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BELGICATHO

  • Quatre-vingt martyrs de la guerre civile espagnole et le patriarche maronite Hoyek seront béatifiés

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    Le monument aux martyrs de Santander, le patriarche maronite Elias Hoyek, Constantin Vendrame, un missionnaire salésien en Inde

    Le monument aux martyrs de Santander, le patriarche maronite Elias Hoyek, Constantin Vendrame, un missionnaire salésien en Inde 

    De Benedetta Capelli sur Vatican News :

    80 martyrs de la guerre civile espagnole et le patriarche maronite Hoyek seront béatifiés

    Le Pape a autorisé la promulgation de six décrets du Dicastère pour les Causes des Saints. Les martyrs de Santander et le patriarche libanais Hoyek seront béatifiés. Le missionnaire salésien Costantino Vendrame, le carme déchaussé du Cameroun frère Jean Thierry, la religieuse espagnole María Ana Alberdi Echezarreta et le frère laïc capucin frère Nazareno da Pula sont élevés au rang de vénérables

    Fidèles à leur peuple dans la persécution ou l’épreuve. Telle est l’histoire des 80 martyrs de Santander, en Espagne, et du patriarche maronite libanais Elias Hoyek, qui seront prochainement béatifiés. Lors de l’audience d’aujourd’hui, 22 mai, avec le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour les Causes des Saints, le Pape Léon XIV a autorisé la promulgation des décrets correspondants. Seront désormais vénérables le jeune carme déchaussé camerounais frère Jean-Thierry de l’Enfant-Jésus et de la Passion, la religieuse conceptionniste franciscaine espagnole Mère María Ana Alberdi Echezarreta, ainsi que les Italiens frère Nazareno da Pula, frère capucin, surnommé «le saint des bonbons», et Costantino Vendrame, missionnaire salésien en Inde, «le plus pauvre parmi les pauvres».

    Témoins de la foi pendant la persécution religieuse en Espagne

    C'est dans le contexte de la guerre civile espagnole des années 1930 et de la persécution religieuse qui s'ensuivit que s'inscrit le témoignage de foi et d'amour des Serviteurs de Dieu Francisco Gonzáles de Córdova et de 79 de ses compagnons: certains furent jetés à la mer, les mains et les pieds liés, avec une pierre attachée au corps; d'autres disparurent à bord du navire-prison «Alfonso Pérez»; d'autres encore ont été tués et brûlés; certains sont morts dans une sorte de camp de concentration. Sur les 80, 67 étaient des prêtres, 3 des religieux carmélites, 3 des séminaristes et 7 des laïcs.

    L'histoire de Francisco Gonzáles de Córdova témoigne d'une grande fidélité envers les personnes qu'il accompagnait dans son ministère de prêtre à la paroisse de Santa María del Puerto, à Santoña. Pendant la persécution, il refuse de fuir malgré l'interdiction de célébrer la messe et d'administrer les sacrements. Il est fait prisonnier et emmené sur un navire transformé en prison; dans la cale du navire, il continue à confesser les prisonniers et à réciter le rosaire chaque jour. Lorsqu’il est appelé pour être exécuté, il demande à être le dernier afin de pouvoir absoudre et bénir ses compagnons. Il avait 48 ans.

    Père du Grand Liban

    Le miracle qui conduira à la béatification du patriarche maronite libanais Elias Hoyek remonte à 1965, avec la guérison de l’officier de l’armée Nayef Abou Assi, musulman d’origine druze, atteint d’une «spondylolyse bilatérale» chronique, qui s’est réveillé un jour en parfaite santé après avoir rêvé du patriarche. Né le 4 décembre 1843 à Helta (Liban), Elias Hoyek entre au séminaire à l’âge de 16 ans, se rend à Rome pour étudier la théologie et y est ordonné prêtre en 1870. De retour au Liban, avec Mère Rosalie Nasr, il fonde à Ebrine la Congrégation des Sœurs Maronites de la Sainte Famille, premier institut religieux féminin de vie apostolique au sein de l’Église maronite. Il est élu patriarche d’Antioche des Maronites en 1899 et, pendant trente ans, il s’occupe de la formation du clergé et de la catéchèse des fidèles. Il devient une figure de référence de la société libanaise qui aspirait à l’indépendance vis-à-vis de l’Empire ottoman, nouant des relations avec les autorités et défendant son peuple.

    Au début de la Première Guerre mondiale, il ouvre les portes des couvents et des monastères pour nourrir ceux qui étaient épuisés par le conflit, quelle que soit leur confession religieuse: il est condamné à la déportation par les autorités ottomanes, mais parvient à l'éviter grâce à l'intervention du Pape et de la diplomatie austro-hongroise. En 1920, le nouvel État du Grand Liban voit le jour, auquel il contribue en participant aux négociations avec les autorités de l’Empire ottoman. Il meurt en 1931 à Bkerké. C’était un homme de dialogue, d’une grande charité pastorale, qui vécut dans la pauvreté évangélique, jouissant d’une telle affection et d’une telle estime qu’on le surnommait le «Père du Grand Liban».

    Frère Nazareno de Pula, Carme Déchaux du Cameroun Frère Jean Thierry, la religieuse espagnole María Ana Alberdi Echezarreta

    Frère Nazareno de Pula, Carme Déchaux du Cameroun Frère Jean Thierry, la religieuse espagnole María Ana Alberdi Echezarreta

    Offrir sa vie pour les vocations

    Le frère carmélite déchaussé camerounais Jean-Thierry de l’Enfant-Jésus et de la Passion, décédé à l’âge de 23 ans à Legnano, en Italie, en 2005 des suites d’un cancer des os au genou, est déclaré vénérable. «Quelle lumière, quelle lumière… Comme Jésus est beau!»: tels furent ses derniers mots avant de mourir. Une vie marquée par une forte dévotion mariale, par la prière constante du Rosaire, une vie animée par le désir d’être un autre Christ pour les autres. Né en 1982, sa vocation naît très tôt, à l’âge de 8-9 ans, grâce à la rencontre avec un missionnaire Oblat de Marie Immaculée au Cameroun. En 2003, il est accueilli dans la famille des Carmes déchaux. L’année suivante, il découvre qu’il est malade et subit l’amputation d’une jambe. Ses confrères le transfèrent en Italie pour qu’il y soit soigné, mais il n’y a plus grand-chose à faire ; la demande de profession religieuse «in articulo mortis» est déposée et, le 8 décembre 2005, Jean-Thierry revêt l’habit du Carmel et prononce ses vœux solennels. Il demande alors qu’on ne prie plus pour sa guérison, mais pour les vocations, pour lesquelles il offre sa vie. Il meurt le 5 janvier 2006.

    Devenir sainte dans la charité

    La douceur et la charité ont marqué la vie de la nouvelle vénérable Mère María Ana Alberdi Echezarreta, religieuse espagnole née au Pays basque en 1912. Orpheline de ses deux parents à l’âge de 7 ans seulement, elle commence très tôt à travailler, mais découvre sa vocation religieuse grâce à sa rencontre avec un prêtre. En 1932, à Madrid, elle revêt l’habit blanc des Sœurs conceptionnistes franciscaines; quatre ans plus tard, elle prononce ses vœux solennels. La guerre civile espagnole éclate alors et elle est contrainte de quitter son monastère, où elle reviendra pour devenir d’abord maîtresse des novices, puis, en 1953, abbesse, réélue à plusieurs reprises lors des chapitres suivants. Une tâche difficile après la guerre et après le Concile Vatican II, à la suite duquel elle travaille à la révision des Constitutions de l’Ordre. Elle guide sa communauté avec sagesse et douceur, insufflant la paix à ceux qu’elle rencontre. En 1998, elle tombe malade d’une affection qui l’entraîne vers la mort. Le but de sa vie a été de devenir sainte en aimant.

