais...

    Le Chemin synodal allemand n'accepte pas le refus de Rome et exige de renégocier la prédication des laïcs.

    Selon l'agence de presse KNA, le Comité central des catholiques allemands (ZdK) et d'autres groupes réformistes ont réagi de manière critique au rejet communiqué par le Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, qui a réaffirmé que l'homélie pendant la messe est réservée exclusivement aux prêtres et aux diacres.

    Le ZdK exhorte les évêques à ne pas reculer

    La présidente du Comité central des catholiques allemands, Irme Stetter-Karp, a déclaré que le rejet de Rome ne devait pas être interprété comme une raison d'abandonner la proposition promue par le Chemin synodal.

    Le responsable laïc a rappelé que le document intitulé « Proclamation de l’Évangile par les laïcs en parole et en sacrement » avait été approuvé en mars 2023 avec un large soutien des participants au processus synodal, y compris de nombreux évêques.

    Il a donc exigé que l'épiscopat allemand réaffirme devant le Saint-Siège sa position en faveur de l'élargissement des fonctions liturgiques des laïcs et continue de défendre les arguments présentés jusqu'alors.

    Des groupes progressistes critiquent la décision du Vatican

    La Katholische Frauengemeinschaft Deutschlands (kfd), l'une des plus importantes organisations féminines catholiques du pays, a interprété la réponse de Rome comme une preuve supplémentaire du manque d'égalité entre les hommes et les femmes au sein de l'Église.

    Ses dirigeants ont fait valoir que cette décision ignore les compétences et la formation théologique de nombreuses femmes engagées dans la vie ecclésiale et ont dénoncé le fossé entre ce qu'ils considèrent comme la réalité pastorale des communautés locales et les normes établies par le Saint-Siège.

    Le mouvement Wir sind Kirche (« Nous sommes l’Église ») a exprimé des sentiments similaires , qualifiant ce rejet de décision « déconnectée de la réalité ». L’organisation a fait valoir que le vieillissement du clergé et la pénurie de nouvelles vocations rendent de plus en plus difficile le maintien de l’activité pastorale dans de nombreuses paroisses allemandes.

    Rome a fermé la porte à toute exception.

    Cette réaction de ces groupes fait suite au rejet formel par le Vatican de la demande soumise par le président de la Conférence des évêques allemands, l'évêque Heiner Wilmer.

    Dans sa réponse, le dicastère dirigé par le cardinal Arthur Roche a réaffirmé que l'homélie fait partie intégrante de la liturgie et que, selon le droit canonique, elle est liée au ministère ordonné. Par conséquent, il a affirmé que les fidèles non ordonnés ne peuvent être autorisés à prêcher pendant la messe, même sous prétexte de besoins pastoraux particuliers.

    Le texte soulignait également que les difficultés liées à la qualité de certains sermons devaient être résolues par une meilleure formation continue des prêtres et des diacres, une responsabilité qui incombe aux évêques diocésains.

    Nouvel épisode de tensions entre l'Allemagne et le Saint-Siège

    Ce dernier rejet porte à deux le nombre de refus pour les propositions progressistes allemandes. Cette controverse met une fois de plus en lumière les divergences entre certains des principaux défenseurs du Chemin synodal allemand et Rome.

    Ces dernières années, plusieurs propositions approuvées selon cette procédure ont suscité des objections du Saint-Siège en raison de leurs implications doctrinales, disciplinaires ou ecclésiologiques. Il s'agit notamment d'initiatives relatives à la structure de gouvernance de l'Église, au rôle des femmes, à la morale sexuelle et à l'exercice du ministère ordonné.

  • L’eurodictature du gender : le Cardinal Müller et les « Enracinés » se mobilisent à Rome contre l’idéologie européenne

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    De diakonos.be :

    L’eurodictature du gender : Le Cardinal Müller et les « Enracinés » se mobilisent à Rome contre l’idéologie européenne

    Le 17 juin dernier, la salle de conférence de la Chambre des députés à Rome a accueilli un colloque organisé par la toute nouvelle association catholique italienne « I RadicaTi dal diritto naturale alla legge » sur le thème « Diktateurogender : racines chrétiennes, liberté religieuse & éducative en péril dans l’UE », marqué par l'intervention du cardinal Gerhard Müller, qui n’a pas caché son opposition à l'idéologie du genre.

