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BELGICATHO

  • Des hommes mariés bientôt ordonnés prêtres dans le diocèse d'Anvers ?

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    Johan Bonny, évêque d’Anvers, s’est rendu à Rome pour avancer son projet d’ordonner des hommes mariés comme prêtres dans son diocèse d’ici 2028, motivé par la pénurie critique de prêtres.

    Le titre de l’article de La Libre (publié le 14 septembre 2026) reprend ses propres mots : « La nécessité m’y contraint ». Six mois après son annonce dans une lettre pastorale de mars 2026 (dans le cadre de la mise en œuvre du processus synodal), Bonny détaille l’état d’avancement.

    Contexte de la pénurie

    Dans le diocèse d’Anvers, il ne reste plus que 70 prêtres de moins de 70 ans, dont les deux tiers sont d’origine étrangère. Les prêtres cumulent des charges très lourdes, allant d’un clocher à l’autre. Aucun n’est plus rattaché à un hôpital, un mouvement de jeunesse ou une école ; un seul aumônier permanent couvre les cinq établissements pénitentiaires de la province. Bonny estime que le recours à des prêtres étrangers n’est pas une solution durable, notamment pour des raisons de langue.

    La démarche auprès de Rome

    Bonny présente son initiative comme pragmatique et non idéologique. Il a discuté de la question au sein de la Conférence épiscopale belge et lors de la visite ad limina avec le pape François. Ses confrères partagent globalement l’avis, mais l’archevêque Luc Terlinden souligne qu’il s’agit d’une démarche propre à l’évêque d’Anvers.

    En juin 2026, Bonny s’est rendu de sa propre initiative à Rome. Il a rencontré le cardinal Lazarus You Heung-sik (préfet du Dicastère pour le clergé) et le cardinal Mario Grech (secrétaire général du Synode des évêques). Il leur a exposé les chiffres de la pénurie flamande ; ils ont indiqué qu’ils en parleraient au pape Léon. En août, d’autres évêques belges (dont Terlinden) ont aussi rencontré le pape ; Bonny suppose que le sujet a été abordé, sans détails publics.

    Une éventuelle ordination d’hommes mariés (viri probati) dans le rite latin exige l’accord du pape. Bonny ne peut pas modifier la discipline seul.

    Préparatifs à Anvers

    Plusieurs candidats ont déjà été identifiés. Ils suivent une formation théologique et pastorale comparable à celle des autres candidats au sacerdoce, de manière « transparente et discrète, à l’abri du regard des médias ». Les critères sont alignés sur ceux des diacres permanents : âge minimum de 35 ans, accord de l’épouse, vie de famille stable, et plus d’enfants en bas âge.

    Bonny reste optimiste quant à une évolution possible d’ici 2028. Ce projet s’inscrit dans un débat plus large sur le célibat sacerdotal et les besoins pastoraux en Europe occidentale, où la pénurie est particulièrement aiguë.

  • 9 séminaristes font leur rentrée au Grand Séminaire francophone de Belgique : un chiffre historiquement bas

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    Pour l’année académique 2026-2027, le Grand Séminaire francophone de Belgique (à Namur) a fait sa rentrée le lundi 7 septembre 2026.

    Voici la situation selon le discours de rentrée du recteur, l’abbé Joël Spronck (rapporté le 14 septembre 2026) :

    Effectifs

    • 42 hommes sont inscrits au Studium (formation intellectuelle et académique en philosophie et théologie).

    Répartition approximative :

    • 9 séminaristes diocésains (chiffre historiquement bas).
    • 5 nouveaux propédeutes diocésains (année de discernement préparatoire), âgés de 18 à 22 ans.
    • 7 jeunes en formation au Séminaire Redemptoris Mater (Chemin néo-catéchuménal).
    • 7 jeunes à la Maison Saint-Joseph de Namur (propédeutes de la Communauté de l’Emmanuel).
    • 14 religieux, dont deux provenant d’Églises orientales.

    Propédeutique

    Pour la première fois, les propédeutes belges sont accueillis à Metz (et non plus à Namur). Ils y rejoignent des propédeutes de Lorraine, de Strasbourg et du Grand-Duché de Luxembourg dès la fin septembre. Ils reviendront en Belgique pour un expérimental pastoral et une retraite ignatienne.

  • La répression chinoise exploite désormais l’intelligence artificielle de pointe pour étendre son emprise

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    De Massimo Introvigne sur Bitter Winter :

    Anthropic révèle une vaste campagne de diffamation anti-dissidente chinoise générée par une IA

    14 septembre 2026

    La Chine a instrumentalisé Claude pour cibler les dissidents, les minorités religieuses et les journalistes, y compris certains qui écrivent pour « Bitter Winter ».

    Le 11 septembre (date symbolique marquant le 25e anniversaire des attentats du 11-Septembre), Anthropic a publié son rapport de renseignement sur les menaces le plus détaillé à ce jour. Ce rapport documente comment des acteurs étatiques et non étatiques ont tenté d'instrumentaliser son modèle d'IA, Claude, pour des cyberattaques, des opérations d'influence, la surveillance, l'utilisation abusive d'agents biologiques et le développement d'armes. Parmi les conclusions les plus alarmantes figure l'utilisation abusive systématique de Claude par des acteurs basés en Chine et alignés sur l'appareil sécuritaire, de propagande et des affaires religieuses du PCC . Ces opérations ont ciblé des dissidents, des journalistes, des minorités religieuses et des communautés de la diaspora dans le monde entier, y compris des journalistes qui écrivent pour « Bitter Winter ».

    Le rapport montre que l'IA a comblé le fossé traditionnel entre les opérations étatiques sophistiquées et les opérateurs isolés. Des capacités offensives qui nécessitaient autrefois des équipes de cyber-spécialistes aguerris peuvent désormais être mises en œuvre par des individus à l'aide de clés API volées ou de plateformes multi-agents accessibles au public. Anthropic souligne que « les attaques sophistiquées ne requièrent plus d'attaquants sophistiqués » et que les chaînes d'attaques reposant sur l'IA se sont multipliées au sein de toutes les catégories d'acteurs, y compris les services de renseignement étatiques. La Chine figure en bonne place parmi eux.

