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BELGICATHO

  • Allemagne : le nombre total d'enfants avortés depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière

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    De Manfred Spieker sur le Tagespost :

    La réforme de la loi sur l'avortement, entrée en vigueur il y a 50 ans, le 22 juin 1976, a légalisé l'interruption de grossesse en Allemagne. Avant même cette réforme, la Conférence des évêques avait averti : « Cette réglementation ébranle les fondements de notre État de droit, elle détruit la conscience morale et rend la société non pas plus humaine, mais plus inhumaine », et elle avait exprimé l'attente que les hôpitaux et les médecins catholiques s'abstiennent de toute pratique d'avortement.

    La réforme a également instauré l'obligation pour les médecins et les hôpitaux de déclarer leurs avortements à l'Office fédéral de la statistique. Ces statistiques sont compilées depuis 1977. La RDA, qui avait légalisé l'avortement en 1972, tenait également des statistiques sur ce sujet. Les statistiques ouest-allemandes ont recensé 54 309 avortements en 1977 et 75 548 en 1978. Ces chiffres ont incité Hans Maier, alors président du Comité central des catholiques allemands (ZdK), décédé le 8 juin, à appeler les catholiques, lors du Congrès catholique de 1978 à Fribourg, à exprimer leur indignation face à l'avortement : « Nous devons réapprendre à nous indigner face à de telles choses. Un peuple qui ne peut plus exprimer son indignation est perdu. »

    Le nombre total d'enfants tués depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière.

    À cette époque, les évêques et le Comité central étaient encore en conflit. Ces dernières années, le nombre annuel d'avortements a fluctué autour de 100 000. En résumé, les statistiques pour l'Allemagne font état de 6 794 045 avortements au 31 décembre 2025 et d'environ 6,82 millions à la fin mars 2026. Un nombre important de cas non déclarés est également probable.

    L'Office fédéral de la statistique expliquait régulièrement que ses chiffres ne reflétaient pas la réalité jusqu'à la réforme des articles 218 et suivants du Code pénal allemand en 1995. Nombre de médecins ne respectaient pas l'obligation de déclaration. Les statistiques de facturation de l'Association nationale des médecins conventionnés affichaient à elles seules des chiffres systématiquement surestimés pour les avortements. Les avortements facturés à titre privé, avec des codes incorrects ou pratiqués à l'étranger doivent également être comptabilisés. Alors que les chiffres officiels des avortements correspondent déjà à la population de la Hesse et de Brême, le nombre total d'enfants tués depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière.


    L'auteur est professeur émérite de sciences sociales chrétiennes.

  • Irak : l'histoire d'une communauté chrétienne sous pression

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    Du site de l'ECLJ :

    Les chrétiens irakiens : l'histoire d'une communauté sous pression

    18 juin 2026

    En deux décennies, la population chrétienne d'Irak a chuté de 85 %. Les descendants des Assyriens et des Babyloniens, héritiers de l'une des plus anciennes civilisations du monde, sont confrontés à une série d'épreuves incessantes qui rendent chaque jour plus difficile le choix de rester sur leur terre ancestrale.

    Le conflit israélo-iranien n'a pas épargné l'Irak, et la région autonome du Kurdistan irakien, au nord du pays, en subit de plein fouet les conséquences. Le gouvernement régional du Kurdistan (GRK), pris en étau par sa position géographique et la convergence d'intérêts stratégiques, est devenu, malgré lui, un théâtre de tensions. Dans ce contexte, les chrétiens se retrouvent une fois de plus en première ligne. Ankawa, commune chrétienne d'Erbil, capitale du Kurdistan irakien et cœur de la communauté chrétienne du pays, se situe à quelques centaines de mètres seulement de la base militaire américaine de l'aéroport international d'Erbil, une proximité qui en fait une victime collatérale.

    Des attaques de drones menées par des milices chiites ont endommagé plusieurs bâtiments appartenant à l'archidiocèse chaldéen d'Erbil, notamment le complexe d'appartements Bienheureux Michel McGivney et le couvent des Filles chaldéennes de Marie Immaculée. La plaine de Ninive n'a pas été épargnée. Cette région, située à l'est et au nord de Mossoul, comprend plusieurs villes historiquement chrétiennes telles que Qaraqosh, Bartella, Karamlesh, Telkief et Alqosh, et demeure l'un des territoires les plus complexes du nord de l'Irak. Relevant du gouvernorat de Ninive, elle se trouve à la frontière entre les zones d'influence de Bagdad et du gouvernement régional du Kurdistan. Si certaines villes sont administrées par les autorités kurdes, d'autres relèvent du gouvernement fédéral ou sont marquées par la présence de divers groupes armés. Dans ce contexte particulièrement sensible, la ville de Bartella a également été touchée, cette fois par des frappes aériennes américaines.

    La ville de Bartella, située dans la province de Ninive, a été frappée par des drones américains en mars 2026.

    Contrairement aux épreuves passées, il n'y a aujourd'hui ni ligne de front clairement définie, ni refuge. Les missiles sont imprévisibles et peuvent frapper n'importe où. Une menace diffuse et invisible plane à nouveau sur une communauté qui semble ne jamais cesser de payer le prix de la guerre.

    Une communauté au bord de l'extinction

    Les chrétiens d'Irak ne constituent pas une simple minorité religieuse ; ils forment un peuple autochtone dont l'identité se perpétue grâce à l'usage du « sureth », une langue néo-araméen encore parlée dans la liturgie et au quotidien. Le Kurdistan irakien, et en particulier Ankawa à Erbil, ainsi que la plaine de Ninive, abritent une mosaïque de communautés. Parmi celles-ci figurent l'Église chaldéenne de rite catholique oriental, la plus importante d'Irak ; l'Église apostolique assyrienne d'Orient, dont le siège patriarcal est à Erbil ; l'Ancienne Église d'Orient (qui s'est séparée de l'Église apostolique assyrienne d'Orient en 1964) ; les Églises syriaque catholique et orthodoxe ; et les minorités arméniennes, descendantes des exodes du début du XXe siècle. Leur disparition ne serait pas un simple changement démographique, mais la fin d'une civilisation enracinée dans l'histoire.

    Messe de Pâques à la cathédrale syriaque orthodoxe Notre-Dame de la Lumière d'Ankawa, célébrée par Son Excellence Nicodème Daoud Sharaf

    Comme leECLJComme l'indiquait un rapport de mai 2025, la présence de ces chrétiens en Irak est menacée d'extinction. Avant l'invasion américaine de 2003, ils étaient environ 1,5 million. Depuis, ils sont victimes de violences aveugles. Dans les années 2000, une vague de violences ciblées et d'enlèvements a d'abord déferlé ; puis, en 2014, la conquête de la plaine de Ninive par l'État islamique a provoqué un exode massif vers l'Occident et les pays voisins. Selon un communiqué de presse de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) daté de juillet 2024, il n’en reste que 250 000 en raison de ce déclin continu, soit une baisse de 85 % en deux décennies.

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  • Les jésuites quittent Liège...

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    Oui, c’est une page d’histoire qui se tourne à Liège.

    Les Jésuites quittent effectivement la Cité ardente en 2026, après plus de 456 ans de présence continue (depuis 1569 environ). La communauté de la rue Saint-Gilles fermera ses portes à la fin de l’année scolaire 2025-2026.

    • Les premiers Jésuites étaient arrivés peu après la fondation de la Compagnie (1540), avec des figures comme Pierre Canisius.
    • Ils fondèrent ou reprirent plusieurs établissements : le Collège en Isle (1582), le Collège des Anglais (1616), puis plus tard le Collège Saint-Servais (repris en 1838), le Collège Saint-Louis et l’Institut Gramme (début XXe siècle, aujourd’hui intégré à HELMo).
    • Leur rôle a été central dans l’éducation humaniste, la formation intellectuelle, la pastorale et l’engagement social à Liège pendant des siècles.

    Le départ s’inscrit dans une réorganisation plus large de la Province jésuite d’Europe occidentale francophone (EOF), liée au vieillissement des effectifs et à une baisse des vocations. Le dernier Jésuite en fonction au Collège Saint-Servais est parti à la retraite, scellant la décision.

    Les Jésuites ont incarné une tradition éducative exigeante (ratio studiorum), alliant rigueur intellectuelle, formation du caractère, discernement et ouverture au monde. Leur empreinte à Liège est profonde, et leur départ physique marque la fin d’une présence ininterrompue exceptionnelle.

    La perte d’une communauté religieuse résidente active (pastorale, accompagnement spirituel, animation intellectuelle) est bien réelle dans un contexte de sécularisation forte en Europe occidentale. Les Jésuites ont souvent été des « ponts » entre foi, culture et société ; leur retrait s’inscrit dans un mouvement plus large de déclin des ordres religieux en Belgique et en Europe.

