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BELGICATHO

  • Qu'est-ce que cela fait d'être un écrivain catholique de nos jours ?

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    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    Confessions d'un écrivain catholique

    Récemment, quelqu'un m'a demandé ce que cela faisait d'être un écrivain catholique de nos jours. J'en suis resté bouche bée. Car la situation d'un écrivain catholique aujourd'hui ressemble beaucoup à celle de tout catholique : nous sommes tous désemparés face à tant de choses qui semblent désormais échapper à la pensée et à l'action rationnelles. Sauf que c'est pire pour l'écrivain, car il doit coucher ses mots sur le papier pour tenter de donner un sens non seulement aux grands mystères et aux controverses morales, mais aussi à leur lien avec le chaos actuel. Face à une page blanche – ou plus souvent à un écran vide –, le mieux qu'il puisse faire est d'implorer la Miséricorde divine de lui inspirer quelques phrases convenables qui puissent faire jaillir une lueur d'espoir au milieu des ténèbres et du tumulte.

    Notre époque est marquée par ce que le philosophe Paul Ricoeur appelait une « herméneutique du soupçon » – à propos de tout, dans l’Église comme dans le monde. Ce qui n’est pas totalement erroné, tant que cela ne devient pas le seul prisme à travers lequel nous percevons le monde. Mais les réseaux sociaux ont eu pour effet supplémentaire d’attiser les doutes et les conflits jusqu’à frôler l’hystérie. Sur ces « plateformes », chaque événement devient soit l’apocalypse cosmique finale, soit une « nouvelle effusion du Saint-Esprit ». 

    Un auteur catholique se doit de dire la vérité qu'il peut, avec sobriété, sans crainte ni complaisance, face à tout cela, sans alimenter l'hystérie ni le désespoir. Mais, compte tenu de la nature des communications modernes, nous naviguons tous à peine sur une mer instable de faits mal compris, de conclusions hâtives et, par conséquent, d'incertitudes quant aux questions graves qui exigent prudence, réflexion et discernement – ​​un ascétisme, au sens propre du terme. 

    D'après mon expérience ? 

    J'ai assisté physiquement à Rome à presque tous les événements controversés de l'Église depuis l'élection du pape François en 2013. Malgré de nombreuses zones d'ombre et des ambiguïtés, je suis presque certain de certains aspects de ces douze dernières années. (Lorsque l'éminent historien Henry Sire a publié son ouvrage « Le Pape dictateur » sur François en 2018, j'étais convaincu qu'il avait déjà une vision d'ensemble à 75 %. Et je le suis toujours.) 

    Mais le plus souvent, notamment dans les commentaires diffusés sur les réseaux sociaux, j'ai observé des gens faire des suppositions, généralement erronées, et voir des motifs sinistres – voire des complots – alors que bien souvent, l'ignorance, la paresse et l'incompétence romaines suffisent comme explications. 

    La papauté est une monarchie non héréditaire où les intrigues de palais sont particulièrement fréquentes. On a également constaté ces dernières années des tentatives de coups d'État hétérodoxes qui, pour la plupart, ont échoué en raison de leur caractère fondamentalement vain. (Voir sous la rubrique : « synodalité »).

    Benoît XVI lors d'une messe de canonisation à Rome , 2010 [Source : Wikipédia]

    L'analogie la plus proche de tout cela est ce que George Orwell, ce troublant révélateur de vérité, disait de la guerre civile espagnole (qu'il a couverte personnellement en tant que journaliste). Cela est encore plus vrai pour divers conflits à l'ère des réseaux sociaux :

    J'ai vu des articles de journaux qui ne correspondaient en rien aux faits, pas même au lien sous-entendu dans un mensonge ordinaire. J'ai vu des récits de grandes batailles où il n'y avait pas eu de combats, et un silence complet là où des centaines d'hommes avaient péri. J'ai vu des troupes qui avaient combattu avec bravoure dénoncées comme des lâches et des traîtres, et d'autres, qui n'avaient jamais vu un seul coup de feu, saluées comme les héros de victoires imaginaires. J'ai vu des journaux londoniens colporter ces mensonges et des intellectuels zélés bâtir des récits émotionnels sur des événements qui ne s'étaient jamais produits. (« Retour sur la guerre d'Espagne »)

    La plupart de ces propos, hier comme aujourd'hui, sont manifestement le fruit de journalistes et d'intellectuels désireux d' exprimer avec passion et de dire quelque chose d'important sur ce qu'ils perçoivent comme une question morale ou politique radicale – mais de manière abstraite, sans lien avec la réalité, sans fondement vérifiable. Le plus souvent, quelques faits avérés sont transformés en article ou en tribune, puis rattachés à un grand récit qui, au mieux, n'a qu'un vague rapport avec la réalité. 

    Aujourd'hui, les gens portent aussi couramment des jugements sévères sur les autres en ligne, à distance – notre pape argentin était passé maître dans l'art de psychanalyser des prêtres et des laïcs traditionnels qu'il n'avait jamais rencontrés – des jugements qu'ils ne porteraient jamais sur des personnes qu'ils connaissent réellement, étant donné la difficulté de vraiment connaître une autre personne, même soi-même. 

    Il existe un problème connexe concernant le journalisme de base, d'autant plus que les écoles de journalisme encouragent l'activisme progressiste plutôt que le simple récit. Le regretté et brillant polymathe Michael Crichton a forgé un terme pour décrire ce phénomène : « l'effet d'amnésie de Gell-Mann ». 

    Si vous prenez un journal ou un magazine (et encore plus certains posts sur les réseaux sociaux) et que vous lisez un article sur un sujet que vous maîtrisez, vous constaterez généralement que l'auteur a commis de nombreuses erreurs, voire des contresens, dus à une approche hâtive, superficielle ou partiale. Vous ignorez l'article. Mais ensuite, vous ouvrez un autre article du même journal, portant sur un sujet qui vous est inconnu. Vous oubliez aussitôt (d'où cette « amnésie ») à quel point la plupart des auteurs sont faillibles et vous considérez le nouvel article comme fiable et instructif.

    Il n'est pas étonnant que la plupart d'entre nous se promènent aujourd'hui avec la tête pleine d'un tas inhabituel de mensonges, d'absurdités et de passions mal placées, grâce aux « technologies de l'information ». Et l'IA ne fait qu'empirer les choses.

    Alors, que faire ? Difficile à dire, mais voici ce que disait Benoît XVI à son Schülerkreis , un groupe de ses anciens élèves : « Comment parler de Dieu aujourd’hui ? »

    Nul ne peut posséder la vérité. C'est la vérité qui nous possède, elle est vivante ! Nous ne la possédons pas, mais elle nous porte. Ce n'est qu'en nous laissant guider et émouvoir par elle que nous demeurons en elle. Ce n'est qu'en étant, avec elle et en elle, pèlerins de la vérité qu'elle est en nous et pour nous. Je crois qu'il nous faut réapprendre à « ne pas posséder la vérité »… Nous devons apprendre à nous laisser émouvoir et guider par elle. Et alors elle brillera de nouveau : si la vérité elle-même nous guide et nous pénètre. 

    De bons conseils pour tous, et particulièrement pour l'écrivain catholique.

    __________

    Vous pourriez également apprécier :

    James V. Schall, SJ Sur les faits et les vérités

    Howard Kainz  Qu'est-ce que la vérité ?

  • L’ECLJ alerte l’ONU sur la situation des chrétiens dans le monde

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    De Constance Avenel sur le site de l'ECLJ :

    L’ECLJ alerte l’ONU sur la situation des chrétiens dans le monde

    5 Mai 2026

    Partout dans le monde, les chrétiens sont de plus en plus pris pour cible en raison de leur foi, en Europe comme ailleurs, et tout particulièrement dans certains pays musulmans. Les violences à leur encontre augmentent, tout comme l’hostilité dont ils font l’objet, à la fois médiatique, sociétale et culturelle. À ces pressions s’ajoute, dans certains cas, une répression d’origine étatique, en dépit des engagements nationaux et internationaux en matière de liberté religieuse. 

    En avril 2026, le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) a soumis une contribution (en anglais uniquement) au Secrétaire général des Nations unies afin d’alerter sur cette situation préoccupante. Répondant à son appel pour son rapport sur la lutte contre l’intolérance fondée sur la religion, ce document appelle à un renforcement de la protection des chrétiens à travers le monde, notamment en Europe, mais aussi en Algérie, en Turquie et au Pakistan.

