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BELGICATHO

  • Bruxelles, 13 septembre : ordination sacerdotale de Martin Van Breusegem

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    De Catho-Bruxelles.be :

    13 septembre | Ordination sacerdotale de Martin Van Breusegem

    Le dimanche 13 septembre 2026 à 15 heures, Monseigneur Luc Terlinden, archevêque de Malines-Bruxelles, ordonnera prêtre Martin Van Breusegem, membre de la Communauté de l’Emmanuel.

    Seigneur Jésus, Toi le Bon Pasteur, nous te prions pour Martin qui va être ordonné « afin qu’il accueille pleinement la grâce du sacrement qui va le configurer à Toi, prêtre et pasteur ». Seigneur Dieu, notre Père à tous, nous te « prions aussi pour que tous les jeunes soient attentifs à ta Voix qui leur parle dans l’intimité de leur cœur » et particulièrement pour ceux que Tu « appelles à se détacher de tout pour te servir ».

    Martin van Breusegem  est né à Charleroi au sein d'une famille de cinq enfants, il a grandi dans la foi. Proche de la Fraternité de Tibériade dès son enfance, c'est là qu'est né son premier désir de suivre le Christ. Il est diplômé et agrégé en histoire, il a enseigné cette matière pendant plusieurs années à Bruxelles. Il a ensuite répondu à sa vocation en entrant au Grand Séminaire de Namur pour y suivre ses études de théologie. Le 14 février 2026, il a franchi une étape majeure en étant ordonné diacre en vue du sacerdoce par Mgr Luc Terlinden à l'église Notre-Dame des Victoires au Sablon. Il a ensuite exercé son ministère diaconal au sein de l'Unité Pastorale de Bruxelles-Centre.
  • Ce que révèle une enquête sur la persécution antichrétienne en France

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    De Federico Catani sur Correspondance Européenne :

    Ce que révèle une enquête sur la persécution antichrétienne en France

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    C’est la question à laquelle tente de répondre La persécution antichrétienne a commencé, ouvrage d’Atilio Faoro, chercheur et journaliste catholique installé en France, récemment publié par Avenir de la Culture (le livre peur être commandé sur https://avenirdelaculture.info/commandez/la-persecution-antichretienne-a-commence)

    Le titre est volontairement provocateur. Peut-on réellement parler de « persécution » dans un pays où les catholiques vont librement à la messe et où personne n’est emprisonné pour sa foi ?

    L’auteur reconnaît lui-même la difficulté. La France ne connaît évidemment pas la persécution sanglante que subissent les chrétiens dans certaines régions d’Afrique, d’Asie ou du Moyen-Orient. Mais la persécution commence-t-elle seulement lorsque le sang coule ?

    C’est ici que se situe la thèse centrale du livre : avant de frapper les corps, une persécution peut commencer par transformer les mentalités, marginaliser une religion, effacer ses symboles et rendre progressivement sa présence illégitime dans la vie publique.

    Pendant plusieurs mois, Atilio Faoro a rassemblé statistiques officielles, décisions de justice, rapports parlementaires, déclarations publiques et faits d’actualité. Son enquête ne prétend pas révéler un mystérieux complot. Elle cherche plutôt à comprendre si des phénomènes d’origines diverses ne finissent pas par produire un même résultat : le recul méthodique de l’empreinte chrétienne dans la société française.

    Pour le comprendre, l’auteur remonte dans l’histoire. La France ne passe pas en quelques années du titre de « Fille aînée de l’Église » à une situation où ses croix, ses crèches et ses statues religieuses sont contestées devant les tribunaux. Le livre suit donc un long processus de rupture, depuis la Réforme et les Lumières jusqu’à la Révolution française, l’anticléricalisme de la IIIe République et certaines formes contemporaines de laïcité.

    Vient ensuite le présent. Une certaine conception militante de la laïcité conduit à retirer des croix, contester des statues de la Vierge ou bannir certaines traditions chrétiennes de l’espace public. Parallèlement, les principes moraux hérités du christianisme concernant la famille, la transmission de la vie ou la dignité humaine connaissent une profonde remise en cause.

    Puis le phénomène devient plus visible encore. Le livre consacre plusieurs chapitres au blasphème dans la culture et les médias, aux profanations et incendies d’églises, au péril islamiste et à la visibilité croissante d’un satanisme qui bénéficie parfois, selon l’auteur, d’une surprenante complaisance institutionnelle.

    C’est sans doute ici que réside l’intérêt principal de l’ouvrage.

    Notre époque nous condamne à regarder l’actualité par fragments. Aujourd’hui une église vandalisée ; demain une croix retirée ; après-demain une polémique autour d’un spectacle ou une nouvelle décision judiciaire. Chaque affaire possède son explication particulière et disparaît bientôt derrière la suivante.

    Mais l’accumulation des faits change leur signification.

    Une profanation isolée est un acte de vandalisme. Des centaines d’atteintes répétées créent un climat. Une décision judiciaire peut être accidentelle ; une succession de décisions allant dans la même direction révèle une tendance.

    Et cette tendance pose une question qui dépasse les seuls catholiques : une civilisation peut-elle conserver son identité lorsqu’elle renonce progressivement aux fondements spirituels qui l’ont façonnée ?

    La persécution antichrétienne a commencé n’est pourtant pas un livre désespéré. Car reconnaître le danger n’est pas capituler devant lui. Bien au contraire : on ne peut combattre efficacement une crise que l’on refuse de nommer. L’auteur souhaite ainsi que son enquête soit lue non seulement par les fidèles, mais également par les prêtres, les évêques et tous ceux qui exercent une responsabilité dans la société.

    Le cardinal Robert Sarah a récemment résumé cette exigence en une formule saisissante citée dans l’ouvrage : « Le silence serait une trahison. »

    Nous touchons ici au véritable enjeu du livre. Il ne s’agit pas de cultiver la nostalgie d’une France disparue, ni d’entretenir artificiellement la peur. Il s’agit de regarder les faits, d’en comprendre l’enchaînement et de retrouver la liberté de les nommer.

    Car les générations futures ne nous demanderont peut-être pas seulement ce que nous pensions de cette époque. Elles nous demanderont ce que nous avons fait lorsque nous avons compris ce qui était en train de se produire.

  • 4-6 décembre : WE Rorate pour les jeunes de 18 à 35 ans (FSSP)

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    La Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre en Belgique organise un « WE Rorate » pendant l’Avent, pour les jeunes de 18 à 35 ans.

    Dates - 4 décembre 2026 (18h) - 6 décembre 2026 (17h30)
     
    Lieu :
    Communauté des Béatitudes
    Rue du Fourneau, 10
    5651 Thy- le-Château
     
    Le week-end Rorate, destiné aux 18–35 ans, propose un temps de ressourcement spirituel à l’occasion de l'Avent, et invite les participants à réfléchir à la place du mystère de l'Incarnation dans leur vie personnelle.
     
    Au programme: enseignements accessibles mêlant théologie, foi chrétienne et vie spirituelle, temps de prière, mais aussi rencontres, échanges fraternels et moments conviviaux, favorisant l’amitié et le dialogue entre jeunes adultes. Un week-end pour approfondir la foi, dans un cadre serein et fraternel.
     
