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BELGICATHO

  • L'Année Sainte est terminée; quel bilan ?

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    De kath.net/news :

    Que reste-t-il à la fin de l'Année Sainte ?

    6 janvier 2026

    Selon les dernières estimations, Rome a accueilli cette année 35 millions de visiteurs – un tournant marqué par le changement de pape –, le prochain grand événement religieux étant prévu pour 2033 – analyse de Sabine Kleyboldt

    Un triste événement a marqué la première moitié de l'« Année jubilaire » 2025 : le décès du pape François le 21 avril. Cela ne s'était produit auparavant que lors de l'Année sainte de 1700, année du décès d'Innocent XII.

    Mais le point bas de 2025 a aussi marqué un tournant. Après une sorte de vide causé par la maladie, l'hospitalisation et le décès du pape François, un nouveau départ était possible. Et Léon XIV, élu le 8 mai, s'est immédiatement mis au travail : il a repris les réunions spéciales pour l'Année sainte, dont beaucoup avaient été annulées en raison de l'absence du pape François à partir de la mi-février.

    56 guerres dans le monde

    L’archevêque Rino Fisichella, délégué du pape pour l’Année sainte, évoque une Église dynamique et en mouvement, comme en témoignent les flux de pèlerins venus du monde entier. « Nous, chrétiens, devons être de véritables “pèlerins de l’espérance” dans un monde ébranlé par 56 guerres », déclare-t-il, faisant allusion à la devise de l’Année sainte. Il ajoute que cet événement d’envergure témoigne du profond désir de spiritualité qui anime les fidèles.

    Dans le même temps, il espère des répercussions politiques suite à cette année anniversaire. Presque chaque week-end, des rencontres thématiques spécifiques ont été organisées, notamment pour les personnes démunies, les prisonniers, les gouvernements, les prêtres, les diacres, les personnels soignants, les magistrats, les médias, les chorales, les athlètes, les personnalités influentes, les familles, les jeunes et les personnes âgées. Lors de ces rencontres, le Pape a notamment plaidé pour des mesures de remise de peine, le remboursement de la dette écologique des pays riches envers les pays pauvres et, à plusieurs reprises, pour la fin des guerres, des violences et des injustices. Fisichella espère que ces initiatives auront désormais un impact politique.

    Nouvelle « salle d'écoute » dans la basilique Saint-Pierre

    Le Vatican lui-même a répondu à l'évolution des attentes des fidèles envers l'Église : en septembre, un « espace d'écoute » a été aménagé dans la basilique Saint-Pierre. Dans un simple box situé dans le bas-côté gauche, chacun peut confier ses problèmes et ses questions existentielles à des prêtres, des religieux ou des laïcs. Orazio Pepe, secrétaire de l'atelier de la basilique, y voit une nouvelle forme d'ouverture, accessible également aux personnes sans appartenance religieuse.

    Le Vatican réagissait à l'afflux massif de visiteurs, dont certains n'étaient pas des pèlerins fervents. Dès la mi-décembre, les organisateurs estimaient leur nombre à 32 millions ; à la fermeture des portes le 6 janvier, ce chiffre avoisinait probablement les 35 millions. À titre de comparaison, en 2000, « seulement » 25 millions de personnes s'étaient rendues au Vatican, et lors de l'Année sainte de la Miséricorde en 2016, ce nombre s'élevait à 20 millions.

    1,2 million de jeunes

    Le nombre de participants au rassemblement des jeunes pour l'Année sainte était également gigantesque : début août, selon les organisateurs, 1,2 million de jeunes se sont réunis au sud-est de Rome pour célébrer eux-mêmes, le pape et leur foi.

    L’Année Sainte touche à sa fin et Léon XIV a gagné en assurance dans sa présence publique. Au début de l’année, il a déclaré que l’Année Sainte était le signe d’un monde « renouvelé et réconcilié selon le dessein de Dieu ». Dans ce dessein, Rome occupe une place particulière. Il souhaite que Rome, inspirée par l’espérance chrétienne, puisse à l’avenir servir encore plus pleinement le dessein de Dieu pour l’humanité.

    Durant l’Année Sainte, les fidèles se rendaient à Rome pour prier sur le tombeau de l’apôtre Pierre et réaffirmer leur engagement envers le Christ. « Cela nous rappelle que toute notre vie est un cheminement dont le but ultime transcende l’espace et le temps, pour s’accomplir dans la rencontre avec Dieu, dans une communion parfaite et éternelle avec lui. » Franchir la Porte Sainte en priant et en demandant des indulgences pour le pardon des péchés participe de cette « rencontre entre le fini et l’infini ».

    Par ailleurs, Léon XIV a proclamé une « Année Sainte de la Rédemption » pour 2033, commémorant le 2000e anniversaire de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Le pape espère que non seulement les catholiques, mais aussi toutes les confessions chrétiennes témoigneront de leur foi et de leur unité lors d'un grand rassemblement à Jérusalem. « L'Église doit se préparer et vivre ces deux millénaires écoulés depuis la Rédemption avec une ferveur sans précédent », a souligné l'archevêque Fisichella. Il est donc temps de se mobiliser pour la prochaine Année Sainte.

  • La doctrine de la double vérité constitue le plus grand danger pour la Nouvelle Évangélisation en Occident (cardinal Müller)

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    De kath.net/news :

    « Les causes de la crise de l’Église et comment la surmonter »

    6 janvier 2026

    « Le plus grand danger pour la Nouvelle Évangélisation en Occident, et particulièrement en Allemagne, réside à mes yeux dans le retour de la doctrine de la double vérité. Elle est d’origine gnostique. » Par Gerhard Card. Müller, Rome

    Rome (kath.net) Toute l'Église remercie le pape Léon XIV pour sa proclamation christocentrique, dans laquelle, en tant que successeur de Pierre, il unit tous les évêques et les fidèles dans la confession du Christ, Fils du Dieu vivant (Mt 16,16). 

