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BELGICATHO

  • Une guerre injuste ?

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    De Sébastien Ostritsch sur le Tagespost :

    Une guerre injuste

    L'attaque menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran est-elle moralement justifiée ? La doctrine de la guerre juste apporte une réponse claire.

    5 mars 2026

    L'attaque menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran ravive le souvenir des guerres de changement de régime et des opérations militaires désastreuses (il suffit de penser à la guerre d'Irak ), par lesquelles les néoconservateurs prétendaient autrefois répandre la démocratie dans le monde, mais qui, en réalité, n'ont engendré que mort, dévastation, chaos et vagues de migration. Inutile de s'attarder sur les subtilités géopolitiques et les éventuelles différences dans le cas iranien si, en tant que catholique, on s'interroge sur la portée morale de cette guerre.

    Il suffit de considérer les critères qui relèvent classiquement de la doctrine de la guerre juste, laquelle, bien que jamais codifiée dogmatiquement, fait partie de l'enseignement constant de l'Église sous des formes légèrement variables. Saint Thomas d'Aquin énonce trois conditions qui doivent être réunies pour que la guerre soit moralement permise : premièrement, la guerre doit être déclarée par une autorité légitime. Selon la Constitution américaine, cette responsabilité incombe au Congrès, et non au Président. Or, il est courant depuis longtemps que les présidents s'en affranchissent. Au lieu d'une déclaration de guerre formelle, ils parlent d'« opérations militaires », de « frappes aériennes » ou d'actions similaires, ce qui brouille dangereusement la frontière entre guerre et paix. Ce premier point, à lui seul, soulève donc des doutes.

    Deuxièmement, la guerre doit être justifiée (causa iusta). Cela implique une injustice grave. Si Augustin et Thomas d'Aquin considéraient encore le caractère punitif de la guerre comme légitime, la doctrine papale s'est durcie depuis la Seconde Guerre mondiale. Désormais, seule la légitime défense est reconnue comme justification valable de la guerre. Le Catéchisme de l'Église catholique (2309) stipule : « Le préjudice causé à la nation ou à la communauté des nations par l'agresseur doit être établi, grave et durable. » On peut certes critiquer vivement le système politique oppressif iranien et son soutien à diverses milices islamistes et groupes terroristes, mais il est clair que l'attaque, en l'occurrence, ne provenait pas d'Iran, mais des États-Unis et d'Israël.

    Un mal nécessaire

    Troisièmement, outre l'autorité légitime et la cause juste, la partie belligérante doit également avoir une intention droite (intentio recta). Sur ce point, les observateurs sont confrontés à un véritable dédale de rhétorique. De l'affaiblissement militaire de l'Iran à la destruction définitive de ses capacités nucléaires (un objectif soi-disant déjà atteint avec les bombardements de juin 2025), en passant par le changement de régime, le président américain a invoqué une grande variété d'objectifs de guerre. De plus, il semble probable que le désir d'hégémonie régionale d'Israël et l'ego apparemment insatiable de Trump, aspirant à entrer dans l'histoire comme un grand chef de guerre, aient également joué un rôle. Compte tenu de cette multitude de motivations qui se chevauchent, et dans certains cas sont douteuses, il est fort à parier que la condition d'intention droite soit remplie.

    Quelles que soient les sympathies que l'on puisse éprouver pour les États-Unis et Israël, et l'antipathie que l'on peut ressentir envers l'Iran, cette guerre ne remplit manifestement pas les trois conditions minimales d'une guerre juste. Les chrétiens se doivent d'être des artisans de paix et savent donc que toute guerre est un mal. Une guerre juste est nécessaire, mais une guerre injuste est absolument répréhensible.

  • Éthiopie: le conflit ethnique et religieux se poursuit malgré les réactions internationales

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    Du site de l'ECLJ :

    Éthiopie: le conflit ethnique et religieux se poursuit malgré les réactions internationales

    4 Mars 2026
     

    Deux ans après la publication de notre rapport sur les souffrances du peuple Amhara en Éthiopie, les événements tragiques récents montrent que leur calvaire n'est définitivement pas terminé. En effet, cet article détaille plusieurs attaques coordonnées à caractère religieux et ethnique qui ont tué au moins des dizaines d'Éthiopiens au cours des derniers mois. Malgré les nombreuses réactions internationales, le gouvernement persiste dans le déni.

    Quel est le problème en Éthiopie ?

    L'Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé d'Afrique avec environ 130 millions d'habitants, est un État composé de plus de quatre-vingts groupes ethniques. Autrefois saluée comme un pilier stratégique de la stabilité régionale, l'Éthiopie s'est de plus en plus fracturée pour des motifs ethniques et politiques, avec des tensions impliquant les groupes ethniques Oromo, Amhara et Tigréen. Les communautés amhara et tigréenne sont largement associées au christianisme orthodoxe, tandis que l'islam est la religion dominante chez les Oromos, malgré une importante communauté chrétienne.

    Depuis la transition politique de 2018 qui a porté au pouvoir le Premier ministre Abiy Ahmed, un leader oromo, de nombreux rapports ont fait état d'une aggravation du climat d'insécurité affectant les communautés amharas, notamment des déplacements massifs de population, des assassinats ciblés et des attaques récurrentes dans plusieurs régions, en particulier en Oromia.

    Ces événements se sont déroulés dans un contexte de conflits armés successifs, notamment la guerre dans la région du Tigré entre 2020 et 2022, puis la guerre dans la région d'Amhara à partir de 2023. Cependant, les attaques contre les Amharas dans d'autres régions du pays ont précédé le déclenchement de la guerre dans la région d'Amhara, révélant ainsi la nature plus large de la crise.

    En outre, les cas d'attaques contre les chrétiens orthodoxes en Éthiopie ont considérablement augmenté parallèlement aux conflits ethniques. Ces meurtres motivés par la religion se sont principalement concentrés dans la région d'Oromia et les récentes attaques confirment malheureusement la persistance de ce phénomène.

    Lire la suite sur le site de l'ECLJ

  • Eglises en Belgique : fermetures, réaffectations... Où en est-on ?

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    Nous avons posé la question à une I.A.; voici sa réponse qui semble conforme à la réalité :

    Contexte des fermetures permanentes des églises et lieux de culte en Belgique

    En Belgique, les fermetures permanentes d'églises et de lieux de culte sont souvent liées à la sécularisation de la société, à la baisse de la fréquentation religieuse, aux coûts d'entretien élevés et à des décisions administratives ou ecclésiastiques. Ce phénomène touche principalement l'Église catholique, qui gère la majorité des édifices religieux dans le pays. Entre 2012 et 2019, un total de 132 églises ont été désaffectées sur l'ensemble du territoire belge. En Flandre, le gouvernement régional a encouragé l'Église à accélérer le processus de désaffectation des églises inutilisées, en demandant aux autorités locales de prendre l'initiative pour leur réutilisation à des fins non religieuses. Les tensions portent surtout sur les délais : l'Église est pressée de dresser des listes d'édifices superflus dans un délai d'un an.

