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BELGICATHO

  • Saint Sixte II, le martyre d'un pape et de ses compagnons (7 août)

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    D'Ermes Dovico sur la NBQ :

    Saint Sixte II, le martyre d'un pape et de ses compagnons

     

    Aujourd'hui, nous célébrons la mémoire liturgique de saint Sixte II et de ses compagnons, martyrisés en 258 lors des persécutions de Valérien pour avoir refusé d'abjurer le Christ et d'offrir des sacrifices aux dieux païens. Nous lisons également la lettre de saint Cyprien et l'histoire de saint Jean Bosco.

    07/08/2026
    Sixte II (tableau de Sandro Botticelli, extrait)

    Pape et martyr : une association fréquente aux premiers siècles du christianisme. Sixte II, saint pape et martyr, est par exemple l'un des saints célébrés aujourd'hui. Il retourna à la maison du Père après moins d'un an de pontificat, précisément le 6 août 258, jour où il subit le martyre sous l'empereur Valérien. Le même jour, selon le Liber Pontificalis , six des sept diacres de Sixte II furent martyrisés : Agapitus et Felicissimus, Januarius, Magnus, Vincent et Étienne. La mémoire liturgique de ces six diacres, inscrite au calendrier romain général, est liée à celle de Sixte II et est célébrée aujourd'hui, le 7 août, au lendemain de leur martyre (elle ne coïncide donc pas avec la fête de la Transfiguration du Seigneur). Le 10 août de cette même année, le dernier diacre de l'Église de Rome encore vivant, et de loin le plus célèbre des sept, saint Laurent, supérieur du même collège de diacres, reçut la palme du martyre.

    Si ces traits essentiels sont effectivement inclus dans le Martyrologe romain (qui, outre celui du Pape, ne cite que les noms d’Agapitus et de Félicissime, mais parle néanmoins de quatre autres « diacres » martyrisés le 6 août), il faut dire que les sources ne s’accordent pas sur certains éléments, notamment sur les circonstances du martyre (pour une analyse critique, on peut consulter l’article rédigé par Francesco Scorza Barcellona et que Treccani, dans son Encyclopédie des papes, consacre à Sixte II).

    La plus ancienne source conservée est une lettre de saint Cyprien de Carthage (210-258), adressée à Successus, évêque d'Abbir Germaniciana. Ce document revêt une importance capitale, car il fut rédigé quelques jours après le martyre de Sixte II et de ses compagnons. Saint Cyprien y rapporte le retour de Rome de plusieurs hommes qu'il avait envoyés dans la Ville éternelle « afin qu'ils puissent s'enquérir de la vérité et nous la rapporter ». À quelle vérité faisait-il référence ? Plus précisément, au nouvel édit de Valérien contre les chrétiens, le second en l'espace d'un an. Dans le premier, en août 257, l'empereur avait interdit les rassemblements chrétiens, exigeant des évêques et des prêtres qu'ils abjurent leur foi sous peine d'exil. Le second édit, en 258, durcissait les mesures jusqu'à exiger la peine de mort pour les chrétiens qui refusaient d'abjurer. Saint Cyprien lui-même allait bientôt être victime de cette nouvelle persécution contre la foi, le 14 septembre 258. Dans cette lettre, écrite peu avant son martyre, il rapportait : « Valérien a envoyé un rescrit au Sénat dans lequel il a décidé que les évêques, les prêtres et les diacres soient immédiatement punis ( incontinenti animadvertantur ) ; que les sénateurs, les hommes de haut rang et les chevaliers romains perdent leur dignité et soient également privés de leurs biens ; et si, une fois privés de leurs biens, ils persistent à se déclarer chrétiens, ils doivent également perdre la tête ; que les matrones soient privées de leurs biens et envoyées en exil. » Etc.

    Poursuivant sa lettre, l'évêque de Carthage rapportait le martyre du pape : « Sixte a été martyrisé au cimetière le huitième jour des Ides d'août [c'est-à-dire le 6 août, ndlr ], avec quatre diacres. » Il est possible qu'en plus de ces quatre diacres martyrisés avec le pape et mentionnés par saint Cyprien, deux autres diacres aient également subi le martyre le même jour. Comme mentionné précédemment, parmi les diverses lectures, hagiographies et interprétations de l'événement, figure l'hypothèse retenue dans le Martyrologe, qui relate le 7 août : « Mémoire de saint Sixte II, pape, et de ses compagnons. Martyrs. Le pape Sixte, alors qu'il célébrait la messe et expliquait la loi divine aux fidèles, fut arrêté par des soldats et décapité sur-le-champ, conformément à l'édit de l'empereur Valérien, le 6 août. Quatre diacres subirent également le martyre avec lui et furent inhumés avec le pontife à Rome, au cimetière Saint-Calixte, sur la voie Appienne. Ce même jour, ses diacres, saints Agapit et Félicissime, furent également martyrisés au cimetière de Prétexte, où ils furent également inhumés. »