    L'un des groupes d'activités les plus préoccupants concernait une opération de renseignement en matière religieuse menée depuis la Chine et ciblant des responsables catholiques, la société civile bouddhiste tibétaine, les pratiquants de Falun Gong et les communautés chrétiennes taïwanaises. Les auteurs utilisaient Claude comme prête-nom pour une équipe d'analystes, lui ordonnant de produire des dossiers en chinois, des « ébauches de recherches sur le personnel », des « rapports d'enquête » et des synthèses quotidiennes de « situation ». Ce ciblage reflétait précisément les priorités de la bureaucratie des affaires religieuses du PCC et du Département du travail du Front uni . Dans un cas, un utilisateur s'est ouvertement identifié comme responsable de la sécurité de l'information pour l'État chinois.

    Les acteurs ont collecté les dates et lieux de naissance, les parcours migratoires et les comptes de réseaux sociaux de personnes spécifiques. Ils ont cartographié les lieux de culte, y compris les plans et schémas. Ils ont enjoint Claude d'adopter le « point de vue de la Chine », de qualifier l'administration tibétaine en exil d'« administration séparatiste illégale » et d'appliquer la désignation de « secte maléfique » du PCC au Falun Gong . La couverture médiatique s'étendait à WeChat, Xiaohongshu, Douyin et Weibo, ainsi qu'à LinkedIn, Instagram, Threads, X et Facebook. Le rythme quotidien des reportages ressemblait au fonctionnement interne d'un service gouvernemental.

    Un autre groupe d'utilisateurs a utilisé Claude, un système informatique mis en place par des organes de sécurité publique et de sécurité d'État basés en Chine, pour appuyer la surveillance au titre du « maintien de la stabilité » et la répression transnationale. Une unité municipale de cyberpolice a utilisé Claude Code et des compétences personnalisées pour gérer un système de veille des sentiments, interroger une base de données de surveillance gouvernementale et générer des rapports quotidiens sur les incidents politiquement sensibles. Un élève d'une école de police a utilisé Claude pour identifier dix citoyens privés en vue de les « contrôler », notamment en bloquant leurs pétitions, en leur adressant des convocations coercitives et en surveillant étroitement leurs déplacements et leurs communications. Un bureau local de la sécurité d'État a utilisé Claude pour produire des notes de synthèse quotidiennes sur la « situation », formatées selon des modèles officiels, dressant le profil de militants à l'étranger et demandant des renseignements préalables sur les lieux de manifestations à l'étranger, notamment les marches pro-démocratie à Vancouver, les événements culturels ouïghours en Turquie et les projections au Forum de la liberté d'Oslo.

    Le système automatisé collectait des listes de médias de la société civile avant de produire chaque rapport, assimilant la défense des droits des Ouïghours au terrorisme et les principales organisations de défense des droits humains à des forces hostiles. Ce discours est conforme à la doctrine des « trois guerres » du PCC : la guerre psychologique, la guerre juridique et la guerre d’opinion.

    Une troisième opération impliquait un prestataire basé en Chine, chargé de produire des notes automatisées de « veille de l'opinion publique » pour des clients gouvernementaux. Claude avait pour instruction de se faire passer pour un « analyste principal de l'opinion publique en situation d'urgence au service du gouvernement de la République populaire de Chine ». Le système ingérait quotidiennement entre 15 et plus de 30 articles de presse étrangers provenant de Weibo, X, YouTube, Telegram et Facebook, évaluant leur contenu selon leur sensibilité politique et reformulant les articles critiques envers la RPC en utilisant une terminologie imposée. L'acteur utilisait l'environnement d'exécution de code de Claude pour exécuter un processus entièrement automatisé de génération de documents. Certains documents recommandaient des mesures coercitives qui ne pouvaient être mises en œuvre que par un gouvernement.

    Anthropic a également identifié une opération menée en Syrie par un acteur lié au gouvernement chinois, utilisant l'application Claude pour suivre, profiler et recruter des Ouïghours et des formations armées ouïghoures. Les cibles armées étaient des Ouïghours ayant récemment rejoint l'armée syrienne nouvellement formée, unités que la Chine qualifie d'organisations terroristes. L'acteur a utilisé Claude pour identifier en Syrie des individus susceptibles d'avoir accès à ces formations et a tenté de les recruter en leur offrant une rémunération en échange de renseignements. Parallèlement, il a utilisé Claude pour localiser des entreprises ouïghoures et des points d'intérêt en Syrie. Cette activité s'inscrivait dans le cadre d'une campagne de surveillance plus vaste de la diaspora ouïghoure. Anthropic estime que l'acteur était probablement un sous-traitant travaillant pour le compte des services de sécurité de la Chine plutôt qu'un organe étatique agissant directement, mais les priorités de collecte correspondent à celles de la sécurité intérieure chinoise.

    Le rapport documente également l'utilisation par un acteur basé en Chine du logiciel Claude pour rédiger un cahier des charges de conduite de tir et des documents d'acquisition pour un système d'armes anti-torpilles sous-marines. Cet acteur a produit une proposition technique de 200 pages, un document de synthèse destiné à la direction et des analyses comparatives des systèmes de l'US Navy. Anthropic estime que cet acteur était lié à l'industrie de défense chinoise.

    La section documentant une campagne menée depuis la Chine et ciblant des journalistes ouïghours, dont certains collaborent également à « Bitter Winter », est particulièrement préoccupante. L’auteur de la campagne a utilisé Claude pour structurer des données extraites de groupes WhatsApp et de dizaines de chaînes Telegram, créant ainsi des profils d’individus jugés vulnérables en raison de difficultés financières, de séparation familiale ou de désillusion idéologique. Il a identifié des cibles ayant des proches au Xinjiang, un levier que seule la sécurité intérieure chinoise peut exploiter. Il a planifié une campagne de dénonciation massive et coordonnée, une tentative de délégitimation par des organisations étrangères et une amplification par un réseau de bots contre les journalistes de la diaspora ouïghoure.

    Ces opérations menées depuis la Chine n'étaient pas isolées. Anthropic fait état de campagnes parallèles menées par des acteurs russes et iraniens, notamment des opérations d'influence et des réseaux automatisés de désinformation liés aux Gardiens de la révolution. Cependant, les opérations chinoises se distinguent par leur ampleur, leur structure bureaucratique et leur alignement direct sur les priorités sécuritaires du PCC .

    L'acteur a également rédigé des appels d'offres pour des plateformes de surveillance et des brochures de présentation destinées à des clients gouvernementaux chinois de niveau administratif, suggérant une structure de relation client-fournisseur. Claude a refusé à plusieurs reprises de produire des scripts d'interrogatoires secrets ou de créer en masse de fausses identités, mais il a tenté à plusieurs reprises de contourner les mesures de sécurité.

