Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

BELGICATHO

  • L'avortement, ennemi de la paix : un appel sans équivoque du pape

    IMPRIMER

    De Tommaso Scandroglio sur la NBQ :

    L'avortement, ennemi de la paix : un appel sans équivoque du pape

    Léon XIV cite le cri de Mère Teresa en défense des enfants à naître, sans l'ambiguïté de François qui alternait les propos forts et les louanges à l'avortiste Bonino. Un avertissement qui résonne dans un silence assourdissant, rompu seulement par la cloche de Mgr Suetta, des catholiques et des évêques craignant de briser le « tabou » de la loi 194.

    02_02_2026

    24 heures avant la Journée pour la vie, célébrée hier, dimanche 1er février, le pape a parlé de l'avortement. Il l'a fait en rencontrant les participants à la conférence One Humanity, One Planet. Voici ses mots : « Mère Teresa de Calcutta, sainte et prix Nobel de la paix, affirmait [...] que « le plus grand destructeur de la paix est l'avortement » (cf. Discours au National Prayer Breakfast, 3 février 1994). Sa voix reste prophétique : aucune politique ne peut en effet se mettre au service des peuples si elle exclut de la vie ceux qui sont sur le point de venir au monde, si elle ne vient pas en aide à ceux qui sont dans le besoin matériel et spirituel ».

    Le pape François, rappelons-le, avait utilisé à plusieurs reprises des expressions dures, mais vraies, à propos de l'avortement, le qualifiant de « meurtre » et qualifiant les médecins qui le pratiquent de « tueurs à gages ». Sur le plan politique, comme souvent, il s'était montré ambigu. D'un côté, il avait encensé le roi Baudouin de Belgique, qui n'avait pas signé une loi sur l'avortement, et de l'autre, il avait encensé Emma Bonino, celle qui, toute sa vie, avait mené des campagnes pour recruter de nouvelles adeptes de l'avortement et de nouveaux tueurs, la présentant comme « un exemple de liberté et de résistance ». Oui, de résistance à la vérité et au bien.

    En revanche, aucune ambiguïté pour le pape Léon, qui avait déjà récemment abordé le thème de l'avortement sous l'angle politique (cliquez ici et ici) : si la politique doit être au service des citoyens, il n'y a pas de véritable politique tant qu'elle promeut l'avortement en le légalisant. Si la politique doit protéger la paix sociale, quelle paix pourrait-il y avoir en déclarant la guerre aux êtres humains les plus sans défense, à savoir les enfants à naître ? L'avertissement du Saint-Père, bien que concis, était très significatif : en effet, comme nous l'avons noté, il a été lancé la veille de la Journée pour la vie. Ainsi, implicitement, mais en même temps clairement, le pape rappelle au gouvernement italien ses devoirs, et cet appel ne peut que résonner comme une critique de la loi 194. C'est le style, que nous espérons efficace, de Léon XIV : jamais d'attaques directes, explicites, mais des messages indirects, implicites et, pourrait-on dire, détournés, qui atteignent néanmoins leur cible.

    Il est tout aussi implicite que sans changement culturel, les conditions nécessaires à un changement de cap politique et donc à une révision de la loi 194 ne pourront être réunies. En changeant le terreau culturel, nous aurons tout d'abord l'espoir que, issus de ce terreau, les futurs dirigeants politiques puissent être pro-vie et même militants pro-vie. Et, deuxièmement, les politiciens pourront compter sur le consentement de l'électorat. Car si vous n'êtes pas prêt à vous exposer publiquement pour défendre la vie des enfants à naître, comment pouvez-vous demander aux politiciens de le faire à votre place ? Les lois telles que celle sur l'avortement sont donc des lois miroirs, car elles reflètent le sentiment commun, la sensibilité collective d'un peuple. Il faut donc changer le cœur et l'esprit de Monsieur Rossi avant de pouvoir changer le cœur et l'esprit de la loi 194 (ce qui n'exclut évidemment pas de lutter politiquement en même temps pour son abrogation).

    Aux États-Unis, la Marche pour la vie qui s'est déroulée le 23 janvier dernier avait pour slogan « Rendre l'avortement impensable » ; en Italie, en revanche, il est désormais impensable que le message habituel des évêques pour la Journée pour la vie puisse contenir le mot « avortement ». Or, si même les évêques n'ont pas le courage de prononcer ce mot parce qu'il pourrait troubler la conscience (souillée) de certains ou de beaucoup, y compris la leur (courage dont a fait preuve le Saint-Père), comment les fidèles laïcs pourraient-ils l'avoir ? Ce sont les catholiques qui ont peur et honte de parler d'avortement, alors que ce sont ceux qui propagent le mot d'ordre pro-avortement qui devraient mourir de peur et de honte.

    Les catholiques ont rendu l'avortement clandestin, non pas dans sa pratique, mais dans sa critique. Non seulement l'enfant dans le sein de sa mère est le grand absent du débat sur l'avortement, mais c'est le débat lui-même qui est désormais absent des médias, des réseaux sociaux et donc de la conscience collective, notamment à cause de nous, catholiques, qui devenons ainsi complices de ce massacre par notre omerta complaisante. Et lorsqu'un évêque ose sonner le glas pour les enfants jamais nés, le silence qui entoure ce crime, paradoxalement, permet d'entendre ses coups dans toute l'Italie. Son son réveille les consciences endormies, trouble celles qui ont fait des compromis avec le mal, encourage celles qui défendent vertueusement la vie naissante.