    Parmi les hagiographies du pape dont on se souvient aujourd'hui, celle de saint Jean Bosco mérite une mention particulière : Le Pontificat de saint Sixte II et les Gloires de saint Laurent le Martyr , publiée en 1860 par le fondateur des Salésiens. Ce texte, qui fait partie de la série de biographies des papes écrites par Don Bosco, présente le futur Sixte II comme un Grec de naissance (comme le décrit le Liber Pontificalis ), fils de Gentils et philosophe (cette dernière qualification a été contestée car elle est liée à un ouvrage, les Sententiae Sexti , un temps attribué à Sixte II mais plus tard jugé apocryphe par le Decretum Gelasianum ). Sixte, en quête de vérité, se serait converti puis serait arrivé à Rome, où il aurait fait de « grands progrès en doctrine et en vertu », au point d'acquérir une grande renommée auprès de tout le clergé romain. Un jour, sur le chemin du retour d'un concile à Tolède auquel il avait été envoyé par le pape, il fit halte dans ce qui est aujourd'hui Saragosse. Là, l'évêque Valère lui parla des vertus d'un jeune ecclésiastique nommé Lorenzo. Sixte fut tellement impressionné qu'il voulut le rencontrer et l'emmener avec lui à Rome.

    Après le martyre du pape Étienne Ier , le clergé choisit comme successeur au trône de Pierre le saint que nous célébrons aujourd'hui, prenant ainsi le nom de Sixte II. Le nouveau pontife, poussé par Denys d'Alexandrie, dut faire face à l'hérésie de Sabellius et à la question du baptême administré par les hérétiques, qui, sous le pontificat précédent, avait engendré des tensions entre le Saint-Siège et certaines Églises africaines et asiatiques. Par ailleurs, la persécution qui avait causé la mort de son prédécesseur s'intensifia, suite au second édit de Valérien. Don Bosco, se référant à une version qui semble différente de celle figurant actuellement dans le Martyrologe, rapporte que saint Sixte II reçut l'ordre de se présenter, avec le clergé, devant l'empereur. Avant de se rendre auprès de Valérien, le pape souhaita s'adresser ainsi à ses prêtres et diacres : « Mes frères et compagnons, le temps de la persécution est de retour ; nous devons être mis à l'épreuve. Mais n'ayez pas peur, ne soyez pas terrifiés par les maux qui nous menacent. Souvenons-nous de l'exemple des saints martyrs qui nous ont précédés. Leur courage leur a permis d'endurer toutes sortes de tourments pour obtenir la palme du martyre et la vie éternelle. Notre Seigneur Jésus-Christ, avant tout, nous en a donné un exemple éclatant ; il a souffert la Passion la plus douloureuse pour nous donner le courage de souffrir. »

    Peu après, poursuit Don Bosco, des gardes arrivèrent et ligotèrent le pape et les diacres Agapitus et Félicissime, avant de les conduire devant l'empereur. Ce dernier tenta à plusieurs reprises, et avec insistance, de persuader Sixte II d'offrir un sacrifice aux divinités païennes, mais en vain. Même la prison ne put briser le pontife qui, de fait, avec ses compagnons de martyre, avertit les bourreaux (dont Valérien) de leur sort éternel. Finalement, Sixte fut conduit dans une catacombe près du temple de Mars et y fut décapité.

    D'après les écrits de Don Bosco , saint Laurent fut arrêté le 6 août, après avoir exécuté l'ordre que lui avait donné Sixte II de distribuer les biens de l'Église aux pauvres. Quatre jours plus tard, il connut le « triomphe le plus glorieux » et, par conséquent, le « martyre le plus douloureux » que le pontife, consolant Laurent qui souhaitait partager son sort, avait prophétisé.

  • Les 200 martyrs du monastère de Cardena

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    Du site "1000 raisons de croire" :