    Lien pour les inscriptions
  • C'est dans la chrétienté qu'est née la science moderne

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    D'Olivier Bonassies sur 1000 raisons de croire :

    La science moderne est née dans la chrétienté

    La prétendue opposition de l’Église à la science est un mythe grotesque qui a été forgé au XIXe siècle. Non seulement cette vision résiste mal à l’examen historique, mais elle masque une réalité presque inverse : loin d’avoir fait obstacle à l’essor des sciences, le christianisme occidental a fourni le cadre intellectuel et institutionnel dans lequel la science moderne a pu naître et se développer. Il ne pouvait en être autrement, comme l’ont bien montré Pierre Duhem (La Science catholique, en 1906) et Rodney Stark (Le Triomphe de la raison, en 2005). Dans la logique chrétienne d’un Dieu « logos », c’est-à-dire parolesensrationalité, l’Église a promu le réalisme, la recherche en vue de l’explication du monde, la rationalité, la liberté, l’individu, les droits des individus, la foi dans le progrès et la raison, favorisant le développement du commerce mais aussi et surtout du savoir, de l’éducation, de l’école et des grandes universités où étaient rassemblées et développées toutes les connaissances.


    Les raisons d'y croire

    • L’Europe chrétienne, qui explore la Terre à partir du XVIe siècle (Christophe Colomb découvre l’Amérique en 1492 ; Vasco de Gama atteint l’Inde en 1498 ; Magellan fait le tour du monde en 1522), découvre qu’elle a une immense avance technologique sur le reste du monde, et c’est ce qui va conduire à sa domination globale dans les siècles qui suivent.
    • La volonté de bâtir des églises et des cathédrales toujours plus grandioses et de favoriser les arts et la civilisation a stimulé fortement le développement des sciences et des techniques. Dès ce XVIe siècle, l’Europe dispose d’inventions que personne d’autre ne détient : moulins à eau, moulins à vent, barrages, production mécanique de papier, attelages de chevaux, harnais, fers, charrue, boussole, lunettes, loupes, cheminées, horloges, chimie, astronomie, techniques agricoles, techniques de tissage, industrie textile, industrie de la fonte (cloches, canons), maîtrise de la poudre, techniques d’architecture, peinture à huile, savoir de navigation, instruments de musique (orgue, violon, clavecin), notation musicale, etc.
    • C’est au Moyen Âge, en Europe encore, que sont créées des universités, à Bologne (1088), Paris (1150), Oxford et Cambridge (XIIe siècle), et beaucoup d’autres encore, chacune avec ses propres spécialités et domaines d’excellence, maintenant ainsi une longue histoire d’excellence académique, ainsi que des contributions importantes à la recherche et à l’éducation supérieure dans le monde.
    • La science moderne prendra son essor à partir de cette base développée dans et par le christianisme et c’est pourquoi, du Moyen Âge au XXe siècle, tous les grands scientifiques qui font progresser la science moderne sont d’origine européenne et judéo-chrétienne.
    • Le martyrologe des savants persécutés par l’Église ne comporte qu’un nom : Galilée, qui fut, en tout et pour tout, condamné à résider chez lui et à réciter les sept psaumes une fois par semaine pendant trois ans, peine dont il confia l’exécution à sa fille religieuse.
    • Jamais le christianisme n’a brûlé les bibliothèques : dans les monastères médiévaux, bien au contraire, les moines et des savants ont préservé et transmis les connaissances antiques, et développé de nouvelles idées.

    En savoir plus

    Le mythe d’une opposition de l’Église à la science a été diffusé au XIXe siècle. Deux ouvrages ont contribué à donner lieu à cette interprétation : le livre de John William Draper, History of the Conflict between Religion and Science (1874), et celui d’Andrew Dickson, White A History of the Warfare of Science with Theology in Christendom (1896). Ces livres sont apparus à la suite de la publication de Darwin en 1859 : L’Origine des espèces, et ils ont entretenu l’impression que les critiques religieux du darwinisme menaçaient la science, comme le décrit très bien Stephen Meyer dans le livre Le retour de l’Hypothèse Dieu (Guy Tredaniel, 2023), dans la nouvelle collection Dieu, la science, les preuves : « la thèse de Draper-White a été couramment utilisée dans les écrits de vulgarisation scientifique par les médias et dans des ouvrages d’histoire des sciences », si bien qu’on s’est mis à croire à l’idée d’une guerre entre la science et la religion.

    Mais il faut rectifier cette présentation erronée, comme l’a fait tout un chœur d’historiens, de philosophes et de sociologues des sciences du XXe et XXIe siècles comme Herbert Butterfield, A. C. Crombie, Michael B. Foster, Loren Eiseley, David Lindberg, Owen Gingerich, Reijer Hooykaas, Robert Merton, Pierre Duhem (auteur de La science catholique en 1906), Colin Russell, Alfred North Whitehead, Peter Hodgson, Ian Barbour, Christopher Kaiser, Holmes Rolston III, Steve Fuller, Peter Harrison et Rodney Stark (auteur de Le triomphe de la raison en 2005), pour n’en nommer que quelques-uns. Tous ces historiens notent que la croyance en un Dieu – et le christianisme en particulier – a joué un rôle décisif dans l’essor de la science moderne.

    Il faut noter en particulier le rôle important d’Étienne Tempier, évêque de Paris, qui a condamné en 1277 avec le soutien du pape Jean XXI la « théologie nécessaire » et 219 thèses distinctes influencées par la philosophie grecque sur ce que Dieu pouvait ou ne pouvait pas faire et qui avait limité la science. Avant ce décret, les théologiens et philosophes chrétiens (en particulier ceux de l’influente université de Paris) suivaient les théories cosmologiques, physiques ou biologiques d’Aristote et d’autres qui pensaient que la nature devait se conformer à des principes et des nécessités logiques, apparemment évidents. Par exemple : l’éternité de l’Univers, la perfection du ciel, les orbites forcément circulaires, l’impossibilité de créer un espace vide, d’autres systèmes planétaires ou de nouvelles espèces. La doctrine judéo-chrétienne biblique concernant la création a ainsi aidé à libérer la science occidentale d’une telle pensée « nécessaire » déductive en affirmant la contingence de la nature à la volonté d’un Dieu rationnel.

    L’une des figures les plus importantes de la révolution scientifique et le fondateur de la chimie moderne, Robert Boyle, l’avait expliqué ainsi : le travail du « philosophe de la nature » n’est pas de se demander ce que Dieu a dû faire, mais ce que Dieu a réellement fait. Par ailleurs, comme le disait le philosophe britannique Alfred North Whitehead : « Il ne peut y avoir de science vivante sans une conviction instinctive largement répandue dans l’existence d’un ordre des choses. Et, en particulier, d’un Ordre de la Nature. » Ainsi, l’hypothèse qu’un esprit rationnel doté d’un dessein avait créé l’Univers a donné naissance à deux idées, la contingence et l’intelligibilité, qui à leur tour, ont fourni un mouvement fort pour étudier la nature avec confiance, car on était persuadé qu’il était possible de la comprendre. Et c’est avec cette approche double, confiante et empirique, basée sur l’observation du monde réel et sur l’expérimentation (Grosseteste, Bacon), que la science allait véritablement décoller.

    Ian Barbour conclut que « la science, sous sa forme moderne » est apparue « dans la seule civilisation occidentale, parmi toutes les cultures du monde », parce que seul l’Occident chrétien avait les « prémisses intellectuelles nécessaires, à l’essor de ladite science » (Ayala, Darwin’s Revolution, p. 4).

