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BELGICATHO

  • Ce que Staline a initié à Lviv en 1946 — une tentative de liquidation de l'Église — se poursuit aujourd'hui dans la guerre que Poutine mène contre l'Ukraine

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    De George Weigel sur le NCR :

    « Ecclésiacide », hier et aujourd'hui

    COMMENTAIRE : Ce que Staline a initié à Lviv en 1946 — une tentative de liquidation de l'Église — se poursuit aujourd'hui dans la guerre que Poutine mène contre l'Ukraine.

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    La cathédrale Saint-Georges de Lviv, en Ukraine, fut le théâtre d'un « sobor » organisé par les Soviétiques en mars 1946, visant à liquider l'Église gréco-catholique ukrainienne. (Photo : Wikipedia)

    Pardonnez-moi ce néologisme d'origine latine, mais si « parricide » convient pour le meurtre de son père et « régicide » pour l'élimination d'un roi, pourquoi pas « ecclésiacide » pour la tentative d'anéantissement d'une Église entière ?

    C’est ce qui s’est passé il y a environ 80 ans, du 8 au 10 mars 1946, à la cathédrale Saint-Georges de Lviv, en Ukraine. Là, ce qui était présenté comme un concile (ou sobor ) a voté l’annulation de l’ Union de Brest de 1596 et, par conséquent, la réunification de l’Église gréco-catholique ukrainienne (UGCC) avec l’Église orthodoxe russe (ROC) – un acte qu’un haut responsable orthodoxe russe m’a un jour affirmé être parfaitement légitime (pour ainsi dire) car « lorsque les uniates [catholiques orientaux en pleine communion avec Rome] retournent dans leur foyer [orthodoxe], c’est toujours légitime ».

    Or, nous savons maintenant avec certitude, grâce à des documents de première main conservés dans les archives d'État ukrainiennes, que le soi-disant « Sobor de Lviv » de 1946 a été orchestré par les services de sécurité soviétiques et n'avait pas plus de légitimité morale, spirituelle ou légale que n'importe quel autre acte commis sous la menace des armes.

    Certes, ce « Pseudo-Sobor » fut un échec stratégique, comme le reconnut peu après le ministère soviétique de la Sécurité d’État dans une directive adressée à ses agents dans ce qui est aujourd’hui l’ouest de l’Ukraine :

    La liquidation formelle de l'Église gréco-catholique uniate, résultant des résolutions du Sobor des 8-10 mars, et la réunification formelle avec l'Église orthodoxe russe ne constituent pas l'achèvement de la liquidation effective de ces aspirations hostiles dont le clergé gréco-catholique uniate était porteur.

    Une répression massive, souvent meurtrière, s'ensuivit. Pourtant, le résultat de cette tentative d'« ecclésiacide » fut la création du plus grand réseau religieux clandestin au monde. L'Église gréco-catholique ukrainienne survécut ainsi pendant 45 ans grâce à des offices religieux clandestins, un enseignement religieux clandestin, une formation sacerdotale clandestine et des consécrations épiscopales clandestines, avant de renaître de ses cendres en 1991, après l'effondrement de l'empire soviétique.

    Aujourd'hui, l'Église catholique ukrainienne (UGCC), dynamique et influente, voit son influence croître en nombre. Son premier dirigeant après la chute de l'Union soviétique, le cardinal Lioubomyr Husar, était l'autorité morale la plus respectée d'Ukraine. Son digne successeur, l'archevêque-major Sviatoslav Chevtchouk, est une source d'inspiration nationale depuis l'invasion russe de février 2022, tout en s'imposant sur la scène internationale comme modèle de l'évêque du XXIe siècle. L'UGCC gère l'établissement d'enseignement supérieur le plus prestigieux d'Ukraine, l'Université catholique ukrainienne, et ses nombreuses initiatives caritatives, éducatives, sociales et culturelles ont contribué à l'édification de la société civile ukrainienne qui soutient aujourd'hui la lutte politique, militaire et diplomatique du pays contre la barbarie du tsar Poutine.

    Le fait que le major-archevêque Chevtchouk figurât en bonne place sur la liste des dirigeants ukrainiens à assassiner si les troupes de Poutine avaient réussi à conquérir Kiev en trois ou quatre jours, indique que l'« ecclésiacide » de l'Église gréco-catholique ukrainienne demeure un objectif russe ; il en va de même pour la prise de contrôle par les Russes de l'église gréco-catholique des Saints-Apôtres Pierre et Paul à Zaporijia, le dimanche de Pâques de cette année. En 1946, la hiérarchie de l'Église orthodoxe russe, reconstituée par Staline en 1943 pour rallier le soutien populaire à la Grande Guerre patriotique contre l'Allemagne, a collaboré avec les services de sécurité soviétiques au sein du pseudo-Sobor de Lviv.

    Quatre-vingts ans plus tard, le patriarche Kirill de Moscou a tenté de justifier l'agression de Poutine par une interprétation religieuse, tout en déclarant de manière hérétique que tout soldat russe tué à la guerre est automatiquement pardonné de tous ses péchés et conduit immédiatement au paradis. Il est indéniable que Kirill, pour le moins proche du KGB dans sa jeunesse, se réjouirait de la dissolution de l'Église gréco-catholique ukrainienne ; comment expliquer autrement qu'il bénisse une guerre où des membres du clergé de l'Église gréco-catholique ukrainienne ont été tués, enlevés et torturés lors de leur capture par les forces russes ? Pourtant, malgré tout cela, les évêques, les prêtres et les diacres de l'Église gréco-catholique ukrainienne sont restés fidèles à leurs fidèles, risquant leur vie chaque jour.

    Une conférence organisée les 27 et 28 mars à l'Université catholique d'Amérique a exploré l'histoire de la tentative russe d'« ecclésiacide » ukrainien au milieu du XXe siècle – qui a en réalité débuté en septembre 1939 lorsque l'Union soviétique a occupé ce qui est aujourd'hui l'ouest de l'Ukraine grâce au tristement célèbre pacte Molotov-Ribbentrop – ainsi que la campagne anti-ukrainienne russe actuelle, menée sous couvert de reconstitution du Russkiy Mir , le « monde russe ». Cette conférence, d'un niveau académique élevé, a notamment été marquée par l'une des interventions les plus fascinantes du Dr Sergueï Chapnin, ancien responsable du Patriarcat de Moscou de l'Église orthodoxe russe, qui a expliqué comment l' idée du Russkiy Mir a été instrumentalisée pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui : une idéologie théologico-politique dont l'un des objectifs demeure la liquidation de l'Église orthodoxe ukrainienne (et, de fait, la liquidation d'une nation ukrainienne distincte).

    Autrement dit, en ce qui concerne la Russie et l'Ukraine, rien n'a changé, 80 ans plus tard. Les hommes politiques et les diplomates qui pensent que les convictions religieuses, sincères ou perverties, n'ont aucune incidence sur les affaires internationales devraient y réfléchir à deux fois.

  • Le pape Léon XIV a-t-il offert à ses auditoires africains un aperçu de sa future encyclique ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur le NCR :

    Le pape Léon XIV offrait-il à ses auditoires africains un aperçu de sa nouvelle encyclique ?

    ANALYSE : Ces derniers mois, le pape est revenu à plusieurs reprises sur les thèmes de la doctrine sociale. C’est toutefois en Afrique qu’il a approfondi sa réflexion sur ces questions.