    Une société hostile et violente envers les chrétiens en Europe

    En Europe, l’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination contre les chrétiens (OIDAC) a recensé 2 211 crimes de haine antichrétiens dans 35 pays en 2024, incluant des actes de vandalisme, des incendies d’églises, des agressions physiques ou même des homicides. La France est le pays le plus touché (770 incidents recensés par la police), suivie de l’Allemagne (337 incidents, en hausse de 22%) et de l’Espagne. En septembre 2025 à Lyon, un chrétien irakien réfugié était tué avec une machette alors qu’il témoignait de sa foi sur TikTok, par un Algérien en situation irrégulière, lié à l’État islamique.

    Ces violences ne se limitent pas aux actes physiques. Les chrétiens font face à une hostilité diffuse dans les médias, dans l’espace numérique et dans la vie professionnelle. Au Royaume-Uni, 56% des chrétiens déclarent avoir été moqués ou rejetés socialement en raison de leurs convictions. Les objecteurs de conscience sont de plus en plus exposés: en Allemagne, l’avortement est désormais intégré aux formations médicales obligatoires; en Espagne, les médecins refusant de pratiquer des avortements doivent s’inscrire sur un registre officiel. L’ECLJ documente cette réalité dans un rapport consacré à la «christianophobie et haine anti-chrétienne en Europe».

    Malgré les résolutions onusiennes qui reconnaissent la haine antichrétienne comme une forme d’intolérance religieuse, aucun mécanisme institutionnel européen dédié n’existe pour lutter contre les haines antichrétiennes, contrairement à ce qui existe pour l’antisémitisme et la haine antimusulmane. Le Parlement européen l’a lui-même reconnu dans sa résolution du 21 janvier 2026: «bien que le christianisme soit aujourd’hui la religion la plus persécutée dans le monde, aucun coordinateur européen de lutte contre la haine antichrétienne n’a été désigné». Ce déséquilibre se retrouve également dans la collecte de données et dans les priorités politiques: les incidents antichrétiens sont généralement noyés dans la catégorie générique «religion», là où les actes antisémites et antimusulmans font l’objet d’un suivi distinct et prioritaire.

    Une résolution a été adoptée par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe le 21 avril dernier, qui s’intitule «Lutter contre la discrimination fondée sur la religion et protéger la liberté de religion ou de conviction en Europe». Mais en réalité, celle-ci n’intègre pas pleinement la réalité des attaques et discriminations visant les chrétiens. L’ECLJ a donc saisi la Présidente de l’APCE par une pétition réclamant une prise en compte équilibrée des atteintes subies par les chrétiens, ainsi que des réponses concrètes.

    Ces tendances observées en Europe prennent une dimension encore plus préoccupante dans certains pays musulmans comme la Turquie, le Pakistan ou l’Algérie, où les attaques contre les chrétiens sont plus structurelles et systématiques.

    Turquie: discriminations institutionnelles et expulsions systématiques des chrétiens

    En Turquie, les communautés chrétiennes subissent des discriminations profondément enracinées dans le cadre juridique et institutionnel. Ces éléments font l’objet d’une analyse approfondie dans un rapport de l’ECLJ intitulé «La persécution des chrétiens en Turquie». Aucune Église, grecque, arménienne ou catholique, ne dispose de la personnalité juridique, rendant impossible la propriété de biens, l’emploi de personnel ou l’ouverture d’un compte bancaire en leur propre nom. Des milliers de propriétés ont été expropriées ou placées sous tutelle de l’État. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné à de multiples reprises la Turquie pour ces violations, des affaires dans lesquelles l’ECLJ intervient régulièrement.

    Par ailleurs, depuis 2016, la Turquie mène une politique systématique d’expulsion de chrétiens étrangers, pasteurs, missionnaires, conjoints de ressortissants turcs, sur la base de classifications opaques de «sécurité nationale». Entre 2019 et 2025, au moins 178 chrétiens étrangers ont été bannis ou expulsés, et près de 380 personnes affectées au total. Le Parlement européen a fermement condamné ces expulsions dans une résolution adoptée en février 2026. L’ECLJ est directement impliqué dans la défense de ces victimes, en particulier dans l’affaire Wilson où une vingtaine de requêtes ont été jointes.

    Pakistan et Algérie: répression légale et marginalisation

    Au Pakistan, l’article 295-C du Code pénal prévoit la peine de mort pour blasphème contre le Prophète de l’islam. Des chrétiens se retrouvent arbitrairement dans le couloir de la mort pour des accusations souvent infondées. Par ailleurs, environ 1 000 femmes de confessions chrétienne ou hindoue seraient contraintes chaque année de se convertir à l’islam et d’épouser des hommes musulmans. En février 2026, l’ECLJ a saisi le Rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires pour alerter sur ces graves violations. Dans une résolution du 22 avril 2026, des experts de l’ONU s’inquiètent des conversions forcées dans le cadre du mariage au Pakistan.

    En Algérie, l’islam est religion d’État et la révision constitutionnelle de 2020 a supprimé la protection de la liberté de conscience. Dans un rapport publié ce mois d’avril 2026 sur «L'oppression des chrétiens d’Algérie», l’ECLJ détaille la répression légale à laquelle les autorités soumettent les chrétiens. Une ordonnance de 2006 soumet les lieux de culte non musulmans à un régime d’autorisation quasi-systématiquement refusé: 58 églises protestantes ont été forcées de fermer depuis lors. La pratique chrétienne expose également ses membres à des poursuites pénales pour prosélytisme ou blasphème, passibles jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.

    Ces diverses mesures prises à l’encontre des chrétiens, en Turquie, en Algérie ou encore au Pakistan, soulèvent de sérieuses préoccupations au regard du droit international. Beaucoup d’entre elles sont incompatibles avec les dispositions de la CEDH ainsi qu’avec celles du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auxquels ces États sont parties, et qui garantissent le droit à la liberté de religion ou de conviction, y compris la liberté de manifester sa religion par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’observance. Plus largement, ces mesures traduisent un schéma de discrimination structurelle, contraire aux principes d’égalité et de non-discrimination consacrés par ces mêmes textes.

    L’ECLJ appelle à agir 

    L’ECLJ appelle le Secrétaire général de l’ONU et les États membres à renforcer la protection égale de tous les groupes religieux, en particulier en améliorant la collecte de données sur les incidents antichrétiens et en garantissant l’enquête effective sur les crimes de haine. Nous demandons également à la Turquie, au Pakistan et à l’Algérie de mettre leur droit interne en conformité avec leurs engagements internationaux, notamment au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

    Christianophobie : ça suffit !
    Lire et signer le texte complet de la pétition

    9,664 SIGNATURES

  • Pour ou contre la doctrine de la « guerre juste »; une polémique qui divise aussi l’Église

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Pour ou contre la doctrine de la « guerre juste ». Une polémique qui divise aussi l’Église

    (s.m.) Demain 7 mai, le pape Léon XIV recevra en audience Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, qui est catholique. Leur entretien portera sur la question capitale de la paix et de la guerre, qui a déjà été déjà amorcée d’abord par les grossières attaques verbales à répétition lancée par le président Donald Trump à l’encontre du pape et ensuite par la leçon de théologie malvenue en matière de « guerre juste » infligée encore une fois au pape, quelques jours plus tard, par le vice-président JD Vance, également catholique.

    Le pape Léon prêche la paix d’une part comme un choix personnel susceptible de conduire jusqu’au martyre et d’autre part comme un choix public impliquant le droit – et pour l’État le devoir – de défendre, au besoin par les armes, la liberté et la vie (sur la photo, l’archevêque majeur de l’Église grecque catholique ukrainienne, Mgr Sviatoslav Chevtchouk en prière à Bucha, après le massacre perpétré par les envahisseurs russes). Settimo Cielo avait d’ailleurs publié un article sur le sujet le 12 janvier en citant, pour soutenir ces deux chemins de paix, Flavio Felice, professeur d’histoire des doctrines politiques à l’Université pontificale du Latran.

    Mais tout de suite, Daniele Menozzi, ancien professeur d'histoire contemporaine à la Normale de Pise et auteur d'un volume imposant précisément sur « L'Église, la paix et la guerre au XXe siècle », s'était empressé de contester cette exégèse du magistère du pape Léon, l’attribuant aux « partisans irréductibles de l'idéologie de la "guerre juste" » et soutenant au contraire que — dans la lignée de ce que prêche le pape François — « la guerre est toujours une erreur » et que, par conséquent, la doctrine de la « guerre juste » ne tient plus la route.