    Anthropic a perturbé toutes les opérations décrites dans le rapport. L'entreprise souligne que les enseignements tirés ont permis de renforcer les systèmes de sécurité et de détection. Pourtant, les implications sont claires : la Chine ne se contente pas de développer ses propres systèmes d'IA, mais tente activement d'utiliser des modèles d'IA étrangers comme armes pour étendre ses opérations de surveillance, de répression et d'influence.

    Ce rapport confirme ce que « Bitter Winter » documente depuis des années : la répression chinoise ne s’arrête pas à ses frontières. Elle s’adapte, évolue et exploite désormais l’intelligence artificielle de pointe pour étendre son emprise. Le fait que ces opérations aient été déjouées est encourageant. Leur existence même est un signal d’alarme.


    Massimo Introvigne  (né le 14 juin 1955 à Rome) est un sociologue italien des religions. Il est le fondateur et directeur du Centre d'études sur les nouvelles religions ( CESNUR ), un réseau international de chercheurs qui étudient les nouveaux mouvements religieux. Introvigne est l'auteur d'une soixantaine d'ouvrages et de plus d'une centaine d'articles en sociologie des religions. Il a été le principal auteur de l'  Enciclopedia delle religioni in Italia  (Encyclopédie des religions en Italie). Il est membre du comité de rédaction de l'  Interdisciplinary Journal of Research on Religion et du comité de direction de la revue  Nova Religio , publiée par les Presses universitaires de Pennsylvanie .  Du 5 janvier au 31 décembre 2011, il a été « Représentant pour la lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination, avec une attention particulière portée à la discrimination à l’encontre des chrétiens et des membres d’autres religions » de l’  Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe  (OSCE). De 2012 à 2015, il a présidé l’Observatoire de la liberté religieuse , institué par le ministère italien des Affaires étrangères afin de suivre les atteintes à la liberté religieuse dans le monde.
  • Notre-Dame des Sept Douleurs (15 septembre)

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    Notre-Dame des Sept-Douleurs

    Mémoire obligatoire

    (source : Evangile au Quotidien)

    Le 15 septembre (depuis la rénovation liturgique du Pape Saint Pie X en 1914), la Liturgie de l'Église nous invite à faire mémoire des douleurs de la Vierge Marie. « Votre peine, Vierge sacrée, a été la plus grande qu'une pure créature ait jamais endurée ; car toutes les cruautés que nous lisons que l'on a fait subir aux martyrs, ont été légères et comme rien en comparaison de Votre douleur. Elle a été si grande et si immense, qu'elle a crucifié toutes Vos entrailles et a pénétré jusque dans les plus secrets replis de Votre Cœur. Pour moi, ma très pieuse Maîtresse, je suis persuadé que Vous n'auriez jamais pu en souffrir la violence sans mourir, si l'esprit de vie de Votre aimable Fils, pour lequel Vous souffriez de si grands tourments, ne Vous avait soutenue et fortifiée par Sa puissance infinie » (Saint Anselme - "De l'exercice de la Vierge", I, 5) 

    La  Mémoire obligatoire  de Notre-Dame des Sept-Douleurs - que l'Église nous invite, en cette Octave de la Nativité de la Vierge, à méditer plus particulièrement - a pour but de nous rappeler le martyre inouï qu'endura l'Auguste Vierge Marie en tant que Co-Rédemptrice du genre humain. L'Église honore en ce jour Ses incomparables douleurs, spécialement celles qu'Elle ressentit au pied de la Croix au moment de la consommation du mystère de notre Rédemption. Après s'être concentré sur le déchirement de l'âme de Marie au jour de la Passion de Son Divin Fils, jour où Ses souffrances atteignirent leur maximum d'intensité, la piété des fidèles s'est étendue à d'autres douleurs que la Divine Mère éprouva à différentes occasions de Sa Très Sainte vie. Pour illustrer les douleurs de la Vierge Mère, les peintres représentent Son Cœur percé de sept glaives, symbole des sept douleurs principales de la Mère de Dieu, qui la couronnèrent comme Reine des Martyrs. Voici la liste de ces sept douleurs dont le souvenir est cher aux vrais enfants de Marie :

    1. La prophétie du Saint Vieillard Syméon (Luc, 2, 34-35) 
    2. La fuite de la Sainte Famille en Égypte (Matthieu, 2, 13-21) 
    3. La disparition de Jésus pendant trois jours au Temple (Luc, 2, 41-51) 
    4. La rencontre de la Vierge Marie et Jésus sur la via dolorosa (Luc, 23, 27-31) 
    5. Marie contemplant la souffrance et la mort de Jésus sur la Croix (Jean, 19, 25-27) 
    6. La Vierge Marie accueille Son Fils mort dans Ses bras lors de la déposition de Croix. 
    7. La Vierge Marie abandonne le Corps de Son Divin Fils lors de la mise au Saint Sépulcre.

    Contemplons donc dans les bras de la Vierge Marie, l'Homme-Dieu crucifié à cause de nos iniquités et compatissons aux douleurs excessives de notre Mère du Ciel. Joignons nos larmes aux Siennes et détestons nos péchés qui ayant provoqué la mort de Son Divin Fils, ont également été la cause de Son intime martyre. Prions-La de nous obtenir du Sauveur les grâces nécessaires pour profiter de Ses exemples et imiter Ses vertus lorsqu'Il Lui plaira de nous faire part de Ses humiliations, de Ses douleurs et de Sa croix.

    Pour un approfondissement :&
    >>> Notre-Dame des douleurs - Missel

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  • Notre-Dame des Douleurs (15 septembre)

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    L'homélie (homelies.fr - archive 2007) du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ pour cette fête :

    Au lendemain de la Croix glorieuse, l’Église nous invite à porter nos regards vers celle qui se tient debout au pied de cette Croix, dont elle ne perçoit la gloire que dans la foi. Il est difficile - voire impossible en raison de l’opacité de nos âmes obscurcies par le péché - d’entrer dans le mystère de la compassion de Marie. D’autant plus que celui-ci nous introduit probablement dans le mystère de la compassion de l’Esprit Saint lui-même : le Cœur immaculé de la Pleine de grâce n’est-il pas le temple de l’Esprit ?

    Étonnant mystère : en voyant souffrir et mourir son Fils, Marie était sans aucun doute à l’agonie dans son corps et dans son âme de mère ; et pourtant dans son esprit tout illuminé par la grâce divine, elle communiait simultanément à la joie du Crucifié accomplissant son ministère de grand-prêtre pour le salut du monde. Comment la pleine de grâce ne serait-elle pas restée en profonde communion de foi et d’espérance avec son Fils auquel elle était unie par un amour indéfectible ? C’est précisément sur l’horizon de cette communion intime qu’il faut comprendre le dialogue entre Jésus et sa mère sur le Golgotha.

