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BELGICATHO

  • Léon XIV : les défis de l’unité

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : les défis de l’unité

    6 juillet 2026

    Léon XIV a fait de l’unité son principe directeur ; faire face à un schisme ne sera donc pas chose facile, mais c’est précisément un schisme auquel le pape a dû faire face la semaine dernière

    Léon s’est retrouvé confronté au schisme de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, lorsque ce groupe traditionaliste dissident a ordonné illicitement quatre évêques le 1er juillet, sans mandat papal et au mépris d’avertissements répétés.

    Léon a hérité d’une Église divisée en son sein, déchirée entre des factions à la merci d’une soi-disant « volonté papale », et d’un pape – François – qui avait un style de gouvernance personnaliste.

    Léon s’est retrouvé face au schisme de la Fraternité Saint-Pie X au moment même où il cherchait à rétablir un esprit de collégialité parmi les évêques du monde entier et parmi ses plus proches collaborateurs, les cardinaux.

    Au cours du dernier week-end de juin, le pape a de fait aboli le Conseil des cardinaux et réorienté le Synode pour en faire une assemblée consultative.

    Il a également commencé à remettre de l’ordre au sein de la Curie romaine, après une année de nominations tant attendues.

    Ainsi, après avoir nommé la nouvelle préfète de la communication, Montse Alvarado, Léon XIV a nommé une autre femme, sœur Alessandra Smerilli, à la tête d’un important département de la Curie : le Dicastère pour le développement humain intégral.

    Sœur Smerilli est secondée par le cardinal Fabio Baggio en tant que pro-préfet, comme c’est déjà le cas au sein du Dicastère pour les instituts de vie consacrée, où sœur Simona Brambilla est secondée par le cardinal Ángel Artime en tant que pro-préfet.

    Ce détail à lui seul suggère que l’héritage de François perdure, du moins dans ses imprécisions formelles et institutionnelles.

    Le titre de « pro- » était en effet attribué aux évêques qui occupaient une fonction cardinalice avant d’avoir reçu la barrette rouge.

    Mais pourquoi l’un ou l’autre dicastère – celui des religieux ou celui du développement – a-t-il besoin d’un « pro-préfet » ?

    La réponse courte est que le pouvoir de gouvernement découlant des ordres sacrés est nécessaire pour résoudre certains litiges – du moins au sein du dicastère des religieux – et que, par conséquent, Mgr Artime ne pouvait pas se contenter d’être co-préfet ; il lui fallait un titre supplémentaire.

    L’imprécision propre à l’ère François est évidente tout au long de la réforme de la Curie, où l’idée d’un double mandat – celui des ordres sacrés et celui du « mandat canonique » conféré par le pape – a suscité une confusion non négligeable.

    Sœur Smerilli et le cardinal Baggio représentent un choix s’inscrivant dans la continuité totale avec le pape François, tandis que le cardinal Michael Czerny, qui va fêter ses 80 ans, s’apprête à prendre sa retraite. Mais il n’y aura pas de changements au sein du dicastère, qui conservera sa structure actuelle. Ceux qui s’attendaient à une réforme, ou à un nouvel élan prophétique sur les questions de doctrine sociale, ont été quelque peu déçus.

    Le pape a également renforcé l’Office des œuvres de charité pontificales en nommant à sa tête Mgr Lucio Ruiz, actuellement numéro deux du Dicastère pour la communication. Cette nomination est intéressante car, après avoir choisi un nouveau préfet, Léon XIV aura besoin d’une personne pour épauler Montse Alvarado dans la mise en œuvre de la réforme à long terme des médias du Vatican, particulièrement nécessaire pour alléger les finances du Saint-Siège.

    Même dans ce cas, cependant, il reste à voir comment les nouveaux dirigeants comprendront et préserveront le langage et l’histoire de l’institution, et comment ils la réformeront sans pour autant appliquer des critères d’entreprise.

    Et c’est là qu’intervient la question majeure, qui touche en fin de compte au schisme lefebvrien.

    Alors que des titres incorrects, tels que « pro-préfet », continuent d’être utilisés, il existe également une incertitude institutionnelle quant à la manière d’aborder le schisme.

    Après l’ordination illicite de quatre nouveaux évêques à Écône, un décret était nécessaire pour certifier l’excommunication. L’excommunication serait de latae sententiae, c’est-à-dire simplement du fait d’avoir commis l’acte, mais les léfebvristes soutiennent que cette excommunication ne peut avoir lieu car un canon stipule qu’il ne peut y avoir d’excommunication si l’acte passible d’excommunication a été commis face à un danger grave perçu pour l’Église.

    Et c’est exactement ce qu’ils affirment.

    En 1988, le cardinal Gantin, alors préfet de la Congrégation pour les évêques, avait publié un document qualifiant de schismatiques les évêques nouvellement ordonnés. Mais cette fois-ci, le document émanait du cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi. Dans la pratique, la question du schisme était traitée comme un péché contre la foi.

    En effet, une note explicative précise que les sacrements de la Fraternité, y compris la confession et le mariage, sont invalides, même si ce sont les époux eux-mêmes qui les administrent. Il s’agit là d’une interprétation large de la question car, en réalité, jusqu’à présent, les sacrements administrés par la Fraternité Saint-Pie X étaient considérés comme valides, bien qu’ils fussent administrés par des évêques ou des prêtres illégitimes appartenant formellement à un groupe schismatique.

    Que révèlent ces faits au sujet de Léon XIV ?

    Tout d’abord, Léon XIV n’est pas un homme de grandes révolutions. Il a commencé par le consistoire et par un appel plutôt insistant à l’unité. Pour le reste, il a conservé la structure mise en place par le pape François et ne s’est pas préoccupé de la question des femmes dans l’Église ; en fait, il leur a accordé davantage de place.

    Ensuite, Léon XIV doit encore faire face aux problèmes avec une équipe qui reste celle du pape François, avec toutes les limites que cette équipe présente sur le plan institutionnel et canonique, mais aussi en matière de dialogue avec le monde traditionaliste – le pape François ne les appréciait pas et avait pratiquement éliminé toute libéralisation résiduelle du rite ancien.

    Troisièmement, Léon XIV ne dispose pas encore de sa propre équipe gouvernementale et mise avant tout sur la continuité. La continuité n’est pas une mauvaise chose en soi, pas plus qu’elle n’est une bonne chose. En réalité, cependant, certains problèmes et enjeux qui auraient pu être traités plus tôt resteront en suspens.

