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BELGICATHO

  • Carême 2026 : plusieurs plateformes proposent des parcours spirituels numériques

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    Plusieurs plateformes proposent des parcours spirituels numériques pour vous accompagner quotidiennement :
    • Hozana : Propose des communautés de prière et des méditations quotidiennes envoyées par email.
    • Prions en Église : Offre un parcours thématique intitulé « Le Seigneur est mon bonheur » avec des textes et podcasts.
    • Le Coach Carême (Chemin Neuf) : Un parcours de 40 jours avec saint Jean de la Croix particulièrement adapté à ceux qui découvrent ou redécouvrent la foi.
    • KTO TV : Retransmet en direct les grandes célébrations (comme les offices du Mercredi des Cendres à Notre-Dame de Paris) et propose des enseignements vidéo.
    • Hallow : Application de méditation chrétienne proposant des défis de prière et de jeûne structurés.

  • Mercredi des Cendres : jeûne et abstinence

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    Le jeûne consiste à faire un seul repas pendant la journée, avec une alimentation frugale le matin et le soir. On ne doit rien manger entre les repas. Si on prend un repas à midi, on ne prend qu'une légère collation le soir.

    L'abstinence (s'abstenir de viande) s'impose, le mercredi des cendres, le vendredi saint et tous les vendredis de ce temps. D'ailleurs elle est demandée par l’Église, chaque vendredi de l’année en souvenir de la mort du Seigneur

    Notre ami Pierre Libert, nous adresse ce matin une petite recette mortifiante, qui vous plaira sûrement:

    « Alors que de nombreux chrétiens tiennent pour méprisables les mortifications corporelles, écoutons un Liégeois d’un autre temps, Guillaume de Saint-Thierry (1075-1148), ami de saint Bernard de Clairvaux, nous livrer une excellente recette pour le temps du Carême : « Pain noir et eau claire, choux et légumes sans apprêt, rien là pour flatter notre goût. Mais l’amour du Christ aidant, joint à l’appétit des joies intérieures, pouvoir, avec semblable chère, donner à un estomac bien dressé sa suffisance et son plaisir, quel délice »* Bon appétit à tous !

    * (Lettre aux Chartreux du Mont-Dieu, Paris, Cerf, collection Sources Chrétiennes, 1975, p. 213). »

    JPSC (archive 2014)

  • Homélie pour le Mercredi des Cendres

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    Du Père Joseph-Marie Verlinde sur homélies.fr (Archive 2004) :

    « Revenez à moi » : le Seigneur nous invite lui-même à cet acte d’audace inouïe qui consiste à revenir à lui, alors que dans notre folie, nous nous étions éloignés de la Source de tout bien. Et comme pour nous rassurer et vaincre nos ultimes résistances, il proteste de ses bonnes intentions : « Le Seigneur votre Dieu est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment » (1ère lect.) ; bien plus : « Il désire vous combler de ses bienfaits ».

    En ce jour où nous commençons par un saint jeûne le temps de pénitence du Carême, il est bon de nous imprégner de ces paroles pleines d’espérance, qui doivent orienter tout notre cheminement vers Pâques.

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  • "Je ne vivrai pas un instant que je ne le passe en aimant" (Bernadette Soubirous)

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    Bernadette3.jpgC'est aujourd'hui la fête de sainte Bernadette Soubirous (1844-1879), elle qui déclarait : "C'est parce que j'étais la plus pauvre et la plus ignorante que la Sainte Vierge m'a choisie ".

    "Cette date à été choisie car c’est un 18 février que la Vierge Marie lui dit : « Je ne vous promets de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre. » Bernadette avait 14 ans lorsqu’elle vit pour la première fois la Vierge. Fille aînée d’une famille de meunier que l’arrivée des moulins à vapeur jettera dans une extrême pauvreté, Bernadette SOUBIROUS est accueillie en janvier 1858 à l’Hospice de Lourdes dirigé par les Sœurs de la Charité de Nevers, pour y apprendre à lire et à écrire afin de préparer sa première communion. En février 1858, alors qu’elle ramassait du bois avec deux autres petites filles, la Vierge Marie lui apparaît au creux du rocher de Massabielle, près de Lourdes. Dix huit Apparitions auront ainsi lieu entre février et juillet 1858. Chargée de transmettre le message de la Vierge Marie, et non de le faire croire, Bernadette résistera aux accusations multiples de ses contemporains. En juillet 1866, voulant réaliser son désir de vie religieuse, elle entre chez les Sœurs de la Charité de Nevers à Saint-Gildard, Maison-Mère de la Congrégation. Elle y mène une vie humble et cachée. Bien que de plus en plus malade, elle remplit avec amour les tâches qui lui sont confiées. Elle meurt le 16 avril 1879 à 35 ans.

    Elle est béatifiée le 14 juin 1925 puis canonisée le 8 décembre 1933. Son corps retrouvé intact, repose depuis 1925, dans une châsse en verre dans la Chapelle. Chaque année, venant du monde entier, des milliers de pèlerins et de visiteurs, se rendent à Nevers pour accueillir le message de Bernadette." catholique.org

  • Sainte Bernadette Soubirous (18.2); "Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l'autre."

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    Sainte Bernadette Soubirous[1]
    Décret de la S. Congrégation des Rites[2] sur l'héroïcité de ses vertus

    source : missel.free

    Le 18 novembre 1923 eut lieu dans la salle ducale au Palais du Vatican la cérémonie de lecture solennelle du Décret sur l'héroïcité des verus de la Vénérable Bernadette Soubirous. Cette Cause « intéresse l'univers catholique tout entier » à cause des rapports qui la rattachent au grand fait de Lourdes, et dans une lettre à ses diocésains Mgr. Chatelus, évêque de Nevers, déclare qu'elle est « particulièrement chère au Pape [ancien pélerin de Lourdes], qui en possède tous les détails et en désire le succès ».

    Sur cette question : « Est-il bien établi, dans le cas et pour l'effet dont il s'agit, que les vertus théologales de Foi, d'Espérance et de Charité envers Dieu et le prochain, ainsi que les vertus cardinales de Prudence, de Justice, de Force et de Tempérance et leurs annexes, ont été pratiquées à un degré héroïque ? »

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  • Fra Angelico : quand la sainteté habite l'art

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    Fra Angelico est fêté le 18 février.

    De Vincent-Marie Thomas est prêtre et docteur en philosophie sur le site de "1000 raisons de croire" :

    Fra Angelico : un art habité par la sainteté

    Fait unique, c’est essentiellement pour ses œuvres que celui que l’histoire a retenu sous le nom de Fra Angelico a été déclaré bienheureux. Né Guido di Pietro, devenu en religion frère Jean de Fiesole (Giovanni da Fiesole), il reçoit de Vasari, dans sa célèbre biographie, ce surnom d’« Angelico » qui finira par éclipser ses autres noms. Aucun peintre n’a sans doute rendu aussi perceptibles, dans la matière même de ses œuvres, les vertus surnaturelles de foi, d’espérance et de charité que tout chrétien reçoit au baptême et est appelé à faire croître par des actes répétés et approfondis.