    « Voyant sa mère », c’est-à-dire percevant sa solidarité dans le travail d’enfantement du Monde nouveau, et voulant sans plus attendre l’associer à la joie du surgissement du Royaume, Jésus s’adresse à sa mère en la désignant par le nom de « Femme » - terme qui dans la Bible désigne la Fille de Sion, l’Épouse eschatologique, la nouvelle Jérusalem, la Mère du nouveau peuple de Dieu. A l’aube de sa vie, Marie n’a-t-elle pas été préservée de tout péché personnel et exemptée des conséquences du péché originel par une grâce découlant de la Croix au pied de laquelle elle se tient maintenant ? N’est-elle pas le fruit précoce de cet Arbre de vie ? Marie est la première rachetée et elle le fut de manière suréminente, inégalée ; aussi du haut de la Croix, Jésus contemple-t-il en elle la fécondité de son sacrifice.

    « Femme voici ton Fils » : ces paroles de Jésus ne sont pas des ordres. En confiant le disciple qu’il aimait à Marie, Notre-Seigneur lui signifie sa nouvelle mission dans l’économie du Royaume qu’il instaure par sa victoire. Jésus révèle à Marie sa maternité universelle dans l’Esprit ; cet Esprit qu’elle a reçu en plénitude au moment de l’Incarnation et dans lequel elle sera confirmée dans quelques instants - « inclinant la tête, Jésus remis son Esprit » (Jn 19, 30) - afin de pouvoir l’invoquer sur les apôtres cinquante jours plus tard.

    « Voici ta mère » : Marie ne peut exercer sa maternité en notre faveur, que dans la mesure où nous la reconnaissons comme celle en qui il nous est donné de renaître « de l’eau et de l’Esprit » (Jn 3, 5). La maternité de Marie est un don que nous sommes invités à accueillir filialement, dans la foi ; la même foi en la Parole de Jésus, qui nous permet de recevoir Dieu pour Père dans l’Esprit.

    « A partir de cette heure le disciple la prit chez lui » : l’« Heure » est celle de la glorification de Jésus, du plein dévoilement de sa filiation divine dans l’offrande de tout son être par pur amour. C’est donc à la lumière de la révélation de la philanthropie divine que le disciple est invité à « prendre chez lui » Marie sa mère. Autrement dit nous la recevons comme un don de l’Amour immolé, comme l’héritage à travers lequel Jésus désire continuer à se donner à tous les disciples de tous les temps. Car il fallait que celle qui enfanta la tête enfante aussi le corps. Aussi est-ce par Marie que le Verbe continue à descendre dans l’âme des croyants pour y poursuivre son mystère d’Incarnation, jusqu’à ce que le Christ total soit pleinement constitué.

    « Notre-Dame, debout au pied de la Croix, tu n’as pas interrompu ton Magnificat, car dans la foi tu pressentais le mystère de grâce qui s’accomplissait au cœur de la plus horrible souffrance. La première, et bien avant les lueurs de Pâques, tu as discerné le triomphe de la vie alors même que la mort célébrait sa victoire. Donne-nous assez d’espérance pour reconnaître dans les épreuves du temps présent le chemin paradoxal qui nous donne accès au Royaume à venir. Nous pourrons alors entamer avec le psalmiste ce chant d’action de grâce et d’abandon confiant : “Je suis sûr de toi Seigneur, mes jours sont dans ta main, oui c’est toi mon abri, en tes mains je remets mon esprit” (Ps 30) maintenant et à jamais. »

  • Sens ou non sens de la vie

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    De Jean-Pierre Snyers :

    Sens ou non sens de la vie

    Certains pensent que notre univers n'a aucun sens, qu'il est né du hasard sans porter à sa source la moindre trace d'une téléonomie. Tel est le cas du philosophe et mathématicien Bertrand Russel qui écrivait:  "L'univers est une machine sans âme qui suit une trajectoire aveugle dans l'infini de l'espace et du temps". Albert Camus le pensait aussi et c'est pourquoi il se demandait s'il devait ou non se suicider. En effet, si notre existence  est née d'un simple hasard, sans projet, sans but, sans ligne directrice et sans destinée,  le simple fait de vouloir continuer à vivre ne cautionne t-il pas l'absurde? 
     
    Seulement voilà, comment un univers qui n'a pas de sens peut-il, à travers l'être humain, en arriver à se poser la question de son sens? N'y a t'il pas dans ce cas une fameuse collision, une véritable contradiction? comprenant ce paradoxe, Blaise Pascal écrivait:  "Alors même que l'univers entier m'écraserait, je serais encore plus grand que lui, car lui n'en saurait rien, tandis que moi, je le saurais".  
     
    Par ailleurs, une petite phrase dans la Bible nous dit: "Dieu a mis en nous la pensée de l'éternité". Voilà bien qui pourrait suggérer que nos aspirations les plus profondes (soif d'absolu, désir d'un bonheur, ou d'un amour toujours plus grand...) correspondent non pas à un vide mais à un plein. Exemple: le fait que nous avons des poumons ne laisse t-il pas clairement entendre qu'il y a un air à respirer? Allant dans ce sens, saint Thomas d'Aquin a écrit: "Dieu est la totalité vivante de ce vers quoi notre coeur s'élance"; une pensée que Lamartine rejoindra en nous disant: "L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux" Autrement dit, notre refus des souffrances, des injustices et des deuils que nous connaissons, ne révèlent telles pas que nous sommes porteurs d'une nostalgie d'un "paradis perdu" que nous sommes destinés à retrouver un jour au-delà de cette vie? Qu'en pensez-vous?...
  • Les 71 ans du Pape

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    Le pape Léon XIV fête aujourd’hui ses 71 ans. Né le 14 septembre 1955 à Chicago, il a été élu le 8 mai 2025 et est le premier pape américain de l’histoire, également citoyen péruvien et le premier issu de l’Ordre de Saint-Augustin.

    C’est son deuxième anniversaire en tant que pape. L’année dernière, pour ses 70 ans, les fidèles l’avaient chaleureusement acclamé place Saint-Pierre lors de l’Angélus, avec banderoles, ballons et chants, et il avait remercié Dieu, ses parents et tous ceux qui priaient pour lui.