    Jean-Paul II a été très clair : « Aujourd'hui, dans la conscience de beaucoup, la perception de sa gravité s'est progressivement obscurcie. L'acceptation de l'avortement dans les mentalités, les mœurs et même la loi est le signe éloquent d'une crise très grave du sens moral, qui devient de plus en plus incapable de distinguer le bien du mal, même lorsque le droit fondamental à la vie est en jeu. Face à une situation aussi grave, il faut plus que jamais le courage de regarder la vérité en face et d'appeler les choses par leur nom, sans céder à des compromis de convenance ou à la tentation de l'aveuglement » (Evangelium vitae, 58, italiques dans le texte). La première action à entreprendre pour réanimer le corps inconscient des fidèles consiste donc à utiliser le défibrillateur du réalisme linguistique : revenir à appeler les choses par leur nom. Cela signifie non seulement que nous devons recommencer à utiliser le mot « avortement », mais aussi que nous devons recommencer à reconnaître ce qu'il est : « le meurtre délibéré et direct, quelle que soit la manière dont il est pratiqué, d'un être humain au début de son existence, entre la conception et la naissance » (Ib.). C'est un assassinat.

    Alors peut-être que la première étape culturelle pour briser le lien d'accoutumance qui a lié pendant des décennies les catholiques au phénomène de l'avortement, désormais normalisé dans l'esprit de beaucoup, est celle d'un réalisme courageux qui crie que le roi est nu, que l'on ne tue pas les enfants, même ceux qui sont dans le ventre de leur mère. Ce serait vraiment un petit pas pour l'homme, mais un grand pas pour l'humanité.

  • France : quand de nouveaux convertis veulent entrer au séminaire

    IMPRIMER

    De Jean-Marie Guénois sir Le Figaro via le Forum Catholique :

    Ces nouveaux convertis qui veulent entrer au séminaire

    30 janvier 2026

    Un miracle semble avoir eu lieu à Rennes. À la rentrée 2024, 4 candidats avaient frappé à la porte du séminaire, 18 se sont présentés un an plus tard. Soit « une augmentation de 350 % » se félicite le supérieur de la Maison Charles de Foucauld, le père Olivier Roy, en charge de l’une des 13 « propédeutiques » réparties sur le territoire. Cette maison accueille des candidats à la prêtrise de 9 diocèses de Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie.

    Depuis 2022, le passage par une année de propédeutique est obligatoire avant d’entrer au séminaire. Il s’agit de discerner la qualité de la vocation. Une étape préalable, lancée par le cardinal Jean-Marie Lustiger à Paris, dès 1984. Une sorte de « prépa » spirituelle dont l’objet n’est pas les études - philosophiques et théologiques, au programme des six années de séminaire -, mais une plongée dans la vie intérieure, fraternelle et caritative. Il n’y a pas de concours d’entrée à la clé, sinon l’épreuve du « combat spirituel pour gagner en liberté, résume un formateur, afin de se présenter plus mûr au séminaire ».

    Pour expliquer le record de ces 9 diocèses de l’ouest de la France, le père Olivier Roy avance des « effets de rattrapage » d’une année sur l’autre, car certains candidats réfléchissent à deux fois avant de s’engager, ou encore l’influence d’événements comme « le jubilé des jeunes à Rome, en juillet 2025 », cite-t-il. Et, avance-t-il, « pourquoi pas l’effet d’un nouveau pape, à l’image plus consensuelle et compatible avec des jeunes en recherche vocationnelle », en la personne de Léon XIV. Ce formateur constate en effet que « cette promotion de propédeutique 2025 a choisi saint Augustin comme saint patron, ce qui n’est pas sans lien avec les origines spirituelles du pape américain. »

    Confinement et intériorité

    Le père Olivier Roy assure que ce record d’inscriptions n’est pas isolé : « En France, les propédeutiques ont quasiment toutes réalisé une bonne rentrée en septembre dernier, avec 145 inscrits. » Ils étaient seulement 99 « propédeutes » en septembre 2023, soit 46,5 % d’augmentation en deux ans. La courbe d’entrée au séminaire connaît cependant des hauts et des bas : 165 candidats étaient admis en l’an 2000, ils n’étaient que 106 en 2015 et remontaient à 156 en 2020. Quant à la crise des abus sexuels dans l’Église, qui a explosé à l’orée des années 2000, elle semble ne pas avoir grevé significativement les candidatures pour le sacerdoce, puisqu’elles ont été relativement stables ce quart de siècle avec une moyenne de 131 candidats annuels en France.

    En tout cas, il semble bel et bien se passer quelque chose dans l’Église de France. Ne voit-elle pas bondir le nombre des demandes de baptêmes d’adultes et d’adolescents ? Alors qu’ils avoisinaient les 4 000 par an jusqu’en 2022, ils ont décollé il y a trois ans, passant de 5 423 en 2023 à 17 784 en 2025, dont la moitié à un âge inférieur à 25 ans. Là aussi, le pourcentage d’augmentation, 228 %, est spectaculaire. Les chiffres 2026 s’annoncent au diapason, ils seront connus fin mars.

    De nombreux pasteurs estiment que les confinements du Covid (printemps et automne 2020, puis avril 2021) auraient provoqué une « forte recherche de sens » chez beaucoup de jeunes, liée au « vide existentiel » et à « l’isolement des écrans ». Ce que confirme Antoine Pasquier, rédacteur en chef à Famille chrétienne, qui vient de publier Enquête sur ces jeunes qui veulent devenir chrétiens (Mame Éditions), après avoir réalisé une enquête qualitative auprès de ces nouveaux convertis.

    Des baptisés de « qualité »

    Cet auteur décrit le parcours de ces nouveaux entrants dans l’Église. « Beaucoup qui ne connaissaient rien du christianisme se sont mis en route, à la suite d’expériences spirituelles fortes, intimes, ou d’épreuves personnelles. Ils ont ensuite cherché sur internet et les réseaux sociaux des réponses à leurs questions, et lu la Bible, seuls. » Il ajoute : « Ces jeunes sont d’ailleurs fiers d’affirmer leur identité catholique, et cette nouvelle génération de catholiques n’a aucun problème avec le fait d’être minoritaires. »