    Le pape Léon bénit une famille lors de la messe célébrée à la basilique de l'Immaculée Conception de Mongomo, en Guinée équatoriale, le 22 avril 2026.
    Le pape Léon XIV bénit une famille lors de la messe célébrée à la basilique de l'Immaculée Conception de Mongomo, en Guinée équatoriale, le 22 avril 2026. (Photo : Simone Risoluti / Vatican Media)

    Lors de son voyage en Afrique, le pape Léon XIV a esquissé sa vision de la doctrine sociale de l'Église, abordant des thèmes tels que l'impact sociétal de l'intelligence artificielle et le rôle de l'Église et de la paix. Tout porte à croire que ces thèmes seront au cœur de sa première encyclique, très attendue.

    Pour l'instant, les sources s'accordent à dire que le titre provisoire de l'encyclique est Magnifica Humanitas , « Magnifique Humanité ». S'appuyant sur l'encyclique Rerum Novarum de Léon XIII — traduite par « Choses nouvelles » —, Léon XIV souhaite une encyclique qui apporte une réponse chrétienne au monde dans lequel nous vivons, une réponse bien plus complexe qu'une analyse générale des situations sociales à laquelle l'Église peut apporter une vision.

    Au moment de son élection, Léon XIV a souligné qu'il avait choisi son nom pontifical en pensant à Léon XIII, faisant remarquer que l'humanité est actuellement confrontée à une autre révolution industrielle aussi radicale que celle à laquelle son prédécesseur a dû faire face, celle-ci provoquée par l'intelligence artificielle et d'autres nouveaux défis.

    Ces derniers mois, le pape est revenu à plusieurs reprises sur les thèmes de la doctrine sociale, abordant diverses problématiques et avec des nuances variées. Cependant, trois de ses discours prononcés en Afrique semblent éclairer davantage sa pensée sur ces sujets.

    En Algérie, Léon XIV a souligné la nécessité d'un dialogue interreligieux sur les grands enjeux de l'humanité. Au Cameroun, il a insisté sur les thèmes de l'accueil et de la paix. En Angola, le pape a ensuite appelé à lever les obstacles au développement humain intégral, pierre angulaire de la doctrine sociale de l'Église. En somme, il s'agissait d'un cheminement du dialogue à la paix, vers l'édification d'une civilisation fondée sur le bien commun. 

    En Guinée équatoriale, lors d'un discours prononcé le 21 avril devant des responsables politiques et civils, le pape a établi un lien entre ces différents thèmes . Il a souligné comment la doctrine sociale de l'Église « offre une orientation à tous ceux qui cherchent à s'attaquer aux "choses nouvelles" qui déstabilisent notre planète et la coexistence humaine, tout en donnant la priorité, par-dessus tout, au Royaume de Dieu et à sa justice ».

    « Il s’agit d’une dimension fondamentale de la mission de l’Église : contribuer à la formation des consciences par la proclamation de l’Évangile, la transmission de critères moraux et de principes éthiques authentiques », a-t-il déclaré. Le Pape a ajouté que « l’objectif de la doctrine sociale est de préparer les personnes à affronter des problèmes en constante évolution ; car chaque génération est unique et porte en elle de nouveaux défis, de nouveaux rêves et de nouvelles questions. »

    Le pape a ensuite énuméré de nouveaux problèmes : l’exclusion comme « nouveau visage de l’injustice sociale » ; le paradoxe de l’accès généralisé aux nouvelles technologies contrastant avec le manque de terres, de nourriture, de logements et de travail décent.

    Il a ensuite exhorté les autorités civiles et les hommes politiques « à démanteler les obstacles au développement humain intégral – une mission fondée sur les principes fondamentaux de solidarité et de destination universelle des biens ».

    Léon XIV a également abordé les spéculations concernant les « matières premières » dans un contexte d'évolution technologique rapide, soulignant : « Ce changement semble éclipser des impératifs fondamentaux tels que la sauvegarde de la création, les droits des communautés locales, la dignité du travail et la protection de la santé publique. »

    Dans ce même discours, le pape a dénoncé la manière dont « la prolifération des conflits armés est souvent alimentée par l’exploitation des gisements de pétrole et de minéraux, sans aucun égard pour le droit international ni pour l’autodétermination des peuples », et il a noté qu’ils « semblent souvent être conçus et utilisés principalement à des fins guerrières, dans des contextes qui n’offrent pas de perspectives à tous ».

    Léon XIV appela donc au changement : « Au contraire, le destin de l’humanité risque d’être tragiquement compromis sans un changement de cap dans la prise de responsabilité politique et sans respect des institutions et des accords internationaux. Dieu ne le veut pas. »

    Au Cameroun, la rencontre avec la communauté universitaire le 17 avril a revêtu une importance particulière. Le discours du Pape contient un passage clé : « La grandeur d’une nation ne se mesure pas uniquement à l’abondance de ses ressources naturelles, ni même à la richesse matérielle de ses institutions. En réalité, aucune société ne peut prospérer si elle n’est fondée sur des consciences droites, formées dans la vérité. »

    Le pape a évoqué « une érosion des valeurs morales qui guidaient autrefois la vie communautaire » dans les sociétés contemporaines, au point que, « par conséquent, on observe aujourd’hui une tendance à approuver avec désinvolture certaines pratiques qui étaient autrefois considérées comme inacceptables ».

    Léon XIV a donc demandé aux chrétiens de ne pas craindre les « choses nouvelles », mais les a exhortés à « former des pionniers d’un nouvel humanisme dans le contexte de la révolution numérique », soulignant qu’« il s’agit d’un service rendu à la vérité et à toute l’humanité. Sans cet effort éducatif exigeant, l’adaptation passive aux paradigmes dominants sera prise pour de la compétence, et la perte de liberté pour du progrès. » 

    Ici aussi, la question de l’intelligence artificielle est cruciale. Le pape a souligné que les systèmes d’IA organisent de plus en plus et de manière omniprésente nos environnements mentaux et sociaux, où « l’interaction est optimisée au point de rendre la rencontre réelle superflue ; l’altérité des personnes en chair et en os est neutralisée et les relations sont réduites à des réponses fonctionnelles ».

    Le pape a rappelé le principe de réalité , déclarant : « Lorsque la simulation devient la norme, elle affaiblit la capacité humaine de discernement. De ce fait, nos liens sociaux se replient sur eux-mêmes, formant des circuits autoréférentiels qui ne nous exposent plus à la réalité. Nous en venons ainsi à vivre dans des bulles, imperméables les uns aux autres. »

    La troisième intervention marquante du pape Léon XIV eut lieu lors de sa rencontre, le 21 avril, avec le « Monde de la Culture » à Malabo, sur le campus León XIV de l'Université nationale de Guinée équatoriale. Le pape lança un appel à la Guinée équatoriale qui s'adressait au monde entier : offrir « les fruits de l'intelligence et de la droiture, de la compétence et de la sagesse, de l'excellence et du service. Si des générations d'hommes et de femmes sont profondément marquées en ce lieu par la vérité et capables de faire de leur existence un don pour autrui, alors le ceiba [l'arbre national] restera un symbole éloquent, enraciné dans ce que ce pays a de meilleur, élevé par la sagesse et chargé de fruits qui rendent hommage à la Guinée équatoriale et enrichissent toute l'humanité. »

    Ces trois discours abordent directement les « choses nouvelles » et suggèrent la position du Pape : premièrement, ne pas nier les nouveaux défis ; deuxièmement, aborder les nouveaux défis à partir du principe de réalité ; enfin, et c’est le thème le plus crucial, créer un nouvel humanisme avec Dieu en son centre.