    Le plus pauvre parmi les pauvres

    Le salésien Costantino Vendrame est lui aussi déclaré vénérable. Il a passé une grande partie de sa vie parmi les pauvres en Inde, témoignant de l’amour de Dieu toujours avec le sourire, devenant ainsi un grand exemple de charité évangélique. Né dans la province de Trévise en 1893 dans une famille aux valeurs chrétiennes solides, il choisit très jeune la voie du sacerdoce et se confie aux salésiens, exprimant son amour pour la mission. Ordonné prêtre le 15 mars 1924 à Milan, il reçoit le 5 octobre le crucifix missionnaire à Turin, dans la basilique de Marie Auxiliatrice. Il part alors pour l’Inde, d’abord en Assam, puis au Tamil Nadu. Il se fait pauvre parmi les pauvres, parcourt de longues distances à pied pour attirer de nombreuses personnes vers le Christ. Contraint à une interruption forcée pendant la Seconde Guerre mondiale, il est emprisonné avec beaucoup d’autres, mais là encore, il fait preuve d’une force spirituelle qui console et soutient ses compagnons de captivité. Atteint d’une forme grave d’arthrose, il meurt à Dibrugarh, en Inde, le 30 janvier 1957, à la veille de la fête de saint Jean Bosco.

    Le saint des bonbons

    Les bonbons à l'orange et au citron étaient les compagnons de voyage de frère Nazareno da Pula: en les offrant, il recommandait de dire un "Je vous salue Marie" à la Vierge Marie en en mangeant un. C'est pour cette raison qu'il est connu comme le «saint des bonbons»; aujourd'hui encore, ses confrères capucins les distribuent aux fidèles, après les avoir bénis dans sa petite cellule, au sanctuaire dédié à Notre-Dame de la Consolation, voulu par le frère Nazareno lui-même, à Pula, près de Cagliari. Né dans cette petite commune sarde en 1911 au sein d’une famille paysanne nombreuse, Giovanni Zucca fut envoyé en Afrique pendant la Seconde Guerre mondiale et, capturé par les Anglais en Éthiopie en 1941, il fut retenu prisonnier pendant environ 4 ans.

    À son retour, il rencontre Padre Pio de Pietrelcina et lui fait part de son désir de devenir frère et de rester à ses côtés, mais celui-ci l’invite à retourner en Sardaigne pour y poursuivre sa vocation. En 1951, à l’âge de 39 ans, Giovanni demande à entrer comme frère laïc dans l’ordre des Frères Capucins de Sardaigne. Admis au noviciat du couvent de Sanluri, il reçoit l’habit des Capucins et prend le nom de frère Nazareno. Homme de prière, toujours prêt à accomplir les tâches les plus diverses avec humilité, mendiant, cuisinier, jardinier, il s’installe en 1986 dans une petite maison dans la campagne de Pula, où sera érigé quelques années plus tard le sanctuaire dédié à la Vierge Marie. C'est là que repose son corps depuis son décès en 1992, des suites d'un cancer.

  • A Liège : la célébration de la Fête-Dieu autour du jeudi 4 juin 2026

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    Liège Fête-Dieu autour du jeudi 4 juin 2026 (source)

    La Fête-Dieu, fête du Corps et du Sang du Christ, célèbre la présence de Jésus à nos côtés, dans notre quotidien. Il est réellement présent dans le pain et le vin consacrés. Il nous donne vie.

    Abonnez-vous ici à nos lettres d’information.

    Le jeudi de la Fête-Dieu en une minute :

    Programme complet de la Fête-Dieu à Liège

    Dimanche 31 mai

    19h30: projection du Film Sacré-Coeur, au collège saint-Louis
    Accès direct à la billetterie

    Lundi 1 juin

    19h30: projection du Film « Maximilien Kolbe », au collège saint-Louis
    Accès direct à la billetterie

    Mercredi 2 juin

    18h00 : Messe solennelle de la fête de la bienheureuse Eve de Saint-Martin, basilique saint-Martin

    19h00 : inauguration de l’exposition sur la « théologie de la Fête-Dieu par Benoit XVi – Joseph Ratzinger » du jeudi 2 juin au mardi 30 juin à l’église du Saint-Sacrement.

    Mercredi 3 juin

    9h00-17h00 : Journée d’adoration chez les sœurs de Notre-Dame des Anges, Rue E. Vandervelde 67.

    Jeudi 4 juin – Journée de la Fête-Dieu

    9h30  Laudes par la communauté des bénédictines à la basilique Saint-Martin.

    10h00-18h00  Journée d’adoration à Saint-Martin;  De 10h à 12h puis de 14h à 17h à l’église du Saint-Sacrement et de 15h00 à 17h00 à la cathédrale.

    19h00  780ème Eucharistie solennelle de la Fête-Dieu, Basilique Saint-Martin, présidée par le cardinal Fernando Filoni, grand maître de l’ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, en présence de Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, Mgr Franco Coppola, nonce apostolique pour la Belgique et le Gd Duché de Luxembourg et Mgr Ihor Rantsia, évêque de l’Eparchie Saint-Volodymyr-le-Grand de Paris pour les Ukrainiens catholiques de France, Suisse et Benelux. D’autres invités de marque seront  également présents, voyez la page de l’évènement.

    20h15 Procession solennelle des peuples du monde « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps, Mt 28 » de Saint-Martin à la cathédrale Saint-Paul, arrêts à Sainte-Croix, Place Saint-Lambert, Opéra, Vinâve d’ile, Cathédrale.

    21h00-24h00 NightFever & 1.000 bougies pour la paix, Cathédrale Saint-Paul.

    Toute la nuit : nuit d’adoration à la cathédrale.

    Vendredi 5 juin

    9h Eucharistie à la cathédrale Saint-Paul, et introduction à la journée d’adoration.

    10h-17h Journée d’adoration, Cathédrale Saint-Paul, animée par le Mouvement Eucharistique Liégeois (MEL).

    12-14h : Adoration du Saint-Sacrement à l’Eglise du Saint-Sacrement.

    Samedi 6 juin

    9-17h : Journée d’adoration en divers endroits du diocèse et dans les sanctuaires du jubilé.

    9h30-12h00 : Colloque sur le Sang du Christ, quelle est la signification du sang dans la Fête du Corps et du Sang du Christ (Fête-Dieu) ? Sanctuaire de sainte Julienne, avec Mgr Delville, et 4 autres intervenants.

    11h-13h : Service au restaurant « Kamiano » d’un repas complet pour les sans-abri. Les personnes intéressées à venir servir le repas peuvent s’annoncer par mail: liege@santegidio.be – Maison Kamiano, rue Jonruelle 8 à Liège

    15h  Sainte Messe en latin à Tancrémont suivie de la Procession de la Fête-Dieu au sanctuaire du Vieux Bon Dieu de Tancrémont. Route de Tancrémont 718, 4860 Theux  (forme extraordinaire)

    18h : Messe grégorienne solennelle de la Fête-Dieu célébrée (en latin) par Mgr Delville, évêque de Liège au Saint-Sacrement. A 19h30 : bénédiction du Saint-Sacrement et vénération de la relique de Sainte Julienne de Cornillon en l’église du Saint-Sacrement.

    Dimanche 7 juin

    Journée de la Fête du Corps et du Sang du Christ partout en Belgique, trouvez vos horaires de messes sur www.egliseinfo.be, le GPS des clochers.

    A la fin des messes dans les Unités Pastorales : diverses processions et bénédictions sur les parvis des églises, prière spéciale pour confier la ville ou la commune.

    9-17h : Messe de la Fête-Dieu et journée d’adoration au Sanctuaire de Sainte-Julienne du Mont-Cornillon avec les sœurs clarisses et le béguinage.

    10h : Eucharistie de la Fête-Dieu, à la cathédrale de Liège

    Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon

    8h00 : messe du dimanche de la Fête-Dieu
    9h00-17h00 : adoration eucharistique, avec les sœurs clarisses
    12h00 : Banquet de la Fête-Dieu
    14h00-17h00 : Fête des Familles et des enfants

    Sanctuaire Notre-Dame de Banneux
    10h30 Messe internationale 
    14h00 Procession du Saint Sacrement dans le Sanctuaire suivie du Salut et la Bénédiction des malades,
    16h00 Messe en français

  • Quand une cathédrale disparaît

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    De Paul Murray sur First Things :

    Quand une cathédrale disparaît

     
    La cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu de Stepanakert, en Artsakh occupé, aurait été détruite par le régime azerbaïdjanais.
     