    Les grands thèmes des pontificats précédents seront intégrés, à terme, mais cela prendra plus de temps que prévu.

    Il y aura le temps pour des révolutions au sein de la Curie, tandis que le schisme de la Fraternité Saint-Pie X et son évolution montreront comment Léon XIV entend exercer son gouvernement.

  • Sainte Maria Goretti (6 juillet)

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    Sainte Maria Goretti, « martyre de la Pureté » (1890-1902) (source)

    Maria naît dans le petit village de Corinaldo, le 16 octobre 1890, l’aînée d'une famille de six enfants. En 1899, son père, cultivateur pauvre, déménagea dans une ferme au bord de la Méditerranée, près de Nettuno. Il mourut peu de temps après, laissant six enfants à nourrir. Assunta, son épouse, décida de continuer la rude tâche à peine commencée et confia la garde des petits à Marietta, âgée alors que de neuf ans.

    La petite fille d'une maturité précoce devint très vite une parfaite ménagère. Le jour de la Fête-Dieu, elle Communia pour la première fois avec une ferveur angélique. Elle s'appliquait avec délices à la récitation quotidienne du chapelet. Maria Goretti ne put apprendre à lire, car la pauvreté et l'éloignement du village l'empêchèrent de fréquenter l'école. La pieuse enfant ne tint cependant aucun compte des difficultés et des distances à parcourir lorsqu'il s'agissait de recevoir Jésus dans le Saint Sacrement. « Je puis à peine attendre le moment où demain j'irai à la Communion », dit-elle l'après-midi même où elle allait sceller de son sang sa fidélité à l'Époux des vierges.

    Les Serenelli, proches voisins de la famille Goretti, étaient des gens serviables et honnêtes, mais leur fils Alessandro se laissait entraîner par des camarades corrompus et des lectures pernicieuses. Il venait aider la famille Goretti pour des travaux agricoles trop pénibles. Maria l'accueillait, reconnaissante, trop pure pour se méfier. Ce jeune homme ne tarda pas à lui tenir des propos abjects, en lui défendant de les répéter. Sans bien comprendre le péril qui la menaçait et craignant d'être en faute, Maria avoua tout à sa mère. Avertie d'un danger qu'elle ignorait, elle promit de ne jamais céder. Alessandro Serenelli devenait de plus en plus pressant, mais prudente, l'adolescente s'esquivait le plus possible de sa présence. Furieux de cette sourde résistance, le jeune homme guettait le départ de la mère pour pouvoir réaliser ses desseins pervers.

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  • Le vrai remède pour les blessures de l'humanité...

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    BENOÎT XVI

    ANGÉLUS

    Place Saint-Pierre
    Dimanche 3 juillet 2011

    Chers frères et sœurs,

    Aujourd’hui, dans l’Évangile, le Seigneur Jésus nous rappelle ces paroles que nous connaissons bien, mais qui nous émeuvent toujours : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger » (Mt 11, 28-30). Quand Jésus parcourait les routes de Galilée annonçant le Royaume de Dieu et guérissant de nombreux malades, il ressentait de la compassion pour les foules, parce qu’elles étaient fatiguées et épuisées, comme « des brebis sans berger » (cf. Mt 9, 35-36). Ce regard de Jésus semble se prolonger jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à notre monde. Aujourd’hui encore, il se pose sur tant de personnes oppressées par des conditions de vie difficiles mais aussi dépourvues de points de référence valides pour trouver un sens et un but à leur existence. Des multitudes épuisées se trouvent dans les pays les plus pauvres, éprouvées par l’indigence ; et dans les pays les plus riches aussi, il y a tant d’hommes et de femmes insatisfaits, et même malades de dépression. Nous pensons aux nombreux réfugiés et déplacés, à ceux qui émigrent en mettant leur vie en danger. Le regard du Christ se pose sur toutes ces personnes, et même sur chacun de ces enfants de son Père qui est aux cieux et il répète : « Venez à moi, vous tous… ».

    Jésus promet de donner à tous le « repos » mais pose une condition : « Prenez sur vous mon joug et apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur ». Qu’est-ce que ce «joug» qui au lieu de peser soulage, et au lieu d’écraser soutient ? Le « joug » du Christ, c’est la loi de l’amour, et son commandement, qu’il a laissé à ses disciples (cf. Jn 13, 34 ; 15, 12). Le vrai remède aux blessures de l’humanité — matérielles comme la faim et les injustices, ou psychologiques et morales, provoquées par un faux bien-être — est une règle de vie fondée sur l’amour fraternel, qui a sa source dans l’amour de Dieu. Pour cela, il faut abandonner le chemin de l’arrogance de la violence utilisée pour se procurer des positions de pouvoir toujours plus grand, pour s’assurer le succès à tout prix. À l’égard de l’environnement aussi, il faut renoncer au style agressif qui a dominé ces derniers siècles et adopter une « douceur » raisonnable. Mais surtout, dans les rapports humains, interpersonnels, sociaux, la règle du respect et de la non-violence, c’est-à-dire de la force de la vérité, contre tout abus de pouvoir, est celle qui peut assurer un avenir digne de l’homme.

  • "Suscepimus, Deus, misericórdiam tuam in médio templi tui" (Introït du 14e dimanche du TO)

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    Introitus Introït
    Ps. 47, 10-11  
    SUSCÉPIMUS, Deus, misericórdiam tuam in médio templi tui: secúndum nomen tuum, Deus, ita et laus tua in fines terrae: iustítia plena est déxtera tua. Ps. ibid., 2 Magnus Dóminus, et laudábilis nimis: in civitáte Dei nostri, in monte sancto eius. ℣. Glória Patri. Nous avons reçu, ô Dieu, Ta miséricorde au milieu de Ton temple : comme Ton nom, ô Dieu, Ta louange s’étend jusqu’aux extrémités de la terre, Ta droite est pleine de justice. Ps. Le Seigneur est grand et très digne de louange : dans la cité de notre Dieu, sur Sa sainte montagne.
  • Venez vous tous qui m'aimez, et sachez que je suis doux et humble de coeur (14e dimanche du T.O.)

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    Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL (Paroisse Saint-Jean-de-Malte - Aix-en-Provence) pour le quatorzième dimanche du temps ordinaire – A

    Frères et sœurs, dans un grand nombre de psaumes ou de textes de l'Ancien Testament, on nous parle des luttes et des victoires d'Israël. Les victoires de Dieu sont les victoires de son peuple et réciproquement. C'est un refrain qui revient ainsi très souvent dans la Bible, et nous venons de l'entendre dans le psaume que nous avons chanté : "Je suis émerveillé par la puissance de ta gloire, et je me répète les prodiges que tu as accomplis". Voilà une réflexion typique de ces luttes d'Israël contre ses ennemis et des victoires que Dieu lui donne de remporter.