    Le modèle, en définitive, est celui de la Cité de Dieu de saint Augustin , où coexistent les cités terrestre et divine. Mais Léon XIV a démontré qu'il ne se contentait pas de souligner les problèmes, aussi importants soient-ils. Il a appelé chacun à un engagement personnel. C'est probablement là que réside la plus grande référence à la synodalité, présente dès le début de son pontificat et concrétisée lorsque, s'adressant aux journalistes le 7 avril , il a invité les fidèles à exprimer clairement, en écrivant à leurs représentants politiques, leur désir de paix au Moyen-Orient. L'Église fournit des principes, mais non une orientation politique. Il appartient aux catholiques de les mettre en pratique dans leur vie quotidienne.

    Nous ignorons encore le contenu de la prochaine encyclique de Léon XIV. Toutefois, on peut supposer qu'elle ne portera pas uniquement sur la paix ou l'intelligence artificielle. Elle proposera probablement un modèle de vie quotidienne pour les chrétiens engagés dans la société.

  • Gianna et Pietro Molla, une vie d'amour et de sacrifice

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    De Maria Bigazzi sur la NBQ :

    Jeanne (Gianna) et Pierre (Pietro) Molla, une vie d'amour et de sacrifice

    À l’occasion de la mémoire liturgique de sainte Jeanne Beretta Molla, nous méditons sur quelques passages de sa magnifique correspondance avec son époux Pietro. Témoignage de leur amour, fondé sur le roc inébranlable de Jésus.

    28/04/2026

    Gianna et Pietro fiancés à Sestrières, avril 1955

    Le 28 avril 1962, à seulement trente-neuf ans, Jeanne Beretta Molla, femme, épouse et mère exemplaire, s'est éteinte. Aujourd'hui, l'Église commémore sa vie donnée et sacrifiée par amour. En ces moments difficiles pour sa famille, nous souhaitons revenir sur quelques instants marquants de ses fiançailles et de son mariage avec Pietro Molla.

    « Qui trouvera une femme forte ? […] Le cœur de son mari aura confiance en elle… elle ne lui fera que du bien et ne lui fera jamais de mal, durant toute sa vie » (Proverbes 31, 10-12). C’est avec cette phrase du Livre des Proverbes que Gianna (1922-1962) écrivit à Pietro (1912-2010) après avoir reçu sa bague de fiançailles. Elle lui confiait son désir de le voir et de savoir qu’il était toujours heureux, et prenait la résolution d’être pour lui la femme forte de l’Évangile (9 avril 1955, dans Gianna Beretta/Pietro Molla, LettresUne histoire d’amour et d’espoir, édité par Elio Guerriero, Ed. Cantagalli Srl – Sienne, 2023). Pietro ne tarde pas à répondre tendrement à sa future épouse : « Le don de ton cœur et de ton amour ont conquis mon cœur tout entier pour toi, et mon amour pour toi seul et toujours, ma très chère Gianna » (15 avril 1955). Ces premiers mots révèlent déjà la délicatesse et le respect qui ont toujours caractérisé leur relation, nous offrant un exemple d’amour conjugal et d’un don de soi total et édifiant.

    On ne peut parler de Pietro Molla sans parler de Gianna, et inversement, on ne peut parler d'elle sans mentionner son époux : unis par le sacrement du mariage, leurs vies s'entremêlent avec une sainteté extraordinaire au sein du quotidien du travail, du mariage et de la famille. La correspondance entre les deux époux, que nous avons la grâce de lire aujourd'hui, témoigne non seulement de leur amour, mais aussi de la manière dont cet amour repose sur un roc inébranlable : Jésus. Pietro écrivait à sa bien-aimée Gianna lors d'un voyage d'affaires à l'étranger : « Je reçois [...] Jésus [...] Je te vois dans une attitude de profonde dévotion, avec Jésus lui-même dans mon cœur. » Dans la communion sacramentelle, Pietro et Gianna ont vécu l'union profonde en Christ que donnent l'Eucharistie et le mariage.

    C’est avec cet amour qu’ils se préparent tous deux au sacrement tant attendu. Pietro écrivait à Gianna en septembre 1955 : « Maintenant, notre compréhension est parfaite, car le Ciel est notre lumière et la Loi divine notre guide ; car le Ciel et la Loi divine trouvent en toi les plus belles vertus et la plus grande bonté, et en moi le désir le plus ardent et l’immense joie de toujours te rendre heureuse. » « Maintenant, poursuivait-il, notre affection est complète car nous ne faisons qu’un cœur et une seule âme, un seul sentiment et une seule affection, car notre amour sait attendre, fort et pur, la bénédiction du Ciel » (10 septembre 1955). Gianna répondit avec la même précision exemplaire : « Avec l’aide et la bénédiction de Dieu, nous ferons tout notre possible pour que notre nouvelle famille devienne un petit sanctuaire où Jésus règne sur tous nos cœurs, nos désirs et nos actions. […] Nous devenons les collaborateurs de Dieu dans la création, et ainsi nous pouvons lui donner des enfants qui l’aiment et le servent » (13 septembre 1955).

    Deux époux qui savaient vivre leur mission dans le monde, le regard tourné vers le Ciel , et qui, par le mariage, se sanctifiaient mutuellement pour glorifier Celui qui, dans le sacrement de l'Amour, devient une présence vivante et vivifiante. Il est donc clair que l'amour de l'Eucharistie était un élément commun aux deux époux. Gianna, lors d'une conférence aux Jeunes Filles de l'Action Catholique, déclara : « La pensée qui doit nous accompagner cette semaine est celle-ci : pour être apôtre, […] mon âme doit toujours être dans la Grâce, c'est-à-dire qu'elle doit être le Temple, le Tabernacle vivant ; je dois avoir la vie divine en moi, pour pouvoir la communiquer aux âmes qui m'entourent. » Et c'est alors que « nous apporterons partout la joie, le parfum du Christ » (Conférence aux Jeunes Filles de l'Action Catholique, 28 octobre 1946). Sainte Gianna sut véritablement porter ce parfum du Christ, jusqu'au sacrifice de sa vie. Dans ses notes pour une autre conférence à ses jeunes femmes en 1946, il écrivait : « L’amour et le sacrifice sont aussi intimement liés que le soleil et la lumière. On ne peut aimer sans souffrir, ni souffrir sans aimer. »

    Et c’est cette conscience que Pietro lui-même a clairement éprouvée au moment de sa plus grande épreuve. « Quand, à la mort de Gianna, le mystère du deuil s’est abattu sur moi et mes enfants et que j’ai senti l’effondrement m’envahir, je me suis accroché à Jésus crucifié, à la certitude que Gianna vivait auprès de Dieu au Ciel. […] J’ai alors compris que la vie de Gianna, son témoignage, son sacrifice font partie du plan de Dieu. […] C’est Jésus qui m’a donné cette certitude, et je me suis accroché à lui de toutes mes forces » (Gianna – Sainte Gianna Beretta Molla à la mémoire de son époux, par Pietro Molla, Elio Guerriero, Ed. Cantagalli Srl – Sienne, 2024).

    Unis dans le Seigneur, Pietro et Gianna se confiaient chaque jour, par la récitation du Saint Rosaire et la prière commune, à la protection de Marie, à qui ils vouaient une profonde dévotion. Ils lui consacrèrent chacun de leurs enfants. Pietro attribuait la grâce d'avoir rencontré Gianna à la Vierge Marie. « Ma Mère céleste, la Vierge du Bon Conseil invoquée dans ma petite église dévouée de Ponte Nuovo, n'aurait pu m'accorder une grâce plus grande et plus désirée », lui écrivait-il dans une lettre datée du 22 février 1955. Et Gianna, après leur mariage, se rendait chaque jour prier dans cette petite église près de chez eux.