    Le plus grand danger pour la Nouvelle Évangélisation en Occident, et particulièrement en Allemagne, réside à mes yeux dans la résurgence de la doctrine de la double vérité. D'origine gnostique, elle fut déjà opposée par Irénée de Lyon à l'herméneutique catholique. L'unité et la plénitude de la révélation sont présentes dans l'Église à travers l'Écriture Sainte, la Tradition apostolique et le Magistère des évêques, notamment dans l'Église catholique romaine. Dans sa Constitution dogmatique sur la Révélation divine, « Dei Verbum » (1-10), le Concile Vatican II a, en ce sens, souligné la nature surnaturelle de la foi et la nature sacramentelle de l'Église, en opposition à l'immanentisation de la foi et à la sécularisation de l'Église. Il s'est opposé tant au rationalisme des Lumières, qui réduit le christianisme à une morale naturelle (Kant), qu'à l'irrationalisme du romantisme, qui pervertit la foi rationnelle en un sentimentalisme mystique (Rousseau). En termes simples : la religion relève du sentiment individuel et collectif, et toutes les religions historiques ne sont donc que leur expression culturellement conditionnée. Aucune religion ne prétend détenir la vérité à elle seule, même si l’Église se considère comme l’enseignante divinement désignée de la révélation faite une fois pour toutes en Christ, c’est-à-dire comme le sacrement du salut en Christ. Le nouveau Docteur de l’Église, John Henry Newman, dans son dernier ouvrage majeur, « Essai pour une grammaire de l’assentiment », a donné à l’herméneutique catholique une forme contemporaine après le naturalisme des Lumières. 

    La doctrine de la double vérité se pare aujourd'hui du slogan d'un changement de paradigme. Si cela peut se justifier pour l'élaboration de théories en sciences naturelles, c'est en revanche désastreux pour la théologie, fondée sur la plénitude de la vérité et de la grâce en Christ. Elle diffère de la pensée de Nietzsche, qui subordonne la vérité à la perspective, et de celle de Heidegger, qui fait dépendre la vérité de l'Être de sa révélation à une époque donnée. La vérité est ainsi conditionnée par le temps. 

    Le Christ, cependant, est en sa personne la vérité dans la plénitude des temps. Il unit toutes les époques du salut, de l'Église et de l'histoire dogmatique dans l'unité de la conscience de foi de l'Église, dans son passé, son présent et son avenir. Par sa nature humaine assumée, le Fils de Dieu établit chaque croyant et l'Église tout entière en communion directe avec le seul vrai Dieu qui, dans la divinité et l'humanité de son Fils, embrasse tous les âges.

    Une conséquence néfaste de la doctrine de la double vérité est l'exigence que l'accompagnement pastoral prime sur les vérités révélées de la foi et de la morale. Ce qui est dogmatiquement vrai peut être pastoralement faux, et inversement. Par exemple, bien que le mariage entre un homme et une femme soit fondé sur le Logos du Créateur et Rédempteur, en qui toutes choses ont été créées, les couples homosexuels peuvent néanmoins se laisser bercer par l'illusion, pour des raisons pastorales – c'est-à-dire pour leur confort subjectif – que leur relation, objectivement pécheresse, est néanmoins bénie par Dieu. 

    Pour donner un autre exemple : d’une part, on ne peut pas, avec le Concile Vatican II, professer la constitution hiérarchique et sacramentelle de l’Église comme vérité révélée (Lumen gentium 18-29), et d’autre part transformer le Synode des évêques en un symposium de participants de tous les rangs de l’Église, dont les opinions seraient alors – contrairement à toute collégialité entre les évêques – investies par le Pape, comme par un prince absolutiste, de l’autorité du Magistère ordinaire, alors même que le Magistère ordinaire est censé être la proclamation régulière des vérités révélées par les évêques et le Pape (c’est-à-dire qu’à Noël, ils prêchent la naissance du Christ et l’Incarnation du Fils de Dieu et non leurs idées politiques personnelles). L'Église d'Allemagne ne peut pas non plus se dire catholique et, avec le Concile synodal – organe décisionnel nommé par des humains – saper l'autorité enseignante et la juridiction des évêques en vertu du droit divin (iuris divini) et permettre que la charge pastorale des évêques soit absorbée par un parlement ecclésiastique de type anglican.

    Mais on ne saurait séparer le Christ, maître de la vérité, et le Christ, bon pasteur, à la manière néo-nestorienne, car il est la même personne divine qui enseigne la vérité divine et confère à ses disciples la vie divine de grâce, de conversion et de renouveau dans l’Esprit Saint. Il nous faut dépasser l’opposition dualiste entre dogme et pastorale, entre vérité et vie. Nous devons préserver notre pensée et notre jugement des catégories idéologiques qui divisent l’unique Corps du Christ, qui est l’Église, en traditionalistes et progressistes, conservateurs et libéraux.

    La Tradition apostolique reconnaît dans l’Église, avec l’aide du Saint-Esprit, un progrès dans la compréhension de la révélation unique et définitive, notamment par la prédication de ceux qui, en assumant la charge épiscopale, ont reçu le charisme sûr de la vérité (cf. Dei verbum 8). Et c’est seulement dans le Christ unique que se révèle toute la profondeur de la vérité sur Dieu et le salut de l’homme, car il est « à la fois – dans son humanité – le médiateur et – dans sa divinité – la plénitude de toute révélation » (Dei verbum 2).

    Photo d'archive : Le cardinal Müller au conclave de 2025 (c) Vatican Media

    VIDÉO - Le cardinal Müller a célébré la messe pontificale en la basilique Saint-Pierre en commémoration du pape Benoît XVI, à l'occasion du troisième anniversaire de sa mort :

  • Saint Raymond de Peñafort (7 janvier)

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    Du site "Nouvelle Evangélisation" :

    Né près de Barcelone, dans le château familial de Villafranca de Penades, probablement vers 1175, Raymond de Penafort était apparenté aux comtes de Barcelone et aux rois d'Aragon. Il étudia à l'école cathédrale de Barcelone où, à peine âgé de vingt ans, il enseigna la rhétorique et la logique. En 1210, il partit étudier le droit civil et le droit canonique à Bologne. En compagnie de Pierre Ruber, il fit la route à pied, par Arles et Turin ; il s’arrêtèrent quelques jours à Briançon pour constater un miracle que venait d’opérer Notre-Dame de Delbeza qui rendit les yeux et les mains à un jeune homme mutilé par des brigands. Après avoir été reçu docteur (1216), il resta à Bologne où, pendant trois ans, il enseigna le droit canonique avec tant de succès que les Bolonais lui offrirent des appointements prélevés sur les ressources de la ville ; après avoir donné le dixième de son salaire au clergé de sa paroisse, il distribuait le reste aux pauvres, ne gardant pour lui que le strict nécessaire.