    À l’initiative de son président, l'avocat Luigi Trisolino, et avec le soutien du député Massimo Milani (Fratelli d'Italia), l'association « I RadicaTi » tire la sonnette d’alarme sur les dernière évolutions législatives au sein de l’Union européenne, qu’ils considèrent comme une menace directe pour les racines chrétiennes et les libertés fondamentales.

    Le cheval de Troie de l’« eurogender »

    Au cœur des débats : la récente modification par le Parlement européen de la Directive de 2012 sur la protection des victimes de crimes. Pour Luigi Trisolino, cette réforme est un « diktat eurogender » imposé par une « dictature qui dérive du politiquement correct vers l’eurojuridiquement correct ».

    Le président des RadicaTi dénonce une manœuvre visant à introduire, via une réglementation européenne, des concepts tels que « l’identité de genre », mais aussi l’accès à l’« avortement sûr » pour les victimes de violences sexuelles. Selon lui, il s'agit « de la même idéologie du gender qui neutralise, relativise et vise à faire disparaître les identités culturelles, les racines et les rôles des sexes biologiques naturels masculin et féminin ».

    Trisolino voit dans ce texte une tentative détournée de faire passer en droit européen ce que le projet de loi « Zan » n’avait pu obtenir en Italie en 2021. Le projet de loi Zan était une proposition législative italienne controversée visant à sanctionner les crimes de haine basés sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, mais vivement critiquée par les conservateurs pour ses risques de censure de la liberté d’expression et d'introduction de l'idéologie du genre dans les programmes éducatifs destinés aux enfants. « Les réponses pénales doivent certes être dissuasives contre toute forme d’haine, mais nous ne pouvons pas faire entrer par la fenêtre européenne ce que les radicaux de gauche n’ont pas réussi à faire entrer par la porte en Italie ».

    La mise en garde du Cardinal Müller

    Invité d’honneur, le cardinal Gerhard Müller a présenté son analyse de la dérive idéologique de l'UE. Pour le haut prélat, l’Europe actuelle semble délaisser les enjeux géopolitiques pour se consacrer à l’exportation de théories radicales de gauche.

    « La bandiera arcobaleno est devenue un feticcio dinanzi al quale tutti i cittadini dell’UE devono inginocchiarsi » (Le drapeau arc-en-ciel est devenu un fétiche devant lequel tous les citoyens de l'UE doivent s’agenouiller), a déclaré le cardinal, dénonçant un « relativisme moral » et un « totalitarisme de genre » aux accents néomarxistes.

    Interrogé sur le rôle de la science, souvent instrumentalisée pour justifier ces changements sociétaux, le cardinal a rappelé une distinction nécessaire : « La science qui amplifie la conscience de notre nature et de l'histoire […] est pleinement reconnue et promue par les chrétiens. Nous rejetons en revanche le scientisme, en tant qu’instance idéologico-politique parce qu’il réduit l’homme à une simple fonction et détruit sa dignité de personne capable de penser de manière autonome et de décider librement ».

    « Je n'ai pas besoin de Mme von der Leyen »

    L’intervention a culminé avec une critique frontale de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, déclenchant les applaudissements de la salle : « Non ho bisogno della signora von der Leyen per sapere ciò che io devo pensare » (Je n'ai pas besoin de Mme von der Leyen pour savoir ce que je dois penser).

    De son côté, le député Massimo Milani a rappelé la dimension sociale et communautaire du catholicisme face à l'individualisme radical de la pensée dominante qui imprègne, selon lui, ces nouveaux textes législatifs.

    Pour les RadicaTi, le combat ne fait que commencer. Luigi Trisolino a conclu la conférence en réaffirmant leur volonté de défendre les « valeurs non négociables », tout en formulant l'espoir de voir les racines chrétiennes de l'Europe un jour explicitement reconnues dans les traités de l'Union.

    Un positionnement assumé, malgré la conscience que « la pensée unique progressiste et mondialiste » voudrait nous faire asseoir du côté de ceux qui ont tort. Nous en serons honorés », a‑t-il conclu.

