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BELGICATHO

  • La procession de la Fête-Dieu refait son apparition à Namur

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    De cathobel :

    A Namur, une procession pour la Fête Dieu

    A Namur, une procession pour la Fête Dieu

    Ce dimanche 7 juin, soixante jours après Pâques, l’Église célèbre la Fête Dieu. A Namur, la messe dominicale célébrée à l’église Saint-Loup et qui sera présidée pour l’occasion par Mgr Lejeusne se poursuivra sous forme de procession. Les fidèles sont bien sûr invités à s’y joindre. Plusieurs haltes sont prévues pour prier mais aussi méditer la Parole biblique.

    La solennité du Saint Sacrement du corps et du sang du Christ, dite Fête Dieu, est une fête liturgique très ancienne. Elle permet à chacun de s’imprégner de ce qu’est l’essence même de l’eucharistie, la présence de Jésus-Christ dans le pain et le vin consacrés

    Le dimanche 7 juin, la messe célébrée, dès 10h, à l’église Saint-Loup s'arrêtera après la prière qui suit la communion. Elle se poursuivra, vers 11h30, par une procession dans les rues de Namur. L’évêque tenant l’ostensoir marchera sous un dais. L’ostensoir dans lequel une hostie consacrée sera proposée, à la vénération, aux fidèles rencontrés sur le chemin de la procession. L’évêque ne sera pas seul : les prêtres, diacres, les acolytes ainsi que le peuple de Dieu formeront cette procession.

    Une procession durant laquelle plusieurs haltes sont prévues. Le premier arrêt se fera à la chapelle universitaire, rue Grafé. L’équipe chargée de l’animation du lieu prendra en charge le moment proposé aux participants : lecture de la Parole biblique, un moment de méditation avant de repartir vers la deuxième halte. Elle aura lieu, cette fois à la chapelle Notre-Dame du Rempart. Le troisième arrêt est lui prévu dans la cour du Séminaire ou encore devant la grille du bâtiment, en cas de pluie. La procession reprendra pour une ultime halte, à la cathédrale Saint-Aubain. L’entrée du bâtiment, pour des raisons de sécurité, étant interdite, c’est devant les grilles interdisant l’accès à l’édifice que le dernier temps de prière aura lieu, ainsi que la bénédiction finale avec le salut au Saint-Sacrement. Et pour chacun des arrêts, lecture de la parole biblique et méditation.

    Un accompagnement musical est aussi prévu. Et pour le moins original. Le musicien sera installé, avec son piano, dans une remorque.

    Depuis 2009, la Fête Dieu n’avait plus été organisée à Namur (c'est-à-dire depuis que Mgr Léonard avait quitté Namur pour devenir archevêque de Malines-Bruxelles ndB). L’arrivée d’un nouvel évêque et la volonté du Service de la Pastorale Liturgique et de la paroisse cathédrale Saint-Aubain ont fait le reste. La Fête Dieu sera aussi célébrée dans une paroisse proche du centre-ville, la paroisse Sainte-Julienne à Salzinnes. Le 7 juin est, pour les Salzinnois, le jour de la fête de la paroisse.

  • Léon XIV nomme une femme, laïque, préfète du dicastère pour la Communication

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    De Vatican News :

    Léon XIV nomme une femme, laïque, préfète du dicastère pour la Communication

    Actuellement présidente et directrice des opérations d'EWTN News, Maria Montserrat Alvarado succédera à Paolo Ruffini en novembre prochain, poursuivant ainsi le parcours de réforme et de renouvellement initiés par le Pape François.

    Le Pape Léon XIV a nommé Maria Montserrat Alvarado, actuellement présidente et directrice des opérations d'EWTN News, préfète du dicastère pour la Communication, à partir du 1er novembre 2026.

    Née à Mexico, Maria Montserrat Alvarado est diplômée de l'Université internationale de Floride et de l'Université George Washington. De 2009 à 2023, elle a occupé des postes à responsabilité au sein du Fonds Becket pour la liberté religieuse, participant à des initiatives consacrées à la défense de la liberté religieuse et à la promotion de la dignité humaine. Depuis 2023, elle est présidente et directrice des opérations d'EWTN News, la division éditoriale d’Eternal Word Television Network, supervisant des plateformes médiatiques internationales produisant des contenus en sept langues pour la télévision, la radio, la presse écrite, les médias numériques et les réseaux sociaux.

    Avec la nomination de Maria Montserrat Alvarado, le Pape Léon XIV poursuit le processus de réforme et de renouvellement de la Curie romaine initié par le Pape François, qui a confié à des fidèles laïcs, hommes et femmes, des rôles et des responsabilités de premier plan au service de l'Église universelle. Maria Montserrat Alvarado est la première femme non religieuse à être nommée préfète d'un dicastère du Saint-Siège.

    Institué par le Pape François le 27 juin 2015 dans le cadre de la réforme de la Curie romaine, le dicastère pour la Communication supervise les systèmes de communication du Saint-Siège, notamment Vatican News, Radio Vatican, L'Osservatore Romano, Vatican Media (services photo, audio et vidéo), la Salle de presse du Saint-Siège, les Éditions du Vatican (LEV), la typographie et la Cinémathèque vaticanes. Outre les fonctions opérationnelles et technologiques qui lui sont assignées, le dicastère explore et développe également les aspects spécifiquement théologiques et pastoraux de l'activité de l'Église dans le domaine de la communication. Maria Montserrat Alvarado succédera à Paolo Ruffini, nommé en 2018 par le Pape François premier préfet laïc d'un dicastère de la Curie romaine, et qui fêtera ses 70 ans en octobre prochain.

    Paolo Ruffini a adressé une lettre aux employés du dicastère pour la Communication, déclarant: «Le dicastère a inscrit dans son ADN le devoir de rester constamment en phase avec le monde de la communication, en rapide évolution. Depuis la naissance de notre institution, notre étoile polaire a été et demeure celle-ci: ne jamais s’arrêter, passer le relais tout en continuant à courir, être présents ici et maintenant, à cet instant précis, comme la pierre angulaire d’une communication qui est un instrument de communion grandissant avec le temps. Je suis entré dans la dernière ligne droite de ma course, avant le moment – ​dans le long voyage qu’est notre vie professionnelle– où, ayant atteint 70 ans, l’âge prévu de la retraite, je passerai le relais à Maria Montserrat Alvarado, la prochaine préfète. Nous nous connaissons bien. Et dans les mois à venir, nous travaillerons en étroite collaboration, dans l’esprit de communion qui nous unit dans l’Église.»

    «Je suis reconnaissant à la grande famille du dicastère», ajoute Paolo Ruffini, «pour le chemin parcouru ensemble durant ces huit années. Nous entamons maintenant, au cours des prochains mois, un processus de transition harmonieuse, afin de permettre au dicastère de poursuivre son développement au service du Saint-Père et dans sa mission de servir dans un esprit d'unité et d'ouverture.»

    Michael P. Warsaw, président du conseil d'administration et administrateur délégué d'EWTN, a déclaré que Maria Montserrat Alvarado avait gagné «la confiance et le respect de tous ceux qui ont eu le privilège de travailler à ses côtés» durant ses années à la station. Et d’ajouter: «Nous lui offrons nos prières, nos encouragements et le soutien total de la famille d’EWTN alors qu'elle entreprend cette importante mission au service du Pape Léon XIV et de son pontificat.

  • Les saints martyrs de l'Ouganda (Charles Lwanga et ses 21 compagnons) (3 juin)

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    De Nominis (cef.fr) :

    Saints Martyrs de l'Ouganda

    Charles Lwanga et ses 21 compagnons (+ 1886)

    Charles Lwanga, mort le 3 Juin 1886, laïc - Converti par les Pères Blancs, Charles Lwanga, serviteur du roi Mwanga d'Ouganda, fut baptisé en novembre 1885 et brûlé vif au mois de juin de l'année suivante, à Namuyongo, voir aussi saint Charles Lwanda

    martyrs de l'Ouganda

    Martyr du Groupe des 22 martyrs de l'Ouganda. 
    - le 2 février 2023, Anuarite et Bakanja, modèles de foi, courage et pardon (VaticanNews.), le Pape François a mentionné Anuarite et Bakanja, ainsi que saint Kizito et ses compagnons martyrs de l’Ouganda, les présentant comme modèles de foi, de courage, de persévérance et de pardon.
    Les martyrs (+1885, +1886, +1887) - les 22 martyrs de l'Ouganda. Martyrs de la persécution du roi Mwanga de 1885 à 1887 durant laquelle périrent une centaine de jeunes chrétiens, catholiques et anglicans. A cause de la prière et de la chasteté, ils périrent dans d'atroces supplices, dont celui du feu.
    Marchant à la mort Kizito (13 ans) demandait à son aîné, Charles Lwanga: «Donne-moi la main: j'aurai moins peur». Tous les deux ont été proclamés patrons de la jeunesse africaine.
    Un autre, arrivant au lieu du supplice, déclara : «C'est ici que nous verrons Jésus!».
    - Béatifiés par la brève de Benoît XV le 6 juin 1920 (en italien), canonisés par Paul VI, le 18 octobre 1964 à Rome.
    - Album de la canonisation des 22 martyrs de l'Ouganda le 18 octobre 1964 - site des Pères Blancs.
    - Lors de son voyage apostolique en Afrique, devant une foule immense, le Pape François a honoré les martyrs de l'Ouganda, 28 novembre 2015.