    À Bruxelles, l'archidiocèse envisage de fermer de nombreuses églises parmi les 108 existantes dans l'agglomération, en raison de leur état critique et de la faible affluence. Actuellement, la capitale compte 92 églises catholiques diocésaines actives, après une réorganisation des paroisses autour de clochers principaux. Un certain nombre d'édifices devraient être désaffectés dans les prochaines années. Ces fermetures posent des défis patrimoniaux et budgétaires, rendant complexe leur réaffectation. Des cultes comme l'orthodoxie, le protestantisme ou l'islam expriment un intérêt pour reprendre certains lieux.

    Des cas spécifiques illustrent cette tendance, comme l'église de Wadelincourt (près de Beloeil), fermée depuis 2018 et en cours de réaffectation par la commune. Plus largement, des discussions sur le financement public des cultes ont émergé, avec des propositions pour le supprimer, bien que sans suite concrète. La Belgique reste neutre religieusement, reconnaissant et finançant plusieurs cultes (christianisme, islam, judaïsme, etc.), comme le rappelle la Constitution.

    Situation actuelle et perspectives (début 2026)

    En 2026, les fermetures permanentes continuent sporadiquement pour des raisons de sécurité ou d'inutilisation, comme l'église Saint-Éloi de Ten-Brielen, fermée en urgence en février 2026 en raison de risques d'effondrement. Les débats sur la réutilisation des églises persistent. En Belgique, l'accent est mis sur la préservation patrimoniale et la réaffectation, avec une collaboration entre Église et État.

    Processus général de réaffectation des églises en Belgique

    La réaffectation des églises en Belgique désigne le changement d'usage d'un lieu de culte désaffecté (désacralisé), souvent motivé par la sécularisation, la baisse de la fréquentation et les coûts d'entretien élevés. Ce processus n'est pas nouveau : historiquement, des églises ont été réaffectées à d'autres cultes ou usages profanes. Il implique une désaffectation préalable, qui retire le caractère sacré du bâtiment selon le droit canon (canon 1222) et les réglementations régionales. Les églises antérieures à 1795 sont généralement propriétés communales, gérées par des fabriques d'église (établissements publics chargés du temporel du culte). La procédure varie par région (Flandre, Wallonie, Bruxelles), mais inclut toujours l'évêché, la commune et parfois le gouvernement régional.

    Étapes clés :

    1. Réflexion initiale : Discussion entre fabrique d'église, curé, évêché, commune et citoyens pour évaluer l'état du bâtiment et les besoins.
    2. Inventaire des biens mobiliers : Obligatoire pour lister meubles, objets liturgiques et patrimoines (via CIPAR en Wallonie).
    3. Délibérations : Approbations successives de la fabrique, de la commune et de l'évêché.
    4. Demande officielle : Soumise au gouvernement régional (Wallonie) ou équivalent, avec motivation et projet de réaffectation.
    5. Désacralisation : Décret épiscopal finalisant la perte du caractère sacré.
    6. Réaffectation : Nouvelle destination (culte autre, usage mixte, profane), avec subsides possibles (AWaP en Wallonie, fonds régionaux).

    Les usages profanes doivent être "non inconvenants" (pas d'usages dégradants). Priorités : transfert à une autre communauté catholique, puis chrétienne, puis profane.

    Réaffectation en Flandre

    La Flandre accélère les réaffectations via le "Programma Toekomst Parochiekerken" depuis 2011, obligeant des plans stratégiques par commune (85 % couverts en 2023). Les catégories incluent valorisation (tours guidés), usage concomitant (autres cultes), secondaire (partagé) ou réaffectation totale. Le gouvernement flamand encourage les bourgmestres à identifier les églises superflues, avec subsides pour restauration. De nombreuses églises ont été désaffectées depuis 2013 (Préférences des bourgmestres : récréatif (68 %), socio-culturel (54 %), commercial (47 %), logement (34 %).

    Exemples :

    • Sint-Jozef (Anvers) : Usage orthodoxe.
    • The Jane (Anvers) : Restaurant.
    • Bibliothèque Kaulille (Limbourg) : Bibliothèque partagée. 

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  • Sacré aux Goya, le film qui bouleverse l'Espagne

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    D'Hortense Leger sur aleteia.org :

    “Les Dimanches”, le film sacré aux Goya qui bouleverse l’Espagne

    Récompensé par cinq prix à la cérémonie des Goya ce 28 février, dont celui du meilleur film, "Les Dimanches" de la réalisatrice espagnole Alauda Ruiz de Azúa, explore avec finesse la tempête intérieure d’une jeune femme discernant sa vocation religieuse. Entre amour, foi et liberté, ce long-métrage bouleverse le cinéma espagnol et interroge croyants comme non-croyants.

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  • Ni le capitalisme ni l'essor des milliardaires chinois ne vont adoucir le régime totalitaire du Parti communiste

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    De Massimo Introvigne sur Bitter Winter :

    « Le rêve chinois brisé » : Xi Jinping, l’Occident et le piège de la prospérité

    4 mars 2026

    Si vous pensiez que le capitalisme et l'essor des milliardaires chinois allaient adoucir le régime totalitaire du Parti communiste, il vous faut revoir votre jugement.

    Le professeur Pei Minxin (crédits) et son nouveau livre.
    Le professeur Pei Minxin ( crédits ) et son nouveau livre.

    L’ouvrage de Pei Minxin, politologue sino-américain, « Le rêve chinois brisé : comment les réformes ont ravivé le totalitarisme » (Princeton, NJ : Princeton University Press, 2026), dresse le bilan d’une idée défaillante que peu osaient aborder : la croyance que les marchés affaibliraient l’autoritarisme, que les milliardaires pousseraient le Parti communiste chinois vers la démocratie et qu’une classe moyenne émergente privilégierait les élections à la recherche de logements plus spacieux. Pei dissèque ce mythe avec une rigueur scientifique et l’humour pince-sans-rire de quelqu’un qui observe les décideurs occidentaux s’accrocher aux mêmes illusions depuis quarante ans.

    Le livre débute dans les années 1980, une brève période où la Chine semblait s'orienter vers davantage de liberté. Pei nous rappelle que, même alors, l'ère des réformes ne fut pas un chemin sans embûches vers l'ouverture, mais plutôt une lutte acharnée derrière les murs de Zhongnanhai. La coalition de Deng Xiaoping, unie uniquement par la volonté de marginaliser Hua Guofeng, se scinda rapidement entre réformistes désireux d'assouplir le système et conservateurs partisans d'une économie planifiée modernisée. La décennie s'achève, inévitablement, par des chars sur l'avenue Chang'an et un message qui allait marquer les trente années suivantes : l'expérimentation économique est acceptable, mais l'expérimentation politique ne l'est pas.

    Pei montre ensuite comment le PCC a appris à s'enrichir sans relâcher son emprise. Les réformes rurales des années 1980 ont certes stimulé l'esprit d'entreprise, mais toujours en marge et sous l'œil vigilant d'un parti soucieux de conserver le pouvoir. L'économie mixte chinoise – à la fois de marché et d'État, et entièrement politique – est devenue le moteur du « miracle », mais aussi la source de contradictions qui allaient par la suite l'étouffer. La croissance était tolérée, voire encouragée, tant qu'elle ne menaçait pas le monopole du pouvoir.