    C’est une évolution triste pour ceux qui attachent de l’importance à cet héritage. Liège perd une part de son identité historique distinctive. La question plus large est celle de la transmission : comment préserver et actualiser cet esprit éducatif et spirituel sans les acteurs qui l’ont incarné pendant près de cinq siècles ?

  • Pourquoi le nouvel ordre mondial déteste la vie et la famille

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    De Maria Bigazzi sur la NBQ :

    « Je vais vous expliquer pourquoi le nouvel ordre mondial déteste la vie et la famille »

    Les conséquences de la société pandémique, le néo-malthusianisme, le déclin des nations occidentales, l’abandon de la loi naturelle, l’immigration, le nouvel ordre mondial et sa haine de la vie et de la famille. La Bussola interviewe Ettore Gotti Tedeschi, auteur de *Ainsi ne parlait pas Zarathoustra*.

    18/06/2026

    Nous vivons dans une société malade, nous nous sentons perdus et privés de notre identité. Nous en avons parlé avec Ettore Gotti Tedeschi, auteur du livre *Così non parlò Zarathustra* (Cantagalli), qui précise que la société est tombée malade depuis qu’elle a nié le « libre arbitre » et l’a progressivement remplacé par le « déterminisme scientifique ». On a oublié l’enseignement de Socrate, d’Aristote, de saint Thomas, tandis que l’on connaît et partage la pensée de Nietzsche et de Sartre, en se limitant à tenter de résoudre les effets et en perdant ainsi la capacité de rechercher et de comprendre les « causes » de toute chose, le sens de la vie, les valeurs essentielles.

    Pandémie et situation d’urgence : quelles sont les conséquences de la société pandémique et dans quelle mesure influencent-elles la crise économique ?

    Le confinement, considéré comme la solution à une « pandémie », outre les problèmes déjà bien connus d’ordre social, psychologique, etc., a eu un résultat vraiment considérable : accélérer le processus de numérisation (notamment grâce au télétravail) d’au moins 10 à 15 ans, voire 20 selon certains. Je me contenterai de résumer : la numérisation est un outil fondamental pour être compétitif dans un monde globalisé, où les anciens pays émergents (aujourd’hui les BRICS) représentent près de 50 % de la population mondiale et 50 % du PIB mondial. Le problème est complexe : l’Occident ne sait plus aujourd’hui comment rivaliser, il doit inventer un avantage concurrentiel. Une découverte technologique, cependant, dans un monde globalisé, se répercute sur son utilisation au sein du marché, qui détermine les modèles économiques à adopter, car marché mondial rime avec concurrence mondiale. Soit on sait être compétitif, soit on fait autre chose. L’interdépendance entre les pays du monde est extrêmement forte, tout comme la concentration des nouvelles matières premières (pensons à l’énergie), mais aussi des produits de haute technologie (pensons aux puces électroniques). Aucun pays n’est plus autonome et ne peut se passer des autres. Je pose donc la question : une forme de « souverainisme » est-elle possible aujourd’hui ?

    Le surhomme aujourd’hui : entre néo-malthusianisme, écologisme et syncrétisme religieux. Pouvez-vous nous en faire une analyse ?

    Le surhomme de Nietzsche devrait aujourd’hui se concrétiser grâce aux technologies et à l’intelligence artificielle, ou bien à l’aide de certaines substances psychotropes. En pratique, il s’agit de l’amélioration des facultés humaines grâce à la technologie. Pour moi, la véritable amélioration réside dans la prière et dans la grâce que Dieu m’accorde, mais il est évident que si l’homme se prend lui-même pour Dieu, il ne s’estimera qu’à l’aune de ses découvertes scientifiques, réduisant ainsi lui-même sa dignité d’enfant de Dieu. Nietzsche avait prophétisé la fin de la civilisation occidentale parce qu’elle était chrétienne, tout comme le fait que très bientôt, l’homme considérerait le péché non plus comme un péché envers Dieu, mais envers la Terre et l’environnement. Il a ainsi convaincu ses disciples d’accélérer le processus d’écologisme, seule raison certaine de redécouvrir le malthusianisme nécessaire pour réduire la population. Aujourd’hui, les néo-malthusiens « érudits » et « responsables » ont établi que la population mondiale doit être réduite pour « sauver la planète ». Le syncrétisme religieux est quant à lui une grande découverte faite par les secrétaires de l’ONU pour assurer le succès du soi-disant nouvel ordre mondial, en encourageant les migrations – inutiles et contre-productives d’un point de vue économique (et non humanitaire) – vers des pays à religion dogmatique afin de polluer les « croyances superstitieuses dogmatiques », les valeurs non négociables, la crédibilité de l’autorité morale, etc. Et il y a eu un pape [François, ndlr] qui a même applaudi.

    Déclin des nations occidentales, nouvel ordre mondial (mondialisation et immigration) et crise de l’Europe : quelles en sont les causes et quel rôle joue l’abandon de la loi naturelle et du sens moral ?

    Giacomo Leopardi attribuait au progrès des Lumières la perte du sens moral. Les Lumières avaient également réduit l’homme à de la « matière », entraînant ainsi une ignorance des lois naturelles. Il ne fait aucun doute que l’anthropocentrisme, où l’homme se substitue à Dieu (théocentrisme), né à l’époque humaniste et de la Renaissance, a contribué à convaincre l’homme de satisfaire ses propres besoins, grâce à une recherche technique appropriée et à un consumérisme toujours plus grand. Cette forme de matérialisme a entraîné une sécularisation progressive, très immanente et peu transcendante. De la métaphysique, l’homme passe à l’utilitarisme technocratique et individualiste, peut-être même encouragé par certains théologiens qui, pour ne pas perdre leur popularité dans le monde, ont même réussi à concilier l’évolution biologique avec l’évolution morale nécessaire. Personne ne parle plus de métaphysique ni d’utilitarisme. Comment prétendre qu’un relativisme éthique niant les valeurs objectives ne s’affirme pas de plus en plus ? L’immigration, qui est une contradiction absolue, ne sert qu’à effacer les racines de la civilisation chrétienne, tout comme cela a été le cas pour le nouveau « bio-droit », qui, avec le président Obama et l’OMS, a remplacé la bioéthique, notamment en matière d’avortement, d’euthanasie, etc. Combien ont aujourd’hui le courage d’aller à contre-courant sans crainte ?

    Le nombre de naissances diminue, la population âgée augmente et, avec elle, les dépenses de santé publique. L’euthanasie devient alors la « solution » au problème… Quel est le lien entre l’euthanasie et la dénatalité ?

    Ce sont les deux faces d’une même médaille. La dénatalité est présentée comme une meilleure qualité de vie sans enfants, tandis que l’euthanasie apparaît comme la solution miséricordieuse à une vie indigne d’être vécue. L’absence d’enfants engendre la pauvreté et des risques indicibles de considérer la vie comme « sans valeur » ; l’euthanasie confirme que la valeur de la vie est toujours et uniquement « nulle ». Pour comprendre, nous devrions avoir le courage de reconnaître qui hait la vie humaine et pourquoi, sans en avoir honte. Je vous invite à lire ce qu’a écrit à ce sujet le grand Jérôme Lejeune. Dans une économie mature, avoir des enfants est synonyme de richesse, ne pas en avoir est synonyme de pauvreté. Dans le soi-disant monde occidental, pour devenir plus riche, il faut avoir plus d’enfants. Personnellement, j’ai étudié et affirmé cela dès 1975. Aujourd’hui, 50 ans plus tard, je lis que le problème de la natalité (avec ses conséquences) a été découvert par tous. Auparavant, on l’a nié, en se moquant de moi. Mais ce qui s’est passé depuis 1975, rien que dans le monde occidental riche et cultivé, a coûté très cher. Et aujourd’hui, éliminer 70 % de la population mondiale pour préserver la Terre est un choix idéologique qui coûtera bien plus cher encore.

    Vous affirmez que la famille incarne la vérité humaine et sociale et qu’elle constitue le noyau social. Quelles conséquences entraîne la désagrégation de la famille au sein de la culture mondialiste-nihiliste ?