    Lire la suite

  • 2 février : fête de la chandeleur

    IMPRIMER

    La fête du 2 février est, en premier lieu, une fête de Notre Seigneur et, en second lieu, une fête de la Sainte Vierge. Pour bien comprendre cette fête, il faut la situer dans la série des grandes fêtes du cycle de Noël : Noël, l’Épiphanie et la Chandeleur sont les points dominants du cycle d’hiver. Nous pouvons même remarquer une belle progression, tant dans le symbole de la lumière que dans la participation de l’humanité à la manifestation de Dieu. A Noël, la lumière « brille dans les ténèbres » et bien peu nombreux sont ceux qui « la reçoivent » (la Mère de Dieu, les bergers à la Crèche). A l’Épiphanie, la « lumière » rayonne sur Jérusalem (l’Église), « la gloire du Seigneur s’est levée sur Jérusalem » et le monde païen « afflue » des ténèbres vers la ville de lumière. Aujourd’hui, à la Chandeleur, la lumière est dans nos mains, nous la portons en procession et à la messe ; la lumière fait aujourd’hui partie essentielle de la liturgie. Mais, aujourd’hui aussi, l’Église s’avance comme une Épouse au-devant du Seigneur et « reçoit avec amour la miséricorde (faite Homme) dans ses bras » (Intr.).

    Un second thème important de cette fête, c’est la lumière. Nous connaissons déjà le haut symbolisme de la lumière. Elle signifie le Christ et la vie divine du Christ en nous. Les paroles du vieillard Siméon : « la lumière qui éclaire les nations » donnent à l’Église l’occasion de célébrer une véritable fête de lumière. (Notre fête fut instituée pour remplacer les Lupercales païennes, fêtes dévergondées qui consistaient dans des processions nocturnes aux flambeaux, c’est pour cette raison que le célébrant et ses ministres portent, à la bénédiction des cierges et à la procession, des ornements violets). L’Église bénit aujourd’hui des cierges pour son usage liturgique, mais elle met aussi des cierges dans les mains des fidèles. Ils doivent faire brûler ces cierges chez eux, dans leurs cérémonies domestiques, au moment de l’orage et du péril, et, spécialement, au moment du Saint-Viatique et de l’Extrême-Onction. L’Église veut nous faire souvenir en même temps de notre cierge de Baptême, signe de notre titre d’enfants de Dieu et du ministère sacerdotal constant des fidèles. Tous les ans, nous recevons de nouveau le cierge du Baptême, afin que nous puissions aller en hâte « avec une lampe allumée » au-devant de l’Époux quand il viendra pour les noces.

    Qu’il est beau ce symbolisme de la lumière ! Nous recevons les cierges des mains de l’Église. (Il faudrait que les prêtres de paroisse, conformément aux prescriptions liturgiques, remettent vraiment les cierges aux fidèles). Quel est le sens de ce rite ? L’Église nous donne sans cesse le Christ et la vie divine. Nous portons aujourd’hui, en procession, la lumière allumée, c’est le symbole de la vie chrétienne ; ainsi devons-nous porter le Christ en nous. Avec la lumière dans nos mains, nous rentrons, après la procession, dans l’église ; c’est la maison de Dieu, symbole du ciel. Ainsi marchons-nous avec le Christ à travers la vie en nous dirigeant vers le ciel. Il est particulièrement beau et significatif de voir les fidèles, pendant le chant de l’Évangile et pendant le Canon jusqu’à la Communion, tenir leurs cierges allumés à la main. Quel est le sens de cette cérémonie ? A l’Évangile et au Canon, le Christ est présent parmi nous. C’est pourquoi, à la grand’messe, on porte à ces deux moments les cierges et l’encens. Mais aujourd’hui, l’Église nous dit : il faudrait qu’à chaque messe, vous portiez des cierges à la main ; d’ordinaire, les acolytes vous remplacent, mais aujourd’hui vous remplirez ce ministère du sacerdoce général. Ainsi la messe d’aujourd’hui est une véritable messe de « Chandeleur » presque la seule de l’année.

    Extrait de Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique . Ci-dessous, la fête de la Chandeleur à Rome sous Benoît XVI. JPSC

  • La Présentation au Temple selon Benoît XVI

    IMPRIMER

    Image

    HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

    Basilique vaticane
    Samedi 2 février 2013

    Chers frères et sœurs !

    Dans son récit de l’enfance de Jésus, saint Luc souligne que Marie et Joseph étaient fidèles à la loi du Seigneur. Avec une profonde dévotion, ils accomplissent tout ce qui est prescrit après la naissance d’un garçon premier-né. Il s’agit de deux prescriptions très anciennes : l’une concerne la mère et l’autre l’enfant nouveau-né. Pour la femme, il est prescrit de s’abstenir des pratiques rituelles pendant quarante jours, et d’offrir ensuite un double sacrifice : un agneau en holocauste, et un pigeon ou une tourterelle pour le péché ; mais si la femme est pauvre, elle peut offrir deux tourterelles ou deux pigeons (cf. Lv 12, 1-8). Saint Luc précise que Marie et Joseph offrirent le sacrifice des pauvres (cf. 2, 24), pour souligner que Jésus est né dans une famille de gens simples, humble mais très croyante : une famille appartenant aux pauvres d’Israël, qui forment le véritable peuple de Dieu. Pour le fils premier-né, qui, selon la loi de Moïse, est la propriété de Dieu, le rachat était en revanche prescrit et établi au moyen de l’offre de cinq sicles, à payer à un prêtre n’importe où. Ceci pour faire éternellement mémoire du fait qu’au temps de l’Exode, Dieu épargna les premiers-nés des juifs (cf. Ex 13, 11-16).

    Il est important d’observer que pour ces deux actes — la purification de la mère et le rachat de l’enfant — il n’était pas nécessaire d’aller au Temple. Pourtant, Marie et Joseph veulent tout accomplir à Jérusalem, et saint Luc montre comment toute la scène converge vers le Temple, et se concentre ensuite sur Jésus qui y entre. Et voici que, précisément à travers les prescriptions de la Loi, l’événement principal devient un autre, c’est-à-dire la « présentation » de Jésus au Temple de Dieu, qui signifie l’acte d’offrir le Fils du Très-Haut au Père qui l’a envoyé (cf Lc 1, 32.35).