    Les années Jiang Zemin, souvent perçues comme technocratiques et ennuyeuses, apparaissent dans le récit de Pei comme la période où le néo-autoritarisme s'est consolidé. La stabilité fut instaurée par des règles, des normes et un vaste appareil sécuritaire qui rendait toute dissidence dangereuse et vaine. Le parti s'assura le soutien des élites, s'assura la faveur de la classe moyenne et se drapa dans le nationalisme. D'apparence moderne, il était en réalité fragile, tel un gratte-ciel sur un terrain instable.

    L'administration de Hu Jintao, axée sur la « société harmonieuse », apparaît certes bien intentionnée, mais débordée. Les inégalités ont explosé, la corruption s'est généralisée et les dégâts environnementaux ont atteint des niveaux alarmants. La crise financière mondiale de 2008, initialement perçue par Pékin comme la preuve d'un échec occidental, a en réalité révélé les limites d'un modèle de croissance chinois trop dépendant de la dette, des exportations et du boom de la construction. Au moment où Hu a quitté ses fonctions, le système était déjà fragilisé par ses propres contradictions.

    Puis arrive Xi Jinping , et le récit de Pei bascule d'un déclin progressif à un retournement brutal. La Chine de Xi n'est pas seulement autoritaire ; elle cherche à raviver des pratiques totalitaires que beaucoup croyaient disparues avec Mao. Les campagnes anticorruption servent également à purger les rivaux politiques. La surveillance se généralise. L'idéologie fait un retour en force, comme en témoigne la tristement célèbre liste des idées occidentales interdites du Document n° 9. Les minorités ethniques, la société civile, les entrepreneurs privés et même les hauts responsables du Parti se retrouvent pris pour cible par un État qui exige désormais non seulement l'obéissance, mais aussi une loyauté idéologique. Pei affirme que le « rêve chinois » est un projet de pouvoir centralisé, personnel et sans contrôle.

    Les chapitres suivants décrivent une catastrophe au ralenti. La dette explose. La population vieillit. L'innovation s'enraye par la peur politique. L'économie, jadis principal atout du régime en termes de crédibilité, devient un fardeau. Parallèlement, la situation extérieure de la Chine évolue de l'engagement à la confrontation. Ce qui était autrefois perçu comme une « ascension pacifique » apparaît désormais comme une voie vers un conflit géopolitique, alimentée par l'affirmation de Xi Jinping à l'étranger et la répression intérieure. Pei Pei ne recourt pas au sensationnalisme, mais il démontre clairement qu'un système incapable de se réformer finira par se heurter au reste du monde.

    La conclusion relie tous les fils de l'histoire avec une clarté qui donne à réfléchir. L'échec de la démocratisation en Chine depuis 1979 n'est pas dû à des occasions manquées, mais au fait que les pratiques mêmes qui ont alimenté la croissance économique ont également renforcé le contrôle politique. La stratégie de survie du PCC – réprimer, coopter, centraliser – a été trop efficace. Les institutions qui soutenaient le maoïsme n'ont jamais été démantelées ; elles ont été réorientées. Sous Xi Jinping, elles ont été réactivées avec un zèle idéologique renouvelé. Il en résulte une nation qui ne s'oriente pas vers la libéralisation, mais vers une forme de totalitarisme encore plus sophistiquée et axée sur la technologie.

    Le message central de Pei est à la fois percutant et dérangeant : la réforme économique n’entraîne pas automatiquement une réforme politique. Dans le cas de la Chine, elle a produit l’effet inverse. La prospérité a renforcé le Parti, accru ses forces de sécurité et lui a donné les moyens d’étendre son emprise. Le « rêve brisé » ne désigne pas seulement le rêve de renaissance de la Chine : il symbolise aussi la croyance erronée de l’Occident selon laquelle le capitalisme atténuerait le léninisme.

    En définitive, Pei n'offre guère d'espoir. La voie empruntée par la Chine sous Xi semble mener à la stagnation intérieure et aux conflits extérieurs. La logique interne du système l'éloigne de plus en plus de la démocratie, au lieu de la rapprocher.

    Le monde doit enfin se confronter à une vérité qu'il a longtemps évitée : le totalitarisme ne disparaît pas du marché ; parfois, il prospère.


    Massimo Introvigne  (né le 14 juin 1955 à Rome) est un sociologue italien des religions. Il est le fondateur et directeur du Centre d'études sur les nouvelles religions ( CESNUR ), un réseau international de chercheurs qui étudient les nouveaux mouvements religieux. Introvigne est l'auteur d'une soixantaine d'ouvrages et de plus d'une centaine d'articles en sociologie des religions. Il a été le principal auteur de l'  Enciclopedia delle religioni in Italia  (Encyclopédie des religions en Italie). Il est membre du comité de rédaction de l'  Interdisciplinary Journal of Research on Religion  et du comité de direction de la revue  Nova Religio , publiée par les Presses universitaires de Californie .  Du 5 janvier au 31 décembre 2011, il a été « Représentant pour la lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination, avec une attention particulière portée à la discrimination à l’encontre des chrétiens et des membres d’autres religions » de l’  Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe  (OSCE). De 2012 à 2015, il a présidé l’Observatoire de la liberté religieuse , institué par le ministère italien des Affaires étrangères afin de suivre les atteintes à la liberté religieuse dans le monde.

  • Guides et Scouts d'Europe (Belgique) : week-end missionnaire exceptionnel (28-29 mars) à Namur et Malonne

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    Logo scouts d'europe Belgique

    Guides et Scouts d'Europe - Belgique

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE - 04/03/26

    WEEK-END MISSIONNAIRE EXCEPTIONNEL 28-29 mars 2026 - Namur/Malonne

    Une procession des Rameaux inédite et la fabrication d'un chemin de croix monumental marqueront le dimanche des Rameaux à Malonne

    Les 28 et 29 mars prochains, le village de Malonne accueillera le WIM (Week-end Inter Maîtrise), le grand rassemblement annuel des chefs des Guides et Scouts d'Europe de toute la Belgique. Entre tradition liturgique et engagement missionnaire, cet événement d'ampleur nationale promet deux journées riches en spiritualité et en créativité, dont plusieurs moments ouverts au grand public.

    UNE MESSE PRÉSIDÉE PAR L'ÉVÊQUE DE NAMUR

    Le samedi 28 mars à 10h, en l’église St-Loup, Monseigneur Fabien Lejeusne, nouvel évêque de Namur, présidera la messe rassemblant l'ensemble des participants. Cette célébration marquera le coup d'envoi spirituel du week-end.

    L'après-midi sera consacré à des ateliers mêlant préparation liturgique et dimension missionnaire : confection de rameaux et de palmes, iconographie, fabrication d'objets liturgiques, mais aussi rencontres avec des catéchumènes et évangélisation de rue dans les villages entre Namur et Malonne.

    UN DIMANCHE DES RAMEAUX HORS DU COMMUN

    Le point d'orgue de ce week-end sera sans conteste la grande procession des Rameaux du dimanche 29 mars au matin. Plusieurs centaines de participants chemineront du Sanctuaire Saint-Mutien-Marie jusqu'à la Chapelle Saint-Berthuin, rameaux à la main, portant en tête de cortège une croix processionnelle monumentale confectionnée la veille.