    Le Seigneur a préparé le cœur de son élue au sacrifice suprême et, avec elle, celui de son époux et de ses enfants, les appelant à embrasser le plan mystérieux et pourtant immense qu'il avait pour leur famille. Sainte Gianna savait véritablement transformer son cœur en ce qu'elle considérait comme un « ostensoir à travers le cristal duquel le monde verrait le Christ » (Conférence aux Jeunes Filles de l'Action Catholique, 28 octobre 1946).

  • Flandre : une nouvelle vocation pour 6 églises sur 10; moins de 3 % envisagent encore un avenir exclusivement religieux

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    De Veerle Deblauwe sur VRT News :

    Nouvelle vocation pour 6 églises sur 10, moins de 3 % restent exclusivement religieuses

     
    À Roulers, la ministre flamande Hilde Crevits (CD&V) a présenté une analyse des projets d'avenir pour les églises. Un cinquième des églises paroissiales flamandes ont été reconverties ces dernières années. Moins de 3 % des églises envisagent encore un avenir exclusivement religieux. Pour six églises sur dix, une reconversion ou une utilisation secondaire est à l'étude.

    25 avril 2026

    La ministre a présenté son analyse samedi matin en l'église Saint-Joseph de Roulers, elle-même un exemple de reconversion. Désacralisée en 2014, l'église abrite désormais un cabinet d'architectes et s'ouvre également à d'autres activités. Par exemple, un Repair Café y est installé ce week-end, où chacun peut faire réparer ses appareils électroménagers défectueux.

    En 2025, toutes les municipalités, les conseils paroissiaux et les diocèses flamands ont été tenus d'élaborer conjointement un plan de politique ecclésiastique. La Plateforme pour l'avenir des paroisses a analysé les 1 527 propositions soumises.

    On compte environ 1 600 églises paroissiales en Flandre, soit en moyenne 5 à 6 par commune, contre 1 786 en 2013. Depuis cette date, 377 églises (21 %) ont déjà connu une transformation significative de leur vocation : 206 ont été reconverties et 171 ont été entièrement désacralisées. Dans 80 % des églises où se déroulent encore des offices, d’autres activités sont désormais proposées.

    Sept églises sont envisagées pour une démolition partielle et deux pour une démolition totale. À Maasmechelen, par exemple, des options de reconversion sont à l'étude pour la démolition complète de l'église « Vaagd der Armenkerk van Mariaheide ». L'église « Heilig Sacramentkerk » de Berchem sera quant à elle entièrement démolie pour laisser place, à partir de 2027, à un nouveau projet de logements sociaux mené par le promoteur immobilier « Woonhaven Antwerpen ».

    La destination secondaire est une destination favorite

    L’analyse des plans de politique ecclésiastique des communes et villes flamandes révèle que les administrations actuelles envisagent de reconvertir ou de réaffecter 6 églises sur 10. « Je ne cache pas ma préférence pour la reconversion. En Flandre, nous constatons un besoin croissant de lieux où les gens peuvent se recueillir », déclare la ministre Crevits.

    Elle attend avec intérêt de voir comment les municipalités concrétiseront leurs projets pour les églises locales dans les années à venir. « Les églises rassemblent les gens, et il est important que cela reste le cas. Une reconversion ou une utilisation alternative ne doit pas rompre avec le passé. »

  • Le discours du pape aux membres du Parti Populaire Européen au Parlement Européen

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV 
    AUX MEMBRES DU PARTI POPULAIRE EUROPÉEN AU PARLEMENT EUROPÉEN

    Salle Clémentine
    Samedi 25 avril 2026

    Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit

    La paix soit avec vous

    Illustres parlementaires,
    Mesdames et Messieurs,

    Je souhaite chaleureusement à tous la bienvenue à cette rencontre, en saluant tout particulier votre Chairman M. Manfred Weber et Mme Mairead McGuinness, envoyée spéciale de l’Union européenne responsable de la promotion de la liberté de religion ou de conviction en dehors de l’Union européenne

    Notre rencontre se place dans la continuité de celles qui ont eu lieu avec mes prédécesseurs saint Jean-Paul II et le Pape Benoît XVI et du message que le Pape François vous a adressé en juin 2023 parce qu’il ne pouvait vous recevoir personnellement en raison d’une hospitalisation. Je suis donc heureux de reprendre ce dialogue avec le Parti populaire Européen, qui tire son inspiration de personnalités comme Adenauer, De Gasperi et Schuman, unanimement reconnus comme les Pères fondateurs de l’Europe contemporaine.

    Comme  Benoît XVI il y a vingt ans, moi aussi «j’apprécie la reconnaissance accordée par votre groupe à l’héritage chrétien de l’Europe, qui offre de précieuses orientations éthiques dans la recherche d’un modèle social» [1]. Le projet européen, issu des cendres de la Seconde Guerre mondiale, naît certainement d’une nécessité pratique — éviter qu’un tel conflit ne se reproduise —, mais il est également empreint d’une perspective idéale, celle de la volonté de donner vie à une collaboration qui mette fin à des siècles de divisions et qui permette aux peuples du continent de redécouvrir le patrimoine humain, culturel et religieux qui les rassemble. Les Pères fondateurs étaient animés par leur foi personnelle et ils considéraient les principes chrétiens comme un facteur commun et unificateur, qui pouvait contribuer à mettre fin à l’esprit revanchard et conflictuel qui avait conduit à la Seconde Guerre mondiale.

    Le  Pape François a inventé une belle et simple expression qui résume cette idée: «l’unité est supérieure au conflit» [2], parce que la recherche de l’unité donne le courage d’aller au-delà de la surface conflictuelle et d’apprécier les autres dans leur dignité la plus profonde [3], ce qui permet de créer quelque chose de nouveau et de constructif, alors que le conflit accentue les divergences, la recherche et l’affirmation du pouvoir, et conduit à la destruction.

    Le principal devoir de toute action politique est d’offrir une perspective idéale, parce que la politique suppose que l’on ait une vaste vision de l’avenir sans craindre, quand c’est nécessaire pour le bien commun, de faire des choix difficiles et même impopulaires. En ce sens elle est la «forme la plus haute de la charité» [4], parce qu’elle peut être entièrement consacrée à la construction du bien commun.

    Toutefois, poursuivre un idéal ne signifie pas glorifier une idéologie. Celle-ci, en effet, est toujours le fruit d’un détournement de la réalité et d’une violence faite à celle-ci. Toute idéologie déforme les idées et soumet l’homme à son projet, humiliant ses véritables aspirations, sa quête de la liberté, du bonheur et du bien-être personnel et social. L’Europe contemporaine naît vraiment de la constatation de l’échec des projets idéologiques qui l’ont détruite et divisée.

    Poursuivre un idéal signifie, pour citer De Gasperi, placer la personne humaine au centre «avec son ferment de fraternité évangélique, avec son culte du droit hérité de l’Antiquité, avec son culte de la beauté qui s’est affiné au cours des siècles, avec sa volonté de vérité et de justice aiguisée par une expérience millénaire» [5].

    Voilà la perspective dans laquelle on peut faire de la politique aujourd’hui et à laquelle on doit ramener l’activité politique. Vous vous appelez Parti Populaire Européen (European People’s Party). Le peuple est le centre de votre engagement et vous ne pouvez pas en faire abstraction. Le peuple n’est pas un sujet passif, destinataire des propositions et des décisions politiques. Il est avant tout appelé à être un sujet actif, co-participant à toute action politique. La présence au milieu des gens et son implication dans le processus politique est le meilleur antidote contre les populismes qui ne recherchent qu’un consensus facile et contre les élitismes qui tendent à agir sans consensus: deux tendances répandues dans le paysage politique actuel. Une politique « populaire » demande du temps, des projets partagés et l’amour de la vérité. 