    Il n'y a pas de grande célébration officielle prévue. L’événement principal est l’inauguration, à la Bibliothèque Apostolique Vaticane, de l’exposition « AQVA », premier volet du cycle quinquennal « Catastrophe et Merveille ». Cette exposition, qui dialogue entre art contemporain (notamment l’artiste JR) et les collections anciennes de la Bibliothèque, traite de l’eau comme ressource vitale et comme menace dans le contexte de la crise climatique. Elle s’inscrit parfaitement dans l’attention que Léon XIV porte au soin de la Création (c’est aussi l’intention de prière du mois de septembre).

    La date coïncide avec la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, un jour qui a toujours marqué sa vie (il célébrait déjà son anniversaire en tant qu’évêque au Pérou en lien avec cette fête).

    Hier, lors de l’Angélus, des fidèles ont déjà commencé à lui chanter joyeux anniversaire. Le pape a insisté sur le pardon comme chemin de paix et a prié pour les victimes du 11-Septembre (25e anniversaire), rappelant que, trois jours après les attentats de 2001, il avait été élu supérieur général des Augustins.

    Son frère John a récemment souligné qu’il affronte les exigences du pontificat « avec une certaine dose d’humour, de force et la détermination de contribuer à rendre le monde meilleur », tout en cherchant à renforcer la foi.

    Souhaitons-lui un joyeux anniversaire et une année de santé, de force et de paix, et prions pour lui, pour son ministère.

  • "Libéral Revolution" relate avec brio la confusion et le déclin post-conciliaires

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    De John Pepino, docteur en philosophie sur le CWR :

    A Liberal Revolution : une chronique magistrale de la confusion et du déclin post-conciliaires

    Le nouveau livre de Hanael Bianchi, fruit d’une décennie de recherches, est un compte rendu équilibré et minutieux de la manière dont Vatican II a été mis en œuvre dans l’archidiocèse de Baltimore.

    Il y a des livres que l’on lit d’une traite, l’index tremblant d’impatience de tourner la page suivante.

    A Liberal Revolution de Hanael Bianchi est de ceux-là.

    Pour les catholiques qui ont subi la liturgie et la catéchèse des années 1970, tout en apercevant autour d’eux des lueurs de la façon dont les choses étaient avant le naufrage, tout ouvrage qui aide à répondre à la question « que s’est-il passé ici ? » comble un besoin. On veut savoir comment une période aussi catastrophique dans la vie de l’Église a pu advenir. Pendant la plus grande partie des années 1980 et 1990, on nous a dit que les conciles mettent du temps à porter leurs fruits et qu’il fallait être patients. Plus de soixante ans plus tard, l’argument conserve ses partisans, tout comme la margarine Parkay et le Sanka maintiennent leur emprise sur la même génération.

    Pour ceux qui préfèrent le beurre véritable et le café, cependant, Bianchi, dans sa reconstruction minutieuse des étapes précises prises pour mettre en œuvre Vatican II dans l’archidiocèse de Baltimore, rejoint la cohorte de chercheurs qui ont étudié les causes de l’effondrement et la manière dont il s’est déroulé dans des secteurs spécifiques de l’Église : Stephen Bullivant sur les États-Unis et le Royaume-Uni ; le P. Joseph Becker sur les jésuites ; le P. Mitchell sur la perte du consensus catholique à l’Université catholique d’Amérique (l’« affaire Curran ») ; Guillaume Cuchet sur l’effondrement de la pratique de la foi en France. On pourrait y ajouter l’acte d’accusation par statistiques de Kenneth Jones sur la chute soudaine et saisissante de tous les indicateurs majeurs de la vie catholique aux États-Unis.

    Tous s’accordent à dire que cela a commencé durant les derniers mois de Vatican II, et que cela s’est produit en son nom ; il ne reste plus qu’à expliquer qui l’a fait et comment.

    Bianchi partage explicitement leur agenda historiographique lorsqu’il déclare : « La question urgente pour les chercheurs… est de savoir pourquoi ce déclin s’est produit si rapidement dans les années qui ont suivi le Concile » (p. 4). Bianchi et ces autres chercheurs n’invoquent pas allègrement « les modernistes » ou « les francs-maçons » : ils nomment des noms, fournissent les dates et les lieux des réunions où les décisions ont été prises, et suivent les baisses inévitables de fréquentation des sacrements, la crise des vocations, les départs du sacerdoce et de la vie religieuse – toute la litanie douloureuse.

    Le livre de Bianchi se concentre sur l’archidiocèse de Baltimore sous l’archevêque Lawrence Shehan (1961-1974). Comme de nombreux évêques conciliaires, il fut finalement trahi par la machine réformatrice même qu’il avait naïvement mise en mouvement. Bien que cette Église locale et son pasteur présentent (comme tout lieu) leurs particularités propres, les catholiques de n’importe quel diocèse de l’Occident reconnaîtront ici la mentalité des réformateurs enthousiastes et les mesures qu’ils ont prises pour mettre en œuvre leur vision. Ce fut, de façon remarquable et triste, la même chose partout : une avant-garde de jeunes prêtres prit le contrôle et imposa son empreinte à l’Église (particulièrement à la liturgie), sans jamais attribuer les dégâts qu’ils causaient à leur propre programme.

    Comme les autres auteurs mentionnés ci-dessus, Bianchi est équitable. Il rapporte qu’au début, de nombreux fidèles accueillirent positivement les réformes les plus évidentes qui suivirent Vatican II, en particulier l’usage de la langue vernaculaire à la messe (p. 76). Il cite l’optimisme de l’archevêque Shehan dès la première page : « Le second Concile du Vatican est à la fois le symbole et la cause de notre présent espoir particulier » (p. 1). Il suit également l’ennui et la confusion généralisée qui se répandirent une fois que la nouveauté du passage à l’anglais (et des autres changements menant à un nouveau Missel en 1969) se fut estompée.

    Il en va de même pour les premières tentatives de ce que nous appellerions aujourd’hui la « synodalité ». À l’époque, cela se manifestait par la prolifération de « conseils » (conseils paroissiaux, conseils de zone, Conseil des hommes catholiques, Conseil pastoral archidiocésain, Conseil pastoral national, etc.). Ceux-ci finirent par désaffectionner les laïcs et ne servirent plus que d’hôtes à la conférence parasitique et révolutionnaire « Call to Action » de 1976.