    Mémoire des saints Charles Lwanga et ses douze compagnons: les saints Mbaga Tuzindé, Bruno Serunkerma, Jacques Buzabaliawo, Kizito, Ambroise Kibuka, Mgagga, Gyavira, Achille Kiwanuka, Adolphe Ludigo Mkasa, Mukasa Kiriwawanvu, Anatole Kiriggwajjo; Luc Banabakintu, martyrs en Ouganda l'an 1886. Âgés entre quatorze et trente ans, ils faisaient partie du groupe des pages ou de la garde du roi Mwanga. Néophytes et fermement attachés à la foi catholique, ils refusèrent de se soumettre aux désirs impurs du roi et furent soit égorgés par l'épée, soit jetés au feu sur la colline Nemugongo. Avec eux sont commémorés neuf autres: les saints Joseph Mukasa Balikuddembe, Denis Sebuggwawo, André Kaggwa, Pontien Ngondwe, Athanase Bazzekuketta, Gonzague Gonza, Matthias Kalemba, Noé Mawaggali, Jean-Marie Muzei. qui subirent le martyre dans la même persécution, à des jours différents, entre 1885 et 1889.

    Martyrologe romain

  • Un diagnostic accablant sur les dérives en cours dans l'Eglise

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    Depuis plusieurs décennies, particulièrement après le concile Vatican II (1962-1965) et son application souvent chaotique dans les années 1970-2000, voilà ce qu'on observe dans de nombreux diocèses occidentaux :

    • Une liturgie improvisée : Des messes où le rite est largement adapté, avec des lectures modifiées, des prières eucharistiques personnelles, des gestes non prévus, ou une musique et une esthétique très "années 70-80". Le Missel romain de 1970 prévoyait déjà une certaine flexibilité, mais beaucoup d'évêques et prêtres l'ont étendue bien au-delà.
    • Une discipline ecclésiastique relâchée : Peu de sanctions pour des hérésies publiques, des prêtres ou théologiens qui contestent ouvertement des points de doctrine (divorce-remariage, morale sexuelle, etc.) sans conséquence claire. Le contraste avec l'Église des siècles précédents (où les sanctions - ou la suspension - étaient plus courantes) est frappant. Beaucoup de catholiques pratiquants expriment une réelle lassitude face à la vie peu édifiante d’un certain nombre de clercs : double vie sexuelle, carriérisme, goût du luxe, manque de piété visible, ou simplement une tiédeur spirituelle qui contraste avec ce qu’on attend d’un homme consacré. Ce n’est pas une perception fantasmée.
    • Un discours doctrinal flou : Sur la vie (avortement, euthanasie, bioéthique), la famille, ou le péché, on voit parfois une insistance plus forte sur l'accompagnement et la miséricorde que sur la norme objective. Le Synode sur la synodalité et Fiducia Supplicans (bénédictions des couples irréguliers) ont amplifié ces débats.
    • La célébration des sacrements : Baptêmes, confessions et mariages parfois traités de façon très légère, avec une catéchèse minimale. Des aumônier(e)s laïcs d'hôpital n'hésitent pas à administrer les sacrements des malades, etc.
    • La disparition (ou plutôt l’atténuation très marquée) du sens du sacré est l’un des aspects les plus visibles et les plus tristes de la crise actuelle de l’Église en Occident. C’est un sentiment largement partagé : on entre dans beaucoup d’églises modernes comme dans une salle polyvalente, et la messe ressemble parfois plus à une réunion conviviale qu’à un acte de culte adressé au Dieu trois fois saint.

    Ces phénomènes sont documentés par des observateurs comme le sociologue Christophe Guéguen, des prêtres "orthodoxes", ou divers sites sur le Net. Les enquêtes sur la pratique (IFOP, etc.) montrent aussi une chute massive de la fréquentation et une perte de transmission chez les jeunes.

    Causes profondes

    • Sécularisation culturelle : L'Église en Occident est imprégnée par l'air du temps (individualisme, subjectivisme, psychologisation de la foi). Beaucoup de clercs ont absorbé les idées de Mai 68 ou de la théologie de la libération.
    • Crise des vocations et formation : Dans certains séminaires, la formation doctrinale et liturgique a été affaiblie pendant des décennies.
    • Centralisation romaine paradoxale : Sous Jean-Paul II et Benoît XVI, il y avait une volonté de recentrage, mais avec des résistances internes. Sous François, la priorité donnée à la "synodalité" et aux périphéries a parfois accentué la perception de relativisation de la norme.
    • Effet "grenouille bouillie" : Les changements progressifs rendent difficile de pointer un moment précis où "ça a basculé".

    L'Église a connu des crises graves auparavant (Arianisme au IVe siècle, schisme d'Occident, Réforme protestante, Révolution française, modernisme au début du XXe). Elle s'en est toujours relevée, souvent par des mouvements de réforme venant de la base ou de saints (Cluny, François d'Assise, Thérèse d'Avila, etc.).

    Perspectives actuelles

    Il existe aujourd'hui un clivage clair :

    • Courant traditionnel (TLM - messe traditionnelle, catéchisme solide, doctrine classique) : en croissance relative chez les jeunes pratiquants (surtout en France, aux USA, en Afrique). Les communautés Ecclesia Dei et les instituts comme FSSP ou ICKSP en sont l'expression. Cependant, Traditionis Custodes (2021) a restreint la messe traditionnelle.
    • Courant "pastoral-progressiste" dominant dans beaucoup d'institutions : priorise l'inclusion, le dialogue avec le monde, au risque d'estomper les contours.
    • Afrique et Asie : généralement beaucoup plus orthodoxes doctrinalement et disciplinés.

    Le successeur de Pierre joue un rôle majeur, mais l'Église n'est pas uniquement le pape : elle est aussi faite des évêques, des prêtres, des ordres religieux et surtout des laïcs.

    Ces manquements sont réels et graves pour la transmission de la foi. Ils ne remettent pas en cause les promesses du Christ ("les portes de l'enfer ne prévaudront pas"), mais ils exigent lucidité et fidélité personnelle. L'histoire montre que l'Église se réforme souvent dans l'épreuve.

  • Le second consistoire de Léon XIV : une méthode de gouvernement ?

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    D'Andrea Gaglarducci sur le NCR :

    Le second consistoire de Léon XIV : une méthode de gouvernement ?

    ANALYSE : Le consistoire extraordinaire peut inclure la création de nouveaux cardinaux, mais il peut aussi être un consistoire de discussion.

    1er juin 2026

    Le second consistoire du pape Léon XIV, qui s'est tenu le 31 mai, n'a pas procédé à la création de nouveaux cardinaux, comme cela a été confirmé. Cela n'a rien de surprenant, car les nominations de nouveaux cardinaux sont généralement annoncées au moins un mois avant le consistoire afin de leur laisser le temps de se préparer. Il était donc fort improbable que le pape ait créé de nouveaux cardinaux lors de cette réunion.

    Le pape François a laissé derrière lui un collège de cardinaux important. À sa mort, 135 cardinaux auraient pu voter au conclave, soit 15 de plus que la limite de 120 fixée par Paul VI. Aujourd'hui, on compte 117 cardinaux électeurs, ou 118 si l'on inclut le cardinal Angelo Becciu, dont la situation n'est pas encore clarifiée. En 2027, 13 cardinaux atteindront l'âge de 80 ans et ne seront donc plus éligibles au conclave. Par conséquent, fin 2027, il pourrait y avoir 104 cardinaux électeurs, et Léon XIV disposerait ainsi de 16 places pour nommer de nouveaux cardinaux, s'il souhaite respecter la limite fixée par Paul VI.

    En résumé, Léon XIV a le temps de choisir les prochains cardinaux de l'Église catholique romaine. Selon certaines rumeurs vaticanes non confirmées, il pourrait s'agir d'un mini-consistoire chargé de créer les cardinaux, avec un ou deux nouveaux cardinaux tout au plus, à commencer par l'archevêque Filippo Iannone, choisi par Léon XIV pour lui succéder à la tête du Dicastère pour les évêques. Cependant, ces rumeurs restent à confirmer.