    Ce récit de l’évangéliste trouve un écho dans les paroles du prophète Malachie que nous avons entendues au début de la première lecture : « “Voici que je vais envoyer mon messager, pour qu’il fraye un chemin devant moi. Et soudain il entrera dans son sanctuaire, le Seigneur que vous cherchez ; et l’Ange de l’alliance que vous désirez, le voici qui vient !” dit le Seigneur... Il purifiera les fils de Lévi... et ils deviendront pour le Seigneur ceux qui présentent l’offrande selon la justice » (3, 1.3). Il est clair qu’on ne parle pas ici d’un enfant, et pourtant, cette parole trouve un accomplissement en Jésus, parce que « soudain », grâce à la foi de ses parents, Il a été amené au Temple ; et dans l’acte de sa « présentation », ou de son « offrande » personnelle à Dieu le Père, transparaît clairement le thème du sacrifice et du sacerdoce, comme dans le passage du prophète. L’enfant Jésus, qui est tout de suite présenté au Temple, est le même qui, une fois adulte, purifiera le Temple (cf. Jn 2, 13-22 ; Mc 11, 15, 19) et surtout, fera de lui-même le sacrifice et le prêtre suprême de la Nouvelle Alliance.

    Telle est également la perspective de la Lettre aux Hébreux, dont un passage a été proclamé dans la deuxième lecture, de sorte que le thème du nouveau sacerdoce est renforcé : un sacerdoce — celui inauguré par Jésus — qui est existentiel : « Car du fait qu’il a lui-même souffert par l’épreuve, il est capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés » (He 2, 18). Et ainsi, nous trouvons également le thème de la souffrance, très accentué dans le passage de l’Évangile, lorsque Syméon prononce sa prophétie sur l’Enfant et sur la Mère : « Vois ! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, et toi-même [Marie], une épée te transpercera l’âme ! » (Lc 2, 34-35). Le « salut » que Jésus apporte à son peuple, et qu’il incarne en lui-même, passe par la croix, par la mort violente qu’Il vaincra et transformera avec le sacrifice de la vie par amour. Ce sacrifice est déjà entièrement annoncé dans le geste de présentation au Temple, un geste certainement motivé par les traditions de l’Ancienne Alliance, mais intimement animé par la plénitude de la foi et de l’amour qui correspond à la plénitude des temps, à la présence de Dieu et de son Saint Esprit en Jésus. L’Esprit, en effet, plane sur toute la scène de la Présentation de Jésus au Temple, en particulier sur la figure de Syméon, mais également d’Anne. C’est l’Esprit « Paraclet », qui apporte le « réconfort » d’Israël et anime les pas et les cœurs de ceux qui l’attendent. C’est l’Esprit qui suggère les paroles prophétiques de Syméon et d’Anne, paroles de bénédiction, de louange à Dieu, de foi dans son Consacré, d’action de grâce parce que finalement nos yeux peuvent voir et nos bras embrasser « son salut » (cf. 2, 30).

    « Lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël » (2, 32) : c’est ainsi que Syméon définit le Messie du Seigneur, au terme de son chant de bénédiction. Le thème de la lumière, qui fait écho au premier et au second poème du Serviteur du Seigneur dans le Deutéro-Isaïe (cf. Is 42, 6 ; 49, 6), est fortement présent dans cette liturgie. (...)

  • La Présentation de l'Enfant Jésus au Temple (2 février)

    IMPRIMER

    giotto_presentatie-tempel_grt.jpg

    La Présentation par Giotto (XIVe s.) - Chapelle des Scrovegni - Padoue

    Présentation du Seigneur au Temple

    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde (fsJ) (archive 2 février 2009, homelies.fr)

    Quarante jours après la naissance du Seigneur, le 2 février, la Présentation au Temple de Jérusalem est un complément du cycle de Noël. La fête est sous le signe de la lumière, en raison de la parole du vieillard Siméon, qui voit dans l’Enfant « la lumière qui éclaire les nations ». Le mot « Chandeleur » vient précisément de candela – la chandelle – reprise dans l’expression Festa candelarum, fête des chandelles. En fait, à l’époque des Romains, il s’agissait d’une célébration en l’honneur du dieu Pan. Toute la nuit, les dévots de cette divinité païenne parcouraient les rues de Rome en agitant des flambeaux. En 472, le pape Gélase 1er décida de christianiser cette fête en la faisant coïncider avec la célébration de la Présentation de Jésus au Temple. De là la bénédiction traditionnelle des cierges avant la Messe et la procession qui anticipe en quelque sorte la nuit pascale. Ce qui souligne l’unité du cycle liturgique et l’orientation de tous les mystères vers la Pâques, où s’accomplit « le salut que Dieu préparait à tous les peuples ». (Pour être complet il faut ajouter qu’au cours des anciennes lupercales romaines, il convenait également de manger une galette de céréales en l’honneur de Proserpine pour obtenir d’elle la fertilité de la terre. Cette pratique s’est maintenue jusqu’à nos jours dans la tradition des crêpes de la Chandeleur !).

    La solennité de ce jour veut nous introduire au mystère de l’incarnation comme l’événement de la rencontre entre Dieu et les hommes. Tout le récit de la présentation de Jésus au Temple est empreint de cette « théologie de la rencontre » ou de la « visitation » de Dieu. Une rencontre qui n’a rien de formel : tout se passe dans la simplicité d’un dialogue, d’un échange de regard, d’un sourire, d’un geste respectueux, dans lesquels Dieu et l’homme s’approchent, s’apprivoisent, s’engagent mutuellement.