    Selon le professeur Menozzi, il faudrait au contraire promouvoir aujourd’hui une « pédagogie de la non-violence » qui enseigne à « répondre au mal de l’injustice sans recourir au mal des armes », comme s’il la société et les fidèles catholiques souffraient d’un amour immodéré des armes et pour la guerre qu’il faudrait soigner.

    Pourtant, dans les faits, tous les sondages confirment que le sentiment qui domine – surtout en Italie – est totalement opposé au bellicisme. Un sentiment qu’Ernesto Galli della Loggia, ancien professeur d’histoire politique à l’Université de Pérouse, a d’ailleurs qualifié de « syndrome de la proie », dans un éditorial très critique publié dans le « Corriere della Sera » du 4 mai.

    Quelques jours plus tôt, toujours dans le « Corriere », un autre expert reconnu, Angelo Panebianco, professeur de sciences politiques à l’Université de Bologne, avait pris acte de ce sentiment répandu et pointé du doigt ses sérieuses lacunes, dans un éditorial intitulé « Se défendre pour avoir la paix » qui culminait en un appel à ce que l’Église « aide les Italiens » à « se débarrasser des alibis et des idéologies pacifistes » dangereuses.

    Et c’est sur cet appel du professeur Panebianco que s’appuie le commentaire publié ci-dessous. Il est signé par un autre professeur bien connu, Sergio Belardinelli, professeur de sociologie des processus culturels à l’Université de Bologne et coordinateur scientifique du Comité pour le projet culturel de la Conférence épiscopale italienne à l’époque où elle était présidée par le cardinal Camillo Ruini.

    Le professeur Belardinelli cite un autre commentaire publié le 1er mai dans le « Corriere » par Andrea Riccardi, qui est le fondateur et le dirigeant de la Communauté de Sant’Egidio. D’après ce dernier, c’est le pape François qui avait raison quand il disait qu’ « aujourd’hui, il est très difficile de défendre des critères rationnels imaginés à une autre époque pour parler de la possibilité d’une ‘guerre juste’ ».

    Le pacifisme de Riccardi est identique à celui dans lequel baigne la Conférence épiscopale italienne présidée par le cardinal Matteo Zuppi, qui fait lui aussi partie de la Communauté de Sant’Egidio, à l’instar d’une prise de position récente contre les fabricants et les marchands d’armes du cardinal et théologien Roberto Repole, archevêque de Turin et auparavant président de l’Association théologique italienne, également cité sur un ton polémique par le professeur Belardinelli.

    Son commentaire sort aujourd’hui simultanément sur Settimo Cielo et dans le quotidien italien « Il Foglio » :

    *

    Le devoir de toute société de se défendre, au besoin par les armes

    de Sergio Belardinelli

    Dans le « Corriere della Sera » du mardi 28 avril, Angelo Panebianco a lancé une sorte d’appel à toutes les forces politiques italiennes, pour leur faire comprendre l’importance de « se défendre pour avoir la paix ».

    Dans un contexte international de plus en plus caractérisé par le bruit des armes, il est aussi curieux que dramatique de voir nos élites politiques se bornent à exorciser la question de la défense nationale, au lieu de prendre à bras-le-corps. Elles s'en déchargent, au gré des opportunités, tantôt sur l'ONU, tantôt sur l'Europe ou sur l'OTAN, se réservant cyniquement le seul amour de la paix — comme si ce sentiment suffisait à nous prémunir contre d'éventuels agresseurs. Or, une telle pédagogie civile médiocre, bien qu’empreinte de nobles idéaux, alimente dans les faits la peur au sein de la population et laisse le pays sans défense, non seulement sur le plan militaire, mais également en matière culturelle.

    C’est dans ce climat de désarroi généralisé, me semble-t-il, que Panebianco, au terme de son éditorial, choisit de s’adresser directement à l’Église.

    « L’Église – écrit-il – peut jouer un rôle important pour aider les Italiens, effrayés et ne sachant plus à qui se vouer, à ne pas enfouir leur tête dans le sable et à les rendre conscients des risques que l’époque actuelle fait peser sur nous. C’est vrai, nous vivons dans une société sécularisée. Mais cela ne change rien au fait que, pour beaucoup d’Italiens, l’Église reste un repère moral majeur. Il est essentiel que les évêques italiens, tout en lançant des appels bien légitimes à la paix, aident les Italiens à comprendre qu’il n’y a pas de contraction entre vouloir la paix et se défendre des dangers potentiels, autrement dit qu’il n’y a pas de contradiction entre adopter une posture pacifique, sans la moindre agressivité à l’encontre de qui que ce soit, et dans le même temps reconnaître non pas seulement le droit mais même le devoir des gouvernements de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour défendre leur pays des potentielles agressions extérieures. Si certains ont raison de penser que les dangers ne feront qu’augmenter à l’avenir, alors il faudrait aider les Italiens à en prendre conscience. Ce qui signifie, en premier lieu, se débarrasser des alibis et des idéologies dangereuses ».

    Je crois personnellement que l’Église italienne devrait avoir le courage d’entendre cet appel, ne serait-ce que parce qu’elle lui offre l’occasion parfaite de réaffirmer ce que le pape Léon XIV a rappelé le jour de son élection, quand il a déclaré que la paix dont l’Église parle est celle de Jésus, et pas l’une de ces idéologies pacifistes qui contribuent, parfois sans le vouloir, à répandre la peur et même la haine dans la société.

    Il ne s’agit donc pas, bien entendu, de légitimer une politique plutôt qu’une autre, ni de réitérer simplement la pertinence de la doctrine millénaire de la guerre juste. Comme l’a rappelé Andrea Riccardi dans le « Corriere della Sera » du 1er mai, rien n’empêche que l’on mette à jour cette doctrine, à la lumière de la nouvelle réalité des guerres modernes.

    Mais il ne s’agit pas non plus de réduire le magistère de l’Église à des positions qui, sous couvert de non-violence, finiraient par nier à ceux qui sont victimes d'agressions (en général les plus faibles) leur droit fondamental à la légitime défense. Et c’est précisément ce droit – et ce droit seulement – qui pourrait justifier que l’on investisse des ressources dans l’armement. C’est important de le répéter, surtout si l’on veut défendre la radicalité du message de l’Évangile sans le dissoudre dans l’irréel.

    Dans un monde où l’avidité des puissants semble ne plus connaître de limites, il est important que l’Église ait une parole forte en faveur de la paix et de la justice, ce qui est par ailleurs le cas depuis longtemps, sans pour autant se confondre avec le pacifisme de ceux qui ne reconnaissent même pas le droit et le devoir des États de défendre leur propre population quand l’ennemi est à leurs portes et qui clament à tort et à travers qu’il est tout bonnement immoral d’acheter des armes en prétendant que cet argent serait mieux investi dans la santé ou l’enseignement.

    Et qui ne pourrait pas être d’accord ? Qui ne voudrait pas voir tous les conflits résolus par les seules armes de la diplomatie ? La guerre est horrible d’autant que, comme le souligne Riccardi, les guerres actuelles n’ont plus de vainqueur, mais cela n’est pas un argument pour ne pas investir dans la défense et la sécurité, bien au contraire.

    Car il n’y a qu’une seule manière de convaincre les puissants de l’inanité de la guerre, c’est que la victime potentielle montre qu’elle est en mesure de se défendre, soit parce qu’elle dispose d’un bon système de défense, soit parce qu’elle peut compter sur ses alliés.

    Comme le dit Panebianco, il serait temps que les évêques eux aussi « aident à comprendre qu’il n’y a pas de contradiction entre vouloir la paix et se défendre des dangers potentiels ». Ce qui revient à prendre le contre-pied d’un certain courant pacifiste qui s’est insinué jusque dans le monde catholique, y compris chez Riccardi lui-même. Et c’est justement pour cela qu’il faudrait clarifier les choses. La paix de Jésus ne revient pas à faire taire les armes ; elle regarde notre cœur et notre capacité à témoigner de la paix dans les situations les plus désespérées ».

    Dans son message adressé aux travailleurs pour le 1er mai, l’archevêque de Turin, Mgr Roberto Repole, a exhorté à juste titre à « ne pas s’habituer aux horreurs de la guerre ». Par contre, quand il a repris les déclarations de Léon XIV pour rappeler qu’il ne suffisait pas de parler de paix et qu’il « fallait la volonté d’arrêter de produire des instruments de destruction et de mort », pour que Turin, « la ville de l’automobile », ne devienne pas « la ville des armes », je crains qu’il ne s’aventure en terrain miné. Même si je n’ai aucune sympathie pour les marchands de canons, il faut bien reconnaître qu’ils constituent souvent l’unique espoir pour celui qui n’en a pas et qui se retrouve agressé par celui qui en a produit en abondance.