    Il y aura d’autres livres de ce genre pour couvrir d’autres régions ecclésiastiques dans ce pays et ailleurs ; Bianchi voit son travail comme faisant partie d’un effort visant à fournir une « étude exhaustive » pour retracer « le déclin de l’Église américaine à travers des sources locales » (p. 5). Il se trouve simplement qu’il a commencé par Baltimore. Il convient de dire que son accès à du matériel d’archives protégé enrichit son livre de preuves granulaires qu’il sera difficile d’ignorer. Les lecteurs ne seront pas surpris d’apprendre (de sources externes) que le Dr Bianchi a passé dix ans à rechercher A Liberal Revolution.

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  • Les familles nombreuses sont-elles réellement plus religieuses ?

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    L'étude reproduite ci-dessous concerne la société américaine mais est inspirante pour examiner la situation correspondante en Europe.

    Les familles nombreuses sont-elles réellement plus religieuses ?

    Par Brendan Hodge, The Pillar, 11 septembre 2026

    Dans une société où le contrôle artificiel des naissances est largement disponible et accepté, avoir une famille nombreuse est de plus en plus perçu comme un choix pris principalement par des personnes en dehors du courant dominant, souvent pour des raisons religieuses.

    Mais est-ce vraiment le cas ?

    Le sociologue Ryan Burge a récemment examiné la question sur son site Graphs About Religion et a conclu : « Il est juste de dire que les familles nombreuses sont plus susceptibles d’aller à l’église, mais pas de beaucoup. »

    Il a constaté que 33 % des familles avec quatre enfants ou plus allaient à l’église au moins une fois par semaine, tandis que parmi les familles avec un nombre quelconque d’enfants, 29 % y allaient aussi souvent.

    L’association entre familles nombreuses et religiosité est-elle donc un mythe ? Qu’en est-il du stéréotype de la camionnette pleine d’enfants qui se gare devant l’église pour la messe ?

    The Pillar examine les chiffres.

    Burge a tiré ses données de la Cooperative Election Survey (CES) de 2024, une vaste enquête principalement destinée à l’analyse politique, mais qui pose aussi des questions démographiques et religieuses.

    L’enquête est très large : elle interroge environ 60 000 personnes tous les deux ans. Cela est utile, car l’analyse de petites portions de la population exige un échantillon aussi large que possible.

    Pour maximiser la puissance de notre analyse, nous avons utilisé les trois enquêtes CES les plus récentes – 2024, 2022 et 2020 – et les avons combinées en un seul jeu de données.

    Notre objectif est d’examiner les caractéristiques des familles nombreuses. Pour distinguer les familles plus grandes des plus petites, il faut regarder l’âge auquel les gens sont peu susceptibles d’avoir encore des enfants. Cependant, nous voulons aussi des personnes de la même génération approximativement. Mélanger des personnes nées en 1980 avec des personnes nées en 1940 fausserait les résultats : les familles nombreuses étaient plus courantes 40 ans plus tôt, et la génération des années 1940 était généralement plus religieuse que celle des années 1980. Cela ferait artificiellement paraître les familles nombreuses plus religieuses, alors qu’on observerait simplement que les familles plus âgées étaient à la fois plus grandes et plus religieuses.

    Nous avons donc ciblé les personnes âgées de 40 à 55 ans au moment de l’enquête. Ces personnes étaient susceptibles d’avoir terminé leur période de fécondité, tout en n’étant pas trop éloignées de leurs années de procréation. Les enquêtes datant de 2020 à 2024, cela correspond à des personnes nées entre 1965 et 1984.

    Dans ces trois années d’enquête, 38 300 personnes âgées de 40 à 55 ans ont fourni des réponses sur leur nombre d’enfants. Voici la répartition :

    Nombre d’enfants parmi les 40-55 ans

    • 0 : 35 %
    • 1 : 18 %
    • 2 : 24 %
    • 3 : 13 %
    • 4 : 6 %
    • 5 : 2 %
    • 6 : 1 %
    • 7+ : 1 %

    (Source : Cooperative Election Survey 2020, 2022, 2024)

    Un facteur important était de tenir compte du mariage. Quand on imagine la « grande famille religieuse », on pense généralement à un couple unique ayant eu ensemble un grand nombre d’enfants. Il existe cependant d’autres façons d’arriver à une famille nombreuse : deux personnes ayant chacune des enfants de relations antérieures, ou une personne seule ayant eu plusieurs enfants avec différentes personnes.

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  • Arrêter le suicide assisté, c’est possible. La leçon de l’Angleterre

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    Arrêter le suicide assisté, c’est possible. La leçon de l’Angleterre

    La mobilisation des Églises chrétiennes, avec les évêques catholiques en première ligne, a contribué à la défaite, à la Chambre des communes, du projet de loi qui aurait introduit le suicide assisté en Angleterre et au pays de Galles. Un résultat qui semblait impossible : que la CEI et l’Académie pontificale pour la vie y réfléchissent.

    14_09_2026

    Arrêter la dérive mensongère des lois sur la fin de vie et la légalisation de l’euthanasie, c’est possible, si on le veut. Les faits survenus au Royaume-Uni le démontrent. À la suite d’un débat tenu vendredi soir 11 septembre, au cours duquel les deux camps ont exposé leurs arguments, la Chambre des communes du Royaume-Uni a voté contre le projet de loi qui aurait introduit le suicide assisté, par 286 voix contre et 270 pour, soit une majorité de 16 voix. Après une victoire analogue importante en Écosse, le 17 mars de cette année, et après l’examen le plus approfondi jamais consacré en Angleterre et au pays de Galles à la question du suicide assisté ces dernières années, les parlementaires de Westminster ont rejeté le projet de loi.

    À ce résultat a certainement contribué l’action des évêques de l’Église catholique et anglicane ainsi que des associations civiles pro-vie, qui se sont mobilisées de manière très large contre le suicide assisté, montrant qu’avec la prière, les arguments, l’organisation et le courage, il est possible de faire prévaloir le bien commun et la civilisation pour tous.

    Rappelons que le projet de loi sur le suicide assisté, portant la signature de Kim Leadbeater, avait été présenté à la Chambre des communes, avec une large majorité travailliste, dès le début de la législature il y a deux ans, et l’on prévoyait qu’il deviendrait loi sans difficulté. En deuxième lecture, en novembre 2024, le projet avait été approuvé à une majorité de 55 voix, réduite à 23 voix en troisième lecture en juin 2025. Le texte était ensuite passé à la Chambre des Lords, où, faute de temps, il s’était définitivement enlisé le 27 avril dernier.