    Quelquefois, cela tourne à la violence, comme nous le chantons tous les dimanches sans peut-être bien nous en rendre compte : "Partout sur la terre s'entassent leurs cadavres, il leur a fracassé la tête". D'autres fois, cela tourne plutôt à l'exultation cosmique : "Que gronde la mer et tout ce qui vit en elle, que les arbres battent des mains, que les fleuves se réjouissent et que les forêts dansent de joie". C'est l'ambiance habituelle de ces psaumes et de tous ces textes.

    Aujourd'hui, le texte du prophète Zacharie va nous précipiter dans une tout autre perspective : "Exulte de joie, fille de Sion, car ton roi est vainqueur (c'est classique), tressaille d'allégresse car il vient vers toi juste, vainqueur, humble, porté non pas sur un char de triomphe, non pas même sur un cheval caparaçonné, mais porté par un âne, le petit d'une ânesse". Ce roi vient justement pour détruire les chars de guerre, pour casser les arc et briser les lances. Voici donc qu'il appelle tous les peuples à la paix, voici donc que la victoire n'est plus une victoire triomphale, ou plutôt c'est un autre triomphe, c'est le triomphe de la douceur et de la paix.

    L'évangile va faire retentir ce même thème : "Je te bénis Père d'avoir caché cela aux sages et aux savants et de l'avoir révélé aux tout-petits". A qui Dieu a-t-il révélé cela ? Aux savants, aux spécialistes, aux théologiens, non. Le mystère de Dieu, seuls peuvent y pénétrer le Père qui connaît le Fils et le Fils qui connaît le Père, ce n'est pas un mystère de déploiement de force et de splendeur, c'est un mystère d'humilité. Dieu vient à nous, et c'est ce que Jésus a fait le jour des Rameaux, monté sur un ânon, le petit d'une ânesse. La victoire du Christ, celle qu'il apporte sur la croix n'est pas une victoire militaire, ce n'est même pas une victoire de prestige, c'est une victoire beaucoup plus profonde. C'est cela que saint Paul veut dire quand il parle de "l'ordre de la chair", c'est-à-dire de ce qui se voit, des apparences, et l'ordre de l'esprit, c'est-à-dire de ce qui est caché au fond du cœur et précisément, il faut être petit, pauvre, humble, monté sur un ânon pour pénétrer dans ce mystère de la vraie puissance de Dieu, de la vraie victoire de Dieu.

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  • La Lettre du pape Léon XIV à l'occasion du 250e anniversaire de la fondation des États-Unis

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    Du NCR :

    Texte intégral : Lettre du pape Léon XIV à l'occasion du 250e anniversaire de la fondation des États-Unis

    « Parmi ces principes, l’un des plus chers est la liberté religieuse : le droit de chacun de pratiquer sa religion selon sa conscience et de vivre ouvertement sa foi, sans contrainte ni crainte. »

    3 juillet 2026

    Note de la rédaction : À l’approche du 250e anniversaire de la fondation des États-Unis, le pape Léon XIV a rédigé une lettre pour marquer ce moment historique. Cette lettre, datée du 25 juin et publiée vendredi par la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, est reproduite intégralement ci-dessous. 

    J’adresse mes sincères félicitations à tous les Américains à l’occasion du 250e anniversaire de la signature de la Déclaration d’indépendance. Ce demi-quingentenaire marque ce moment décisif de l’histoire des États-Unis d’Amérique, le 4 juillet 1776, qui a donné une expression durable aux idéaux de liberté, d’égalité, de poursuite du bonheur, de justice et d’autonomie démocratique.

    Depuis deux siècles et demi, des générations d’Américains ont œuvré ensemble pour faire progresser ces principes — par le sacrifice, le dévouement, l’innovation et la participation civique. Cet anniversaire est une invitation non seulement à célébrer le parcours remarquable de la nation, mais aussi à réfléchir aux responsabilités que les fils et les filles de ce pays ont les uns envers les autres, ainsi qu’envers les générations qui hériteront de la nation qui se construit aujourd’hui.

    Parmi ces principes, la liberté religieuse figure parmi les plus chers à nos cœurs : il s’agit du droit de chacun à adorer selon sa conscience et à pratiquer sa foi ouvertement, sans contrainte ni crainte. À l’occasion de cet anniversaire, il est important de reconnaître que la liberté religieuse est depuis longtemps au cœur de la promesse américaine, protégeant à la fois la dignité individuelle et la coexistence pacifique d’un peuple diversifié.

    Cette même liberté a permis à l’Église catholique de s’enraciner et de s’épanouir aux États-Unis, au bénéfice non seulement de ses propres fidèles, mais aussi de la nation tout entière. En tant que fils et filles fidèles de l’Église, les catholiques sont appelés à imprégner chaque dimension de leur existence de la charité du Christ (cf. 2 Co 5, 14), en vivant l’Évangile dans les circonstances de la vie quotidienne. Un tel mode de vie a donné naissance aux nombreux bienfaits que l’Église a apportés au fil des ans au développement de cette nation. Je pense en particulier à son engagement dans les domaines de l’éducation, de l’attention préférentielle portée aux pauvres, des soins de santé et des services sociaux de base, pour n’en citer que quelques-uns.

    Dans l’encyclique *Sapientiae Christianae*, mon prédécesseur, le pape Léon XIII, écrivait qu’« il n’y a pas de meilleur citoyen… que le chrétien conscient de son devoir » (n° 7). En effet, la foi — loin de s’opposer aux responsabilités civiques — insuffle une nouvelle vigueur à la recherche de la justice, de la paix et du bien commun, menant à leur plein épanouissement tous les dons naturels accordés par le Créateur. Saint Paul lui-même encourageait les premiers chrétiens à prier pour ceux qui occupent des postes d’autorité afin de mener une vie paisible en accord avec la volonté de Dieu (cf. 1 Tm 2, 2). À cet égard, c’est dans l’accomplissement fidèle de leur devoir — envers Dieu et envers la patrie — que les catholiques sont appelés à continuer de servir la nation, comme levain pour la croissance d’une civilisation de l’amour (cf. Mt 13, 33).

