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BELGICATHO

  • Les 71 ans du Pape

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    Le pape Léon XIV fête aujourd’hui ses 71 ans. Né le 14 septembre 1955 à Chicago, il a été élu le 8 mai 2025 et est le premier pape américain de l’histoire, également citoyen péruvien et le premier issu de l’Ordre de Saint-Augustin.

    C’est son deuxième anniversaire en tant que pape. L’année dernière, pour ses 70 ans, les fidèles l’avaient chaleureusement acclamé place Saint-Pierre lors de l’Angélus, avec banderoles, ballons et chants, et il avait remercié Dieu, ses parents et tous ceux qui priaient pour lui.

    Il n'y a pas de grande célébration officielle prévue. L’événement principal est l’inauguration, à la Bibliothèque Apostolique Vaticane, de l’exposition « AQVA », premier volet du cycle quinquennal « Catastrophe et Merveille ». Cette exposition, qui dialogue entre art contemporain (notamment l’artiste JR) et les collections anciennes de la Bibliothèque, traite de l’eau comme ressource vitale et comme menace dans le contexte de la crise climatique. Elle s’inscrit parfaitement dans l’attention que Léon XIV porte au soin de la Création (c’est aussi l’intention de prière du mois de septembre).

    La date coïncide avec la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, un jour qui a toujours marqué sa vie (il célébrait déjà son anniversaire en tant qu’évêque au Pérou en lien avec cette fête).

    Hier, lors de l’Angélus, des fidèles ont déjà commencé à lui chanter joyeux anniversaire. Le pape a insisté sur le pardon comme chemin de paix et a prié pour les victimes du 11-Septembre (25e anniversaire), rappelant que, trois jours après les attentats de 2001, il avait été élu supérieur général des Augustins.

    Son frère John a récemment souligné qu’il affronte les exigences du pontificat « avec une certaine dose d’humour, de force et la détermination de contribuer à rendre le monde meilleur », tout en cherchant à renforcer la foi.

    Souhaitons-lui un joyeux anniversaire et une année de santé, de force et de paix, et prions pour lui, pour son ministère.

  • "Libéral Revolution" relate avec brio la confusion et le déclin post-conciliaires

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    De John Pepino, docteur en philosophie sur le CWR :

    A Liberal Revolution : une chronique magistrale de la confusion et du déclin post-conciliaires

    Le nouveau livre de Hanael Bianchi, fruit d’une décennie de recherches, est un compte rendu équilibré et minutieux de la manière dont Vatican II a été mis en œuvre dans l’archidiocèse de Baltimore.

    Il y a des livres que l’on lit d’une traite, l’index tremblant d’impatience de tourner la page suivante.

    A Liberal Revolution de Hanael Bianchi est de ceux-là.

    Pour les catholiques qui ont subi la liturgie et la catéchèse des années 1970, tout en apercevant autour d’eux des lueurs de la façon dont les choses étaient avant le naufrage, tout ouvrage qui aide à répondre à la question « que s’est-il passé ici ? » comble un besoin. On veut savoir comment une période aussi catastrophique dans la vie de l’Église a pu advenir. Pendant la plus grande partie des années 1980 et 1990, on nous a dit que les conciles mettent du temps à porter leurs fruits et qu’il fallait être patients. Plus de soixante ans plus tard, l’argument conserve ses partisans, tout comme la margarine Parkay et le Sanka maintiennent leur emprise sur la même génération.

    Pour ceux qui préfèrent le beurre véritable et le café, cependant, Bianchi, dans sa reconstruction minutieuse des étapes précises prises pour mettre en œuvre Vatican II dans l’archidiocèse de Baltimore, rejoint la cohorte de chercheurs qui ont étudié les causes de l’effondrement et la manière dont il s’est déroulé dans des secteurs spécifiques de l’Église : Stephen Bullivant sur les États-Unis et le Royaume-Uni ; le P. Joseph Becker sur les jésuites ; le P. Mitchell sur la perte du consensus catholique à l’Université catholique d’Amérique (l’« affaire Curran ») ; Guillaume Cuchet sur l’effondrement de la pratique de la foi en France. On pourrait y ajouter l’acte d’accusation par statistiques de Kenneth Jones sur la chute soudaine et saisissante de tous les indicateurs majeurs de la vie catholique aux États-Unis.

    Tous s’accordent à dire que cela a commencé durant les derniers mois de Vatican II, et que cela s’est produit en son nom ; il ne reste plus qu’à expliquer qui l’a fait et comment.

    Bianchi partage explicitement leur agenda historiographique lorsqu’il déclare : « La question urgente pour les chercheurs… est de savoir pourquoi ce déclin s’est produit si rapidement dans les années qui ont suivi le Concile » (p. 4). Bianchi et ces autres chercheurs n’invoquent pas allègrement « les modernistes » ou « les francs-maçons » : ils nomment des noms, fournissent les dates et les lieux des réunions où les décisions ont été prises, et suivent les baisses inévitables de fréquentation des sacrements, la crise des vocations, les départs du sacerdoce et de la vie religieuse – toute la litanie douloureuse.

    Le livre de Bianchi se concentre sur l’archidiocèse de Baltimore sous l’archevêque Lawrence Shehan (1961-1974). Comme de nombreux évêques conciliaires, il fut finalement trahi par la machine réformatrice même qu’il avait naïvement mise en mouvement. Bien que cette Église locale et son pasteur présentent (comme tout lieu) leurs particularités propres, les catholiques de n’importe quel diocèse de l’Occident reconnaîtront ici la mentalité des réformateurs enthousiastes et les mesures qu’ils ont prises pour mettre en œuvre leur vision. Ce fut, de façon remarquable et triste, la même chose partout : une avant-garde de jeunes prêtres prit le contrôle et imposa son empreinte à l’Église (particulièrement à la liturgie), sans jamais attribuer les dégâts qu’ils causaient à leur propre programme.