    Au cœur de Stepanakert, capitale que les Arméniens considèrent comme le cœur de l'Artsakh, se dressait jadis une cathédrale de calcaire blanc, coiffée d'un dôme et d'un clocher visibles de toute la ville. Elle fut le témoin d'innombrables prières, baptêmes et mariages ; de mères allumant des cierges pour leurs fils au front. Elle témoigna d'une communauté fidèle dont les racines chrétiennes arméniennes sur cette terre remontaient à plusieurs siècles. Lors des bombardements de 2020, des familles se réfugièrent dans ses sous-sols tandis que les obus s'abattaient et récitaient le Notre Père tandis que le sanctuaire tremblait au-dessus d'elles. Aujourd'hui, les images satellites ne montrent plus qu'une cicatrice béante à l'endroit où se dressait jadis la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu. Le dôme a disparu. Le clocher a disparu. La croix a disparu.

    La construction de la cathédrale a débuté en 2006 et elle a été consacrée en 2019 après treize années de travaux. Bien que de construction récente, elle s'inscrit dans l'un des plus anciens territoires chrétiens encore habités. L'Arménie a adopté le christianisme comme religion d'État au début du IVe siècle, avant Rome et les royaumes européens. L'Artsakh fait depuis longtemps partie intégrante de ce patrimoine spirituel. Bien que la cathédrale de Stepanakert soit une structure moderne, elle témoigne de la continuité visible d'une très ancienne présence chrétienne.

    Entre début mars et début avril 2026, l'imagerie satellite et des enquêtes journalistiques ont confirmé la démolition systématique de la cathédrale. Les autorités azerbaïdjanaises ont par la suite reconnu avoir détruit la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu ainsi que l'église Saint-Hakob voisine. La démolition de ces églises fait suite au déplacement de plus de 120 000 Arméniens du Haut-Karabakh après l'opération militaire azerbaïdjanaise de 2023.

    La démolition a eu lieu quelques jours seulement avant le 24 avril, date à laquelle les Arméniens du monde entier commémorent le génocide arménien. Une cathédrale construite de mémoire récente a été rasée à la veille de ce jour de commémoration d'une catastrophe qui a jadis menacé d'anéantir tout un peuple chrétien.

    Pour de nombreux chrétiens occidentaux, l'Artsakh peut sembler lointain et difficile à situer sur une carte. Mais la destruction de cette cathédrale n'est pas un simple détail régional au sein d'une autre zone frontalière contestée. C'est un événement à portée théologique. Les églises ne sont pas des édifices interchangeables. Elles témoignent de l'enracinement de l'Évangile dans un lieu précis, auprès d'un peuple particulier. Elles attestent que le culte chrétien a perduré à travers les générations et les régimes.

    Lorsqu'une telle église est démolie après le déplacement de ses fidèles, c'est plus qu'un simple édifice qui disparaît : un témoin disparaît.

    L'Église apostolique arménienne compte parmi les plus anciennes communautés chrétiennes ininterrompues au monde. Ses monastères, ses inscriptions et ses liturgies témoignent d'une foi qui a survécu aux empires, aux invasions et aux tentatives d'anéantissement. Au Haut-Karabakh, cette continuité a façonné le paysage et l'imaginaire de ceux qui y priaient. Qu'on aborde la question sous l'angle du droit international, du patrimoine culturel ou de la solidarité chrétienne, les conséquences sont graves. Une présence sacrée, établie depuis des siècles, est en train de disparaître en quelques années seulement.

    L’Épître aux Hébreux exhorte les croyants à se souvenir des personnes emprisonnées comme s’ils l’étaient avec eux. Ce commandement n’a jamais été limité par la géographie. Il s’étend au souvenir des communautés dont les églises sont détruites et dont la présence est menacée, même si elles vivent loin et parlent une autre langue.

    Les pierres de la cathédrale de Stepanakert ne crient peut-être pas, mais elles parlent. Elles nous rappellent que le christianisme n'est pas seulement un ensemble de croyances transmises à travers le temps. C'est aussi une présence qui se transmet à travers les lieux. Les églises d'Arménie appartiennent non seulement aux Arméniens, mais à l'histoire même du christianisme. Lorsque ces lieux disparaissent, c'est toute l'Église qui en souffre.

  • Le pape Léon XIV a accepté la démission de Mgr Jean-Pierre Delville de son poste d'évêque de Liège

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    Du service communication du diocèse de Liège :

    Le pape Léon XIV a accepté la démission de Mgr Jean-Pierre Delville de son poste d'évêque de Liège.

    Le Saint-Père, le pape Léon XIV, a informé Mgr Jean-Pierre Delville que sa démission de la charge d'évêque de Liège avait été acceptée, mais qu'elle ne prendrait effet qu'après la nomination de son successeur. Il l'a remercié pour ses services rendus à l'Église.

    Dans l’intervalle, le Pape a chargé le Nonce apostolique en Belgique, Son Excellence Monseigneur Franco Coppola, de mener une consultation publique concernant la nomination du successeur. Toute personne souhaitant exprimer son avis à ce sujet peut le faire en contactant le Nonce (*).

    La durée de ce processus peut varier, mais il faudra au moins plusieurs mois avant la nomination du 93e évêque de Liège. Dans l'intervalle, Mgr Delville demeure évêque de droit et exerce pleinement sa mission de pasteur du diocèse.

    Prions à la veille de la Pentecôte pour que le Saint-Esprit éclaire notre Église locale dans ce processus de consultation et guide les pas de notre futur évêque. 

    (*) Nonciature apostolique, Avenue des Franciscains 9, 1150 Uccle na.belux@diplomat.va

  • « La liturgie ancienne ne cherche pas à plaire à l’époque, et c’est pourquoi l’époque y revient »

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    De Philippe Darantière, Président Notre-Dame de Chrétienté, sur le site du journal La Croix :

    « La liturgie ancienne ne cherche pas à plaire à l’époque, et c’est pourquoi l’époque y revient »

    À la veille du pèlerinage de Chartres organisé par Notre-Dame-de-Chrétienté, le président de l’association revient sur l’attrait de la jeune génération de catholiques pour la liturgie traditionnelle. Pour Philippe Darantière, dans un monde saturé d’horizontalité, la verticalité des rites ancestraux tranche et libère.

    Écrivant le 18 mars 2026 de la part du pape Léon XIV aux évêques de France réunis à Lourdes, le cardinal Parolin a souligné « la croissance des communautés liées au Vetus Ordo ». Le fait est là : la liturgie traditionnelle attire, et attire les jeunes. Cette Pentecôte encore, 20 000 personnes vont participer au pèlerinage traditionaliste de Paris à Chartres, avec une moyenne d’âge de 22 ans et une hausse de fréquentation de 8 % en moyenne sur dix ans. Comment comprendre ?

    La première réponse, et la plus commode, est celle de la « sensibilité » : le latin, l’encens, le grégorien, la beauté des ornements. Mais cela existe aussi ailleurs… On dira alors que c’est une affaire d’identité, un besoin de racines, la résistance à un monde liquide qui ne sait plus d’où il vient. Cet argument contient une part de vérité, mais ne suffit pas. Si la liturgie traditionnelle n’était qu’un conservatoire culturel, elle serait un musée, or elle est manifestement vivante. Elle fait passer du culturel au cultuel.

    L’homme s’efface devant le rite

    Voici le premier paradoxe : une liturgie qui, de l’extérieur, semble se dérouler « sans nous » attire profondément. Le prêtre est tourné vers l’Orient, vers le Christ dont il n’est que l’instrument visible. Il n’anime pas, il n’explique pas en temps réel. Les gestes sont ceux qui ont été accomplis invariablement et minutieusement depuis la nuit des temps. L’espace du sanctuaire sépare le sacré du profane. Tout parle d’un autre royaume, celui de Dieu.

    Cette « mise à distance » n’est pas un archaïsme. Elle dit que l’on ne vient pas à la messe d’abord pour soi. On vient parce que l’on a envers Dieu une dette insolvable, que nulle générosité humaine ne saurait acquitter. On vient rendre à Dieu ce qui lui est dû. Et c’est précisément parce qu’on vient pour Dieu que l’on repart enrichi. La vertu de religion, ce devoir de culte envers le Créateur, est inscrite dans chaque geste de cette liturgie. L’homme s’efface devant le rite. Et loin de l’humilier, cet effacement l’élève. Dans une époque saturée d’horizontalité et de retour permanent sur soi, cette verticalité tranche et libère.