    Parmi les principes qui ont guidé le développement de ce pays figure également la dignité de toute vie humaine, donnée par Dieu, chaque personne étant dotée d’une valeur intrinsèque qui appelle le respect, la protection et la sollicitude. Dans cet esprit, une pleine compréhension de cette dignité conduit à reconnaître l’importance de sauvegarder la vie humaine depuis son commencement, à la conception, jusqu’à la mort naturelle, et de construire une société dans laquelle les personnes vulnérables, celles qui souffrent et celles qui sont oubliées sont toujours accueillies avec compassion, solidarité et amour.

    La défense de la vie humaine passe également par l’accueil, la protection et l’aide aux immigrés, dont les espoirs, les sacrifices et la contribution font partie intégrante de l’histoire de ce pays depuis ses origines. À chaque génération, ceux qui sont arrivés en quête de liberté, d’opportunités et d’un lieu où se sentir chez eux ont contribué à forger le caractère de la nation. Les accueillir avec compassion et générosité n’est pas seulement un acte de charité, mais aussi une reconnaissance de la dignité qui appartient à chaque personne humaine.

    Dans ma récente lettre encyclique, *Magnifica Humanitas*, j’ai évoqué la nécessité de travailler ensemble pour le bien commun. « Construire un monde où chacun puisse s’épanouir exige une responsabilité partagée et du courage. Personne ne peut porter à lui seul le poids des défis auxquels le monde est confronté » (n° 13). Nous avons besoin les uns des autres, et nous devons œuvrer ensemble, dans l’unité, pour relever les défis auxquels le monde est confronté aujourd’hui.

    Puisse ce jalon renouveler l’engagement commun envers la promesse de liberté, de justice, d’opportunités et de démocratie. Puissent les Américains honorer le courage et la vision de ceux qui les ont précédés en renforçant leurs communautés, en respectant leurs différences et en œuvrant ensemble vers une union plus parfaite.

    Félicitations à l’occasion de cet extraordinaire anniversaire national. Puisse l’esprit de 1776 continuer à inspirer l’espoir et l’unité alors que les États-Unis d’Amérique se tournent vers l’avenir. En vous assurant tous de mes prières pour vos efforts renouvelés visant à renforcer la nation selon les principes qui ont guidé ses Pères fondateurs, je vous confie à l’intercession de l’Immaculée Conception, patronne de ce pays, afin qu’elle continue à veiller sur l’Amérique et à protéger tous ceux qui y vivent.

  • Converti de l’islam au catholicisme : un professeur menacé pour avoir choisi le Christ

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    De Tribune chrétienne :

    Ahmed Yetrib converti de l’islam au catholicisme : un professeur menacé pour avoir choisi le Christ

    Ahmed Yetrib - capture écran foi et Raison
    Ahmed Yetrib - capture écran foi et Raison
    Son parcours rappelle le prix que certains convertis continuent de payer pour leur foi, même au cœur de l'Europe

    À première vue, Ahmed Yetrib mène le parcours d’un enseignant passionné par la transmission. Théologien de formation, il poursuit des études de philosophie à l’Université catholique de Louvain (UCLouvain) tout en enseignant la religion catholique au Collège du Christ-Roi, dans la région de Charleroi. Mais derrière cette vocation se cache une histoire personnelle peu ordinaire. Né dans une famille musulmane, il découvre progressivement le christianisme et choisit, après un long cheminement spirituel, de recevoir le baptême en 2018. Depuis lors, il n’a jamais caché sa foi catholique. Au contraire, il s’est engagé dans l’enseignement et intervient régulièrement pour témoigner de son itinéraire, convaincu que la recherche de la vérité l’a conduit vers le Christ.

    Son parcours illustre une réalité souvent ignorée. Si la liberté religieuse comprend le droit de pratiquer une religion, elle comprend aussi celui d’en changer. Pourtant, quitter l’islam demeure, dans de nombreuses familles ou communautés, une décision particulièrement difficile à accepter. Pour certains convertis, cette démarche entraîne une rupture avec leurs proches, un isolement social ou des intimidations qui les conduisent parfois à vivre leur foi dans une grande discrétion.

    Ces derniers jours, cette réalité a pris un visage bien concret. Selon les informations révélées par Marianne, Ahmed Yetrib fait l’objet de menaces sur les réseaux sociaux après que certains élèves ont découvert ses publications consacrées au christianisme sur TikTok. L’hebdomadaire rapporte que l’enseignant confie n’avoir « jamais été aussi inquiet ». Dans le même entretien, il explique que les menaces reçues lui ont fait penser au destin tragique de Samuel Paty, le professeur assassiné en France en 2020 par un terroriste islamiste. Une confidence qui témoigne de la gravité avec laquelle il perçoit la situation.

    Cette affaire dépasse largement le cas personnel de ce professeur belge. Elle pose la question de la liberté de conscience dans nos sociétés européennes. Chacun est libre de croire, de ne pas croire, mais aussi de changer de religion. Ce principe est garanti par les textes internationaux relatifs aux droits de l’homme. Il ne saurait souffrir d’exception sous la pression de groupes ou d’idéologies qui considèrent l’apostasie comme une faute.

    L’histoire de l’Église est jalonnée d’hommes et de femmes qui ont tout quitté pour suivre le Christ. Aujourd’hui encore, des milliers de musulmans demandent le baptême à travers le monde. Beaucoup le font dans une extrême discrétion, conscients des risques qu’ils encourent. Certains perdent leur famille, leur emploi ou leurs amis. D’autres vivent sous la menace permanente.La Belgique, qui fait de la liberté religieuse l’un des fondements de son État de droit, ne peut rester indifférente à de tels faits si ceux-ci sont confirmés. Un enseignant ne devrait jamais craindre pour sa sécurité en raison de sa foi ou de sa conversion.

    Le parcours d’Ahmed Yetrib rappelle enfin que la conversion au christianisme n’est jamais un simple changement d’appartenance culturelle. Pour ceux qui la vivent au prix du rejet ou des menaces, elle constitue souvent un véritable témoignage de fidélité au Christ. Dans une Europe qui se veut le continent des libertés, cette fidélité ne devrait jamais conduire à la peur.

  • Mettre à jour le Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise avec les encycliques de François ?