    L'évêque de Barcelone, Bérenguer de Palou[1], qui passait par Bologne, au retour d’un pèlerinage à Rome, entendit si fort chanter les louanges de Raymond de Penafort qu'il le recruta pour le séminaire qu'il voulait fonder dans son diocèse, et l'emmena avec lui (1219). A Viterbe où résidait le pape Honorius III, ils rencontrèrent saint Dominique qui leur donna quelques uns de ses frères. Raymond de Penafort fut nommé chanoine de la cathédrale de Barcelone, puis prévôt du chapitre, archidiacre, grand vicaire et official (1220) ; outre qu'il fit donner une grande solennité à l'Ascension, il travailla fort au soin des pauvres qu'il nommait ses créanciers.

    Le Vendredi Saint 1222, il quittait le clergé séculier pour les Dominicains, sans perdre pour autant son influence sur l'évêque et le diocèse de Barcelone. Voyant que ses supérieurs ne le traitaient pas comme les autres novices, le frère Raymond de Penafort demanda qu’on lui imposât une pénitence particulière pour les fautes commises pendant sa vie séculière ; c’est pour répondre à sa demande que le provincial lui ordonna d’écrire la « Summa de pænitentia », premier ouvrage du genre, qui rassemble les cas de conscience à l'usage des confesseurs.

    Lorsque Pierre Nolasque[2], ancien marchand, fonda l'Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci pour la rédemption des captifs (1223)[3], pour le rachat des prisonniers faits par les Musulmans, c'est Raymond de Penafort qui, dans la cathédrale de Barcelone, en présence de l'évêque et du roi Jacques I° d'Aragon[4], donna l'habit et le scapulaire aux premiers mercédaires ; il rédigera aussi la règle de ce nouvel ordre pour laquelle il obtiendra l'approbation du pape Grégoire IX (1235).

    Quelques années plus tard (1229), le cardinal de Sainte-Sabine, Jean d'Abbeville[5], fut envoyé comme légat en Espagne pour prêcher la Croisade[6] contre les Maures, et mettre en application les décrets du quatrième concile du Latran ; [7] il devait aussi déclarer nul le mariage de Jacques I° d’Aragon avec Eléonore de Castille. Le légat s'adjoignit Raymond de Penafort qui le précéda dans toutes ses visites canoniques et prit part à tous les actes importants de la légation. Le cardinal de Sainte-Sabine en rendant compte de sa mission au Pape (Pérouse le 25 novembre 1229), mit en avant la coopération efficace de Raymond de Penafort qui, le 28 novembre, fut chargé par Grégoire IX[8] de prêcher dans les provinces d'Arles et de Narbonne la Croisade dirigée par Jacques I° d’Aragon pour chasser les Maures de Majorque.

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  • Chantal Delsol : la Tragédie migratoire et la Chute des Empires

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    La Tragédie migratoire et la Chute des empires

    Augustin d’Hippone, saint Augustin pour les chrétiens, a vécu à l’époque angoissante où son monde était en train de se défaire (Ve siècle). Après une existence tumultueuse, il est mort dans sa ville assiégée par les Vandales. L’analogie s’impose entre son époque et la nôtre. Dans les deux cas, un empire très civilisé, puissant et orgueilleux se voit investi et finalement démantelé par des cultures plus frustes et moins avancées, qu’à son époque on appelait « barbares ». Dans les deux cas, l’empire en question est responsable de graves manquements, parce que la puissance court toujours à la démesure et à la violence. Dans les deux cas l’empire menacé manifeste une culpabilité, chrétienne alors, aujourd’hui postchrétienne, vis-à-vis des envahisseurs qu’un mystérieux complexe l’empêche de repousser efficacement. Dans les deux cas, la fin qui approche laisse penser à quelque apocalypse, et il en est de toutes sortes. Les temps sont noirs et incertains. L’esprit s’avance dans cette obscurité. Mais l’espérance est toujours neuve. Augustin, jeunesse chahuteuse, âme tourmentée, cœur casanier détestant les voyages, ne redoutait pour lui-même qu’une chose : se donner « une vie gonflée de vent ». C’est peut-être le sens de la vie qui manque le plus aux époques comme la nôtre. L’auteur de La Cité de Dieu est un penseur des commencements, un écrivain de la promesse. À nous, qui sommes des tard-venus, il peut en apprendre beaucoup. Chantal Delsol est philosophe et écrivain, professeur émérite des universités en philosophie politique. Elle a créé et dirigé l’Institut Hannah-Arendt fondé en 1993. Elle est membre de l’Académie des sciences morales et politiques.

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  • Pour les cardinaux réunis en consistoire cette semaine : réparer les murs

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    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    Pour les cardinaux réunis en consistoire cette semaine : réparer les murs

    5 janvier 20267

    Le pape Léon a convoqué les cardinaux du monde entier à un consistoire cette semaine, renouant ainsi avec une pratique habituelle qui avait été largement mise de côté ces douze dernières années au profit de réunions « synodales ». Maintenant que l'année jubilaire est terminée, le pape actuel fait quelque chose de nouveau – et d'ancien – en tout cas, s'éloignant des méthodes de son prédécesseur, dès les premiers jours de 2026. Qu'est-ce que cela signifie ?