    Comme les autres auteurs mentionnés ci-dessus, Bianchi est équitable. Il rapporte qu’au début, de nombreux fidèles accueillirent positivement les réformes les plus évidentes qui suivirent Vatican II, en particulier l’usage de la langue vernaculaire à la messe (p. 76). Il cite l’optimisme de l’archevêque Shehan dès la première page : « Le second Concile du Vatican est à la fois le symbole et la cause de notre présent espoir particulier » (p. 1). Il suit également l’ennui et la confusion généralisée qui se répandirent une fois que la nouveauté du passage à l’anglais (et des autres changements menant à un nouveau Missel en 1969) se fut estompée.

    Il en va de même pour les premières tentatives de ce que nous appellerions aujourd’hui la « synodalité ». À l’époque, cela se manifestait par la prolifération de « conseils » (conseils paroissiaux, conseils de zone, Conseil des hommes catholiques, Conseil pastoral archidiocésain, Conseil pastoral national, etc.). Ceux-ci finirent par désaffectionner les laïcs et ne servirent plus que d’hôtes à la conférence parasitique et révolutionnaire « Call to Action » de 1976.

    Il y aura d’autres livres de ce genre pour couvrir d’autres régions ecclésiastiques dans ce pays et ailleurs ; Bianchi voit son travail comme faisant partie d’un effort visant à fournir une « étude exhaustive » pour retracer « le déclin de l’Église américaine à travers des sources locales » (p. 5). Il se trouve simplement qu’il a commencé par Baltimore. Il convient de dire que son accès à du matériel d’archives protégé enrichit son livre de preuves granulaires qu’il sera difficile d’ignorer. Les lecteurs ne seront pas surpris d’apprendre (de sources externes) que le Dr Bianchi a passé dix ans à rechercher A Liberal Revolution.

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  • Les familles nombreuses sont-elles réellement plus religieuses ?

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    L'étude reproduite ci-dessous concerne la société américaine mais est inspirante pour examiner la situation correspondante en Europe.

    Les familles nombreuses sont-elles réellement plus religieuses ?

    Par Brendan Hodge, The Pillar, 11 septembre 2026

    Dans une société où le contrôle artificiel des naissances est largement disponible et accepté, avoir une famille nombreuse est de plus en plus perçu comme un choix pris principalement par des personnes en dehors du courant dominant, souvent pour des raisons religieuses.

    Mais est-ce vraiment le cas ?

    Le sociologue Ryan Burge a récemment examiné la question sur son site Graphs About Religion et a conclu : « Il est juste de dire que les familles nombreuses sont plus susceptibles d’aller à l’église, mais pas de beaucoup. »

    Il a constaté que 33 % des familles avec quatre enfants ou plus allaient à l’église au moins une fois par semaine, tandis que parmi les familles avec un nombre quelconque d’enfants, 29 % y allaient aussi souvent.

    L’association entre familles nombreuses et religiosité est-elle donc un mythe ? Qu’en est-il du stéréotype de la camionnette pleine d’enfants qui se gare devant l’église pour la messe ?

    The Pillar examine les chiffres.

    Burge a tiré ses données de la Cooperative Election Survey (CES) de 2024, une vaste enquête principalement destinée à l’analyse politique, mais qui pose aussi des questions démographiques et religieuses.

    L’enquête est très large : elle interroge environ 60 000 personnes tous les deux ans. Cela est utile, car l’analyse de petites portions de la population exige un échantillon aussi large que possible.

    Pour maximiser la puissance de notre analyse, nous avons utilisé les trois enquêtes CES les plus récentes – 2024, 2022 et 2020 – et les avons combinées en un seul jeu de données.

    Notre objectif est d’examiner les caractéristiques des familles nombreuses. Pour distinguer les familles plus grandes des plus petites, il faut regarder l’âge auquel les gens sont peu susceptibles d’avoir encore des enfants. Cependant, nous voulons aussi des personnes de la même génération approximativement. Mélanger des personnes nées en 1980 avec des personnes nées en 1940 fausserait les résultats : les familles nombreuses étaient plus courantes 40 ans plus tôt, et la génération des années 1940 était généralement plus religieuse que celle des années 1980. Cela ferait artificiellement paraître les familles nombreuses plus religieuses, alors qu’on observerait simplement que les familles plus âgées étaient à la fois plus grandes et plus religieuses.

    Nous avons donc ciblé les personnes âgées de 40 à 55 ans au moment de l’enquête. Ces personnes étaient susceptibles d’avoir terminé leur période de fécondité, tout en n’étant pas trop éloignées de leurs années de procréation. Les enquêtes datant de 2020 à 2024, cela correspond à des personnes nées entre 1965 et 1984.

    Dans ces trois années d’enquête, 38 300 personnes âgées de 40 à 55 ans ont fourni des réponses sur leur nombre d’enfants. Voici la répartition :

    Nombre d’enfants parmi les 40-55 ans

    • 0 : 35 %
    • 1 : 18 %
    • 2 : 24 %
    • 3 : 13 %
    • 4 : 6 %
    • 5 : 2 %
    • 6 : 1 %
    • 7+ : 1 %

    (Source : Cooperative Election Survey 2020, 2022, 2024)

    Un facteur important était de tenir compte du mariage. Quand on imagine la « grande famille religieuse », on pense généralement à un couple unique ayant eu ensemble un grand nombre d’enfants. Il existe cependant d’autres façons d’arriver à une famille nombreuse : deux personnes ayant chacune des enfants de relations antérieures, ou une personne seule ayant eu plusieurs enfants avec différentes personnes.

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  • Arrêter le suicide assisté, c’est possible. La leçon de l’Angleterre

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    Arrêter le suicide assisté, c’est possible. La leçon de l’Angleterre

    La mobilisation des Églises chrétiennes, avec les évêques catholiques en première ligne, a contribué à la défaite, à la Chambre des communes, du projet de loi qui aurait introduit le suicide assisté en Angleterre et au pays de Galles. Un résultat qui semblait impossible : que la CEI et l’Académie pontificale pour la vie y réfléchissent.