    On objecte que cette liturgie serait hermétique. C’est méconnaître son rapport au corps et aux sens. Elle est au contraire extraordinairement incarnée. Les gestes ritualisés, les ornements, le latin, le silence, l’encens, les génuflexions, le chant grégorien : autant de signes concrets qui « ouvrent vers l’invisible », selon Benoît XVI. L’âme ne s’élève pas malgré le corps ; elle s’élève avec lui. Cette pédagogie sacramentelle répond à quelque chose de très profond que, depuis Abel, Noé, Abraham et Moïse, la Bible nous enseigne : l’homme est une créature, la seule de la nature, qui prie, qui offre, qui consacre.

    La marque de la permanence

    Certains ont affirmé que le sacré correspondait à un stade archaïque de l’humanité en voie de dépassement. La réalité du XXIe siècle est plus entêtée : le sacré attire toujours. Non pas malgré la modernité, mais peut-être à cause d’elle : ce que celle-ci essaye de détruire, la liturgie le garde et le redonne.

    Dans un monde où tout change, où chaque institution, même dans l’Église, cherche à « se réinventer », cette liturgie porte la marque de la permanence. Les lectures sont les mêmes depuis des siècles. Le grégorien chante depuis plus d’un millénaire. Le canon romain murmure les mêmes mots qu’au temps de Grégoire le Grand. Et celui qui découvre cette messe pour la première fois comprend d’instinct qu’il entre dans quelque chose qui le dépasse, qui l’a précédé, qui lui survivra : il devient l’espace d’un moment participant d’une liturgie qui nous relie au ciel.

    Cela ne signifie pas que la liturgie serait figée par essence. Elle évolue lentement, organiquement, mais toujours avec cette « infinie délicatesse » dont a témoigné le Concile de Trente, qui eut la sagesse de garder inchangés les rites ayant plus de deux siècles d’histoire. Et c’est cette permanence voulue, assumée, qui lui confère son autorité. La liturgie ne cherche pas à plaire à l’époque. Et c’est pourquoi l’époque y revient.

    Le mystère rendu présent

    Il reste un dernier paradoxe, peut-être le plus décisif. La liturgie traditionnelle est aussi, et peut-être surtout, une expression extraordinairement dense du mystère qu’elle célèbre. La messe, « trésor de la foi », est le mémorial de la Passion du Seigneur, non pas son souvenir mais son renouvellement non sanglant, le sacrifice rédempteur du Christ rendu présent sur l’autel. L’offertoire, la double consécration, les prières du Canon récitées en silence, la communion reçue à genoux : tout cela ne raconte pas la mort et la résurrection du Seigneur, tout cela les actualise.

    La liturgie ancienne est ainsi un catéchisme vécu : elle enseigne non seulement qui est Dieu, mais qui est l’homme face à Dieu. Une anthropologie religieuse que nos contemporains n’ont pas désapprise, même quand ils ont cessé de la formuler. C’est peut-être cela, le secret de son attractivité : elle dit une vérité sur l’homme que l’homme porte en lui sans le savoir.

    Liturgie missionnaire ? Assurément. Et pour un nombre croissant de baptisés et de convertis, elle est devenue la langue maternelle pour parler à Dieu et pour L’écouter. Elle est une richesse de l’Église, trésor de son passé, de son présent et de son avenir. Un trésor que 30 % des pèlerins de Chartres découvrent chaque année pour la première fois. Ce chiffre, à lui seul, montre que la liturgie tridentine célébrée au pèlerinage n’est pas un obstacle à la communion dans l’Église, mais un de ses joyaux.

  • L'éternelle question : « Qui est l’homme ? »

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    De sur The Catholic Thing :

    La question éternelle : « Qui est l’homme ? »


    Saint Irénée, évêque et théologien du IIe siècle, est célèbre pour sa phrase « gloria Dei vivens homo » – « la gloire de Dieu, c’est l’homme pleinement vivant ». L’évêque de Lyon n’a pas non plus inventé cette idée : le psalmiste loue le Créateur d’avoir fait l’homme « un peu inférieur aux anges » (Psaume 8, 5).   Le christianisme oriental a longtemps reconnu que l’œuvre de salut de Dieu était en réalité la déification : faire éclore en l’homme la pleine image et la ressemblance de Dieu (Genèse 1, 27). 

    La dignité de la personne humaine était si centrale dans le pontificat de saint Jean-Paul II qu'elle était au cœur de son encyclique inaugurale, « Le Rédempteur de l'homme » ( Redemptor hominis ).   Ce pape ne cessait de citer Gaudium et spes (n° 22) selon lequel Jésus-Christ « révèle pleinement l'homme à lui-même ».   Remarquons ce que le Concile dit – et ne dit pas.   Le Concile n'affirme pas que le Christ « révèle pleinement Dieu à l'homme » (bien que cela soit vrai).   Il affirme que Jésus « révèle pleinement l'homme à lui-même ».

    Carl Trueman développe ces idées dans son nouvel ouvrage, * La Profanation de l'Homme : Comment le rejet de Dieu dégrade notre humanité* .  Il soutient que, d'une certaine manière, Nietzsche était en avance sur son temps.   Proclamer la « mort de Dieu » à un monde encore imprégné de spiritualité s'avéra inefficace.   À l'instar du nominalisme, la culture occultait encore l'abîme béant que recèle la « mort de Dieu », dont le principal obstacle est la destruction de l'image et de la ressemblance divines en l'homme. 

    En trois chapitres, Trueman démontre comment l'homme contemporain y parvient dans le domaine du sexe (la révolution sexuelle et l'avortement), de la reproduction artificielle (la FIV et la gestation pour autrui) et de la mort (un ennemi qui, s'il ne peut être arrêté, peut au moins être contraint de se plier aux souhaits de chacun quant au moment et au lieu). 

    L'homme comme image et ressemblance divine est le thème unificateur de l'œuvre de Trueman : si la personne humaine est faite à l'image de Dieu qui est bon, alors les incursions de l'homme dans le péché constituent une défiguration de cette image. 

    Ce constat n'est pas nécessairement nouveau : déjà au Ve siècle, le pape Léon le Grand, dans son premier sermon de Noël, exhortait les chrétiens à « se souvenir de leur dignité » (certes rachetée par la grâce au moyen de l'Incarnation).   Mais Trueman soutient de manière convaincante que les modernes ne se contentent pas de défigurer l'image et la ressemblance divines.   Ils s'emploient plutôt activement, et presque avec plaisir, à « profaner » cette image, à tenter de détruire l'image divine en l'homme en la remplaçant par un dieu humain autonome.

    Il ne s'agit pas seulement d'une question morale : quels péchés commettent les hommes ?   C'est une question anthropologique, celle que posait le psalmiste : « Qui est l'homme ? »

    Le point de départ de Trueman est important pour deux raisons. 

    Premièrement, elle offre un point de départ œcuménique et interreligieux commun.   Juifs et chrétiens peuvent ainsi partager une perspective commune et, fondée sur les Écritures, elle peut atténuer certaines conceptions de la corruption humaine radicale qui prévalaient chez les réformateurs classiques. 

    Deuxièmement, cela s'applique à tous les hommes : tous les êtres humains sont créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, qu'ils le reconnaissent ou non.   L'homme peut choisir de renier son Dieu ; Dieu, lui, ne renie pas l'humanité.

    D'un autre côté, le Diable a assurément intérêt à nier la vérité sur la personne humaine. Selon   une certaine tradition théologique, sa chute découle de son rejet de la création humaine et de l'Incarnation divine : comment Dieu aurait-il pu créer un être hybride, à la fois corporel et spirituel, et encore moins envisager d'adopter une telle nature ?   Une créature qui participe même à la création par la reproduction sexuée, chose qu'aucun ange ne peut faire. 

    Compte tenu de ces perspectives, faut-il s'étonner que l'atteinte contemporaine à la dignité humaine ait des racines bien plus profondes que le péché « ordinaire » : une fureur infernale qui remet en question l'existence humaine elle-même ?   Est-il alors si surprenant, comme l'a dit la Vierge Marie à Fatima, que le combat final entre Dieu et le mal porte sur le mariage et la sexualité ?