    Lire la suite

  • Le Christ, Lumière pour toutes les nations

    IMPRIMER

    Du Père Simon Noël sur son blog :

    Chandeleur (archive 2014) 

    La fête de ce jour a reçu plusieurs dénominations, qui toutes évoquent un aspect essentiel du mystère célébré. Dans la tradition liturgique grecque, on parle de l'hypapante, mot grec qui signifie la rencontre, rencontre entre Jésus et Siméon, mystère de Dieu qui vient à la rencontre de son peuple. La liturgie latine parle de présentation du Seigneur au Temple: au début de sa vie, Jésus s'offre à son Père, pour le salut du monde, et il le fait par les mains de sa mère. On parle aussi de la Purification de Notre-Dame, pour rappeler que la sainte famille a observé les rites de purification, prévus par la loi mosaïque pour une femme qui a enfanté. Grand mystère: celui qui a donné la loi à Moïse sur le Sinaï se soumet lui-même à la loi et démontre ainsi qu'il veut vraiment partager la vie religieuse de son peuple. On parle enfin de chandeleur, pour rappeler que le Christ est la lumière qui brille dans nos ténèbres humaines.

    En célébrant aujourd’hui l’entrée de Jésus au temple, 40 jours après sa nativité, nous clôturons tout le cycle de Noël, au sens large. Un signe que nous changeons de temps liturgique est le fait que le soir, à l’issue des complies, nous ne chanterons plus l’Alma Redemptoris Mater, que nous chantions depuis le début de l’avent, mais ce sera désormais jusqu’à Pâques, le chant de l’Ave Regina caelorum.

    Dans l’évangile et l’icône de ce jour, nous voyons, rassemblés autour de l’enfant Jésus, quatre personnages : Marie, Joseph, Siméon et Anne. Ces quatre personnages ont une chose en commun : ils font partie des pauvres du Seigneur, ils sont les représentants du véritable Israël. Lorsque le peuple de Dieu fut exilé à Babylone, en punition de son infidélité, certains prophètes ont commencé à développer le thème du petit reste. Dans le peuple, majoritairement infidèle, il y avait un noyau resté fidèle à Dieu, un noyau qui en somme rachetait le peuple et sauvait son honneur. A ce petit reste allait échoir une mission de salut non seulement pour le peuple en son entier, mais aussi pour toutes les nations de la terre. Une mission universelle donc, comme le dira Siméon : Lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël, ton peuple. Beaucoup de psaumes sont l’expression de l’âme de ces fidèles fervents. Les pauvres du Seigneur, ce noyau de fidèles fervents, au sein du peuple de Dieu, avaient pour caractère d’être des âmes pieuses et qui n’attendaient leur salut que de Dieu. Ils portaient au maximum toute l’espérance messianique d’Israël.

      Eh bien ! aujourd’hui, ces 4 pauvres du Seigneur, sont en train d’accueillir et de célébrer le salut donné par Dieu, la réalisation des promesses de Dieu faites aux Pères, la fidélité de Dieu qui vient visiter et rencontrer son peuple.  Cette fête de clôture reprend et synthétise tout ce que nous avons déjà célébré lors de fêtes de Noël et de l’épiphanie. Examinons trois thèmes présents dans la liturgie de ce jour.

      Nous avons chanté ce verset du psaume 47 : nous accueillons, ô Dieu, ton amour au milieu de ton temple. En voici une autre traduction, tirée de la Bible en français courant : Dieu, à l’intérieur de ton temple, nous refaisons l’expérience de ta bonté. Dans l’action liturgique, nous revivons tous le mystère célébré. Avec Siméon, nous accueillons Marie, qui nous donne l’enfant Jésus, pour la plus grande joie de l’âme. Ce geste de Siméon qui prend l’enfant dans ses bras, nous le revivons tout spécialement au moment de la communion eucharistique. C’est vraiment tout l’amour de Dieu que nous recevons alors, au milieu de l’Église.

      La procession avec les chandelles nous a d’autre part rappelé que le Christ est la lumière des nations. Le Christ est venu apporter aux hommes la vérité sur Dieu et sur l'homme. La lumière apportée par le Seigneur s'appelle la doctrine chrétienne. La doctrine chrétienne est la doctrine que Jésus est venu révéler aux hommes, que les apôtres ont prêchée et que l’Église continue à enseigner. C'est notre trésor le plus précieux. Étudier, approfondir cette doctrine de vérité et de salut remplit l'âme d'une lumière immarcescible et le cœur d'une joie ineffable.  La célébration de ce jour est une invitation à rechercher la lumière du Christ  en étudiant sa parole. Nous sommes invités à lire la Parole de Dieu, la Bible, à lire aussi des livres qui nous parlent de la foi, à lire la vie des saints, qui nous stimulent dans notre vie chrétienne. Saint Benoît nous rappelle l'importance des "saintes lectures" dans la vie spirituelle. Souvent en effet lorsque nous avons notre âme dans le vague, il suffit d'un bon livre pour nous réchauffer et nous enthousiasmer à nouveau pour les choses de Dieu.

      Le Seigneur Jésus sera, selon la prophétie du vieillard Siméon,  un signe de contradiction. Face à sa personne et à son message, les hommes vont devoir prendre position. L’Église est elle aussi en notre temps signe de contradiction. Elle n'est pas au-dessus de son maître. Nous ne devons donc pas nous étonner de constater, de nos jours particulièrement, le développement d'une haine du christianisme. Certains préfèrent les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres sont mauvaises. Dans un pays comme la France, il y a eu pour l'année 2013 pas moins de 800 profanations de lieu de culte, commis dans l'impunité la plus complète. 
     
       Quant à nous restons inébranlablement attachés à celui qui est notre lumière et notre vie, le seul sauveur : Jésus- Christ.
     
    On pourra également relire cette belle homélie de saint Jean-Paul II
  • Lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël

    IMPRIMER

    FÊTE DE LA PRÉSENTATION DU SEIGNEUR AU TEMPLE

    HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II
    (Homélie lue par le Cardinal Somalo)

    Mardi 2 février 1999

    1. «Lumière pour éclairer les nations» (Lc 2, 32).

    Le passage de l'Evangile que nous venons d'entendre, tiré du récit de saint Luc, rappelle l'événement qui eut lieu à Jérusalem le quarantième jour après la naissance de Jésus: sa présentation au Temple. Il s'agit de l'un des cas où le temps liturgique reflète le temps de l'histoire: en effet, aujourd'hui, quarante jours se sont écoulés depuis le 25 décembre, solennité du Noël du Seigneur.