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    L'impossible mise à jour du Compendium avec les encycliques de François

    2 juillet 2026

    Dans un essai récent, Marco Invernizzi a exprimé l'espoir que le Compendium de la doctrine sociale de l'Église soit mis à jour avec les enseignements sociaux de Benoît XVI et de François : « Le Compendium de la doctrine sociale de l'Église date de 2004. Il rassemble tous les enseignements sociaux et les présente par thèmes. Il devrait certainement être mis à jour avec les dernières encycliques sociales des pontificats de Benoît XVI ( Caritas in veritate , 2009) et de François ( Laudato si' , 2015 et Fratelli tutti , 2020), et il est étrange que cela n'ait pas encore été fait après plus de vingt ans » [M. Invernizzi, « La doctrine sociale de l'Église entre révolution et contre-révolution », dans O. Sanguinetti, La doctrine sociale de l'Église aujourd'hui – une lecture « forte », Ares, Milan, 2026, p. 53-54].

    Cet espoir, cependant, est difficile, voire impossible, à réaliser . À cet égard, deux observations s'imposent. La première nous rappelle que Jean-Paul II avait demandé la rédaction d'un Compendium de la doctrine sociale de l'Église , qu'il qualifiait même de « catéchisme », en vue du Grand Jubilé de l'an 2000. Son désir et son projet étaient de léguer le précieux héritage de sa doctrine sociale à l'Église du troisième millénaire. Derrière cette démarche se cachait donc une profonde conviction de l'importance de la doctrine sociale de l'Église, de la nécessité de la synthétiser en un corpus doctrinal unitaire et de veiller à ce qu'elle puisse continuer à porter ses fruits au fil du temps, même à travers les millénaires. Le Compendium était le fruit de cette conviction, qui, toutefois, s'est estompée par la suite. Non pas tant chez Benoît XVI, qui, à sa manière, y est resté fidèle, mais chez François.

    Nous en arrivons donc à la seconde observation . Rien n'était plus éloigné de la vision de François que l'idée d'un Compendium de la doctrine sociale de l'Église . Ses deux encycliques considérées comme sociales sont en réalité très en décalage avec l'enseignement social antérieur et pourraient difficilement y être intégrées par une mise à jour du Compendium . Oscar Sanguinetti lui-même, aux pages 235 et 236 de l'ouvrage susmentionné, qui contient l'essai d'Invernizzi, formule diverses critiques à l'égard de Laudato si' : pour avoir défendu des « opinions scientifiques qui, en réalité, restent souvent à vérifier », pour avoir avancé des « hypothèses de responsabilité plutôt audacieuses et conspirationnistes », pour avoir proposé des thérapies « dont la faisabilité n'est pas évaluée, et pour lesquelles il est impossible de distinguer ceux qui les appliquent correctement… de ceux qui, au contraire, spéculent à leur sujet », pour sa bienveillance « envers des acteurs de l'action sociale… pour la plupart doctrinalement ambigus, voire explicitement hostiles à la doctrine sociale de l'Église traditionnelle et au christianisme en tant que tel ». Sanguinetti est intervenu avec des pincettes, car d'autres éléments de cette encyclique pouvaient être critiqués, tels que les concepts d'« écologie intégrale » et de « conversion écologique ». Sanguinetti ne mentionne même pas Fratelli Tutti .

    La raison plus profonde de la difficulté à mettre à jour le Compendium pour le pontificat de François est encore plus vaste que les imperfections de ces deux encycliques. On peut citer un exemple parmi tant d'autres. La doctrine sociale de l'Église fait partie de la théologie morale, et le Compendium le réaffirme clairement. Or, François s'est efforcé de transformer la théologie morale catholique, tant avec Amoris laetitia qu'avec la transformation de l'Institut Jean-Paul II et la nouvelle synodalité.

  • Vénérer le Coeur Immaculé de Marie le premier samedi du mois

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    coeur_immacule_Marie.jpgAujourd'hui, premier samedi du mois, on se tourne vers le Coeur Immaculé de Marie. Voici la notice proposée par Evangile au Quotidien (evangelizo.org) :

             La propagation de la dévotion au Cœur de Marie remonte au XVIIe siècle où saint Jean Eudes la propagea en l'unissant à celle du Sacré-Cœur de Jésus.

             Au cours du XIXe siècle, sa sainteté Pie VII d'abord, et Pie IX ensuite, accordèrent à plusieurs églises une fête du Cœur très pur de Marie fixée au dimanche dans l'octave de l'Assomption, puis au samedi suivant la fête du Sacré-Cœur. Le 13 juillet 1917, la Sainte Vierge apparaissait au Portugal pour déclarer aux petits voyants de Fatima que Dieu voulait établir la dévotion à son Cœur immaculé pour le salut du monde. Elle demanda aux chrétiens la pratique du premier samedi du mois par la communion réparatrice et la récitation du chapelet accompagnée de la méditation des mystères du Rosaire. (cliquer sur "lire la suite")

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  • Fraternité Saint-Pie X : des nouvelles sanctions objectivement injustes et invalides

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    Lettre au Saint-Père concernant le décret du Dicastère pour la Doctrine de la Foi

    Le Supérieur général

    À Sa Sainteté
    le Pape Léon XIV

    Écône, le 3 juillet 2026

    « Quel est d’entre vous le père, à qui son fils demandera du pain, et qui lui donnera une pierre ? ou un poisson, et qui, au lieu du poisson, lui donnera un serpent ? ou encore, s’il lui demande un œuf, lui donnera un scorpion ? Si donc vous, tout méchants que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste donnera-t-il l’Esprit-Saint à ceux qui le lui demandent ! » (Lc XI, 11-13)

    Très Saint-Père,

    La notification de la décision prise par le Saint-Siège à l’égard de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, signée par Son Éminence le Cardinal Fernández, nous est parvenue et est désormais de notoriété publique.

    Il nous semble que cette décision met une fois de plus en lumière le contexte extrêmement tragique dans lequel se trouve l’Église universelle. Ce que la Fraternité Saint-Pie X a fait et continuera de faire n’est rien d’autre qu’une initiative extrême de secours des âmes, au milieu de la confusion doctrinale et morale dans laquelle l’Église est plongée. Nous ne prétendons en aucune manière nous substituer à l’Église et nous n’avons d’autre ambition que de lui demeurer fidèles.

    En conscience, nous n’avons pas estimé pouvoir nous soustraire au devoir moral que nous avons envers les âmes, comme nous l’avons déjà expliqué, tant en privé que publiquement, à Votre Sainteté.

    Nous avions demandé du pain, c’est-à-dire un peu de compréhension pour un cas de conscience sincère, un geste de paternité non tant envers la Fraternité Saint-Pie X qu’envers les âmes, Vous promettant d’en faire de véritables fils de l’Église romaine ; malheureusement, nous avons reçu une pierre.