  • La nativité de saint Jean-Baptiste (24 juin)

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    saint_jean_baptiste.jpgDe Benoît XVI, cette catéchèse sur saint Jean-Baptiste

    ... la vénération de saint Jean-Baptiste est ancienne et profonde. Dans les évangiles, son rôle par rapport à Jésus apparaît très nettement. Saint Luc, en particulier, raconte sa naissance, sa vie dans le désert, sa prédication, et saint Marc nous parle de sa mort dramatique. Jean-Baptiste initie sa prédication sous l’empereur Tibère, en 27-28 après Jésus-Christ, et l’invitation très claire qu’il adresse à la foule accourue pour l’écouter est de préparer le chemin pour accueillir le Seigneur, de rendre droits les sentiers tordus de sa propre vie à travers une conversion du cœur radicale (cf. Luc 3, 4). Pourtant le Baptiste ne se limite pas à prêcher la pénitence et la conversion mais, en reconnaissant que Jésus est « l’Agneau de Dieu » venu pour enlever le péché du monde (Jean 1, 29), il a la profonde humilité de montrer en Jésus le véritable Envoyé de Dieu, en se mettant de côté pour que le Christ puisse grandir, être écouté et suivi. Dans un acte ultime, le Baptiste témoigne par son sang de sa fidélité aux commandements de Dieu, sans céder ni reculer, en accomplissant jusqu’au bout sa mission. Dans ses homélies, saint Bède, moine du IXème siècle, dit ceci : Saint Jean a donné sa vie pour [le Christ], même si on ne lui a pas ordonné de renier Jésus Christ, on lui a ordonné de taire la vérité (cf. Homélies 23 : CCL 122, 354). Et il n’a pas tu la vérité et c’est ainsi qu’il est mort pour le Christ qui est la Vérité. C’est justement par amour de la vérité qu’il ne s’est pas abaissé en se compromettant et qu’il n’a pas eu peur d’adresser des paroles fortes à celui qui s’était éloigné des voies de Dieu.

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  • La nativité de saint Jean-Baptiste

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    la nativité de Jean-Baptiste par Ghirlandaio (Santa Maria Novella, Florence)

    Méditation et historique (missel.free.fr)

    L'Église célèbre la naissance du Sauveur au solstice d'hiver et celle de Jean-Baptiste au solstice d'été. Ces deux fêtes, séparées l'une de l'autre par un intervalle de six mois, appartiennent au cycle de l'Incarnation ; elles sont, par leur objet, dans une mutuelle dépendance ; à cause de ces relations, on peut leur donner le même titre, c'est en latin : nativitas, naissance ; natalis dies,Noël.

    Pourquoi célébrer la naissance de Jean-Baptiste, se demande saint Augustin, dans un sermon qui se lit à l'office nocturne ? La célébration de l'entrée de Jésus-Christ dans ce monde s'explique fort bien ; mais les hommes - et Jean-Baptiste en est un - sont d'une condition différente ; s'ils deviennent des saints, leur fête est plutôt celle de leur mort : leur labeur est consommé, leurs mérites sont acquis ; après avoir remporté la victoire sur le monde, ils inaugurent une vie nouvelle qui durera toute l'éternité. Saint Jean-Baptiste est le seul à qui soit réservé cet honneur ; et cela dès le cinquième siècle, car la nativité de la Vierge Marie ne fut instituée que beaucoup plus tard. Ce privilège est fondé sur ce fait que Jean a été sanctifié dès le sein de sa mère Élisabeth, quand elle reçut la visite de Marie sa cousine ; il se trouva délivré du péché originel ; sa naissance fut sainte, on peut donc la célébrer. C'est un homme à part, il n'est inférieur à personne, non surrexit inter natos mulierum major Jobanne Baptista. L'ange Gabriel vint annoncer sa naissance, son nom et sa mission, nous dit saint Maxime, dans une leçon de l'octave ; sa naissance merveilleuse a été suivie d'une existence admirable, qu'un glorieux trépas a couronnée ; l'Esprit Saint l'a prophétisé, un ange l'a annoncé, le Seigneur a célébré ses louanges, la gloire éternelle d'une sainte mort l'a consacré. Pour ces motifs, l'Église du Christ se réjouit dans tout l'univers de la naissance du témoin qui signala aux mortels la présence de celui par lequel leur arrivent les joies de l'éternité.

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  • Homélie pour la nativité de saint Jean-Baptiste

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    Joseph-Marie Verlinde, Homélie en la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste, vendredi 24 juin 2011, homelies.fr.

    L’Eglise ne célèbre que trois naissances : celle du Fils de Dieu, celle de sa mère, et celle de Jean-Baptiste. La nativité de ce dernier fut même célébrée bien avant celle de la Vierge Marie : elle est attestée dès le IVe s.