    L’un des problèmes de la politique dans les années récentes est l’amoindrissement constant de l’harmonie, de la collaboration et de l’implication réciproque entre le peuple et ses représentants. Il faut recréer un tissu de « peuple », un contact personnel entre le citoyen et le député, pour pouvoir répondre efficacement, à la lumière de la perspective idéale, aux problèmes concrets des gens. Pour utiliser une métaphore, on pourrait dire qu’à l’ère du « triomphe digital », l’action politique authentiquement orientée vers le bien commun demande un retour à « l’analogique ».

    C’est peut-être là le vrai antidote à une politique souvent hurlée, faite seulement de slogans, incapable de répondre aux vrais besoins des gens. Pour vaincre une certaine désaffection envers la politique, il faut reconquérir les gens en allant les rencontrer personnellement et en reconstruisant un réseau de rapports sur le territoire, pour que tous puissent sentir intégrés dans une communauté et participer à son destin.

    Quel sens concret cela a-t-il pour ceux qui se rattachent, dans leur action, aux valeurs de la démocratie chrétienne? D’abord redécouvrir et s’approprier l’héritage chrétien dont vous provenez, mais sans oublier «la ligne de démarcation entre le témoignage religieux de nature prophétique — réservé à la communauté ecclésiale — et le témoignage chrétien qui agit au plan des choix politiques concrets» [6]. Être chrétien, en politique, ne signifie pas être confessionnel, mais laisser l’Évangile éclairer les décisions qui devront être prises, même celles qui ne semblent pas susciter un consensus facile. Cela signifie travailler pour que ne disparaisse pas le lien entre loi naturelle et loi positive, entre racines chrétiennes et action politique.

    Être chrétien engagé en politique exige d’avoir une vision réaliste, qui parte des problèmes concrets des personnes, qui se soucie avant tout de favoriser des conditions de travail dignes, propices à l’ingéniosité et à la créativité des individus face à un marché de plus en plus souvent déshumanisant et peu gratifiant; qui permette de vaincre la peur, apparemment très européenne, de fonder une famille et d’avoir des enfants, d’aborder les causes profondes de la migration, en prenant soin de ceux qui souffrent, mais aussi en tenant compte des possibilités réelles d’accueil et d’intégration des migrants dans la société. De même, cela exige d’aborder de manière non idéologique les autres grands défis qui se posent à notre époque, tels que la sauvegarde de la création et l’intelligence artificielle. Cette dernière offre de grandes opportunités mais est en même temps semée d’embûches.

    Être chrétien engagé en politique, c’est miser sur la liberté, non pas une liberté banalisée et réduite à un simple plaisir, mais une liberté ancrée dans la vérité, qui protège la liberté religieuse, de pensée et de conscience en tout lieu et dans toutes les conditions humaines, en évitant alimenter «un “court-circuit” des droits de l’homme» [7], qui finit par laisser place à la force et à l'oppression.

    Je vous laisse ces quelques réflexions, dans l’espoir qu’elles puissent servir de base de réflexion pour votre engagement et, tout en vous adressant mes meilleurs vœux pour votre service au service des peuples européens, je vous accorde volontiers la Bénédiction Apostolique. Merci!

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    [1] Benoît XVI, Discours aux participants au congrès organisé par le Parti Populaire Européen (30 mars 2006) : AAS 98 (2006), 344.

    [2] François, Exhort. ap.  Evangelii gaudium, 228 : AAS 105 (2013), 1113.

    [3] Cf. ibid.

    [4] Pie XI,  Audience aux dirigeants de la Fédération Universitaire Catholique (18 décembre 1927).

    [5] A. De Gasperi,  Notre patrie, l’Europe.  Discours à la Conférence parlementaire européenne, 21 avril 1954, dans :  Alcide De Gasperi et la politique internationale, Rome 1990, vol. III, 437-440.

    [6] Cf. Marialuisa L. Sergio dans : Alcide De Gasperi,  Journal 1930-1943, Bologne 2018, 24.

    [7]  Discours au Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège (9 janvier 2026).

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    L'Osservatore Romano

  • Le pape Léon XIV fait progresser plusieurs causes de canonisation, notamment celle de 49 martyrs tués « par haine de la foi » en 1936 pendant la guerre civile espagnole

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    De Junno Arocho Esteves sur OSV News complété par Vatican News :

    Le pape Léon XIV fait progresser les causes de canonisation, notamment celle d'une religieuse néerlandaise ayant œuvré dans le Missouri.


    Lors d'une rencontre le 27 avril avec le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour les causes des saints , le pape a signé un décret reconnaissant les vertus héroïques de sœur carmélite Teresia de la Très Sainte Trinité, née Teresa Ysseldijk, décédée d'une maladie un peu plus de six ans après son arrivée aux États-Unis. 

    Née aux Pays-Bas en 1897, elle entra chez les Sœurs Carmélites du Divin Cœur de Jésus à l'âge de 19 ans et prononça ses vœux en 1919. Désireuse de rejoindre ses sœurs missionnaires, la jeune religieuse se rendit la même année aux États-Unis. 

    Cependant, elle tomba malade et on lui diagnostiqua une grave insuffisance rénale. Malgré sa maladie, elle continua de servir dans son couvent de Saint-Charles, dans le Missouri. Selon le site web de sa congrégation, sœur Teresia « souhaitait servir Dieu au sein de l’ordre, en union silencieuse avec Lui ». 

    « Quand le travail lui devint impossible, elle supporta sa douleur en silence, cachée du monde », a déclaré la congrégation. Elle mourut le 10 mars 1926, à l’âge de 28 ans. 

    Le pape approuve d'autres décrets

    Les autres décrets approuvés par le pape Léon reconnaissaient :

    - Le martyre d'Estanislao Ortega García et ses compagnons

    Frère Estanislao Ortega García, premier provincial de la Province espagnole de l’Institut des Frères de l’Instruction chrétienne de Saint-Gabriel, et ses compagnons – 48 confrères ainsi que Manuel Berenguer Clusella, aumônier de la maison provinciale et de formation de Sant Vicenç de Montalt, prêtre du diocèse de Barcelone – seront donc béatifiés en tant que martyrs en Espagne. Tués à différents moments en 1936, ils sont tous victimes de la haine envers la foi catholique. Le contexte de leur témoignage de vie est celui de la persécution religieuse qui a débuté en 1934 et s’est intensifiée entre juillet 1936 et avril 1939, pendant les années de la guerre civile. Parmi les épisodes les plus dramatiques vécus par les religieux, on peut citer l’irruption d’une centaine de miliciens de la FAI (Federación Anarquista Ibérica) dans la maison de "Can Valls" le 7 novembre 1936. Ce jour-là, tous les frères âgés de plus de 18 ans, 44 au total, ainsi que le père aumônier, sont emmenés en prison dans un bus. Les étudiants ayant été conduits dans des centres d’aide sociale, les plus âgés restèrent sous le contrôle d’un comité rouge. Sur les 44 personnes arrêtées, 5 religieux français furent libérés grâce à l’intervention du consulat; les 39 autres et l’aumônier furent assassinés quelques jours plus tard au cimetière de Montcada.

    — L’offrande de vie du missionnaire espagnol Pedro Manuel Salado, membre laïc de l’association « Hogar de Nazaret », décédé en 2012 à Esmeraldas, en Équateur, après s’être effondré suite au sauvetage de sept enfants qui se noyaient en mer. 

    — Les vertus héroïques de Mère Maria Eletta di Gesù, une carmélite déchaussée italienne, née à Terni, en Italie, en 1605 et décédée à Prague, dans ce qui est aujourd'hui la République tchèque, en 1663.