    Cette procession, organisée en collaboration avec les paroissiens de Malonne et avec le soutien de son curé, l'abbé Christophe Rouard, s'inscrit pleinement dans la tradition de la Semaine Sainte. Elle sera suivie d'une messe solennelle dans la magnifique chapelle et d’un temps de convivialité auquel les locaux seront invités.

    « TOUS MISSIONNAIRES, SUR LES TRACES DE SAINT MUTIEN-MARIE »

    Le thème choisi cette année n'est pas un hasard : « Le choix de Malonne et de son sanctuaire reflète notre volonté d'ancrer ce rassemblement dans le patrimoine religieux local », précise l'organisateur. « Saint Mutien-Marie incarne cette mission discrète mais profonde que nous voulons vivre avec nos chefs venus de toute la Belgique. »

    Le WIM est devenu, depuis une dizaine d'années, un rendez-vous incontournable pour les responsables scouts. Un moment de ressourcement, de formation et de fraternité, avant les derniers mois intenses de l'année scoute. 

    INFORMATIONS PRATIQUES

    Événements ouverts au public :

    • Samedi 28 mars, 10h : Messe présidée par Mgr Lejeusne (Eglise St Loup)
    • Dimanche 29 mars, matin : Procession des Rameaux du Sanctuaire Saint-Mutien à la Chapelle Saint-Berthuin (rue Fond de Malonne), suivie de la messe

    Organisateur : Guides et Scouts d'Europe - Belgique - https://www.scouts-europe.be/ 

    CONTACT PRESSE

    Maxime de la Vallée

    Adjoint Commissaire National Route

    Guides et Scouts d'Europe Belgique

    Tél. : +32 471 24 23 84

    Email : maxime.delavallee@scouts-europe.be

    À PROPOS DES GUIDES ET SCOUTS D'EUROPE BELGIQUE

    Mouvement de scoutisme catholique reconnu par le Saint-Siège, les Guides et Scouts d'Europe comptent plusieurs milliers de membres en Belgique. Le WIM (Week-end Inter Maîtrise) rassemble chaque année l'ensemble des chefs d'unité actifs pour un temps de formation, de détente et de ressourcement spirituel.

  • Chaîne de prière mondiale dans l’unité des chrétiens pour demander la fin de la guerre entre les USA, ISRAËL, l’IRAN, le LIBAN…

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  • Le Synode propose une nouvelle conception du sacerdoce

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    D'InfoVaticana :

    Le Synode propose une nouvelle conception du sacerdoce : plus intégré au Peuple de Dieu et avec une plus grande participation des laïcs.

    Le Synode propose une nouvelle conception du sacerdoce : plus intégré au Peuple de Dieu et avec une plus grande participation des laïcs.

    Le Secrétariat général du Synode des évêques a publié les premiers rapports finaux des groupes d'étude mis en place après la 16e Assemblée synodale sur la synodalité. Ces documents, rendus publics par décret du pape Léon XIV, portent sur deux domaines spécifiques : la formation des futurs prêtres et la mission de l'Église à l'ère numérique.

    Bien que présentés formellement comme des documents de travail, ces textes reflètent explicitement les grandes lignes du processus synodal et indiquent leur application concrète dans la vie de l'Église.

    Ces rapports s'inscrivent dans un ensemble plus vaste de groupes d'étude créés dans le cadre du processus synodal. Au total, quatorze groupes de travail – douze institués par le pape François en 2014 et deux ajoutés ultérieurement par Léon XIV – sont chargés d'examiner diverses questions ecclésiales, allant du ministère épiscopal, de la liturgie et de l'œcuménisme aux sujets émergents tels que l'inclusion des personnes LGBT dans la vie de l'Église.

    Parmi les premiers documents publiés, le rapport du Groupe d’étude n° 4, consacré à la formation sacerdotale, se distingue, proposant diverses orientations pour appliquer la formation du clergé dans une « clé missionnaire et synodale ».

    Une nouvelle lecture du sacerdoce au sein du Peuple de Dieu

    L’un des éléments centraux du rapport est la nouvelle conception de l’identité sacerdotale, davantage « liée au Peuple de Dieu ». Le document affirme que l’identité du prêtre se forme « dans et à partir » du Peuple de Dieu, et non comme une réalité séparée de lui.

    La Ratio Fundamentalis (2016) , document établissant les lignes directrices pour la formation des futurs prêtres, repose sur une forte centralité ontologique : le prêtre est sacramentellement configuré au Christ, Tête et Pasteur, et c’est de cette configuration que découlent sa mission et son autorité. Bien que le groupe d’étude ait décidé de ne pas modifier directement la Ratio – dont il considère toujours la validité des principes fondamentaux –, il définit un cadre pour son application dans une perspective missionnaire et synodale.

    Dans cette nouvelle perspective, le prêtre apparaît avant tout comme membre d'une communauté ecclésiale spécifique, dont la mission se déploie dans une relation constante avec les fidèles et avec les différentes vocations présentes dans l'Église.

    « Conversions » dans la formation sacerdotale

    Le document décrit les changements proposés comme une série de « conversions » dans la formation du clergé. Plus précisément, il identifie cinq dimensions qui devraient guider la préparation des futurs prêtres : une conversion relationnelle, une conversion missionnaire, une conversion orientée vers la communion et le service, et un style synodal.

    Ces directives visent à redéfinir la manière dont les séminaristes se préparent au ministère sacerdotal, en mettant davantage l'accent sur la dimension communautaire, pastorale et missionnaire de leur formation.

    Évolution de la vie des séminaires

    Le rapport propose également plusieurs mesures concrètes pour modifier les processus de formation dans les séminaires.

    Parmi les propositions figure la possibilité d'alterner les périodes de résidence entre le séminaire et les paroisses ou autres contextes ecclésiaux. L'objectif serait que la formation sacerdotale se déroule au contact plus direct de la vie concrète des communautés chrétiennes.

    Le document propose également que, dès les premières étapes de leur formation, les séminaristes partagent des expériences pastorales et formatrices avec des fidèles laïcs, des personnes consacrées et des ministres ordonnés.

    Synodalité et discernement communautaire dans la formation cléricale

    Un autre changement important est l'intégration explicite de la méthode synodale dans les processus de formation.

    Le rapport suggère que les futurs prêtres acquièrent des compétences en matière de discernement communautaire et de coresponsabilité dans la vie ecclésiale. Concrètement, cela impliquerait une plus grande participation des différents membres de la communauté aux processus de décision pastorale et de gouvernance de l'Église.

    Selon le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode, ces rapports témoignent d'un exercice concret de la synodalité, fondé sur l'écoute, la réflexion commune et le discernement partagé au sein de l'Église.

    Participation structurelle des laïcs — y compris des femmes — à la formation

    Parmi les propositions les plus importantes figure également l'intégration stable des fidèles laïcs dans les processus de formation sacerdotale.

    Le document suggère que des laïcs qualifiés — y compris des femmes — peuvent participer en tant que parties coresponsables à différents niveaux de la formation des séminaristes, notamment au sein des équipes de formation du séminaire.