    De tous les autres saints nous retenons uniquement le jour de leur naissance à la vie définitive au moment du grand passage de ce monde à l’autre. L’exception faite pour saint Jean se fonde sur la parole insistante de l’Ange annonçant la destinée extraordinaire de cet enfant (Lc 1, 13-17), et surtout sur la grâce de sanctification reçue dès le sein de sa mère, lors de la Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth (Lc 1, 39-56). Puisque l’enfant fut purifié du péché originel et oint de l’Esprit de sainteté, il est légitime de fêter sa naissance comme la célébration de l’entrée d’un saint dans notre monde.

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  • Il y a cinquante ans, Pierre Chaunu, historien visionnaire, annonçait notre présent

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    Pierre Chaunu (1923-2009) est de ces historiens qu’on a trop souvent lu en diagonale, ou seulement pour ses travaux monumentaux sur Séville et l’Atlantique et l’histoire quantitative, alors qu’il avait une profondeur anthropologique, démographique et civilisationnelle particulièrement aiguë, surtout dans ses derniers livres et ses interventions publiques.

    Il insistait beaucoup sur :

    • La continuité comme essence de l’histoire (« l’essentiel s’appelle permanence ») face à l’écume du changement perpétuel.
    • La démographie comme révélateur ultime du moral d’une civilisation (il parlait très tôt de « déchristianisation » et de « suicide démographique » de l’Europe).
    • Le rôle central du christianisme dans la genèse de l’Occident moderne, et le vide spirituel et anthropologique qu’a laissé son recul.
    • Une vision tragique mais lucide de l’Histoire : l’homme n’est pas maître absolu de son destin, les structures profondes (démographie, croyances, cadres mentaux) pèsent lourdement.

    Beaucoup de ses mises en garde des années 70-90 sur la dénatalité, la perte de sens, le rapport au temps long, sonnent aujourd’hui avec une force presque prophétique.

    Pour lui, la démographie n’est pas un simple indicateur économique ou statistique parmi d’autres : elle constitue le révélateur ultime du moral d’une civilisation, de sa vitalité profonde, de son rapport à la vie, à l’avenir et à la transcendance. Contrairement aux événements spectaculaires (guerres, crises), le déclin de la natalité est insidieux : il ne fait pas de « cadavres visibles », il est un « refus de la vie » silencieux.

    Contexte historique et comparaison

    Chaunu arrive à cette conviction par son travail sur l’Amérique espagnole (surtout Séville et l’Atlantique). Il observe le choc démographique colossal post-Conquête : la population amérindienne s’effondre (estimations très débattues, de ~80 millions à une fraction en quelques décennies), en grande partie à cause des maladies, mais aussi des ruptures culturelles et spirituelles. Cela lui montre que les civilisations peuvent mourir par implosion démographique, pas seulement par conquête extérieure.

    En Europe, il contraste cela avec la vitalité médiévale : le « monde plein » du XIIIe siècle, avec une forte densité, des défrichements massifs, des clochers partout. L’Église y joue un rôle ambivalent : elle promeut le mariage tardif pour réguler la pression sur les ressources, ce qui finit par internaliser une certaine méfiance vis-à-vis de la chair et du plaisir, selon lui.

    La « peste blanche » et le suicide démographique

    Dans Le Refus de la vie (1975) et surtout La Peste blanche : comment éviter le suicide de l’Occident (1976, avec Georges Suffert), Chaunu alerte sur le retournement brutal de la fécondité européenne après le baby-boom. Il parle explicitement de « suicide » parce que :

    • C’est un choix collectif inconscient, porté par l’individualisme hédoniste, la société de consommation, la sécularisation.
    • La pilule (1960) et la légalisation de l’avortement (1975 en France) accélèrent le phénomène.
    • Le « refus de l’enfant » révèle un rapport altéré au temps et à la mort : l’enfant incarne l’avenir et rappelle la finitude. Une société qui ne veut plus d’enfants est une société qui ne veut plus se projeter au-delà d’elle-même.

    Citation emblématique :

    « La dénatalité, pour un homme quelconque, est comme la peste et la guerre, de l’ordre du destin. [...] La peste et la guerre font des morts, le refus de la vie ne fait rien. Les premiers se voient, le second ne se voit pas. »

    Lien avec la déchristianisation

    Chaunu, protestant engagé, voit une corrélation profonde entre le recul du christianisme et ce suicide démographique. Le christianisme avait fourni :

    • Une sacralisation de la vie et de la famille.
    • Un « transfert eschatologique » vers les valeurs laïques (Lumières, République) qui avait maintenu un temps la vitalité.
    • Une vision de l’homme comme créature responsable devant Dieu et l’avenir.