    Je sais pertinemment bien qu’aux yeux des chrétiens, comme aimait à le rappeler notamment Benoît XVI, « la non-violence n’est pas un simple comportement tactique mais bien une manière d’être de la personne, l’attitude de celui qui est à ce point convaincu de l’amour de Dieu et de sa puissance qu’il ne craint pas d’affronter le mal avec les seules armes de l’amour et de la vérité ».

    Mais nous parlons bien d’une « manière d’être de la personne », et pas de la société. Le chrétien sait bien que la fidélité à Jésus Christ est susceptible de lui imposer le sacrifice de sa propre vie. Mais jamais celle d’un autre. C’est pour cela qu’il sait également reconnaître le droit et le devoir d’une société à se défendre, en prenant les armes s’il le faut, tout en faisant en sorte qu’elles ne soient pas nécessaires. C’est rendre un grand service à la paix que d’oser le réaffirmer, surtout aujourd’hui.
     — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Pénalisation de l’avortement avant 1990 en Belgique : s'oriente-t-on vers la reconnaissance d’un « préjudice » ?

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    5 mai 2026

    Pénalisation de l’avortement avant 1990 en Belgique : vers la reconnaissance d’un « préjudice » ?

    Le Parlement fédéral belge examine actuellement une proposition de résolution « visant à reconnaître le préjudice subi par les personnes condamnées sur le fondement des dispositions pénales incriminant l'avortement avant sa dépénalisation partielle » en 1990. Déposée par plusieurs députés socialistes et présentée comme l’amorce d’une démarche de reconnaissance historique, cette initiative invite toutefois à un examen attentif de ses fondements, de ses présupposés et de ses implications, tant pour la compréhension du passé que pour les débats actuels.

    L’exposé des motifs de la proposition de résolution – qui n’a pas la valeur contraignante d’une loi – repose sur l’idée que l’avortement constituerait un « droit fondamental », relevant essentiellement de la santé publique. Or, cette approche, si elle reflète une vision sociétale défendue par d’aucuns (rappelons que l’avortement n’est pas aujourd’hui reconnu comme droit fondamental en droit belge ou européen), tend à simplifier une réalité bien plus complexe. L’avortement n’est pas un acte médical comme un autre : il consiste à mettre fin à une vie humaine en devenir. À ce titre, il engage inévitablement des dimensions éthiques, anthropologiques et sociales qui ne peuvent être évacuées au profit d’une lecture exclusivement centrée sur l’autonomie individuelle. 

    Une lecture partielle des condamnations passées 

    La proposition entend reconnaître les condamnations passées comme des atteintes « à la protection de la santé des femmes, à l’autonomie sexuelle et reproductive, à l’égalité entre les femmes et les hommes, aux droits des femmes et au droit au respect de la vie privée » (pt. 1.1). Toutefois, cette lecture apparaît partielle, dans la mesure où elle ne prend pas en compte les objectifs poursuivis à l’époque par le législateur, parmi lesquels figurait déjà la volonté de protéger la vie prénatale. Autrement dit, les normes juridiques d’hier ne relevaient pas simplement d’une logique d’oppression, mais d’une tentative d’arbitrer entre des intérêts en tension. 

    En outre, le texte ne distingue pas suffisamment les situations très différentes des personnes concernées : d’une part, les femmes ayant eu recours à l’avortement, dont la sanction apparaît aujourd’hui difficilement justifiable ; d’autre part, les personnes ayant pratiqué ces avortements, dont la responsabilité et les motivations pouvaient varier. Il convient notamment de rappeler que certaines pratiques ont pu s’inscrire dans des logiques d’exploitation, certaines personnes tirant un profit économique de la vulnérabilité des femmes. 

    C’est précisément cette complexité que la proposition de résolution tend à simplifier. En reconnaissant un préjudice exclusivement du côté des femmes et des praticiens condamnés, elle instaure une forme d’asymétrie morale : la souffrance liée aux poursuites judiciaires est reconnue, mais la réalité de la vie supprimée n’est jamais évoquée. Une telle omission n’est pas anodine. Elle contribue à réduire le débat à une seule dimension, alors que toute réflexion sur l’avortement implique nécessairement au moins deux réalités humaines en présence. 

    Par ailleurs, la démarche soulève une question délicate : peut-on juger le passé uniquement à l’aune des valeurs actuelles ? La proposition semble procéder à une relecture normative de l’histoire, considérant implicitement que les lois anciennes étaient injustes en elles-mêmes. Or, les sociétés ont longtemps accordé une valeur à la vie embryonnaire et fœtale – et ce débat demeure aujourd’hui encore ouvert. Une reconnaissance institutionnelle unilatérale risque ainsi de figer une interprétation particulière de cette question, au détriment du pluralisme éthique indispensable face à ce type d’enjeux. 

    Un texte aux implications pour les débats contemporains 

    Au-delà du regard porté sur le passé, le texte cherche aussi à influencer les débats contemporains sur l’encadrement législatif de la pratique de l’avortement. En assimilant toute restriction de l’avortement à un « préjudice », il tend à présenter cette pratique comme un droit incontestable, dont les limites seraient par nature injustes. À cet égard, le choix même du terme « préjudice » n’est pas neutre : en France, dans le texte de loi adopté sur le même sujet le 29 décembre 2025, le législateur a préféré reconnaître une « souffrance » sans retenir la notion de préjudice, afin de ne pas ouvrir la voie à une logique d’indemnisation financière. 

    Par ailleurs, la réalité vécue par de nombreuses femmes aujourd’hui demeure nuancée. L’avortement est souvent traversé par des pressions – sociales, économiques ou relationnelles – souvent diffuses et peut laisser des traces durables. Le réduire à l’exercice d’un droit risque d’invisibiliser ces expériences et de freiner les politiques de prévention et d’accompagnement. 

    Pour une approche plus globale et préventive 

    Reconnaître les souffrances du passé suppose de le faire avec prudence et discernement. Une telle démarche ne peut faire l’économie d’une prise en compte équilibrée des différentes dimensions en jeu. Plutôt que d’opposer les intérêts, il est possible de promouvoir une approche plus globale : soutenir les femmes confrontées à des grossesses difficiles, développer des alternatives concrètes à l’avortement, et réaffirmer que toute vie humaine mérite attention et protection. 

    En définitive, la véritable question n’est peut-être pas seulement de savoir comment juger le passé à travers une démarche d’amnistie, mais comment mieux accompagner le présent. Une société attentive à la fois aux femmes et à la vie naissante ne se contente pas de porter des jugements symboliques : elle s’efforce surtout de prévenir les situations de détresse, en offrant des réponses humaines, solidaires et responsables. 

    La commission Justice du Parlement fédéral examinera ce texte dans les prochaines semaines, à travers notamment la tenue d’auditions. 

  • Le sommaire du nouveau numéro de La Nef (mai 2026)

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    ÉDITORIAL
    Religion, politique et morale, par Christophe Geffroy

    ACTUALITÉ
    Léon XIV aux côtés des Africains, par l’abbé Étienne Masquelier

    L’Algérie et la liberté religieuse, par Constance Avenel
    « Un renouveau de la ferveur », entretien avec Mgr Olivier de Cagny
    Pour retrouver la paix liturgique, entretien avec le TRP dom Jean Pateau
    Gratitude à l’Abbé de Solesmes, par le chanoine Christian Gouyaud

    France – Algérie, histoire d’une relation pathologique : entretien avec Pierre Vermeren

    On ne sauve pas la foi contre le pape : réponse à Mgr Schneider à propos de la FSSPX

    ENTRETIEN
    Le retour du paganisme, entretien avec le cardinal Robert Sarah

    DOSSIER : LA VIOLENCE EN POLITIQUE
    La réflexion politique sur la violence, par Godefroy Desjonquères

    L’Église et la violence, par Henri Quantin
    La violence politique de gauche, par Jean-François Chemain
    La violence politique de droite, par Olivier Dard
    La violence politique aujourd’hui, par Pierre de Lauzun
    Conjurer la violence politique, par Benoît Dumoulin