    Cette participation ne se limiterait pas à des collaborations ponctuelles, mais pourrait acquérir une dimension structurelle au sein des processus éducatifs du clergé.

    La mission numérique, un sujet complémentaire

    Parallèlement au rapport sur la formation sacerdotale, le Synode a également publié le document préparé par le Groupe d’étude n° 3 sur la mission de l’Église dans le monde numérique. Ce texte soutient que le monde numérique doit être considéré comme une culture authentique et un nouveau champ de mission pour l’Église, où se développent les relations humaines, les communautés et les quêtes spirituelles.

    Le rapport met également en garde contre le risque que la présence de l’Église sur internet s’accompagne d’une formation pastorale adéquate et d’une réflexion éthique sur les risques liés à l’environnement numérique, marqué par des phénomènes tels que la polarisation, la manipulation de l’information et l’isolement causés par les algorithmes.

    Parmi ses propositions figure la possible création d'une Commission pontificale pour la culture numérique et les nouvelles technologies, ainsi que l'intégration de la mission numérique au sein des structures ordinaires de l'Église.

    Documents de travail dans le cadre du processus synodal

    Le Secrétariat général du Synode a indiqué que ces rapports doivent être considérés comme des documents de travail qui serviront de base aux futures décisions et évolutions pastorales.

    Les rapports finaux des autres groupes d'étude créés après l'Assemblée synodale devraient être publiés le 10 mars.

  • Abus, excommunication, miséricorde : l’éclairage d’un canoniste

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    D'Anne Van Merris sur zenit.org :

    Abus, excommunication, miséricorde : l’éclairage d’un spécialiste du droit canonique

    Interview de Mgr Patrick Valdrini : « Le droit canonique garantit la cohérence de l’action de l’Église dans le monde »

    3 mars 2026

    Zenit a rencontré à Rome Mgr Patrick Valdrini, grand spécialiste français du droit canonique. Professeur émérite à l’Université pontificale du Latran et chanoine de la basilique Saint-Jean-de-Latran, il a joué un rôle majeur dans l’enseignement et dans le rayonnement du droit canonique à l’international.

    Après avoir exercé la charge de doyen dans plusieurs facultés en France, il a été appelé à Rome en 2005, où il vit toujours. Tout en enseignant à l’Université du Latran, il a été conseiller culturel à l’ambassade de France, recteur à Saint-Louis-des-Français et pro-recteur du Latran.

    Il a également présidé la Société internationale des spécialistes du droit canonique, et depuis 2021, il est expert auprès de la Signature apostolique au Vatican.  

    Zenit : Quel rôle le droit canonique joue-t-il dans la vie de l’Église catholique ?

    Mgr Patrick Valdrini : L’Église possède une double dimension, à la fois humaine et spirituelle. Le droit canonique en régit la dimension visible et institutionnelle. À travers sa manière de vivre dans le monde et dans l’histoire, la communauté ecclésiale manifeste, par le droit et à travers le droit, ce qu’elle est spirituellement.

    On peut dire que le droit canonique garantit la « figure juste » de l’Église en tant qu’institution, qui doit vivre et agir dans le monde. Celle-ci doit être le lieu d’une « justice profonde », car elle est le visage du Christ qui agit par elle aujourd’hui dans l’histoire. « Juste », en ce sens, signifie correspondre à ce que le Christ est et veut pour la communauté qui le rend présent.

    Zenit : Comment a-t-il évolué au cours des dernières décennies ?

    Mgr P. Valdrini : Le droit canonique a évolué au fil de son histoire au gré de ce que l’Église a vécu. Au dernier Concile Vatican II, celle-ci a analysé et réévalué ce qu’elle était et ce qu’elle faisait. Le droit canonique a été emporté par cette grande « révision de vie » !

    Lorsque le pape Jean XXIII a annoncé en 1958 qu’il allait convoquer un Concile, il a également indiqué sa volonté de réformer le droit canonique. Dès les premières réunions, on a constaté qu’on ne pouvait pas le faire sans un discours sur l’Église repensé. C’est pourquoi les travaux ont commencé à la fin du Concile, s’inspirant de la Constitution Lumen Gentium de 1964, dans laquelle l’Église exprime ce qu’elle est.

    On comprend que le droit canonique que nous connaissons aujourd’hui se distingue, d’une manière importante, de celui qui était en vigueur avant le Concile Vatican II. Celui de l’après-Concile a bien plus de force du point de vue ecclésiologique.

    Zenit : En quoi le droit canonique n’est-il justement pas un droit comme les autres ?

    Mgr P. Valdrini : Dans le droit canonique, il y a une dimension profondément communautaire : l’Église n’est pas le résultat de la volonté conjointe des croyants ; c’est le Christ qui crée une communion entre les personnes. En conséquence, dans l’Église, tout acte de recherche de justice aura toujours une perspective communautaire : il n’y aura ni vainqueur ni vaincu.

    À cet égard, le terme « excommunication », l’une des sanctions de l’Église, est ambigu, car il donne à penser qu’une personne peut être définitivement exclue de la communion. Ce n’est pas cela en réalité. Autrefois, on appelait cette sanction une « peine médicinale ». Aujourd’hui, on dit une censure. En termes juridiques modernes, on évoquerait une forme de « justice restaurative ».

    Quand on excommunie quelqu’un, on prive la personne d’éléments essentiels à la vie de l’Église, comme la participation à l’Eucharistie et aux sacrements, afin qu’elle revienne à la communion. On l’éloigne de la communion de l’Église, ou bien l’on constate qu’elle s’en est éloignée, afin qu’elle puisse s’amender et réparer les dommages et le scandale qu’elle a créés.

    Cette dimension de miséricorde implique qu’une personne n’est pas définitivement exclue de la communion de l’Église, même si elle ne peut revenir que sous certaines conditions et exigences précisées par le droit. C’est la parabole de l’enfant prodigue, parabole de référence lorsque l’on parle de justice et de miséricorde.

    Zenit : Dans ce désir de miséricorde, n’est-ce pas aussi important pour l’Église de garder l’objectivité face aux faits commis ?

    Mgr P. Valdrini : En Italie, on appelle « buonismo » le fait d’être bon avec tout le monde, sans discernement. Or, le discernement est fondamental. Il n’y a pas d’autre voie que de réfléchir et d’évaluer si ce qu’on va décider est juste. L’un des éléments importants d’évaluation, c’est le scandale qu’une décision peut susciter. Le scandale est une notion, elle aussi, communautaire, nécessaire comme « expression d’une communauté ». On constate que des personnes peuvent se rebeller face à certaines décisions de l’Église si elles jugent l’acte injuste, notamment pour ceux qui ont subi des dommages.

    Pour aborder la question de la « justice et de la miséricorde », il faut donc avoir pour élément de référence cette perspective communautaire, c’est-à-dire le fait que l’Église est une communion où, certes, tout le monde a sa place, y compris ceux qui ont fauté ; mais ces derniers doivent réparer leur lien de communion avec l’Église, c’est-à-dire avec la communauté, car ils ont blessé. En premier lieu, ce sont des personnes qu’ils ont blessées, et rendre justice à ces dernières est un devoir. En second lieu, toute l’Église est blessée.