    La terre de Cardena de souvient du martyr des 200 moines

    L’Espagne des IX et Xe siècles est en pleine expansion mahométane. Les razzias des troupes musulmanes d’Abd al-Rahman III, au service du tout nouveau califat de Cordoue, font rage et détruisent tout sur leur passage. C’est dans ce contexte que le monastère Saint-Pierre de Cardena, proche de Burgos, immense et florissant avec ses quelque deux cents moines, est ciblé. Si les historiens ne s’accordent pas sur l’année du massacre, ils confirment tous que le martyre eut bien lieu, un 6 août, dans le courant du IXe ou début Xe siècle. L’atrocité des faits marque considérablement les esprits, autant que le courage du père abbé, Étienne, qui, par son exemple de foi, procure aux autres moines le courage de rester fidèles jusqu’au bout. Un miracle surprenant s’ensuit : chaque année, au jour anniversaire, le sol du cloître où sont morts les martyrs se recouvre mystérieusement de sang frais, qui disparaît le lendemain. La reconnaissance de ce miracle, ainsi que la canonisation des moines par le pape Clément VIII en 1603, s’accompagne de la diffusion de leur culte et de leurs reliques dans toute l’Espagne. Aujourd’hui, des moines trappistes font rayonner ce lieu et sont témoins du retour à la foi de nombreux fidèles par leur intercession.


    Les raisons d'y croire

    • Les faits sont suffisamment rares et d’une telle brutalité qu’ils ont marqué l’histoire chrétienne, ce qui exclut qu’ils soient le fruit de l’invention. Le nombre impressionnant de 200 moines (certaines sources parlent de 300) est connu grâce à un texte signé et paraphé par 204 moines à leur entrée au noviciat quelques années auparavant, à la Noël 921. Selon le Becerro (codex du monastère), il n’est en outre pas étonnant de constater autant de vocations dans le contexte de Reconquista de l’époque face à l’avancée de l’islam.
    • La première chronique chrétienne qui rapporte les faits vient du roi Alphonse X de Castille, en 1262. Il y est question de 300 moines massacrés : « Ils gisent tous ensevelis dans le cloître. » Deux pierres portant une épitaphe gravée en leur honneur y furent scellées.
    • Le miracle du sang est attesté à plusieurs reprises par les nombreux pèlerins qui viennent se recueillir au cloître du monastère, parmi lesquels le roi Henri IV de Castille. Dans un privilège royal (texte juridique), adressé en 1473 aux moines de San Pedro de Cardena, celui-ci confirme le miracle dans son préambule : « Par eux, chaque année, notre Seigneur fait un miracle, qu’au jour où ils furent égorgés, le sol du cloître où ils furent ensevelis apparaît de couleur de sang. » Ce prodige dure jusqu’à la fin du XVe siècle, jusqu’à l’expulsion des Arabes de la péninsule ibérique par les rois catholiques, ce qui augmente leur foi.
    • Le bref de canonisation émis par le pape Clément VIII en 1603 reconnaît la mort des 200 moines et le miracle du sang.
    • Plus tard, Francisco de Berganza, bénédictin et historien du XVIIIe, effectue un travail titanesque de recherches sur le monastère en écrivant Las antigüedades de España. Il insiste sur le caractère répété du signe : le cloître se couvre de ce liquide rouge le 6 août, jour de leur martyre, puis il sèche le lendemain, et ce chaque année.
    • On apprend par Berganza que le père abbé, prénommé Étienne, se sachant en danger, réunit ses moines pour une allocution émouvante, rapportée certainement par un survivant : « Réconfortés, les moines, par la doctrine et l’exemple du saint abbé, unanimes et conformes, attendirent les Maures pour recevoir la couronne du martyre. » C’est leur foi en Jésus-Christ, à la fois personnelle et commune, qui porte les moines à faire face à l’ennemi.
    • Du côté des Maures, on détient aussi un récit, publié en 1981, de Ibn Ḥayyan, grand historien musulman de Cordoue du Xe siècle, qui décrit les campagnes du calife Abd al-Rahman III, dont celle de 934 à Cardena. On prend la mesure del’horreur et de l’ampleur de l’attaque : les musulmans veulent piller des trésors qu’ils pensaient trouver là, mais le père abbé Étienne leur répond que le plus grand trésor est le cœur des moines. Cette réponse ne leur plaisant pas, « les moines furent criblés de flèches avec fureur et traversés par les alfanges, piétinés par les chevaux, le sang versé trempant le sol ».
    • Le Catéchisme de l’Église catholique explique que « le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi » (§ 2473). Suivre le Christ signifie le suivre également dans la douleur et accepter les persécutions par amour de l’Évangile (cf. Mt 24,9-14 Mc 13,9-13 Lc 21, 12-19 ) : « Vous serez détestés de tous à cause de mon nom » ( Mc 13, 13 Jn 15,21 ).
    • Il est également rapporté que le Cid, ce chevalier espagnol héros et figure de la Reconquista espagnole, venait se recueillir au monastère demander la force dans la prière à ces 200 saints.
    • Le père abbé de la communauté trappiste qui occupe aujourd’hui le monastère témoigne de l’impact du martyre sur l’ordre et sur ses moines, qui se sentent fortifiés et encouragés par leur exemple à offrir leur vie à Dieu sur le même lieu où l’ont fait les saints martyrs.