    — Les vertus héroïques de sœur italienne Maria Raffaela De Giovanna, fondatrice de la Congrégation des Sœurs Tertiaires Minimes de Saint François de Paule. Elle est née à Gênes en 1870 et y est décédée en 1933.

  • La réunion du pape Léon XIV en octobre prochain sur le mariage et la famille revêt une importance accrue face à la baisse du taux de natalité en Occident

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    De sur OSV News :

    La réunion du pape Léon XIV en octobre sur le mariage et la famille revêt une importance accrue face à la baisse du taux de natalité en Occident.

    (OSV News) — Alors que la baisse des taux de natalité remodèle l'Occident, une conversation mondiale sur le mariage et la famille devient urgente à l'approche d'une réunion en octobre à Rome convoquée par le pape Léon XIV.

    De nouvelles données mettent en évidence cette tendance : les naissances aux États-Unis ont diminué de 1 % en 2025 pour atteindre environ 3,6 millions, tandis que les taux de fécondité en Europe restent bien en deçà des niveaux de remplacement.

    Le pape Léon XIV a convoqué les présidents des conférences épiscopales du monde entier à Rome pour renouveler et approfondir le débat de l'Église sur le mariage et la famille à la lumière d'« Amoris Laetitia », alors même que dans une grande partie du monde occidental, de moins en moins de gens se marient et ont des enfants – les experts catholiques soulignant qu'il s'agit d'une question urgente à traiter, l'Église, et en particulier les paroisses, ayant un rôle à jouer.

    Les taux de natalité chutent de façon spectaculaire

    Selon le rapport d'avril du Centre national des statistiques de santé, publié dans le cadre des estimations provisoires trimestrielles à publication rapide du Système national des statistiques de l'état civil, le nombre de naissances aux États-Unis en 2025 était d'environ 3,61 millions, soit une baisse de 1 % par rapport à 2024.

    Le taux général de fécondité était de 53,1 naissances pour 1 000 femmes âgées de 15 à 44 ans, ce qui représente également une baisse de 1 % par rapport à 2024.

    Dans l'Union européenne, le nombre de naissances en 2024 a presque doublé par rapport à il y a soixante ans, avec 3,55 millions d'enfants nés dans l'UE en 2024. Le taux brut de natalité, ou le nombre de naissances vivantes pour 1 000 habitants, était de 7,9 en 2024, contre 10,5 en 2000, 12,8 en 1985 et 16,4 en 1970.

    Aux États-Unis, le taux de fécondité total se maintient autour de 1,6 enfant par femme, tandis que dans une grande partie de l'Europe, il est plus proche de 1,3. Les démographes notent qu'outre la diminution de la taille des familles, une part croissante d'adultes n'a aucun enfant.

    Baisse de la fertilité sans explications financières

    Catherine Pakaluk, économiste et professeure à l'Université catholique d'Amérique et directrice générale de l'Institut James Cardinal Gibbons pour l'écologie humaine, a déclaré à OSV News que la compréhension du déclin actuel de la fécondité exige d'aller au-delà des explications financières.

    « Le changement le plus important est peut-être structurel : nous avons discrètement démantelé les contextes dans lesquels ces raisons s’épanouissaient autrefois naturellement », a-t-elle déclaré. « Pendant la majeure partie de l’histoire humaine, les enfants arrivaient au sein d’un réseau communautaire, familial et d’attentes partagées », a-t-elle ajouté. « Le désir d’enfant n’avait pas besoin d’être justifié individuellement ; il était intrinsèquement lié à la manière dont on vivait. »

    Elle a expliqué que les changements technologiques et culturels avaient modifié ce cadre de référence. « Lorsque la contraception a rompu le lien naturel entre l’union sexuelle et les enfants, elle n’a pas simplement élargi le choix individuel ; elle a révélé une logique utilitariste qui était restée latente jusque-là », a-t-elle déclaré. « Dès lors que les couples doivent planifier l’avenir de leurs enfants plutôt que de s’organiser en fonction d’eux, un système opaque de calcul des coûts s’immisce dans la décision la plus intime qu’une famille puisse avoir à prendre. »

    Dans ce contexte, a-t-elle ajouté, « les enfants peinent à être pris en compte, car leur valeur est future et largement invisible ». Pakaluk a indiqué que l'hésitation face à la parentalité est répandue et ne doit pas être négligée. « Je prends cette hésitation au sérieux ; il ne s'agit pas simplement d'égoïsme ou de confusion », a-t-elle déclaré. « Nombreux sont ceux qui désirent sincèrement des enfants et se trouvent dans l'impossibilité d'y parvenir. »

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  • La vie de saint Louis-Marie Grignon de Montfort, le docteur de la Vierge Marie (1673-1716)

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  • Saint Louis-Marie Grignion de Monfort (28 avril)

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    http://www.youtube.com/watch?v=9NKIP2dtKyk

    "Saint Louis-Marie Grignion de Montfort avait un caractère difficile qui irrita certains de ses contemporains, lesquels conçurent à son encontre une profonde inimitié et l'accablèrent d'opprobres sa vie durant. Bien au-delà de cette rigueur qui lui interdisait toute compromission, il ne respirait que dans les églises et croyait de toute son âme à l'amour de Dieu pour l'homme, ne pouvant pas de ce fait ne pas croire en l'homme. Ce programme nous conduit à marcher sur les pas d'un saint non conformiste qui choisit le chemin de la confiance en la Providence. Aussi inclassable après sa mort qu'il le fût de son vivant. Un intrépide missionnaire pour qui l'amour de Marie tenait lieu de passion dominante. L'apôtre infatigable de Jésus crucifié. Un film réalisé par Armand Isnard. Une coproduction CAT Productions et KTO - 2011. / Émission du 27/04/2011."

     
  • Qui est Sarah Mullally, "l'évêquesse" reçue aujourd'hui avec les honneurs à Rome ?

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    De Miguel Escrivá sur InfoVaticana :

    Qui est Sarah Mullally, l'évêquesse reçue avec les honneurs à Rome ?

    Qui est Sarah Mullally, l'« évêque » reçue avec les honneurs à Rome ?

    Les images qui nous parviennent de Rome cette semaine sont tout sauf ordinaires. Elles sont un véritable choc visuel. Une femme que l'Église catholique ne reconnaît ni comme prêtre ni comme évêque – car, doctrinalement, elle ne peut la reconnaître comme telle – apparaît dans la basilique Saint-Pierre, vêtue d'une soutane violette, d'une croix pectorale, d'un anneau épiscopal et de tous les signes extérieurs de l'autorité apostolique. Elle est reçue avec les honneurs. Elle bénit les évêques catholiques dans la chapelle Clémentine. Elle bénéficie du traitement dû à un primat. Elle pose dans des cours Renaissance qui, pendant des siècles, ont vu passer les successeurs légitimes des Apôtres. Et demain, lundi, lors d'une audience avec le pape Léon XIV, la scène atteindra son apogée iconographique : deux figures vêtues de la même manière, assises à la même hauteur, conversant d'égal à égal.

    Il convient de s'arrêter un instant pour examiner cette anomalie visuelle avant de passer à autre chose, car c'est là le véritable problème.

    Il ne s'agit pas d'une simple anecdote de procédure. Il s'agit d'une scène de banalisation du sacré. Et les dommages qu'elle cause ne sont ni politiques, ni médiatiques, ni même strictement œcuméniques : ils sont sacramentels et catéchétiques. Lorsque des symboles sacrés sont utilisés comme s'ils étaient équivalents, alors qu'ils ne le sont pas, la capacité de discernement des fidèles est peu à peu anéantie. La soutane, la croix pectorale, la bénédiction donnée à l'assemblée, l'allocution épiscopale, la réception solennelle, les photographies qui feront la une des journaux du monde entier demain : tout communique simultanément une seule et même chose, même si les documents canoniques disent le contraire. Et ce message est dévastateur. Il laisse entendre qu'il n'y a absolument aucune importance à être un évêque valide ou non. Qu'il n'y a absolument aucune importance à défendre la doctrine catholique ou à en nier l'essence. Il ne fait absolument aucune différence de bénir selon la foi professée par l'Église depuis les Apôtres ou de transformer la bénédiction en un geste dépourvu de contenu théologique, équivalent à une salutation cordiale entre dignitaires civils.