    VIE CHRÉTIENNE
    Découvrir la théologie du corps, par le père Louis, osb

    Question de foi : Roi, prêtre et prophète, par l’abbé Hervé Benoît

    CULTURE
    Mazarin, un grand destin, par Bruno Massy de La Chesneraye

    Notes de lecture
    De verbe et de chair : L’Espagne de Saint-Cheron, par Henri Quantin
    Musique : Carlos Païta, par Hervé Pennven
    Cinéma : Maximilien Kolbe & Juste une illusion, par François Maximin
    Un Livre, un auteur, entretien avec Pierre Vermeren
    Sortir : Un mauvais rêve, par Constance de Vergennes
    À un clic d’ici, par Léonard Petitpierre
    Et pour les jeunes…, par Isabelle Le Tourneau

    DÉBATS 
    La crise de la représentation, par Adrien Louis

    CHRONIQUE PENSER LE BIEN COMMUN
    La vertu oubliée en politique, par Étienne-Alexandre Beauregard

  • Quarante-deux pages des Lettres de saint Paul retrouvées; « Une découverte tout simplement monumentale »

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    D'Anne van Merris sur zenit.org :

    L'imagerie multispectrale a été utilisée pour reconstituer les 42 pages des Lettres de saint Paul © emelibrary.org

    L'imagerie multispectrale a été utilisée pour reconstituer les 42 pages des lettres de saint Paul © Emelibrary.Org

    42 pages des Lettres de saint Paul retrouvées « Une découverte tout simplement monumentale »

    5 mai 2026

    Une équipe internationale de chercheurs, conduite par l’université de Glasgow, en Écosse, a annoncé ce 24 avril 2026 avoir réussi à reconstruire 42 pages perdues d’un ancien manuscrit grec du Nouveau Testament, le Codex H.

    Ce manuscrit est une copie des Lettres de saint Paul de Tarse datant du 6e siècle. Il a été démantelé au 13e siècle dans le monastère de la Grande Laure, sur le mont Athos, en Grèce. Les textes ont alors été réécrits à l’encre et les pages réutilisées comme matériau de reliure et de feuillets de garde pour de nombreux autres manuscrits. Puis des fragments ont été dispersés dans des bibliothèques en Italie, en Grèce, en Russie, en Ukraine et en France.

    Les Lettres de saint Paul étaient originellement organisées différemment © AED gla.ac.uk / Damianos Kasotakis

    Les Lettres de saint Paul étaient originellement organisées différemment © gla.ac.uk / Damianos Kasotakis

    Pour le professeur Garrick Allen, qui a supervisé l’équipe de scientifiques, cette découverte « est née d’un élément essentiel : nous savions qu’à un moment donné, le manuscrit avait été réécrit à l’encre. Les produits chimiques contenus dans la nouvelle encre ont provoqué des dommages par décalage sur les pages en vis-à-vis, créant ainsi une image en miroir du texte sur la feuille opposée – laissant parfois des traces sur plusieurs pages, à peine visibles à l’œil nu, mais très nettes grâce aux techniques d’imagerie les plus récentes ».

    Les chercheurs ont donc utilisé l’imagerie multispectrale afin de reconstituer le texte « fantôme », qui n’existe plus physiquement. Pour garantir l’exactitude historique, ils ont collaboré avec des experts français et ont pu effectuer une datation au radiocarbone, confirmant l’origine exacte de ce parchemin du 6e siècle.

    Le professeur Allen poursuit : « Étant donné que le Codex H est un témoin si important pour notre compréhension des Écritures chrétiennes, la découverte de nouvelles preuves – et a fortiori d’une telle quantité – de son apparence originale est tout simplement monumentale. »

    Ces textes nouvellement dévoilés offrent ainsi des données précieuses sur la façon dont les premiers chrétiens lisaient et transmettaient les Écritures. Ils révèlent également que l’organisation originelle des Lettres de saint Paul diffère de leur division actuelle.

    Une nouvelle édition imprimée du Codex H paraîtra prochainement, et une édition numérique est disponible gratuitement en anglais, rendant ces pages accessibles au public et aux chercheurs pour la première fois depuis des siècles.

    42 pages des Lettres de saint Paul retrouvées | ZENIT - Français

  • Saint Pierre Nolasque (6 mai) et Notre-Dame de la Merci

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    456px-10.jpgNotre-Dame de la Merci  (missel.free.fr)

    Historique

    Dans l’expression Notre-Dame de la Merci, le mot Merci traduit l’espagnol merced qui signifie grâce, ou le latin merces qui signifie rançon. A l’origine de l’Ordre des Mercédaires[1] qui s’occupèrent de racheter les chrétiens captifs des musulmans, Notre-Dame apparut à saint Pierre Nolasque[2], à saint Raymond de Penyafort[3] et au roi Jacques I° d’Aragon[4].

    Au milieu de la nuit du 1° août 1218, alors que l’Eglise célébrait la fête de Saint-Pierre-aux-Liens, la vierge Marie, accompagnée d’anges et de saints, apparut à saint Pierre Nolasque et lui dit : Mon fils, je suis la Mère du Fils de Dieu qui, pour le salut et la liberté du genre humain, répandit tout son sang en souffrant la mort cruelle de la Croix ; je viens ici chercher des hommes qui veuillent, à l’exemple de mon Fils, donner leur vie pour le salut et la liberté de leurs frères captifs. C’est un sacrifice qui lui sera très agréable. Je désire donc que l’on fonde en mon honneur un Ordre dont les religieux, avec une foi vive et une vraie charité, rachètent les esclaves chrétiens de la puissance et de la tyrannie des Turcs, se donnant même en gage, s’il est nécessaire, pour ceux qu’ils ne pourront racheter autrement. Telle est, mon fils, ma volonté ; car, lorsque dans l’oraison tu me priais avec des larmes de porter remède à leurs souffrances, je présentais tes vœux à mon Fils qui, pour ta consolation et pour l’établissement de cet Ordre sous mon nom, m’a envoyée du ciel vers toi. Saint Pierre Nolasque répondit : Je crois d’une foi vive que vous êtes la Mère du Dieu vivant et que vous êtes venue en ce monde pour le soulagement des pauvres chrétiens qui souffrent dans une barbare servitude. Mais que suis-je, moi, pour accomplir une œuvre si difficile au milieu des ennemis de votre divin Fils et pour tirer ses enfants de leurs cruelles mains ? Et Notre-Dame de lui répondre : Me crains rien, Pierre, je t’assisterai dans toute cette affaire et, pour que tu aies foi en ma parole, tu verras bientôt l’exécution de ce que je t’ai annoncé et mes fils et mes filles de cet Ordre se glorifieront de porter des habits blancs comme ceux dont tu me vois revêtue. En disant cela, la Vierge disparut.

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  • Des djihadistes incendient une église catholique historique au Mozambique

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    De Gaetano Masciullo sur Sign of the Cross :

    Des djihadistes musulmans incendient une église catholique historique au Mozambique

    MOZAMBIQUE ( LifeSiteNews ) — Des militants islamistes ont détruit une paroisse catholique au Mozambique, incendiant l'église et les bâtiments environnants et forçant les civils à assister à l'attaque.

    Le 30 avril, des militants appartenant au groupe djihadiste Ansar al-Sunna, affilié à la Province d'Afrique centrale de l'État islamique (EI-CAP), ont attaqué le village de Meza, dans le nord du Mozambique, incendiant l'église historique Saint-Louis-de-Montfort, les bâtiments paroissiaux, une école maternelle et plusieurs maisons, tout en capturant des civils et en les forçant à écouter des messages extrémistes.

    « Nous demandons l’attention et la solidarité envers les victimes de Meza. Depuis neuf ans, nous voyons les insurgés incendier des chapelles et des églises dans le diocèse de Pemba. Mais la foi du peuple de Dieu ne s’éteindra jamais ; chaque jour, elle se reconstruit », a déclaré l’archevêque António Juliasse de Pemba.

    Selon les témoignages recueillis par l'Aide à l'Eglise en Détresse (AED) , les assaillants sont entrés dans l'enceinte paroissiale dans l'après-midi, vers 16 heures, « et ont commencé à tout détruire. L'église, les bureaux et la résidence des missionnaires ont été incendiés, et la maternelle a été vandalisée. »

    L'église, construite en 1946 durant la période coloniale, était depuis longtemps un symbole central de la présence catholique dans la région. L'archevêque Juliasse a également déclaré : « Les missionnaires sont sains et saufs, mais la communauté reste sous le choc, même après le départ des assaillants à la tombée de la nuit. »

    Sœur Laura Malnati, supérieure provinciale des Sœurs Missionnaires Comboniennes au Mozambique, a confirmé que les religieuses n'étaient pas présentes lors de l'attaque. « Ils ont incendié l'église, le presbytère et l'école maternelle », a-t-elle déclaré, précisant que les missionnaires avaient été prévenues à l'avance et avaient pu quitter le village avant l'arrivée des militants.