     

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  • La facilité avec laquelle les stéréotypes antichrétiens peuvent influencer le débat public

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    De OIDAC Europe :

    Les suites de l'horrible attentat perpétré à Berlin lors de la commémoration de Christopher Street, inspiré par l'État islamique, ont mis en lumière non seulement la menace persistante de la violence islamiste, mais aussi la facilité avec laquelle les stéréotypes antichrétiens peuvent influencer le débat public. Lors de la cérémonie commémorative, un intervenant a déploré que l'auteur de l'attentat ne soit pas un « chrétien blanc », tandis qu'un représentant du SPD berlinois a affirmé que des « acteurs de droite et conservateurs » avaient créé le climat propice à l'attaque, malgré son mobile islamiste.

    Lors d'un incident similaire au Royaume-Uni, Amnesty International a retiré un rapport et présenté ses excuses pour avoir collectivement qualifié les organisations chrétiennes et pro-vie de groupes « anti-droits ».

    Parallèlement, plusieurs développements juridiques récents ont soulevé d'importantes questions concernant la liberté de religion et d'expression. En Écosse, Sarah Morse, enseignante catholique, conteste son licenciement après avoir exprimé son opposition à l'avortement, fondée sur ses convictions religieuses, en réponse à la question d'un élève. En Irlande du Nord, de nouvelles directives policières suggèrent que le port d'une Bible dans les hôpitaux situés dans les « zones tampons » pourrait constituer une infraction pénale. La députée finlandaise Päivi Räsänen s'est vue refuser une correspondance à Heathrow après que les autorités britanniques lui ont retiré son autorisation ESTA suite à la cassation partielle de son acquittement par la Cour suprême finlandaise dans son long procès pour « discours de haine ». À Genève , des responsables chrétiens contestent un amendement constitutionnel interdisant aux élus de porter des signes religieux visibles .

    Notre dernier rapport sur les incidents violents touchant les chrétiens et les églises en juillet a fait état d'un nombre de cas toujours élevé, avec 40 incidents recensés.

    Si le vandalisme reste la forme d'attaque la plus courante, l' agression au couteau d'une femme en pleine prière dans une église en Irlande et les informations faisant état d'une agression physique contre un demandeur d'asile chrétien en Allemagne ont mis en lumière les préoccupations sécuritaires persistantes.

    Téléchargez notre rapport ici

  • Sainte Julienne de Cornillon (7 août)

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    sainte-julienne-de-cornillon-ou-julienne-de-li.ge.jpg

    Henri et de Frescinde, habitants du village de Rétine, près de Liège, moururent en 1197, laissant deux orphelines : Agnès (née en 1191) et Julienne (née en 1192). Les deux fillettes furent placées au couvent des augustines hospitalières du Mont-Cornillon, nouvelle fondation où les religieuses, très fidèles à leur vœu de pauvreté, soignaient des lépreux et des malades. Situé aux portes de Liège, le monastère du Mont-Cornillon comprenait une communauté masculine et une communauté féminine ; la communauté féminine avait une prieure mais le prieur de la communauté masculine lui était supérieur. Sous l'autorité de la sœur Sapience qui les instruisit de la doctrine chrétienne et leur raconta la vie des saints, Agnès et Julienne demeuraient dans une métairie qui dépendait du couvent. Julienne, enthousiasmée par la vie religieuse, encore qu'elle eut un grand attrait pour la solitude, apprit par cœur le psautier et se livra à de si grandes austérités que la sœur Sapience dut la ramener à la modération, lui apprenant, qu'aux yeux du Seigneur, la pratique de l'obéissance vaut mieux que le sacrifice.

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  • Sainte Julienne de Cornillon, promotrice du culte eucharistique (7 août)

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    sainte-julienne-du-mont-cornillon.jpgDe BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du mercredi 17 novembre  2010 (source) :

    Sainte Julienne de Cornillon

    Chers frères et chères sœurs,

    Ce matin également, je voudrais vous présenter une figure féminine, peu connue, à laquelle l’Eglise doit toutefois une grande reconnaissance, non seulement en raison de sa sainteté de vie, mais également parce qu’à travers sa grande ferveur, elle a contribué à l’institution de l’une des solennités liturgiques les plus importantes de l’année, celle du Corpus Domini. Il s’agit de sainte Julienne de Cornillon, également connue sous le nom de sainte Julienne de Liège. Nous possédons quelques informations sur sa vie, en particulier à travers une biographie, probablement écrite par un ecclésiastique qui lui était contemporain, dans laquelle sont recueillis divers témoignages de personnes qui eurent une connaissance directe de la sainte.