    14_09_2026

    Arrêter la dérive mensongère des lois sur la fin de vie et la légalisation de l’euthanasie, c’est possible, si on le veut. Les faits survenus au Royaume-Uni le démontrent. À la suite d’un débat tenu vendredi soir 11 septembre, au cours duquel les deux camps ont exposé leurs arguments, la Chambre des communes du Royaume-Uni a voté contre le projet de loi qui aurait introduit le suicide assisté, par 286 voix contre et 270 pour, soit une majorité de 16 voix. Après une victoire analogue importante en Écosse, le 17 mars de cette année, et après l’examen le plus approfondi jamais consacré en Angleterre et au pays de Galles à la question du suicide assisté ces dernières années, les parlementaires de Westminster ont rejeté le projet de loi.

    À ce résultat a certainement contribué l’action des évêques de l’Église catholique et anglicane ainsi que des associations civiles pro-vie, qui se sont mobilisées de manière très large contre le suicide assisté, montrant qu’avec la prière, les arguments, l’organisation et le courage, il est possible de faire prévaloir le bien commun et la civilisation pour tous.

    Rappelons que le projet de loi sur le suicide assisté, portant la signature de Kim Leadbeater, avait été présenté à la Chambre des communes, avec une large majorité travailliste, dès le début de la législature il y a deux ans, et l’on prévoyait qu’il deviendrait loi sans difficulté. En deuxième lecture, en novembre 2024, le projet avait été approuvé à une majorité de 55 voix, réduite à 23 voix en troisième lecture en juin 2025. Le texte était ensuite passé à la Chambre des Lords, où, faute de temps, il s’était définitivement enlisé le 27 avril dernier.

    Par la suite, le projet de loi a été représenté, sous une forme substantiellement identique, par la députée Lauren Edwards à la Chambre des communes, où, vendredi, il a été rejeté en deuxième lecture par des députés de tout l’éventail politique, grâce aussi à l’unité d’intention de la dirigeante conservatrice Kemi Badenoch, du dirigeant libéral-démocrate Sir Ed Davey et du dirigeant de Reform UK, Nigel Farage, unis dans l’opposition à la proposition. À eux se sont joints d’importants représentants travaillistes comme Angela Rayner, Wes Streeting et Shabana Mahmood, secrétaire d’État aux Affaires intérieures, et même les extrémistes de gauche de Jeremy Corbyn.

    Le projet de loi sur la fin de vie aurait permis aux adultes dont l’espérance de vie présumée est inférieure à six mois de demander une assistance pour mettre fin à leurs jours, dans le respect de certaines garanties prévues par le texte. Parmi celles-ci figurait l’exigence que la personne demandant le suicide assisté obtienne l’approbation de deux médecins et d’une commission d’experts ; cependant, les dispositions comportaient très peu de garanties protégeant les personnes vulnérables contre le risque d’être contraintes de mettre fin à leurs jours, et ne prévoyaient aucune amélioration des soins palliatifs.

    Le rejet de vendredi devrait marquer un arrêt définitif de l’initiative des travaillistes pour cette législature, jusqu’aux prochaines élections de 2029, d’autant que le nouveau Premier ministre Andy Burnham n’a pas caché sa préférence pour une bonne loi sur les soins palliatifs et son refus de soutenir la proposition de « fin de vie » de son parti, alors que son prédécesseur Starmer avait, dès 2024, soutenu la légalisation du suicide assisté.

    La mobilisation de la société civile, des médecins et des Églises chrétiennes anglaises a été totale et claire – avec veillées de prière, sit-in, cortèges et envoi de courriels – pour sensibiliser chaque député et tous les dirigeants des partis, publiquement, avec une grande clarté et une grande cohérence. L’Église catholique était intervenue par l’intermédiaire de plusieurs évêques contre l’approbation du projet de loi ; ainsi l’archevêque John Sherrington, archevêque de Liverpool et évêque responsable des questions relatives à la vie auprès de la Conférence épiscopale, a exprimé au nom de ses confrères sa gratitude et ses remerciements à ceux qui ont œuvré pour empêcher la poursuite de l’examen parlementaire du projet, ainsi que sa gratitude aux associations de défense des droits des personnes handicapées et aux professionnels du droit et de la santé pour avoir élevé la voix en défense de « la dignité et de la sacralité de toute vie ».

    De même, l’Académie Jean-Paul II pour la vie et la famille a salué le rejet par la Chambre du projet de loi sur le suicide assisté, par un vote qui « protège les personnes vulnérables et défend la dignité de la vie humaine ». L’Église anglicane et son archevêque Sarah Mullally ont elles aussi combattu ouvertement, depuis 2024, le projet de loi jusqu’à la dernière minute, en appelant les députés à voter contre.

    Il s’agit d’une leçon qui devrait être comprise par les responsables de l’Académie pontificale pour la vie et par la présidence de la Conférence épiscopale italienne (CEI), qui en Italie poussent en faveur d’une loi sur le suicide assisté : qu’ils en reviennent à réaffirmer les raisons de la vie, la force de la prière et qu’ils aient le courage d’agir, au lieu de suivre le monde dans sa dérive anti-humaine.

  • Léon XIV : Le risque de bureaucratiser l’Église

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : Le risque de bureaucratiser l’Église

    14 septembre 2026

    Le projet de Léon XIV pour l’Église était clair dès le début : chercher à rétablir l’harmonie en son sein. Sa devise épiscopale, In Illo Uno Unum, le dit clairement. Ses actes, qui jusqu’à présent ont toujours cherché non à diviser, mais plutôt à absorber les tensions, en disent long également.

    Après seize mois, cependant, nous attendons encore un grand nombre de choses nécessaires.

    Nous attendons le premier consistoire de Léon XIV. Nous attendons une série de nominations qui toucheront au moins cinq postes de premier plan à la Curie. Nous attendons les « corrections » de Léon à certaines réformes du pape François.

    Mais Léon XIV ne semble pas se préoccuper des attentes.

    Nous savons déjà que, de chaque côté des diverses lignes de fracture qui traversent l’Église, les gens seront déçus.