    Un consistoire est l'occasion pour les cardinaux d'être de véritables collaborateurs du Saint-Père, de s'entretenir avec lui – et entre eux – d'une mission divine à l'échelle mondiale. Le contenu de leurs discussions et leur influence sur le pontificat de Léon peuvent déterminer l'orientation de l'Église pour la prochaine décennie et au-delà. Il y a beaucoup à dire, et prions pour que ce soit le cas, au-delà des obsessions journalistiques éculées sur l'immigration, le climat, les LGBT et les femmes. Car une question effrayante se pose à nous, de manière particulièrement pertinente aujourd'hui, question soulevée il y a longtemps par une certaine personne : « Mais quand le Fils de l'homme viendra [à nouveau], trouvera-t-il la foi sur terre ? »

    Le christianisme sous ses différentes formes ne disparaîtra pas de sitôt. Mais la vérité totale de la foi, celle pour laquelle les saints et les docteurs, les missionnaires, les martyrs et les confesseurs ont travaillé, souffert et sont morts, est en péril. Cela s'explique bien sûr par de nombreuses raisons, notamment le fait qu'elle est attaquée, tant de l'intérieur que de l'extérieur, par des personnes qui lui veulent du mal.

    Nous ne devons pas détourner les yeux de cette réalité. Il est regrettable (du point de vue des chrétiens d'aujourd'hui) que le Saint-Père ait déclaré, dans les derniers jours de l'année jubilaire : « Les chrétiens n'ont pas d'ennemis, seulement des frères et sœurs. » Nous comprenons bien sûr ce qu'il voulait dire, et nous pouvons même, d'une certaine manière, approuver cette affirmation. Mais cela n'est vrai qu'à un très haut niveau d'abstraction, et non dans sa totalité, c'est-à-dire dans la vérité catholique. Ne pas suivre toute la vérité conduit, comme nous l'avons vu depuis que Vatican II a pratiquement abandonné la notion d'Église militante, à une mauvaise interprétation du monde dans lequel nous vivons, avec des effets désastreux.

    Lorsque Voltaire a prononcé sa célèbre phrase « Écrasez l'infâme », c'était loin d'être le début – ou la fin – de la haine de la foi catholique. La Révolution française et ses ramifications totalitaires l'ont démontré. Dans le Sermon sur la montagne, Jésus a enseigné : « Aimez vos ennemis [ἐχθροὺς] ». (Matthieu 5, 44-45) Avant même la naissance du Christ, Zacharie invoquait une sagesse hébraïque bien plus ancienne :

    Par ses saints prophètes, il a promis depuis longtemps
    Qu'il nous sauverait de nos ennemis [ἐχθρῶν],
    Des mains de tous ceux qui nous haïssent.

    Le père spirituel du pape Léon, saint Augustin, a écrit avec sagesse : « Que vos ennemis aient été créés est l'œuvre de Dieu ; qu'ils vous haïssent et souhaitent vous détruire est leur propre œuvre. Que devriez-vous dire à leur sujet dans votre esprit ? « Seigneur, sois miséricordieux envers eux, pardonne-leur leurs péchés, inspire-leur la crainte de Dieu, change-les ! »

    Et bien sûr, comme tout vrai chrétien devrait le croire, il y a L'Ennemi – qui déteste Dieu et a tenté Ève afin de causer la ruine de toute l'humanité.

    Ainsi, toute la tradition judéo-chrétienne – tout comme l'expérience humaine ordinaire – nous dit que nous avons et aurons des ennemis, que nous voulions le reconnaître ou non. Et nous ne devons pas seulement prier pour eux, mais aussi prendre des mesures énergiques – comme saint Augustin a joué un rôle crucial en aidant l'Église et le monde occidental tout entier à réfléchir à la théorie de la guerre juste.

    Nous avons le devoir, par exemple, d'empêcher que du mal soit fait aux chrétiens et à d'autres personnes (des milliers sont morts récemment au Nigeria, ainsi que dans plusieurs autres pays) ; ou aux églises (la France perd actuellement deux édifices religieux par mois à cause d'incendies criminels) ; ou à la présence même des chrétiens dans le monde entier, en particulier dans des pays comme la Chine, le Nicaragua, le Venezuela et les nations à majorité musulmane, au sujet desquels le Vatican reste largement silencieux.

    Voici donc une proposition simple qui pourrait stimuler la réflexion cardinale en cette période de consistoire. Le pape François a clairement affirmé que nous devrions construire des ponts et non des murs. Un pont est une bonne chose, à condition qu'il soit à sa place. Mais les murs le sont aussi, car nous pouvons souhaiter « vivre en paix avec tout le monde ». Cependant, il existe des ennemis auxquels seul un insensé ouvrirait les portes. Toute la vie chrétienne repose sur ce que nous n'hésitions pas autrefois à appeler une bataille spirituelle. En effet, souvent, la distinction appropriée entre une chose et une autre – qu'il s'agisse de la distinction entre le bien et le mal ou de la protection physique des fidèles en contrecarrant les malfaiteurs – favorise l'ordre divin, la paix et la charité.

    Il est facile de comprendre pourquoi, lors du concile Vatican II, certaines personnes ont déploré la « mentalité de forteresse » de l'Église. Mais soixante ans plus tard, il est également facile de voir les résultats de l'ouverture de l'Église. Ce qui manque cruellement à l'Église d'aujourd'hui, ce n'est pas tant l'ouverture à « l'Autre » que l'incapacité à se défendre et à se définir.

    Comme l'a fait remarquer Benoît XVI, le Concile a eu raison de reconnaître le bien partiel qui existe dans d'autres traditions religieuses. Mais si l'on s'appuie trop fortement sur cela – afin de s'entendre avec les autres – on ne peut s'empêcher de perdre son zèle missionnaire, la conviction que c'est à travers la pleine vérité sur Jésus, le seul Sauveur, que nous pouvons être rachetés de nos chemins partiellement vrais, mais désastreusement faux. Personne ne sacrifie sa vie pour répandre l'Évangile s'il pense que les autres sont déjà très bien là où ils sont.

    Nous n'attendons pas – ni ne souhaitons – qu'un pape moderne appelle à des croisades, comme certains de ses prédécesseurs. Mais nous attendons d'un véritable leader qu'il reconnaisse les menaces et revête l'armure de lumière paulinienne, surtout lorsque même les observateurs laïques ont déjà commencé à s'opposer à la militarisation de l'identité sexuelle, à la censure des voix jugées coupables d'islamophobie, d'homophobie, de « haine », de patriarcat, de « sectarisme », etc.

    Ces problèmes ne sont pas faciles à résoudre, mais ils sont faciles à voir. Diverses approches sont possibles, voire nécessaires. Puissent le pape et les cardinaux être inspirés pour les trouver. Mais une première étape cruciale consiste à prendre pleinement conscience de la vérité : les ponts ont leur utilité, mais les murs aussi.