    Que reste-t-il alors dans le dossier ? Au XIXe siècle, l’affaire Galilée a été montée en épingle. Certes, dans cet épisode des hommes d’Eglise ont effectivement eu des torts, comme l’a reconnu en l’an 2000 le Pape Jean-Paul II, après avoir fait analyser le dossier de manière très circonstanciée. Mais il est aussi absurde de prétendre en s’appuyant sur ce cas malheureux que l’Eglise s’oppose à la science que de dire qu’elle serait contre la sainteté parce qu’elle a brûlé Jeanne d’Arc … 

    Il serait aussi absurde d'affirmer que la République est en guerre contre la science parce que quand Antoine de Lavoisier est arrêté en novembre 1793 et condamné à mort, Jean Baptiste Coffinhal, le président du tribunal révolutionnaire, explique « la République n'a pas besoin de savants ! ». Il s'agit là aussi d'un cas isolé qui n'est pas représentatif.

    En réalité, comme le rappelle Frédéric Guillaud dans son livre Et si c’était vrai ?, page 35 :

    « Qui examine avec attention l’histoire du procès de Galilée comprendra qu’il s’agit plus d’un conflit entre le Saint-Office, la congrégation de l’Index et le pape Urbain VIII (ami de Galilée) que d’une manifestation d’on ne sait quelle hostilité millénaire de l’Église à l’égard de la science. Dès que les preuves optiques de la rotation de la Terre furent publiées par Bradley – on oublie que Galilée n’en avait pas ! – Benoît XIV donna son imprimatur, en 1748, à une édition complète de Galilée. Puisqu’on en est à lancer des noms, rappelons tout de même que Copernic était chanoine et qu’il dédia son livre au pape Paul III ; que les lois de la génétique ont été découvertes par un moine augustin, Gregor Mendel, et que la théorie du Big Bang a été élaborée par le physicien Georges Lemaître, prêtre belge de son état. Mais il faut aller plus au fond.

    Non seulement la foi catholique n’a rien de contraire à la raison, mais il faut relever un fait historique : la science moderne est née dans le monde chrétien, et nulle part ailleurs. Les civilisations raffinées n’ont pourtant pas manqué dans l’histoire : la Grèce antique, Rome, la Chine, l’Inde, les Incas, la Perse islamique – mais aucune n’inventa la science expérimentale. Or, il y a là plus qu’une simple coïncidence. Le christianisme est en effet le seul à affirmer trois choses capitales, qui constituent un cadre particulièrement propice à l’entreprise scientifique :

    1. L’Univers physique tout entier a été créé librement par un Dieu doté de « logos ».
    2. L’homme a été créé à l’image de Dieu, doté d’une intelligence capable de retrouver dans le réel les traces de l’intelligence divine.
    3. Le temporel jouit d’une certaine autonomie à l’égard du spirituel. Dans un tel cadre, il y a un sens à rechercher les lois universelles de fonctionnement de la nature, et l’entreprise consistant à le faire n’est pas empêchée par le pouvoir spirituel, puisqu’elle aboutit à glorifier la sagesse du Créateur.

    Il en allait bien différemment dans les autres systèmes du monde.

    Pour les hindous et les bouddhistes, le monde n’est qu’une vaste illusion sans consistance, ce qui décourage toute entreprise scientifique ; pour les animistes, il est « plein de dieux » qui expliquent les événements, ce qui empêche toute recherche de lois régulières ; pour les Grecs, il y a une séparation radicale entre le monde sublunaire et le monde supralunaire, ce qui cantonne la science à la réalisation de relevés astronomiques, le monde terrestre étant d’emblée pensé comme trop désordonné pour que les mathématiques puissent s’y appliquer. Enfin, pour l’islam, le monde physique n’est pas conçu comme réglé par des lois, mais comme soumis à chaque instant à la volonté arbitraire d’Allah. À quoi s’ajoute la dévalorisation des activités temporelles. Autant dire que, sans le savoir, les scientifiques les plus anticléricaux ont bénéficié du terreau chrétien ! »

    À noter qu’on adjoint parfois Giordano Bruno (1548 – 1600) au cas de Galilée, mais à tort, car ce dernier ne fut pas condamné pour ses quelques travaux scientifiques mais pour athéisme, magie et occultisme. Dieu n’était pour lui que l’esprit de l’univers (panthéisme), et il affirmait la réincarnation et le salut final pour Satan (apocatastase) ; pour lui, Jésus-Christ n’était qu’un mage habile ; il niait la Sainte Trinité, rejetait la bienheureuse Vierge Marie, affirmait que toutes les religions étaient bonnes et se valaient, et pratiquait la magie. Zoolâtre, il prônait aussi, pour cette raison, le végétarisme. Sans bien évidemment légitimer la condamnation au bûcher, qui faisait malheureusement partie des mœurs de l’époque partout dans le monde, on doit insister sur le fait que Giordano Bruno n’est pas du tout un martyr de la science et il n’a pas été condamné pour avoir affirmé « la pluralité des mondes habités ».


    Au delà

    La science et ses extraordinaires avancées permettent de s’émerveiller encore davantage et plus que jamais de cet univers fantastique que Dieu a créé.


    Aller plus loin

    Rodney Stark, Le Triomphe de la raison, Presses de la Renaissance, Paris, 2005.

  • Réflexion sur l'Islam en Europe : la précieuse "Petite Feuille Verte"

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    PFV n°109 : L’ÉMERGENCE D’UN ISLAM EUROPÉEN : MYTHE OU RÉALITÉ ?

    PFV n°110 : ISLAM EN EUROPE : ENTRE INFLUENCES EXTÉRIEURES ET RÉALITÉS EUROPÉENNES

    PFV n°111 :LES RENONCEMENTS ATTENDUS DES MUSULMANS POUR UN ISLAM EUROPÉEN

    Nous verrons ainsi les perspectives ouvertes par le programme des nouveaux dirigeants bien que la résistance du Hezbollah à rendre ses armes pose problème, tant sur le plan interne qu’externe.

    PFV n°112 : L’IDÉOLOGIE AU SERVICE D’UN ISLAM EUROPÉEN

    Nous verrons ainsi comment la distinction entre islam et islamisme s’est construite au fil du temps et pourquoi plusieurs auteurs considèrent l’islamisme comme une expression politique et intégrale de l’islam.

  • Brève histoire de la messe dans le rite romain (Uwe Michael Lang) — partie XIV : le bas Moyen-Age: décadence et déclin ?

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    Du site "Esprit de la liturgie" :

    Une brève histoire de la messe dans le rite romain (Uwe Michael Lang) — partie XIV : le bas Moyen-Age: décadence et déclin ?

    Suite de la série d’articles du père Uwe Michael Lang, C.O., tiré cette fois-ci de la traduction de l’abbé Jean-Pierre Herman aux éditions Desclée de Brouwer, avec son aimable autorisation.