    Selon le rapport de l’ACN, « depuis novembre 2017, le conflit dans la province de Cabo Delgado a fait au moins 6 300 morts et déplacé plus d’un million de personnes, touchant des populations de différentes religions et communautés. Dans ce contexte plus large de violence, au moins 300 catholiques ont été brutalement assassinés lors d’attaques visant spécifiquement les chrétiens. »

    « Parmi les victimes figurent des catéchistes, des agents pastoraux, des fidèles laïcs et une religieuse italienne, sœur Maria de Coppi. Au moins 118 églises et chapelles ont également été détruites au cours de l’insurrection, y compris lors de ce dernier incident à Meza », a déclaré l’AEC.

    L’archevêque Juliasse a également lancé un appel à la communauté internationale pour obtenir une aide en faveur des victimes des violences djihadistes au Mozambique. Il a souligné que les attaques contre les lieux de culte chrétiens se poursuivent depuis près de neuf ans.

    « Que cesse l’incitation à la haine contre les chrétiens, et ne laissons pas non plus de place à l’islamophobie, car les musulmans ne sont pas nos ennemis, ce sont nos frères bien-aimés », a ajouté Saure.

    Les militants responsables de l'attaque appartiennent à Ansar al-Sunna, également connu localement sous le nom d'Ahlu al-Sunna wa al-Jama'a, un groupe insurgé islamiste actif dans le nord du Mozambique. Ce groupe opère en coordination avec d'autres factions, notamment les Forces démocratiques alliées (ADF), basées en République démocratique du Congo voisine. Ces deux groupes sont intégrés au réseau de la Province d'Afrique centrale de l'État islamique, une branche de l'organisation État islamique (EI).

  • Le bureau du synode du Vatican est-il devenu le bras armé de relations publiques du père James Martin ?

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    Du substack de Diane Montagna :

    Le rapport final du groupe d'étude synodal met en lumière le témoignage d'un homme présenté dans le New York Times, béni avec son « mari » par le père James Martin après la publication de Fiducia Supplicans.

    6 mai 2026
     
    CITÉ DU VATICAN, 6 mai 2026 — Mardi, le Vatican a publié le rapport final du groupe d’étude du Synode sur la synodalité sur les « questions doctrinales, pastorales et éthiques controversées », mettant en avant deux témoignages anonymes d’hommes ouvertement homosexuels mariés à des « couples de même sexe ».

    Cette décision a été immédiatement saluée par le père James Martin, SJ, comme « un pas en avant significatif dans les relations de l'Église avec la communauté LGBTQ ».

    Ce que ni le Vatican ni le père Martin n'ont reconnu, cependant, c'est que l'un des témoignages semble avoir été écrit par un homme figurant dans un article du New York Times de 2023 recevant une bénédiction aux côtés de son partenaire du même sexe du même prêtre jésuite, un jour seulement après la publication de Fiducia Supplicans .

    Publication du rapport final

    Publié par le Secrétariat général du Synode, le rapport final a été préparé par le Groupe d'étude n° 9, qui fait partie d'un ensemble plus large de dix groupes d'étude établis par le pape François en février 2024 pour examiner les questions qui ont émergé lors de la première session du Synode sur la synodalité, tenue au Vatican en octobre 2023.

    Le groupe d’étude n° 9 a été chargé d’examiner « les critères théologiques et les méthodologies synodales pour un discernement partagé des questions doctrinales, pastorales et éthiques controversées » — bien que le groupe ait choisi, à mi-chemin de ses travaux, de requalifier ces questions en « émergentes » plutôt qu’en « controversées ».

    Ce groupe de sept membres comprenait des personnalités telles que le cardinal Carlos Castillo Mattasoglio, archevêque de Lima (Pérou) ; l'archevêque Filippo Iannone, préfet du dicastère pour les évêques ; et le théologien moral italien, le père Maurizio Chiodi, professeur à l'Institut pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille depuis 2019.

    Personnage controversé, le père Chiodi a soutenu que les relations sexuelles au sein d'une relation homosexuelle pouvaient être bénéfiques dans certaines circonstances. Il a également affirmé , en s'appuyant sur Amoris Laetitia , que la responsabilité parentale pouvait contraindre un couple marié à recourir à la contraception.

    Le rapport final de 30 pages, rédigé en italien, ressemble beaucoup à l'une des conférences labyrinthiques du père Chiodi, ce qui laisse supposer qu'il a pu jouer un rôle de premier plan dans sa rédaction.

    Structurée en trois parties, la première propose un changement de paradigme dans la manière dont l’Église aborde ses questions doctrinales, pastorales et éthiques les plus difficiles. Ce changement est présenté comme faisant partie d’un processus initié par Vatican II qui remet en question les modèles ayant prévalu dans la vie ecclésiale au cours des siècles passés.

    La deuxième partie introduit ce qu’elle appelle le « principe de pastorale » comme clé de « la mise en œuvre du changement de paradigme actuellement en cours ». Selon le résumé du Groupe d’étude, cela signifie que « la proclamation de l’Évangile doit prendre en compte l’interlocuteur, en qui cette proclamation est déjà à l’œuvre par l’Esprit (cf. Gaudium et Spes 22) ».

    Le rapport souligne la « valeur indispensable » de la « conversation dans l’Esprit » pour favoriser une « culture ecclésiale de synodalité » et propose une méthode centrée sur « l’écoute mutuelle, l’attention portée à la réalité et la mise en commun de différents domaines d’expertise » afin de « servir le discernement » des questions émergentes et d’encourager la « participation active » de ceux « directement concernés ».

    Après avoir exposé cette approche, la troisième partie l’applique à deux questions émergentes que les auteurs jugent particulièrement importantes pour les Églises locales : « l’expérience des personnes homosexuelles croyantes et l’expérience de la non-violence active ».

    Les auteurs précisent que ce document n'a pas pour but d'exercer une autorité, mais d'être le fruit d'un travail confié à un groupe d'étude dans le cadre du processus synodal, visant à favoriser le discernement dans les Églises locales.

    Ils soulignent également que le rapport ne prétend pas offrir de solutions générales ou définitives. Il propose plutôt des pistes concrètes pour amorcer une démarche de discernement, en présentant deux « cas d’écoute » tirés d’expériences réelles et en les utilisant comme point de départ d’un exercice visant à identifier les étapes de développement au sein de ces récits.

    Reconnaissant la « tension » potentielle entre les « pratiques pastorales » et l’enseignement de l’Église sur l’homosexualité, le rapport cherche à « dépasser l’impasse » en proposant « des pistes et des questions possibles pour le discernement synodal ».

    Deux témoignages

    Conformément à cette approche, le rapport final comprend (dans les annexes A, 1 et 2) deux témoignages personnels, l’un provenant du Portugal et l’autre des États-Unis. Chaque témoignage est rédigé par un homme ouvertement homosexuel qui décrit son engagement dans un « mari » avec une personne du même sexe et parle de son « mari » comme étant au cœur de sa vie personnelle, relationnelle et spirituelle.

    Le témoignage 2 commence ainsi : « Mon orientation sexuelle n’est ni une perversion, ni un trouble, ni une épreuve ; c’est un don de Dieu. Je vis un mariage heureux et épanoui et je m’épanouis en tant que catholique ouvertement homosexuel. »

    L'auteur poursuit :

    « J’ai entamé ma première relation homosexuelle à 28 ans. Cette relation a parfois été tumultueuse, mais j’ai mûri. J’ai appris à être moins égoïste et à lâcher prise, et j’ai compris que je suis davantage la personne que Dieu m’appelle à être au sein d’une relation qu’en dehors. »

    Aujourd'hui, je remercie Dieu pour mon mari, que j'ai rencontré il y a cinq ans. Il est ma plus grande source d'apprentissage et de grâce. Immigré, il subit le racisme en tant qu'homme noir et est sobre depuis sept ans. Notre vie ensemble est un véritable miracle. Bien qu'il ait du mal avec la religion institutionnelle, il m'encourage souvent à approfondir ma relation avec Dieu. Nous aimons plaisanter en disant qu'il est « spirituel mais pas religieux », tandis que je peux être « religieuse mais pas spirituelle ». Nous nous complétons et la foi est une composante vivante de notre mariage. Alors que j'ai tendance à être sceptique et pragmatique, il rayonne d'espoir et de clairvoyance. Je ne serais pas la même personne, ni la même disciple du Christ, sans lui. Nous sommes fiers de construire notre famille ensemble.