    Avec la déchristianisation (qu’il observe déjà dans les mentalités du XVIIIe siècle, via les travaux comme ceux de Vovelle qu’il a encadrés), ce cadre s’effondre. La société devient « stérile » spirituellement et biologiquement : culte de l’adolescent/consommateur immédiat, rejet de la transmission, égoïsme temporel. Il note que « le racisme est une fleur qui pousse dans la famille trop réduite » — les sociétés vieillissantes et atomisées deviennent plus craintives face à l’Autre.

    Actualité de Chaunu

    Dès les années 1970, il prédit l’« hiver démographique » européen, la pyramide des âges inversée, les tensions migratoires et identitaires qui en découlent. Il ne cesse de répéter que la démographie est la prospective par excellence : plus fiable que les indicateurs économiques.

    Ses analyses restent discutées (certains lui reprochent un ton alarmiste ou une lecture trop « civilisationniste »), mais les chiffres lui donnent rétrospectivement raison sur l’ampleur du déclin de la fécondité autochtone en Europe.

    La Peste blanche (1976).

    Ce livre est un dialogue entre Pierre Chaunu (l’historien) et Georges Suffert (le journaliste). Il s’inscrit dans la continuité de Le Refus de la vie (1975) et prend la forme d’une enquête vive, alerte, parfois prophétique. Il ne s’agit pas d’un traité académique lourd mais d’un cri d’alarme accessible, structuré autour du contraste entre le passé vital de l’Occident et son présent suicidaire.

    Le concept central : la « peste blanche »

    Chaunu oppose deux fléaux :

    • Les pestes traditionnelles (Noire, etc.) : visibles, bruyantes, dramatiques, avec cadavres, cloches, quarantaines. Elles tuent brutalement mais laissent des survivants qui reconstruisent.
    • La peste blanche : invisible, indolore, silencieuse. Elle ne fait pas de « morts visibles » immédiatement. C’est le refus de la vie, le déclin volontaire de la natalité, l’indifférence à la transmission.

    Citation clé (extraite des présentations du livre) :

    « Lorsque autrefois la peste s’abattait sur une ville […], chacun en était averti par la rumeur, les cloches, les grands feux […]. La peste blanche, au contraire, est invisible, apparemment indolore. Pourtant à court terme, elle est tout aussi dramatique que les pestes d’autrefois. »

    Qu’est-ce que cette peste ?

    • La désespérance (perte de sens et d’avenir).
    • L’indifférence à la vie et à la postérité.
    • Le culte du bonheur immédiat (hédonisme consumériste).
    • Le mépris de l’histoire et de l’avenir (présentisme).

    Conséquence directe : le suicide démographique de l’Occident.

    Analyse historique et causes

    Chaunu mobilise son expertise (notamment sur l’Amérique latine post-Conquête) pour montrer que les civilisations peuvent s’effondrer par implosion interne plus que par choc externe. Il relie cela à :

    • La déchristianisation progressive : le christianisme avait sacralisé la vie, la famille, la transmission. Son recul laisse un vide anthropologique.
    • L’individualisme moderne et la société de consommation qui font de l’enfant un « coût » plutôt qu’une bénédiction et un projet.
    • Les évolutions techniques (pilule, avortement) qui accélèrent un mouvement déjà entamé dans les mentalités.
    • Un rapport altéré au temps : l’Occident, qui avait inventé le progrès et la projection dans l’avenir, se replie sur l’instant.

    Il parle d’un « refus de la vie » collectif, inconscient, qui n’est pas perçu comme tel par les individus (« pour un homme quelconque, la dénatalité est […] de l’ordre du destin. […] Le refus de la vie ne fait rien. Les premiers [peste/guerre] se voient, le second ne se voit pas »).

    Structure et ton

    Le livre alterne :

    • Diagnostic historique (« jadis », « naguère »).
    • Analyse du présent (« aujourd’hui »).
    • Perspectives d’« avenir retrouvé » (propositions pour inverser la tendance).

    Chaunu et Suffert sont décrits comme optimistes par tempérament, mais lucides. Ils ne se contentent pas de déplorer : ils cherchent des voies de redressement (retour à un certain sens du sacré, valorisation de la famille, prise de conscience collective).