    Les manuels d’histoire de la liturgie ont souvent tendance à considérer la fin du Moyen Âge comme un temps de déclin. La messe, dit-on, s’était transformée en un exercice presque exclusivement clérical d’un système rituel envahissant dans une langue incompréhensible. En conséquence, la participation des laïcs a largement disparu, y compris la réception de la sainte communion. Les fidèles préféraient leurs dévotions privées1. Cette lecture s’inscrit dans le contexte général d’une Église en crise qui a presque inévitablement conduit à la Réforme protestante du XVIᵉ siècle. Au cours des dernières décennies, cependant, les historiens ont offert de nouvelles perspectives sur le christianisme de la fin du Moyen Âge et ont souligné que déclin et vitalité existaient côte à côte. Dans le domaine de la recherche liturgique, l’accent traditionnel mis sur les textes est aujourd’hui enrichi par des études pluridisciplinaires du culte dans le Moyen Âge tardif dans une perspective musicale, artistique, littéraire, sociale et religieuse plus générale.

    La participation du peuple

    L’usage du latin comme langue sacrée a certainement éloigné la liturgie de la grande majorité des fidèles laïcs, mais il n’a pas dressé une barrière infranchissable à la participation populaire, comme on le suppose souvent. Dans les pays de langue romane, où la langue vernaculaire s’est développée à partir du latin, il existait au moins une compréhension de base du sens des textes liturgiques2. En outre, la prière des fidèles en langue vernaculaire lors de la principale messe dominicale dans l’église paroissiale offrait aux laïcs une forme d’implication correspondant à leurs besoins spirituels et temporels. Le plus ancien exemple connu de ces bidding prayers en Angleterre précède la conquête normande et a été daté du début du XIᵉ siècle. Dans d’autres pays également, la prière des fidèles se faisait en langue locale, catalan, basque, breton, ainsi que dans les dialectes occitans et allemands3. Ce rite vernaculaire était inséré à un moment donné pendant l’offertoire, généralement après l’encensement des oblats et de l’autel et avant le lavement des mains du prêtre (lavabo).

    La participation liturgique ne peut être réduite à la compréhension des textes, et Frank Senn a proposé une conception plus large qui inclut « d’autres “vernaculaires” que la langue, dont les bâtiments d’église eux-mêmes et l’art liturgique qui les décorait ne sont pas les moindres4 ». Dans une perspective similaire, Éric Palazzo a exploré les dimensions sensorielles de la liturgie : la stimulation de la vue, de l’ouïe, de l’odorat, du toucher et du goût, qui faisaient de la participation à la messe une expérience synesthésique5. Ainsi les fidèles étaient en mesure de participer à la messe de diverses manières qui ne sont pas faciles à saisir pour nous, précisément parce qu’elles n’étaient pas écrites. Paul S. Barnwell parle de « la nature méditative et affective d’une grande partie de la dévotion laïque de l’époque6 ». Les dimensions sensorielles de la liturgie du haut Moyen Âge offraient des stimuli importants pour une telle méditation.

    Les fidèles qui assistaient à la messe chaque semaine (et beaucoup d’entre eux quotidiennement) étaient familiers avec les chants habituels de l’ordinaire de la messe. Il est intéressant de noter que les laïcs trouvaient la messe paroissiale célébrée au maître-autel moins accessible, car ils se trouvaient à une distance physique considérable du prêtre et leur vue était limitée non seulement par le jubé, mais aussi par les servants et les chanteurs dans le chœur. Les messes « privées » à l’autel latéral offraient aux fidèles un moyen plus direct de s’engager dans l’action liturgique, à la fois visuellement et auditivement, ce qui a contribué à leur popularité. Les représentations de la messe gravées sur bois dans la littérature morale et dévotionnelle de l’époque montrent des hommes et des femmes laïcs à proximité du prêtre à l’autel latéral d’une église7.

    Les « vernaculaires » autres que la langue, évoqués par Senn, parlaient de manière éloquente aux adorateurs à la fois en tant qu’individus privés et – dans une juxtaposition typique de la pratique religieuse de la fin du Moyen Âge – en tant que corps. L’historien John Bossy écrit que la messe était une « institution sociale8 » et créait un lien qui ne s’exprimait pas seulement verbalement par la prière les uns pour les autres, mais devenait tangible dans deux rites particuliers : dans le don de la paix par le baiser et le passage de la tablette connue sous le nom de paxpax-brede ou pacificale, et dans la distribution du pain béni après la messe. Ces deux rites peuvent être compris comme des substituts de la communion sacramentelle, qui, pour la plupart des laïcs, ne dépassait pas la réception annuelle à Pâques prescrite par le quatrième concile du Latran (1215), mais exprimaient en même temps le pouvoir de construction communautaire de la liturgie.

    La prédication à la messe

    Il existe peu de témoignages de la période post-carolingienne concernant la prédication dans un contexte liturgique. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y avait pas de proclamation de l’Évangile et de transmission de la foi : l’enseignement chrétien était ancré dans une culture largement orale et n’était pas considéré comme partie intégrante du culte public de l’Église, qui reposait sur un texte écrit9. À partir du XIIᵉ siècle, cependant, la prédication prend une importance croissante dans les sources liturgiques et canoniques. Alors que les sermons pouvaient être donnés en diverses occasions, parfois extra-liturgiques, ils acquièrent une place stable dans les célébrations pontificales. L’Ordo de la messe pontificale établi par Grégoire X (1271-1276) comprend un sermon du pape après l’Évangile, en partie en latin et en partie en langue vernaculaire, suivi d’une confession générale, de l’absolution (non sacramentelle) et d’une bénédiction10. Dans le pontifical de Guillaume Durand, écrit entre 1292 et 1295, la prédication de l’évêque est particulièrement associée à un tel rite pénitentiel, auquel sont attachées des indulgences11. Cette pratique fut bientôt adoptée dans la messe célébrée par un prêtre.

    Dans toute l’Europe, on attendait des curés qu’ils prêchent le dimanche et les jours de fête importants12. Tous n’étaient peut-être pas suffisamment formés pour le faire et tous n’ont peut-être pas rempli leur devoir consciencieusement, mais, en général, la prédication était populaire parmi les fidèles. Au nord des Alpes, des postes ont été créés pour que les prêtres séculiers puissent exercer des missions de prédication (Prädikatur) à partir de la fin du XIVᵉ siècle et surtout dans la seconde moitié du XVᵉ siècle. L’importance d’une prédication régulière sera soulignée et encouragée par le mouvement de réforme qui suivra le concile de Trente.

    En fait, la pratique liturgique à la fin du Moyen Âge offre un tableau complexe, mais tout n’est pas que décadence et déclin. Le système sacramentel de l’Église a remarquablement résisté et était profondément enraciné dans le cycle de vie communautaire.


    Pour les volets précédents de la série « Une brève histoire de la messe dans le rite romain » du Père Lang, voir:

    • Partie I: Introduction: La dernière Cène et l’Eucharistie
    • Partie II: Questions dans la quête des origines de l’Eucharistie
    • Partie III: Le troisième siècle, entre croissance paisible et persécution
    • Partie IV: Les premières prières eucharistiques, improvisation orale et langage sacré
    • Partie V: Après la paix de l’Église, la liturgie dans un empire chrétien
    • Partie VI: La période de formation de la liturgie latine
    • Partie VII: La liturgie stationale papale
    • Partie VIII: La codification des livres liturgiques
    • Partie IX : L’adoption et l’adaptation du rite romain par les Francs
    • Partie X : La vie monastique et le patronage impérial
    • Partie XI : La réforme papale et l’unification liturgique
    • Partie XII : L’impact des Franciscains sur la liturgie romaine.
    • Partie XIII : La dévotion eucharistique dans le haut Moyen-Age.