    Ce fait n'est pas sans signification. Il indique que la fête de la Présentation de Jésus au Temple constitue comme une «charnière», qui sépare et relie l'étape initiale de sa vie sur la terre, la naissance, de celle qui en sera l'accom- plissement, sa mort et sa résurrection. Aujourd'hui, nous quittons définitivement le temps de Noël et nous nous dirigeons vers le temps quadragésimal, qui commencera dans quinze jours avec le Mercredi des Cendres.

    Les paroles prophétiques prononcées par le vieux Syméon mettent en lumière la mission de l'Enfant amené par ses parents au Temple: «Vois! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël; il doit être un signe en butte à la contradiction afin que se révèlent les pensées in- times de bien des cœurs» (Lc 2, 34-35). Syméon dit à Marie: «Et toi-même, une épée te transpercera l'âme» (Lc 2, 35). Les chants de Bethléem viennent de se taire et déjà se profile la croix du Golgotha, et cela se produit dans le Tem- ple, le lieu où sont offerts les sacrifices. L'événement que nous commémorons aujourd'hui constitue donc comme un pont entre les deux temps forts de l'année de l'Eglise.

    2. La seconde lecture, tirée de la Lettre aux Hébreux, offre un commentaire intéressant de cet événement. L'Auteur formule une observation qui nous invite à réfléchir: commentant le sacerdoce du Christ, il souligne comment le Fils de Dieu «se charge de la descendance d'Abraham» (cf. He 2, 16). Abraham est le Père des croyants: tous les croyants sont donc, d'une façon ou d'une autre, compris dans cette «descendance d'Abraham» pour laquelle l'Enfant, qui est dans les bras de Marie, est présenté au Temple. L'événement qui s'accomplit sous les yeux de ces quelques témoins privilégiés constitue une première annonce du sacrifice de la Croix.

    Le texte biblique affirme que le Fils de Dieu, solidaire des hommes, partage leur condition de faiblesse et de fragilité jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à la mort, dans le but d'opérer une libération radicale de l'humanité, en vainquant une fois pour toute l'adversaire, le diable, qui trouve précisément dans la mort son point fort sur les êtres humains et sur chaque créature (cf. He 2, 14-15).

    Dans cette admirable synthèse, l'Auteur inspiré exprime toute la vérité sur la rédemption du monde. Il souligne l'importance du sacrifice sacerdotal du Christ, qui «a dû devenir en tout semblable à ses frères, afin de devenir dans leurs rapports avec Dieu un grand prêtre miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du peuple» (He 2, 17).

    Précisément parce qu'elle souligne le lien profond qui unit le mystère de l'Incarnation à celui de la Rédemption, la Lettre aux Hébreux constitue un commentaire adapté à l'événement liturgique que nous célébrons aujourd'hui. Elle souligne la mission rédemptrice du Christ, à laquelle tout le Peuple de la Nouvelle Alliance participe. Vous participez à cette mission de façon particulière, très chères personnes consacrées, qui remplissez la Basilique vaticane et que je salue avec une grande affection. Cette fête de la Présentation est de façon particulière votre fête: en effet, nous célébrons la troisième Journée de la Vie consacrée.

    3. Je suis reconnaissant au Cardinal Eduardo Martínez Somalo, Préfet de la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de Vie apostolique, qui préside cette Eucharistie. A travers sa personne, je salue et je remercie ceux qui, à Rome et dans le monde, travaillent au service de la Vie consacrée.

    En ce moment, ma pensée s'adresse avec une affection particulière à toutes les personnes consacrées de la terre: il s'agit d'hommes et de femmes qui ont choisi de suivre le Christ de façon radicale dans la pauvreté, dans la virginité et dans l'obéissance. Je pense aux hôpitaux, aux écoles, aux oratoires, où ils œuvrent dans une attitude de dévouement total au service de leurs frères, pour le Royaume de Dieu: je pense aux milliers de monastères, dans lesquels on vit la communion avec Dieu dans un intense rythme de prière et de travail; je pense aux laïcs consacrés, témoins discrets dans le monde, et aux nombreuses personnes en première ligne parmi les plus pauvres et les exclus.

    Comment ne pas rappeler ici les religieux et les religieuses qui, récemment encore, ont versé leur sang alors qu'ils accomplissaient un service apostolique souvent difficile et pénible? Fidèles à leur mission spirituelle et caritative, ils ont uni le sacrifice de leur vie à celui du Christ pour le salut de l'humanité. La prière de l'Eglise est aujourd'hui dédiée à chaque personne consacrée, mais tout particulièrement à eux. Elle rend grâce pour le don de cette vocation et l'invoque ardemment: en effet, les personnes consacrées contribuent de façon déterminante à l'œuvre de l'évangélisation, en lui conférant la force prophétique qui provient de l'aspect radical de leur choix évangélique.

    4. L'Eglise vit de l'événement et du mystère. En ces journées, elle vit de l'événement de la Présentation du Seigneur au Temple, en cherchant à approfondir le mystère qui y est contenu. Cependant, d'une certaine façon, l'Eglise puise chaque jour à cet événement de la vie du Christ, en méditant sa signification spirituelle. En effet, chaque soir, dans les églises et dans les monastères, dans les chapelles et dans les maisons retentissent dans le monde entier les paroles du vieux Syméon, qui viennent d'être proclamées:

    «Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole,
    laisser ton serviteur en paix;
    car mes yeux ont vu ton salut,
    que tu as préparé à la face de tous les peuples;
    lumière pour éclairer les nations
    et gloire de ton peuple Israël
    » (Lc 2, 29-32).

    C'est ainsi que pria Syméon, auquel il avait été donné de voir la réalisation des promesses de l'Ancienne Alliance. Ainsi prie l'Eglise, qui, sans épargner ses énergies, se prodigue pour apporter à tous les peuples le don de la Nouvelle Alliance.