  • La réforme de Ratzinger et la redécouverte du sacré dans les cœurs.

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    De Stefano Chiappalone sur la NBQ :

    La réforme de Ratzinger et la redécouverte du sacré dans les cœurs.

    Non pas une nouvelle révolution, mais une nouvelle prise de conscience du Mystère, explique à La Bussola le théologien et ancien conseiller pour le culte divin sous le pontificat de Ratzinger : Benoît XVI « a démontré la nécessité de repenser la liturgie comme l’acte qui exprime la primauté à rendre à Dieu ». Un héritage vivant qui peut aussi interpeller le consistoire.

    5/1/2026

    Lors du prochain consistoire extraordinaire convoqué par Léon XIV les 7 et 8 janvier, la liturgie sera également abordée, et les pensées se tournent instinctivement vers Benoît XVI, à la veille du troisième anniversaire de sa mort. Un héritage vivant et une proposition – celle de la « réforme de la réforme » – toujours d’actualité car fondée sur la redécouverte du sacré dans les cœurs qui reconnaissent la primauté de Dieu, explique   Mgr Nicola Bux, théologien et ancien consultant de la Congrégation pour le Culte Divin sous le pontificat de Ratzinger, au journal La Bussola .

    Pour Mgr Bux, lorsqu’on parle de Benoît XVI, il est presque inévitable d’évoquer la liturgie. Pourquoi occupe-t-elle une place si centrale dans son œuvre et sa spiritualité ?

    Certains liturgistes, peu soucieux du fondement dogmatique de la liturgie, n’ont pas reconnu l’expertise de Ratzinger en la matière. Pourtant, ses écrits révèlent que sa critique de la liturgie moderne repose sur une théologie fondamentale et dogmatique réfléchie et cohérente, incluant l'ecclésiologie et l'œcuménisme. Le problème est que ces critiques sont compromises par la conviction, pas toujours exprimée, que la liturgie est le domaine exclusif de l'homme. Devenu pape, avec le motu proprio Summorum Pontificum et l'exhortation apostolique Sacramentum Caritatis , il a démontré la nécessité de repenser la liturgie comme l'acte qui exprime la primauté à rendre à Dieu. Une de ses affirmations clés : « Dans l'histoire de la liturgie, il y a croissance et progrès, mais pas de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste sacré et grand pour nous aussi… » est un avertissement aux deux camps : il est temps de retrouver l'équilibre. Benoît XVI avait constaté que la forme extraordinaire du rite romain suscitait des vocations et des énergies vives ; c'est pourquoi il s'est attaché à démontrer sa valeur historique, théologique et pastorale pour la paix et l'unité de l'Église. Voici le premier signe de la sainteté de Joseph Ratzinger.

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  • Léon XIV : Entre jubilé, consistoire et corps diplomatique

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : Entre jubilé, consistoire et corps diplomatique

    Durant les huit premiers mois de son pontificat, le pape Léon XIV s'est comporté comme un chef de transition. Les défis auxquels il a été confronté et les décisions qu'il a prises ont tous été, d'une manière ou d'une autre, influencés par le pape François, qui a instauré l'Année sainte et en est resté le principal référent jusqu'à son terme.

    Cette période a été un « monde intermédiaire » où les anciens et les nouveaux pontificats se sont superposés.

    La conclusion du Jubilé, le 6 janvier, permettra à Léon XIV de définir son pontificat.

    Hormis quelques ajustements nécessaires, la vie de l'Église a continué d'une manière qui laissait présager que le pontificat précédent n'était pas encore terminé. Parallèlement, le nouveau avait déjà commencé. Par exemple, le pape François avait laissé sur la table une série de documents – comme l'exhortation apostolique sur la pauvreté et le document sur les titres de Marie – que Léon XIV a publiés .

    Il y avait aussi les engagements pris par François, que Léon XIV a scrupuleusement honorés.

    Les nominations d'évêques ont largement suivi le cap souhaité par le pape François. Le siège de New York, aux États-Unis, a un nouvel archevêque avant celui de Chicago, bien que l'archevêque cardinal de Chicago soit plus âgé. Même le premier voyage international de Léon XIV, en Turquie et au Liban, était un héritage direct de son prédécesseur.

    Avec la clôture de l'Année jubilaire de l'EspéranceLéon XIV atteint un tournant. Il peut désormais façonner activement son rôle, comme en témoigne sa décision de convoquer un consistoire dès le lendemain de la clôture du Jubilé et de programmer une rencontre rapide avec le corps diplomatique.

    Ces trois jours constituent un véritable creuset pour Léon XIV. Ils lui offrent l'opportunité de consolider son orientation, d'écouter les autres et d'affirmer enfin son leadership au-delà de l'héritage du pape François.

    Le consistoire se déroule en trois sessions sur deux jours, réunissant tous les cardinaux pour débattre. Chacun aura l'occasion de prendre la parole, sous la modération du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican. Cette initiative redonne de l'importance au Secrétariat d'État, marginalisé par le pape François. Ce dernier avait en effet exclu le secrétaire d'État du Conseil des cardinaux, ne l'y intégrant que plus tard et de manière informelle.

    Le consistoire aborde également le problème de la concentration du pouvoir gouvernemental. L'approche synodale du pape François s'appuyait sur des commissions et des comités parallèles, excluant largement les institutions officielles du processus décisionnel. Le Conseil des cardinaux, qui n'a jamais été intégré à la nouvelle constitution de la Curie, a fonctionné comme un gouvernement parallèle – un modèle proposé mais jamais adopté, même durant les dernières années du pontificat de Jean-Paul II.

    Le pape François a finalement suivi un modèle de réforme évoqué dans les dernières années du pontificat de Jean-Paul II.

    Benoît XVI décida de ne pas poursuivre ce projet, car son but ultime n’était pas la gouvernance mais la communion .

    La recherche de la communion a conduit Benoît XVI à prendre plusieurs décisions de gouvernance controversées, notamment celle de lever l'excommunication des quatre évêques lefebvristes. Son désir de communion s'est également traduit par sa décision de libéraliser l'usage des livres liturgiques et rituels préconciliaires.