    Actualité en 2026

    Écrit il y a cinquante ans, le livre a vu ses prédictions confirmées de manière spectaculaire : fécondité européenne durablement sous le seuil de remplacement, vieillissement accéléré, dépendance migratoire croissante, tensions identitaires et économiques liées à la pyramide des âges inversée. Chaunu y voyait déjà le risque d’une « résignation anticipée devant les asservissements possibles ».

  • Avortement : ce n'est pas la "science" qui décide et il ne lui appartient pas de le faire

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    Une opinion de Werner-Édouard de Saeger van Nattenhaesdonck, avocat au barreau de Liège-Huy, professeur de droit à l'université de Hasselt, affilié au Center for Bioethics de la Harvard Medical School, publiée en sur le site de la Libre :

    Avortement : la science ne décide pas, et il ne lui appartient pas de le faire

    Dans le débat actuel sur l'allongement du délai légal, l'invocation de "la science" masque un choix moral qui, en démocratie, revient au citoyen, non aux experts.

    Il n'existe pas de manière plus élégante de soustraire un choix moral au débat que de le déclarer fait scientifique. "Laissons la science décider, et non la politique" sonne comme un appel à la sobriété contre l'idéologie. C'est en réalité la phrase la plus idéologique de tout le débat sur l'avortement : elle déguise un choix de valeurs profondément contesté en simple résultat de mesure.

    Soyons précis. La science décrit comment l'embryon devient fœtus, à partir de quand un système nerveux fonctionne, quand la viabilité hors de l'utérus devient possible. Ce sont là des faits. Mais d'aucun fait ne découle, à lui seul, une norme. Aucune échographie, aucun rapport d'experts ne peut dire à partir de quel moment la vie à naître mérite la protection du droit : cette question n'est pas empirique, mais éthique et juridique. Qui l'ignore ne fait pas de la science : il fait, derrière son bouclier, de la politique sans oser l'avouer.

    Une "neutralité" qui n'en est pas une

    On met en garde, à juste titre, contre l'idée de légiférer à partir d'"une seule vision morale du monde déguisée en neutralité". Mais que l'on s'applique alors ce principe. Présenter l'avortement comme un simple "acte de soin sûr et de routine" n'est pas un résumé neutre de la médecine : c'est l'individualisme libéral déguisé en jargon médical. Que l'intervention soit sûre pour la femme, nul ne le conteste ; là n'est pas la question. Le mot "soin" présuppose qu'il n'y a qu'un patient. Or savoir s'il existe un second être humain dont les intérêts comptent est précisément la question disputée que ce terme fait mine d'avoir tranchée. La vision "neutre" que l'on dénonce chez l'adversaire, on la porte donc soi-même.

    De la cellule unique au nouveau-né court un seul développement ininterrompu, sans aucune césure devant laquelle on puisse dire, l'œil sec : avant ceci, pas encore un homme ; après, oui.

    La science, du reste, est moins unanime qu'on ne le prétend. Que le fœtus ne ressentirait la douleur qu'après vingt-deux semaines n'est pas un fait acquis, mais une interprétation que conteste une partie de la recherche, y compris des chercheurs qui défendaient naguère la thèse inverse et qui n'excluent pas une perception bien antérieure. Et la viabilité n'est pas une frontière morale : c'est une frontière technologique, qui recule à mesure que progresse la néonatologie. Un enfant qu'on ne savait pas sauver en 1990 et qu'on sauve en 2026 n'était pas moins humain hier.

    Le critère le moins arbitraire

    Si l'on veut faire parler la biologie, qu'on la laisse parler jusqu'au bout. Le critère le moins arbitraire qu'elle désigne est la conception : dès cet instant existe un organisme humain distinct, vivant, doté de son propre génome. Douze, quatorze, dix-huit semaines sont précisément les points où la nature ne trace aucune ligne de rupture, où rien n'apparaît soudain qui n'existait pas la veille. Les seuils gradualistes ne sont donc pas scientifiques : ce sont des compromis juridiques.

    Je ne m'en cacherai pas, car esquiver serait lâche : je me situe sur la ligne de la vie dès la conception. Non par sentiment, ni par la seule conviction religieuse (que je porte, en catholique, sans détour), mais parce que la raison elle-même n'indique aucun autre commencement où la dignité humaine s'ouvre sans arbitraire. De la cellule unique au nouveau-né court un seul développement ininterrompu, sans aucune césure devant laquelle on puisse dire, l'œil sec : avant ceci, pas encore un homme ; après, oui. Qui veut faire commencer la protection plus tard doit tracer une frontière que la nature ne trace nulle part, et la charge de la preuve lui incombe.