    Le scandale, il est vrai, n’est pas une chose définie par des critères, il se discerne. Une décision qui s’inscrit dans une logique d’accueil de la personne peut provoquer un scandale au sein de la communauté. Celle-ci a un droit de « réception » des décisions prises par une autorité ecclésiastique. C’est une catégorie traditionnelle du droit canonique que nous dirions aujourd’hui être une expression de synodalité et de participation. Il est donc opportun de déterminer quelle décision serait la plus juste pour la communauté et pour les personnes.  

    Zenit : N’y a-t-il pas aussi un discernement à faire par l’Église quant aux nominations de prêtres ayant commis des actes d’abus graves, ou des abus avec récidives ?

    Mgr P. Valdrini : Aux prêtres qui ont commis de tels actes, s’ils n’ont pas perdu l’état clérical, on n’interdit pas toujours de célébrer la messe, mais on leur interdit au moins de la célébrer en public. Par son sacerdoce, le prêtre a une grande responsabilité : il est une expression visible du Corps du Christ, dans sa vie personnelle comme dans la charge qu’on lui confie.

    Or, l’Église catholique est contrainte par l’obligation d’être, disons, « symbolique » dans son action, car elle est le « symbole » qui manifeste la présence du Christ dans l’histoire : un modèle concret de communion et de respect des personnes, au nom de Dieu lui-même. C’est pourquoi il y a le Christ accueillant et le Christ exigeant. 

    Ainsi, l’Église catholique doit chercher, dans les situations concrètes, à être un exemple de justice et de miséricorde qui ne se fait pas à n’importe quel prix. Il est normal de bien discerner avant de confier à une paroisse un prêtre ayant commis des abus.

    La justice, ici, est donc liée à la justesse du discernement dans les nominations. Et ce n’est pas seulement faire un jeu de mots entre « justice » et « justesse » ! Il est important que l’Église évalue chacune de ses décisions. « Mettre ce prêtre dans cette charge » : est-ce être dans la justesse ? « Vouloir être bon avec lui » n’est pas forcément juste, et de plus, cela choque la communauté, qui ne voit pas d’acte de justice.

    Zenit : Finalement, quel est le plus important pour vous, en termes de justice dans l’Église ?

    Mgr P. Valdrini : Nous devons revenir à ce qui est le fondement même de l’existence de l’Église dans les sociétés. C’est ce que le pape Léon XIV rappelle souvent dans une perspective augustinienne : nous sommes le Corps du Christ. Le droit canonique doit traduire, en termes organisationnels et relationnels, ce qu’est le Corps du Christ aujourd’hui. On ne doit pas prendre pour premier modèle l’idée d’une société qui fonctionne bien ; on doit prendre pour modèle le Christ, en particulier ce qu’il est et ce qu’il fait dans les Évangiles.

    L’équilibre de la justice dans l’Église dépend aussi de chaque personne, en particulier de sa cohérence personnelle vis-à-vis de la communauté ecclésiale. Pour être suivis et compris par ceux qui ne partagent pas notre foi, nous devons être fidèles aux devoirs qui nous incombent par notre appartenance à l’Église catholique. Je crois vraiment que le droit canonique garantit, à sa manière, la cohérence de l’action de l’Église catholique dans le monde, c’est-à-dire la cohérence de la visibilité du Corps du Christ dans la société.

    Abus, excommunication, miséricorde : l’éclairage d’un spécialiste du droit canonique | ZENIT - Français

  • La conversion de Robin Ward, un ancien anglican, anticipe le printemps des catholiques anglais

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    De Stefano Chiappalone sur la NBQ :

    Un ancien anglican anticipe le printemps des catholiques anglais

    On s'attend à ce que Pâques affiche complet pour les nouvelles conversions au catholicisme en Angleterre, mais dès la mi-février, Robin Ward, figure anglicane de premier plan, a été admis en pleine communion avec Rome. Son passage a également été marqué par un nouveau nom : John Henry, confirmant ainsi « l'effet Newman ».

    04/03/2026

    Photo extraite du profil X de Robin Ward

    Le catholicisme britannique connaît un renouveau, marqué par un nombre record de conversions à Pâques. S'agit-il de l'« effet Newman » ? L'hirondelle qui annonce le printemps (contredisant ici le proverbe) est une fois de plus une figure emblématique de la Communion anglicane qui se convertit au catholicisme.

    Le samedi 21 février, le nouvel archevêque de Westminster, Mgr Richard Moth, a célébré la cérémonie d'élection la plus importante de ces quinze dernières années pour environ 800 adultes issus de 100 paroisses. Ces derniers seront accueillis dans l'Église catholique à Pâques, soit comme catéchumènes (s'ils ne sont pas encore baptisés), soit comme candidats (s'ils sont baptisés dans une autre confession chrétienne). Si le record absolu a été établi en 2011 avec 891 nouveaux membres, la rentrée de 2026 reste la quatrième plus importante depuis les années 1990, selon les données de l'archidiocèse, qui note une augmentation de 60 % par rapport à 2025. Les chiffres sont encore plus frappants lorsqu'on les examine par paroisse participante : « Suivis en détail depuis 2007, ce nombre semble être le plus élevé jamais enregistré cette année. »

    Dans le plus petit diocèse de Shrewsbury, la cérémonie annuelle d'élection a dû être organisée deux fois, la cathédrale ne pouvant accueillir les 171 candidats et catéchumènes (accompagnés de leurs parrains et marraines et de leurs proches) provenant de 31 paroisses, « soit une augmentation de 71 % par rapport aux 100 de l'année dernière, et également par rapport aux 82 de 2024 », rapporte l'hebdomadaire catholique The Tablet, qui dresse un panorama des nouveaux catholiques britanniques : « Le diocèse de Birmingham a accueilli 304 candidats et catéchumènes, soit une augmentation de 52 % par rapport à l'année dernière, tandis qu'Arundel et Brighton en ont enregistré plus de 250, soit une augmentation de 20 % », et « le diocèse de Southwark a accueilli 590 convertis à Pâques, le nombre le plus élevé enregistré depuis 26 ans, à l'exception du pic de l'Ordinariat en 2011. » L'Ordinariat, naturellement, est celui que Benoît XVI souhaitait pour les fidèles issus de l'anglicanisme (dont l'Ordinaire actuel a été reçu le 2 mars par Léon XIV en même temps que l'Ordinaire américain ; tandis que le troisième Ordinariat, qui s'étend à l'Australie et au Japon, est vacant).

    L'ancien chanoine anglican Robin Ward, cependant, n'a pas attendu Pâques et, le 14 février, a été reçu en pleine communion avec l'Église catholique par l'abbé Cuthbert Brogan à l'abbaye bénédictine Saint-Michel de Farnborough. De 2006 à 2025, Robin Ward a dirigé St. Stephen House à Oxford, un établissement de formation théologique qui a compté parmi ses étudiants des personnalités éminentes, telles que Stephen Cottrell, archevêque d'York et vice-président de l'Église d'Angleterre, mais aussi Jonathan Baker, actuel évêque de Fulham (diocèse « volant » pour les paroisses qui n'acceptent pas l'ordination des femmes), ainsi qu'Andrew Burnham, ancien évêque d'Ebbsfleet (également un diocèse « volant » pour les mêmes raisons), devenu prêtre catholique en 2011.