    Dans le même temps, le désir d'adapter la gestion des affaires temporelles au monde contemporain a conduit Benoît XVI à entreprendre une réforme financière du Vatican. Il s'est efforcé de détacher le Saint-Siège de son voisin italien, jugé trop lourd, en internationalisant la loi anti-blanchiment. Il a également réformé l'Autorité de la communication financière, remplaçant un groupe composé exclusivement d'Italiens et d'anciens membres de la Banque d'Italie. La Préfecture des affaires économiques a été restructurée pour fonctionner davantage comme un ministère des Finances moderne.

    Pourquoi des réformes aussi avancées étaient-elles si gênantes ?

    Ces réformes ont remis en cause un modèle de pouvoir instauré à la fin du pontificat de Jean-Paul II. Elles ont également questionné des idées héritées d'un débat post-conciliaire que le pape polonais avait cherché à dépasser. Le pape François a réactivé nombre de ces idées et a redonné à l'ancienne Curie une place centrale. Plus tard, il l'a affaiblie par sa forte personnalité et son désir de centraliser le gouvernement.

    Léon XIV a pour mission de guider l'Église au-delà des vieux débats, en relançant des discussions qui résonnent depuis la fin du pontificat de Jean-Paul II et même depuis les années 1970. Les récentes initiatives idéologiques du pontificat de François soulignent ce retour au passé, notamment la réactivation du Pacte des Catacombes, les débats sur le diaconat féminin et les propositions de réforme du rôle des nonces apostoliques. Ces propositions sont souvent formulées sans égard pour leur mandat épiscopal ni pour leur fonction diplomatique pontificale.

    Le prochain consistoire ne mettra peut-être pas fin à tout cela, mais il nous aidera à comprendre comment l'élan missionnaire et synodal de François (sur le papier ) peut être adapté non pas tant à l'époque qu'à une institution comme celle qu'est réellement l'Église, qui a ses propres voies et son propre besoin de proclamer l'Évangile et de vivre selon lui.

    Les quatre thèmes du consistoire — l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium, la constitution apostolique Praedicate Evangelium, la synodalité et la grande question de la liturgie — témoignent de la volonté du Pape de mettre fin au débat et de trouver une vision commune du renouveau.

    Léon XIV, à l'instar de Benoît XVI, aspire à l'unité de l'Église. Comme François, il comprend la nécessité de raviver l'élan missionnaire de l'Église (ce qui implique d'une manière ou d'une autre d'associer tous les fidèles). Parallèlement, des discours concurrents opposent soit une continuité singulière entre François et Léon, soit un rejet catégorique du pontificat de François.

    Après le consistoire, aura lieu le discours annuel devant le corps diplomatique.

    Le pape, qui n'a jamais manqué de mettre le Saint-Siège à la disposition des pourparlers de paix, est aussi celui qui a remis la diplomatie de la vérité au premier plan, soulignant lors de sa première rencontre avec des diplomates que l'Église ne peut se soustraire à la vérité , même au risque de s'attirer l'impopularité. C'est un signe, dont la portée profonde annonce une rupture décisive avec le pontificat de François, du moins en ce qui concerne la conduite de la diplomatie du Saint-Siège.

    La réforme des universités pontificales entreprise sous le pontificat de François, et menée sous son impulsion, avait pour principe directeur l'intégration des langues au monde séculier. Il en allait de même pour la réforme de l'Académie pontificale de théologie. Ces deux réformes visaient à intégrer les langues au monde séculier. Leur ambition sous-jacente était de s'adapter pour mieux répondre aux besoins de l'Église et du monde contemporains.

    Léon XIV, tout en soutenant l'évangélisation, sait que l'institution ne doit pas être marginalisée. Son second discours au corps diplomatique précisera clairement la portée et l'orientation de son pontificat, bien au-delà de la scène politique internationale.

    Cette semaine sera déterminante pour l'avenir du pontificat.

    Une lecture attentive en révélera le sens.

  • L'épisode des Mages, un conte mythologique ?

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    En ce dimanche de l'Epiphanie, il n'est pas rare d'entendre dans nos paroisses certains clercs s'improviser exégètes et déclarer gravement que le récit de l'adoration des mages n'est qu'un beau conte mythologique ou une construction poétique sans fondement historique. Sur "Metablog", nous lisons cet excellent commentaire :

    (...) Si on met en doute l’historicité de cet épisode (de la venue des Mages), c’est d’abord parce qu’on lit mal le texte qui est plein de détails, mais qui, dans certains Evangiles apocryphes (c’est-à-dire des textes tardifs qui «brodent» sur la vie de Jésus), devient carrément mythologique. Dans le Livre de l’Enfance, un apocryphe arménien du VIème siècle, on nous apprend par exemple que ces Mages en réalité sont des «rois», qu’ils sont trois et qu’ils s’appellent Gaspard Melchior et Balthasar. On nous dit que les Mages ont suivi une étoile qui se serait déplacée pour les précéder jusqu’à Jérusalem. Mais ce n’est pas cela du tout ! Ces astronomes, sans doute persans, ont vu un astre extraordinaire : «Nous avons vu son étoile en Orient». Il y a, diffuse, dans l’humanité de ce temps-là une attente d’un phénomène extraordinaire, comme on peut le lire dans la Quatrième Eglogue de Virgile, dans laquelle, quelques années avant le Christ, le poète latin annonce la venue d’un enfant né d’une Vierge. Ce sont des traditions semblables, qui dans le Zoroastrisme perse, animaient l’attente des Mages, qui savaient bien que si quelque chose devait advenir, ce serait en Judée, le pays de la Bible. Ils viennent donc à Jérusalem, s’enquièrent auprès du roi Hérode, qui, averti par les Mages de la naissance d’un Roi Messie, convoque les sages d’Israël, lui qui n’est qu’un Bédouin, un non-juif. 

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  • La Marche des Rois Mages

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    De bon matin,
    J'ai rencontré le train
    De trois grands Rois qui allaient en voyage,
    De bon matin,
    J'ai rencontré le train
    De trois grands Rois dessus le grand chemin.