    Les raisons d'y croire

    • La famille du futur Fra Angelico est prospère ; ce dernier pourrait ne vivre que de son talent, car il se révèle habile peintre dès sa jeunesse. Il choisit pourtant d’entrer dans l’ordre dominicain, c’est-à-dire de faire vœu de pauvreté. Il renonce aussi, par le vœu religieux de chasteté, à l’affection d’une épouse et à fonder une famille, et à son indépendance en se mettant sous l’obéissance de son prieur. Ainsi, après ses vœux, n’accepte-t-il jamais aucune commande sans avoir obtenu d’abord l’accord de son prieur.
    • Le dominicain se distingue aussi par son humilité. Constatant sa vertu et sa réputation de sainteté, le pape Nicolas V envisage de le nommer archevêque de Florence. Fra Angelico supplie alors le souverain pontife d’y renoncer et lui propose un autre frère, Antonin, qu’il estime plus apte à cette charge. L’avenir confirmera ce discernement : frère Antonin gouvernera le diocèse avec sagesse et charité, et sera plus tard canonisé. En s’effaçant ainsi pour mettre en avant celui qu’il juge plus digne que lui, Fra Angelico manifeste un désintéressement et une droiture de cœur qui éclairent toute sa vie.
    • Fra Angelico est d’abord miniaturiste, c’est-à-dire qu’il illustre les grands livres liturgiques utilisés en commun à l’office divin. Il laisse ainsi pour la postérité aux couvents San Marco de Florence et San Domenico de Fiesole « plusieurs livres d’église, ornés de miniatures d’une beauté merveilleuse, exécutées avec un soin incroyable » (Vasari). Plus tard, Fra Angelico ornera à la demande de Nicolas V des livres du palais apostolique. Cette habileté se retrouve dans ses grandes compositions. Commentant les visages du tableau du maître-autel du couvent Saint-Marc, Vasari note : « On ne saurait rien imaginer de plus soigné, de plus fin et de mieux entendu que ces ravissantes figurines. »
    • Au travail du miniaturiste succèdent les commandes de fresques. C’est là que le génie de Fra Angelico se révèle vraiment. Il parvient à exprimer visiblement la vie spirituelle intense, toute tournée vers Dieu, de ses sujets. Touchant le même tableau, on lit dans Le Vite de’ più eccellenti Pittori (de Vasari) : « On ne peut se défendre d’un sentiment profond de dévotion en voyant cette Vierge et ces saints qui respirent la candeur et la bonté. »
    • Ainsi, à propos du tabernacle peint de l’église San Domenico de Fiesole : « La multitude de figurines que l’on y voit au milieu d’une gloire céleste sont si belles qu’elles paraissent tombées du paradis. On ne peut se rassasier de les contempler. » Et concernant l’Annonciation d’une chapelle de la même église : « Les attitudes et les physionomies de tous ces personnages sont si habilement variées que l’on éprouve un plaisir incroyable à les regarder. Il semble que ces bienheureux esprits ne pourraient être autrement dans le Ciel, s’ils avaient un corps. »
    • L’Annonciation, du Prado, introduit pour la première fois l’utilisation d’une lumière diaphane, qui, en enveloppant la composition et en rehaussant ainsi les couleurs et les volumes des figures, l’unifie. Une loggia ouverte enchâsse la scène. Du jardin fleuri, sur lequel donne la loggia, un ange chasse Adam et Ève. Cette dernière regarde vers Marie, qui, par son oui, efface par avance la faute originelle. À Ève (Eva en latin) répond la salutation angélique (Ave) qui apporte le salut aux hommes. Un long faisceau de rayons dorés s’échappe d’un soleil d’or où l’on voit les mains du Père. Parvenue au terme de ce rayon, une colombe blanche figure le Saint-Esprit qui vient accomplir son œuvre en Marie.
    • Le Jugement dernier (entre 1431 et 1433), destiné à orner le chœur du couvent camaldule de Santa Maria degli Angeli, à Florence, représente les morts sortis de leur tombeau, au son de la trompette des anges : les réprouvés sont emmenés par les démons en enfer, où l’on voit d’autres personnes souffrir de leurs propres vices, tandis que les bons sont conduits en liesse vers le paradis, vers lequel ils dansent en décrivant une ronde. Au sommet du panneau se trouve le Christ, au centre d’un nimbe en amande où volent des chérubins aux ailes rouges dans une lumière dorée. La Vierge Marie à sa droite, saint Jean-Baptiste à sa gauche et de nombreux saints l’entourent.
    • La Déposition (exécutée entre 1432 et 1434 pour la sacristie de la basilique florentine Santa Trinita) présente la scène sacrée dans des couleurs claires, lumineuses et brillantes, agencées dans une délicate harmonie tonale : la lumière terrestre est le reflet de l’ordre divin, qui n’est que lumière. La mort du Christ sur la croix rétablit en l’effet l’ordre originel, brisé par le péché d’Adam.
    • « Les saints qu’il peignit, écrit Vasari, se distinguent par un aspect divin que l’on ne rencontre chez aucun autre artiste. » Ce don semble bien provenir de sa vie de prière intense : « Il ne représenta jamais le Sauveur sur la Croix sans que ses joues fussent baignées de larmes ; aussi les visages et les attitudes de ses personnages laissent-ils deviner toute la sincérité de sa foi. »
    • Il ne retouche jamais ses peintures (excepté les fresques, qui sont peintes sur un support humide). Il croit en effet que Dieu veut les premiers traits esquissés, qui sont donc seuls justes. N’est-ce pas là insinuer une inspiration divine ?
    • Vasari conclut, en publiant le surnom du frère Jean de Fiesole, qui éclipsera son nom : « On croit voir l’œuvre, non d’un homme, mais d’un ange : aussi notre bon religieux fut-il toujours bien justement appelé Fra Giovanni " Angelico ". »
    • Fra Angelico a su mettre en œuvre, avec un réel talent, les recherches nouvelles de son temps, la composition en perspective et une attention plus soutenue à la figure humaine, sans rien abandonner des valeurs reçues de l’art médiéval : la fonction d’enseignement propre à l’art sacré et le sens mystique de la lumière. Lorsque Côme de Médicis lui confie la décoration du couvent Saint-Marc, qu’il vient d’offrir aux dominicains, Fra Angelico peint dans la salle du chapitre une Crucifixion entourée de saints ; au-dessous, autour de saint Dominique, il fait figurer les papes, cardinaux, évêques, saints et maîtres en théologie de son ordre. Vasari remarque que « grâce à l’aide que Fra Giovanni trouva chez les moines de son couvent qui firent des recherches en divers lieux, il introduisit dans cet ouvrage des portraits d’une authenticité incontestable ». Ainsi l’exigence historique se joint à la dévotion, et la nouveauté formelle ne rompt en rien avec la fidélité à la tradition.
    • Fra Angelico sait donc combiner en son art la dévotion à Dieu et aux saints (c’est ce qu’on appelle la vertu de religion) et les principes nouveaux de la Renaissance italienne en peinture. Son œuvre peinte prouve qu’opposer modernité et religion est un faux problème. Dieu n’est-il pas l’auteur de tout ce qui existe ? Comment Dieu pourrait-il mésestimer l’art, entendu comme la capacité à rendre sensible à l’œil la beauté qui est partout présente dans la nature – l’homme faisant partie de la nature ? Seul un art visant à abîmer la nature et à la salir (et donc aussi à blesser l’homme) peut lutter contre Dieu.
    • C’est pourquoi Vasari porte ce jugement : « Un talent comme celui de Fra Angelico ne pouvait et ne devait appartenir qu’à un homme de sainte vie. Les peintres qui traitent de sujets pieux doivent être pieux eux-mêmes. »