    La famille est autant haïe que la vie elle-même, car elle accomplit quelque chose d’intolérable : elle met au monde, élève et éduque ses enfants de manière subjective, non pas de façon homogène, mais en fonction des besoins, du caractère, des aptitudes, des forces et des faiblesses de chacun, individuellement. Permettez-moi de dire qu’on comprend tout de suite si un jeune a été élevé de cette manière par sa famille. Pourrait-on envisager de soutenir la famille, ne serait-ce que dans ce rôle, dans un monde globalisé qui prétend uniformiser les cultures, les comportements, les valeurs et les religions ? Ce n’est pas facile, d’autant plus que la famille est en concurrence avec l’État en matière d’investissements scolaires et professionnels. Elle s’occupe des membres de la famille malades, des personnes âgées, et elle le fait avec soin et affection. L’État ne semble pas beaucoup apprécier cette concurrence, peut-être selon le même principe qui a conduit à l’expulsion des religieuses infirmières des hôpitaux ou des religieuses enseignantes des écoles maternelles ?

  • Cardinal Sarah vs Benoist de Sinety : quand deux visions de l'Eglise s'affrontent

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    De Mathilde de Virene sur Tribune Chrétienne :

    Le cardinal Robert Sarah et le père Benoist de Sinety : le choc de deux visions de l’Église

    Cardinal Sarah ( @tribunechretienne)- Père de Sinety ( Wiki)
    Cardinal Sarah ( @tribunechretienne)- Père de Sinety ( Wiki)
    Alors que le pape Léon XIV a lui-même rappelé le 23 avril 2026 qu'"un État a le droit d'imposer des règles à ses frontières", le père Benoist de Sinety continue de défendre une vision de l'accueil migratoire que beaucoup jugent déconnectée des réalités politiques et culturelles

    Entre défense de l’identité chrétienne et accueil sans limite, entre enracinement civilisationnel et ouverture universelle, deux conceptions de la mission de l’Église s’affrontent aujourd’hui. Une fracture qui traverse désormais une partie du catholicisme français et occidental. Le débat ne porte plus seulement sur l’immigration ou l’identité nationale. Il touche désormais à la compréhension même de l’Évangile et à la mission de l’Église dans le monde contemporain. À travers les prises de position du cardinal Robert Sarah et du père Benoist de Sinety, ce sont deux visions profondément différentes du christianisme qui apparaissent.

    Dans son récent ouvrage La cause du Christ : l’Évangile contre « l’identité chrétienne », le père Benoist de Sinety dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique du christianisme. Il s’inquiète d’un catholicisme qui ferait de la défense de l’identité, de la civilisation ou des frontières une priorité. Selon lui, les migrants sont devenus les « boucs émissaires » des sociétés occidentales et la peur constitue l’un des principaux moteurs des débats actuels.

    Le cardinal Robert Sarah développe une analyse radicalement différente. Depuis plusieurs années, le prélat guinéen met en garde contre une Europe qui renonce à ses racines chrétiennes. Il compare régulièrement le continent à « un arbre qui a perdu ses racines et qui meurt ». Pour lui, la crise migratoire ne peut être abordée uniquement sous l’angle de l’émotion ou de la générosité immédiate. L’une de ses déclarations les plus marquantes demeure celle dans laquelle il qualifie l’immigration de masse de « triple trahison » et même de « nouveau type d’esclavage ». Selon le cardinal, les premières victimes sont souvent les peuples africains eux-mêmes, privés de leurs forces vives, tandis que les passeurs et les réseaux criminels prospèrent sur la détresse humaine : « Le meilleur accueil que l’on puisse faire aux migrants, c’est de développer leur pays pour qu’ils restent chez eux », a-t-il notamment affirmé.

    Au-delà de la question migratoire, le désaccord touche également la notion d’identité chrétienne. Le père Benoist de Sinety voit dans cette expression un risque de fermeture et d’exclusion. À l’inverse, le cardinal Sarah estime qu’une civilisation qui renonce à son héritage spirituel finit inévitablement par disparaître. Il rappelle que l’accueil n’a de sens que si celui qui accueille sait encore qui il est. Cette opposition révèle deux lectures différentes de la charité chrétienne. Pour le père Benoist de Sinety, celle-ci se traduit avant tout par l’accueil concret et immédiat de celui qui frappe à la porte. Pour le cardinal Sarah, la charité ne peut être réduite à une simple assistance matérielle. Il rappelle régulièrement que l’Église n’est pas une organisation humanitaire parmi d’autres et que sa première mission demeure l’annonce du Christ et le salut des âmes.

    Aux yeux de nombreux catholiques, le risque est celui d’un christianisme réduit à un message social, où la défense des migrants, porteurs eux aussi de leur identité et de leur religion,finirait par occulter les questions de vérité, de conversion et de transmission de la foi. Ils voient dans certaines prises de position contemporaines une forme de naïveté face aux défis civilisationnels que connaît l’Europe. À l’inverse, les partisans de la ligne défendue par le père Benoist de Sinety estiment que l’Évangile exige un accueil généreux. « Jésus n’a pas besoin d’être défendu », affirme le prêtre, qui voit dans l’usage de l’identité chrétienne une déformation du message universel porté par le Christ. » Ce débat dépasse largement la France. Il traverse aujourd’hui l’ensemble du monde catholique. Derrière les discussions sur l’immigration ou l’identité se joue en réalité une question fondamentale : comment annoncer le Christ dans une civilisation qui doute de ses racines et de son avenir ? Sur ce point, le cardinal Robert Sarah demeure l’une des voix les plus fortes et les plus écoutées du catholicisme contemporain.

  • Chesterton et la crise de la civilisation occidentale

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    De Ruadhan Jones sur le Catholic Herald :

    Chesterton et la crise de la civilisation occidentale

    Un débat transatlantique persiste quant à la question de savoir si les États-Unis ou l'Europe sont plus riches. Il est surprenant d'observer ce phénomène, non pas parce que les arguments sont déraisonnables, mais parce qu'il illustre parfaitement une tendance à se focaliser sur les détails au détriment de l'essentiel. Les deux camps sont exceptionnellement riches ; pourtant, leurs citoyens semblent nourrir un profond mécontentement. Ils refusent d'avoir des enfants, la consommation de drogue explose et le discours politique et social est marqué par une violence et des manifestations croissantes, pour ne citer que quelques indicateurs. Ce constat a été relevé par Dan O'Brien, économiste en chef de l'Institut des affaires internationales et européennes, qui a suggéré que le décalage entre richesse financière et satisfaction des individus est dû à la consultation compulsive d'informations anxiogènes. J'estime, quant à moi, qu'en analysant les données de cette manière, O'Brien met involontairement en lumière l'une des caractéristiques clés du déclin civilisationnel, tel que décrit par G.K. Chesterton, journaliste et converti au catholicisme du XXe siècle.

    Dans son ouvrage « L'Homme éternel », Chesterton, analysant le déclin de l'Empire romain, affirme : « Le désespoir ne réside pas dans la lassitude de la souffrance, mais dans la lassitude de la joie. C'est lorsque, pour une raison ou une autre, les biens d'une société cessent d'être bénéfiques que la société commence à décliner. » Ceci explique comment il est possible que nous soyons, selon la plupart des critères modernes, heureux – c'est-à-dire matériellement prospères – et en même temps profondément déprimés. Le bienfait des sociétés occidentales modernes résidait dans un niveau de prospérité et de confort inimaginable pour nos ancêtres. Que ce soit à gauche ou à droite, socialistes ou libertariens, le confort économique et matériel a été au cœur de nos débats politiques. Or, ce critère essentiel n'est plus pertinent ; dans une société comme la nôtre, suggère Chesterton, il sera difficile de mesurer le déclin, car ce sont les biens qui se détériorent. C'est un peu comme admirer une récolte de pommes en apparence saine, sans savoir qu'elles pourrissent de l'intérieur.

    Mais pourquoi se sont-elles dégradées ? Qu'est-ce qui a provoqué le déclin d'une société forte et prospère, devenue en apparence toujours forte et prospère, mais profondément malheureuse ? Chesterton apporte une réponse convaincante : la mythologie de cette société, source de ses idéaux, est morte. Il en fut de même à Rome, où les mythes fondateurs de l'empire s'estompèrent peu à peu, à mesure que l'on comprit qu'il ne s'agissait pas d'une véritable religion ancrée dans la réalité, mais de mythes à rejeter ou à instrumentaliser à des fins personnelles.

    On pourrait dire la même chose, me semble-t-il, du mythe fondateur de notre époque : le libéralisme, avec sa promesse de libertés absolues et de bonheur humain pour la figure mythique de l’individu libéral. Le libéralisme promettait que nous pourrions poursuivre ce qui nous rendait heureux, car l’homme déterminerait ses propres fins, et que l’ordre politique garantirait un équilibre entre les besoins conflictuels sans préjugés.