    Image Credit: AB/iStockPhoto, ZU_09


    Notes de bas de page :

    1. Cf., par exemple, l’appréciation dévastatrice d’A.J. Chupungco,
      History of the Roman Liturgy until the Fifteenth Century, Handbook
      for Liturgical Studies, Vol. I: Introduction to the Liturgy, éd. A.J.
      Chupungco, Liturgical Press, Collegeville, MN, 1997, p. 131-152,
      à la p. 150. 
    2. Cf. Augustine Thompson, Cities of God : The Religion of the Italian
      Communes 1125-1325, The Pennsylvania State University Press, University Park, PA, 2005, p. 239-241. 
    3. Jean-Baptiste Molin a publié des recueils de formules médiévales
      dans diverses langues européennes dans « L’oratio communis fidelium au
      Moyen Âge en Occident du Xe
      au XVe siècle », Miscellanea liturgica in onore di Sua Eminenza il Cardinale Giacomo Lercaro, 2 vol., Desclée,
      Rome, 1966-1967, vol. II, p. 315-468, et « Quelques textes médiévaux de la prière universelle », Traditio et Progressio. Studi liturgici in onore del Prof. A. Nocent, OSB, Studia Anselmiana 95, Analecta liturgica 12, Pontificio Ateneo, Rome, S. Anselmo, 1988, p. 338-358. 
    4. Frank C. Senn, The People’s Work : A social history of the Liturgy, Fortress Press, Minneapolis, 2006, p. 145. 
    5. Cf. Éric Palazzo, « Art, Liturgy and the Five Senses in the Early
      Middle Ages », Viator 41 (2010), p. 25-56. 
    6. Paul S. Barnwell, « How to Do Without Rubrics: Experiments in
      Reconstructing Medieval Lay Experience », Late Medieval Liturgies Enacted : The Experience of Worship in Cathedral and Parish Church, éd. Sally
      Harper, Paul S. Barnwell et Magnus Williamson Routledge, Londres et
      New York, 2016, p. 235-254, p. 238. 
    7. Cf. Gabriela Signori, Räume, Gesten, Andachtsformen: Geschlecht,
      Konflikt und religiöse Kultur im europäischen Mittelalter, Jan Thorbecke
      Verlag, Ostfildern, 2005, p. 43 et 70. 
    8. John Bossy, « The Mass as a Social Institution, 1200-1700 », Past &
      Present, no
      100 (août 1983), p. 29-61 ; cf. Augustine Thompson, Cities
      of God, op. cit., p. 235-271 (« The City Worships »), et Eamon Duffy,
      The Stripping of the Altars: Traditional Religion in England 1400-1570,
      2e
      éd., Yale University Press, New Haven et Londres, 2005, p. 91-130
      (« The Mass »). 
    9. Cf. R. Emmet McLaughlin, « The Word Eclipsed? Preaching in the
      Early Middle Ages », Traditio 46 (1991), p. 77-122. 
    10. Ordinal of Gregory X (c. 1274), dans The Ordinal of the Papal Court
      from Innocent III to Boniface VIII and Related Documents, éd. Stephen J.
      P. van Dijk et Joan Hazelden Walker, Spicilegium Friburgense 22, The
      University Press, Fribourg Suisse, 1975, 586. 
    11. Guillaume Durand, Pontificale, III, 18,34; éd. Michel Andrieu, Le
      pontifical romain au Moyen-Âge, vol. 3, Studi e testi 88, Biblioteca Apostolica Vaticana, Cité du Vatican, 1940, p. 639. ↩︎
    12. Cf. Augustine Thompson, Cities of God, op. cit., p. 251 et p. 335-337,
      pour l’Italie du Nord; R. Emmet McLaughlin, « The Word Eclipsed? »,
      op. cit., p. 77, pour l’Allemagne; Duffy, The Stripping of the Altars, op. cit.,
      p. 57-58, pour l’Angleterre. 
  • « Couvrez ce sein que je ne saurais voir » ? Réflexions sur l’image du corps et de la sexualité (Claude Callens)

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    « Couvrez ce sein que je ne saurais voir »

    ?

    Réflexions sur l’image du corps et de la sexualité

    par Claude Callens

    2025

    Le corps est, non pas pour la débauche, mais pour le Seigneur Jésus, et le Seigneur est pour le corps ; et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi. Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ. Vais-je donc prendre les membres du Christ pour en faire les membres d’une femme de débauche ? Absolument pas. Ne le savez-vous pas ? Quand on s’unit à la débauchée, cela ne fait qu’un seul corps. Car il est dit : Tous deux ne feront plus qu’un. Quand on s’unit au Seigneur, cela ne fait qu’un seul esprit. Fuyez la débauche. Tous les péchés que l’homme peut commettre sont extérieurs à son corps ; mais la débauche est un péché contre le corps lui-même. Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple de l’Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur a payé le prix de votre rachat. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.

    — 1 Co 6, 13-20

    …​une société pour qui rien n’est sacré part à la dérive…​

    — Nancy Huston
    Mosaïque de la pornographie, Petite bibliothèque Payot/ Rivages, 2007, p. 272
  • Le saint nom de Marie

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    34906144.jpgl'Evangile au quotidien.org

            La fête du saint Nom de Marie fut établie par le pape Innocent XI, l'an 1683, en souvenir d'une mémorable victoire remportée par les chrétiens sur les turcs, avec la protection visible de la Reine du Ciel. Cent cinquante mille turcs s'étaient avancés jusque sous les murs de Vienne et menaçaient l'Europe entière. Sobieski, roi de Pologne, vint au secours de la ville assiégée dans le temps de l'octave de la nativité de la Sainte Vierge, et se disposa à livrer une bataille générale. Ce religieux prince commença par faire célébrer la messe, qu'il voulut servir lui-même, ayant les bras en croix. Après y avoir communié avec ferveur, il se leva à la fin du sacrifice et s'écria : « Marchons avec confiance sous la protection du ciel et avec l'assistance de la très sainte Vierge. » Son espoir ne fut pas trompé : les turcs, frappés d'une terreur panique, prirent la fuite en désordre. C'est depuis cette époque mémorable que la fête du saint Nom de Marie se célèbre dans l'octave de sa nativité.

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  • Le Saint Nom de Marie (12 septembre)

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    17thcentury163-1683-austria-siege-of-vienna-03.jpg

    De missel.free.fr :

    La fête du Saint Nom de Marie, disparue aujourd'hui du calendrier liturgique, venait de la ville de Cuenca, en Espagne (Nouvelle-Castille), à qui elle fut concédée en 1513, sous le rite double. Un temps abrogée par saint Pie V (1570), la fête du Saint Nom de Marie fut rétablie par Sixte V (1585-1590) et assignée au 17 septembre. Réservée à Cuenca, au diocèse de Tolède, puis à toute l'Espagne, la fête du Saint Nom de Marie fut ensuite permise par Clément X au royaume de Naples (1671) ; le diocèse de Milan la célébra le 11 septembre et d'autres le 22 septembre. La fête du Saint Nom de Marie ne fut instituée à Rome qu'en 1683, par Innocent XI, en action de grâce pour la délivrance de Vienne assiégée par les Turcs (12 septembre 1683).