    En savoir plus

    Vers 1395, au hameau de Rupecanina, dans la vallée du Mugello (dans la périphérie nord de Florence) naît Guido di Pietro. On ne sait pas grand-chose de sa famille, si ce n’est que son père s’appelait Pietro. Le cadet de Guido, Benedetto, deviendra aussi dominicain. Guido suit d’abord un apprentissage dans le Mugello, puis dans les ateliers de Lorenzo Monaco, auprès duquel il apprend l’art de l’enluminure, et du peintre Gherardo Starnina, à Florence.

    Les novices n’étaient pas autorisés à peindre durant la première année qui suivait leurs vœux ; or Guido exécute pourtant, dès 1418, sous la direction d’un maître florentin, un retable aujourd’hui disparu pour une chapelle de l’église Santo Stefano al Ponte. D’autre part, une croix peinte pour l’hospice Santa Maria Nuova par « le frère Giovanni » du couvent San Domenico de Fiesole est attestée quelques années plus tard. On en déduit que ses vœux religieux ont probablement été prononcés au début des années 1420, dans ce couvent de stricte observance.

    Fra Giovanni peint ensuite un saint Jérôme dans la manière de Masaccio, puis le retable dit de Fiesole (la Vierge assise, tenant l’Enfant debout sur ses genoux, entourée d’anges en adoration), ainsi qu’une Annonciation aujourd’hui conservée au musée du Prado. Deux autres Annonciations suivront, visibles à San Giovanni Valdarno et à Cortone. Il réalise aussi plusieurs grandes compositions mariales, dont deux Couronnements de la Vierge conservés respectivement à Florence et à Paris, ainsi qu’un triptyque de saint Pierre martyr commandé par les dominicaines observantes du monastère San Pietro Martire, rattaché aux dominicains de Fiesole.

    L’art de Fra Giovanni hérite du gothique tardif (ornementation soignée, détails précieux, figures élancées), mais il donne à ses personnages un volume plus solide, en les inscrivant dans un espace réaliste régi par les lois de la perspective. Plusieurs Vierges à l’Enfant, conservées notamment à San Marco et à Francfort, témoignent de cette synthèse et comptent parmi les œuvres majeures de sa maturité.

    En 1438, une partie des dominicains de Fiesole s’installe au couvent Saint-Marc de Florence, que Côme de Médicis vient de leur offrir. Fra Angelico participe au transfert, tout en conservant sans doute encore quelque temps son atelier à Fiesole, avant de s’établir définitivement à Saint-Marc. La décoration du couvent devient alors un vaste chantier : retable peint a tempera, cloître, réfectoire, salle capitulaire, couloirs et cellules ornées d’épisodes de la vie du Christ. Aujourd’hui encore, ces fresques conduisent à l’admiration et à la contemplation.

    Quelques années plus tard, Fra Angelico séjourne à Rome, au couvent de la Minerve, pour répondre aux commandes pontificales. Les travaux confiés par Eugène IV ont disparu, mais son successeur lui demande de décorer la chapelle dite Niccoline, consacrée aux saints Étienne et Laurent ; il intervient également à la cathédrale d’Orvieto.

    Revenu en Toscane, il est nommé prieur de San Domenico. De cette période datent notamment le Retable de Bosco ai Frati (Retable du bosquet des frères) et les panneaux de l’Armadio degli Argenti (Armoire aux argents), conservés à Saint-Marc, ainsi qu’un tondo de l’Adoration des Mages, où la foule se presse sous une arche de pierre pour venir, au premier plan, s’agenouiller devant l’Enfant.

    Il retourne ensuite à Rome pour achever un retable dont ne subsistent que des fragments. Il y meurt en 1455 et est enseveli à la Minerve. Jean-Paul II le béatifie en 1982.

    Vasari a écrit, à propos de ses œuvres : « On ne peut se rassasier de les contempler. » Ce jugement vaut sans doute pour toutes. Fra Angelico ne se contente pas de peindre des scènes sacrées : il ouvre une fenêtre sur le Ciel. Ses images réveillent, au cœur de l’homme d’aujourd’hui, le désir de la Patrie perdue, trop souvent étouffé par le « divertissement » dont parle Pascal ou par cette « région de la dissemblance » évoquée par saint Augustin. En montrant la lumière du Christ, elles rappellent silencieusement le but véritable de la vie humaine.

    Docteur en philosophie, Vincent-Marie Thomas est prêtre.


    Aller plus loin

    Giorgio Vasari, Le Vite de’ più eccellenti Pittori, Scultori, e Architettori, Scritte, e di nuovo Ampliate da M. Giorgio Vasari Pit. e Archit. Aretino, Firenze, Giunti, 1568. Il s’agit de la deuxième édition, augmentée. La notice sur Fra Angelico se trouve au volume II, p. 358-365. Disponible en ligne (en italien). Une traduction française est disponible.


    En complément

    • Michel Feuillet, Fra Angelico : l’invisible dans le visible, Paris, Mame, 2017, 220 pages ; L’Enfance de Jésus selon Fra Angelico, Paris, Desclée de Brouwer, 2017, 148 pages.
    • Stephan Beissel, Fra Angelico : Painter of Heavenly Grace, Parkstone International, 2019, 256 pages.
    • Giorgio Bonsanti, Beato Angelico. Catalogo completo, Firenze, Octavo-Franco Cantini, « Biblioteca d’Arte », 1998, 173 pages.
    • John W. Pope-Hennessy, Angelico, New-York, Harper and Row, 1981, 79 pages.
    • Nathaniel Silver (ed.), Fra Angelico : Heaven on earth, Boston, Musée Isabella Stewart Gardner, 2018, 250 pages.
  • Mardi gras et Mercredi des Cendres

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    Du Père Roch Valentin sur le site du diocèse de Belley-Ars :

    Mardi gras et mercredi des cendres

    Après le carnaval et ses festivités, nous entrons dans le temps du carême. Pour tout savoir sur le sens du mardi gras et du mercredi des cendres, début du temps liturgique du carême.