    Julienne naquit entre 1191 et 1192 près de Liège, en Belgique. Il est important de souligner ce lieu, car à cette époque, le diocèse de Liège était, pour ainsi dire, un véritable «cénacle» eucharistique. Avant Julienne, d’éminents théologiens y avaient illustré la valeur suprême du sacrement de l’Eucharistie et, toujours à Liège, il existait des groupes féminins généreusement consacrés au culte eucharistique et à la communion fervente. Guidées par des prêtres exemplaires, elles vivaient ensemble, se consacrant à la prière et aux œuvres de charité.

    Devenue orpheline à l’âge de 5 ans, Julienne, avec sa sœur Agnès, fut confiée aux soins des sœurs augustiniennes du couvent-léproserie du Mont-Cornillon. Elle fut éduquée surtout par une religieuse prénommée Sapience, qui suivit sa maturation spirituelle, jusqu’à ce que Julienne elle-même reçoive l’habit religieux et devienne elle aussi moniale augustinienne. Elle acquit une culture considérable, au point de lire les œuvres des Pères de l’Eglise en latin, en particulier saint Augustin, et saint Bernard. Outre sa vive intelligence, Julienne faisait preuve, dès le début, d’une propension particulière pour la contemplation; elle possédait un sens profond de la présence du Christ, dont elle faisait l’expérience en vivant de façon particulièrement intense le sacrement de l’Eucharistie et s’arrêtant souvent pour méditer sur les paroles de Jésus: «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde» (Mt 28, 20).

    A l’âge de seize ans, elle eut une première vision, qui se répéta ensuite plusieurs fois dans ses adorations eucharistiques. La vision présentait la lune dans toute sa splendeur, dont le diamètre était traversé par une bande noire. Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace: c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement.

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  • La physique quantique et le mystère de la création divine

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    La physique quantique et le mystère de la création divine

    Le physicien et professeur catholique Vincenzo Tamma explique comment la mécanique quantique révèle l'intelligibilité de la nature, renvoie au Créateur et ouvre de nouvelles voies pour un dialogue interdisciplinaire entre science, philosophie et théologie.

    Le professeur catholique Vincenzo Tamma explique comment la foi et la science sont compatibles.
    Le professeur catholique Vincenzo Tamma explique comment la foi et la science sont compatibles. (Photo : Vincenzo Tamma, photo d’Edward Pentin ; fond Shutterstock)

    LONDRES — La physique quantique, ou mécanique quantique, émerge rapidement non seulement comme un moyen de développer de nouvelles technologies, mais aussi comme une méthode scientifique pouvant aider l'humanité à mieux comprendre la vérité sur la création, révélant le mystère de son Créateur. 

    Dans cet entretien accordé au Register le 31 juillet en marge de la conférence « Une journée avec Marie » à Londres, le professeur catholique Vincenzo Tamma explique ce qu'est la mécanique quantique, comment elle se rapporte à l'action divine et comment elle peut être un outil utile dans le dialogue entre la science et la théologie. 

    « La mécanique quantique aide les croyants à réfléchir à la manière dont Dieu a créé le monde, car elle décrit le fonctionnement de la nature au niveau le plus profond », explique le professeur Tamma, directeur fondateur du Pôle de science et de technologie quantiques de l'Université de Portsmouth au Royaume-Uni. « Elle offre les connaissances épistémologiques et ontologiques les plus fondamentales sur la nature, sur la façon dont Dieu l'a voulue et ordonnée. »  

    Afin de maximiser son potentiel dans ce domaine, il appelle à la redécouverte d'une conception interdisciplinaire de l'université, telle que proposée par saint John Henry Newman, afin d'approfondir le croisement entre la théologie catholique, la philosophie et la science quantique et d'éduquer le grand public. 

    Professeur Tamma, qu'est-ce que la physique quantique en quelques mots ? 

    La physique quantique décrit les lois de la réalité à l'échelle microscopique. C'est, en quelque sorte, la science des constituants fondamentaux de l'univers, tels que les atomes, les électrons et les photons. Selon la physique quantique, ces éléments ne se comportent pas comme des objets ordinaires ; ils peuvent être observés de manière probabiliste, c'est-à-dire que l'on ne peut prédire que les probabilités d'un résultat de mesure, et non le résultat exact.

    En termes simples, elle nous offre une compréhension de la nature à son niveau le plus fondamental. Elle explique pourquoi des particules minuscules peuvent sembler être à plusieurs endroits simultanément, pourquoi la lumière peut se comporter à la fois comme une onde et comme une particule, et pourquoi les particules peuvent être liées entre elles de différentes manières malgré la distance. De plus, la physique quantique n'est pas qu'une simple théorie sur les fondements de l'univers ; elle sous-tend également de nouvelles technologies comme les ordinateurs quantiques, les capteurs ultra-précis et les communications sécurisées. Toutes ces technologies reposent désormais sur les principes fondamentaux de la mécanique quantique, ce qui nous permet non seulement de comprendre l'univers dans sa nature fondamentale, mais aussi de développer de nouvelles technologies.