    Tandis que la Hongrie se révoltait contre les Habsbourgs, les trois cent mille hommes des armées turques conduites par le grand vizir de Mehmed IV, Kara Mustapha Pacha, et guidées par le comte hongrois et protestant Tököly, bloquaient Vienne depuis le 14 juillet 1683. L'empereur Léopold I° (1640-1705) et son beau-frère, Charles de Lorraine, avaient déserté la ville où treize mille hommes attendaient sous le commandement du comte de Sarhenberg. Innocent XI qui eût voulu former une ligue catholique contre les Turcs, ne put compter que sur l'alliance de Jean III Sobieski  (1624-1696), roi de Pologne depuis 1674, que l'on joignit lors d'un pèlerinage à Chestokowa dont il partit le 15 août. Le dimanche 12 septembre 1683, Jean Sobieski servit la messe, communia, arma son fils chevalier et prit le commandement de l'armée catholique où, en plus de ses troupes polonaises, il y avait celles du duc de Lorraine et du prince de Waldeck ; « Aujourd'hui, s'écria-t-il, il y va tout ensemble de la délivrance de Vienne, de la conservation de la Pologne et du salut de la chrétienté entière ! » Puis, il se mit à la tête des coalisés et chargea en criant : « Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam ! » Les Ottomans furent battus à Kahlenberg et, dans Vienne délivrée, Jean Sobieski vint se prosterner avec ses généraux devant la statue de Notre-Dame de Lorette vénérée dans l'église des Augustins où l'on chanta un Te Deum ; ce jour-là, on avait fait à Rome une grande procession suivie, malgré sa goutte,  par la pape ; le 24 septembre, le cardinal-vicaire prescrit des sonneries de cloches et des prières d'action de grâces et, le 25 novembre, un décret établissait la fête du Saint Nom de Marie et l'assignait au dimanche dans l'octave de la Nativité de la Bienheureuse Vierge.

    Innocent XIII étendit la fête du Saint Nom de Marie à l'Eglise universelle en 1721. La fête du Saint Nom de Marie fut placée au 12 septembre par Pie X lors de la grande réforme du  Bréviaire romain[1]. La fête du Saint Nom de Marie a disparu lors de la réforme du calendrier par Paul VI (1969), mais lui a laissé une messe votive ce qu'a ratifié Jean-Paul II dans Les messes en l'honneur de la Vierge Marie, publié à Rome le 15 août 1986, où la vingt-et-unième messe est en l'honneur du saint Nom de Marie.


    [1] Pie X : constitution apostolique « Divino afflatu », 1° novembre 1911.

  • Comment la doctrine catholique peut être efficacement affaiblie sans qu’une seule vérité soit ouvertement niée

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    Le point de départ

    J'aborde avec rigueur une question qui touche de près à la transmission de la foi. Je ne rédige pas un pamphlet et ne porte aucune accusation contre des individus : je reconstitue patiemment une figure récurrente, que je nomme une loi sans règles , et que j'entends présenter, textes et dates à l'appui, afin de démontrer comment la doctrine catholique peut être efficacement affaiblie sans qu'une seule vérité soit ouvertement niée.

    Dans ce premier volet, j'expose les fondements de mon argumentation et la clé de sa compréhension : la perspective initiale, la définition de la foi sur laquelle repose l'ensemble, l'image de la loi préservée et de la réglementation tacite, et sa réapparition identique à cinq niveaux doctrinaux différents. Dans le deuxième volet, j'approfondirai la racine sotériologique et la crise actuelle ; dans le troisième, je montrerai où tout cela nous mène et pourquoi, sur le plan humain, la voie de sortie se révèle être une impasse, la seule clé qui nous échappe.

    Le regard du père

    Il me semble opportun de préciser d'emblée par où je commence, car le point d'observation est aussi important que les choses observées. Je ne suis ni canoniste ni historien : je suis un père, investi du devoir d'État de transmettre la foi catholique à mes trois filles. [1] C'est un titre qui, dans les débats savants, pèse moins qu'une chaire, mais qui, dans l'Église, prime, non par modestie, mais par nécessité. La loi et la doctrine, avec tout leur édifice de distinctions, existent en définitive pour rendre possible une chose très simple : qu'un père puisse transmettre à ses enfants la foi qu'il a lui-même reçue, intégralement, par le chemin commun, sans avoir à devenir ni théologien ni héros. Lorsque cette possibilité est compromise, ce n'est pas un détail marginal qui est ruiné : c'est le but même pour lequel tout l'appareil a été construit qui est touché.

    L'avantage de cette perspective réside dans son humilité. Ceux qui observent du haut de leur expertise possèdent les outils pour réparer eux-mêmes chaque déchirure et, de ce fait, sans s'en rendre compte, ne la perçoivent plus comme une déchirure. Ceux qui observent d'en bas, n'ayant pour seul outil que la transmission, perçoivent la déchirure dans son intégralité, car ils n'ont rien pour la réparer. C'est la même raison pour laquelle une fissure dans un mur est d'abord remarquée par le locataire qui y habite, et non par l'architecte de passage.

    Le chemin par lequel un enfant apprend la foi porte un nom précis et se compose de trois éléments ordinaires : un catéchisme clair, qui dit la vérité sans ambiguïté ; une messe qui exprime la foi, de sorte que par la prière on apprend à croire ; un enseignement qui distingue clairement le vrai du faux, le licite de l’illicite. L’enfant est formé sur ce fondement commun, car il n’a rien d’autre. Il n’a ni bibliothèques à consulter, ni le souvenir d’une époque plus faste auquel se référer : il reçoit ce que le présent lui offre, et rien de plus. Telle est la condition normale de l’enfance, et l’Église l’a toujours su ; c’est pourquoi, à travers les siècles, elle a soigneusement élaboré les instruments mêmes destinés aux simples et aux enfants, mettant entre les mains de chacun des formules sûres, brèves et éprouvées. [2] Cette clarté n’était pas une pauvreté de pensée, mais une charité envers les faibles.

    Nous abordons ici la différence fondamentale. [3] Un adulte averti, confronté à un texte ambigu, sait comment s'y prendre : il perçoit ce qui est sous-entendu, reconstruit lui-même la frontière manquante et poursuit sa lecture sans encombre. L'enfant, lui, n'a rien de tout cela : il reçoit ce qui lui est donné, et si ce qui lui est donné est ambigu, il accepte l'ambiguïté sans même s'en rendre compte. Cela crée une épreuve qui vaut bien plus que n'importe quelle dispute entre adultes. Les érudits peuvent débattre indéfiniment de la validité d'une formule tant qu'elle est lue avec la prudence requise ; mais l'enfant n'a pas cette prudence et recevra la formule telle quelle. La question pertinente n'est donc pas de savoir ce qu'un texte permet à quelqu'un qui sait déjà de penser, mais ce qu'il transmet réellement à celui qui ne sait encore rien. Nul besoin d'erreur explicite pour que le mal survienne : il suffit qu'une vérité soit sous-entendue ou voilée. Pour l'apprenant, le silence n'est pas une nuance manquante : c'est une part de vérité qui n'est pas encore révélée.