    Et le père ?

    Une figure, enfin, manque systématiquement : le père. La procréation est, par nature, une réalité partagée : il y a un enfant, et cet enfant a deux auteurs. Pourtant, le discours dominant réduit la décision à une affaire strictement privée, comme si le père, le couple et la famille n'existaient pas. Je ne plaide pas pour un droit de veto de l'homme : celle qui porte la grossesse porte un fardeau que l'autre ne porte pas, et c'est à elle que revient, à juste titre, la décision finale. Or notre droit ne traite pas le père comme une voix plus faible, mais comme une voix nulle. Et cela s'accorde mal avec un droit de la famille qui impose au même homme dix-huit années d'obligation alimentaire pour un enfant qu'il ne voulait pas, tout en lui refusant toute parole sur celui qu'il voulait. Une responsabilité sans voix : dans tout autre domaine, nous la dirions injuste.

    Lorsque, dans le débat actuel, une ministre affirme que ce n'est pas la science qui détermine la politique, elle a raison : en démocratie, ce n'est pas une prétention, mais la définition même du gouvernement de soi.

    Reste l'argument bien connu selon lequel une législation plus stricte pousse la pratique "dans l'ombre" ou "de l'autre côté de la frontière". Mais ce n'est pas un argument sur le droit ; c'est une prévision sur l'efficacité. Et il prouve trop : qu'une interdiction soit contournée n'a jamais démontré qu'elle fût injuste. On reconnaît du reste volontiers qu'il s'agit d'" un nombre inconnu" de femmes. On ne peut pas, dans la même phrase, brandir un chiffre comme décisif et avouer l'ignorer.

    À qui revient la décision

    L'objection la plus profonde demeure démocratique. Précisément parce que des citoyens raisonnables divergent ici fondamentalement, la question a sa place au parlement, chez le représentant élu, non dans une commission d'experts sans mandat pour juger de la vie et de la mort. Les experts doivent éclairer le législateur par les faits ; mais dès qu'ils "recommandent" un délai, ils sortent de leur compétence et deviennent des législateurs non élus. Lorsque, dans le débat actuel, une ministre affirme que ce n'est pas la science qui détermine la politique, elle a raison : en démocratie, ce n'est pas une prétention, mais la définition même du gouvernement de soi.

    La science décrit la vie. Que nous la protégions, et dans quelle mesure (et qui siège à la table lorsqu'on en décide : la femme, l'enfant, le père, la communauté), demeure un choix de la conscience et de la démocratie. Le mien est clair, et je ne le dissimule pas : la protection commence à la conception, parce que c'est là que commence l'homme. Que celui qui préfère une frontière plus tardive le plaide, dans un pays libre, mais comme le choix moral qu'il est, et non comme le décret d'une science qui, sur l'essentiel, garde le silence.

  • "Jamais un médecin ne devrait se permettre de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée !" (Léon XIV)

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV 
    AUX MEMBRES DE LA FONDATION JÉRÔME LEJEUNE

    Salle du Consistoire
    Lundi 22 juin 2026

     

    Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
    La paix soit avec vous !

    Chers membres de la Fondation,
    chers parents du Vénérable Professeur Jérôme Lejeune,
    chers amis,

    c’est une joie de marquer le centenaire de la naissance de Jérôme Lejeune avec vous, membres de la Fondation qui porte son nom et qui poursuit son œuvre.

    Touché par la détresse des enfants porteurs d’handicap, le Professeur Lejeune leur a consacré sa vie de chercheur scientifique. Sa plus fameuse découverte, celle de l’anomalie chromosomique responsable de la trisomie 21, fit de lui le précurseur de la génétique moderne, reconnu dans le monde entier ; la longue liste de ses titres honorifiques en témoigne. Mais il fut aussi un médecin par vocation et n’eut de cesse de travailler pour trouver un traitement, afin de soulager la détresse de ses patients qu’il appelait « les pauvres parmi les pauvres ». Il défendit ardemment la vie et la dignité des plus fragiles, fût-ce au prix de sa carrière : « La médecine – aimait-il affirmer – c’est la haine de la maladie et l’amour du malade ».