    Mais cette situation a dégénéré – soudainement d'un point de vue laïque, inévitablement d'un point de vue de droit naturel – en une politique identitaire factionnelle. On a renoncé à jouer la carte de la neutralité et de l'équilibre, pour se tourner plutôt vers ce qui semblait être la promesse centrale du libéralisme : la liberté absolue d'assouvir nos désirs personnels. « Les hommes recherchent des péchés plus étranges ou des obscénités plus choquantes pour stimuler leurs sens blasés… ils tentent de se donner à cœur joie », écrivait Chesterton à propos de Rome. Il aurait tout aussi bien pu écrire à propos de Londres ou de Dublin en 2026, tant ces villes sont gangrenées par la toxicomanie, les perversions sexuelles, la corruption financière et la cupidité. Chesterton savait que la mort d'un mythe laisse un vide qu'il faut combler.

    Ce qui est absurde pour Rome, comme pour nous, c'est que notre civilisation actuelle se meurt au moment même où elle n'a jamais été aussi forte. La culture occidentale, grâce à l'hégémonie américaine dans ce domaine, est devenue la force dominante à travers le monde. Chacun aspire à la prospérité que nous avons atteinte. Même la Chine, pourrait-on dire, est plus occidentale qu'orientale dans sa vision du monde, ayant assimilé la doctrine de cette hérésie quasi-chrétienne qu'est le marxisme. Les parallèles avec la Rome de Chesterton sont, une fois de plus, frappants. « Il ne restait plus rien qui puisse conquérir Rome », écrit-il, avant d'ajouter : « mais il ne restait plus rien non plus qui puisse l'améliorer. »

    Autrement dit, rien de propre à la religion ne pouvait l'améliorer ; à moins d'y ajouter un nouvel ingrédient pour la renouveler. À cet égard, les Romains furent chanceux, car le Christ vint combler le vide avec une foi qui était, comme J.R.R. Tolkien l'expliquait à C.S. Lewis, un véritable mythe. Tandis que la plupart des religions faisaient un compromis avec Rome, offrant nominalement leur obéissance au divin César en échange de la liberté de culte, une petite secte commença à semer le trouble, refusant cette tolérance superficielle au profit de la vérité. Qu'obtinrent-ils en récompense ? D'abord la persécution, mais finalement la réhabilitation.

    Comme l'ont soutenu Chesterton, et après lui le célèbre historien Christopher Dawson, le christianisme possède un pouvoir de régénération unique. Dawson le considère comme la caractéristique essentielle de la culture occidentale, par opposition aux autres grandes civilisations : sa capacité à renaître et à se renouveler de l'intérieur, en équilibrant les forces statiques et dynamiques. Comment cela est-il possible ? Grâce à l'espoir qui réside en nous, « errant, extravagant, excessivement attaché à des chances fugaces », écrit Chesterton. Ainsi, tandis que le reste du monde se querelle au sujet du PIB, nous savons que les problèmes sont plus profonds et que la solution, elle aussi, ne réside pas dans l'économie, mais dans la foi. C'est seulement par un retour au Christ que l'Europe « renouvellera sa jeunesse comme l'aigle », comme elle l'a fait tant de fois déjà.

  • Les ordinations sacerdotales continuent de diminuer en Pologne

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Les ordinations sacerdotales continuent de diminuer en Pologne

    Pour la première fois de ce siècle, le pays enregistrera moins de 200 ordinations sacerdotales cette année.

    Au total, 196 nouveaux prêtres devraient être ordonnés en Pologne cette année, poursuivant ainsi une baisse à long terme de leur nombre.

    L'agence d'information catholique polonaise KAI a rapporté que 130 des candidats seront des prêtres diocésains et 66 serviront au sein d'ordres religieux.

    On prévoit que 2025 sera la première année du XXIe siècle où la Pologne enregistrera moins de 200 ordinations sacerdotales. On en comptait 208 en 2025 et 235 en 2024.

    La baisse des ordinations sacerdotales devrait se faire sentir bien au-delà de la Pologne, car ce pays a traditionnellement fourni des prêtres à d'autres pays européens, tant à l'Est qu'à l'Ouest. La Pologne a également longtemps été une source importante de prêtres missionnaires pour l'Afrique, l'Amérique latine et l'Asie.

    Malgré le déclin continu du nombre de vocations sacerdotales, la Pologne demeure le pays européen qui enregistre le plus grand nombre de nouvelles vocations sacerdotales. En France, par exemple, on comptait 90 nouveaux prêtres en 2025, contre 25 en Allemagne .

    La Pologne a une population totale inférieure à celle de la France et de l'Allemagne, mais elle compte un plus grand nombre de catholiques baptisés et un taux de fréquentation de la messe nettement supérieur à celui de ces deux pays.

    Les nouveaux prêtres ordonnés en 2026 seront répartis de manière inégale entre les diocèses de Pologne. Tarnów, souvent décrit comme le diocèse le plus « religieux » du pays en raison de son taux de fréquentation des messes le plus élevé, comptera 14 ordinations en 2026, soit une de plus qu'en 2025.

    Les chiffres suivants les plus élevés se trouvent dans les deux diocèses de la capitale, Varsovie. Le diocèse de Varsovie-Praga, qui couvre l'est de la ville, comptera neuf nouveaux prêtres. L'archidiocèse de Varsovie, à l'ouest, en comptera huit, dont cinq ont étudié au séminaire Redemptoris Mater, rattaché au Chemin néocatéchuménal.

    L'archidiocèse de Cracovie, étroitement lié à saint Jean-Paul II et qui fut jadis un foyer de vocations, ne comptera que quatre nouveaux prêtres en 2026, contre sept en 2025 et treize en 2024.

    Selon KAI, le nombre de diocèses catholiques latins sans ordination est passé de six en 2025 à sept en 2026. Les trois éparchies gréco-catholiques de Pologne — qui ne desservent qu'une fraction de la population par rapport aux diocèses catholiques latins — n'ont accueilli aucun nouveau prêtre ni en 2025 ni en 2026.

    KAI a noté que certains diocèses n'auront pas d'ordinations cette année en raison d'un changement dans la formation au séminaire, qui dure désormais sept ans au lieu de six en raison de l'ajout d'une année propédeutique (préliminaire).

    En mai, l'Ordinariat militaire de Pologne a procédé à ses premières ordinations sacerdotales depuis 14 ans.

    Selon l'Annuarium Statisticum Ecclesiae in Polonia , un aperçu numérique annuel publié par l'Institut des statistiques de l'Église catholique, la quasi-totalité des 42 diocèses catholiques latins de Pologne ont connu une baisse du nombre de prêtres incardinés entre 2018 et 2024.

    Le nombre total de prêtres diocésains à l'échelle nationale a diminué de 6,4 %, passant de 24 876 à 23 274. La baisse la plus marquée a été enregistrée dans le diocèse de Łomża, dans le nord-est de la Pologne, où le nombre est passé de 588 à 512, soit une réduction de près de 13 %.

    Le cas le plus exceptionnel était celui de l'archidiocèse de Varsovie, où le nombre de prêtres est passé de 855 à 909, soit une augmentation de plus de 6 %.

    Commentant le déclin global et constant du nombre de prêtres, le père Jan Frąckowiak a déclaré à KAI que cela pouvait être considéré comme un retour à la normale pour l'Église en Pologne.

    « La baisse systématique du nombre de nouveaux prêtres ordonnés s'explique par le fait que nous sommes actuellement en phase de déclin par rapport au pic des vocations atteint dans les 1 060 ans d'histoire de l'Église en Pologne », a déclaré Frąckowiak, recteur d'un séminaire à Poznań et président de la Conférence des recteurs des grands séminaires diocésains et religieux du pays.

    « Jamais auparavant dans l’histoire nous n’avions eu plus de 40 diocèses, dont presque chacun possédait son propre séminaire – généralement très important – et, de surcroît, un séminaire complet. Cela ne s’est produit qu’une seule fois dans l’histoire, et il semble actuellement que nous revenions à la norme historique. »

    Évoquant les causes de ce déclin, il a déclaré : « Je citerais par exemple le déclin démographique, la diminution de la proportion de croyants et de catholiques pratiquants dans la société, et la moindre capacité des jeunes générations à prendre des engagements définitifs. »

    Le taux de fécondité en Pologne a atteint un nouveau plancher de 1,068 en 2025, bien en dessous du seuil de remplacement de 2,1. L'agence statistique nationale du pays prévoit que la population pourrait passer d'environ 37,3 millions actuellement à 29,4 millions d'ici 2060, soit une baisse de plus de 20 % au cours des 35 prochaines années.

     
  • Le pape met en garde contre le risque d'aggravation du schisme lors des ordinations d'évêques de la FSSPX

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    Le pape met en garde contre le risque d'aggravation du schisme lors des ordinations d'évêques de la FSSPX

    La Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) a annoncé son intention de consacrer quatre prêtres comme évêques le 1er juillet sans l'autorisation du pape Léon XIV.