    Contrairement aux autres papes, dont le premier consistoire était toujours destiné à la création de nouveaux cardinaux, Léon XIV a décidé d'utiliser ses premières assemblées avant tout comme des réunions de cardinaux, occasions de discuter du présent et de l'avenir de l'Église.

    Le Code de droit canonique prévoit deux types de consistoires : le consistoire ordinaire et le consistoire extraordinaire. Le consistoire extraordinaire est convoqué dans des cas exceptionnels, et tous les cardinaux y sont réunis. Le consistoire ordinaire, quant à lui, se tient lorsque le pape a besoin de consulter les cardinaux sur une question importante mais courante ou pour accomplir des actes solennels.

    Le consistoire extraordinaire peut inclure la création de nouveaux cardinaux, mais il peut également servir de lieu de discussion. Léon XIV souhaitait que la convocation du consistoire extraordinaire de discussion soit un événement bisannuel. Le premier s'est tenu les 7 et 8 janvier 2026, et le prochain aura lieu les 26 et 27 juin 2026.

    La méthode de travail du prochain consistoire n'a pas encore été définie. En janvier, le consistoire s'est tenu par groupes linguistiques, chacun désigné par un rapporteur. On ignore si ce modèle sera reconduit pour le consistoire de juin. Toutefois, ce modèle dit « synodal » est mal vu par plusieurs cardinaux. Ces derniers n'apprécient guère que leurs opinions et leurs analyses soient intégrées à un résumé final établi par le rapporteur et le groupe, préférant assumer la responsabilité de leurs propres déclarations. Cette question a été soulevée, et il reste à voir si Léon XIV acceptera de modifier les modalités.

    On sait toutefois que le thème portera principalement sur la mission de l’Église. Dans une lettre adressée aux cardinaux le 12 avril , Léon XIV rappelait que la mission est « intégrale » et « allie proclamation explicite, témoignage, engagement et dialogue, sans céder à la tentation du prosélytisme ni à une logique de simple préservation ou expansion institutionnelle. Même lorsqu’elle se reconnaît comme minoritaire, l’Église est appelée à vivre sans complexes, comme un petit troupeau porteur d’espérance pour tous, se souvenant que le but de la mission n’est pas sa propre survie, mais la communication de l’amour dont Dieu aime le monde. »

    Le Pape a également noté que les discussions du consistoire de janvier 2026 avaient mis en évidence « la nécessité de relancer Evangelii Gaudium afin d’évaluer honnêtement ce qui, après toutes ces années, a été reçu et ce qui demeure inconnu et inappliqué. Il convient notamment de porter une attention particulière à la réforme nécessaire des parcours d’initiation chrétienne ; il faut également veiller à valoriser les visites apostoliques et pastorales comme d’authentiques occasions kérygmatiques et de croissance dans la qualité des relations ; ainsi qu’à repenser l’efficacité de la communication ecclésiale, même au niveau du Saint-Siège, dans une perspective plus résolument missionnaire. »

    En résumé, le débat ne portera pas sur la gouvernance de l'Église, mais plutôt sur des indications concernant son avenir. C'est la volonté de Léon XIV, qui souhaitait laisser suffisamment de temps à la discussion et offrir à tous la possibilité d'explorer les thèmes de la foi.

    Avec son deuxième consistoire extraordinaire de discussion, Léon XIV a déjà presque surpassé le pape François. Ce dernier a convoqué dix consistoires pour la création de cardinaux durant son pontificat, mais n'a décidé de tenir une discussion préalable qu'à trois reprises : en 2014, lors de la discussion sur la famille et le célèbre rapport du cardinal Walter Kasper ; en 2015, lorsque les travaux ont porté sur une possible réforme de la Curie ; et en 2022, lors de la discussion sur la réforme de la Curie récemment promulguée.

    Mais Léon XIV fait également preuve d'une certaine précision dans ses formes de gouvernement. Le pape convoque les dicastères ou leurs dirigeants pour les décisions « politiques » – si l'on peut dire – et invite les cardinaux à débattre et à définir le rôle de l'Église dans le monde actuel. De plus, Léon XIV n'a pas institué de « Conseil des cardinaux », contrairement au pape François.

    Le conseil (appelé « C9 » car il était composé de neuf cardinaux) était une sorte de conseil consultatif auprès du pape. Cependant, le pape François ne l'avait pas inclus dans le Praedicate Evangelium ; par conséquent, il n'était considéré ni comme un organe de la Curie romaine, ni comme un organe permanent. Il s'agissait d'un groupe de consultants nommés à la discrétion du pape.

    Là aussi, Léon XIV privilégie une approche plus collégiale, convoquant tous les cardinaux et tentant de les impliquer dans une large discussion.

    Est-ce là que la méthode de gouvernement de Léon XIV entre en jeu ? Peut-être. Par ailleurs, on se demande si le pape nommera des cardinaux prochainement. Ces derniers, cependant, se préparent déjà au débat. Il sera intéressant de voir quelle position ils adopteront.

  • La messe traditionnelle en latin est « l'antithèse absolue du monde d'aujourd'hui », déclare Édouard de Habsbourg

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    La messe traditionnelle en latin est « l'antithèse absolue du monde d'aujourd'hui », déclare Édouard de Habsbourg

    L'ancien ambassadeur de Hongrie auprès du Saint-Siège, qui a écrit une nouvelle brochure, se souvient de sa première rencontre déroutante avec l'ancien rite et explique comment, grâce à ce nouvel ouvrage, il entend aider les autres à l'aborder avec compréhension et paix.

    Édouard de Habsbourg
    Edouard de Habsbourg (photo : Edward Pentin photo)

    La messe traditionnelle en latin est devenue ces dernières années un objet de dévotion et de controverse, attirant un nombre croissant de jeunes fidèles malgré les restrictions imposées par Rome.

    Mais pour certains, la première rencontre avec ce rite ancien est marquée par la confusion avant de devenir une porte d'entrée vers une vie de prière plus profonde et un sens renouvelé du sacré. Combler ce fossé de compréhension est l'un des objectifs d'une nouvelle brochure, « À la découverte de la messe en latin : Guide pratique pour les curieux » , conçue comme un guide simple et pratique pour les néophytes en matière de liturgie.

    Discovering the Latin Mass - Sophia Institute Press

    | Presses de l'Institut Sophia

    Son auteur est l'archiduc Édouard de Habsbourg-Lorraine, descendant de la dynastie des Habsbourg et ancien ambassadeur de Hongrie auprès du Saint-Siège (2015-2025). Dans l'entretien accordé au Register le 27 mai, il explique plus en détail les raisons qui l'ont poussé à écrire ce livre, l'influence positive et significative du Vetus Ordo sur sa vie et sa foi, ainsi que sur celles de sa famille, et les raisons de sa popularité croissante auprès des jeunes. Il partage également son point de vue sur les raisons pour lesquelles la liturgie traditionnelle suscite autant de ferveur que d'opposition.

    Monsieur l'Ambassadeur Habsbourg, quels sont vos espoirs quant à l'ouvrage « À la découverte de la messe latine » , et qu'est-ce qui vous a incité à l'écrire ?

    J'ai écrit ce petit livre car, lorsque j'ai assisté à ma première messe traditionnelle en latin, je n'avais pas de brochure explicative pratique sous la main et j'étais complètement désemparée, voire même agacée. Personne ne m'avait préparée aux différences dans presque tous les aspects de la liturgie, et je n'ai donc pas pu l'apprécier pleinement au début. J'espère donc qu'avec ce petit livret en main, les fidèles aborderont leur première messe en latin mieux préparés et sans se braquer d'emblée.

    À qui s'adresse-t-il principalement, et peut-on apporter le livret à la messe pour mieux la suivre et y participer ?

    Ce livre ne s'adresse pas, en premier lieu, aux personnes qui assistent déjà à la messe traditionnelle en latin. Il est plutôt destiné à celles et ceux qui souhaitent l'essayer, soit parce qu'ils en ont entendu parler, soit par simple curiosité pour cette forme du rite romain. Il s'adresse également à celles et ceux que la messe en latin irrite et qui aimeraient voir certains de leurs préjugés dissipés.

    Oui, vous pouvez emporter ce livre à vos deux ou trois premières messes en latin. Il contient une section centrale où j'explique les différentes parties de la liturgie, avec quelques illustrations montrant, par exemple, que lorsque l'enfant de chœur se tient à droite et le prêtre au centre, on peut savoir à quelle partie de la messe nous sommes. Donc, oui, il est tout à fait idéal pour cela.