    Comment cela peut-il nous aider à comprendre la vérité de la création ? 

    La mécanique quantique aide les croyants à réfléchir à la création du monde par Dieu, car elle décrit le fonctionnement de la nature au niveau le plus profond. Elle offre les intuitions épistémologiques et ontologiques les plus fondamentales sur la nature, telle que Dieu l'a voulue et ordonnée. En ce sens, les lois de la physique – et en particulier les lois quantiques – font partie du « livre de la nature », et Dieu est celui qui les a données. Comme l'a dit saint Augustin, le livre de la nature et le livre de l'Apocalypse sont deux manières complémentaires de connaître Dieu. Ils ne constituent pas un seul et même livre, et il ne faut pas les confondre, mais ils nous aident ensemble à comprendre Dieu. 

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  • "Chers jeunes : aujourd’hui, l’Europe et le monde entier cherchent en vous de nouveaux saints" (Léon XIV à Assise))

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    VISITE PASTORALE DU PAPE LÉON XIV
    À SANTA MARIA DEGLI ANGELI – ASSISE

    MESSE AVEC LES JEUNES PARTICIPANT AU « GO! FRANCISAN YOUTH MEETING 2026 »

    HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

    Basilique papale Sainte-Marie-des-Anges à la Portiuncule (Assise)
    Transfiguration du Seigneur - Jeudi 6 août 2026

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    Chers frères et sœurs,

    très chers jeunes !

    La fête de la Transfiguration, que nous célébrons aujourd’hui, est un mystère de lumière qui nous aide à approfondir notre rencontre, si joyeuse, mais aussi pleine d’interrogations sur le présent et l’avenir. Nous trouvons dans le récit évangélique le contraste entre la lumière et l’ombre, le silence et les paroles, l’émerveillement et l’incompréhension. Nous sommes à Assise, une ville vers laquelle affluent depuis des siècles de nombreux pèlerins – nous aussi aujourd’hui – car ici, tout murmure que notre vie peut changer de forme, laisser jaillir la lumière, réparer le monde. C’est ici qu’a commencé la transfiguration de François, de Claire, puis de milliers d’autres jeunes : ils ont accueilli l’Évangile sine glossa – nous dirions : sans concession – et la vie de Jésus a recommencé en eux.

    Nous sommes ici pour comprendre où mène l’histoire et où nous allons nous-mêmes. Dans l’Évangile, nous voyons qu’il est possible de trouver un sens, d’entrevoir un chemin. Comme Pierre, Jacques et Jean, nous sommes un peu mis à l’écart et Jésus est avec nous. C’est cela qui compte : sa présence. Sur la montagne, les apôtres contemplent Jésus qui se tourne vers son propre avenir. Sur ce point, il y avait eu un malentendu entre eux. Six jours auparavant, Pierre avait reproché au Maître de parler ouvertement de la croix (cf. Mt 16, 21-26) : il s’attendait à la gloire pour le Messie, et peut-être aussi pour lui-même, sans tenir compte des résistances et des risques, mais surtout sans se demander ce qu’est la gloire. À présent, dans la Transfiguration de Jésus, c’est Dieu lui-même qui se révèle dans sa gloire, qui prend l’aspect d’une nuée qui protège et qui enveloppe. Il désigne le Fils, Il invite à l’écouter. C’est en le suivant ensemble que l’on découvre le chemin de la vie. Sa beauté revêt un aspect nouveau, une intensité sans précédent, à tel point que Pierre voudrait arrêter le temps et prolonger cette vision. Généreusement, il propose de construire trois tentes, afin que se poursuive la conversation entre Jésus, Moïse et Élie. Or, c’est dans cette conversation qu’il faut entrer. On ne peut pas se contenter d’en être de simples spectateurs. Nous sommes en effet appelés à lire les Écritures avec le Maître, à interpréter notre époque et à prendre des décisions, en suivant son chemin. Nous sommes ici pour vaincre la résignation et la peur, pour dissiper les doutes qui nous retiennent, nous aussi, comme ils retenaient les apôtres. Jésus nous appelle à dialoguer avec son histoire, pour écrire de nouvelles pages d’histoire.