    CASTEL GANDOLFO, Italie — Le pape Léon XIV a averti que l'ordination prévue d'évêques de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) pourrait pousser le groupe vers le schisme, les exhortant une fois de plus à s'arrêter et à rester en communion avec l'Église.

    « Nous les avons invités, et j'envisage encore de lancer un nouvel appel, pour leur dire : “Ne faites pas cela. Essayons de vivre la communion dans l'Église.” Mais c'est leur choix. Ils doivent comprendre ce que cela signifie pour eux et pour l'Église », a déclaré le pape, répondant aux questions des journalistes devant la Villa Barberini à Castel Gandolfo le 16 juin.

    La Fraternité Saint-Pie-X a annoncé son intention de consacrer quatre prêtres évêques le 1er juillet, sans l'autorisation du pape Léon XIV. Le Vatican avait averti le 13 mai qu'une telle décision, prise sans mandat papal, constituerait un acte schismatique passible d'excommunication. Les consécrations auront lieu au séminaire de la FSSPX à Écône, en Suisse.

    « Certes, la division entre chrétiens est toujours une chose douloureuse », a déclaré le pape. « Mais ils refusent d’accepter certains éléments fondamentaux de l’Église, à commencer par divers points du concile Vatican II. Et s’ils persistent dans ces choix, je le regrette. Mais nous devons aller de l’avant. »

    La FSSPX célèbre exclusivement la messe traditionnelle en latin et a rejeté certains enseignements et réformes du concile Vatican II, notamment en ce qui concerne la liberté religieuse et l'approche de l'Église vis-à-vis des autres confessions.

    Le pape a également répondu à des questions sur la diplomatie du G7, ses futurs voyages en France et au Pérou, et sur la réponse chrétienne aux migrations qui appelle à reconnaître les raisons pour lesquelles les gens doivent quitter leur pays, telles que la violence et la guerre.

    Commentaire sur InfoVaticana :

    À quoi faut-il adhérer pour être catholique ? Les doutes soulevés par la déclaration du pape

    Car l’expression « divers points du Concile » constitue une limite qu’il convient de définir clairement. L’Église distingue entre les dogmes, les doctrines définitives et les enseignements du Magistère authentique. S’il existe un cadre doctrinal complet visant à clarifier les exigences de chaque enseignement, il semble raisonnable d’exiger qu’il soit appliqué avec précision lorsqu’il s’agit de déterminer si l’on demeure dans la communion ecclésiale ou non.

    Dès lors, je pose la question : dois-je croire en Lumen Gentium de la même manière que je crois en la divinité du Christ ? Dois-je croire en Dignitatis Humanae avec la même adhésion qu’à l’Immaculée Conception ? La liberté religieuse relève-t-elle du dépôt de la vérité révélée ou d’une formulation prudentielle appliquée à des circonstances historiques particulières ? Et si la réponse est la première, à quel moment a-t-elle été définie comme une vérité révélée par Dieu et proposée comme telle par l’Église ?

    Par ailleurs, dois-je m’en tenir uniquement au texte conciliaire ou également à une interprétation particulière de celui-ci ? Car l’expérience des soixante dernières années semble indiquer que la controverse porte moins sur les mots écrits eux-mêmes que sur la manière de les lire. S’il est obligatoire d’adopter une herméneutique particulière, il serait utile de savoir laquelle, qui la définit et avec quel degré d’autorité elle s’impose.

    Benoît XVI a jugé nécessaire de consacrer un discours célèbre à l'explication de ce qu'on appelle « l'herméneutique de la continuité ». Mais si un document requiert une théorie interprétative complète pour démontrer qu'il ne contredit pas les formulations antérieures du Magistère, il est difficile de soutenir en même temps que son sens est si évident qu'il puisse servir de critère immédiat pour déterminer qui demeure pleinement en communion avec l'Église.

    La même question se pose concernant la liturgie. Est-il obligatoire de considérer la réforme liturgique issue du Concile comme l'expression la plus aboutie de l'Église dans son histoire ? Dois-je croire que les nouvelles prières eucharistiques de Bugnini constituent un progrès par rapport au Canon romain en vigueur depuis des siècles ? Dois-je affirmer que l'offertoire introduit après la réforme exprime plus pleinement la théologie de la messe que les formules traditionnelles ? Est-ce une question de foi ou un sujet ouvert à un débat légitime ?

    La tradition catholique a toujours considéré que le Credo et les dogmes définissent la foi. Cependant, dans la pratique contemporaine, une logique semble gagner du terrain selon laquelle Vatican II ne serait plus simplement un concile œcuménique à recevoir en fonction de la nature de ses enseignements, mais une sorte de métacritère ou de super-dogme capable de déterminer rétrospectivement toute l'orthodoxie catholique.

    Je ne cherche pas à savoir ce qui définit le progressisme ou le conservatisme, ni quelle interprétation privilégient certains théologiens ou papes. Ma question est bien plus fondamentale : que dois-je croire précisément pour rester catholique ? Que signifie exactement pour le pape ces « éléments fondamentaux de l’Église » énoncés lors du concile Vatican II, auxquels nous devons nécessairement adhérer pour être en communion ?

  • Trisomie 21 : « Qui sommes-nous pour décider qui peut vivre ou non ? »

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    De gènéthique.org :

    Trisomie 21 : « Qui sommes-nous pour décider qui peut vivre ou non ? »

    16 juin 2026

    Amazon.fr - Ti-Prince - de Reynal, Emmanuel - Livres

    Emmanuel de Reynal signe Ti Prince, l’histoire d’un petit garçon qui traverse l’existence avec une capacité surnaturelle à aimer (cf. Ti Prince – Emmanuel de Reynal). Ti Prince est porteur de . Emmanuel de Reynal est son frère. Rencontre avec l’auteur d’un ouvrage joyeux, simple et tendre.

    « J’ai toujours voulu écrire son histoire », confie Emmanuel de Reynal. Son frère Richard alias « Ti Prince » et lui n’ont qu’un an d’écart. Sans occulter la trajectoire difficile, le parcours de vie singulier marqué par le handicap et de grands moments de solitude parfois, l’objectif de l’auteur avec cet ouvrage était aussi – surtout ? – de témoigner de la richesse de la présence d’une personne porteuse de trisomie 21 au sein d’une famille. Grâce à son pouvoir de transformer les gens proches comme plus éloignés, Richard a « bonifié sa famille », affirme Emmanuel de Raynal.

    Il n’est pas facile de pénétrer l’intériorité d’une personne porteuse de trisomie 21. Aussi l’auteur a fait le choix de faire parler son frère à la première personne, parfois dans un langage soutenu, pour rétablir Ti Prince dans sa pleine humanité et « intégrité ».

    Face aux préconisations visant à généraliser le dépistage prénatal non invasif de la trisomie 21 (cf. Dépistage prénatal, IVG et stérilisation forcées : l’ONU épingle les pratiques eugénistes de l’Europe) ou à autoriser le  des aneuploïdies (cf. « Promouvoir le DPI-A aujourd’hui, c’est ignorer les progrès de la recherche »), Emmanuel de Reynal considère : « Si la société laissait tout le monde avoir sa juste place, nous n’en serions pas là ». Et dénonçant une « dictature de la norme », il interroge : « Qui sommes-nous pour décider qui peut vivre ou non ? ». Car c’est bien la diversité humaine qui « fait la richesse d’une société ».

    « Ubuntu », « je suis ce que je suis grâce à ce que tu es », souligne un proverbe africain cher à l’auteur. Nous avons tous une véritable responsabilité les uns vis-à-vis des autres. Et « côtoyer la différence, c’est ce qu’il y a de plus beau dans le projet humain ».

  • La mort du cardinal Ruini, le cardinal qui a fidèlement accompagné le pontificat de Jean-Paul II

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    La mort du cardinal Ruini, interprète de l'époque wojtylienne

    Président de la Conférence épiscopale italienne (CEI), vicaire du pape pour le diocèse de Rome et président du Projet culturel de l'Église italienne, le cardinal Camillo Ruini a fidèlement accompagné le pontificat de Jean-Paul II, concluant par le « choix religieux » et incitant l'Église italienne à jouer un rôle plus actif dans la société.

    17 juin 2026

    Dans le numéro récemment paru de la revue Il Mulino, l'historien Guido Formigoni parle de « l'ère Wojtyla-Ruini » comme d'un tout unitaire, caractérisé par une dynamique précise de la politique ecclésiastique et une vision de la manière de guider indirectement la politique.