    Le monde traditionaliste s’attendait à un revirement soudain et clair de l’ostracisme subi sous le pontificat de François, et il a commencé à s’impatienter (probablement pour une action qui n’arrivera jamais). Le monde progressiste, dans une sorte de négatif photographique du monde traditionaliste, a multiplié les exercices mentaux pour interpréter tout ce que Léon a fait dans la continuité de son prédécesseur immédiat, et ces exercices ne pourront retarder la déception que pour un temps.

    La vision de Léon XIV pour l’Église est devenue encore plus claire le 10 septembre, lorsqu’il a rencontré le groupe des évêques nouvellement nommés, venus à Rome pour le traditionnel cours annuel des « baby bishops ».

    Le Pape leur a demandé d’être paternels, comme il l’avait déjà fait avec les évêques de la Conférence épiscopale latine des régions arabes lors d’une audience le 4 septembre. Cette paternité se nourrit du discipulat, en pleine cohérence avec le charisme augustinien et son propre charisme missionnaire personnel. Léon XIV a déclaré désirer une Église dotée d’une hiérarchie, mais qui maintienne une forte communion et une grande collégialité. La communion implique une « paix désarmée et désarmante » — selon la célèbre expression prononcée par le Pape la première fois qu’il est apparu en tant que pape —, tandis que la collégialité signifie la participation de tous au gouvernement, ou du moins aux discussions.

    C’est aussi pour cette raison que Léon XIV n’a pas interrompu le processus synodal, mais a appelé à avancer sur la question de la synodalité. Les groupes de travail nés après le Synode de 2023 ont continué à se réunir, à publier des documents et à formuler des propositions. Et c’est précisément dans ce processus que réside l’un des grands risques du pontificat.

    Le risque de cette approche est le suivant : que, dans le désir de ne pas annuler les processus, ceux qui sont déjà en cours ne deviennent purement bureaucratiques. En bref, le risque est de bureaucratiser l’Église. Les rapports des Groupes 6 et 7 du parcours synodal en offrent un exemple éloquent.

    Le Groupe 6 étudie les relations entre les évêques, la vie consacrée et les congrégations ecclésiales. Le Groupe 7 discute de la nature et de la conduite des visites ad limina Apostolorum, c’est-à-dire les visites périodiques que les évêques de chaque pays doivent effectuer à Rome.

    Ces rapports sont des propositions soumises au Saint-Père, qui peut en disposer librement. En bref, ce ne sont pas des décisions, et même si le Pape devait décider, elles devraient être traduites en orientations opérationnelles impliquant les dicastères concernés.

    Pourquoi risquent-ils d’être bureaucratiques ?

    Parce que les deux documents abordent, de manières différentes, les formes possibles d’autorité dans l’Église, mais le font en offrant des solutions procédurales, et les procédures rendent toujours tout plus compliqué.

    Sans parler du langage.

    Concernant la relation entre diocèses et institutions religieuses, le rapport parle d’une « conversion relationnelle », appelant à dépasser les relations « purement hiérarchiques ». De plus, le rapport demande une plus grande clarté sur les critères théologiques et juridiques pour reconnaître de nouveaux instituts religieux et de nouvelles formes de vie consacrée.

    Il propose même des accords ou contrats d’entente obligatoires entre diocèses et institutions religieuses, qui définissent clairement les engagements pris, les aspects financiers, la gestion des œuvres et les responsabilités mutuelles.

    Ces propositions naissent de problèmes concrets : un autoritarisme ou une centralisation excessifs, et un manque de compréhension de la manière dont diocèses et institutions religieuses gèrent leurs relations. Mais le problème n’est pas le schéma lui-même. Il réside plutôt dans les personnes, dans la façon dont elles exercent l’autorité.

    Léon XIV le sait, et c’est probablement pourquoi il insiste sur la question de la paternité. Mais en même temps, il a laissé le débat synodal, avec son modus procedendi lent et lourd — en un mot, sa bureaucratie — se poursuivre, et se poursuivre, sans même clarifier les questions pratiques, à savoir que le Synode ne peut pas être un organe délibératif, et que le Synode n’est pas un petit parlement.

    Il existe des exemples vertueux.

    En Norvège, Mgr Fredrik Hansen, évêque d’Oslo, a convoqué le premier synode diocésain de l’histoire, déclarant ouvertement qu’il ne s’agissait pas d’un synode visant à changer la doctrine de l’Église, car ce n’était pas un parlement. Il a même cité les synodes de saint Charles Borromée, le cardinal archevêque de Milan pendant la Contre-Réforme, comme exemple.

    Aux Pays-Bas, l’évêque auxiliaire Rob Mutsaerts a vivement critiqué le Synode et a appelé à évaluer les expériences pastorales sur des indicateurs concrets, tels que les vocations, la fréquentation de la messe et la pratique de la confession.

    Mais la décision de Léon XIV de laisser le débat se poursuivre sans une parole claire sur la situation risque non seulement de créer de la confusion, mais aussi de créer les conditions d’une bureaucratisation supplémentaire de la Curie.

    Cela semble un sujet vague, mais ce n’est pas le cas.

    Le pape François a inauguré l’ère des commissions — pour la réforme de la communication, pour la réforme économique, pour la réforme de la Curie — et cela a créé, il est vrai, une poussée vers l’efficacité, mais aussi une bureaucratie qui n’avait rien d’efficace. Un exemple concret est la réforme de l’économie vaticane, dans laquelle les pouvoirs de l’Administration du Siège apostolique ont été retirés puis rétablis en l’espace de quelques mois. La réforme de l’État de la Cité du Vatican est un autre cas d’école, avec trois projets de Loi fondamentale du Vatican en seulement quelques mois.

    Que compte faire Léon XIV ?

    D’une part, le Saint-Siège a besoin d’une meilleure organisation. D’autre part, le Saint-Siège a besoin de bonnes personnes, douées de bon sens, qui s’en soucient et puissent gérer une structure complexe de manière professionnelle et logique.