    L'ouvrage de Trueman a été bien accueilli.   En tant que théologien catholique, je m'en réjouis, non pas parce que l'accent mis sur l'image divine en l'homme est novateur, mais parce qu'il confère à ce débat une portée judéo-chrétienne plus large. 

    Ce qui est important et mérite notre attention, c'est son intuition nietzschéenne : l'atteinte contemporaine à la dignité humaine est qualitativement différente car, sous-jacente à tous les problèmes divers énumérés par Trueman, se trouve un fil conducteur : une désacralisation jubilatoire de la personne humaine.

    Saint Jean-Paul II a centré son pontificat sur la question humaine : si le problème patristique était Dieu Un et Trois, le problème des Réformateurs et celui de nous autres modernes est l'homme. 

    Mais comme Karol Wojtyła l'a maintes fois souligné avant son accession au pape, dans ses polémiques avec Kant, le rapport entre le divin et l'humain est un rapport direct, et non inverse. On ne devient pas, comme le supposent Kant (et Nietzsche), plus « humain » de manière autonome en rejetant Dieu et sa loi. Au contraire, plus l'homme se conforme au Dieu à l'image duquel il est créé, plus il accomplit pleinement son humanité. 

    Cette conception est attaquée de toutes parts.   L'attaque frontale émane de la culture moderne qui cherche à créer un homme reniant son « dieu ».   Mais une attaque plus sournoise se manifeste dans certains milieux catholiques traditionalistes qui semblent croire que l'attention portée actuellement par le pape à l'homme et à la dignité humaine compromet d'une manière ou d'une autre un catholicisme théocentrique. 

    Certes, il existe des versions du « catholicisme moderne » qui semblent marginaliser Dieu, mais cela ne correspond guère à la solide anthropologie théologique, fondée sur la tradition et Vatican II, que Jean-Paul II et Benoît XVI ont léguée à l’Église. 

    À Rome, on murmure que la première encyclique du pape Léon XIV paraîtra lundi et qu'elle abordera des questions de société fondamentales telles que l'intelligence artificielle et la paix mondiale. Mais la question essentielle qui les sous-tend (y compris celle de savoir si l'IA peut remplacer l'homme) demeure : « Qui est l'homme pour que vous preniez soin de lui ? » Espérons que notre pape, né aux États-Unis, apportera des réponses pertinentes à cette question.

  • Objectif 2028 : La synodalité de François poursuit son chemin avec Léon

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Objectif 2028 : La synodalité de François progresse avec Léon

    Le document du secrétariat général du Synode expose le programme des années à venir et confirme l'intention exprimée il y a un an par le pape nouvellement élu : le processus synodal se poursuit et nous n'en serons jamais exemptés. L'espoir d'un changement de cap semble de moins en moins fondé et la direction reste celle fixée sous le pontificat de son prédécesseur.

    22/05/2026
    LaPresse (Photo AP/Gregorio Borgia)

    Le pape Léon XIV semble réticent à modifier la nouvelle synodalité souhaitée par le pape François, même par de légères corrections. Le 20 mai, le secrétariat général du Synode a publié un nouveau document, «  Vers les assemblées 2027-2028 : Étapes, critères et outils pour les assemblées de 2027-2028 », qui présente le programme et les événements des assemblées synodales jusqu’en 2028 et au-delà.

    Dans sa première allocution depuis la Loggia de la Bénédiction, il avait assuré que le processus synodal se poursuivrait. Il a d’ailleurs immédiatement confirmé la nomination du président Höllerich et du secrétaire Grech par le pape François et, les rencontrant le 26 juin 2025, les a invités à poursuivre sur la voie de cette nouvelle synodalité, envisagée comme un style ecclésial. Malgré cela, nombreux étaient ceux qui s’attendaient encore, à terme, à des ajustements ou des clarifications, compte tenu des nombreux doutes et critiques que cette nouvelle orientation avait suscités. Au moins, une suggestion a été faite, même si elle n'a pas été formulée explicitement. Peut-être certaines idées ont-elles émergé de ses nombreux discours, dont certains improvisés, mais toute révision significative du processus nécessiterait un document officiel ou de nouvelles nominations, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent.

    On a plutôt observé des actes de confirmation et de soutien, comme lors du Jubilé des chrétiens LGBT et de la messe célébrée en leur honneur par l'évêque Savino, avec l'approbation explicite du pape Léon ; ainsi que les diverses audiences avec le père James Martin, qui, selon lui, avait reçu le soutien du pape, ce qu'il n'a jamais nié. Il convient également de rappeler que Léon XIV n'est pas intervenu officiellement concernant le Synode allemand, se contentant de rappeler la position adoptée par le Saint-Siège durant les dernières années du pontificat précédent et, dans les faits, laissant les choses suivre leur cours. Parallèlement, le cardinal Grech, secrétaire du Synode, a inclus des témoignages d'amis homosexuels du père Martin au sein du Groupe 9 du Synode et a proposé la fusion du Synodaler Weg avec le Synode de l'Église universelle. Cette décision pourrait passer pour une tentative de minimiser l'importance de l'expérience allemande, mais elle serait aussi, d'un autre côté, un signe de reconnaissance et lui offrirait un champ d'influence plus vaste.

    Ces événements avaient déjà refroidi les espoirs d'une réévaluation. Les réflexions de Léon XIV sur un processus comme le synode et sur un concept comme la nouvelle synodalité sont préoccupantes, car elles engendrent une désarticulation interne au sein de l'Église. Ce qui devrait unir divise, car cela donne progressivement naissance à des revendications d'indépendance et d'autonomie, jugées dignes d'être acceptées. Nous avons déjà évoqué les événements du Jubilé LGBT ; par ailleurs, les veillées contre l'homophobie et la transphobie organisées récemment dans divers diocèses en présence d'évêques relèvent également de la nouvelle synodalité, de même que les différentes assemblées diocésaines où laïcs, religieux et prêtres de diverses convictions expriment leurs opinions sur la manière dont l'Église doit être aujourd'hui. Voici maintenant le nouveau document du Secrétariat général qui, loin d'abréger le processus, le conduit inébranlablement à son terme en 2028 et envisage même sa poursuite au-delà. Le document espère que « la synodalité prendra de plus en plus la forme d'un mode de vie ecclésial ordinaire », qu'une véritable « conversion synodale » s'opérera et que la synodalité sera la voie du discernement, de l'évaluation et de la réorganisation ecclésiale. Autrement dit, nous ne serons jamais affranchis de cette nouvelle synodalité. Des points déjà confirmés lors des phases précédentes sont réitérés, sans aucun réexamen critique.

    La question de la durée n'est pas superficielle . Le synode de Paul VI a commencé et s'est achevé par la remise du résumé des travaux au Pape. Il s'agissait, en réalité, d'un service rendu à l'Église, mais il n'était pas l'Église. Le nouveau synode, en revanche, se considère comme l'expression de cette nouvelle synodalité comme essence même de l'Église – « l'Église est synodale », dit-on – et l'accompagne donc toujours comme son habitus propre . Il ne peut être clos, il ne peut être épisodique.

    Parmi les nombreux points abordés dans les dix-huit pages du document, nous en soulignons quelques-uns des plus importants, en plus de ceux déjà mentionnés. D’ici 2028, une multitude d’assemblées diocésaines, nationales, continentales et, enfin, universelles se tiendront en présence du Pape. Le document appelle à un élargissement du rôle des laïcs et des femmes dans les services ecclésiaux, y compris liturgiques. Il est indiqué que les futures assemblées devront présenter une composition très diversifiée, incluant des représentants d’autres Églises chrétiennes et d’autres religions. En 2028, précise le document, le processus entamé les 18 et 19 octobre 2021 s’achèvera. Cette conclusion n’aura cependant pas pour but de clore le débat, mais plutôt de l’ouvrir afin d’assurer la continuité de cette manière d’être l’Église pour les années à venir. Le document qualifie les participants aux différentes assemblées synodales de « militants » et d’« activistes » au sein de leurs réalités ecclésiales respectives, afin que cette nouvelle manière d’être l’Église puisse s’enraciner dans la pratique quotidienne.
    Ce document ne laisse aucun doute : le pape Léon XIV poursuivra aussi fidèlement que possible le processus souhaité par François.