    Suite au décès hier du cardinal Camillo Ruini, on peut affirmer que ce cadre d'interprétation est pertinent. Chronologiquement, les récits concordent parfaitement et l'expression « ère Wojtyla-Ruini » est pleinement justifiée. De 1991 jusqu'au décès de Jean-Paul II, le cardinal Ruini fut vicaire du pape pour le diocèse de Rome, président de la Conférence épiscopale italienne (CEI) et du Latium, ainsi que président du Projet culturel de l'Église italienne. À ce titre, il a également accompagné Benoît XVI pendant plusieurs années, convaincu de poursuivre dans la même voie. L'affirmation de Formigoni mérite d'être soutenue, non seulement par la concordance des dates, mais aussi par son contenu.

    Les années 1990 ont été marquées par deux grands phénomènes de changement qui ont affecté à la fois l'Église et la société italienne, et, naturellement, leurs relations réciproques. Du côté de l'Église, le projet de Jean-Paul II de relancer la doctrine sociale de l'Église portait ses fruits, notamment avec l'encyclique Centesimus annus (1991), consacrée au tournant historique de l'effondrement du communisme en Europe de l'Est. Quant à l'Église italienne, ce renouveau avait préparé le terrain pour le changement de cap exprimé par Jean-Paul II lors du Congrès ecclésial de Lorette en 1985 : l'Église avait une contribution propre à apporter à la société italienne, y compris sur les plans culturel et politique, dépassant ainsi la position antérieure d'un « choix religieux » qui n'était plus engagé dans le jugement de la réalité.

    Parallèlement à ces bouleversements au sein de l'Église, la société italienne traversait une crise du système partisan, marquée par la fin de la Démocratie chrétienne comme catalyseur du vote catholique, la dispersion politique croissante des catholiques, la résurgence du Parti populaire et sa marginalisation. Un nouveau cadre s'imposait, conçu en accord avec les encycliques de Wojtyla, qui visaient à restaurer l'unité de la mission d'évangélisation de l'Église, notamment par sa présence publique. Figure clé de cette période complexe, le cardinal Ruini s'efforça d'organiser cette nouvelle présence selon les principes et les programmes du pape polonais, sans toutefois provoquer de troubles majeurs, mais en préservant au contraire l'unité. Il était pleinement conscient de l'existence de nombreux dissidents, tant au sein de l'Église que parmi les hommes politiques catholiques du camp démocrate.

    En 1991, le cardinal Ruini signa la préface du Directoire pour la pastorale sociale, « Évangéliser le social », dont la structure et le contenu étaient pleinement inspirés par Wojty. Ce Directoire donnait des instructions précises sur la manière dont chaque membre de l'Église, de l'évêque au laïc, devait agir au service de la doctrine sociale de l'Église : chose presque impensable aujourd'hui. Dans ce contexte de regain d'enthousiasme pour les nouveaux défis, l'Église italienne finança le Centre d'études de la doctrine sociale de l'Église à l'Université catholique de Milan, encouragea la création des Écoles de formation à l'engagement social et politique (EFIPS) dans chaque diocèse et favorisa la création de nouvelles organisations laïques actives dans le lobbying, telles que le Forum national des associations familiales, longtemps dirigé par Luisa Santolini. Puis, sous la présidence du cardinal Ruini lui-même, l'Église créa et finança le Projet culturel de l'Église italienne. Comme on peut le constater, la renaissance de la doctrine sociale et la conviction que l'Église devait jouer un rôle qui ne se limitait pas à l'animation ont inspiré cette époque ruinienne, malgré les difficultés prévisibles.

    Parmi eux, on se souvient de ceux qui adhéraient à la ligne alternative du cardinal Martini, ou de ceux qui accusaient cette nouvelle « présence » d’abandonner l’esprit du Concile, comme le père Bartolomeo Sorge. Malgré les nouveaux enseignements, certains continuaient de considérer comme idéologique l’affirmation d’une doctrine catholique unifiée qui devait guider la pastorale et non l’inverse. Il faut reconnaître au cardinal Ruini le mérite d’avoir mené le navire à travers la tempête, d’avoir partagé la vision de Jean-Paul II et de s’être battu pour la mettre en œuvre dans notre pays. Peut-être aurait-il pu éviter de chercher à maintenir l’unité avec tous. Si l’on examine l’organisation des nombreuses conférences du Projet pastoral ou les initiatives qu’il a promues, on constate que toutes n’ont pas suivi fidèlement la ligne du cardinal.  

    En matière de relations politiques, le cardinal Ruini a usé de nombreux atouts. Il envisageait d'influencer la politique indirectement par le biais d'hommes politiques catholiques présents dans tous les partis. Ces hommes, aux opinions politiques diverses, étaient unis par ce qui allait devenir les « principes non négociables ». L'idée, en elle-même, s'inscrivait bien dans le renouveau de la doctrine sociale de l'Église, mais son développement demeurait inégal, une forte résistance persistait et sa présence dans tous les partis politiques favorisait une divergence, même sur les valeurs à défendre. Sa dernière tentative en la matière fut son appel à l'abstention lors du référendum de 2004 sur l'insémination artificielle. Ce fut un succès immédiat, mais le cardinal fut également accusé d'avoir outrepassé les limites permises à un membre du clergé. Cet événement illustra néanmoins clairement sa conception d'une présence catholique indirecte.

    Le cardinal Ruini se sentait également à l'aise avec Benoît XVI, il a soutenu sa ligne et, avec le Projet culturel, il a organisé la conférence qui est devenue plus tard un livre, « Avec Dieu ou sans Dieu, tout change », une voie qui a également intéressé de nombreux penseurs laïques – alors appelés péjorativement « dévots » – intéressés par un discours renouvelé sur la vérité.

    Il semble toutefois que notre cardinal, désormais « à la retraite », n'ait pas été pleinement satisfait du pontificat de François. À sa mort, au printemps 2025, il a formulé quatre conditions que le nouveau pape devait posséder : une doctrine solide, des qualités de chef, un esprit de communion et la consolidation de la foi. Nombreux sont ceux qui ont perçu ces souhaits comme des exigences contraires aux principes incarnés par le pontificat qui venait de s'achever.

  • Le clergé de la République démocratique du Congo dénonce l'apathie du gouvernement face à la violence et aux maladies

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    De Ngala Killian Chimtom sur le CWR :

    Le clergé de la République démocratique du Congo dénonce l'apathie du gouvernement face à la violence et aux maladies

    « Des gens sont tués chaque jour », a déclaré sœur Josée Ngalula, professeure de théologie dogmatique à l’Université catholique du Congo à Kinshasa.

    Les responsables religieux de la République démocratique du Congo ont exprimé leurs inquiétudes quant à l'accent mis par le gouvernement sur la réforme constitutionnelle, alors que les citoyens sont pris dans un tourbillon de conflits et de maladies.

    Des années de conflit ont déjà infligé des souffrances insupportables à la population, notamment dans l'est du pays, mais l'épidémie du virus Ebola a engendré un sentiment d'épuisement total.

    Dans une lettre adressée à CWR, l'évêque Melchisedec Sikuli Paluku du diocèse catholique de Butembo-Beni a dénoncé la situation sécuritaire alarmante dans son diocèse, les attaques persistantes ayant créé un cycle de peur parmi la population.

    « Le diocèse de Butembo-Beni souffre d'une insécurité quasi endémique », a constaté le religieux. Il a évoqué de multiples formes de violence, certaines parties de la région vivant sous « occupation étrangère, avec la complicité de l'AFC/M23 ».

    Il a rappelé la récente vague de massacres, citant les attaques perpétrées les 30 et 31 mai à Beni par l'ADF-Nalu, qui ont fait 21 morts. Une attaque survenue les 2 et 3 juin dans la ville de Mbau, près de Beni, a également fait 16 victimes.

    « Des gens sont tués chaque jour », a déclaré sœur Josée Ngalula, professeure de théologie dogmatique à l’Université catholique du Congo à Kinshasa et première femme africaine nommée à la commission théologique du Vatican.

    La communauté des Sœurs de Saint-André de Kinshasa a qualifié les événements survenus dans l'est de la RDC d'« invasion », expliquant qu'une grande partie des combats est le résultat d'intérêts miniers étrangers.

    « Ce qui se passe au Nord et au Sud-Kivu est une invasion. L’armée rwandaise est entrée en RDC avec des chars et des soldats pour s’emparer des mines de coltan et d’or », a déclaré M. Ngalula à CWR.

    « Ces ressources sont acheminées clandestinement vers le Rwanda et vendues sur les marchés internationaux, notamment à l’UE et au Qatar. Contrairement à d’autres régions en proie aux milices locales, les Kivus subissent une agression militaire directe de la part d’un État voisin », a-t-elle déclaré.