    Puis, il y a le besoin de managers.

    Pour l’instant, Léon XIV a choisi une manager, Montse Alvarado, pour diriger le Dicastère pour la Communication et siéger au conseil d’administration de la Fondation Fratello Sole. Mais il n’a pas encore choisi ses généraux, les évêques et cardinaux qui l’assisteront dans le gouvernement. Il s’est jusqu’à présent appuyé sur une structure avec laquelle il n’a pas eu de conflit, mais qui, sous François, a en fait produit de nombreuses déclarations d’intention et une image de l’Église qui reflète une structure de participation démocratique, quasi parlementaire, plutôt qu’une communauté de fidèles.

    Tandis que Léon avance à son rythme lent vers le choix de sa propre équipe, le jugement sur son pontificat reste suspendu faute de preuves. À un moment donné, cependant, les non-décisions deviennent des décisions. La bureaucratisation initiée par le pape François continuera son œuvre, et broiera tout élan qu’un changement de leadership papal aurait pu apporter.

    Peut-être paradoxalement, le pape François a utilisé la bureaucratisation pour s’assurer d’être le seul décideur, tout en donnant l’impression d’écouter tout le monde.

    Léon XIV a ici une opportunité, mais la fenêtre se referme.

  • Fête de la Croix Glorieuse (14 septembre)

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    10 MOSAIC NAPLES CRUCIFIX.jpgSur Missel.free.fr :

    Chacun se souvient comment la vraie croix avait été retrouvée par sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin[1] (voir au 18 août). En 335, l'empereur Constantin, invite pour le trentième anniversaire de son avènement, les Pères réunis à Tyr à la dédicace des deux basiliques[2] qui doit avoir lieu le 13 septembre à Jérusalem.

    Le lendemain de la dédicace, le dimanche 14 septembre, l'évêque de Jérusalem montre pour la première fois à la foule le bois sacré de la Croix (l'hyposis) et, sur ordre de Constantin, les Pères décrètent la célébration annuelle de la dédicace et de l'exaltation, au 14 septembre. Un morceau de la Croix étant apporté à Constantinople, on y célèbre la même fête avec l'hyposis. Cette fête est répandue dans tout l'Orient dès le VII° siècle, et on la trouve à Rome au plus tard au temps du pape Serge I° (687-701) à la notice duquel, dans le Liber pontificalis, on trouve la mention suivante : En la sacristie du bienheureux apôtre Pierre, se trouve un reliquaire où est renfermée un précieuse et considérable portion du bois salutaire de la croix du Sauveur ... Au jour de l'Exaltation de la sainte croix, le peuple chrétien baise et adore cette relique dans la basilique constantinienne du Saint-Sauveur[3].

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  • La Croix glorieuse (14 septembre)

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    Croce gloriosa - Paolo Curtaz

    L'homélie du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ pour la fête de la Croix glorieuse :

    Homélie (Archive 2005) (homelies.fr)

    Les reliques de la vraie croix auraient été retrouvées par Sainte Hélène (249-329), mère de l’empereur Constantin, lors d’un pèlerinage en Palestine, qu’elle aurait entrepris en 326. Voici comment Saint Ambroise rapporte sa découverte : « Elle commença par visiter les lieux saints ; l’Esprit lui souffla de chercher le bois de la croix. Elle s’approcha du Golgotha et dit : “Voici le lieu du combat ; où est la victoire ? Je cherche l’étendard du salut et ne le vois pas”. Elle creuse donc le sol, en rejette au loin les décombres. Voici qu’elle trouve pêle-mêle trois gibets sur lesquels la ruine s’était abattue et que l’ennemi avait cachés. Mais le triomphe du Christ peut-il rester dans l’oubli ? Troublée, Hélène hésite, elle hésite comme une femme. Mue par l’Esprit Saint, elle se rappelle alors que deux larrons furent crucifiés avec le Seigneur. Elle cherche donc la croix du milieu. Mais, peut-être, dans la chute, ont-elles été confondues et interverties ? Elle revient à la lecture de l’Evangile et voit que la croix du milieu portait l’inscription : “Jésus de Nazareth, Roi des Juifs”. Par là fut terminée la démonstration de la vérité et, grâce au titre, fut reconnue la croix du salut ». La Sainte impératrice aurait par la même occasion retrouvé les clous par lesquels Notre-Seigneur avait été attaché. Sainte Hélène fit construire une basilique englobant le Calvaire et le Saint Sépulcre ; elle fit également ériger celles du Mont des Oliviers et de Bethléem.

    Pour le trentième anniversaire de son avènement, le 13 septembre 335, l’empereur Constantin invita à Jérusalem les Pères, pour y célébrer la dédicace de la Basilique du Saint Sépulcre. Le lendemain, le dimanche 14, l’évêque de Jérusalem montra pour la première fois la Sainte Croix aux fidèles. Sur l’ordre de Constantin, une célébration annuelle fut décrétée au 14 septembre, portant le nom d’« Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix » en raison de son rite principal, qui consistait dans l’ostension solennelle d’une relique de la vraie croix. Le bois de la croix découverte sur le Golgotha fut partagé en trois parts, conservées à Jérusalem, Constantinople et Rome.

    Ce bref rappel ne prétend pas garantir l’historicité des faits rapportés dans leurs détails, mais se veut un témoignage de la dévotion que le peuple de Dieu a toujours porté à l’instrument de supplice de son Seigneur et Sauveur. La fête de la Croix glorieuse nous invite en effet à revenir à cette réalité : Dieu a aimé le monde, jusqu’au sacrifice de son Fils. Dans sa Lettre encyclique sur la miséricorde divine, Jean-Paul II soulignait : « Dans la passion et la mort du Christ, c'est-à-dire dans le fait que le Père n’a pas épargné son Fils, mais “l’a fait péché pour nous”, s’exprime la justice absolue ; car le Christ subit la passion et la croix à cause des péchés de l’humanité. Il y a vraiment là une surabondance de justice, puisque les péchés de l’homme se trouvent “compensés” par le sacrifice de l’Homme-Dieu. Toutefois cette justice divine révélée dans la croix du Christ est à la mesure de Dieu, parce qu’elle naît de l’amour et s’accomplit dans l’amour, en portant des fruits de salut. Croire dans le Fils crucifié signifie donc croire que l’amour est présent dans le monde, et que cet amour est plus puissant que les maux de toutes sortes dans lesquels l’homme, l’humanité et le monde sont plongés. Croire en un tel amour signifie croire dans la miséricorde » (n°7).