  • La réalité de la pilule abortive

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    En Belgique, on évoque l'"avortement médicamenteux" autorisé jusqu'à la 9e semaine d'aménorrhée, ce qui revient au même.

    De sur OSV News :

    La réalité de la pilule abortive

    Elizabeth Gillette se souvient encore d'avoir vu le corps de son bébé après avoir avalé la pilule abortive il y a plus de dix ans.

    « Enfermée dans la salle de bain, j'ai eu des tremblements, des sueurs, j'ai commencé à vomir – et quand l'hémorragie a débuté, elle était si abondante qu'il n'y avait pas assez de serviettes ni quoi que ce soit d'autre pour éponger le sang », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse au Congrès en mars. « J'ai palpé entre mes jambes et j'ai sorti une poche des eaux parfaitement formée, avec mon bébé qui flottait à l'intérieur, avec des yeux, des membres et des oreilles bien visibles. »

    « À ce moment-là », ajoute Gillette, « j’ai dû décider si j’allais jeter mon enfant à la poubelle ou le faire passer dans les toilettes. »

    Je repense à des histoires comme celle de Gillette quand je vois la pilule abortive – la méthode d'avortement la plus courante aux États-Unis – faire la une des journaux. Plus récemment, la Cour suprême des États-Unis a rendu une ordonnance le 14 mai autorisant les femmes à continuer de recevoir par voie postale la mifépristone, l'un des deux médicaments utilisés dans le protocole de la pilule abortive. Plusieurs articles consacrés à cette nouvelle ordonnance ont décrit la mifépristone comme un médicament sûr.

    Histoire de la pilule abortive

    Toutes les femmes qui prennent la pilule abortive ne voient pas le corps de leur bébé, mais l'expérience de Gillette illustre le fait que l'avortement est un acte qui met fin intentionnellement à une vie humaine dans l'utérus. Elle suggère que chaque grossesse implique deux vies – deux corps – même à ses tout premiers stades.

    Les professionnels de santé pro-vie sont unanimes. Mais voici d'abord les faits : la FDA (Food and Drug Administration) américaine a approuvé pour la première fois la mifépristone, associée à un autre médicament appelé misoprostol, pour les interruptions de grossesse précoces en 2000. Autorisée jusqu'à 10 semaines de grossesse, la pilule abortive est connue sous différents noms, notamment avortement chimique, avortement médicamenteux ou avortement par télémédecine.

    Aujourd'hui, ce type d'avortement est responsable de près des deux tiers des avortements pratiqués par des médecins aux États-Unis, selon l'Institut Guttmacher, un organisme de recherche sur la reproduction qui soutient le droit à l'avortement. Des centaines de milliers de femmes y ont recours chaque année. Des centaines de milliers d'enfants à naître ne voient jamais le jour à cause de cela chaque année.

    Une gynécologue-obstétricienne certifiée explique le fonctionnement de la pilule abortive dans une vidéo illustrée produite par l'organisation nationale pro-vie Live Action. Le Dr Noreen Johnson, qui a pratiqué plus de 1 000 avortements avant de devenir militante pro-vie, explique que le processus en deux étapes de la pilule abortive commence par l'ingestion de mifépristone. Ce médicament bloque une hormone appelée progestérone.

    « Lorsque la mifépristone bloque la progestérone, la muqueuse utérine de la mère se désagrège, privant ainsi l'embryon d'oxygène et de nutriments essentiels, qui meurt alors dans l'utérus », explique Johnson dans la vidéo publiée en 2022.

    Après 24 à 48 heures, la femme prend un deuxième médicament, le misoprostol, en s'insérant des comprimés dans les joues.

    « Elle subira de fortes crampes, des contractions et d'importantes hémorragies pour expulser l'embryon mort de son utérus », explique Johnson. « Le processus peut être très intense et douloureux, et les contractions hémorragiques peuvent durer de quelques heures à plusieurs jours. »

    Elle ajoute que les femmes pourraient même voir, comme Gillette, « l’embryon expulsé à l’intérieur du sac gestationnel ».

    Faire face à la réalité

    Voici la réalité d'un avortement réussi : il met toujours fin à au moins une vie. Et lorsque nous le savons, nous comprenons peut-être aussi que l'avortement exige une réponse. C'est pourquoi des milliers de centres d'aide aux femmes enceintes et mères en difficulté, partout au pays, offrent des services gratuits. C'est pourquoi l'Église catholique accompagne ces femmes grâce à son initiative paroissiale « Marcher avec les mamans en difficulté ».

    Bien que la Cour suprême autorise toujours sa livraison par voie postale, la pilule abortive n'est pas sans danger. La décision de la prendre ou non détermine si le fœtus vivra ou non.

  • Sainte Rita de Cascia, l'avocate des pauvres et de ceux qui n'ont rien (22 mai)

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    Du pape Jean-Paul II lors de l'audience du 20 mai 2000 (pèlerinage jubilaire des fidèles de sainte Rita de Cascia et des Chevaliers du Travail) (source) :

    ... Quel est le message que cette sainte nous transmet? Il s'agit d'un message qui transparaît de sa vie:  l'humilité et l'obéissance ont été la voie sur laquelle Rita a marché vers une assimilation toujours plus parfaite au Crucifié. Les stigmates qui brillent sur son front sont la preuve de l'authenticité de sa maturité chrétienne. Sur la Croix avec Jésus elle a, d'une certaine façon, obtenu le diplôme de cet amour, qu'elle avait déjà connu et exprimé de façon héroïque entre les murs de sa maison et en participant à l'histoire de sa ville.

    Suivant la spiritualité de saint Augustin, elle devint une disciple du Crucifié et "experte pour souffrir", elle apprit à comprendre les peines du coeur humain. Rita devint ainsi l'avocate des pauvres et de ceux qui n'ont rien, obtenant pour ceux qui l'ont invoquée dans les situations les plus disparates d'innombrables grâces de consolation et de réconfort.

    Rita de Cascia fut la première femme à être canonisée lors du grand Jubilé du début du XXème siècle, le 24 mai 1900. En décrétant sa Sainteté, mon prédécesseur Léon XIII observa qu'elle plut tant au Christ qu'il voulut la marquer du sceau de sa charité et de sa passion. Un tel privilège lui fut accordé en raison de son humilité singulière, de son détachement intérieur des passions terrestres et de l'admirable esprit de pénitence qui accompagnèrent chaque moment de sa vie (cf. Lett. apos. Umbria gloriosa sanctorum parens, Acta Leonis XX, pp. 152-53).

    J'ai plaisir aujourd'hui, cent ans après sa canonisation, à la reproposer comme signe d'espérance en particulier aux familles. Chères familles chrétiennes, en imitant son exemple, sachez vous aussi trouver dans l'adhésion au Christ la force de porter à terme votre mission au service de la civilisation de l'amour!

    Si nous demandons à sainte Rita quel est le secret de cette extraordinaire oeuvre de renouveau social et spirituel, elle nous répond:  la fidélité à l'amour crucifié. Rita, avec le Christ et comme le Christ, parvient à la Croix toujours et uniquement par amour. Alors, comme elle, nous tournons notre regard et notre coeur vers Jésus mort et ressuscité pour notre salut. C'est lui, notre Rédempteur, qui rend possible, comme il le fit pour cette chère sainte, la mission d'unité et de fidélité qui est propre à la famille, même dans les moments de crise et de difficultés. C'est encore lui qui rend concret l'engagement des chrétiens dans l'édification de la paix, en les aidant à surmonter les conflits et les tensions, malheureusement si fréquents dans la vie quotidienne.

    La sainte de Cascia appartient au grand groupe des femmes chrétiennes qui "ont eu une influence significative sur  la  vie  de  l'Eglise,  ainsi que sur celle de la société" (Mulieris dignitatem, n. 27). Rita a bien interprété le "génie féminin":  elle l'a vécu intensément, tant dans sa maternité physique que spirituelle.