    Le Carnaval et mardi gras

    La semaine précédant le mercredi des Cendres, c'est le carnaval, temps de fantaisie avant l'austérité. Et le dernier jour du carnaval, c'est le mardi gras. Ce sont les dernières réjouissances avant de se lancer résolument dans le temps de la pénitence. C'est le dernier moment pour consommer les provisions d'aliments « gras » dont on se passera en carême. Il est de tradition de faire des crêpes ou des bugnes (appelées merveilles ou oreilles suivant les régions). Cela nous rappelle le temps où, pour écouler les oeufs avant de n'en plus manger pendant le carême, on les consommait dans la pâte à crêpe, à beignet... Mais les oeufs sans réfrigérateurs ne se conservent pas six semaine, et les poules ne cessent pas de pondre parce qu'on ne mange pas leurs oeufs, alors, à la mi-Carême (4e dimanche dit de Laetare), on recommencera, avant de se replonger avec sérieux dans nos efforts. Et enfin, à Pâques, on les décorera avant de les cacher dans le jardin.

    Le mercredi des Cendres

    La Bible

    Dans la Bible, les cendres sont la manière de confesser publiquement sa faute et d'exprimer sa volonté de changer de vie. Pensons à la grande ville de Ninive dont le roi, en entendant la prédication de Jonas annonçant la destruction dans quarante jours, ordonne à tous les habitants, hommes et animaux, de jeûner et de faire pénitence avec un sac comme habit et dans la cendre. Se couvrir la tête de cendre, c'est aussi dans l'Ancien Testament, la manière de se préparer à prier le Seigneur de façon à être entendu. Nous voyons cela par exemple avec la reine Esther qui quitte tous ses atours et se couvre de cendre pour prier avant de se parer à nouveau pour se présenter devant le roi et intercéder en faveur du peuple juif. Les livres de Sagesse, eux, montre par cette réalité poussiéreuse la fugacité de la vie, la pauvreté de l'existence, invitant à ce confier davantage au Seigneur.

    L'origine

    Dans l'Antiquité chrétienne, le carême était la période de préparation à la réintégration des pénitents. Les pénitents étaient des chrétiens ayant commis des fautes graves et désirant retrouver la communion avec Dieu dans l'Eglise. Pour cela, ils confessaient en secret à l'évêque leurs péchés et étaient admis ensuite publiquement dans l'ordre des pénitents en recevant les cendres sur la tête. A la fin de la période de pénitence faite de renoncements, de charité et de prière intense, ils recevaient l'absolution de l'évêque le Jeudi Saint et retrouvaient leur place parmi les fidèles pour célébrer Pâques. Jusqu'au VIe siècle, cette cérémonie avait lieu le 6e dimanche avant Pâques, mais avec Grégoire le Grand, elle a été avancée au mercredi précédant pour totaliser 40 jours de pénitence, car les dimanches n'en sont pas. Mais dès cette époque, le Pape lui-même se faisait imposer les cendres en signe de pénitence et de préparation à Pâques. Cela se faisait à la basilique Sainte-Anastasie au Palatin, avant de monter pieds nus à Sainte-Sabine sur l'Aventin pour la première prédication de carême. Elle lui rappelait que, tout pape qu'il était, il était poussière et y retournerai. Ce signe de la pénitence est désormais reçu par tous les fidèles catholiques. Mais se souvenir de son origine doit nous inciter à bien nous confesser avant la grande fête, même si nous ne faisons plus publiquement notre pénitence, à entrer véritablement dans une logique de conversion et d'intensification de la vie chrétienne.

    Aujourd'hui

    La liturgie du mercredi des cendres, de nos jours, peut être célébrée soit au cours d'une célébration de la Parole, soit au cours de la messe. On entend toujours l'évangile selon saint Matthieu (chapitre 6) dans lequel le Christ nous apprend à faire l'aumône, à prier et à jeûner dans le secret, sous le seul regard de notre Père. Ça sera notre feuille de route pour le carême. Après l'homélie, le prêtre bénit les cendres, produites en principe par l'incinération des rameaux de l'année précédente. Puis il s'impose à lui-même la cendre, s'il n'y a pas d'autre prêtre pouvant le lui faire, et ensuite il l'impose à chaque fidèle, soit en en répandant un peu sur la tête, soit en marquant le front en signe de croix. Il joint à ce geste ces mots : « Convertissez-vous et croyez à l'Evangile. » C'est l'exhortation à entrer en vérité dans le carême. Ou encore : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » C'est l'invitation à accepter notre condition mortelle du fait du péché, dans la confiance que Dieu peut nous pardonner et nous ressusciter.

    Jour de jeûne et d'abstinence

    Ce jour est l'un des deux seuls jours de jeûne et d'abstinence de l'année (avec le Vendredi Saint), ne passons pas à coté. Pour mémoire, tous les vendredis de l'année, c'est abstinence. C'est-à-dire qu'on s'abstient de viande, d'alcool, de tabac... et on prend plus de temps pour la prière et le partage. Les vendredis de carême, en France, c'est spécifiquement de viande que l'on s'abstient. Les jours de jeûne, on s'abstient de viande et se prive substantiellement de nourriture selon son âge et ses forces.

  • Le Mardi Gras est aussi le jour où l'on célèbre la fête de la Sainte Face

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    Au XIX° siècle, Marie de Saint-Pierre et de la Sainte Famille est connue pour avoir initié la dévotion à la Sainte Face de Jésus et Maria Pierina De Micheli réputée pour avoir été une « apôtre de la Sainte Face ». Ce siècle ouvre en effet la voie à l'ensemble de la dévotion romaine des reliques, des corps saints et images miraculeuses, dans un processus de « recharge sacrale » ou de relance dévotionnelle des sanctuaires de pèlerinage, ébranlées par la contestation interne du XVIII° siècle, appelé le « siècle des Lumières. »

    La dévotion à la Sainte-Face de Jésus a été approuvée par le Pape Léon XIII en 1885

    La première médaille de la Sainte-Face a été offerte au Pape Pie XII qui a approuvé la dévotion et la médaille. En 1958, le pape a officiellement déclaré que la fête de la Sainte-Face de Jésus, serait le mardi précédant le mercredi des Cendres (mardi gras) pour tous les catholiques romains. La Sainte Face, manifestée dans le voile de Manoppello en Italie, miraculeusement apparu, attire de nombreux pèlerins qui viennent adorer la Sainte Face de Jésus. (source)

    D'Ermes Dovico sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    Le visage de Jésus, la lumière pour notre millénaire

    21-02-2023

    Ce mardi, c'est la fête de la Sainte Face, souhaitée par Jésus et encore peu répandue, mais qui a une base solide dans les Écritures et dans les enseignements des saints. Parmi eux, le pape Jean-Paul II, qui, dans Novo millennio ineunte, a indiqué la "contemplation du visage du Christ" comme la voie à suivre pour l'Église et le monde.