    L’« exaltation » de la Sainte Croix n’est pas sans rappeler l’évangile de ce jour : Jésus sur la croix est « élevé » de terre comme le serpent de bronze au désert, « afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle ». La croix nous confronte simultanément à l’horreur du péché qui conduit à la mort, et à la démesure de l’amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour nous, lui « qui n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu, mais qui s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix » (1ère lect.).

    Avant de prier l’Angélus depuis Castelgandolfo, ce 11 septembre, Benoît XVI rappelait que « dans l’Année consacrée à l’Eucharistie, la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix prend une signification particulière : elle nous invite à méditer sur le lien profond et indissoluble qui unit la Célébration Eucharistique et le Mystère de la Croix. Chaque Messe en effet rend actuel le sacrifice rédempteur du Christ ». L’Eucharistie nous rappelle quotidiennement que notre salut jaillit de ce mystérieux échange, dans lequel le Fils de Dieu épouse la mort des coupables que nous sommes, pour nous donner gratuitement part à sa vie divine. Aussi était-il juste et bon que celui qui par son sacrifice a réconcilié le ciel et la terre, fût « élevé au dessus de tout et reçoive le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu’au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l’abîme, tout être vivant tombe à genoux et que toute langue proclame : “Jésus Christ est le Seigneur”, pour la gloire de Dieu le Père ».

    « Seigneur, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant, nous te rendons gloire et nous t’offrons notre action de grâce toujours et en tout lieu, car tu as attaché au bois de la croix le salut du genre humain, pour que la vie surgisse à nouveau d’un arbre qui donnait la mort, et que l’ennemi, victorieux par le bois, fût lui-même vaincu sur le bois, par Jésus-Christ, notre Seigneur. Aussi nous te supplions humblement : que cette communion au mémorial du Sacrifice rédempteur nous purifie de nos fautes et nous donne part à la gloire de la résurrection de celui qui nous a fait revivre par le bois de sa croix. »

    Père Joseph-Marie

  • Saint Cyprien de Carthage (14 septembre)

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    De BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du mercredi 6 juin 2007 (source) : 

    Saint Cyprien

    Chers frères et sœurs,

    Dans la série de nos catéchèses sur les grandes personnalités de l'Eglise antique, nous arrivons aujourd'hui à un éminent Evêque du III siècle, saint Cyprien, qui "fut le premier Evêque en Afrique à recevoir la couronne du martyre". Sa réputation est également liée - comme l'atteste le diacre Pontius, qui fut le premier à écrire sa vie - à la production littéraire et à l'activité pastorale des treize années qui s'écoulèrent entre sa conversion et le martyre (cf. Vie 19, 1; 1, 1). Né à Carthage dans une riche famille païenne, après une jeunesse dissipée, Cyprien se convertit au christianisme à l'âge de 35 ans. Il raconte lui-même son itinéraire spirituel:  "Alors que je gisais encore comme dans une nuit obscure", écrit-il quelques mois après son baptême, "il m'apparaissait extrêmement difficile et pénible d'accomplir ce que la miséricorde de Dieu me proposait... J'étais lié aux très nombreuses erreurs de ma vie passée et je ne croyais pas pouvoir m'en libérer, tant je secondais mes vices et j'encourageais mes mauvais penchants... Mais ensuite, avec l'aide de l'eau régénératrice, la misère de ma vie précédente fut lavée; une lumière souveraine se diffusa dans mon cœur; une seconde naissance me transforma en un être entièrement nouveau. De manière merveilleuse, chaque doute commença alors à se dissiper... Je comprenais clairement que ce qui vivait auparavant en moi, dans l'esclavage des vices de la chair, était terrestre, et que ce que l'Esprit Saint avait désormais engendré en moi était, en revanche, divin et céleste" (A Donat, 3-4).

    Immédiatement après sa conversion, Cyprien - non sans être envié et en dépit des résistances - fut élu à la charge sacerdotale et à la dignité d'Evêque. Au cours de la brève période de son épiscopat, il affronta les deux premières persécutions ratifiées par un édit impérial, celle de Dèce (250) et celle de Valérien (257-258). Après la persécution particulièrement cruelle de Dèce, l'Evêque dut s'engager vaillamment pour rétablir la discipline dans la communauté chrétienne. En effet, de nombreux fidèles avaient abjuré, ou bien n'avaient pas adopté une attitude correcte face à l'épreuve. Il s'agissait des lapsi - c'est-à-dire de ceux qui étaient "tombés" -, qui désiraient ardemment revenir au sein de la communauté. Le débat sur leur réadmission finit par diviser les chrétiens de Carthage en laxistes et en rigoristes. Il faut ajouter à ces difficultés une grave épidémie de peste, qui ravagea l'Afrique et qui fit naître des interrogations théologiques angoissantes, tant au sein de la communauté, que dans la confrontation avec les païens. Il faut rappeler, enfin, la controverse entre Cyprien et l'Evêque de Rome, Etienne, à propos de la validité du baptême administré aux païens par des chrétiens hérétiques.