    Cet article vise, dans sa première partie, à présenter l'évêque reçue avec tant d'honneurs : sa biographie, ses positions et ses propres paroles. Dans sa seconde partie, il examinera la signification de la photographie de cette semaine pour la gestion du sacré par l'Église.

    Qui est Sarah Mullally ?

    Sarah Elizabeth Bowser est née à Woking, dans le Surrey, en mars 1962. Cadette d'une famille de quatre enfants, elle a fait ses études à la Winston Churchill Comprehensive School et au Woking Sixth Form College. Elle a choisi les soins infirmiers plutôt que la médecine, convaincue, comme elle l'a elle-même déclaré, que cette voie permettait une approche plus globale des soins aux patients. Après une formation d'infirmière au South Bank Polytechnic, elle a suivi des études de théologie au Heythrop College, s'est spécialisée en oncologie à l'hôpital Royal Marsden, puis a gravi les échelons jusqu'à devenir directrice des soins infirmiers à l'hôpital Chelsea and Westminster. En 1999, à l'âge de 37 ans, elle a été nommée infirmière en chef d'Angleterre, le poste le plus élevé du secteur infirmier public britannique : un salaire à six chiffres, un bureau à Whitehall, des rencontres régulières avec le Premier ministre Tony Blair et le statut équivalent à celui d'une haute fonctionnaire.

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  • Le pape, la presse et le présent

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    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    Le pape, la presse et le présent

    De par leur nature même, ces séances de questions-réponses informelles donnent l'impression que les enseignements de l'Église et les paroles du pape lui-même s'apparentent aux commentaires d'un homme politique sur des questions politiques. On pouvait déjà pressentir l'habituel imbroglio rhétorique et moral, par exemple, dans cet échange avec un journaliste allemand :

    J'aimerais savoir comment vous évaluez la décision du cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et Freising, qui a autorisé la bénédiction des couples de même sexe dans son diocèse, et, compte tenu des différentes perspectives culturelles et théologiques, notamment en Afrique, comment comptez-vous préserver l'unité de l'Église universelle sur cette question particulière ?

    [Le pape Léon XIV :]  Avant tout, je pense qu’il est essentiel de comprendre que l’unité ou la division de l’Église ne devrait pas tourner autour des questions sexuelles. On a tendance à croire que lorsque l’Église parle de morale, la seule question morale abordée est la sexualité. Or, je crois qu’en réalité, il existe des questions bien plus importantes, telles que la justice, l’égalité, la liberté des hommes et des femmes et la liberté de religion, qui doivent primer sur cette question particulière. Le Saint-Siège s’est déjà entretenu avec les évêques allemands et a clairement indiqué qu’il n’approuve pas la bénédiction officielle des couples.

    Dire « nous ne sommes pas d’accord » est une réponse timide face à un défi de taille. Il ne s’agit pas d’accord ou de désaccord, mais des enseignements de Jésus et de son Église depuis toujours. Qu’on le veuille ou non, l’éthique sexuelle – qui touche au cœur de la conception chrétienne de la personne humaine (« il les créa homme et femme ») – est une question centrale. Certes, elle n’est pas la seule. Mais tenter de minimiser ce qui s’apparente à une rébellion au sein de l’Église et de céder à l’esprit du monde est une mauvaise stratégie pour préserver l’unité de l’Église. Et elle ne fonctionnera pas face à la vague LGBT mondiale. 

    La seule chose qui puisse changer, c'est une position théologique et doctrinale ferme.

    De plus, s'il est vrai que l'Église enseigne qu'il existe des péchés plus ou moins graves (comme nous le disons souvent ici, voir l'Enfer de Dante pour une image saisissante) – et il s'agit en fait d'un thème augustinien qui a été énoncé plus clairement par d'autres papes récents – est-ce une bonne façon de parler à notre culture d'aujourd'hui ? 

    Que serait-il préférable ? Le pape a un style bien à lui, et il pourrait décider à ce sujet. Mais sur le fond, pour rester un bon augustinien, c’est-à-dire fidèle à la plénitude de la réalité catholique, il faudrait que sa position soit plutôt la suivante :

    Tous les péchés mortels sont graves. En effet, tous les péchés, même véniels, nous éloignent de Dieu, de nos semblables et de notre véritable nature. L'être humain a été créé par Dieu de telle sorte que – depuis Caïn et Abel – la manière la plus manifeste de nous détourner de l'ordre et de l'être divins est de nous nuire physiquement, jusqu'à tuer.

    Ce serait l'ouverture la plus rudimentaire et au moins fondée sur des principes bibliques.

    Mais cela ne pouvait pas s'arrêter là. Il fallait établir certaines distinctions qui ont toujours existé au sein de l'Église. Quelque chose comme ceci :

    Les péchés sexuels sont les plus faciles à comprendre, car ils ressemblent étrangement à l'amour que Dieu a placé en nous pour aimer notre prochain, et surtout Dieu lui-même. Ils comptent aussi parmi les péchés les plus répandus, comme nous le constatons partout autour de nous, raison pour laquelle l'Église n'a cessé de nous mettre en garde contre eux. Rares sont ceux qui commettront des agressions physiques ou des meurtres, et encore moins ceux qui seront en mesure de déclencher des guerres ou de perpétrer des injustices sociales. Ainsi, même si nous reconnaissons la gravité de tels actes, pour la plupart d'entre nous, il s'agit de tentations lointaines (presque entièrement théoriques), qui ne font guère partie de la vie quotidienne. 

    Quand l'Église se présente comme étant principalement préoccupée par les grands enjeux publics , déjà bien présents dans la culture séculière, faut-il s'étonner que les gens ne remplissent pas les bancs de l'église le dimanche ?

    Et puisqu'il s'agit d'évaluer la gravité relative des péchés, n'oublions pas une réalité incontournable de notre époque : chaque année, 60 millions d'enfants meurent suite à un avortement volontaire. Les « péchés sexuels » ont eux aussi des conséquences meurtrières, bien plus graves que les prétendus « problèmes bien plus importants » évoqués par le pape Léon XIV. 

    Outre les familles et les mariages brisés, les enfants sans père et le chaos social engendré par la révolution sexuelle, l'Église prétend croire que l'avortement est un homicide involontaire – une violence masquée par les discours sur les « droits reproductifs » et la « santé reproductive ». Les chiffres, à eux seuls, ne disent jamais tout. Mais si autant d'êtres humains (près d'un million par an rien qu'aux États-Unis) mouraient chaque année à cause des guerres, de la pauvreté, du changement climatique et de l'oppression politique (ce qui, même combiné, n'est manifestement pas le cas), le monde serait en émoi.

    La Première Guerre mondiale, qui a duré quatre ans et que beaucoup considèrent comme le point de départ de la destruction de notre civilisation occidentale, a causé la mort d'environ 20 millions de personnes. La Seconde Guerre mondiale, en six ans, a ajouté peut-être 75 à 80 millions de victimes. Ainsi, en se basant uniquement sur les chiffres, deux des plus grands cataclysmes des temps modernes ont produit, en une décennie, un nombre de morts inférieur à celui de deux années de politiques d'avortement à l'échelle mondiale. 