    Bien que les deux témoignages critiquent les « thérapies de conversion », le témoignage 2 dénigre spécifiquement les personnes impliquées dans l’apostolat catholique « Courage ». L’auteur écrit :

    « Mes premiers contacts avec des groupes religieux traitant de l'homosexualité remontent à mes années d'étudiant en master à l'Université de Notre-Dame, où je cachais mon homosexualité. Aux yeux des autres, j'étais un catholique fondamentaliste récemment converti, fréquentant des femmes, mais j'étais rongé par la culpabilité face à mon attirance pour les personnes du même sexe. J'ai rejoint Courage, un apostolat qui accompagne ceux qui « souffrent d'attirance pour les personnes du même sexe ». Ce groupe m'avait été suggéré par un thérapeute de conversion que j'avais consulté pour traiter mon « problème ». Ma participation aux réunions de Courage n'a guère contribué à mon développement spirituel et psychosexuel. Les rencontres se déroulaient dans le secret et la clandestinité. Les personnes que j'y ai rencontrées étaient seules, désespérées et souvent déprimées. »

    L’auteur évoque ensuite le « souffle d’air frais » qu’il a ressenti lorsqu’il a appris de « nouvelles formes de théologie » et a commencé à « lire la Bible dans son contexte » à l’université Fordham, dirigée par les Jésuites, à New York :

    À 27 ans, j'ai entamé un doctorat en théologie à l'Université Fordham. Quel soulagement ! Le corps professoral, mes amis et mes collègues étaient extrêmement solidaires des personnes LGBTQ+, et le département lui-même comptait environ un tiers de personnes LGBTQ+. J'ai découvert de nouvelles approches théologiques qui m'ont aidé à m'accepter comme un homme gay créé à l'image de Dieu. La lecture de la Bible dans son contexte m'a fait prendre conscience que les interprétations traditionnelles ont peu à dire sur les relations homosexuelles contemporaines, pourtant source de vie. J'ai commencé à prendre mon expérience, ainsi que celle des autres personnes LGBTQ+, au sérieux, comme le reflet de l'œuvre divine. À Fordham, j'ai fait mon coming out et entrepris un long cheminement de guérison spirituelle et d'intégration.

    Bien que le Vatican n'ait pas révélé l'identité de l'auteur, celle-ci devient évidente lorsqu'il écrit :

    « Je me suis engagée dans le ministère et le leadership auprès des personnes LGBTQ+, d'abord dans ma paroisse, puis avec le programme Outreach d'America Media et Fortunate Families, une association basée à Lexington, dans le Kentucky. Grâce à l'accueil bienveillant et sans jugement de personnes capables d'écouter, je me suis sentie écoutée par l'Église et j'ai compris que ma présence comptait. Des prêtres, et même un évêque, m'ont encouragée à poursuivre mon engagement. J'ai commencé à écrire pour des médias nationaux, je suis devenue une porte-parole des catholiques LGBTQ+ et j'ai travaillé avec des communautés catholiques du monde entier. Mon premier livre, « Le ministère catholique LGBTQ+, hier et aujourd'hui », retrace l'histoire du mouvement pour la pastorale catholique LGBTQ+ aux États-Unis. »

    Une simple recherche sur Internet indique que l'ouvrage LGBTQ Catholic Ministry, Past and Present est écrit par Jason Steidl et comprend une préface du père James Martin, SJ.

    Une autre recherche indique que Jason Steidl était l'homme figurant sur la photo d'un article du New York Times publié le 21 décembre 2023, soit un jour après la sortie de Fiducia Supplicans , où il apparaît aux côtés de l'homme décrit comme son « mari » lors d'une bénédiction donnée par le père James Martin.

    L'article, intitulé « Marquer l'histoire un mardi matin, avec la bénédiction de l'Église », a suscité une vive controverse et est largement considéré comme ayant contribué à la forte réaction des évêques catholiques du monde entier contre les suppliants de Fiducia .

    La publication du rapport final du groupe d’étude n° 9, avec ses témoignages, intervient quelques jours seulement après la publication d’un document officiel du Vatican révélant que le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi et auteur de Fiducia Supplicans , avait écrit aux évêques allemands en novembre 2024 pour réaffirmer que l’Église « n’a pas le pouvoir de conférer sa bénédiction liturgique lorsque cela offrirait en quelque sorte une forme de légitimité morale à une union qui se prétend un mariage ou à une pratique sexuelle extraconjugale » (FS. 11).

    Dans un communiqué de presse publié mardi, le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode, a décrit le rapport final du groupe d’étude n° 9 comme touchant « au cœur même de la vie ecclésiale », ajoutant qu’il « offre des outils concrets pour aborder les questions les plus difficiles sans fuir la complexité ».

    « C’est la méthode synodale appliquée aux situations les plus exigeantes », a-t-il déclaré.

    Mais sa publication soulève de sérieuses questions. Pourquoi le témoignage n° 2 figure-t-il dans le rapport ? Les « experts » nommés au sein du groupe d’étude savaient-ils que son auteur était l’homme mentionné dans l’ article du New York Times ? Y a-t-il eu des échanges entre les membres du groupe d’étude n° 9 et le père James Martin lors de la rédaction du document ? Son rapport final peut-il être considéré autrement que comme une propagande visant à saper la doctrine catholique sur l’homosexualité ? Et la synodalité est-elle un moyen de soutenir et de défendre l’enseignement catholique, ou un instrument pour le modifier ?

    DOCUMENTS ASSOCIÉS :

    GROUPE D'ÉTUDE N° 9 - RAPPORT FINAL COMPLET (ANGLAIS)

    TÉMOIGNAGE 1 (ANGLAIS)

    TÉMOIGNAGE 2 (ANGLAIS)

    GROUPE D'ÉTUDE N° 9 - CRITÈRES THÉOLOGIQUES ET MÉTHODOLOGIES SYNODES POUR UN DISCERNEMENT PARTAGÉ DES QUESTIONS ÉMERGENTES DOCTRINES, PASTORALES ET ÉTHIQUES : SYNTHÈSE

  • Le Vatican publie une lettre de 2024 interdisant les bénédictions officielles pour les couples homosexuels en Allemagne

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    De ACI Prensa via le National Catholic Register :

    Le Vatican publie une lettre de 2024 interdisant les bénédictions officielles pour les couples homosexuels en Allemagne

    Comme l'information circulait déjà sur Internet, le Vatican a décidé de la rendre publique en publiant une lettre de 2024 adressée aux évêques allemands, réaffirmant que les bénédictions pour les couples de même sexe ne pouvaient être officialisées.

    Le Vatican a publié une lettre datée du 4 mai mais de novembre 2024 dans laquelle le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF) rejetait catégoriquement une proposition de l'épiscopat allemand visant à introduire des bénédictions ritualisées pour les couples homosexuels et les situations irrégulières, avertissant que de telles bénédictions pourraient être interprétées comme la légitimation d'unions incompatibles avec la doctrine de l'Église.

    La lettre est signée par le préfet du dicastère, le cardinal Víctor Manuel Fernández, et adressée à Stephan Ackermann, évêque de Trèves, et par son intermédiaire à l'ensemble de l'épiscopat allemand.

    Dans sa lettre, datée du 18 novembre 2024, Rome a rejeté catégoriquement un texte proposant la mise en œuvre de bénédictions selon une forme rituelle prescrite.

    Dans sa lettre, la DDF répond à un « vademecum » (manuel ou guide de référence faisant autorité) rédigé par l’épiscopat allemand en octobre 2024 à l’intention des prêtres. Rédigé en allemand et en italien, ce document visait à servir d’aide pratique pour la « Bénédiction des couples qui s’aiment » et se présentait comme une application de la déclaration Fiducia Supplicans à la « réalité pastorale » en Allemagne.

    Le contexte : Fiducia Supplicans

    En 2023, la DDF a publié le document Fiducia Supplicans , ouvrant la possibilité de bénir les couples « en situation irrégulière » ou de même sexe, sans pour autant les assimiler au mariage. Le texte précisait que ces bénédictions ne pouvaient être accomplies selon un rituel précis ni avec des signes caractéristiques d’un mariage.

    L'Église en Afrique a par la suite exprimé son rejet unanime du document et a demandé des éclaircissements au pape François. L'archevêque majeur Sviatoslav Shevchuk, chef de l'Église gréco-catholique ukrainienne, a déclaré que le document ne s'appliquait pas aux Églises catholiques orientales.