    Alors que nous entendons dire que « son visage resplendit comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière » (Mt 17, 2), nous pensons au matin de Pâques, lorsqu’un ange du Seigneur roula la pierre qui fermait le sépulcre et annonça la résurrection. « Son aspect était comme un éclair et son vêtement blanc comme la neige » (Mt 28, 3). C’est la lumière d’un nouveau jour, vers lequel nous sommes tournés, alors qu’autour de nous, et parfois en nous, règnent encore les ténèbres. Nous en voyons l’aurore dans les saints canonisés, comme saint François et sainte Claire, et dans une myriade de frères et sœurs qui répondent au mal par le bien. Nous ne sommes pas seuls ! Ces derniers jours, vous en avez fait l’expérience : vous vous êtes rencontrés et écoutés, passant du brouhaha des voix qui se superposent et s’opposent à l’art de la conversation. Aujourd’hui, nous contemplons Jésus qui est transfiguré précisément dans la conversation avec le Père, avec ceux qui l’ont précédé, Moïse et Élie, et avec ses contemporains, les disciples.

    L’Église existe pour nous entraîner dans cette dynamique d’écoute et de décision, où l’on comprend pour qui vivre et comment vivre. C’est la communauté où l’on apprend à discerner la voix de Dieu, qui ne coïncide jamais simplement avec nos opinions, et à oser cette obéissance à l’Esprit Saint qui a rendu audacieux et créatifs tous ceux qui ont accepté de suivre Jésus : nous nous défigurons en nous séparant de Lui et des autres ; nous nous transfigurons, au contraire, dans les liens qui nourrissent et appellent à la vie. La spiritualité franciscaine, dans laquelle vous avez été formés, est l’une des plus soucieuses de restaurer les relations fondamentales avec Dieu et avec toutes ses créatures : une harmonie à préserver et à cultiver, aujourd’hui plus que jamais.

    En ce sens, au début de ma première Encyclique, j’ai écrit que « chaque génération reçoit en héritage la tâche de façonner son époque : faire mûrir l’histoire comme un lieu où la dignité de toute personne est préservée, la justice promue et la fraternité rendue possible. Mais sur chaque époque pèse le risque de construire un monde inhumain et plus injuste. Là où l’humanité court le danger de perdre son visage, nous, chrétiens, nous levons les yeux vers le Dieu qui s’est fait chair, sachant que “le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné”. Cette magnifique humanité devient en Jésus-Christ le Chemin, la Vérité et la Vie, ouvrant à chacun de nous la voie vers la plénitude » (Magnifica humanitas, n. 1).

    Chers amis, la raison pour laquelle saint François, huit cents ans après sa mort, continue de nous attirer réside dans la magnifique humanité qui l’a conduit à abandonner les voies déjà tracées, afin d’en ouvrir une nouvelle, plus conforme au chemin de Jésus. Même dans une ville, chrétienne depuis des siècles comme Assise, cela a semblé révolutionnaire. « Le choix de Claire fut encore plus impressionnant: une jeune fille qui voulait être comme François, qui voulait vivre, en femme, libre comme ces frères ! » (Audience jubilaire, 4 octobre 2025). C’est là l’énergie du christianisme, celle de ses débuts et de ses multiples renouveaux.

    Eh bien, chers jeunes : aujourd’hui, l’Europe et le monde entier cherchent en vous de nouveaux saints : osez croire en la parole de l’Évangile, devenez des êtres humains dotés de la liberté de Jésus-Christ, embrassez la sœur pauvreté ! Le titre de votre rencontre – Go! – est une mission, un envoi sur des chemins dont nous n’avons pas de carte, car ils s’ouvrent en écoutant le cœur, en obéissant à l’Esprit, en suivant le Ressuscité là où il a voulu nous précéder. Go! Allez ! Ou mieux encore : allons-y ! Let’s go ! Aux marges, là où l’injustice et l’arrogance de quelques-uns bafouent la dignité et les rêves de beaucoup, de trop nombreux fils et filles de Dieu. Le Pape François, s’inspirant du Poverello d’Assise, nous a mis en garde contre la tentation « d’être des chrétiens qui se maintiennent à une prudente distance des plaies du Seigneur. Pourtant, Jésus veut que nous touchions la misère humaine, la chair souffrante des autres. Il attend que nous renoncions à chercher ces abris personnels ou communautaires qui nous permettent de nous garder distants du cœur des drames humains » (François, Evangelii gaudium, n. 270).

    Il est possible de ne pas être compris, même par ses proches, comme ce fut le cas pour saint François. Pourtant, se soustraire à la culture du pouvoir et abattre les murs qui séparent les êtres humains les uns des autres, ce n’est jamais trahir la famille, la cité, la tradition, mais les libérer de leurs fantasmes, des ennemis inventés par la peur et l’ignorance, de la violence avec laquelle on voudrait imposer son petit ordre à une réalité qui nous dépasse de toutes parts. Faire confiance à Dieu, c’est retrouver, comme François et Claire, un monde de frères et de sœurs à apprécier et à servir, et non à exploiter et à dominer. Non pas un monde à défendre, mais à embrasser.