    Et nous commençons à peine à constater comment le manque de respect pour la vie dès le départ a des répercussions sur sa fin. L'aide médicale à mourir (AMM, comme l'appellent les Canadiens avec humour) est encore récente, mais elle représente déjà un décès sur vingt au Canada.

    Soyons clairs : le pape Léon XIV s’est exprimé sur l’avortement, l’euthanasie, la persécution des chrétiens et d’autres « questions » catholiques, tout comme le pape François. Mais observe-t-on au sein de l’Église le même sentiment d’urgence à leur sujet que sur d’autres questions ?

    Le pape et l'Église ont raison – contrairement à ce qu'affirment les politiciens américains de droite comme de gauche – de s'exprimer sur l'immigration, la fraternité, la guerre, la sauvegarde de la création et bien d'autres sujets. Mais il nous faut aussi du courage et de la franchise pour nommer les plus grandes menaces qui pèsent sur l'humanité et l'offense la plus répandue contre Dieu à notre époque.

  • Garder ouverte la porte du Mystère. Léon XIV dévoile aux nouveaux prêtres les « secrets » de leur mission

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    Garder ouverte la porte du Mystère. Léon XIV dévoile aux nouveaux prêtres les « secrets » de leur mission

    26 avril 2026

    Le 26 avril, quatrième dimanche du temps pascal, c’est le « Dimanche du Bon Pasteur ». C’est ce jour-là que, depuis 63 ans, on célèbre la Journée Mondiale de Prière pour les vocations sacerdotales et religieuses.

    Dans la basilique Saint-Pierre, le Pape Léon XIV préside la liturgie eucharistique solennelle et ordonne dix nouveaux prêtres, dont huit pour le diocèse de Rome. Dans son homélie, il s’inspire également du passage de l’Évangile selon saint Jean lu pendant la liturgie pour évoquer l’horizon ouvert et vaste comme le monde dans lequel s’inscrit le « service du prêtre », un « ministère de communion » offert pour partager avec tous la « vie en abondance » qui « nous parvient dans la rencontre très personnelle » avec le Christ. Dans son homélie, s’adressant en particulier aux futurs prêtres, l’Évêque de Rome rappelle trois « secrets » de la « vie du prêtre », des pistes pour saisir l’ampleur et la nature de la mission à laquelle ils sont appelés.

    « Plus votre lien avec le Christ est profond », rappelle le Souverain Pontife, en exposant le premier « secret » de la vie du prêtre, « plus votre appartenance à l’humanité commune est radicale. Il n’y a ni opposition, ni rivalité entre le ciel et la terre : en Jésus, ils s’unissent pour toujours ».

    « La réalité – ajoute le Pape Prevost en évoquant le deuxième “secret” – « ne doit pas nous faire peur ». Aujourd’hui, « le besoin de sécurité rend les esprits agressifs, referme les communautés sur elles-mêmes, pousse à chercher des ennemis et des boucs émissaires ». Alors que « votre sécurité » – exhorte l’Évêque de Rome en s’adressant aux ordinands – ne doit pas être placée « dans la fonction que vous occupez, mais dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus, dans l’histoire du salut à laquelle vous participez avec votre peuple ».

    Les communautés dans lesquelles les nouveaux prêtres exerceront leur ministère – rappelle le Souverain Pontife – « sont des lieux où le Ressuscité est déjà présent, où beaucoup l’ont déjà suivi de manière exemplaire. Vous reconnaîtrez ses plaies, vous distinguerez sa voix, vous trouverez ceux qui vous le montreront. Ce sont des communautés – ajoute le Successeur de Pierre – « qui vous aideront, vous aussi, à devenir saints. Et vous, aidez-les à marcher unies à la suite de Jésus, le Bon Pasteur, afin qu’elles soient des lieux – des jardins – de la vie qui ressuscite et se communique souvent ».

    Aux prêtres, le Pape Prevost ne demande pas non plus de plans complexes ni d’hyperactivisme pastoral. Il rappelle plutôt que « faciliter la rencontre, aider à rapprocher ceux qui, autrement, ne se fréquenteraient jamais, rapprocher les opposés ne fait qu'un avec l'Eucharistie et la Réconciliation. Rassembler, c'est toujours et encore implanter l'Église ».

    Il évoque ensuite le passage de l’Évangile selon Saint Luc où Jésus dit de lui-même : « Je suis la porte ». En accompagnant les autres sur le chemin de la foi – ajoute-t-il en s’adressant aux ordinands –, « vous raviverez la vôtre. Avec les autres baptisés, vous franchirez chaque jour le seuil du Mystère, ce seuil qui a le visage et le nom de Jésus. Ne cachez jamais cette porte sainte, ne la bloquez pas, ne soyez pas un obstacle pour ceux qui veulent entrer ».

    Dans son homélie, le Pape Léon évoque le « reproche amer » que Jésus, dans ce même Évangile, adresse à ceux qui « ont caché la clé d’un passage qui devait être ouvert à tous ». Alors qu’« aujourd’hui plus que jamais, surtout là où les chiffres semblent tracer un fossé entre les gens et l’Église », les prêtres sont appelés à tenir « la porte ouverte. Laissez entrer et soyez prêts à sortir ».
    C’est précisément là le troisième « secret » de la « vie du prêtre » que le Successeur de Pierre rappelle aux ordinands et à tous les prêtres : « vous », dit-il, « êtes un canal, pas un filtre ». Concernant l’appartenance à l’Église et le cheminement dans la foi – ajoute le Souverain Pontife –, « Beaucoup croient déjà savoir ce qu'il y a au-delà du seuil. Ils apportent avec eux des souvenirs, peut-être d'un passé lointain; souvent, li y a quelque chose de vivant qui ne s'est pas éteint et qui attire; parfois li y a autre chose qui saigne encore et repousse. Le Seigneur sait et attend. ». Tandis que les prêtres sont appelés à être « le reflet de sa patience et de sa tendresse. Vous appartenez à tous et vous êtes pour tous ».
    « La préoccupation première de toute mission sacerdotale – rappelle Léon XIV dans la conclusion de son homélie – est de “garder le seuil ouvert et de le montrer, sans avoir besoin de trop de mots ». Une mission entièrement tissée sous le signe de la liberté et de la gratuité. À l’opposé des stratégies humaines qui visent à regrouper les personnes de force, en les poussant à entrer dans des enclos sans issue. « Il existe des appartenances qui étouffent, des communautés dans lesquelles il est facile d’entrer et presque impossible de sortir », reconnaît le Pape Prevost. Mais dans l’Église, dans la communauté des disciples du Christ, cela ne fonctionne pas ainsi : « Celui qui sera sauvé, dit Jésus,« pourra entrer; li pourra sortir et trouver un pâturage ”. Nous cherchons tous refuge, repos et soins : la porte de l’Église est ouverte. Non pas pour nous éloigner de la vie : la vie ne s’épuise pas dans la paroisse, dans l’association, dans le mouvement, dans le groupe. Celui qui est sauvé « sort et trouve des pâturages ».
    Les prêtres eux aussi sont appelés à « sortir » et à aller à la rencontre des gens là où se déroule leur vie réelle. À s’émerveiller « de ce que Dieu fait pousser sans que nous l’ayons semé. « Ceux pour qui vous serez prêtres – fidèles laïcs et familles, jeunes et personnes âgées, enfants et malades – », prévient l’Évêque de Rome, « habitent des pâturages que vous devez connaître. Parfois, vous aurez l’impression de ne pas en avoir les cartes. Mais le Bon Pasteur les possède, et c’est sa voix, si familière, qu’il faut écouter ». (GV) (Agence Fides 26/4/2026)