    "Ta face, Seigneur, je la cherche" [Ps 27 (26), 8]. Les paroles du psalmiste résonnent avec une intensité particulière en ce mardi précédant le mercredi des Cendres et coïncident donc avec le jour indiqué par Jésus, dans ses révélations à la bienheureuse Maria Pierina de Micheli, pour célébrer la fête de sa Sainte Face. Cette fête n'est pas encore très répandue dans l'Église (comme l'a rapporté à plusieurs reprises la Nuova Bussola) et se limite surtout à l'initiative de prêtres dévots et de quelques instituts religieux ayant le charisme spécifique de l'adoration de la Sainte Face.

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  • Le pape Léon XIV marquera le début du Carême par une procession historique sur une ancienne colline romaine.

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    De Kristina Millare pour EWTN News (CWR) :

    Le pape Léon XIV marquera le début du Carême par une procession historique sur une ancienne colline romaine.

    Le pape Léon XIV présidera la procession et la messe traditionnelles du mercredi des Cendres, le 18 février, sur la colline de l'Aventin à Rome, un important lieu de pèlerinage chrétien depuis plus de 1 500 ans.

     

    Le pape Léon XIV présidera la procession et la messe traditionnelles du mercredi des Cendres sur la colline de l'Aventin à Rome, un lieu important de vénération et de pèlerinage chrétien depuis plus de 1 500 ans.

    Pour les ordres religieux dominicains et bénédictins, dont les communautés ont une présence historique importante sur l'Aventin, la visite du Saint-Père le 18 février sera une occasion spéciale pour commencer le temps liturgique de l'Église consacré à la prière et au jeûne avant Pâques.

    Le premier jour du pèlerinage de 40 jours du Carême — institué officiellement au VIe siècle par le pape Grégoire le Grand et rétabli par le pape Jean XXIII en 1959 —, le pape conduit une procession pénitentielle de l'église bénédictine Sant'Anselmo jusqu'à la basilique dominicaine Santa Sabina, située à proximité.

    « Marcher avec le pape Léon XIV lors de ce pèlerinage depuis l’église Sant’Anselmo toute proche sera pour nous tous un signe, un symbole du travail spirituel qui s’accomplit dans nos cœurs pendant le Carême », a déclaré à EWTN News le père Patrick Briscoe, OP, habitant de Santa Sabina. « Nous serons tous ensemble en pèlerinage. »

    Cette année, le pape Léon présidera une courte prière l'après-midi au monastère bénédictin, puis célébrera la messe du mercredi des Cendres à Santa Sabina, une basilique du IVe siècle offerte à saint Dominique et à l'Ordre des Prêcheurs en 1219 par le pape Honorius III.

    « Le pape lui-même impose les cendres aux cardinaux pendant la messe », a ajouté Briscoe. « Les cardinaux représentent toute l’Église et symbolisent notre union et notre respect de l’exemple du pape. »

    Dans le cadre de la tradition du Carême, le pape conduit la procession à travers les portes principales de Santa Sabina, qui abrite la plus ancienne représentation artistique connue de Jésus-Christ crucifié.

    « Sur la porte, nous avons un symbole chrétien très important… Il nous permet de réfléchir au sens du Carême et d’embrasser les souffrances du Christ », a déclaré Briscoe.

    « Si l’on considère la situation d’un point de vue historique et l’évolution de la compréhension chrétienne, on ne savait pas vraiment comment aborder la question de la croix », a-t-il expliqué. « Il nous a fallu un siècle pour la représenter. »

    « Cela nous invite tous, à l’aube du Carême, à redécouvrir le sens de nos souffrances et comment les faire transformer par le sacrifice même du Christ », a-t-il déclaré.

    Le père Eusebius Martis, OSB, professeur de théologie sacramentelle à l'Athénée pontifical de Sant'Anselmo, a déclaré à EWTN News que l'Aventin est un lieu idéal pour la prière et le pèlerinage.

    « C'est vraiment un endroit idéal car c'est calme et un peu à l'écart, mais pas trop loin [du centre-ville] », a-t-il déclaré.

    Selon Martis, la nature de l'Aventin a inspiré, à travers les siècles, artistes et pèlerins, les incitant à contempler la mort et la résurrection de Jésus-Christ.

    « La feuille d’acanthe pousse partout sur notre propriété ici à Sant’Anselmo », a déclaré Martis. « Elle meurt et reste couchée au sol… complètement morte jusqu’au printemps, où elle reprend vie. »

    « Dans quelques semaines, elle commencera à fleurir, ce qui représente une floraison aux alentours de Pâques », a-t-il déclaré.

    Montrant du doigt les reliefs de feuilles d'acanthe ornant les colonnes corinthiennes à l'intérieur de la basilique Sant'Anselmo, Martis a expliqué que plusieurs églises de Rome représentaient délibérément cette feuille pour symboliser la croyance de l'Église en la victoire de Jésus sur le péché et la mort.

    « Les architectes voulaient que nous nous souvenions que, chaque fois que nous sommes à l’autel, nous sommes à Pâques », a déclaré le père bénédictin.

  • L’avortement contraint : une violence à l’égard des mères

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    Du site de l'ECLJ :

    16 Février 2026

    L’avortement contraint est une violence à l’égard des mères

    Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) vient de soumettre à la Rapporteuse spéciale des Nations unies (ONU) sur la violence à l’égard des femmes et des filles, ses causes et ses conséquences une contribution écrite sur la situation des femmes pauvres et isolées face à la maternité, en particulier durant la grossesse. Il s’agissait de répondre à l’appel à contributions lancé par la Rapporteuse spéciale Reem Alsalem et destiné à étayer son prochain rapport sur la « Violence à l’égard des mères ».

    Celui-ci aura une importance particulière puisqu’il sera le premier sur ce sujet à être présenté au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. La Rapporteuse spéciale a pour ambition d’y « mettre en évidence de manière exhaustive les formes de discrimination et de violence à l’égard des mères qui sont souvent négligées, d’examiner les politiques et les pratiques actuelles pour mettre fin à la discrimination et à la violence graves à l’égard des mères, de mettre en évidence les bonnes pratiques et de répondre aux besoins des mères qui ont survécu à la violence ».