    « Mais beaucoup gardent la foi »

    C’est là que se pose l’objection la plus sérieuse, et il faut y répondre avec la plus grande fermeté. Malgré tout, d’innombrables prêtres et fidèles laïcs, plongés dans les mêmes conditions, conservent aujourd’hui la foi tout entière, demeurant pleinement unis à l’Église. Si les ressources ordinaires étaient véritablement épuisées, comment expliquer la survie si répandue de la foi ?

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  • Qu’est-ce que la tradition intellectuelle catholique ?

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    Du Dr. R. Jared Staudt sur le CWR :

    Qu’est-ce que la tradition intellectuelle catholique ?

    Voici quatre aspects de la tradition intellectuelle catholique qui reflètent la manière dont elle s’est développée au fil de l’histoire.

    10 septembre 2026

    « Pourriez-vous m’expliquer ce que signifie la tradition intellectuelle catholique ? »

    Cette question simple, posée par un surintendant, reflète le renouveau qui se produit actuellement à travers le pays. Nous avons enfin compris que l’éducation catholique ne peut pas se contenter de suivre les tendances du moment. Même si nous pouvons tirer profit des méthodes contemporaines, nous nous inscrivons dans une tradition inégalée qui remonte à plusieurs milliers d’années. La sagesse transmise de génération en génération est plus pertinente que jamais face aux nouveaux défis qui se présentent à nous.

    Comment saurons-nous quoi faire des nouvelles technologies si nous ne comprenons pas ce que signifie être un être humain et en quoi consiste l’épanouissement humain ? Sans un ancrage intellectuel solide, nous serons simplement emportés par le courant.

    Pour répondre à cette question qui m’a été posée, il faut d’abord réaffirmer que le mot « intellectuel » n’est pas un mot négatif (comme s’il pouvait être relégué au rang de quelque chose d’académique et d’obscur). L’intellect est ce qui nous rend humains : il nous donne la capacité de comprendre la nature des choses et de raisonner au-delà des sensations immédiates. Comme toute autre dimension de notre être, l’intellect a besoin d’être cultivé. Nous pouvons élargir notre esprit en nous confrontant aux idées nobles et difficiles que renferment les grandes œuvres de la culture humaine, ou bien rester dans les formules faciles, simplistes et superficielles qui laissent notre esprit informe.

    Il est trop facile de rejeter les textes anciens et difficiles comme hors de propos dans un monde utilitariste, mais ce serait manquer le cœur même de l’éducation : la formation de la personne.

    Voici quatre aspects de la tradition intellectuelle catholique qui reflètent la manière dont elle s’est développée au fil de l’histoire.

    Premièrement, elle est fondée sur la foi, reçue de la révélation de Dieu ; deuxièmement, elle s’appuie sur la raison en intégrant la tradition philosophique des Grecs ; troisièmement, elle s’étend à l’imagination, exprimant la foi et explorant la vie à travers la littérature et les arts ; quatrièmement, elle embrasse la totalité du réel, formant une vision du monde qui s’appuie également sur les mathématiques et les sciences pour constituer une conception cohérente de la vie humaine.

    La Bible se trouve au fondement de la vie intellectuelle catholique. Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance et nous attire en communion avec lui en nous parlant. Sa révélation doit être reçue et comprise : elle nous enseigne la vérité ultime sur la vie humaine. C’est pourquoi la Bible a toujours stimulé l’alphabétisation, nécessaire pour accueillir le message de Dieu et en explorer les profondeurs. Elle offre un récit qui nous situe dans l’histoire du salut et nous enseigne une manière de vivre ancrée dans la sagesse divine.

    Rien n’a plus de pouvoir pour former l’esprit que la Parole de Dieu, car elle nous introduit dans une relation vivante avec Dieu, qui conforme notre esprit au sien. Les élèves des écoles catholiques doivent posséder une culture biblique : savoir y accéder, connaître l’ossature générale de son récit, et comprendre les manières distinctes dont elle communique à travers ses différents genres.

    La Parole de Dieu n’est pas seulement écrite. Elle s’est faite chair dans un contexte culturel précis, marqué par la Pax Romana et la pensée philosophique grecque. L’harmonie de la foi et de la raison constitue un pilier inébranlable de la tradition intellectuelle catholique. Même dans la compréhension de la révélation divine, la philosophie grecque a fourni une méthodologie inestimable. Les Grecs ont appris aux premiers chrétiens à penser logiquement, à contempler l’intelligibilité de l’univers et à comprendre comment les vertus conduisent à l’épanouissement humain, d’une manière qui complétait la Bible. Aujourd’hui, nous avons un besoin urgent de cet élément de la tradition intellectuelle pour nous aider à contempler à nouveau plus profondément la vérité du réel, en portant attention à la nature de la personne humaine et à ce que signifie mener une vie bonne.

    Les éducateurs savent que la simple lecture de la Bible et la contemplation de la vérité ne marquent souvent pas durablement les élèves. C’est pourquoi l’engagement de l’imagination est également une composante essentielle de la tradition intellectuelle : elle utilise la beauté pour attirer l’esprit vers le vrai et le bien. L’imagination synthétise les diverses connaissances acquises avec l’expérience humaine pour former de nouvelles idées et rechercher le sens.

    La littérature et les récits ont souvent un impact plus fort sur les élèves : ils touchent leur cœur et éveillent en eux le désir d’apprendre. Les arts contribuent à former une imagination sacramentelle qui perçoit un sens plus profond derrière toutes les réalités du monde. L’Église a façonné la plus grande tradition artistique de l’histoire humaine, et nos élèves doivent absolument être formés par ce trésor comme partie essentielle de leur formation.

    À l’opposé de cette synthèse imaginative, le sécularisme cherche à tenir la foi à l’écart de la science, du droit et de l’économie, la réduisant à une opinion subjective. La dernière étape de la formation dans la tradition intellectuelle catholique consiste donc à forger une vision du monde entière en reliant la foi et la raison à l’ensemble du savoir et de la vie humaine. L’Église affirme avec hardiesse que la foi et la raison, y compris la science, ne peuvent se contredire. L’intellect formé par l’Écriture, la raison et les arts peut s’étendre hardiment à tout aspect de la vie humaine, en y apportant la sagesse de la grande tradition. Newman affirmait le « principe selon lequel tout savoir forme un tout et que les sciences particulières en sont les parties », et cette unité doit être retrouvée comme élément d’une formation intellectuelle cohérente.

    La tradition intellectuelle catholique existe comme une grande conversation qui se poursuit sans interruption depuis deux mille ans. Notre rôle est de la faire vivre, d’y entrer nous-mêmes et d’y introduire nos enfants. C’est une conversation qui continue de se déployer à travers le monde et qui ne cesse d’engager de nouvelles idées et de nouveaux défis. Nous pouvons tous être enrichis en entrant dans ce que Matthew Arnold appelait « le meilleur de ce qui a été pensé et dit », afin de connaître plus profondément la vérité, cette vérité qui nous rendra libres (Jean 8, 32).

     

    R. Jared Staudt, docteur en philosophie, est directeur de contenu pour Exodus 90 et enseignant à la section laïque du séminaire Saint-Jean-Vianney. Il est l'auteur de * Words Made Flesh: The Sacramental Mission of Catholic Education* (CUA Press, 2024), * How the Eucharist Can Save Civilization * (TAN), * Restoring Humanity: Essays on the Evangelization of Culture* (Divine Providence Press) et *The Beer Option* (Angelico Press), et directeur de publication de *Renewing Catholic Schools: How to Regain a Catholic Vision in a Secular Age* (Catholic Education Press). Marié à Anne, il est père de six enfants et oblat bénédictin.