    Qu'est-ce qui a poussé Ward à « traverser le Tibre » à 60 ans, après 40 ans de ministère et fort d'un parcours universitaire des plus respectables au sein du monde anglican ? Un parcours qui a débuté il y a longtemps : St. Stephen House elle-même trouve ses racines dans le Mouvement d’Oxford, qui recherchait une continuité entre l’anglicanisme et l’Église catholique. Ward découvrit à Oxford « le monde raréfié et caché de l’anglo-catholicisme », confia-t-il au National Catholic Register, ainsi que « diverses évolutions qui semblaient obscurcir ce qui m’était le plus cher ». Aux trois questions : « Qui est Jésus ? Qui est prêtre ? Qu’est-ce que l’Église ? » et surtout à la dernière, il trouva dans l’anglicanisme une réponse « de moins en moins satisfaisante, un fait qui devint de plus en plus évident non seulement pour moi, mais aussi pour mes étudiants, d’hier et d’aujourd’hui ».

    Le parcours de Ward fut également marqué par la « présence constante de John Henry Newman », le nouveau Docteur de l’Église, figure de proue du Mouvement d’Oxford. Ce n’est pas un hasard si son entrée dans l’Église catholique fut marquée – lors de sa confirmation – par un nouveau nom : John Henry. Un passage d'une importance capitale qui dépasse le cadre de l'histoire personnelle de Robin « John Henry » Ward : sa famille est, en effet, « la dernière génération d'anglo-catholiques à avoir survécu à la transformation progressive de l'anglicanisme », commente un autre néo-catholique de renom, Gavin Ashenden, ancien aumônier de la reine Élisabeth II et pasteur anglican. Un « signal », poursuit Ashenden, que « la révolution moderniste et féministe au sein de l'anglicanisme » a désormais bloqué la voie à ceux qui recherchent la continuité et l'identité de l'Église unique au sein de la communion anglicane.

    Ashenden, quant à lui, reçu dans l'Église de Rome en 2019 , a dressé le bilan de sa première année de catholicisme en 2020 (toujours dans le National Catholic Register). Malgré le choc médiatique provoqué par la conversion de l'aumônier de la Reine au catholicisme, Ashenden a éprouvé « le grand sentiment de paix et de clarté propre au catholicisme », soulignant la « merveilleuse et solide continuité » de l'Église catholique face aux « variables controversées » qui minaient l'authenticité de l'Église d'Angleterre, « souvent aggravées par la tentative de juger les choses selon les goûts des laïcs, comme s'il s'agissait de consommateurs ».

    Ward et Ashenden sont d'excellents noms, mais l'exode des anciens ministres anglicans (et anciens évêques) vers Rome n'a rien de nouveau : 700 en trente ans, selon le récent recensement de la St. Barnabas Society (dont 486 sont également devenus prêtres catholiques, constituant un tiers du clergé britannique). Deux choses unissent Ward, Ashenden et d'autres qui ont suivi la même voie : le fait qu'ils recherchaient « quelque chose de catholique » au sein de l'anglicanisme ; et la prise de conscience qu'on ne pouvait le trouver sur la Tamise, mais qu'il devait « se baigner dans le Tibre ». Deux choses unissent l'Église de Sa Majesté à l'Allemagne ultra-synodale : la foi dans le progressisme et l'hémorragie progressive des fidèles.

  • 2050 : le nouveau livre du duo Sarah-Diat

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    « Dans vingt-cinq ans, l'Église sera-t-elle encore un phare,

    ou l'écho lointain d'une voie oubliée ? »

    Le catholicisme européen épouse de façon troublante les convulsions d'un monde sécularisé : la morale devient fluide, l'héritage contesté, le passé abandonné au nom d'un présent en perpétuelle mutation. On ne craint plus de se détourner de ses racines, comme si l'arrachement pouvait engendrer un renouveau.

    2050, co-écrit par Nicolas Diat et le cardinal Robert Sarah.

    Auteurs

    • Cardinal Robert Sarah : Préfet émérite du Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements au Vatican, il est une figure éminente de l'Église catholique, originaire de Guinée. Connu pour ses positions conservatrices et sa défense de la tradition liturgique, il a déjà collaboré avec Nicolas Diat sur plusieurs ouvrages à succès, tels que Dieu ou rien (2015), La force du silence (2016) et Le soir approche et déjà le jour baisse (2019).
    • Nicolas Diat : Journaliste et essayiste français, spécialiste des questions religieuses et vaticanes. Il est l'auteur de plusieurs livres d'entretiens avec des personnalités ecclésiastiques, et sa collaboration avec le cardinal Sarah est marquée par des réflexions profondes sur la foi et l'Église contemporaine.

    Publié en mars 2026, 2050 est un ouvrage sous forme d'entretiens entre les deux auteurs, qui explore l'avenir de l'Église catholique d'ici à 2050, soit dans environ 25 ans. Le cardinal Sarah y exprime ses préoccupations face aux signes de "perte de la foi" dans l'Église, particulièrement en Occident, tout en partageant des motifs d'espérance pour son renouveau. Le livre aborde des thèmes comme le rôle divin dans l'Église, la crise spirituelle actuelle, et des critiques implicites envers certaines évolutions modernes au sein de l'institution ecclésiale.

    Détails pratiques

    • Éditeur : Fayard (groupe Hachette Livre).
    • Format : Broché, grand format, environ 288 pages.
    • ISBN : 978-2213725185.
    • Prix indicatif : Autour de 20-25 € (selon les distributeurs).
    • Disponibilité : Disponible en librairies physiques et en ligne (comme Amazon, Fnac, ou le site de Fayard), y compris en précommande ou achat immédiat.

    Ce livre s'inscrit dans la lignée des œuvres précédentes du duo, qui combinent réflexion théologique, critique sociétale et appel à la spiritualité.

    Le livre prend la forme d'entretiens entre les deux auteurs, où le cardinal Sarah livre une réflexion théologique et critique sur l'avenir de l'Église d'ici à 2050, en partant de la situation spirituelle en 2025. Il exprime à la fois des inquiétudes sur la "perte de la foi" et des motifs d'espérance pour un renouveau centré sur Dieu.

    2050 s'inscrit dans la continuité des collaborations précédentes entre Sarah et Diat, comme Dieu ou rien (2015), La force du silence (2016) ou Le soir approche et déjà le jour baisse (2019). Il s'agit d'un dialogue sur l'espérance et la crise de la foi, projeté sur 25 ans. Le titre évoque une vision prospective : "Dans vingt-cinq ans, l'Église sera-t-elle encore un phare ou l'écho lointain d'une voix oubliée ?" L'ouvrage compte environ 256 pages et explore la dérive spirituelle de l'Église et du monde, en appelant à un recentrage sur la dimension divine.