    Par la suite, le projet de loi a été représenté, sous une forme substantiellement identique, par la députée Lauren Edwards à la Chambre des communes, où, vendredi, il a été rejeté en deuxième lecture par des députés de tout l’éventail politique, grâce aussi à l’unité d’intention de la dirigeante conservatrice Kemi Badenoch, du dirigeant libéral-démocrate Sir Ed Davey et du dirigeant de Reform UK, Nigel Farage, unis dans l’opposition à la proposition. À eux se sont joints d’importants représentants travaillistes comme Angela Rayner, Wes Streeting et Shabana Mahmood, secrétaire d’État aux Affaires intérieures, et même les extrémistes de gauche de Jeremy Corbyn.

    Le projet de loi sur la fin de vie aurait permis aux adultes dont l’espérance de vie présumée est inférieure à six mois de demander une assistance pour mettre fin à leurs jours, dans le respect de certaines garanties prévues par le texte. Parmi celles-ci figurait l’exigence que la personne demandant le suicide assisté obtienne l’approbation de deux médecins et d’une commission d’experts ; cependant, les dispositions comportaient très peu de garanties protégeant les personnes vulnérables contre le risque d’être contraintes de mettre fin à leurs jours, et ne prévoyaient aucune amélioration des soins palliatifs.

    Le rejet de vendredi devrait marquer un arrêt définitif de l’initiative des travaillistes pour cette législature, jusqu’aux prochaines élections de 2029, d’autant que le nouveau Premier ministre Andy Burnham n’a pas caché sa préférence pour une bonne loi sur les soins palliatifs et son refus de soutenir la proposition de « fin de vie » de son parti, alors que son prédécesseur Starmer avait, dès 2024, soutenu la légalisation du suicide assisté.

    La mobilisation de la société civile, des médecins et des Églises chrétiennes anglaises a été totale et claire – avec veillées de prière, sit-in, cortèges et envoi de courriels – pour sensibiliser chaque député et tous les dirigeants des partis, publiquement, avec une grande clarté et une grande cohérence. L’Église catholique était intervenue par l’intermédiaire de plusieurs évêques contre l’approbation du projet de loi ; ainsi l’archevêque John Sherrington, archevêque de Liverpool et évêque responsable des questions relatives à la vie auprès de la Conférence épiscopale, a exprimé au nom de ses confrères sa gratitude et ses remerciements à ceux qui ont œuvré pour empêcher la poursuite de l’examen parlementaire du projet, ainsi que sa gratitude aux associations de défense des droits des personnes handicapées et aux professionnels du droit et de la santé pour avoir élevé la voix en défense de « la dignité et de la sacralité de toute vie ».

    De même, l’Académie Jean-Paul II pour la vie et la famille a salué le rejet par la Chambre du projet de loi sur le suicide assisté, par un vote qui « protège les personnes vulnérables et défend la dignité de la vie humaine ». L’Église anglicane et son archevêque Sarah Mullally ont elles aussi combattu ouvertement, depuis 2024, le projet de loi jusqu’à la dernière minute, en appelant les députés à voter contre.

    Il s’agit d’une leçon qui devrait être comprise par les responsables de l’Académie pontificale pour la vie et par la présidence de la Conférence épiscopale italienne (CEI), qui en Italie poussent en faveur d’une loi sur le suicide assisté : qu’ils en reviennent à réaffirmer les raisons de la vie, la force de la prière et qu’ils aient le courage d’agir, au lieu de suivre le monde dans sa dérive anti-humaine.

  • Léon XIV : Le risque de bureaucratiser l’Église

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : Le risque de bureaucratiser l’Église

    14 septembre 2026

    Le projet de Léon XIV pour l’Église était clair dès le début : chercher à rétablir l’harmonie en son sein. Sa devise épiscopale, In Illo Uno Unum, le dit clairement. Ses actes, qui jusqu’à présent ont toujours cherché non à diviser, mais plutôt à absorber les tensions, en disent long également.

    Après seize mois, cependant, nous attendons encore un grand nombre de choses nécessaires.

    Nous attendons le premier consistoire de Léon XIV. Nous attendons une série de nominations qui toucheront au moins cinq postes de premier plan à la Curie. Nous attendons les « corrections » de Léon à certaines réformes du pape François.

    Mais Léon XIV ne semble pas se préoccuper des attentes.

    Nous savons déjà que, de chaque côté des diverses lignes de fracture qui traversent l’Église, les gens seront déçus.

    Le monde traditionaliste s’attendait à un revirement soudain et clair de l’ostracisme subi sous le pontificat de François, et il a commencé à s’impatienter (probablement pour une action qui n’arrivera jamais). Le monde progressiste, dans une sorte de négatif photographique du monde traditionaliste, a multiplié les exercices mentaux pour interpréter tout ce que Léon a fait dans la continuité de son prédécesseur immédiat, et ces exercices ne pourront retarder la déception que pour un temps.

    La vision de Léon XIV pour l’Église est devenue encore plus claire le 10 septembre, lorsqu’il a rencontré le groupe des évêques nouvellement nommés, venus à Rome pour le traditionnel cours annuel des « baby bishops ».

    Le Pape leur a demandé d’être paternels, comme il l’avait déjà fait avec les évêques de la Conférence épiscopale latine des régions arabes lors d’une audience le 4 septembre. Cette paternité se nourrit du discipulat, en pleine cohérence avec le charisme augustinien et son propre charisme missionnaire personnel. Léon XIV a déclaré désirer une Église dotée d’une hiérarchie, mais qui maintienne une forte communion et une grande collégialité. La communion implique une « paix désarmée et désarmante » — selon la célèbre expression prononcée par le Pape la première fois qu’il est apparu en tant que pape —, tandis que la collégialité signifie la participation de tous au gouvernement, ou du moins aux discussions.

    C’est aussi pour cette raison que Léon XIV n’a pas interrompu le processus synodal, mais a appelé à avancer sur la question de la synodalité. Les groupes de travail nés après le Synode de 2023 ont continué à se réunir, à publier des documents et à formuler des propositions. Et c’est précisément dans ce processus que réside l’un des grands risques du pontificat.

    Le risque de cette approche est le suivant : que, dans le désir de ne pas annuler les processus, ceux qui sont déjà en cours ne deviennent purement bureaucratiques. En bref, le risque est de bureaucratiser l’Église. Les rapports des Groupes 6 et 7 du parcours synodal en offrent un exemple éloquent.