    Dans ces circonstances réellement difficiles, Cyprien révéla de grands talents pour gouverner:  il fut sévère, mais non inflexible avec les lapsi, leur accordant la possibilité du pardon après une pénitence exemplaire; il fut ferme envers Rome pour défendre les saines traditions de l'Eglise africaine; il se démontra très humain et empli de l'esprit évangélique le plus authentique en exhortant les chrétiens à apporter une aide fraternelle aux païens durant la peste; il sut garder une juste mesure en rappelant aux fidèles - qui craignaient trop de perdre la vie et leurs biens terrestres - que pour eux la véritable vie et les véritables biens ne sont pas ceux de ce monde; il fut inébranlable dans sa lutte contre les mœurs corrompus et les péchés qui dévastaient la vie morale, en particulier l'avarice. "Il passait ainsi ses journées", raconte alors le diacre Pontius, "lorsque voilà que - sur ordre du proconsul - le chef de la police arriva à l'improviste dans sa villa" (Vie 15, 1). Le jour même, le saint Evêque fut arrêté et, après un bref interrogatoire, il affronta avec courage le martyre entouré de son peuple.

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  • Le linceul de Turin: l'oeuvre d'un faussaire?

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    De Jean-Pierre Snyers :

    Le linceul de Turin: l'oeuvre d'un faussaire?
     
    Lorsque qu'on regarde le linceul (ou suaire) de Turin à l'oeil nu (lors de ses rares expositions), on voit qu'il est marqué par de grandes brûlures symétriques, des taches d'eau et de sang, ainsi que d'une légère coloration jaunâtre qui fait penser à une silhouette humaine comprenant une sorte de "visage" qui est très difficile à discerner. De plus, cette image n'est visible qu'à plusieurs mètres d'elle et cela suppose que, s'il s'agit d'une peinture, un faussaire aurait dû utiliser un pinceau de plusieurs mètres de long. Ce n'est qu'à partir de l'invention de l'appareil photographique (qui, au départ d'un négatif, donne une image en positif) qu'on a pu voir clairement qu'il s'agit du portrait d'un crucifié qui rappelle le corps du Christ tel qu'il est décrit dans les évangiles. . Par quel prodige et dans quel intérêt, un faussaire aurait-il pu réaliser ce qui (avant que n'existent les photos) était loin d'être une oeuvre d'art, tout en ne sachant absolument pas qu'elle ne livrerait ses secrets que des siècles plus tard?  
     
    Seulement voilà, depuis 1978, il est scientifiquement prouvé techniquement et chimiquement que cette image n'est PAS une peinture. Pour quelles raisons les scientifiques l'affirment-ils? Afin d'être bref, permettez-moi de n'en prendre que trois. 1) Parce qu'elle ne contient aucun pigment ni de liant. Les examens au microscope, en fluorescence ultraviolette et en spectométrie ont montré que si un liquide ou un liant avait été appliqué, il aurait pénétré par capillarité à l'intérieur des fibres. 2) Parce que l'empreinte présente les caractéristiques d'un négatif photographique naturel (les zones claires et sombres sont inversées par rapport à la réalité). Même le plus doué des artistes médiévaux aurait été dans l'incapacité de peindre une image en négatif, tout en respectant une superficialité des fibres, une absence totale de liant, une tridimensionnalité cachée (l'intensité de la coloration varie en fonction de la distance entre le corps et le tissu) et une absence totale de traces de pinceau. 3) Parce que les taches de sang sont celles d'un sang humain appartenant au groupe AB, prouvant ainsi que ces taches n'ont absolument pas été peintes. 
     
    Dès lors, puisqu'il ne s'agit pas d'une peinture, on pourrait imaginer qu'un faussaire a utilisé un cadavre ou un bas-relief sculpté. Mais s'il en est ainsi,, comment se fait-il que des indices grossiers (bavures, écrasements, déformations) qui devaient être présents, ne le soient pas sur le linceul (qui possède des propriétés tridimensionnelles)?  D'autre part, voici un "détail" important. Jusqu'à notre époque, absolument toutes les représentations de la crucifixion du Christ (basées sur ce que disent les évangiles) utilisaient uniquement les mains et non pas les poignets pour désigner l'emplacement des clous. Or, sur l'image du suaire, ce sont bel et bien les poignets qui marquent la présence des clous. Scientifiquement parlant, il est prouvé que seul les poignets (et non les mains) peuvent supporter le poids d'un corps. Contradiction avec les récits évangéliques? Pas si vite! A l'époque où ceux-ci ont été rédigés, seul le mot grec "cheir" existait et ce mot pouvait aussi bien signifier les mains que les poignets et même l'avant bras. Pas d'opposition donc. Précision notable: c'est la recherche historique, anatomique, archéologique et médico-légale qui a démontré seulement au 20è siècle que pour supporter le poids d'un corps sur une croix, il faut enfoncer les clous à travers les os du poignets et non pas dans les tissus fragiles de la paume. Inutile donc de préciser qu'un faussaire du Moyen Age était dans l'incapacité totale de le savoir?
     
    Jusqu'à présent, nous avons supposé que la datation au carbone 14 réalisée en 1988 montrerait que le tissu date de l'époque médiévale (entre 1260 et 1390). Est-ce vraiment le cas? Deux principaux éléments semblent bien indiquer que non. 1) La découverte de pollens provenant de plantes endémiques du Moyen Orient (notamment de la région de Jérusalem, de la vallée du Jourdain et des zones autour de la Mère Morte. 2) La datation  aux rayons X. Les analyses scientifiques (notamment celle du Conseil International Italien) ont montré un état de vieillissement tout à fait compatible avec une fabrication du tissu il y a environ 2000 ans. Alors que la datation au carbone 14 (développée à la fin des années 1940 et qui peut -être faussée par des siècles de pollutions organiques, des incendies ou des restaurations), celle aux rayons X fut développée à la fin 2010 et est particulièrement destinée à identifier des textiles composé et lin (tels que celui du linceul). De plus, si ce suaire est du 14è siècle, comment expliquer l'existence des évocations historiques le concernant bien avant cette époque? Exemples parmi d'autres: le Mandylion d'Edesse (6è siècle), le Codex de Pray (1195) et les textes liturgiques et récits de pèlerins (datant du 7è au 10è siècle).   
     