    Dans la mystérieuse rencontre entre Syméon et Marie, se rencontrent l'Ancien et le Nouveau Testament. Ensemble, le vieux prophète et la jeune Mère rendent grâce pour cette lumière qui a empêché les ténèbres de vaincre. C'est une Lumière qui brille dans le cœur de l'existence humaine: le Christ, Sauveur et Rédempteur du monde, «lumière pour éclairer les nations et gloire de son peuple Israël». Amen!

    https://www.unavoce.fr/fete-de-la-presentation-de-jesus-au-temple-et-de-la-purification-de-la-sainte-vierge-2/

  • Pourquoi je ne serai pas protestant (en réponse à Madame Tonus)

    IMPRIMER

       L'annonce par une tertiaire dominicaine relativement médiatique de sa conversion au protestantisme n'a pas fini de faire des vagues. Pour Belgicatho, Paul Vaute fait le point sur les questions fondamentales que soulèvent cette démarche et la manière dont elle a été communiquée. Il répond aussi aux arguments les plus souvent lus ou entendus.

       La laïque dominicaine belge Myriam Tonus, conférencière, essayiste et chroniqueuse prisée de longue date par les médias de toutes obédiences, a fait savoir au début janvier qu'elle avait quitté l'Eglise catholique pour rejoindre l'Eglise protestante unie de Belgique (Epub). Son départ, a-t-elle précisé, est intervenu à la suite "d'une décision longuement mûrie, née d'une réflexion critique notamment sur l'institution et la place des femmes". Elle se dit en outre heureuse d'éprouver "l'impression d’aller dans un plus grand dépouillement au cœur de la foi chrétienne" [1].

       L'annonce a suscité sur les réseaux sociaux des réactions parfois virulentes, qu'il ne peut être question de cautionner ici. Il est en revanche singulier que des voix se soient élevées pour déplorer qu'on puisse "encore", même en termes mesurés, tenir un discours critique du protestantisme.

       Que je sache, l'œcuménisme promu par le concile Vatican II et le magistère depuis lors n'a pas aboli les différences. Le retour à une seule confession chrétienne demeure pour l'heure un vœu, certes pieux. Il est par ailleurs bien singulier que ceux qui s'offusquent notamment des "anathèmes" de "jeunes croyants qui s'érigent en gardiens d'une orthodoxie qu'ils jugent menacée" [2] n'esquissent pas le moindre froncement de sourcils quand des voix protestantes, en ce compris celle de la dernière néophyte, déblatèrent allègrement la hiérarchie et les enseignements romains. Quitte dès lors à froisser quelques gentil(le)s ingénu(e)s, c'est notre différence que je vais affirmer ici. Non pas en théologien que je ne suis pas, mais en historien et journaliste émérite, armé du minimum de sensus fidelium auquel je peux légitimement prétendre.

     

    [1] https://www.cathobel.be/2026/01/myriam-tonus-rejoint-leglise-protestante-ce-qui-me-rend-heureuse-limpression-daller-dans-un-plus-grand-depouillement-au-coeur-de-la-foi-chretienne/

    [2] https://www.cathobel.be/2026/01/si-la-liberte-de-conscience-de-myriam-tonus-nous-questionne-la-violence-numerique-doit-plus-encore-nous-interpeller/

    Lire la suite

  • Que le cœur de ceux qui cherchent le Seigneur se réjouisse (Introit du 4ème dimanche du T.O.)

    IMPRIMER

    Introït
    Ps. 104, 3-4
     
    Laetetur cor quaerentium Dominum:
    quaerite Dominum, et confirmamini:
    quaerite faciem eius semper.

    Que le cœur de ceux qui cherchent le Seigneur se réjouisse :
    cherchez le Seigneur, et soyez affermis:
    cherchez sans cesse sa face.

    Ps. Célébrez le Seigneur et invoquez Son Nom; annoncez Ses œuvres parmi les nations. v. Gloire au Père.

  • Heureux les pauvres, heureux les doux... Homélie pour le 4e dimanche du temps ordinaire

    IMPRIMER

    Du Père Simon Noël osb :

    Les béatitudes homélie

    Jésus avait choisi ses 12 apôtres dans le dessein formel de les envoyer prêcher la bonne nouvelle au monde entier. Il fallait donc qu'il les instruisît sur cette bonne nouvelle à annoncer. C'est ce qu'il fit sans tarder dès le début de son ministère. Le premier grand sermon que Jésus prononça est le sermon sur la montagne et il commence par la proclamation des 8 béatitudes.

    En parlant alors comme il le fit, Jésus a voulu nous donner les lois fondamentales du véritable bonheur. Ces principes du vrai bonheur avaient été corrompus par les passions du paganisme et par les préjugés du judaïsme. Ces lois du vrai bonheur sont encore aujourd'hui ignorées et méprisées par le monde. Notre monde est en effet dominé par ces fausses valeurs que sont le pouvoir, l'argent et la recherche effrénée des jouissances de cette vie. L’Évangile au contraire nous parle d'humilité, de pauvreté et de pureté.

    Examinons de plus près deux des béatitudes proposées. D'abord la toute première : Heureux ceux qui sont pauvres en esprit. Les pauvres en esprit sont ceux qui sont détachés des biens de la terre. Leur cœur en effet est libre et ils possèdent déjà le royaume des cieux, parce que dès à présent, sans crainte ni sollicitude, ils sont établis dans la paix, qui est un avant-goût du bonheur céleste.

    Qui sont ces pauvres en esprit dans la pratique ? Ce sont ceux qui d'abord sont économes dans leurs dépenses et qui se contentent de ce qu'ils ont en ne se laissant pas prendre par les mirages et les illusions de la société de consommation. Le monde actuel nous pousse à acheter sans cesse de nouvelles choses ? Certaines personnes ne savent pas s'empêcher de faire du lèche-vitrine, de se laisser tenter et d'entrer dans les magasins pour acheter sans cesse de nouvelles choses, dont elles n'ont pas vraiment besoin : vêtements, bijoux, appareils de plus en plus sophistiqués, que sais-je encore ? Mais au bout du compte elles ne récoltent qu'un vide affreux dans le cœur. Par contre celui qui reste maître de lui et qui vit dans une certaine sobriété goûte en lui-même une plénitude intérieure et une joie profonde, que le monde ne peut lui ravir.