    Nous avions demandé un poisson, c’est-à-dire la possibilité d’obtenir temporairement les moyens nécessaires pour continuer à former de bons prêtres, afin qu’ils poursuivent leur mission de faire connaître Notre-Seigneur aux âmes ; malheureusement, nous avons reçu un serpent.

    Nous avions demandé un œuf, en promettant de le rendre dès que cela serait possible. En effet, la sainte Tradition que nous conservons dans les âmes appartient à l’Église, notre Mère — et non à la Fraternité Saint-Pie X —, et nous sommes certains qu’un jour un Pape voudra s’en servir pour le bien de l’Église universelle ; malheureusement, nous avons reçu un scorpion.

    Nous avions demandé d’être instruits et confirmés dans la foi de toujours ; au lieu de cela, nous avons été déclarés schismatiques une seconde fois.

    Malgré les sanctions qui nous frappent, la Fraternité Saint-Pie X renouvelle sincèrement la promesse qu’elle avait déjà formulée à Votre Sainteté. Permettez-moi, à ce propos, de reprendre librement ce que j’avais déjà exprimé :

    « La Fraternité Vous promet […] de consacrer toutes ses énergies à préserver la Tradition et à la mettre au service de l’Église. Ce faisant, la Fraternité Saint-Pie X ne se contente pas de conserver d’anciens usages ; elle favorise et préserve les vocations sacerdotales, les vocations religieuses, les familles nombreuses et profondément chrétiennes ; en un mot, tout ce qui manifeste la vitalité de l’Église, de la grâce et de la foi catholique. Notre intention n’est pas d’offrir à l’Église un musée de choses anciennes, mais la Tradition intégrale, féconde, source de vie spirituelle, incarnée et vécue dans les âmes. 

    [...] Je suis certain qu’un jour Vous-même ou l’un de Vos successeurs pourra et voudra utiliser ce service, dont l’offrande, dans l’Église et pour l’Église, constitue notre unique raison d’être. » (Lettre personnelle adressée le 21 novembre 2025 à Sa Sainteté)

    Mais surtout, la Fraternité Saint-Pie X Vous promet aujourd’hui de ne pas accueillir ces nouvelles sanctions — objectivement injustes et invalides — dans l’amertume ou la révolte.

    Les condamnations récentes, comme celles du passé, nous atteignent dans ce que nous avons de plus cher : notre attachement à notre Mère, l’Église romaine. Pourtant, même dans cette épreuve, tout doit concourir au bien des âmes et de l’Église elle-même. C’est pourquoi ces condamnations nous poussent à aimer davantage encore la sainte Église et à subvenir à ses besoins de toutes nos forces, plus que jamais. Pour cette même raison, la Fraternité Saint-Pie X offre volontiers la souffrance causée par ces nouvelles sanctions, pour le bien de l’Église universelle et de Votre Sainteté.

    Nous sommes certains qu’un jour Vous-même ou l’un de Vos successeurs voudra faire sien le programme de saint Pie X : « Tout restaurer dans le Christ », Instaurare omnia in Christo. En ce jour-là, le Saint-Père découvrira dans la Fraternité Saint-Pie X, non un amas de serpents et de scorpions, mais une petite armée de fils loyaux, prêts à tout pour Le soutenir dans la restauration de toutes choses en Notre-Seigneur, et pour revendiquer devant l’humanité entière les droits imprescriptibles du Christ-Roi sur toutes les âmes et sur toutes les nations.

    En ce jour-là, le Saint-Père découvrira avec une grande joie et une profonde consolation des âmes authentiquement catholiques, dont le lien avec l’Église ne s’est jamais fondé sur les sables mouvants d’un dialogue ambigu, mais sur le roc de la foi de Pierre.

    Nous demandons à la très sainte Vierge Marie de hâter la venue de ce jour, et nous souhaitons surtout à Votre Sainteté de connaître au plus tôt cette joie et cette consolation.

    En attendant, si Vous le pouvez, malgré Votre récente décision, bénissez-nous comme Vos fils. Pour nous, rien n’a changé et jamais rien ne changera.

    Confiant dans la divine Providence, à laquelle rien n’échappe et qui lit jusqu’au fond du cœur de chaque homme, je demeure, Très Saint-Père, votre très dévoué fils dans le Seigneur.

    Don Davide Pagliarani

  • FSSPX : quelles sont les répercussions canoniques de ce nouveau schisme pour son clergé et ses fidèles ?

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    D'Ed. Condon sur le Pillar :

    Comment l’Église peut limiter un schisme plus large au sein de la Fraternité Saint-Pie X

    Le Vatican a établi des distinctions claires au sein du concept juridiquement flou de la Fraternité Saint-Pie X.

    3 juillet 2026

    Par un décret et une note explicative du Dicastère pour la doctrine de la foi, le Vatican a déclaré jeudi l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint-Pie X à la suite de leurs consécrations épiscopales illicites du 1er juillet.

    Le libellé du décret était simple et précis, citant nommément les six hommes ayant directement participé aux consécrations qui constituaient, comme ils en avaient été préalablement avertis, un double crime canonique : les consécrations elles-mêmes et le schisme qu’elles manifestaient.

    Si aucun observateur averti n’a jamais douté que telles seraient les conséquences pour les évêques, de nombreuses discussions ont eu lieu quant aux répercussions canoniques plus larges que ce nouveau schisme de la FSSPX aurait pour son clergé et ses fidèles.

    Mais, si les interventions du DDF jeudi peuvent paraître logiques aux canonistes, la formulation exacte des réponses du Vatican a déjà fait l’objet d’une avalanche de commentaires, dont une grande partie remet en cause leur efficacité et leur cohérence juridique.

    Le défi auquel la hiérarchie est désormais confrontée, tant à Rome qu’au niveau local, consistera à expliquer la position de l’Église — et à agir en conséquence — d’une manière qui réponde de façon cohérente aux arguments inévitables de la FSSPX selon lesquels elle existe au-dessus et au-delà de la discipline de l’Église.

    Dans le cadre de cet effort, cependant, le DDF a déjà largement contribué à minimiser l’ampleur potentielle du schisme de la Fraternité Saint-Pie X en reconnaissant juridiquement les différentes relations que certains catholiques entretiennent avec la Fraternité et ses positions.