    Conscient de l’excellence académique du Professeur Lejeune et de son inlassable dévouement pour l’Église, le Pape saint Paul VI le nomma membre de l’Académie Pontificale des Sciences. Par la suite, comme vous le savez, sa profonde amitié nouée avec saint Jean-Paul II et leur vision commune en faveur de la défense de la vie ont été à l’origine de la création de l’Académie Pontificale pour la Vie, que le Professeur Lejeune voyait comme institution nécessaire face à la multiplication des menaces contre la vie.

    Homme de science et de sagesse, Jérôme Lejeune a rapidement compris que sa découverte scientifique serait utilisée pour éradiquer les personnes porteuses de trisomie 21 avant leur naissance. Il n’hésita pas alors à se faire leur avocat, dénonçant la transgression du serment d’Hippocrate et ce nouvel eugénisme, qu’il qualifiait de « racisme chromosomique ». Ses prises de parole prophétiques le conduisirent à défendre la vie de toute personne humaine en référence à l’inviolable dignité qui a son origine dans l’acte créateur de Dieu. Il interpela à cet égard et conseilla des institutions et des souverains du monde entier. Ce combat lui valut d’être malmené dans certains milieux scientifiques.

    Le Professeur Lejeune était conscient que si la technique peut aider la médecine, elle ne saurait en revanche la remplacer. De plus, il savait que la technique peut être utilisée contre la médecine – qui est par nature au service de la vie –, ainsi que cela se vérifie lorsque la technique échappe à tout contrôle éthique indispensable et que prévalent des calculs d’efficacité, de rentabilité ou d’utilité. Or, la valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle réalise ou produit. C’est pourquoi, jamais un médecin ne devrait se permettre, sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée ! Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée !

    Chers amis, aujourd’hui, la Fondation Lejeune, dont vous êtes des membres actifs, poursuit l’œuvre initiée par le Professeur Lejeune dans les trois dimensions de la recherche, du soin et de la défense inconditionnelle de la personne humaine. Je me réjouis de la place que vous occupez au plan mondial dans la recherche sur les déficiences intellectuelles d’origine génétique. Vous avez aussi créé et soutenez l’Institut Jérôme Lejeune, lequel reçoit en consultation des milliers de patients souffrant de différents handicaps mentaux.

    Je tiens à vous exprimer mes encouragements dans votre engagement en faveur de la vie et de la dignité humaine, et notamment auprès des pouvoirs publics. Je sais que vous intervenez régulièrement dans les débats de société afin de protéger chaque personne dans toutes les circonstances de son existence. Mais je vous sais également attentifs à développer la culture de vie à travers la Chaire internationale de bioéthique, qui délivre une formation académique aux différents acteurs en ce domaine : soignants, juristes et philosophes. Soyez remerciés de cette formation que vous dispensez auprès d’hommes et de femmes, qui demain pourront ainsi contribuer à garantir une éthique médicale au service de la dignité humaine et de la vie.

    À vous, chers amis porteurs de trisomie 21 et à vos parents, à vous les enfants du Vénérable Professeur Lejeune présents ce matin, à vous tous, membres des Fondations Jérôme Lejeune d’Espagne, d’Argentine et des États-Unis, et enfin à vous, membres venus du Portugal, d’Italie, de Tunisie, de Côte d’Ivoire et de Corée, je souhaite vous exprimer ma satisfaction devant l’œuvre que, en tant que laïcs, vous poursuivez dans la charité de la vérité, sur les pas du Vénérable Jérôme Lejeune. Soyez comme lui des témoins engagés dans la société, au service de la recherche constante du bien commun.  Il s’agit là du premier grand principe de l’enseignement social de l’Eglise, et de la « forme sociale » de la dignité reconnue à chacun (Magnifica humanitas, n. 59). Le bien commun n’exclut aucun de ceux qui ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.

    Le message et l’œuvre du Vénérable Jérôme Lejeune reposent sur l’universalité de la raison et du cœur conjugués. Puisse-t-il inspirer le courage de la vérité aux nombreux jeunes et professionnels désireux de cohérence ; puisse-t-il les aider à unir sans raideur, la raison et la foi, la parole et les actes, l’absence de jugement sur les personnes et le rejet du mensonge.

    Je vous confie à l’intercession de Notre-Dame, en lui demandant de guider vos pas, de soutenir vos efforts et de répandre sa tendresse sur toutes les personnes fragiles. À vous tous ici présents, j’impartis de grand cœur ma Bénédiction apostolique, que j’étends à tous les membres de la Fondation, à leurs familles et aux « chers protégés » de Jérôme Lejeune. Merci.