    Quel impact la messe tridentine a-t-elle eu sur votre propre vie, et quelle importance a-t-elle eu pour vous en tant que parent, notamment pour aider à former vos enfants dans la foi catholique ?

    Merci beaucoup pour cette question. L'impact le plus fort que la messe en latin ait eu sur moi, c'est sur mes enfants. Nous avons tous été élevés dans la foi catholique, allant régulièrement à la messe, récitant nos prières, faisant des pèlerinages, etc. Mais lorsque nous avons découvert la messe en latin il y a environ cinq ou six ans, toute la famille — même ceux qui ne nous rendaient visite que sporadiquement à Rome — a entamé un cheminement spirituel nouveau, approfondissant notre foi, notre relation avec le Christ et notre compréhension de la liturgie.

    Avant tout, j'ai constaté que la vie liturgique imprégnait notre quotidien. Par exemple, je remarque désormais une plus grande ferveur dans la prière quotidienne, la récitation du Rosaire, la pratique des neuvaines et de toutes ces pratiques, ce qui transforme notre vie. J'ai trouvé quelque chose qui a véritablement donné à toute notre famille un nouveau départ dans la foi.

    Pendant des siècles, la famille des Habsbourg a joué un rôle essentiel dans la préservation de l'ancienne liturgie , qui a eu un impact majeur sur la culture et la politique de ses territoires. Percevez-vous votre rôle comme similaire — aider les fidèles à connaître et à aimer la messe tridentine et ainsi contribuer à la préservation de la civilisation catholique européenne, d'autant plus qu'elle est aujourd'hui fortement menacée par la laïcité, l'islam et d'autres forces ?

    Il est, à mon avis, bien trop tôt pour prédire le rôle que jouera la redécouverte de la messe traditionnelle en latin en Europe. Le nombre de fidèles reste encore très faible, et l'immense majorité des catholiques assistent toujours à ce que l'on appelle le Novus Ordo – la messe d'aujourd'hui. Mais je me vois peut-être comme un ambassadeur de la messe traditionnelle en latin auprès de ceux qui n'en ont jamais entendu parler, qui aimeraient la découvrir, ou qui souhaiteraient dépasser leurs préjugés à l'égard de cette forme de rite.

    J'ai commencé à écrire ce livret presque aussitôt après avoir terminé mon mandat de diplomate auprès du Saint-Siège. En tant que diplomate, on doit rester assez discret sur ses préférences, surtout en matière liturgique. Désormais, je suis beaucoup plus libre de parler de ce qui me tient à cœur.

    On observe un regain d'intérêt marqué pour la messe tridentine, notamment chez les jeunes. Comment expliquez-vous cette popularité croissante, d'autant plus qu'elle survient malgré les efforts récents du Vatican pour la restreindre ?

    Vous avez tout à fait raison : les jeunes sont très attirés par la messe traditionnelle en latin. C’est un phénomène que l’on observe partout en Europe et dans le monde, notamment aux États-Unis, en Angleterre, en France, mais aussi en Autriche, en Allemagne et en Hongrie – partout. Vous vous demandez pourquoi. Bien sûr, je ne le sais pas avec certitude, mais j’imagine que c’est l’antithèse même du monde actuel.

    C'est un lieu empreint de recueillement et de silence, un silence absolu. C'est ce silence qui m'a le plus attiré, ainsi que ma famille. On y ressent une profonde ferveur. Je crois que si les jeunes d'aujourd'hui veulent être catholiques, c'est pour vivre une foi authentique et profonde. La messe traditionnelle en latin offre à la fois l'impression et la réalité d'un enracinement très profond. L'étrangeté de la langue latine, la solennité des gestes, tout cela témoigne du sérieux et du caractère sacré de l'événement. Je pense que c'est ce que recherchent les jeunes qui souhaitent bâtir leur vie sur des fondements solides.

    Pourquoi pensez-vous que la messe tridentine suscite des passions aussi vives, tant chez ceux qui souhaitent la préserver que chez ceux qui s'y opposent ?

    Pour commencer par l'opposition, je crois que la résistance acharnée à la messe traditionnelle en latin est due en grande partie à deux facteurs, dont le premier est probablement un préjugé qui remonte aux années 1950 et 1960. Plusieurs générations de prêtres – dont certains sont aujourd'hui évêques – ont grandi avec l'idée que cette messe appartient au passé, qu'il faut l'abandonner pour s'ouvrir à la liturgie contemporaine. On leur a appris qu'il ne fallait pas s'y attarder ni trop s'y complaire, qu'elle est quelque peu mécanique, manichéenne, un vestige d'un autre temps. Tout cela a pu amener certains à grandir avec la ferme conviction qu'il s'agit d'une pratique à dépasser, poussiéreuse et obsolète. Aussi, lorsque d'autres tentent aujourd'hui de la redécouvrir, ils réagissent avec véhémence. Je pense que c'est une explication possible.

    L'autre facteur, bien sûr — et je le trouve fort regrettable — est la manière dont certains catholiques nouvellement convertis, s'exprimant souvent devant leur webcam, se présentent comme défendant la tradition et la messe en latin. Parfois, ils se sentent obligés de parler de façon très agressive et bruyante pour montrer qu'ils sont « vraiment » catholiques. Cela contribue à donner l'image des traditionalistes comme un groupe de personnes rigides, moralisatrices et peu accueillantes.

    Je suis presque certain que nombre des mesures prises ces dernières années contre la messe en latin découlent de cette impression. Internet peut être un excellent moyen de parler de sa foi, mais le faire avec respect, charité et une compréhension des autres formes de vie catholique est sans doute bien plus utile.

    Malgré le regain d'intérêt, le nombre de fidèles reste relativement faible par rapport à l'ensemble de la population catholique. Considérez-vous ceux qui assistent à la messe tridentine comme le « reste », cette minorité créative dont parlait le cardinal Ratzinger, qui préservera l'ordre catholique et la tradition apostolique alors que tout semble décliner et s'effondrer ?

    Il est vrai que la messe en latin est suivie par un nombre relativement restreint de catholiques dans le monde. Je dis « relativement » car si l'on compare le nombre de ceux qui fréquentent la messe en latin avec celui des fidèles qui assistent régulièrement à la messe – et parfois même en semaine – dans de nombreux pays d'Europe occidentale, le nombre de fidèles de la messe en latin paraît soudain bien plus important qu'on ne le pense. Cependant, comparé au nombre total de personnes baptisées dans l'Église catholique, ce nombre reste très faible.

    Est-ce que je crois que cela constituera le rempart, le petit reste ? Je ne le pense pas. Je crois que les propos de Benoît XVI s'appliquent aussi bien à ceux qui assistent à la messe traditionnelle en latin qu'à ceux qui fréquentent les paroisses où la messe contemporaine est célébrée avec ferveur et respect, et où la vie catholique est vivante et florissante. Ensemble, ils forment le petit reste – et ces deux groupes connaissent une croissance exponentielle.

    Si l'on considère le nombre de personnes baptisées, confirmées ou revenues à l'Église catholique ces quatre ou cinq dernières années, on constate qu'il se passe quelque chose au sein de l'Église, quelque chose se passe dans tout le monde occidental, du moins à mon avis. Je suis plein d'espoir pour l'Église, de peur que nous ne devenions ce très petit reste dont parlait Benoît XVI.

  • Quand l'évêque de Liège innove...

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    Faut-il se féliciter de cette initiative qui donne naissance à une sorte d'hybrides ni vraiment clercs ni vraiment laïcs ? Et vous, qu'en pensez-vous?

    De Luc Mathues sur cathobel :

    Une première historique : cinq laïcs institués ministres à Liège

    En ce dimanche de la Sainte Trinité, la cathédrale Saint-Paul de Liège a accueilli près de 400 fidèles pour un moment historique : trois femmes et deux hommes du diocèse ont reçu un ministère institué des mains de Mgr Jean-Pierre Delville. Le diocèse de Liège devient ainsi le premier de Belgique à procéder à ces institutions.

    Ce 31 mai 2026, le diocèse de Liège a franchi une étape majeure de son histoire. Pour la première fois, Mgr Jean-Pierre Delville a institué cinq fidèles baptisés comme ministres institués, conformément aux statuts diocésains du 17 septembre 2024 et dans la lignée des motu proprio Spiritus Domini et Antiquum Ministerium du pape François.