    L’ECLJ a ainsi demandé à la Rapporteuse spéciale d’y évoquer les pressions diverses subies par des femmes enceintes contraintes d’avorter, c’est-à-dire de renoncer à la maternité au cours de leur grossesse, de telles pressions étant dès lors constitutives d’une « violence à l’égard des mères ». L’ECLJ s’est appuyé sur ses recherches menées depuis de nombreuses années dans le domaine, ainsi que sur le recueil de témoignages de femmes décrivant leur expérience de l’avortement, la violence subie et la souffrance qui en résulte : plusieurs affirment avoir désiré garder l’enfant mais s’être résignées, sous la pression, à l’avorter.

    L’ECLJ a tout d’abord mis en évidence le fait que l’avortement est plus souvent subi que réellement choisi, au sens où la même femme placée dans des circonstances plus favorables mènerait sa grossesse à terme. Il y a quelques années, l’institut Guttmacher indiquait en effet qu’aux États-Unis, 75 % des femmes ayant avorté l’avaient fait en raison de contraintes sociales ou économiques[1]. Ainsi, plus une femme enceinte est pauvre et isolée, plus elle risque de renoncer à mener sa grossesse à terme. Les pressions en ce sens sont en particulier matérielles et affectives ou familiales. Les premières sont notamment liées à la précarité en matière de revenus, de travail et de logement : selon les données publiées en janvier 2026, l’Angleterre et le Pays de Galles notent un nombre record d’avortements « en raison du coût de la vie[2] ». Dans le second cas, il n’est pas rare que le père de l’enfant ou des parents inquiets pour l’avenir de leur fille poussent la femme enceinte à avorter. En outre, des femmes souhaitant garder l’enfant ou s’interrogeant sur la décision à prendre rapportent avoir consulté des organisations tel le Planning familial mais n’y avoir pas été informées d’alternatives ou d’y avoir subi une pression supplémentaire pour avorter.

    L’ECLJ a ensuite montré que de tels faits sont constitutifs de « violence à l’égard des mères ». Tout d’abord, la femme enceinte est mère dès lors que la maternité est à la fois l’état de mère et le fait de porter et mettre au monde un enfant : cet état et ce processus débutent donc dès le commencement de la grossesse. Divers textes internationaux exigent d’ailleurs une protection des mères dès avant la naissance[3].

    L’ECLJ a ensuite rappelé que l’avortement forcé est un crime contre l’humanité, ce qui résulte des procès de Nuremberg, mais aussi du droit européen et international, notamment de la plate-forme d’action de la conférence de Pékin de 1995, du statut de Rome de la Cour pénale internationale de 1998, de la convention d’Istanbul et de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme. Mais il est souvent difficile de distinguer entre avortement forcé et contraint. Le second cas n’en est pas moins une grave violence d’ordre psychologique, physique et reproductive à raison du statut de mère, puisqu’elle intervient sur la décision de donner naissance ou non, donc au cœur de la maternité, et a pour effet de mettre fin à la grossesse, c’est-à-dire de supprimer l’enfant à naître dont elle est la mère. Les conséquences potentielles de l’avortement pour la santé physique et psychologique de la femme et son bien-être relationnel, de même que pour le couple relèvent aussi de cette violence. Celle-ci est toutefois largement occultée, voire niée, par une rhétorique faisant de l’avortement un choix banal relevant d’un « droit à disposer de son corps », ce qui revient à éliminer la question de ses causes réelles.

    Enfin, l’ECLJ a montré que, corrélativement aux engagements internationaux des États à protéger la maternité, avant comme après la naissance, ils se sont aussi engagés à plusieurs reprises à prévenir le recours à l’avortement, par exemple en travaillant à la responsabilisation des pères. Il s’agit de garantir à la femme enceinte un « droit de ne pas être contrainte d’avorter », c’est-à-dire de la protéger de la violence générée par des circonstances qui la conditionnent largement. C’est là le premier de leurs droits en matière de sexualité et de procréation.

    Les précédents rapports publiés par Mme Alsalem se sont avérés de grande valeur, traitant courageusement de thèmes tels que la prostitution et la pornographie (mai-juin 2024) ou encore la gestation par autrui (juillet 2025), autant de pratiques dont elle demande aux États de travailler à l’abolition. L’ECLJ espère que ce futur rapport abordera la question de la violence à l’égard des mères d’une manière aussi ambitieuse : il s’agit de dénoncer la vulnérabilité des femmes enceintes face à la violence des pressions diverses pouvant les mener à avorter et de rappeler aux États qu’ils se sont engagés à prévenir cette violence.

    ____

    [1] https://www.guttmacher.org/fact-sheet/induced-abortion-united-states

    [2] Abortions at record high in England and Wales ‘driven by cost of living’, The Guardian, 15.01.2026.

    [3] Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, art. 10.2 ; Charte sociale européenne, art. 8 ; Protocole relatif aux droits économiques, sociaux et culturels à la Convention américaine, art. 15.3.a.

  • Qu’est-ce qu’un bon évêque pour le pape Léon ? Une analyse de ses dernières nominations

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Qu’est-ce qu’un bon évêque pour le pape Léon ? Une analyse de ses dernières nominations

    Le 6 février dernier, le nouvel archevêque de New York, Mgr Ronald A. Hicks (photo), a fait son entrée solennelle dans la cathédrale dédiée à saint Patrick, au cœur de Manhattan et il a esquissé en chaire les grandes lignes de son programme, parfaitement en phase avec les recommandations du pape Léon : « Nous sommes appelés à être une Église missionnaire, une Église qui catéchise, qui évangélise et qui met notre foi en pratique. Une Église faite de disciples missionnaires qui vont faire d’autres disciples et transmettent la foi d’une génération à l’autre. Une Église qui prend soin des pauvres et des plus faibles. Une Église qui défend, respecte et soutient la vie, de sa conception à sa mort naturelle ».

    La nomination de Mgr Hicks n’est pas la seule nomination décidée par le pape Léon qui jalonnera dans les prochaines années la marche de l’Église catholique aux États-Unis. En effet, le 19 décembre dernier, vingt-quatre heures à peine après la nomination du nouvel archevêque de New York, le pape procédait à une autre nomination importante en confiant le diocèse de Palm Beach, en Floride, à Mgr Manuel de Jesús Rodriguez.

    C’est à Palm Beach qu’est situé le domaine de Mar-a-Lago, la résidence préférée du président Donald Trump, dont les politiques dures en matière d’immigration lui ont valu une levée de boucliers de la part de la Conférence épiscopale catholique des États-Unis. D’autant que le nouvel évêque Rodriguez est lui-même un immigré, puisqu’il est né en République Dominicaine, où il a été ordonné prêtre avant d’être envoyé dans une paroisse du diocèse de Brooklyn, dans la ville de New York où il officiait hier encore, et dont les 17 000 fidèles sont pour la plupart « latinos ».