    Venaient d'abord les gardes du corps,
    Des gens armés avec trente petits pages,
    Venaient d'abord les gardes du corps
    Des gens armés dessus leurs just'au corps.

    Puis sur un char,
    Doré de toute part,
    On voit trois rois modestes comme d'anges
    Puis sur un char,
    Doré de toute part
    Trois rois debout parmi les étendards.

    L'étoile luit
    Et les Rois conduit,
    Par longs chemins,
    Devant une pauvre étable,
    L'étoile luit
    Et les Rois conduit,
    Par longs chemins devant l'humble réduit.

    Au fils de Dieu
    Qui naquit en ce lieu
    Ils viennent tous présenter leurs hommages,
    Au fils de Dieu
    Qui naquit en ce lieu
    Ils viennent tous présenter leurs doux vœux.

    De beaux présents,
    Or, myrrhe et encens
    Ils vont offrir au maître tant admirable
    De beaux présents,
    Or, myrrhe et encens
    Ils vont offrir au bienheureux enfant.

  • «Comme les Mages, n'éteignons pas le désir de chercher Dieu pour l'adorer»

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    Du + Cardinal Caffarra via la NBQ :

    Épiphanie du Seigneur

    «Comme les Mages, n'éteignons pas le désir de chercher Dieu pour l'adorer»

    « Les trois mages se mirent en route, ils n'éteignirent pas en eux-mêmes leur désir. L'homme est appelé par son désir de devenir chercheur de Dieu. Mais il peut rencontrer Hérode, les faux enseignants qui tentent d'empêcher l'homme d'accéder à la Présence de Dieu et de réduire Jésus-Christ au grand maître de la solidarité où il est expulsé de l'histoire. la présence de Dieu". Extrait d'une homélie du cardinal Caffarra.

    06_01_2025

    A l'occasion de la Solennité de l'Epiphanie de Notre Seigneur Jésus Christ, nous publions une homélie prononcée par le Cardinal Carlo Caffarra en 1996.

    ***

    1. « Quand Jésus est né... des mages sont venus de l'est à Jérusalem» . Ainsi commence aujourd'hui la Parole qui nous révèle le mystère que nous célébrons. En effet, le Pape saint Léon le Grand nous dit: «Nous reconnaissons... dans les sages qui ont adoré le Christ, les prémices de notre vocation et de notre foi, et avec des âmes exultantes nous célébrons les débuts d'une bienheureuse espérance». Oui : aujourd'hui nous célébrons le début, la naissance de notre espérance.

    Écoutons encore ce que nous dit l'apôtre en deuxième lecture : « Les païens... sont appelés, en Jésus-Christ, à partager le même héritage, à former un même corps, à participer à la promesse par l'Évangile. " . Et tout cela n’arrive pas par hasard. Il s'agit d'un "mystère", c'est-à-dire d'une décision, d'un projet conçu par Dieu lui-même, "non révélé aux hommes des générations précédentes comme il l'est aujourd'hui". Plan et décision divins qui trouvent leur première manifestation-réalisation dans le fait que "Jésus est né à Bethléem...". Il s'agit du fait que Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité ». Il ne ferme son cœur à personne puisque « sa miséricorde s'étend de génération en génération ».

    Il s'est allié au peuple d'Israël et Israël a droit à l'héritage comme à son fils premier-né, puisque la promesse a été faite à Abraham et à ses descendants. Mais (et c'est précisément le Mystère de Miséricorde que nous célébrons aujourd'hui) nous aussi, chacun de nous aujourd'hui est appelé à posséder le même héritage que nos enfants, nous qui étions morts pour nos fautes et nos péchés. Chacun de nous aujourd’hui est également appelé à participer à la même promesse. De quel droit avions-nous ? De quel droit pourriez-vous vous vanter devant Dieu, de quel titre être appelé « à former un même corps » ? Personne : c'était juste sa miséricorde.

    Écoutez la voix de l'Apôtre : «Je dis... que le Christ s'est fait serviteur des circoncis en faveur de la véracité de Dieu, pour accomplir les promesses des pères; mais les nations païennes glorifient Dieu pour sa miséricorde" (Rm 15,8,9a). Autrement dit : Dieu sauve les enfants d'Israël à cause de sa fidélité à une promesse par laquelle il s'est lié à eux ; Dieu nous sauve à cause de sa seule miséricorde, car il n'a contracté aucune obligation de fidélité envers nous. C'est le Mystère qui a commencé aujourd'hui : le Mystère de la miséricorde de Dieu qui offre son salut à chacun, sans aucune discrimination. Il offre son pardon à tous ceux qui le recherchent d'un cœur sincère.

    2. «Là où est le roi des Juifs... nous sommes venus l'adorer». Ces paroles des Mages indiquent précisément le désir et la recherche de l'homme. Et en effet, la page de l'Évangile est une merveilleuse description de l'homme qui cherche et trouve le salut de Dieu. Si Dieu nous offre son salut par pure miséricorde, l'homme est appelé à s'ouvrir à ce don, à correspondre à cet Amour. Comme? L'Évangile d'aujourd'hui décrit précisément le chemin de l'homme vers la rencontre avec Dieu lui-même.

    Comment commence ce voyage ou cet appel de Dieu au salut ? Dieu appelle par des « signes », la lumière d'une « étoile ». Dans la personne humaine, en chaque personne humaine, il y a une lumière intérieure, une « étoile » qui signifie et indique une Présence, une Réalité qui transcende l'homme : « Seigneur, tu nous as faits pour toi, et notre cœur est inquiet jusqu'à ce que cela ne le fasse pas. repose en Toi." Il y a chez la personne un désir profond et inextinguible de vérité, de bonté, de beauté, en un mot, de béatitude, qu'aucune vérité créée, aucun bien limité, aucune beauté finie ne pourra satisfaire. Tout le bien qu’est l’univers créé est incapable de satisfaire le désir humain. C'est « l'étoile » qui signifie-indique le chemin : « Cherchez au-dessus de nous », nous dit chaque créature.