    J'ai rappelé, à l'occasion du sixième centenaire de sa naissance, que sa leçon "se concentre sur ces éléments typiques de spiritualité: l'offre du pardon et l'acceptation de la souffrance, non pas en raison d'une forme de résignation passive [...], mais en vertu de cet amour envers le Christ qui, précisément lors de l'épisode du couronnement, a subi, en même temps que d'autres humiliations, une atroce parodie de sa royauté" (Insegnamenti, V/1 [1982], 874).


    Très chers frères et soeurs, la dévotion à sainte Rita dans le monde est symbolisée par la rose. Il faut espérer que la vie de tous ses fidèles soit également comme la rose cueillie dans le jardin de Roccaporena au cours de l'hiver qui précéda la mort de la sainte. C'est-à-dire qu'il s'agisse d'une vie soutenue par l'amour passionné pour le Seigneur Jésus; une existence capable de répondre à la souffrance et aux épines par le pardon et le don total de soi, pour diffuser partout le bon parfum du Christ (cf. 2 Co 2, 15), à travers l'annonce cohérente et vécue de l'Evangile. Chers fidèles et pèlerins, Rita redonne sa rose à chacun de vous:  en la recevant spirituellement engagez-vous à vivre comme les témoins d'une espérance qui ne déçoit pas, et comme des missionnaires de la vie qui vainc la mort.

    En relation : Sainte Rita de Cascia, celle qui espère contre toute espérance

  • Le Catholicos arménien Aram Ier a proposé à Léon XIV de convoquer un « Concile Vatican III »

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    D'InfoVaticana :

    Le Catholicos arménien Aram Ier proposa à Léon XIV de convoquer un « Troisième Concile du Vatican ».

    Le Catholicos arménien Aram Ier proposa à Léon XIV de convoquer un « Troisième Concile Vatican II ».

    Le Catholicos arménien Aram Ier a publié le contenu de la rencontre privée qu'il a eue ce lundi avec le pape Léon XIV au Vatican, révélant qu'au cours de cette rencontre, il a soulevé des questions d'une portée énorme pour l'avenir du christianisme, notamment la convocation d'un « Troisième Concile du Vatican ».

    L’information a été officiellement diffusée par l’Église apostolique arménienne de Cilicie à la suite de l’audience du 18 mai. Selon le communiqué, Aram Ier a présenté au pape trois questions qu’il considère « urgentes » pour la vie de l’Église universelle : l’établissement d’une date commune pour Pâques, la création d’une journée de commémoration pour tous les martyrs chrétiens et la convocation d’un nouveau concile universel.

    La référence à un « Troisième Concile du Vatican »

    L’aspect le plus frappant du communiqué publié par l’Église catholique arménienne est la référence explicite à la convocation d’un « troisième concile du Vatican », une expression utilisée par l’Église arménienne elle-même dans le communiqué officiel publié à l’issue de la réunion.

    Bien que la déclaration ne précise pas comment un tel concile devrait être structuré ni quelles questions spécifiques il devrait aborder, la simple mention d'un nouveau concile œcuménique rouvre inévitablement le débat sur l'état actuel de l'Église et les tensions doctrinales, liturgiques et pastorales apparues après le concile Vatican II.

    Jusqu’à présent, le Saint-Siège n’a publié aucune clarification spécifique concernant cette proposition faite par Aram Ier.

    Pâques commune et commémoration des martyrs chrétiens

    Outre la question du Concile, le dirigeant arménien a insisté sur la nécessité d'avancer vers une date commune pour la célébration de Pâques entre catholiques et orthodoxes, une aspiration de longue date du mouvement œcuménique.

    Il a également proposé d'instaurer une journée de commémoration pour tous les martyrs chrétiens, soulignant l'importance de renforcer la prise de conscience commune des persécutions subies par les chrétiens dans différentes parties du monde.

    Selon le communiqué arménien, Léon XIV a exprimé sa « compréhension et son soutien » concernant les questions soulevées lors de la conversation.

    L’Artsakh et la situation au Liban

    Les catholiques arméniens ont également profité de cette réunion pour aborder des questions politiques et humanitaires liées au Moyen-Orient et au Caucase.

    Il a notamment défendu le droit des Arméniens d'Artsakh à retourner sur leurs terres en vertu des garanties internationales et a exigé la protection des églises et des monuments historiques arméniens conformément au droit international. Il a également appelé à la libération immédiate des dirigeants arméniens actuellement détenus à Bakou.

    Concernant le Liban, Aram Ier a insisté sur la nécessité de préserver la souveraineté de l'État libanais, a exigé le retrait israélien du sud du pays et a défendu le maintien du cessez-le-feu.

    conversation privée ultérieure

    Le communiqué ajoute qu'à la suite de la réunion officielle, Léon XIV et Aram Ier ont eu une conversation privée supplémentaire au cours de laquelle ils ont échangé leurs points de vue et leurs préoccupations sur ces questions et d'autres questions connexes.

    La publication du contenu intégral de la conversation par l'Académie catholique arménienne a suscité une attention particulière car elle fait référence à un nouveau concile universel, une question qui suscite inévitablement l'intérêt à une époque de vifs débats internes au sein de l'Église catholique.

  • Synode : un processus interminable pour accoucher de quoi au juste ?

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Synodalité, mais pas un synode : au cœur du nouveau calendrier de l’« assemblée ecclésiale » de 2028

    Quel est le contexte de ce nouveau document ? Et que dit-il ?

    Le département synodal du Vatican a publié mercredi un nouveau document définissant les étapes à suivre en vue de l'assemblée ecclésiale de 2028 à Rome.

    Le texte de 6 000 mots , publié le 20 mai, détaille comment les Églises locales doivent se préparer à cet événement, qui s'inscrit dans la continuité du processus synodal mondial lancé par le pape François en 2021.

    Le document, intitulé « Vers les Assemblées 2027-2028 », a été publié à la suite d’une rencontre , le 18 mai , entre le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Secrétariat général du Synode, et le pape Léon XIV.

    Quel est le contexte de ce nouveau document ? Et que dit-il ?

    Quel est le contexte ?

    En 2015, le pape François a prononcé un discours historique marquant le 50e anniversaire de l' établissement du Synode des évêques en tant qu'institution permanente au Vatican.

    Le pape argentin a annoncé que l'instance consultative – qui réunit périodiquement les évêques du monde entier pour débattre des questions urgentes – allait évoluer. La prochaine étape de cette évolution, a-t-il déclaré, sera marquée par la « synodalité », un terme qu'il a popularisé pour décrire la collaboration dynamique entre la hiérarchie de l'Église et l'ensemble du Peuple de Dieu, qui cheminent ensemble à travers l'histoire.

    « C’est précisément cette voie de synodalité que Dieu attend de l’Église du troisième millénaire », a-t-il déclaré.

    Les réformes du pape François concernant le synode des évêques ont été codifiées dans la constitution apostolique Episcopalis communio de 2018. Le cardinal Grech a déclaré que la principale innovation de ce document résidait dans la transformation du synode « d'un événement en un processus ». Désormais, les réunions synodales seront précédées d'une phase de consultation. L'assemblée elle-même constituera la phase de discussion et sera suivie d'une phase de mise en œuvre.

    En 2020, le pape François a annoncé que les évêques du monde entier se réuniraient au Vatican pour discuter du thème « Pour une Église synodale : communion, participation et mission ».

    Cet événement, rapidement surnommé le « synode sur la synodalité », s’est déroulé en deux sessions, en 2023 et 2024, précédées d’une consultation mondiale sans précédent, aux niveaux diocésain, national et continental.

    Le synode sur la synodalité présentait plusieurs caractéristiques originales : un grand nombre de participants « non-évêques », dont de nombreuses femmes, des tables rondes et une méthode de discussion appelée « conversation dans l’Esprit ».

    Cette réunion a abouti à un document final de 28 000 mots , que le pape François a formellement adopté comme « partie intégrante du magistère ordinaire du successeur de Pierre » en octobre 2024.

    Le processus synodal mondial ne s’est pas achevé avec la clôture de la dernière table ronde ; il est entré dans sa phase de mise en œuvre.

    En mars 2025, le cardinal Grech annonça que le pape François avait approuvé le lancement d'un processus de révision sur trois ans, devant aboutir à une assemblée ecclésiale au Vatican en 2028. Ce choix de date était d'autant plus significatif que le pape François était alors en mauvaise santé et décéda un mois plus tard. Dès lors, la question se posa de savoir si son successeur se sentirait tenu de poursuivre ce processus international.