    Une autre manière de vivre la pauvreté, c'est le partage. Si on a du superflu, il s'agit de le donner à ceux qui sont dans le besoin ou à de bonnes œuvres. En pratiquant ainsi l'aumône on s'enrichit pour Dieu, car qui donne aux pauvres prête à Dieu.

    Une autre béatitude qui doit retenir notre attention est celle-ci : Heureux les doux. Elle s'oppose à une autre caractéristique de notre monde, qui est la violence, la dureté, l'agressivité. L'un des chemins pour vivre cette douceur c'est de prendre conscience de la douceur infinie de Dieu. Cette douceur divine nous enveloppe et dans la prière, nous pouvons la goûter, la savourer et nous plonger en elle. Une personne qui prie beaucoup finit par devenir tout à fait douce, car elle est pénétrée par la douceur même de Dieu. Même si naturellement cette personne est portée à l'impatience, à la colère ou au ressentiment, elle finira par s'adoucir et ainsi elle sera plus heureuse. Elle acquerra une entière liberté d'esprit et une paix inaltérable au milieu des vicissitudes de la vie.

    Restons-en là. Notre choix est le suivant : vivre selon les passions du monde dans la violence ou la recherche effrénée des jouissances de ce monde, ou croire vraiment en la parole du Christ et préférer le bonheur dont son Évangile nous livre quelques secrets.

  • Appartenir à un peuple pauvre et petit qui prend pour abri le nom du Seigneur (homélie pour le 4e dimanche du temps ordinaire)

    IMPRIMER

    L'homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le 4ème dimanche du temps ordinaire (29 janvier 2023) :

    Voulez-vous réussir votre vie ? Faites confiance au Seigneur, il s’en occupe. Écoutez-le, il vous montrera le chemin. L’ambiance actuelle est morose. Beaucoup sont même tentés de se replier sur des petits bonheurs quotidiens, sans nourrir de grands projets. Un petit bonheur au jour le jour… Mais est-ce que cela peut tenir face aux orages de la vie ? Bien sûr, nous pourrions espérer une vie qui passe entre les gouttes, mais est-ce ainsi qu’on réussit sa vie ?

    Le temps que nous vivons nous apprend que les épreuves et les crises sont inévitables. Elles peuvent nous désespérer et nous replier sur nous-mêmes dans le cynisme ou l’arrogance ; ou bien elles peuvent nous rendre pauvres et petits et sont finalement une bénédiction. Tant de gens, aujourd’hui comme hier, se coupent de la source de la vie et s’enferme dans leur suffisance. Il n’y a rien de plus terrible que de réussir tout ce qu’on veut et de se l’attribuer. Comment rester humble dans ce cas ? Oui, on peut, mais c’est si difficile. Nous voyons tant de gens ne compter que sur eux-mêmes, et puis mépriser encore plus Dieu quand ça ne va pas. Que feront-ils lorsque le Seigneur se révélera à la fin du temps, ou bien quand ils paraîtront devant lui ? Oh quelle épreuve pour eux ! D’autres, qui n’ont pas moins d’orgueil, s’enferment dans des récriminations victimaires et vivent de critiquer les autres. Ils s’enfoncent dans la jalousie. Leur vie leur échappe tout autant. Eux aussi se coupent de la source de la vie et un jour ils le découvriront amèrement. Comment éviter cela ? Au milieu des crises de son temps, le prophète Sophonie affirmait que ceux qui seront peut-être à l’abri au jour de la colère du Seigneur, ce sont ceux qui cherchent le Seigneur dans la justice et l’humilité, un peuple pauvre et petit qui prend pour abri le nom du Seigneur.

    Soyons de ce peuple, en nourrissant la grande ambition d’être riches en vue de Dieu plutôt qu’aux yeux du monde. Jésus déclare heureux les pauvres, les doux, ceux qui pleurent, ceux qui sont persécutés, ceux qui sont rejetés à cause de lui. Ces jours-ci, nous avons lu que la lettre aux Hébreux s’adressait à des baptisés qui ont dû affronter « le dur combat des souffrances », insultes et brimades à cause de leur foi (He 10,32). Mercredi, au temple, on nous a rappelé à quel point 2022 a été une année terrible pour les chrétiens persécutés un peu partout sur la planète (voir le site internet de Portes Ouvertes). Chez nous, c’est dans le dénigrement insidieux de notre foi et l’ivresse matérialiste que nous devons vivre. Pour certains, dans la médecine, dans l’enseignement, dans le droit, cela devient très difficile de rester fidèle à l’enseignement de l’Église sur la vie et sur l’amour.

    Au milieu de cela, le Seigneur Jésus nous dit : heureux ! Qui est capable d’ouvrir ainsi les portes de la vie au milieu des impasses ? Lui seul, le maître de la vie, par notre foi. Nous sommes venus aujourd’hui auprès de lui. Disons-lui que c’est sa vie seulement qui peut nous faire vivre ! Pensons à ce qu’ont dû endurer les premiers chrétiens et avec quelle joie et quel soutien mutuel ils ont traversé cela, au point d’être si contagieux que l’Église sans cesse se multipliait.

    Oui, nous réussirons notre vie en suivant Celui qui est le chemin, la vérité et la vie. Chaque fois que nous sommes devant un choix, demandons-nous : qu’est-ce que l’Évangile nous dit ? Qu’est-ce que l’Église a déjà discerné à ce sujet ? Comment puis-je avancer dans la vraie lumière ? Cela nous coûtera peut-être beaucoup, mais le Seigneur ne nous abandonne pas et c’est ainsi que nous trouverons le bonheur. Bonne route !

  • Pas de messe finale au forum RivEspérance

    IMPRIMER

    Du site "Riposte catholique" :

    Liège : « célébrer ensemble » au programme de Rivespérance, mais sans messe finale