    Mais Mgr Rodriguez n’est pas du genre à monter aux barricades. Après sa nomination, il a déclaré que le président Trump « faisait également de bonnes choses pour les États-Unis et pour le monde. Mais quand il s‘agit des migrants et de la politique sur l’immigration, nous voulons lui venir en aide ». Il a des compétences aussi bien en droit civil qu’en droit canon, tout comme le pape Léon, qui apprécie grandement cette expertise juridique quand il s’agit de confier des rôles importants, comme celui de préfet du Dicastère pour la nomination des évêques à la Curie vaticane, un poste attribué à Filippo Iannone, un canoniste réputé.

    Mgr Hicks également s’est montré en mesure de gérer des situations difficiles, comme à Chicago, où il a été vicaire général et ensuite auxiliaire de l’archevêque et cardinal Blase Cupich et ensuite comme évêque de Joliet, dans l’Illinois, un État frappé de plein fouet par le fléau des abus sexuels. À présent qu’il est arrivé à New York, il devra mettre en place le plan de dédommagement des victimes de l’ordre de 300 millions de dollars que lui a légué son prédécesseur, le cardinal Timothy Dolan.

    Mgr Hicks est un compatriote du pape Robert F. Prevost. Il vient comme lui de la périphérie de Chicago, et est originaire d’une banlieue appelée South Holland, juste à côté de la banlieue de Dalton où le pape est né. « Nos maisons n’étaient distantes que de 14 blocs l’une de l’autre », a‑t-il déclaré. Et pourtant leur première rencontre ne remonte qu’à 2024, lors d’une conférence du cardinal Prevost dans l’Illinois en marge de laquelle ils ont pu avoir un entretien en tête à tête. « J’ai trouvé – dit aujourd’hui Mgr Hicks – qu’il était clair, concis, créatif et toujours humble, capable d’écouter avant de décider ».

    La proximité entre Mgr Hicks et Mgr Cupich, qui est l’une des figures de proue du courant progressiste des évêques des États-Unis, dans le sillage du cardinal Joseph Bernardin (1928 – 1996), lui aussi archevêque de Chicago avant de devenir pendant une décennie le leader historique de ce courant, a laissé chez certains l’impression d’une certaine similitude entre ces deux personnages, dans la mouvance du Pape François.

    Mais en réalité, le véritable mentor de Mgr Hicks était le prédécesseur de Mgr Cupich à Chicago, le cardinal Francis George (1937 – 2015) qui était à la tête du courant conservateur bien plus important, en plus d’avoir été président de la Conférence épiscopale entre 2007 et 2010. C’est lui qui avait suggéré à son successeur de nommer Mgr Hicks en tant que vicaire général. Et c’est surtout lui qui, en 2005, a envoyé le jeune prêtre qu’il était en mission au Salvador pendant cinq ans, pour prendre en charge un orphelinat appelé « Nuestros Pequeños Hermanos ».

    Depuis lors, Mgr Hicks parle parfaitement l’espagnol, qui est par ailleurs la langue maternelle d’une grande partie des catholiques aux États-Unis. Et il a demandé que sa messe d’installation à New York soit célébrée aussi bien en anglais qu’en espagnol. Il a même prononcé l’homélie dans les deux langues. Et il souhaité que ce soit l’un des jeunes orphelins auxquels il est venu en aide au Salvador, Samuel Jimenez Coreas, qui lise l’une des lectures de la messe, extraite de l’épître de saint Paul aux Galates. L’archidiocèse de New York compte plus d’un million de catholiques hispaniques sur un total de 2,4 millions.

    Mgr Hicks partage avec le pape Léon une même vision unitaire et cohérente de l’éthique de la vie, comme la « seamless garment », la tunique sans couture que portait Jésus : une image chère au cardinal Bernardin. Le droit à la vie doit être protégé à chacune de ses étapes, non seulement « de la conception à la mort naturelle », mais également contre la guerre, la pauvreté, l’oppression, même si l’approche est différente. À Joliet, Mgr Hicks avait pris l’habitude de participer au National Day of Remembrance for Aborted Children et bénissait à cette occasion les tombes des enfants non nés. Mais il a également souhaité faire figurer sur ses armoiries épiscopales un plan de « romero », de romarin en espagnol, en hommage à Oscar Romero, cet archevêque du Salvador mort en martyr sur son autel en 1980, sous les balles d’un escadron de la mort.

    Mgr Hicks est également apprécié comme formateur de jeunes prêtres, parfaitement dans la ligne – comme on le découvre aujourd’hui – de la lettre exigeante que le pape Léon a envoyée le 9 février aux prêtres de Madrid mais en réalité à toute l’Église. En 2024, il a été élu président de la Commission pour le clergé, la vie consacrée et les vocations par la Conférence épiscopale des États-Unis avec 68% des voix. Et à New York, il aura du pain sur la planche, vu la chute vertigineuse des vocations à la prêtrise de ces dernières années.

    Il fait preuve de beaucoup de compréhension et de tolérance envers ceux qui célèbrent la messe selon l’ancien rite, tout en restant assez éloigné du profil d’un « cultural warrior » et de l’école théologique néoconservatrice de Richard John Neuhaus, Michael Novak et George Weigel, au contraire de son prédécesseur à New York, le cardinal Dolan.

    Pour le dire plus simplement, Mgr Hicks fait voler en éclats les clivages entre progressistes et conservateurs. Tout comme le pape Léon, l’essentiel pour lui est surtout d’être « in Illo uno unum », unis dans l’unique Seigneur, comme sur la devise augustinienne du blason papal.

    Les principales nominations du pape Léon sont toutes du même ordre. Voici comment Stanislav Přibyl, le nouvel archevêque de Prague, l’une des capitales d’Europe les plus hermétiques à la foi, a immédiatement décrit la voie qu’il souhaite emprunter, dans la foulée de sa nomination le 2 février dernier : « La réconciliation au sein de l’Église me tient particulièrement à cœur, et le premier pas doit précisément être de chercher à l’atteindre. Le Christ est au-dessus de toutes les factions et de tous les groupes d’influence et ce n’est qu’en lui que nous pouvons être véritablement unis ».

    On peut également citer en exemple la nomination le 6 octobre 2025 de Mgr Fabien Lejeusne, à la tête du diocèse belge de Namur. Âgé de 52 ans, ancien supérieur général pour l’Europe de la Congrégation des Augustiniens de l’Assomption, c’est un religieux augustinien comme le pape Léon. Dès son entrée en fonction, ses priorités ont été d’assainir la gestion financière du diocèse et surtout de relancer l’évangélisation, avec une attention particulière envers les jeunes. Tout en se tenant à l’écart des controverses doctrinales poussées à l’extrême.