    Le pape Léon XIV, qui avait participé au synode sur la synodalité lorsqu'il était préfet du Dicastère pour les évêques, indiqua clairement peu après son élection que l'assemblée ecclésiale aurait bien lieu.

    En juin 2025, il s'est rendu au département synodal du Vatican, où il a déclaré que l'héritage du pape François pouvait se résumer à l'idée « que la synodalité est une manière d'être, une attitude qui nous aide à être l'Église, en favorisant des expériences authentiques de participation et de communion ».

    En juillet 2025, le Secrétariat général du Synode a publié, avec l'approbation de Léon XIV, un document de près de 10 000 mots intitulé « Voies pour la phase de mise en œuvre du Synode, 2025-2028 ». Ce texte exposait, dans ses grandes lignes, les obligations des diocèses en vue de l'assemblée de 2028.

    Depuis lors, le pape Léon a continué à faire des références périodiques à la synodalité, la décrivant comme « un style de coopération » et un exercice d’« écoute par excellence ».

    Que dit le texte ?

    Le nouveau document fournit des directives plus précises aux Églises locales sur ce qu'elles doivent faire avant 2028. Il couvre, comme l'indique son sous-titre, les « étapes, les critères et les outils de préparation ».

    L’objectif de ce texte est de « concrétiser le processus déjà en cours » au niveau local. Il souligne toutefois que « la phase de mise en œuvre n’ajoute pas de tâches supplémentaires à la vie quotidienne des communautés ; elle l’oriente et la renouvelle de l’intérieur ».

    Le document décrit un processus en quatre étapes qui culminera avec l'assemblée ecclésiale de 2028. Chaque étape est désignée par un mot qui en résume l'objectif. Chacune des quatre étapes comprend une forme d'assemblée.

    Le premier semestre 2027, dit période de « réflexion » , sera marqué par des « assemblées d'évaluation » dans les diocèses et les éparchies catholiques orientales, axées sur le document final du synode sur la synodalité.

    Cette période devrait donner lieu à deux documents. Le premier est un rapport narratif décrivant la forme concrète d’une Église synodale missionnaire et les nouvelles voies de synodalité qui émergent au sein de la communauté locale. Il sera préparé par l’équipe synodale locale avant l’assemblée d’évaluation et approuvé par l’évêque.

    Le second texte est une brève « lettre aux autres Églises », adressée aux autres diocèses et éparchies, qui met en lumière « les principaux fruits qui ont émergé du processus de mise en œuvre du synode ». Ce document sera préparé lors de l’assemblée d’évaluation.

    Le second semestre 2027, dit « période d’interprétation » , sera marqué par des assemblées nationales ou régionales de conférences épiscopales. Celles-ci produiront deux documents : un rapport théologico-pastoral et une lettre aux autres Églises locales. Ces deux textes devront être transmis à l’équipe synodale continentale et au Secrétariat général du Synode avant le 31 décembre 2027.

    Les quatre premiers mois de 2028, période dite d’« orientation » , seront consacrés aux assemblées continentales, qui rédigeront des rapports de synthèse proposant une relecture globale du parcours synodal. Ces rapports devront être remis aux responsables du synode du Vatican avant le 30 avril 2028.

    Enfin, en octobre 2028, l’Église entrera dans la période de « célébration » , lorsque les participants à l’assemblée ecclésiale se réuniront à Rome avec le pape Léon XIV.

    Le Vatican a toujours insisté sur le fait que l'assemblée ecclésiale n'est pas un synode. Cependant, le nouveau document précise que, comme un synode, elle disposera de son propre instrumentum laboris , ou document de travail.

    Le texte reste pour l'instant étonnamment vague sur les détails, se contentant de promettre que « l'assemblée ecclésiale sera définie plus précisément ultérieurement ». Pour le moment, aucune date précise n'est donnée, ni aucune indication sur la manière dont les participants seront sélectionnés.

    Le document, qui met l'accent, de façon typiquement léonine, sur l'unité du processus, indique que les conclusions de l'assemblée seront « offertes au Saint-Père comme fruit du processus de discernement ».

    Le texte dans son ensemble met particulièrement l'accent sur le rôle déterminant du pape. En effet, ses derniers mots précisent que tout le processus se déroulera « sous la conduite du Saint-Père ».

  • Un nouveau film sur saint Maximilien Kolbe sort sur les écrans

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    D'Anne Van Merris sur zenit.org :

    Maximilien Kolbe (1894–1941) a donné sa vie pour qu'un père de famille vive © sajedistribution.com

    Maximilien Kolbe (1894–1941) a donné sa vie pour qu'un père de famille vive © Sajedistribution.com

    Un film sur saint Maximilien Kolbe sort au cinéma en France « Maximilien Kolbe, une vie donnée » sur les grands écrans

    20 mai 2026

    Ce 20 mai 2026, un nouveau film sur la vie de saint Maximilien Kolbe sort dans les salles de cinéma en France. Ce prêtre franciscain polonais est mort martyr dans les camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale, après avoir offert volontairement sa vie pour sauver celle d’un père de famille condamné.

    Le film « Maximilien Kolbe, une vie donnée » est réalisé par l’américain Anthony D’Ambrosio et produit par la société Saje distribution. Il relate des dernières semaines de la vie du saint à Auschwitz dans le « bunker de la faim », où il a été enfermé avec neuf autres prisonniers. 

    L’approche de ce long-métrage est assez inédite, car la plupart des récits existants sur le P. Kolbe s’arrêtent avant cette période d’enfermement qui devait l’amener à la mort.

    © sajedistribution.com

    © sajedistribution.com

    Maximilien Kolbe est entré très jeune dans la vie religieuse et a poursuivi ses études à Rome, où il a fondé le mouvement marial « Milice de l’Immaculée ». Il s’est vite distingué par son dévouement spirituel et intellectuel, notamment à travers la création et la diffusion d’un journal catholique, qui a connu un essor considérable en Pologne. Il a également créé le monastère marial de Niepokalanów, l’un des plus grands d’Europe, puis a étendu sa mission au Japon où il a fondé une communauté.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, le P. Kolbe a aidé des réfugiés, y compris de nombreux juifs, avant d’être arrêté par les nazis. Déporté à Auschwitz, il s’est porté volontaire en 1941 pour mourir à la place d’un autre prisonnier, et a été enfermé dans le bunker de la faim. Après trois semaines sans nourriture et sans eau, le prêtre était encore en vie, alors que tous ses compagnons étaient morts. Mais le 14 août 1941, les soldats allemands lui ont injecté une dose létale de phénol. Les codétenus du P. Kolbe sont ainsi morts avec un chant et une prière sur les lèvres, après avoir été soutenus humainement et spirituellement par le prêtre franciscain. Jusqu’à leur dernier souffle, celui-ci les a réconfortés, a été leur confident, leur a donné l’absolution et leur a redonné l’espérance contre toute attente.

    « Aujourd’hui, alors que nous sommes plus isolés, enfermés dans nos propres prisons mentales et en quête d’espoir, l’histoire de saint Kolbe agit comme une lumière qui guide vers la paix et le ciel » a confié Anthony D’Ambrosio à l’occasion de la sortie de son film. « Il était guidé par une vision différente, tournée vers quelque chose de plus profond que le succès ou la victoire terrestre. C’est une fin qui dit que, quelle que soit l’obscurité, l’espoir demeure et l’amour finit toujours par triompher. Dans le monde d’aujourd’hui, je crois que c’est profondément porteur d’espoir ».

    Maximilien Kolbe rappelait lui-même que la sainteté ne consiste pas d’abord à accomplir des choses extraordinaires, mais à unir sa volonté à celle de Dieu. « Si je veux ce que Dieu veut, alors je serai un saint » avait-il dit, évoquant fréquemment l’abandon total à la volonté divine.

    Le P. Kolbe a été béatifié à Rome le 17 octobre 1971 par saint Paul VI et a été canonisé martyr de la foi en 1982 par saint Jean-Paul II. Il est pour le monde actuel un témoignage lumineux de don de soi, de foi et de courage.

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