  • 11 septembre, 25 ans plus tard: une Amérique méconnaissable

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    De Stefano Magni sur la NBQ :

    Le 11 septembre, 25 ans plus tard, l'Amérique ne se reconnaît plus.

    Vingt-cinq ans après le 11 septembre, les talibans sont de retour au pouvoir en Afghanistan, et New York a un maire musulman, fils d'un professeur marxiste qui a justifié les actes terroristes. Pendant ce temps, le héros Giuliani est en disgrâce. Un problème de mémoire, autant que d'identité.
    11/09/2026
    New York, en mémoire du 11 septembre (La Presse)

    Vingt-cinq ans après les attentats d'Al-Qaïda à New York et Washington le 11 septembre 2001, la réalité a dépassé les pires prédictions. Quatre avions de ligne ont été détournés et transformés en projectiles, et près de 3 000 vies ont été fauchées en une seule matinée. Ce fut un massacre-suicide de masse aux proportions apocalyptiques. Dès lors, les États-Unis et le monde n'ont plus jamais été les mêmes.

    Mais aujourd'hui ? Surtout en Afghanistan, où les talibans sont de retour au pouvoir, comme si le 11 septembre, la guerre et la présence de l'OTAN dans ce pays asiatique n'avaient jamais existé. À New York, en revanche, le maire autrefois héroïque, Rudolph Giuliani, est tombé en disgrâce, tant politiquement que professionnellement. D'après ses déclarations d'hier, il ne sera même pas présent à la cérémonie commémorative. Le maire actuel, Zohran Mamdani, musulman et figure de l'extrême gauche, est le premier à avoir ouvert l'hôtel de ville à une cérémonie religieuse (islamique, le dîner de fin du Ramadan) et il bénéficie du soutien des communautés les plus radicalisées.

    Si en Afghanistan c'est une tragédie, à New York c'est une farce . Une farce douloureuse, certes. Que s'est-il passé durant ces vingt-cinq années ? Le livre « De Giuliani à Mamdani », coécrit par les journalistes Maria Teresa Cometto et Glauco Maggi, qui se trouvaient à Manhattan au moment des attentats, près des Tours Jumelles, évoque l'atmosphère d'unité et de solidarité nationale qui a marqué les instants et les jours qui ont suivi l'effondrement des tours. Ce couple de journalistes, l'un travaillant pour le Corriere della Sera et l'autre pour La Stampa , a dû quitter la maison où il vivait depuis un an et a été accueilli par un collègue du quartier voisin de Greenwich Village. Ils ont été hébergés, nourris, vêtus et réconfortés. L'école de leur fille, elle aussi évacuée, a été entièrement rattachée à un autre établissement public. Les élèves, tous traumatisés, ont été accueillis comme des membres de la famille.

    L'administration a fonctionné avec ponctualité et courtoisie. Les deux journalistes ont immédiatement reçu la visite d'un représentant de la FEMA, l'équivalent américain de la Protection civile. Quelques mois plus tard, ils ont reçu trois chèques couvrant les frais du déménagement et les désagréments occasionnés. Un questionnaire leur demandait également si l'employé avait été suffisamment aimable et ponctuel. Ils ont aussi reçu une aide supplémentaire de la Croix-Rouge, dans le seul but de leur dire : « L'Amérique vous aime. »

    À l'époque, New York était remplie de volontaires venus de tous les États-Unis. Ni républicains ni démocrates, ni Américains des côtes ni de l'intérieur, du Sud ni du Nord, tous étaient unis pour répondre à une attaque extérieure. Alors même qu'ils respiraient le nuage toxique qui s'était élevé à la place des immeubles effondrés, des milliers de volontaires s'activaient pour sécuriser Ground Zero, le site de l'effondrement, rétablir tous les services essentiels, puis reconstruire. Giuliani, maire à la fin de son second mandat, surnommé le « maire de la tolérance zéro » pour avoir rétabli l'ordre dans la ville, est devenu un héros national. Malgré des problèmes de santé (il souffre encore de problèmes pulmonaires), il n'a jamais quitté Ground Zero , a coordonné l'aide fédérale, dirigé les travaux, est resté proche des survivants et a insufflé du courage aux secouristes. Le magazine Time lui a consacré sa couverture, le désignant Homme de l'année, le « Maire du monde ».

    Il est choquant de constater à quel point les perceptions ont changé. L'image de Giuliani a été complètement anéantie depuis qu'il est devenu l'avocat de Donald Trump. Il a perdu les procès pour fraude électorale de 2020 et a été ruiné par les frais d'avocat et les poursuites judiciaires. En 2023, il a déclaré faillite personnelle. À la veille du 11 septembre, il a mis en garde, dans les colonnes de Newsmax, contre les dangers de la nouvelle classe dirigeante de gauche, islamo-communiste, notamment son successeur, Mamdani. Aucun grand média ne se souvient de l'avoir élu Homme de l'année en 2001 ; aujourd'hui, il est simplement considéré comme un « vieux complotiste », à ne pas prendre au sérieux.

    Mamdani, cependant, a décidé d'exploiter l'anniversaire du 11 septembre pour accuser une fois de plus Giuliani et la classe dirigeante républicaine de New York : ils auraient eu connaissance des émanations toxiques provenant de Ground Zero et auraient omis d'avertir les secouristes et la population. Cette accusation, fondée sur des dizaines de milliers de cas de cancers et de maladies chroniques, est utilisée comme un instrument de vengeance pour détourner l'attention vers un ennemi intérieur, comme pour masquer les véritables responsables de cette catastrophe.

    Ce que nous voyons aujourd'hui, c'est un New York divisé, dirigé par une élite étrangère à son histoire. Zohran Mamdani, né à Kampala et Américain d'adoption, avait neuf ans en 2001. Il est le fils d'un professeur ougandais de l'Université Columbia qui, à l'époque, justifiait ou relativisait le terrorisme islamique lorsqu'en 2004, il nous exhortait à considérer les kamikazes « comme une forme de violence politique moderne, plutôt que de les stigmatiser comme un symbole de barbarie ». Au moment du pogrom du Hamas, le 7 octobre, l'épouse de Mamdani, Rama Duwaji, approuvait ou republiait sur son compte des messages tels que : « Brisons les murs de l'apartheid et de l'occupation militaire. 7 octobre 2023. »

    Mamdani a été élu par 75 % des jeunes de 18 à 29 ans, nés juste avant ou juste après le 11 septembre. Et par 81 % de ceux qui ne sont pas nés à New York mais qui s'y sont installés il y a moins de dix ans. Ces personnes n'ont aucun souvenir direct des événements. Mais quelle histoire leur a été transmise ? Le chaînon manquant dans la chaîne de la conscience américaine, ce sont précisément ceux qui doivent perpétuer ce souvenir : enseignants, journalistes, commentateurs, artistes de tous horizons. Leur travail de diabolisation des victimes et d'absoute des coupables a manifestement porté ses fruits. Aujourd'hui, la nouvelle génération, selon un sondage Gallup, n'est guère fière d'être Américaine. Le pourcentage de patriotisme américain est au plus bas (33 %) depuis que l'institut de recherche a commencé à le mesurer il y a 25 ans.