    Les avis juridiques et les avertissements émis ces dernières semaines par le Dicastère pour la doctrine de la foi ont clairement indiqué que le Vatican adopterait une vision large, voire expansive selon certains, de l’étendue d’un schisme, en réitérant ses conseils juridiques sur les conditions dans lesquelles les prêtres et les laïcs affiliés à la FSSPX pourraient être considérés comme s’associant légalement à la rupture canonique, et donc passibles de sanctions.

    Ces avis établissaient une distinction entre le clergé de la Fraternité et les laïcs qui s’associent à ses églises, et précisaient la nécessité d’une décision de la part d’une autorité ecclésiastique compétente pour déclarer que l’excommunication automatique avait été encourue.

    Le décret publié jeudi par la DDF se terminait ainsi : « Les clercs et les fidèles laïcs sont avertis de ne pas adhérer au schisme de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, car ils encourraient ipso facto la peine d’excommunication latae sententiae. »

    La définition exacte d’une telle adhésion a ensuite été précisée dans une note explicative jointe du dicastère qui, citant à nouveau la justification juridique précédemment fournie par le Vatican, expliquait qui, quand et pourquoi, parmi ceux qui s’associent à la Fraternité Saint-Pie X, devait être considéré comme en schisme et soumis à la peine automatique d’excommunication.

    Les premières réactions à la note explicative, qui établissait une nouvelle fois une distinction entre le clergé et les laïcs, ont cherché à déterminer si celle-ci avait pour effet juridique de prononcer la peine d’excommunication pour schisme à l’encontre de toutes les personnes associées à la FSSPX.

    D’un point de vue purement canonique, il semblerait évident qu’elle n’ait pas un tel effet, puisqu’une note explicative n’est pas un décret au sens juridique du terme — et parce qu’elle énonce les critères permettant d’évaluer à l’encontre de qui la peine pourrait et devrait être prononcée, plutôt que de procéder à cette évaluation dans des cas spécifiques.

    Cependant, les premières réactions reposent sur l’hypothèse, probablement erronée, selon laquelle la note explicative de la DDF visait à prononcer l’excommunication de larges pans du clergé et des fidèles, plutôt qu’à définir les circonstances dans lesquelles de telles excommunications pourraient être prononcées. La différence est significative.

    Comme l’ont souligné les canonistes au cours des semaines qui ont précédé les ordinations de la FSSPX, il serait juridiquement problématique, voire impossible, pour le Vatican de prononcer une peine canonique d’excommunication à l’encontre de toutes les personnes associées à la FSSPX dans un seul texte ou acte juridique.

    Pour commencer, un principe canonique fondamental veut que les actes juridiques soient adressés à des personnes ou à des communautés capables — c’est-à-dire juridiquement reconnues — de les recevoir. Dans le cas de la Fraternité, l’Église ne reconnaît pas et n’a jamais reconnu la Fraternité Saint-Pie X comme une association juridique valide.

    S’il est possible pour l’Église de reconnaître l’existence générale de la Fraternité Saint-Pie X (SSPX) en tant que groupe s’identifiant comme tel, celle-ci n’ayant toutefois pas d’existence juridique, le Vatican ne peut pas sanctionner ses « membres » en tant que tels, car il n’existe aucun critère juridique permettant d’établir l’appartenance à ce groupe.

    Au lieu de cela, ce qu’a fait la DDF, tant dans la note explicative de jeudi que précédemment, c’est de décrire les circonstances dans lesquelles des clercs et des laïcs peuvent être considérés comme ayant adhéré volontairement au schisme du mouvement de la FSSPX, sans tenter de réaliser, ce qui est juridiquement impossible, un tel discernement pour toutes les personnes et tous les lieux dans un seul document.

    L’intention apparente de la note explicative de la DDF est double.

    Premièrement, elle met explicitement en évidence la nature schismatique de la FSSPX et les graves conséquences spirituelles et canoniques pour un catholique, prêtre ou laïc, qui s’y associe. Deuxièmement, elle expose l’argumentation canonique nécessaire qui permettrait aux autorités compétentes, à savoir très clairement les évêques locaux, de prendre les mesures nécessaires pour protéger et discipliner les catholiques de leurs diocèses.

    Comme cela a été souligné, de telles mesures canoniques locales ont déjà été prises dans certains diocèses par le passé, et ont été confirmées par le Vatican en appel — ce qui démontre à la fois leur bien-fondé juridique et leur utilité pratique.

    Aujourd’hui, cependant, la situation semble plus urgente, et la nécessité d’une action locale en réponse au schisme renouvelé de la FSSPX et à la réaction du Vatican apparaît bien plus pressante.

    Tout au long des échanges entre la Fraternité et le Vatican au cours des mois qui ont suivi l’annonce des consécrations, les dirigeants de la Fraternité Saint-Pie X ont avancé l’argument selon lequel ils occupent une sorte de statut privilégié au sein de l’Église — étant en quelque sorte à la fois en communion avec le pape, tout en se situant en dehors de sa discipline et au-dessus des déclarations faisant autorité de la hiérarchie en matière de foi.

    La FSSPX va désormais s’employer tout autant à convaincre autant de catholiques que possible que les jugements de Rome sont erronés et que les déclarations de la hiérarchie ne les lient pas. On trouve déjà en ligne une quantité considérable d’arguments selon lesquels le schisme de la FSSPX est à la fois justifié et n’en est pas un, et que les déclarations canoniques du Vatican manquent de poids et de force.

    Au-delà des hyperboles parfois comiques et de la mauvaise foi évidente qui caractérisent le discours en ligne, cependant, de nombreux catholiques qui se sont sentis attirés par les chapelles et les liturgies de la FSSPX l’ont fait pour des raisons autres que la dissidence clairement affirmée de la Fraternité vis-à-vis de la discipline papale et de l’autorité doctrinale du Vatican.

    En particulier à la suite de *Traditionis custodes*, nombreux sont ceux qui estimeront également avoir fait un choix justifié en répondant ainsi à leurs propres besoins liturgiques, face à des circonstances locales difficiles, voire délibérément provocatrices.

    Il y aura, comme on peut d’ailleurs déjà le constater, une avalanche de questions et d’arguments visant à contester la description claire faite par le Vatican de la Fraternité Saint-Pie X comme un mouvement schismatique, face à des cas spécifiques, qu’ils soient réels ou hypothétiques.