    La coïncidence liturgique n'a pas échappé à l'évêque. Dans son homélie, Mgr Delville a rappelé que la fête de la Trinité avait été promue par Étienne, évêque de Liège, en l'an 920 : « Lui aussi fut un pionnier, en matière de liturgie et de doctrine. » Puis, s'adressant à l'assemblée, il a médité sur le mystère trinitaire : « Dieu-Trinité, c'est le mystère de Dieu qui se donne. C'est Dieu qui a trois visages, trois manières d'être, pour mieux se communiquer et se donner à nous. C'est Dieu qui se fait de plus en plus proche : Père, frère, Esprit. »

    Trois personnes divines, trois ministères institués : le symbole est saisissant. Et c'est devant une cathédrale Saint-Paul comble, avec près de quatre cents fidèles, que l'évêque a appelé chacun des cinq candidats par son nom, les a bénis individuellement et leur a confié une mission concrète au service de l'Église de Liège.

    Mgr Delville lors de la célébration d'institution en la cathédrale Saint-Paul. © Dominique Servais« Vous êtes envoyés par l'Église »

    S'adressant directement aux cinq candidats, Mgr Delville a posé les mots qui définissent la nature même des ministères institués : « Les ministères que vous recevez sont conférés aux laïcs et s'appellent ministères institués, pour les différencier des ministères ordonnés, que sont ceux du diacre, du prêtre et de l'évêque. Les ministères institués vous permettent d'exercer, en tant que laïcs, une mission au nom de l'Église. Vous êtes envoyés par l'Église. En même temps, vous vivez chacun une vocation personnelle, qui relève de votre foi et de votre spiritualité. »

    L'évêque a également précisé la portée de cet engagement : « Vous vous engagez pour la vie, mais allez recevoir une mission précise limitée dans le temps, mission que je préciserai en fin de célébration au moment de l'envoi. » Cette distinction entre le ministère (conféré à vie) et la mission (limitée dans le temps, renouvelable) est au cœur du dispositif diocésain.

    « C'est une joie pour moi de voir que le diocèse de Liège peut bénéficier de l'apport de ces ministères. Nous sommes le premier diocèse de Belgique qui procède à ces institutions. Nous sommes pionniers en la matière. Ces ministères contribuent à construire la communauté chrétienne et l'ancrer davantage dans la foi. »

    Mgr Jean-Pierre Delville, homélie du 31 mai 2026

    Trois ministères au service de l'Église de Liège

    Les ministères institués sont des services stables et reconnus officiellement par l'Église, confiés à des fidèles baptisés (hommes et femmes) pour répondre aux besoins de la communauté ecclésiale. Comme l'a rappelé l'évêque dans son homélie : « Grâce à vous, nous découvrons la pluri-ministérialité de l'Église. Les ministres de la Parole de Dieu nous aident à lire et comprendre l'Écriture sainte. Les ministres de la prière communautaire nous aident à prier ensemble. Et les ministres de l'évangélisation annoncent l'Évangile jusqu'aux périphéries de la société. »

    Trois ministères ont été retenus pour le diocèse de Liège. Le ministère de la Parole de Dieu (lectorat) vise à annoncer la Parole dans sa diversité, créer des groupes bibliques, promouvoir la lectio divina, former les catéchistes et animer des partages auprès de publics variés. Le ministère de la prière communautaire (acolytat) consiste à accompagner les fidèles dans leur vie de prière, animer des veillées et des temps d'adoration, porter la communion aux malades et présider certaines célébrations. Le ministère de l'évangélisation (catéchiste) appelle à aller à la rencontre des périphéries, accompagner le catéchuménat, coordonner la pastorale locale et être artisan d'une Église en sortie.

    Comme l'a ajouté l'évêque, citant saint Paul : « Dans l'édification du Corps du Christ règne une diversité de membres et de fonctions. Unique est l'Esprit qui distribue des dons variés pour le bien de l'Église à la mesure de ses richesses et des exigences des services. » (cf. 1 Co 12, 11)

    (...)

    Pour aller plus loin

    Les ministères institués sont des services conférés à vie, enracinés dans le sacrement du baptême. Le statut diocésain a été promulgué par Mgr Delville le 17 septembre 2024. La formation et le suivi des candidats sont assurés par Delphine Mirgaux (canoniste), que l'évêque a chaleureusement remerciée lors de la célébration.

    Cahier de route (PDF)

    Homélie de Mgr Delville (PDF)

    ▶ Voir la célébration sur YouTube

  • Pothin, Blandine et leurs compagnons, martyrs (2 juin)

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    Du site "chrétiens aujourd'hui . com" :

    Sainte Blandine

    Sainte Blandine, dite de Lyon, est une chrétienne d’origine du Proche Orient. Elle vécut de la première communauté chrétienne de Lugdunum (Lyon). Elle fut martyrisée durant le mois de juillet 177 sous Marc Aurèle.

    Qui était Sainte Blandine ?

    À l’origine esclave romaineBlandine se joint à la communauté chrétienne. Blandine et ses 47 compagnons (dont l’évêque de Lyon, Saint Pothin) sont morts soit en prison, soit livrés aux bêtes dans l’amphithéâtre des Trois Gaules, retrouvé sous le jardin des plantes de la Croix-Rousse.

    Ayant survécu à l’incarcération, Blandine fut livrée aux bêtes qui refusèrent de lui faire le moindre mal. Elle fut torturée et dut assister à la mort de ses compagnons. Elle fut ensuite flagellée, placée sur un grill brûlant, puis livrée dans un filet à un taureau qui la lança en l’air avec ses cornes.

    Ayant survécu à toutes ces horreurs, Blandine fut finalement égorgée par le bourreau à la fin des jeux où elle parut : elle fut la dernière des 47 martyrs de Lyon à accomplir son martyre durant l’été 177.

    Une légende tardive en a fait une toute jeune fille émouvante par sa fragilité, thème souvent représenté par les peintres lyonnais du XIXe siècle. En réalité il s’agissait d’une femme d’âge mur comme le montrent les termes employés par la Lettre des martyrs pour la désigner, et par le fait qu’elle est comparée, pour son attitude à l’égard de ses compagnons, à la mère des sept frères martyrs du 2e Livre des Macchabées.

    Sainte Blandine est la patronne de la ville de Lyon. Elle est aussi, avec sainte Marthe, patronne des servantes.

    Le martyre de Saint Pothin et de ses compagnons

    Saint Pothin fut le premier évêque de Lyon. Il venait de l’Asie, avait été formé à l’école de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, et envoyé par lui dans les Gaules.

    Pothin, après avoir gagné un grand nombre d’âmes à Jésus-Christ, fut arrêté sous le règne de Marc-Aurèle. Il était âgé de quatre-vingt-dix ans, faible et tout infirme. Son zèle et le désir du martyre soutenaient ses forces et son courage.

    Conduit au tribunal au milieu des injures du peuple païen, il fut interrogé par le gouverneur, qui lui demanda quel était le Dieu des chrétiens : « Vous le connaîtrez si vous en êtes digne« , répondit l’évêque. A ces mots, la multitude furieuse se précipite contre lui. Ceux qui étaient plus près le frappèrent à coups de pieds et à coups de poings, sans aucun respect pour son âge. Le vieillard conservait à peine un souffle de vie quand il fut jeté en prison, où il expira peu après.

    Le récit du martyre des compagnons de Saint Pothin est une des pages les plus marquantes de l’histoire de l’Église des premiers siècles.

    Le diacre Sanctus supporta sans faiblir toutes les tortures, au point que son corps était devenu un amas informe d’os et de membres broyés et de chairs calcinées. Au bout de quelques jours, miraculeusement guéri, il se trouva fort pour de nouveaux supplices. Il ne voulait dire à ses bourreaux ni son nom, ni sa patrie, ni sa condition; à toutes les interrogations il répondait: « Je suis chrétien ! » Ce titre était tout pour lui. Livré enfin aux bêtes, il fut égorgé dans l’amphithéâtre.

    Maturus eut à endurer les mêmes supplices que le saint diacre. Il subit les verges, la chaise de fer rougie au feu, et fut enfin dévoré par les bêtes féroces.

    Le médecin Alexandre, qui dans la foule des spectateurs, soutenait du geste le courage des martyrs, fut saisi et livré aux supplices.

    Attale, pendant qu’on le grillait sur une chaise de fer, vengeait les chrétiens des odieuses imputations dont on les chargeait indignement : « Ce ne sont pas, disait-il, les chrétiens qui mangent les hommes, c’est vous, quand à nous, nous évitons tout ce qui est mal. » On lui demanda comment s’appelait Dieu: « Dieu, dit-il, n’a pas de nom comme nous autres mortels. »

    Il restait encore le jeune Ponticus, âgé de quinze ans, qui avait été témoin de la mort cruelle de ses frères.

     
  • La fête de Dieu est notre fête

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    SOLENNITÉ DE LA SAINTE TRINITÉ

    PAPE LÉON XIV

    ANGÉLUS

    Place Saint-Pierre, dimanche 31 mai 2026

    Chers frères et sœurs, bon dimanche !