    Elle a expliqué que le Rwanda avait tenté, sans succès, de dissimuler son implication.

    « Le Rwanda tente de dissimuler cette invasion en finançant une fausse rébellion appelée M23AFC. Bien que ce groupe se prétende congolais, seuls trois de ses dirigeants sont originaires du Congo ; les autres sont rwandais. Ces combattants ne vivent pas ici ; ils résident au Rwanda, faisant la navette le matin pour s’emparer de nos ressources et rentrant le soir. C’est pourquoi la question du Nord et du Sud-Kivu est directement liée au Rwanda », a-t-elle déclaré à CWR.

    Les combats dans l'est de la RDC ont été encore compliqués par l'épidémie du virus Ebola. Selon les autorités sanitaires congolaises, la maladie a jusqu'à présent fait au moins 136 morts et 676 cas ont été confirmés.

    Sœur Rolande Kyakimwa, des Oblates Missionnaires de l'Assomption, a déclaré à CWR qu'il y a une « peur généralisée » déclenchée non seulement par les combats en cours, mais aussi par la propagation du virus Ebola.

    « Une peur généralisée entoure actuellement l’épidémie d’Ebola. Les gens doivent se protéger en se lavant les mains et en évitant les contacts physiques, c’est-à-dire en respectant la distanciation sociale », a-t-elle déclaré.

    « Malheureusement, certains résidents résistent à ces mesures, évoquant des théories du complot concernant des plans prémédités et des agendas financiers orchestrés par certains professionnels de la santé. »

    Alors que le conflit et la maladie ravagent la vie des citoyens congolais, la classe politique du pays est paradoxalement obsédée par la révision de la constitution.

    Le 9 juin, le Parlement a adopté une loi autorisant l'organisation de référendums, ce qui pourrait ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle. La limitation du nombre de mandats présidentiels figure parmi les points clés de cette révision. Ses détracteurs affirment que le président Félix Tshisekedi, dont le mandat expire en 2028, cherche à se maintenir au pouvoir. Bien qu'il ne l'ait pas déclaré ouvertement, il a admis qu'il pourrait briguer un troisième mandat si le peuple le souhaite.

    « Je n’ai pas demandé un troisième mandat, mais je vous le dis : si le peuple souhaite que j’en fasse un troisième, j’accepterai », a-t-il déclaré début mai lors d’une conférence de presse à Kinshasa.

    Cette obsession pour la politique, selon l'évêque du diocèse catholique de Butembo, Monseigneur Melchisedec Sikuli Paluku, témoigne d'une indifférence révélatrice à la souffrance du peuple congolais.

    « Dans ce sombre contexte, nous constatons avec amertume le fossé qui sépare les préoccupations des politiciens des besoins réels et légitimes du peuple congolais. En effet, alors qu’une partie du territoire national est sous occupation étrangère et que les populations du Nord-Kivu et de l’Ituri sont massacrées à répétition par l’ADF-NALU, les préoccupations de nos dirigeants semblent ailleurs », a déclaré l’évêque dans un communiqué transmis à CWR.

    « Ils s’efforcent avec une détermination incompréhensible de mettre en branle un processus de réforme constitutionnelle », a déclaré le religieux, expliquant que cela ne reflète pas les réalités actuelles.

    « Il serait plus utile et plus urgent pour eux de se concentrer sur la recherche de réponses appropriées aux attentes profondes du public », a déclaré le religieux.

    L’évêque Paluku a souligné que l’attitude du président, des parlementaires et des autres responsables gouvernementaux risquait de légitimer la fragmentation même que redoute le peuple congolais. Il a formulé quatre revendications précises à l’intention de l’ensemble de la population, invitant chacun – dirigeant et citoyen – à choisir entre bâtir un pays meilleur ou contribuer à sa ruine.

    « La paix, la justice, la souveraineté et l’intégrité territoriale sont les fondements du bonheur auquel aspire notre peuple », a déclaré l’évêque, expliquant que les massacres, la corruption, l’injustice et le tribalisme continuent de compromettre l’avenir du pays.

    L’évêque Paluku a exhorté le président à se concentrer avant tout sur le rétablissement de la paix nationale, soulignant que le pouvoir est fondamentalement au service du peuple. Il a mis au défi les députés et les sénateurs de se désolidariser des souffrances du peuple, rappelant qu’ils avaient été élus pour promouvoir le bien-être, et non pour fracturer la société par des décisions alimentant un cercle vicieux de violence.

    L’évêque a également exhorté les forces de défense et de sécurité à examiner attentivement leur conduite, afin de garantir leur efficacité dans l’accomplissement de leurs missions. Il a appelé à une conversion des cœurs et des esprits parmi les citoyens, affirmant que cela était « plus urgent que de modifier la Constitution ».

    Il a exhorté les citoyens à préserver leur intégrité morale, à rejeter le mal et à contribuer activement à la consolidation de la paix. Parallèlement, il a imploré les autorités de faire de la sécurité un pilier central des politiques publiques afin de briser le cycle de violence récurrent.

    En janvier, la médiation de l'Union africaine et des États-Unis a abouti à la signature d'un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, mais sœur Ngalula a accusé le Rwanda de ne pas avoir respecté sa part du marché.

    « Le Rwanda n’a malheureusement toujours pas retiré ses troupes ni ses chars à ce jour », a-t-elle déclaré à CWR.

    « Le Rwanda bénéficie notamment du soutien de la France. En effet, le coltan pillé par l’armée rwandaise est envoyé en France, puis distribué dans d’autres pays de l’Union européenne. »

    Si divers acteurs partagent la responsabilité des violences actuelles, l'évêque Paluku affirme qu'ignorer cette crise constitue une violation des droits fondamentaux du peuple congolais.

    « Le peuple congolais a le droit non seulement de vivre, mais de vivre dans la paix, la dignité, la justice et la réconciliation », a déclaré le religieux.

     
    Ngala Killian Chimtom est un journaliste camerounais fort de onze années d'expérience. Il travaille actuellement comme reporter et présentateur pour la Radio Télévision Camerounaise (radio et télévision). Chimtom collabore également avec plusieurs médias, dont IPS, Ooskanews, Free Speech Radio News, Christian Science Monitor, CAJNews Africa, CAJNews, CNN.com et Dpa.
  • Prochain consistoire : les profondes confusions concernant la nature et la destinée mêmes de la personne humaine à l'ordre du jour

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    De George Weigel sur le CWR :

    Liens consistoraux importants

    La défense et la promotion de l'idée biblique de « Qui sommes-nous ? » constituent le lien entre les trois principaux sujets du consistoire.

    Le pape Léon XIV s'adresse aux cardinaux lors du consistoire extraordinaire du 7 janvier 2026, au Vatican. (Crédit : Vatican Media)
    Plusieurs sujets seront abordés lors du consistoire des cardinaux convoqué par le pape Léon XIV du 26 au 29 juin : la situation internationale et ses effets sur les Églises locales ; les thèmes clés de l’encyclique Magnifica Humanitas ; les prochaines étapes du Synode sur la synodalité.

    À première vue, ces trois points à l'ordre du jour peuvent sembler quelque peu déconnectés. En réalité, ils sont étroitement liés par ce que le Pape a justement identifié dans son encyclique comme la crise civilisationnelle du moment : les profondes confusions concernant la nature et la destinée mêmes de la personne humaine.

    Bien qu'elle soit aujourd'hui considérée comme « l'encyclique de l'IA », Magnifica Humanitas nous invite avec pertinence à une profonde réflexion sur la question posée à l'âge du bronze par le Psaume 8 : « Qu'est-ce que l'homme… ? » (Ps 8,4). Car c'est là la question ultime que soulève le développement de l'intelligence artificielle : qui sommes-nous ? Sommes-nous de simples algorithmes ambulants, sur le point d'être surpassés en termes de puissance de calcul, puis de capacités cognitives, puis de prise de décision par d'autres algorithmes ? Nos capacités d'amour, de regret, de honte, d'altruisme, de méchanceté, de compassion, de pensée spéculative et d'apprentissage de nos erreurs ne sont-elles qu'une fonction des connexions neuronales de notre cerveau que nous avons, pendant des millénaires, confondues à tort avec la « conscience » – des connexions qui peuvent être reproduites, voire améliorées, par le développement de ce que l'on appelle l'intelligence artificielle générale ?