    La mesure dans laquelle le danger posé par le schisme, et par les tentatives persistantes de la FSSPX de convaincre des catholiques de s’y rallier, sera atténué dépendra en grande partie de la capacité de la hiérarchie, à tous les niveaux, à adopter, amplifier, clarifier et codifier les orientations du DDF en les adaptant aux spécificités des personnes et des lieux.

    Le Vatican lui-même semble en avoir pris conscience : peu après la déclaration d’excommunication des évêques de la FSSPX et la note explicative précisant qui d’autre pouvait tomber dans le schisme et de quelle manière, le Vatican a publié un protocole destiné aux prêtres et aux laïcs affiliés à la Fraternité afin qu’ils reviennent en communion avec l’Église.

    Pour les prêtres de la Fraternité – dont les directives juridiques en vigueur du Vatican précisent depuis des années qu’ils peuvent, du fait de se mettre au service de la FSSPX, être considérés comme ayant formellement adhéré au schisme de ses dirigeants –, diverses démarches doivent être entreprises pour renoncer au schisme et réaffirmer les enseignements de l’Église ainsi que l’autorité du pape ; celles-ci requièrent, et c’est là un point crucial, l’intervention de l’évêque local.

    Tout aussi crucial, en prévoyant le retour des laïcs à la communion avec l’Église après un schisme avec la Fraternité Saint-Pie X, le protocole précise clairement — là encore, conformément à des avis juridiques antérieurs du Vatican — que l’intention et l’effet schismatiques ne peuvent être présumés chez aucun laïc et ne peuvent être évalués qu’au cas par cas.

    Bien qu’il existe certains indicateurs pouvant aider tant les autorités locales que les laïcs concernés eux-mêmes à évaluer leur degré de culpabilité probable — tels que la participation habituelle aux célébrations liturgiques de la FSSPX ou l’adhésion formelle à ses positions doctrinales —, rien ne doit être présumé d’office.

    On peut toutefois considérer que la disposition la plus importante des protocoles de la DDF est la déclaration explicite selon laquelle « les laïcs qui ont fréquenté la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X uniquement pour des raisons liturgiques ou spirituelles [et] les laïcs qui, bien que conscients des tensions avec le Saint-Siège, ne rejettent pas le Magistère ni l’autorité du Souverain Pontife… ne doivent pas être considérés comme imputables ».

    En l’affirmant clairement, le Vatican a tracé une ligne de démarcation autour de ces catholiques par ailleurs fidèles qui se sont retrouvés dans l’orbite de la Fraternité Saint-Pie X et de ses chapelles pour des raisons spirituelles personnelles, et les a distingués du schisme formel de la Fraternité elle-même.

    Dans ses trois documents publiés jeudi, le Vatican a donc établi des distinctions importantes au sein du concept juridiquement flou de la Fraternité Saint-Pie X, en procédant à des appréciations canoniques très différentes quant à l’imputabilité et à la culpabilité de ses évêques, de ses prêtres et des différentes catégories de laïcs.

    Il appartient désormais aux évêques locaux d’expliquer, dans leurs diocèses, la nature et la portée de ces distinctions, ainsi que leurs différentes conséquences pratiques et canoniques. L’efficacité et la cohérence avec lesquelles ils s’acquitteront de cette tâche détermineront probablement l’ampleur et la profondeur réelles du schisme de la FSSPX.

  • Pourquoi les laïcs ne sont pas autorisés à prononcer l'homélie

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    L’Église catholique n’autorise pas les laïcs à prononcer l’homélie lors de la messe parce que celle-ci est intrinsèquement liée au ministère ordonné (sacrement de l’Ordre). Ce n’est pas une simple règle disciplinaire modifiable localement, mais une norme qui découle de la nature même de la liturgie. L’homélie n’est pas un simple discours motivant ; elle participe à l’action liturgique du Christ par son ministre ordonné. Autoriser les laïcs risquerait de relativiser le sacerdoce ministériel.

    Les bases juridiques et théologiques

    • Code de droit canonique (canon 767 §1) : « Parmi les formes de prédication, l’homélie, qui fait partie de la liturgie elle-même, est réservée au prêtre ou au diacre. » Elle explique les mystères de la foi et les normes de la vie chrétienne à partir des textes sacrés.
    • Instruction générale du Missel romain (n° 66) et documents comme Redemptionis Sacramentum : L’homélie doit être donnée par le prêtre célébrant, ou exceptionnellement par un concélébrant ou un diacre, jamais par un laïc. Même les assistants pastoraux, catéchistes ou personnes hautement formées en sont exclus.

    Cette règle a été rappelée fermement en juin 2026 par le Dicastère pour le Culte divin, qui a rejeté une demande des évêques allemands souhaitant une dérogation exceptionnelle. Le Vatican a insisté sur le fait que l’homélie n’est pas une simple intervention ou un commentaire biblique, mais un acte liturgique lié à la proclamation de l’Évangile et à l’unité entre Parole et Sacrement dans l’Eucharistie.

    Pourquoi cette réserve au ministère ordonné ?

    1. Dimension sacramentelle : Le prêtre ou le diacre agit in persona Christi (au nom du Christ Tête) pendant la liturgie. L’homélie prolonge la proclamation de la Parole de Dieu de manière sacramentelle et pastorale. Les laïcs ont le sacerdoce commun des baptisés, mais pas le sacerdoce ministériel.
    2. Unité de la célébration : L’homélie fait partie intégrante de la Liturgie de la Parole et prépare à la Liturgie eucharistique. Elle n’est pas interchangeable avec d’autres formes de prédication.
    3. Tradition et théologie : Cela reflète la distinction entre le ministère ordonné (enseigner, sanctifier, gouverner de manière spécifique) et l’apostolat des laïcs, qui est surtout tourné vers le monde (évangélisation, témoignage dans la vie quotidienne, etc.).

    Ce que les laïcs peuvent faire

    Les laïcs peuvent prêcher dans d’autres contextes (canon 766) : réunions, retraites, célébrations de la Parole sans messe, etc., si nécessaire ou utile, selon les normes de la conférence épiscopale. Ils peuvent aussi :

    • Proclamer les lectures (sauf l’Évangile).
    • Animer des groupes de prière, catéchèse, formations.
    • Témoigner et évangéliser dans le monde.

    L’Église valorise fortement la contribution des laïcs, mais maintient cette distinction pour préserver le sens de la liturgie.

    En résumé, ce n’est pas un manque de confiance envers les laïcs (beaucoup sont théologiquement compétents), mais une question de nature sacramentelle et liturgique de l’homélie. Cette position a été réaffirmée récemment et s’applique à toute l’Église.