    Tous ces évêques incarnent l’Église que le pape Léon aime : une Église unie et missionnaire, ouverte à tous mais sans controverses intestines. Avec une place pour le cardinal dominicain Timothy Radcliffe, auquel le pape a demandé de prononcer les méditations introductives du consistoire des cardinaux de janvier dernier, et une autre pour l’évêque trappiste Erik Varden, appelé à prêcher les exercices spirituels de début de Carême au pape et aux personnalités de la Curie vaticane, qui sont tous deux des théologiens de haut vol, mais de tendances clairement différentes.

    C’est également entre de telles personnalités que Léon souhaite mettre en œuvre l’unité « dans le seul Seigneur » au sein de l’Église. Avec une différence importante entre les deux qu’il est important de mentionner ici, car si Mgr Radcliffe, âgé de 81 ans et ancien maître général de l’Ordre des prêcheurs, est au crépuscule de son parcours, Mgr Varden quant à lui, âgé de 52 ans, évêque de Trondheim, en Norvège, et président de la Conférence épiscopale de Scandinavie, a encore tout l’avenir devant lui. Et tout ce qu’il a déjà fait et écrit jusqu’à présent – repris à plusieurs occasions sur Settimo Cielo – nous laisse entrevoir qu’il s’annonce d’ores et déjà très prometteur.

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Le Nicaragua persécute l'Église et le Vatican se tait bizarrement

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    Le Nicaragua persécute l'Église et il y a cet étrange silence du Vatican.

    La persécution des catholiques au Nicaragua, perpétrée par le régime sandiniste d'Ortega et de Murillo, ne cesse de s'aggraver. Non seulement des prêtres sont arrêtés, mais les fidèles sont empêchés de célébrer les fêtes religieuses de quelque manière que ce soit. Le Vatican garde le silence. 

    17 février 2026
    Daniel Ortega (AP)

    La situation s'est aggravée au Nicaragua, avec le maintien de l'interdiction des missions pastorales dans le diocèse de León et le durcissement des restrictions imposées aux événements religieux organisés par l'Église catholique à Managua et dans d'autres villes du pays. Malgré l'arrivée du nouveau pape, le Vatican garde un silence lâche face à la persécution des fidèles et des religieux par les tyrans nicaraguayens. Le dimanche 2 février, le cardinal Leopoldo José Brenes a annoncé le transfert de 23 prêtres à l'archidiocèse de Managua, une réorganisation imposée par l'expulsion de membres du clergé, laissant de nombreuses paroisses sans curé au Nicaragua. L'ampleur de la persécution religieuse au Nicaragua se reflète dans des chiffres alarmants : selon le rapport « La foi sous le feu des critiques  » de l'ONG Colectivo Nicaragua Nunca Más, au moins 261 religieux ont été expulsés du pays depuis 2018, dont quatre évêques, environ 140 prêtres, plus de 90 religieuses, une douzaine de séminaristes et trois diacres. Parmi les expulsés figurent le président de la Conférence épiscopale, Carlos Enrique Herrera, et les évêques Silvio Báez, Rolando Álvarez et Isidoro Mora.

    La dictature du président Daniel Ortega et de son épouse et coprésidente, Rosario Murillo , tient « un discours de réconciliation et d'amour, mais leurs paroles ne correspondent pas à leurs actes : ils craignent la foi et l'amour de Dieu que ressentent les gens », a expliqué Martha Patricia Molina, chercheuse nicaraguayenne en exil et auteure du rapport « Nicaragua : Une Église persécutée  », dans une déclaration faite le 10 février dernier à ACI Prensa, agence de presse chrétienne internationale de langue espagnole. Les prêtres sont depuis longtemps soumis à diverses formes de surveillance policière, notamment des rapports hebdomadaires sur leurs activités et même des demandes d'examen de leurs téléphones portables pour connaître leurs contacts. Depuis le 21 janvier, selon le témoignage de Molina, également rapporté par l' agence ACI , la dictature a interdit les missions pastorales dans le diocèse de León, qui comprend les districts de León et de Chinandega, dirigé par l'évêque René Sándigo. 

    La résurgence des persécutions antireligieuses est également confirmée par un troisième témoin faisant autorité, Félix Maradiaga , président de la Fondation pour la Liberté au Nicaragua, qui a averti que la dictature « ne se contente plus de harceler les chefs religieux ou d'annuler des processions, mais cherche désormais à faire taire la foi au quotidien et à punir toute expression spirituelle qu'elle ne contrôle pas ». Dans une déclaration à ACI Prensa, Maradiaga a souligné comment Ortega-Murillo interdisent désormais « des fêtes populaires profondément enracinées dans la culture et la religion, comme la fête traditionnelle en l'honneur des saints patrons de plusieurs villes à Diriamba, et limitent les célébrations d'une grande importance communautaire, comme celle de l'Enfant Jésus à Matagalpa ». Ces interdictions et persécutions visent également la prédication de porte-à-porte pratiquée par d'autres confessions chrétiennes. 

    « La dictature n'autorise que l'introduction d'images de saints dans l'atrium des églises », poursuivit Maradiaga, rappelant comment les mêmes interdictions avaient affecté « la célébration de la Vierge de Candelaria [à Managua], confinée à l'intérieur des murs de l'église pour empêcher une plus grande participation des fidèles ». Afin d'exercer un contrôle accru et une persécution plus efficace des célébrations catholiques et de la liberté de culte chrétienne, les municipalités sandinistes, avec tout leur appareil organisationnel et technologique, occupent les atriums des églises pour y mettre en scène leurs spectacles : elles choisissent des reines, organisent des bals en plein air pour distraire la population et, de fait, perturbent de toutes les manières les célébrations à l'intérieur des églises.

    Dans ce contexte, la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a récemment appelé la dictature de Daniel Ortega et Rosario Murillo à mettre fin aux violations des droits humains et à libérer inconditionnellement toutes les personnes emprisonnées pour des raisons politiques au Nicaragua. Dans sa déclaration, la CIDH condamne « la répression persistante au Nicaragua, caractérisée par la poursuite des arrestations arbitraires et des privations de liberté à motivation politique à l'encontre de toute personne adoptant une position perçue comme une opposition au régime ». Alors que le Vatican, depuis son exil aux États-Unis, maintient un silence incompréhensible et déconcertant, comparable seulement à celui observé concernant les exactions perpétrées par le régime chinois, seul l'évêque auxiliaire de Managua, Silvio Báez, a exhorté les catholiques à ne pas se taire, appelant l'Église à prendre la parole malgré la répression. Peut-on espérer une intervention des forces spéciales de Trump à Managua ?