    Dans la lettre de novembre 2024, publiée sur son site internet, la DDF rappelle que Fiducia Supplicans établit clairement que « l’Église n’a pas le pouvoir de conférer sa bénédiction liturgique lorsque cela pourrait, de quelque manière que ce soit, offrir une forme de légitimation morale à une union qui prétend être un mariage ou à une pratique sexuelle extraconjugale », ni à ceux qui revendiquent « la légitimation de leur propre statut ».

    À la lumière de cela, la lettre du cardinal Fernández souligne que le « vademecum » allemand « parle d’une union et d’une “réglementation officielle” de la part des pasteurs à l’égard des couples qui s’aiment hors mariage », voire d’une “acclamation”, un “geste normalement prescrit dans le rite du mariage”. À cet égard, le Vatican affirme qu’un tel acte légitime “le statut de ces couples, d’une manière contraire à ce qui a été affirmé par Fiducia Supplicans ”. »

    Pourquoi le Vatican le publie maintenant

    La lettre de novembre 2024 a commencé à circuler largement sur Internet cette semaine, provoquant la confusion car elle a été présentée comme une déclaration récente. 

    « Le Saint-Père a déclaré, lors de son vol retour d’Afrique, que le Saint-Siège avait déjà adressé une réponse aux évêques allemands à ce sujet, et nombreux étaient ceux qui demandaient où en était cette réponse et ce qu’elle contenait. C’est pourquoi nous avons décidé de la rendre publique », a expliqué le cardinal Fernández dans une déclaration à ACI Prensa, le service frère hispanophone d’EWTN News.

    Lors de son vol de retour à Rome après une tournée de 11 jours en Afrique, le pape Léon XIV a déclaré aux journalistes le 23 avril que le Saint-Siège « n’est pas d’accord avec la bénédiction officielle des couples homosexuels ».

    Le pape répondait à une question d'un journaliste concernant une directive émise par le cardinal allemand Reinhard Marx, archevêque de Munich et Freising, qui avait exhorté les prêtres et les agents pastoraux à bénir de manière uniforme les couples de même sexe ou les personnes divorcées et remariées au sein de son archidiocèse.

    Avant de répondre directement, Léon XIV a souligné que « l’unité ou la division de l’Église ne devrait pas reposer sur des questions sexuelles » et a déploré la tendance à réduire la morale chrétienne à ce seul domaine. « En réalité, je crois qu’il existe des questions bien plus importantes et plus vastes, telles que la justice, l’égalité, la liberté des hommes et des femmes, la liberté de religion, qui doivent toutes primer sur cette question particulière », a-t-il déclaré.

    Le pape a toutefois fait remarquer que « le Saint-Siège s’est déjà adressé aux évêques allemands et a clairement indiqué qu’il n’approuve pas la bénédiction officielle des couples de même sexe ». 

    « Lorsqu’un prêtre donne la bénédiction à la fin de la messe, ou lorsque le pape donne une bénédiction à la fin d’une grande célébration, comme celle que nous avons eue aujourd’hui, il y a des bénédictions pour tous », a-t-il souligné, rappelant la célèbre expression de son prédécesseur, François : « Tutti, tutti, tutti » (« tout le monde, tout le monde, tout le monde »).

    Aller au-delà, avertissait Léon XIV, « peut engendrer plus de désunion que d’unité ». Il expliquait : « Chacun est invité à suivre Jésus, et chacun est invité à rechercher la conversion dans sa propre vie. » 

  • Le Vatican publie « Libres sous la grâce », un recueil regroupant les écrits du futur pape Léon XIV

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    De zenit.org :

    Le Vatican publie « Libres sous la grâce », un recueil regroupant les écrits du futur pape Léon XIV

    4 mai 2026

    À quelques jours du premier anniversaire de l’élection du pape Léon XIV, qui aura lieu ce 8 mai 2026, le Vatican annonce la publication de « Libres sous la grâce. À l’école de saint Augustin face aux défis de l’histoire ».

    Cet ouvrage avait été annoncé par l’Ordre de Saint-Augustin et la Maison d’édition du Vatican lors de la foire internationale du livre de Francfort, en octobre dernier.

    Livre édité ce 4 mai 2026 par la Librairie éditrice du vatican © Vatican Media 

    Livre édité ce 4 mai 2026 par la Librairie éditrice du vatican © Vatican Media

    « Libres sous la grâce » (ou « Liberi sotto la grazia ») regroupe pour la première fois les écrits, discours, homélies, messages et lettres du P. Robert Francis Prevost, lorsqu’il était prieur général des Augustins entre 2001 et 2013.

    Ces textes permettent d’entrer en profondeur dans la pensée augustinienne et l’approche pastorale du Saint-Père avant son élection. Le futur pape y déploie principalement sa vision du christianisme et du rôle des croyants dans la société contemporaine sécularisée. Il évoque l’importance de la prière et de la vie intérieure, la nécessité de communion entre les Églises chrétiennes, afin d’être « une présence marquante dans le monde ».

    Il aborde également le caractère essentiel de la gratuité dans notre don à l’Église, du témoignage de vie et de l’engagement pour les plus pauvres ou la justice.

    « Le fil conducteur de son argumentation, riche en références littéraires, philosophiques et théologiques, est l’enseignement de saint Augustin, dont il s’est défini comme le “fils” dès son élection au pontificat », souligne le Vatican dans son communiqué présentant le livre. « Et de ce grand Docteur de l’Église, génie incontesté dans l’harmonisation de la quête humaine de vérité avec la Révélation, R. Prevost se fait un fidèle interprète, puisant dans ses écrits la perspective à travers laquelle envisager avec créativité et confiance les défis de notre temps. »

    En cours de traduction dans 30 pays à travers le monde, le livre sera présenté ce mercredi 6 mai à l’Institut pontifical patristique Augustinianum de Rome, en présence notamment du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, le P. Joseph Farrell, l’actuel prieur général des Augustins, Paolo Ruffini, préfet du Dicastère pour la communication et Andrea Tornielli, directeur éditorial des médias du Vatican. 

    Le Vatican publie « Libres sous la grâce » | ZENIT - Français

  • Le « Lourdes polonais », où Marie serait apparue à deux jeunes filles à 160 reprises, pourrait bientôt attirer l'attention du monde entier.

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    De Katarzyna Szalajko sur OSV News :

    Le « Lourdes polonais », où Marie serait apparue à deux jeunes filles à 160 reprises, pourrait bientôt attirer l'attention du monde entier.

    VARSOVIE, Pologne (OSV News) — Un sanctuaire marial au cœur de la campagne d'Europe du Nord — souvent surnommé le « Lourdes polonais » — pourrait bientôt attirer l'attention du monde entier, puisque le pape Léon XIV a été invité à visiter le site où la Vierge Marie est apparue environ 160 fois.

    Alors que se déroule le mois marial de mai, le village de Gietrzwald (prononcé Gyetsh-vowt), dans la pittoresque région lacustre de Varmie-Mazurie, au nord-est du pays, se prépare à d'importantes célébrations en 2027 marquant le 150e anniversaire des apparitions. 

    Évêques polonais, président au Vatican

    Les évêques polonais, ainsi que le président Karol Nawrocki, qui s'est rendu au Vatican en septembre 2025, ont adressé une invitation au pape, évoquant la possibilité que ce sanctuaire paisible devienne le centre d'un pèlerinage international et d'une dévotion mariale renouvelée.

    Les événements survenus à Gietrzwald en 1877 demeurent uniques dans l'histoire de l'Église. Pendant environ deux mois, deux jeunes filles ont rapporté près de 160 apparitions de la Vierge Marie — parfois deux fois par jour — ce qui en fait l'une des séries d'apparitions mariales les plus longues et les plus intenses jamais enregistrées. 

    C'est également le seul lieu d'apparition en Pologne officiellement reconnu par le Vatican.

    Apparitions marquées par un dialogue prolongé

    Contrairement à des sites plus connus comme Lourdes ou Fatima , les apparitions de Gietrzwald se distinguaient non seulement par leur fréquence, mais aussi par la durée du dialogue. D'après les récits historiques, les voyants s'entretenaient avec Marie pendant plusieurs semaines, abordant aussi bien des questions théologiques – notamment l'Immaculée Conception – que les préoccupations pratiques de la vie quotidienne.

    Le site des apparitions mariales de 1877 à Gietrzwald, en Pologne, est visible sur une photo de 2022. (Photo OSV News/Paulina Guzik)

    « C’est un aspect unique », a déclaré le cinéaste Jan Sobierajski. « On ne retrouve pas cela dans l’histoire de Lourdes, de Fatima ou de La Salette. » 

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