    Le Groupe 6 étudie les relations entre les évêques, la vie consacrée et les congrégations ecclésiales. Le Groupe 7 discute de la nature et de la conduite des visites ad limina Apostolorum, c’est-à-dire les visites périodiques que les évêques de chaque pays doivent effectuer à Rome.

    Ces rapports sont des propositions soumises au Saint-Père, qui peut en disposer librement. En bref, ce ne sont pas des décisions, et même si le Pape devait décider, elles devraient être traduites en orientations opérationnelles impliquant les dicastères concernés.

    Pourquoi risquent-ils d’être bureaucratiques ?

    Parce que les deux documents abordent, de manières différentes, les formes possibles d’autorité dans l’Église, mais le font en offrant des solutions procédurales, et les procédures rendent toujours tout plus compliqué.

    Sans parler du langage.

    Concernant la relation entre diocèses et institutions religieuses, le rapport parle d’une « conversion relationnelle », appelant à dépasser les relations « purement hiérarchiques ». De plus, le rapport demande une plus grande clarté sur les critères théologiques et juridiques pour reconnaître de nouveaux instituts religieux et de nouvelles formes de vie consacrée.

    Il propose même des accords ou contrats d’entente obligatoires entre diocèses et institutions religieuses, qui définissent clairement les engagements pris, les aspects financiers, la gestion des œuvres et les responsabilités mutuelles.

    Ces propositions naissent de problèmes concrets : un autoritarisme ou une centralisation excessifs, et un manque de compréhension de la manière dont diocèses et institutions religieuses gèrent leurs relations. Mais le problème n’est pas le schéma lui-même. Il réside plutôt dans les personnes, dans la façon dont elles exercent l’autorité.

    Léon XIV le sait, et c’est probablement pourquoi il insiste sur la question de la paternité. Mais en même temps, il a laissé le débat synodal, avec son modus procedendi lent et lourd — en un mot, sa bureaucratie — se poursuivre, et se poursuivre, sans même clarifier les questions pratiques, à savoir que le Synode ne peut pas être un organe délibératif, et que le Synode n’est pas un petit parlement.

    Il existe des exemples vertueux.

    En Norvège, Mgr Fredrik Hansen, évêque d’Oslo, a convoqué le premier synode diocésain de l’histoire, déclarant ouvertement qu’il ne s’agissait pas d’un synode visant à changer la doctrine de l’Église, car ce n’était pas un parlement. Il a même cité les synodes de saint Charles Borromée, le cardinal archevêque de Milan pendant la Contre-Réforme, comme exemple.

    Aux Pays-Bas, l’évêque auxiliaire Rob Mutsaerts a vivement critiqué le Synode et a appelé à évaluer les expériences pastorales sur des indicateurs concrets, tels que les vocations, la fréquentation de la messe et la pratique de la confession.

    Mais la décision de Léon XIV de laisser le débat se poursuivre sans une parole claire sur la situation risque non seulement de créer de la confusion, mais aussi de créer les conditions d’une bureaucratisation supplémentaire de la Curie.

    Cela semble un sujet vague, mais ce n’est pas le cas.

    Le pape François a inauguré l’ère des commissions — pour la réforme de la communication, pour la réforme économique, pour la réforme de la Curie — et cela a créé, il est vrai, une poussée vers l’efficacité, mais aussi une bureaucratie qui n’avait rien d’efficace. Un exemple concret est la réforme de l’économie vaticane, dans laquelle les pouvoirs de l’Administration du Siège apostolique ont été retirés puis rétablis en l’espace de quelques mois. La réforme de l’État de la Cité du Vatican est un autre cas d’école, avec trois projets de Loi fondamentale du Vatican en seulement quelques mois.

    Que compte faire Léon XIV ?

    D’une part, le Saint-Siège a besoin d’une meilleure organisation. D’autre part, le Saint-Siège a besoin de bonnes personnes, douées de bon sens, qui s’en soucient et puissent gérer une structure complexe de manière professionnelle et logique.

    Puis, il y a le besoin de managers.

    Pour l’instant, Léon XIV a choisi une manager, Montse Alvarado, pour diriger le Dicastère pour la Communication et siéger au conseil d’administration de la Fondation Fratello Sole. Mais il n’a pas encore choisi ses généraux, les évêques et cardinaux qui l’assisteront dans le gouvernement. Il s’est jusqu’à présent appuyé sur une structure avec laquelle il n’a pas eu de conflit, mais qui, sous François, a en fait produit de nombreuses déclarations d’intention et une image de l’Église qui reflète une structure de participation démocratique, quasi parlementaire, plutôt qu’une communauté de fidèles.

    Tandis que Léon avance à son rythme lent vers le choix de sa propre équipe, le jugement sur son pontificat reste suspendu faute de preuves. À un moment donné, cependant, les non-décisions deviennent des décisions. La bureaucratisation initiée par le pape François continuera son œuvre, et broiera tout élan qu’un changement de leadership papal aurait pu apporter.

    Peut-être paradoxalement, le pape François a utilisé la bureaucratisation pour s’assurer d’être le seul décideur, tout en donnant l’impression d’écouter tout le monde.

    Léon XIV a ici une opportunité, mais la fenêtre se referme.

  • Fête de la Croix Glorieuse (14 septembre)

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    10 MOSAIC NAPLES CRUCIFIX.jpgSur Missel.free.fr :

    Chacun se souvient comment la vraie croix avait été retrouvée par sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin[1] (voir au 18 août). En 335, l'empereur Constantin, invite pour le trentième anniversaire de son avènement, les Pères réunis à Tyr à la dédicace des deux basiliques[2] qui doit avoir lieu le 13 septembre à Jérusalem.

    Le lendemain de la dédicace, le dimanche 14 septembre, l'évêque de Jérusalem montre pour la première fois à la foule le bois sacré de la Croix (l'hyposis) et, sur ordre de Constantin, les Pères décrètent la célébration annuelle de la dédicace et de l'exaltation, au 14 septembre. Un morceau de la Croix étant apporté à Constantinople, on y célèbre la même fête avec l'hyposis. Cette fête est répandue dans tout l'Orient dès le VII° siècle, et on la trouve à Rome au plus tard au temps du pape Serge I° (687-701) à la notice duquel, dans le Liber pontificalis, on trouve la mention suivante : En la sacristie du bienheureux apôtre Pierre, se trouve un reliquaire où est renfermée un précieuse et considérable portion du bois salutaire de la croix du Sauveur ... Au jour de l'Exaltation de la sainte croix, le peuple chrétien baise et adore cette relique dans la basilique constantinienne du Saint-Sauveur[3].

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