    Les trois mages se mirent en route : ils n'éteignirent pas en eux-mêmes leur désir. L'homme est appelé par son désir de devenir un chercheur de Dieu. Les Mages ont pris la décision de satisfaire leur recherche ; l'homme ne doit pas décapiter, limiter l'extension de son désir selon la mesure des créatures. Et c'est à ce moment-là que l'homme peut croiser Hérode « qui tente de tuer l'Enfant ». Il peut rencontrer de faux enseignants qui tentent d'empêcher l'homme d'atteindre la Présence de Dieu. Qui sont les faux enseignants aujourd'hui ? Ce sont eux qui réduisent Jésus-Christ au grand maître de la solidarité en niant qu’il soit Dieu venu dans la chair à la rencontre de l’homme. Ce sont eux qui réduisent la personne humaine à un ensemble impersonnel de besoins psycho-physiques à satisfaire. Dans cette situation, l'homme ne sait plus où chercher Dieu : il s'est limité à sa mesure infinie ; la présence de Dieu a été expulsée de l'histoire. Les mages peuvent encore continuer leur recherche ; l'homme qui cherche sincèrement la vérité, qui est fidèle à sa conscience ne pourra jamais être tué par notre culture de mort. Dieu lui-même protège toujours ceux qui le cherchent avec humilité.

    Où ont-ils trouvé Dieu ?   «Ils virent l'enfant avec Marie sa Mère». La présence de Dieu, c'est Jésus-Christ : Il est précisément Dieu fait chair pour pouvoir être trouvé par l'homme. En dehors de Lui, l’homme ne peut chercher Dieu que comme s’il tâtonnait dans l’obscurité. « La grâce de la vérité – écrit saint Jean – se produit par Jésus-Christ » (Jn 1, 17b). La grâce de la vérité, la rencontre avec Dieu est un événement qui se produit dans la vie de l'homme : elle n'est pas d'abord l'apprentissage d'une doctrine ou le résultat d'une ascétisme. C'est la rencontre avec Dieu fait homme.

    CONCLUSION
    Frères et sœurs, tout ce que j'ai dit, ou plutôt : ce que l'Esprit vous a fait comprendre, n'est que la description de ce qui va se passer maintenant et ici maintenant. La célébration des mystères divins est l'événement de la grâce de la vérité, qui se produit dans notre vie, puisque l'Eucharistie est la rencontre réelle avec le Christ et en Lui avec le Père qui aujourd'hui nous a appelés « dans le Christ Jésus à participer à sa promesse ». ".

  • Le cardinal Sarah parle de la musique sacrée, des quatre fins dernières et de la vraie paix

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Le cardinal Sarah parle de la musique sacrée, des quatre fins dernières et de la vraie paix.

    « Nous sommes créés pour chanter les louanges de Dieu Tout-Puissant pour l'éternité », rappelle le cardinal africain aux fidèles.

    Le cardinal Robert Sarah sourit devant la paroisse Saint-Jean-Baptiste à Allentown, dans le New Jersey, à l'occasion de la solennité du Christ-Roi 2025.
    Le cardinal Robert Sarah sourit devant la paroisse Saint-Jean-Baptiste d'Allentown, dans le New Jersey, à l'occasion de la solennité du Christ-Roi 2025. (Photo : Allison Girone/LatinMassPhotographer.com)

    L'importance vitale de la musique sacrée dans la liturgie, la nécessité pour chaque catholique d'être vigilant et préparé aux Quatre Fins Temps, et la reconnaissance que seul le règne du Christ apportera la véritable paix figuraient parmi les messages clés que le cardinal Robert Sarah a apportés aux États-Unis à la fin de l'année dernière.

    La visite du cardinal Sarah aux États-Unis était axée sur le lancement de son nouveau livre, Le Chant de l'Agneau : Musique sacrée et liturgie céleste , coécrit avec le musicien d'église Peter Carter. 

    Dans deux conférences données les 21 et 22 novembre 2025 à l'Université de Princeton, où Carter est directeur de la musique sacrée pour l'Institut Aquinas, le cardinal Sarah a souligné qu'à une époque où, depuis des décennies, la liturgie de l'Église a été « trop souvent instrumentalisée », il est important de comprendre ce qu'est la liturgie et pourquoi la musique sacrée est une partie centrale du culte divin. 

    Constatant que la liturgie « s’est politisée » ces dernières décennies, le préfet émérite du Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements a également défendu ceux qui ont légitimement mis en lumière des abus, dénonçant comme « injuste » le fait que certaines autorités ecclésiastiques aient « persécuté et exclu » ces critiques. 

    Rappelant l’herméneutique de Benoît XVI sur la continuité entre la liturgie réformée et pré-réformée et l’accent mis par le défunt pontife sur le fait que « ce que les générations précédentes considéraient comme sacré demeure sacré et grand pour nous aussi », le cardinal Sarah a déclaré que les abus liturgiques nuisent à la double nature et à la double finalité de la liturgie : « rendre à Dieu Tout-Puissant le culte qui lui est dû » et reconnaître que la liturgie « ne concerne pas ce que nous faisons », mais plutôt ce que le Seigneur « fait pour nous et en nous ». 

    « Par le culte offert par l’Église dans ses rites liturgiques, nous sommes sanctifiés », a souligné le cardinal Sarah, raison pour laquelle « une participation pleine, consciente et réelle à la liturgie est essentielle ». Par participation, a-t-il précisé, il n’entendait pas une multitude d’actions extérieures, mais plutôt l’harmonisation de « nos esprits, de nos cœurs et de nos âmes » avec « le sens des rites, des chants et des prières sacrés de la liturgie de l’Église ».

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  • Les pièces grégoriennes de la fête de l'Epiphanie

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    Du site d'Una Voce :

    Fête de l’Épiphanie de Notre-Seigneur (6 janvier) – Solesmes 33T (1958)

    « Intr. Ecce advénit »Fête de l’Épiphanie de Notre-Seigneur (6 janvier) - Solesmes 33T (1958)
     

    En alternance avec Triors ou encore la Schola Cantorum de Cologne, je vous ai fait parfois écouter les chants de l’Épiphanie par les moines de l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes. C’était dans une interprétation en date de l’année 1969, rééditée en CD par Universal Classics en 2002. Nos amis de l’excellent site Musicologie médiévale m’ont fait découvrir un microsillon plus ancien de 1958 des mêmes moines de Solesmes... (la suite sur le site d'Una Voce)