    Le temps pascal s'est achevé la semaine dernière avec la solennité de la Pentecôte . Aujourd'hui, nous célébrons le Mystère du Dieu trinitaire, qui nous offre l'occasion de réfléchir au chemin parcouru. Nous commençons par la vie de Dieu qui nous a été donnée en Jésus-Christ. Cette vie est une communion de foi dynamique et inépuisable qui nous attire. En effet, l'Esprit Saint, qui unit le Père et le Fils, a été répandu dans nos cœurs. Ainsi, l'Église devient un sacrement de communion, un lieu de rencontre, d'amour et de vie où le ciel et la terre se rejoignent.

    L’Évangile d’aujourd’hui ( Jn 3, 16-18) nous présente Nicodème, un personnage important d’Israël, profondément attiré par Jésus. Désireux de mieux comprendre ce Maître mystérieux et de lui poser des questions, Nicodème alla le trouver de nuit, afin de ne pas être vu. Le Seigneur l’accueillit et prit au sérieux sa quête de réponses. Jésus surprit Nicodème en lui suggérant qu’il était possible, même pour un adulte, de renaître et l’amena à comprendre que la vie de Dieu pouvait transformer la sienne. Lorsque Jésus parla de l’Esprit Saint, les ténèbres intérieures de Nicodème furent éclairées par la vérité – cette même vérité qui résonne dans toute l’Église en ce jour de fête : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (v. 16). Et encore : « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (v. 17).

    Chers frères et sœurs, dans le Mystère de Dieu – Père, Fils et Saint-Esprit – nous trouvons notre place, comme Nicodème en présence de Jésus. La vie de Dieu est merveilleuse et captivante ; elle apaise notre cœur, souvent agité, et nous permet de rencontrer nos frères et sœurs dans la joie de l’Esprit. La Trinité nous aide à aimer tous et toutes choses : nous découvrons que chaque créature est faite pour la communion, la relation et la rencontre. Par ailleurs, nous comprenons pourquoi la division, la polarisation et le mépris de la diversité engendrent destruction, tristesse et stérilité dans le monde.

    Nicodème était membre du Sanhédrin, le conseil des grands prêtres d'Israël. Lorsqu'il entendit des paroles méprisantes proférées contre Jésus au sein du Sanhédrin, il exhorta chacun à écouter avant de le condamner. Il avait reçu de Dieu, par le Christ lui-même, l'Esprit de communion, qui ouvre le cœur aux vérités nouvelles et au véritable renouveau. Celui qui ne reçoit pas cet Esprit vieillit vite, dans la tristesse, se sentant seul et sans joie. Aujourd'hui, chers frères et sœurs, c'est un jour de fête. La fête de Dieu est aussi la nôtre. C'est pourquoi saint Paul écrivit aux Corinthiens : « Réjouissez-vous, tendez à la perfection, encouragez-vous les uns les autres, vivez en paix ; et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous » (cf. 2 Co 13, 11).

    Et maintenant, avec la prière de l’Angélus, nous nous tournons vers la Vierge Marie : comme son « oui » à la volonté divine, puisse notre « oui » à l’amour de la Très Sainte Trinité porter lui aussi du fruit.

  • Quand le scoutisme (autrefois) catholique n'est plus ni scout ni catholique

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    Une tribune publiée sur InfoVaticana (traduction de l'espagnol) :

    Quand le scoutisme catholique n'est plus ni scout ni catholique

    Lettre d'un scout catholique

    31 mai 2026

    La nouvelle publiée le 30 mai dans ce média concernant la décision de l'Association des guides et scouts catholiques italiens (AGESCI) de supprimer l'orientation sexuelle et l'identité de genre comme critères de sélection pour ceux qui exercent des responsabilités éducatives a fait l'effet d'une bombe dans certains secteurs du monde scout, en Europe et en Espagne.

    En effet, la gravité de cette décision mérite une réflexion bien plus approfondie qu’un simple compte rendu d’un changement organisationnel. Ce qui est en jeu n’est pas une question administrative ou une question de pratiques scoutes (ce que font les scouts). Ce qui est en jeu, c’est la nature même du scoutisme en général et du scoutisme catholique en particulier.

    Car le scoutisme n’est pas né comme une simple activité de loisirs pour les jeunes. Robert Baden-Powell a créé une méthode pédagogique extraordinairement efficace pour former le caractère, éveiller le sens du devoir, cultiver la responsabilité personnelle et éduquer aux vertus qui rendent possible une vie adulte mûre. Plus d’un siècle plus tard, personne ne peut nier l’énorme contribution éducative de ce projet né en Angleterre.

    Cependant, le véritable bond en avant dans la méthode scoute s'est produit lorsque le père Jacques Sevin a compris que cette méthode pouvait devenir un formidable outil d'évangélisation. Il ne s'agissait pas de donner un nom chrétien à des activités de plein air ni d'ajouter quelques prières à la fin des réunions. Il s'agissait d'intégrer la vision chrétienne de l'homme dans toute la pédagogie scoute.

    Le père Sevin a personnellement rencontré Baden-Powell et a su découvrir l’énorme compatibilité existant entre la méthode scoute et l’anthropologie chrétienne. De cette fusion est né le scoutisme catholique moderne, qui, pendant des décennies, a formé des générations de jeunes à l’amour de Dieu, du prochain, de la patrie et du service.

    C’est précisément pour cette raison qu’il est particulièrement douloureux de constater à quel point bon nombre des grandes associations scoutes nées sous l’inspiration catholique et accueillies par les Conférences épiscopales de leurs pays respectifs dans les années 60 se sont progressivement éloignées de leurs racines. Le problème n’est pas nouveau. Il couve depuis des décennies, dans toute l’Europe et en Espagne également.

    D'abord, on a relativisé la dimension spirituelle pour ensuite l'oublier complètement. Puis, la formation du caractère a été remplacée par des dynamiques d'expression émotionnelle. Plus tard, on a abandonné l'exigence éducative au nom d'une fausse inclusion. Et enfin, on en est venu à accepter le langage, les catégories anthropologiques et les présupposés idéologiques de la révolution culturelle contemporaine.

    Quel modèle humain le scoutisme catholique propose-t-il aujourd’hui ?
    La question fondamentale n’est pas de savoir si certaines personnes peuvent participer à une association scoute. La question est tout autre : quel modèle humain le scoutisme catholique propose-t-il aux enfants et aux adolescents à travers ses textes fondamentaux et surtout à travers les modèles des éducateurs qui travaillent directement avec eux ?

    Car la méthode scoute n’est pas neutre. Elle ne l’a jamais été. Toute éducation part nécessairement d’une certaine conception de l’homme. Et le scoutisme catholique ne peut s’appeler ainsi que s’il tient pleinement compte de l’anthropologie chrétienne et de la mission éducative et évangélisatrice de l’Église, concrétisée sous les formes et les méthodes du scoutisme.

    Lorsque ces fondements disparaissent, la méthode se vide de son contenu. On peut conserver l’uniforme. On peut conserver le camp. On peut même conserver la terminologie traditionnelle. Mais l’essence éducative et catholique n’est plus là.

    Aucune association scoute n’exclut qui que ce soit en raison de ses orientations sexuelles. Ce que toute association de jeunesse catholique doit faire, c’est veiller à ce que les éducateurs qui travaillent directement avec les enfants et les adolescents puissent être des modèles pour eux. Et c’est précisément sur ce point que la décision de l’AGESCI est particulièrement grave.

    Au cours de l’enfance et de l’adolescence, les jeunes sont en quête de repères. Les parents restent essentiels, mais tous les éducateurs savent qu’il arrive un moment où les adolescents commencent à regarder au-delà du cercle familial pour trouver des modèles qui les aident à construire leur propre identité.

    C’est pourquoi l’Église a toujours considéré que ceux qui assument des fonctions éducatives auprès des mineurs doivent offrir non seulement des compétences techniques, mais aussi et surtout une cohérence morale et une clarté dans leur mode de vie.

    Il est profondément irresponsable qu’une organisation qui se présente comme catholique et qui l’est de par sa Conférence épiscopale renonce explicitement à évaluer l’adéquation anthropologique et morale de ceux qui vont devenir des figures de référence pour les enfants et les adolescents. La question n’est pas celle de la dignité personnelle de quiconque, qui est indéniable et doit toujours être respectée. La question est de savoir si une institution éducative catholique peut se comporter comme si la vision chrétienne de la sexualité était sans importance pour ceux qui exercent des responsabilités éducatives.

    Car lorsqu’une association affirme que l’orientation sexuelle ou l’identité de genre sont des questions totalement indifférentes pour le discernement éducatif, elle dit implicitement que l’anthropologie catholique l’est également.