    Après ces considérations, il reste une question fondamentale qui est: "Comment et par quel phénomène l'image s'est-elle imprimée sur le linceul?". Pour tenter d'y répondre, permettez-moi d'abord de vous faire part d'un souvenir personnel. Il y a de nombreuses années, j'ai eu l'occasion d'interviewer longuement André Frossard, Qui est-il? Décédé aujourd'hui, il fut  écrivain et membre de l'Académie française. Jusqu'à l'âge de vingt ans, il était (comme des parents) athée et communiste et n'entrait jamais dans une église...jusqu'au jour où il le fit le 8 juillet 1935. Pourquoi? Simplement pour aller chercher un ami qui y était et qu'il attendait vainement et impatiemment dans sa voiture. Entré, soudainement il fut submergé par une expérience divine qu'il décrit sous la forme d'une clarté intellectuelle et spirituelle qu'il qualifie de lumière qui, sans discours ni images, était une inondation lumineuse de la Vérité qui s'est imposée à son esprit. De plus, en ne connaissant strictement rien du catholicisme jusqu'alors, il est ressorti ce cette église en connaissant tout ce qu'elle enseigne. Irruption d'un monde immatériel dans un monde matériel, de l'éternité dans le temps (comme le sont aussi les apparitions mariales les plus crédibles comme celles de Beauraing), cette conversion fulgurante n'est pas sans rappeler celle de saint Paul qui, le chemin de Damas, a vu et entendu le Christ. Me parlant de ce qu'il a vécu, André Frossard m'a aussi affirmé que dans les semaines qui ont suivi son expérience du divin, il n'osait plus s'appuyer contre les murs car tout ce qui compose notre monde matériel n'était plus pour lui que de la vapeur colorée par rapport à ce monde substantiel (beaucoup plus consistant et plus solide que le nôtre) auquel il avait gouté. 
     
    Au regard de cela, plutôt que de fournir une explication matérielle qui est loin d'être prouvée, ne pourrait-on pas dire que l'image qu'on trouve sur le linceul serait due elle aussi à l'immatériel et que le corps du Christ en se dématérialisant, en traversant la matière afin de devenir un corps substantiel et glorieux à l'instant même de sa résurrection, aurait libéré sorte d'énergie lumineuse qui expliquerait l'impression de son image sur le suaire?...  
  • Da Pacem : Introït du XVIIIe dimanche après la Pentecôte

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    On célèbre le   dont l’introït est une antienne du VIe ou VIIe siècles fondée sur des versets bibliques :  

    Da pacem, Dómine, sustinéntibus te,
    ut prophétæ tui fidéles inveniántur:
    exáudi preces servi tui,
    et plebis tuæ Israël.
    Lætátus sum dans son quæ dicta sunt mihi :
    in domum Dómini íbimus.
    Da pacem, Dómine, sustinéntibus te,
    ut prophétæ tui fidéles inveniántur:
    exáudi preces servi tui,
    et plebis tuæ Israël.
     
    Donne la paix, Seigneur, à ceux qui ont espéré en toi,
    afin que vos prophètes soient trouvés fidèles.
    Écoute les prières de ton serviteur,
    et de ton peuple Israël.
    Je me suis réjoui des choses qui m'ont été dites :
    Nous entrerons dans la maison du Seigneur.
    Donne la paix, Seigneur, à ceux qui ont espéré en toi,
    afin que vos prophètes soient trouvés fidèles.
    Écoute les prières de ton serviteur,
    et de ton peuple Israël.

    Arvo Pärt (né à Paide en Estonie en 1935) propose aussi une belle composition sur ce thème de l’Ecriture que le chœur universitaire de Liège vient d’inscrire à son répertoire. A écouter ici :

  • Vingt-quatrième dimanche ordinaire : "justice et miséricorde"

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    Sermon pour le vingt-quatrième Dimanche du Temps ordinaire (année A)

    par l'Abbé Guy Pagès http://regnat.pagesperso-orange.fr/

    (Liturgie de la Parole : Si 27 30 - 28 7 ; Ps 102 ; Rm 14 7-9 ; Mt 18 21-35)

    « Si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur, Mon Père du Ciel, dans Sa Colère, vous livrera aux bourreaux jusqu’à ce que vous ayez tout remboursé [1]. »

    « Colère », « bourreaux », « tout remboursé », comment entendre ces mots dans la bouche de Celui qui vient de demander à Pierre de pardonner « soixante-dix fois sept fois [2] », c’est-à-dire toujours et à tous ? Dieu serait-Il donc du nombre de ceux qui « disent et ne font pas » en demandant de pardonner toujours et en ne le faisant pas Lui-même ? Cette apparente contradiction nous invite à réfléchir à la relation qui unit justice et miséricorde.

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  • Je suis un pécheur pardonné; je pardonne moi aussi aux pécheurs (24e dimanche du TO)

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    Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,21-35.

    En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » 
    Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. 
    Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. 
    Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). 
    Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. 
    Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” 
    Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. 
    Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” 
    Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” 
    Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. 
    Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. 
    Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. 
    Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” 
    Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. 
    C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » 

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

    Parabole du serviteur impitoyable, homélie du Père Simon Noël osb

    Parabole du serviteur impitoyable, Claude Vignon, 1629

    Au cœur de l'évangile de ce dimanche se trouvent les thèmes fondamentaux du pardon et de la miséricorde. Pardon reçu et pardon donné. Nous sommes tous l'objet de la miséricorde divine et nous devons être des artisans de la miséricorde. Saint Alphonse proposait à ses enfants spirituels cette courte prière d'humilité et de contrition à dire au début de la méditation : Seigneur, j'ai mérité l'enfer par tous mes péchés. O Bonté infinie, je me repens du fond du cœur de t'avoir offensée. Nous avons mérité l'enfer et si nous sommes sur le chemin du salut éternel, c'est parce que Dieu, dans sa bonté infinie, nous a fait une surabondante miséricorde. Dieu, dit le pape François, ne se lasse jamais de pardonner, c'est nous qui nous lassons de demander pardon. Si nous avons conscience de la grandeur du pardon reçu, nous devons nous aussi pardonner du fond du cœur à ceux qui nous ont offensés.

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