    Thèmes principaux

    1. La centralité de Dieu dans l'Église : Le cardinal Sarah critique le discours dominant dans l'Église au début de 2025, qui privilégie des thèmes temporels comme le climat, l'écologie, les migrations et le dialogue culturel, au détriment de la place de Dieu. Ces sujets, bien qu'importants, deviennent problématiques lorsqu'ils relèguent la dimension spirituelle. Sarah insiste sur le fait que "tout procède de Dieu : son projet, son initiative, son accomplissement", et que l'homme est appelé à vivre "de Dieu, par Dieu et pour Dieu".
    2. La crise de la liturgie : Un appel urgent est lancé pour restaurer la vérité de la liturgie, qui doit redevenir la célébration du mystère chrétien où "Dieu est premier". Sarah dénonce les liturgies modernes transformées en "spectacle, scène d’agitation profane, lieu d’expressions culturelles désordonnées", envahies par les cris, les caméras, les applaudissements et les téléphones. Il souligne que "Dieu parle dans le silence", et que la liturgie actuelle fuit ce silence essentiel.
    3. La déthéologisation du monde et le mythe prométhéen : Le monde contemporain est décrit comme "déthéologisé", où l'homme a usurpé la place de Dieu sans même avoir à le combattre, car Dieu est déjà "mort ou oublié". Cela s'apparente au mythe de Prométhée, où l'homme s'empare du "feu céleste" pour se libérer d'un joug ancestral, menant à un orgueil planétaire. Cette usurpation entraîne une spirale de violence, de mensonge, d'égoïsme et de sang.
    4. La révolte humaine contre le Créateur : Depuis la chute originelle, l'humanité se révolte contre Dieu, préférant l'indépendance à l'abandon confiant à son amour. Cela génère "ténèbres et malheur", avec des manifestations concrètes comme les guerres ravageant l'Ukraine, la Palestine, l'Irak, la Syrie, la Libye, le Soudan et la République démocratique du Congo. Sarah voit ces conflits comme les "fruits amers" de cet orgueil, et critique le monde postmoderne qui s'obstine dans sa déchéance.
    5. Espérance et renouveau : Malgré les inquiétudes sur la "perte de la foi", particulièrement en Occident, le livre offre des "raisons d'espérer". Sarah invite à un retour à la foi authentique, à la prière et au silence, pour que l'Église redevienne un phare spirituel. Il s'agit d'une vision eschatologique où l'Église, en se recentrant sur Dieu, peut surmonter la crise et rayonner à nouveau.

    Le cardinal Sarah adopte un ton critique, fidèle à ses positions passées. Il dénonce une Église "décentrée" de Dieu, influencée par des préoccupations mondaines, et appelle à une réforme liturgique et spirituelle. Ses opinions reflètent une vision traditionaliste, où la modernité (postmodernité) est vue comme une révolte contre Dieu, source de tous les maux actuels. Cependant, il équilibre cela par une espérance théologique, invitant les fidèles à persévérer dans la foi pour un avenir où l'Église triomphera en redevenant fidèle à sa mission divine.

  • Une lettre inédite révèle les dernières réflexions de Benoît XVI sur la prière et l'avenir de la foi

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    De Niwa Limbu sur le Catholic Herald :

    2 mars 2026

    Une lettre inédite révèle les dernières réflexions de Benoît XVI sur la prière et l'avenir de la foi

    Une lettre inédite du pape Benoît XVI, écrite un peu plus d'un an avant sa mort, a été publiée dans un nouveau livre italien, offrant un aperçu de la théologie du défunt pontife et de sa vision de l'avenir de la foi à la fin de sa vie.

    Le texte figure dans La fede del futuro, quatrième volet d'une collection d'écrits inédits et difficiles à trouver de Joseph Ratzinger, publiée par la maison d'édition Edizioni Cantagalli, basée à Sienne. La série est introduite par une préface du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican.

    Le cardinal Parolin écrit que « le thème de l'avenir fait de plus en plus l'objet d'une réflexion théologique sur la foi, car il n'est pas certain que l'humanité continuera à croire en Dieu ». Il note que les préoccupations de Ratzinger dans cet essai ne se limitent pas au seul sort de la foi, mais englobent également « l'incertitude et la confusion qui règnent dans le monde, causes de la perte de l'espoir et d'une peur généralisée ». La question de ce qui nous attend, observe-t-il, ne se limite pas aux croyants, mais touche toute l'humanité.

    Faisant référence à l'accélération sans précédent du développement historique ces dernières années, le cardinal affirme que l'humanité est confrontée à « des possibilités extrêmes, mais aussi à des dangers extrêmes ». L'avenir, dit-il, « n'est plus attendu avec espoir, mais avec appréhension ; il est même devenu un cauchemar pour beaucoup ». Dans ce contexte, il se demande si « la foi a encore un rôle à jouer dans la construction du monde de demain ? L'Église continuera-t-elle d'exister ? ».

    La lettre inédite de Benoît XVI, datée du 27 avril 2021 à la Cité du Vatican, est intitulée « Introduction : Réflexions sur la prière chrétienne » et présente une méditation concise mais théologiquement dense sur la nature de la prière en tant qu'acte religieux fondamental. Écrit dans la dernière période de sa vie, le texte revient sur des thèmes qui ont caractérisé son œuvre théologique pendant des décennies, notamment le Christ comme médiateur, la centralité de l'Eucharistie et la purification du désir humain.

    Le pape Benoît XVI commence par définir la prière en termes généraux comme « l'acte religieux fondamental » et « la tentative d'entrer concrètement en contact avec Dieu ». Il distingue immédiatement la prière chrétienne des autres formes de prière en affirmant qu'elle est menée « avec Jésus-Christ et, en même temps, qu'elle prie vers Lui ». Le Christ, écrit-il, est à la fois homme et Dieu et peut donc « être le pont, le pontife, qui permet de surmonter l'abîme infini entre Dieu et l'homme ».

    En ce sens, poursuit-il, le Christ est « la possibilité ontologique de la prière » et aussi son « guide pratique ». Benoît XVI rappelle la scène évangélique dans laquelle les disciples, ayant vu Jésus en prière, demandent : « Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11, 1). Il note qu'ils étaient conscients que même Jean-Baptiste avait enseigné la prière à ses disciples, mais que Jésus était « infiniment plus proche de Dieu que même la plus grande figure religieuse : Jean-Baptiste ». Il en tire ce qu'il appelle les deux caractéristiques fondamentales de la prière, celle qui concerne l'être et celle qui concerne la conscience, entrelacées dans un lien profond avec Dieu qui consiste à demeurer avec Lui.

    Abordant ce qu'il décrit comme des formes de prière erronées ou insuffisantes, Benoît XVI rappelle les paroles prophétiques de Samuel : « L'obéissance vaut mieux que le sacrifice, l'écoute vaut mieux que la graisse des béliers » (1 S 15, 22). Il écrit que la juxtaposition avec la Croix est évidente tout au long de la proclamation du Christ et que la prière chrétienne, unie à Jésus, est inséparable de son offrande de soi.

    Il affirme que la prière chrétienne, dans la mesure où elle est une prière avec le Christ, « est toujours ancrée dans l'Eucharistie, y conduit et s'y déroule ». L'Eucharistie, écrit-il, est « la prière accomplie de tout son être » et représente « la synthèse critique du culte et de la véritable adoration ». En elle, Jésus a prononcé son « non » définitif aux simples paroles et aux sacrifices d'animaux, leur substituant « le grand « oui » de sa vie et de sa mort ».

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