    Et cela suppose une rupture frontale avec la tradition éducative du scoutisme catholique.

    Ce n’est pas un hasard si le nouveau document approuvé par les scouts italiens inclut également des programmes de formation sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle et encourage l’adoption des nouveaux langages imposés par le politiquement correct contemporain.

    Ce qui est présenté aujourd’hui comme de l’inclusion finit par se transformer demain en une profonde transformation de l’ensemble du projet éducatif.

    L’alternative des Scouts d’Europe
    Heureusement, tout le scoutisme catholique européen n’a pas suivi cette voie.

    L'Union internationale des Guides et Scouts d'Europe a vu le jour après la Seconde Guerre mondiale afin d'unir les nouvelles générations européennes à travers la méthode du scoutisme catholique du jésuite P. Sevin, en cours de béatification, déjà reconnu par Benoît XVI comme Vénérable. Les Scouts d’Europe ont été reconnus comme Association internationale privée de fidèles de droit pontifical par le pape saint Jean-Paul II en 2003.

    En Espagne, l’Association espagnole des Guides et Scouts d’Europe, qui appartient à cette fédération, est présente depuis 1978 ; elle a été reconnue par la Conférence épiscopale espagnole comme Association privée de fidèles en 2007 et fait partie de cette fédération internationale.

    Son projet éducatif continue de défendre sans complexe ce qui a fait la grandeur du scoutisme catholique : la formation du caractère, le sens du concret, le service, la santé et la recherche de Dieu à travers ses intuitions originales : l'éducation différenciée, la vie en plein air, l'exigence personnelle, une liturgie soignée, le travail manuel, la pratique cohérente de la foi, etc.

    C'est peut-être pour cela que de nombreux parents se tournent aujourd'hui vers cette association espagnole. Parce qu'ils pressentent que les jeunes n'ont pas besoin de plus de confusion. Ils n'ont pas besoin de plus d'expériences anthropologiques. Ils n'ont pas besoin de plus de concessions aux modes idéologiques. Ils ont besoin d'éducateurs convaincus. Ils ont besoin de repères solides. Ils ont besoin de vérité.

    Revenir à Baden-Powell, revenir au père Sevin, revenir au Christ
    La véritable question que devraient se poser aujourd’hui de nombreuses associations scoutes européennes est simple : veulent-elles rester des scouts catholiques ou devenir une organisation de jeunesse davantage adaptée à l’esprit du monde ?

    Car l’histoire montre que chaque fois qu’une institution catholique tente de se rendre acceptable aux yeux de la culture dominante, elle finit par perdre ce qui faisait sa valeur.

    Le scoutisme catholique n’a pas besoin de se réinventer. Il a besoin de revenir à Baden-Powell, de revenir au Père Sevin et, par là même, au Christ.

    Ceux qui resteront fidèles continueront à former des générations de jeunes libres, forts et saints. Ceux qui ne le feront pas pourront conserver leur uniforme, mais ils auront perdu leur âme et devraient donc également perdre complètement leur nom afin de ne semer aucune confusion.

  • Le christianisme reste-t-il la première religion du monde ? Est-il menacé par la progression de l'Islam ?

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    Oui, le christianisme reste la première religion du monde en nombre d’adeptes, mais l’islam progresse plus rapidement et réduit l’écart.

    Situation actuelle (estimations 2025-2026)

    • Christianisme : Environ 2,3 à 2,6 milliards de fidèles (environ 28-32 % de la population mondiale selon les sources). Il reste nettement en tête.
    • Islam : Environ 1,9 à 2,0 milliards (environ 25-26 %).

    Sources fiables comme le Pew Research Center (données 2020 actualisées) et le Center for the Study of Global Christianity (Gordon-Conwell) confirment que le christianisme conserve la première place, avec une avance de plusieurs centaines de millions. Des estimations pour 2026 donnent souvent ~2,4 milliards pour les chrétiens et ~2 milliards pour les musulmans.

    La progression de l’islam

    L’islam est la religion qui croît le plus vite en nombre absolu et en pourcentage :

    • Entre 2010 et 2020, les musulmans ont augmenté de 347 millions (contre +122 millions pour les chrétiens).
    • Taux de croissance annuel : ~1,57 % pour l’islam contre ~0,95 % pour le christianisme (facteurs principaux : fécondité plus élevée, population plus jeune, conversions limitées mais flux migratoires).

    Projections (Pew Research et autres) :

    • Vers 2050 : Quasi-parité ou très faible avance chrétienne (~2,9 milliards chrétiens vs ~2,8 milliards musulmans).
    • Au-delà (2070-2075) : L’islam pourrait devenir la première religion selon certaines projections, grâce à la démographie en Afrique et en Asie. Cependant, d’autres études (comme Gordon-Conwell 2026) maintiennent une avance chrétienne jusqu’en 2075 (~2,67 milliards chrétiens vs ~2,1 milliards musulmans), car la croissance chrétienne est forte en Afrique subsaharienne.

    Nuances importantes

    • Le christianisme n’est pas uniforme : Il perd du terrain en Europe et en Amérique du Nord (sécularisation, déchristianisation), mais croît fortement en Afrique subsaharienne et dans certaines parties de l’Asie. Le centre de gravité du christianisme s’est déplacé vers le Sud global.
    • L’islam bénéficie d’une démographie jeune et d’une forte rétention (peu de sorties de la religion), mais fait aussi face à des défis (sécularisation dans certains pays, tensions internes).
    • Les non-religieux (athées, agnostiques, etc.) sont autour de 1,2 milliard et progressent aussi dans les pays riches.
    • Les chiffres sont des estimations : les définitions de « chrétien » ou « musulman » varient (pratiquant vs identitaire culturel).

    En résumé : Le christianisme reste n°1 aujourd’hui et le restera probablement encore plusieurs décennies. Mais oui, il est « menacé » au sens démographique par la progression rapide de l’islam, qui comble l’écart grâce à des dynamiques naturelles (naissances) plus qu’à des conversions massives. Ce n’est pas une « disparition » imminente, mais un rééquilibrage progressif du paysage religieux mondial.

    Ces tendances soulignent surtout l’importance de la démographie et de la fécondité dans l’évolution des religions à long terme.

    (avec l'IA)

  • Si Rome déclare un schisme mais que personne n’y donne suite, s’agit-il vraiment d’un schisme ?

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    D'Ed. Condon sur le Pillar :

    Communiqué sur l’excommunication : et si la FSSPX provoquait un schisme ?

    Si Rome déclare un schisme mais que personne n’y donne suite, s’agit-il vraiment d’un schisme ?

    29 mai 2026

    Alors que la Fraternité Saint-Pie X poursuit son projet de consacrer plusieurs évêques sans mandat papal, les responsables de l’Église à Rome et ailleurs ont commencé à en examiner les implications.

    La direction de la Fraternité a annoncé cette semaine les noms de quatre hommes qui doivent recevoir la consécration des mains des évêques de la Fraternité, eux-mêmes consacrés illicitement en 1988.

    Alors que la FSSPX continue d’insister pour que les ordinations aient lieu malgré les avertissements répétés du Saint-Siège selon lesquels un tel acte constitue un délit passible d’excommunication en droit canonique, le supérieur, le révérend Davide Pagliarani, a exposé l’autojustification de la Fraternité pour ses actions et sa survie.

    En réponse, le Vatican a rappelé aux dirigeants de la FSSPX que leurs arguments théologiques et ecclésiologiques sont eux-mêmes suffisamment contraires à l’enseignement et à l’autorité de l’Église pour faire de ces ordinations des actes de schisme, un deuxième crime canonique passible également de la peine d’excommunication.

    Surtout, une déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi a souligné que « l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense contre Dieu et entraîne l’excommunication prévue par le droit canonique ».

    Une interprétation juridique du Vatican citée par le DDF a précisé que l’« adhésion formelle » – et donc l’excommunication – serait difficile à établir de manière générale pour les laïcs qui fréquentaient les églises et les liturgies de la FSSPX, même régulièrement, et ne pourrait être envisagée qu’au cas par cas.

    Toutefois, en ce qui concerne les prêtres et les diacres de la Fraternité, l’avis juridique du Vatican a estimé qu’« il semble clair que leur activité ministérielle au sein du mouvement schismatique est un signe plus qu’évident que les deux conditions mentionnées ci-dessus (n° 5) sont remplies et qu’il y a donc une adhésion formelle », et donc l’excommunication latae sententiae pour schisme.

    Si l’avis canonique du Vatican peut, à certains égards, sembler suffisamment clair, les conséquences nécessaires au cas où les ordinations auraient lieu restent quelque peu floues. Et parmi les évêques diocésains dont les territoires abritent du clergé et des églises de la FSSPX, des questions ont commencé à se poser quant à savoir qui peut et doit faire quoi, en cas d’ordinations et d’actes de schisme.