    La réponse que la religion biblique apporte à cette question est celle sous-entendue par le paragraphe clé, le n° 99, de Magnifica Humanitas : les algorithmes, aussi perfectionnés soient-ils, n’ont pas et ne peuvent pas avoir d’âme, et l’âme immortelle, créée par Dieu, est ce qui distingue l’être humain de toute autre créature. C’est cette « âme » qui est la raison ultime pour laquelle nous pouvons discerner le bien du mal, distinguer le noble du vil, éprouver de la honte lorsque nous choisissons ce qui dégrade autrui et nous-mêmes, nous repentir et nous relever de nos erreurs pour tenter de faire mieux à l’avenir avec le secours de la grâce.

    La défense et la promotion de cette idée biblique de Qui nous sommes constituent donc le lien entre les trois sujets du consistoire.

    Le lien est particulièrement flagrant sur la scène internationale, car les principaux agresseurs des conflits actuels sèment la terreur en raison d'une conception déformée de la personne humaine. Pour les djihadistes meurtriers et kidnappeurs, les chrétiens qu'ils persécutent sont dépourvus de dignité humaine parce qu'ils refusent de scander « Allahu Akbar ! ». Pour Vladimir Poutine, les soldats russes sont de la chair à canon, bons à sacrifier au nom du nouvel impérialisme russe. Pour l'Iran et ses alliés, le Hezbollah et le Hamas, les Juifs sont des sous-hommes à exterminer (dans le cas du Hamas, après avoir été violés et torturés, leurs sévices filmés par des iPhones). Pour Xi Jinping, le peuple chinois (et, à l'avenir, le peuple taïwanais) n'est que de l'argile à modeler selon le moule communiste souhaité par des systèmes de surveillance omniprésents qui déterminent qui est digne d'éducation et de prospérité.

    Il existe également un lien étroit entre la défense de la dignité de la personne humaine enseignée par Magnifica Humanitas et l'avenir du Synode sur la synodalité.

    Récemment, une controverse internationale a éclaté au sujet du rapport du Groupe d'étude synodal n° 9, qui a diffamé Courage International, organisation caritative américaine venant en aide aux personnes attirées par le même sexe et souhaitant vivre dans la chasteté selon la conception catholique. Cette rupture de la solidarité ecclésiale a été rendue possible en partie par ce que le secrétaire général du Synode a qualifié de « précieux travail » du Groupe d'étude – une caractérisation de la théologie du rapport qui mérite un examen approfondi et qui pourrait entraîner une contestation sérieuse, voire un rejet, lors du prochain consistoire.

    Peu après la publication du rapport du Groupe d'étude synodal n° 9, un ami avisé, parfaitement au courant des points positifs des synodes de 2023 et 2024, m'a écrit que le passage biblique qui lui revenait sans cesse à l'esprit à la lecture de ce rapport était : « Les brebis ne suivront pas l'étranger ; elles s'enfuiront loin de lui, parce qu'elles ne reconnaissent pas la voix des étrangers » (Jean 10,5). Le discours tenu dans ce rapport, poursuivait-il, « n'a rien de chrétien. Le contenu est certes déplorable, mais même avant cela, il y a quelque chose d'étranger dans la façon dont [le rapport] parle de la foi. »

    La raison en est, à mon avis, que le rapport du Groupe d'étude synodal n° 9 s'inscrit dans la continuité de la campagne menée contre l'encyclique Veritatis Splendor du pape saint Jean-Paul II, publiée en 1993. Cette campagne est menée depuis la parution de l'encyclique par des factions agressives au sein de la communauté théologique catholique et de certaines conférences épiscopales (notamment en Allemagne et en Belgique). Elle s'est intensifiée sous le pontificat précédent, et l'attaque contre Veritatis Splendor bénéficie désormais d'une quasi-approbation officielle, puisque le rapport du Groupe d'étude n° 9 a été publié par le Secrétariat général du Synode (dont le papier à en-tête officiel ne fait d'ailleurs aucune mention d'un Synode des évêques ).

    Veritatis Splendor défendait avec vigueur la conception catholique classique selon laquelle certains actes sont intrinsèquement mauvais et ne peuvent jamais être justifiés moralement par quelque calcul que ce soit des intentions et des conséquences. Cette défense s'inscrivait dans le contexte plus large de l'appel de Jean-Paul II à un renouveau de la théologie morale catholique, centré sur les Béatitudes et les vertus, un appel qui reflétait l'influence du Père Servais Pinckaers, OP, et de son œuvre majeure, Les Sources de l'éthique chrétienne , sur l'élaboration de Veritatis Splendor .

    Pour en venir au fait, Veritatis Splendor défendait la dignité de la personne humaine, dignité incarnée dans notre capacité à distinguer le bien du mal et dans notre aptitude, sous l'effet de la grâce, à choisir le bien. Dans la perspective du personnalisme chrétien de Jean-Paul II, nier l'existence d'actes intrinsèquement mauvais – actes tels que le viol et la torture qui, par eux-mêmes, dégradent et avilissent l'humanité tant de l'auteur que de la victime – revient à vider la vie morale de son drame inhérent, voire de son humanité même.

    Pourquoi les membres de la confrérie des théologiens, voire les évêques, nieraient-ils ce que toute personne dotée d'une sensibilité morale normale comprend instinctivement : que le viol et la torture sont toujours condamnables ? On peut certes s'enliser dans les méandres de l'épistémologie post-kantienne pour y trouver ce qui est parfois présenté comme les raisons de repenser la notion d'actes intrinsèquement mauvais. Mais de tels jeux philosophiques relèvent davantage du prétexte que de la cause : un prétexte qui vise à masquer la volonté de déclarer aujourd'hui intenable l'éthique catholique de l'amour humain, et notamment sa conception de la contraception et des relations homosexuelles.

    Le rapport n° 9 du Groupe d'étude synodal se trouve donc en contradiction irrémédiable avec l'enseignement sur la dignité humaine issu de l'encyclique Magnifica Humanitas. Cela soulève de sérieuses questions quant à l'avenir du processus synodal entamé en 2021, il y a cinq ans et des dizaines de millions de dollars.

    Ce processus a produit de bons résultats – comme la prise de conscience, même dans les parties les plus cléricales de l’Église, que tous les baptisés ont reçu le Grand Mandat de Matthieu 28.19 et sont donc appelés à la mission évangélique – et ces résultats doivent absolument être salués et mis en œuvre.

    Mais si, comme le montre clairement le rapport du Groupe d'étude synodal n°9, le processus synodal a également été l'occasion de remettre en question, inutilement, des questions établies de foi catholique et de pratique pastorale, créant ainsi le genre d'ambiguïté qui rend l'évangélisation difficile, voire impossible, alors une question difficile devrait être posée lors du consistoire de juin : pourquoi ce processus synodal extrêmement coûteux et chronophage doit-il être poursuivi ?

    Et si la réponse à cette question est qu’il est nécessaire de donner la parole aux voix inaudibles, la réponse à cela, franchement, est « Bof ».

    Ce n'est pas que les voix qui semblent avoir largement influencé le contenu du rapport n° 9 du Groupe d'étude synodal étaient auparavant inaudibles. Ces voix se faisaient entendre depuis des décennies. Mais lorsque l'autorité doctrinale de l'Église s'y est opposée, des théologiens radicaux et certaines Églises locales ont refusé d'accepter la correction et l'appel à un authentique renouveau théologique et pastoral formulés dans Veritatis Splendor : d'une part, parce qu'ils insistaient sur le fait que l'éthique de l'amour humain prônée par l'Église était un obstacle à l'évangélisation, ce qui n'est manifestement pas le cas dans les régions vivantes de l'Église universelle ; d'autre part, par soumission passive à l' esprit culturel occidental.

    J'espère que certains cardinaux courageux aborderont ces points communs lors des discussions du consistoire qui auront lieu plus tard ce mois-ci. Cela pourrait dynamiser des échanges trop souvent monotones et attirer l'attention sur le message urgent de Magnifica Humanitas , qui est la défense de la dignité humaine.

     

    George Weigel est chercheur émérite au Centre d'éthique et de politique publique de Washington, où il occupe la chaire William E. Simon d'études catholiques. Il est l'auteur de plus de vingt ouvrages, dont * Témoin de l'espérance : Biographie du pape Jean-Paul II* (1999), * La fin et le commencement : Jean-Paul II – La victoire de la liberté, les dernières années, l'héritage* (2010) et *L'ironie de l'histoire catholique moderne : Comment l'Église s'est redécouverte et a interpellé le monde moderne sur la réforme* . Ses publications les plus récentes sont *Le prochain pape : Le ministère de Pierre et une Église en mission* (2020), *Inoubliables : Élégies et souvenirs d'une multitude de personnages, pour la plupart admirables* (Ignatius, 2021) et *Sanctifier le monde : L'héritage essentiel de Vatican II* (Basic Books, 2022).