    Dans l’éventualité désormais probable où la FSSPX irait de l’avant, la priorité absolue du Saint-Siège, et du pape personnellement, sera sans doute le sort des laïcs qui se sont associés, formellement ou informellement, à son réseau d’églises.

    Le pape Léon pourrait envisager un certain nombre d’options pour contribuer à favoriser la « disposition généreuse » envers les catholiques attachés à l’ancien rite de la messe, qu’il a précédemment appelée de ses vœux auprès des évêques diocésains.

    Si l’on peut considérer qu’une ou plusieurs de ces options constituent une tentative visant à « attirer » les catholiques hors de l’orbite de la FSSPX et à les maintenir dans la communion de l’Église, le Vatican devra probablement envisager un certain nombre de mesures « coercitives » à l’encontre de la hiérarchie et du clergé de la FSSPX, qui ont avancé des arguments pour persuader les laïcs de leur entourage que la Fraternité est une autorité morale spirituellement crédible par rapport à Rome.

    La mesure la plus immédiate et la plus probable sera une déclaration formelle du schisme et des excommunications encourues par ceux qui participent directement aux consécrations épiscopales prévues en juillet. Celle-ci s’inspirerait probablement d’une déclaration similaire publiée par le pape saint Jean-Paul II en 1988.

    Cependant, si le Vatican s’en tenait là, cela pourrait créer une zone d’ombre que le clergé de la Fraternité pourrait exploiter pour semer la confusion chez les catholiques quant à la nature et au statut de la FSSPX. Ils pourraient, par exemple, faire valoir qu’une déclaration de schisme limitée aux seuls évêques signifie que les prêtres de la Fraternité (et donc leur ministère) ne sont pas schismatiques ni soumis à des sanctions canoniques — et que les catholiques pourraient donc continuer à assister aux liturgies de la FSSPX sans remords.

    Cette confusion serait considérablement aggravée si Léon ne révoquait pas les facultés générales accordées par le pape François aux prêtres de la FSSPX leur permettant d’entendre les confessions et de célébrer les mariages catholiques.

    Ces facultés, ayant été accordées par le pape, devraient être révoquées par un acte papal similaire et pourraient, selon certains, rester en vigueur même si les ecclésiastiques de la FSSPX, conformément à l’avis juridique habituel du Vatican, répondaient aux critères d’« adhésion formelle » au schisme.

    Au-delà du niveau de l’action papale directe, cependant, un certain nombre d’autres options canoniques et pastorales restent à l’étude pour les différentes instances d’autorité de l’Église.

    Au niveau du Saint-Siège, il est possible que la DDF publie une nouvelle déclaration affirmant que la Fraternité se trouve elle-même en état de schisme à la suite des consécrations de juillet. Le Vatican pourrait alors interdire expressément au clergé catholique d’exercer son ministère dans ses églises ou par l’intermédiaire de son organisation, et empêcher les laïcs de recevoir les sacrements de la part de ceux qui le font.

    Bien que cela puisse paraître simple à formuler, cela comporte une certaine subtilité canonique, dans la mesure où le Saint-Siège ne reconnaît pas la FSSPX comme une « société » au sens juridique du terme — c’est-à-dire que l’Église ne l’accepte pas comme une organisation légitime au sein de l’Église ni ne la reconnaît comme existant en droit canonique.

    Le Vatican a qualifié et qualifie toujours cette société de « réalité », dans la mesure où il reconnaît que ses dirigeants s’expriment au nom d’un groupe qui s’identifie comme tel. Mais d’un point de vue strictement canonique, il semblerait que Rome doive d’abord reconnaître l’existence de la société en tant qu’entité juridique pour pouvoir la déclarer schismatique.

    En l'absence d'une reconnaissance officielle de la FSSPX, et donc d'un fondement juridique permettant d'agir contre ses membres en tant que groupe, toute mesure canonique à l'encontre du clergé de la FSSPX devrait être prise à un niveau plus local, voire au cas par cas.

    En termes simples, la DDF ne dispose pas des effectifs et des ressources nécessaires — et il est peu probable qu’elle souhaite les acquérir ou les y consacrer — pour compiler et traiter une liste complète du clergé de la FSSPX et émettre des déclarations individuelles concernant leur adhésion formelle au schisme et leur incurrence d’une excommunication.

    Cependant, le défi ici semble être d’ordre logistique, et non lié à la complexité des cas. L’avis juridique actuel du Vatican est que « l’activité ministérielle au sein du mouvement schismatique est un signe plus qu’évident » de schisme, suffisant pour prononcer une excommunication — ce qui signifie que c’est le volume global des cas qui pose le défi, même si chaque cas individuel est, d’un point de vue juridique, une affaire réglée.

    Mais le simple fait de ne pas appliquer l’avis juridique existant créerait en soi la confusion pastorale potentielle déjà évoquée.

    Une option plus réalisable serait plutôt que la DDF publie une déclaration plus explicite sur le statut exact et les conséquences canoniques du ministère des clercs de la FSSPX, et précise les conditions exactes dans lesquelles, par exemple, une excommunication pour schisme pourrait et devrait être prononcée à l’encontre de ses prêtres.

    Une telle déclaration pourrait ensuite être reprise par ces évêques au niveau diocésain, lorsqu’ils estiment qu’il existe un besoin pastoral urgent d’agir.

    Tout aussi important, la charge administrative concrète qui pèse sur un évêque diocésain pour identifier les ecclésiastiques de la Fraternité Saint-Pie X exerçant leur ministère sur le territoire diocésain depuis les églises de la Fraternité et pour prononcer la déclaration nécessaire d’excommunication automatique pour schisme serait d’une ampleur bien plus gérable.

    Une dernière option potentielle ouverte à la hiérarchie serait que les évêques diocésains proscrivent la FSSPX en tant que société interdite au niveau du droit particulier, la reconnaissant ainsi fondamentalement comme une organisation en dehors de l’Église et incompatible avec la foi.

    Cela diffère légèrement, sur un point important, de la déclaration de la DDF qualifiant l’ensemble de la FSSPX de société schismatique, car pour entrer en schisme, il faut partir d’une position de communion, et comme la FSSPX n’existe pas légalement au sein de l’Église, on ne peut pas dire qu’elle l’ait quittée en tant que groupe.

    Une société interdite, en revanche, est la désignation canonique d’un groupe externe, dont l’adhésion peut alors être punie canoniquement, pouvant aller jusqu’à l’excommunication, selon ce que le législateur juge approprié.

    C'est précisément ce type de classification qui a été établi par le diocèse américain de Lincoln, dans le Nebraska, en 1996, dans une loi interdisant aux catholiques d'adhérer à toute une série d'associations interdites sous peine d'excommunication, la Fraternité Saint-Pie X (SSPX) y figurant aux côtés des francs-maçons et de Planned Parenthood.

    Si les sympathisants de la FSSPX contesteraient sans doute vivement le fait d’être légalement classés au même rang que les loges maçonniques et les prestataires d’avortement, il convient de noter que la légitimité de la loi de Lincoln a fait l’objet d’un recours auprès de Rome à l’époque ; elle a été confirmée par le Vatican et la loi reste en vigueur dans le diocèse.

    Si les ordinations de la FSSPX se déroulent comme prévu en juillet, il y aura, selon toute vraisemblance, une réticence instinctive chez de nombreux membres de l’Église à imposer ou à prononcer des sanctions contre quiconque, sauf contre un nombre très restreint de personnes, strictement nécessaire.

    Cela est compréhensible d’un point de vue culturel et historique. Depuis le Concile Vatican II, le courant de pensée dominant au sein de la hiérarchie ecclésiastique a souvent semblé opposer la discipline canonique à la « préoccupation pastorale », plutôt que de considérer ces deux aspects comme nécessairement liés.

    Cependant, la série de déclarations du Vatican concernant les conséquences des ordinations prévues par la FSSPX suggère que, sous le pape Léon, le respect des procédures et l’application claire de la loi constituent une priorité.

    Le véritable test pour les évêques locaux, et le véritable message pour les catholiques locaux, viendra lorsque ces conséquences seront ou ne seront pas mises en œuvre.

    Après avoir exposé clairement et explicitement la nature et le danger du manifeste schismatique de la FSSPX, si la hiérarchie de l’Église refuse de joindre le geste à la parole, cela pourrait amener beaucoup de gens à considérer les actions de la FSSPX comme un schisme sans conséquences, et donc comme un schisme inexistant.

    Ironiquement, cela rejoint de très près l’argumentation des dirigeants de la FSSPX.