    Consacrez-vous, chers jeunes, à la civilisation de l’amour, dont vous avez découvert les prémices dans de nombreux exemples de gratuité, et qui transfigure – à l’image du Christ – d’innombrables artisans de paix qui, aujourd’hui encore, s’engagent au service de la vie dans les contextes les plus tragiques de la mort. Unissez les meilleures énergies de votre magnifique humanité – les études, les compétences, le travail, les amitiés, l’amour, la prière – en concrétisant de différentes manières la vision de François. J’imagine que vous avez à cœur la prière qui lui est souvent attribuée, un texte du siècle dernier :

    Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix :
    là où règne la haine, que j’apporte l’amour,
    là où règne l’offense, que j’apporte le pardon,
    là où règne la discorde, que j’apporte l’union,
    là où règne l’erreur, que j’apporte la vérité,
    là où règne le doute, que j’apporte la foi,
    là où règne le désespoir, que j’apporte l’espoir,
    là où règnent les ténèbres, que j’apporte la lumière,
    là où règne la tristesse, que j’apporte la joie.

    Voilà « où » aller ! Va ! Mais voici surtout « comment » y aller :

    Seigneur, fais que je ne cherche pas tant
    à être consolé qu’à consoler,
    à être compris qu’à comprendre,
    à être aimé qu’à aimer
    Car c’est en donnant que l’on reçoit,
    c’est en s’oubliant soi-même que l’on se retrouve,
    c’est en pardonnant que l’on est pardonné,
    c’est en mourant que l’on ressuscite à la vie éternelle.

    Chers amis, puissent ces journées passées à Assise rester gravées dans votre mémoire et que votre retour chez vous, dans les différents pays d’Europe où vous vous rendrez, soit à l’image de la descente de Pierre, Jacques et Jean depuis la haute montagne de la Transfiguration. Un retour méditatif, ouvert sur l’avenir, engagé aux côtés de Jésus-Christ. Lui vous fait confiance, compte sur vous, reste toujours avec vous.

  • De plus en plus de cardinaux ne maîtrisent plus le langage de l'Église

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    D'InfoVaticana :

    Une Église sans langage : de plus en plus de cardinaux ne maîtrisent plus le langage de l'Église.

    Nous (Infovaticana) reproduisons ici, en raison de son intérêt, cet article de David Berger, initialement publié en allemand sur le blog Philosophia Perennis, dans lequel le théologien allemand s'interroge sur les conséquences d'un fait révélateur : selon une étude de Francesco Capozza, expert du Vatican, plus des deux tiers des cardinaux maîtrisent à peine le latin, langue officielle de l'Église.

    Plus des deux tiers des cardinaux maîtrisent à peine le latin. Ce qui, à première vue, semble n'être qu'une remarque marginale pour les philologues classiques pourrait en réalité révéler l'une des crises les plus profondes de l'Église catholique. Car quiconque perd la langue dans laquelle la foi, la liturgie et le droit canonique ont été formulés pendant des siècles finit par perdre l'accès direct à sa propre tradition.

    Francesco Capozza, expert italien du Vatican pour le journal Il Tempo, a conclu, après des mois de recherches, que plus de 65 % des cardinaux actuels ne possèdent pas une connaissance approfondie du latin. Ceux qui connaissent Capozza savent qu'il ne fait pas d'affirmations sensationnelles à la légère. Considéré depuis de nombreuses années comme l'un des observateurs du Vatican les mieux informés d'Italie, ses analyses se révèlent souvent justes. Son diagnostic met en lumière un problème qui couve au sein de l'Église depuis des décennies et dont les conséquences sont désormais difficiles à ignorer.

    Il ne s'agit nullement de nostalgie romantique pour un passé supposément glorieux, ni de la préférence de ceux qui affectionnent la liturgie classique. La question est bien plus fondamentale : une Église peut-elle préserver son unité lorsque ses plus hauts représentants ne maîtrisent plus la langue dans laquelle sa théologie, son droit canonique et ses enseignements ont été formulés pendant des siècles ?

    Une vérité immuable protégée par un langage immuable

    Le latin n'a jamais été une simple relique historique pour l'Église catholique. Il est, à proprement parler, sa langue officielle. Depuis près de deux mille ans, les textes législatifs pontificaux, le droit canonique et de nombreux documents magistériels sont promulgués en latin, dans leur forme contraignante. Et ce, à juste titre : une langue immuable préserve la précision des concepts théologiques mieux que toute langue véhiculaire moderne. Ses mots ne sont pas soumis aux bouleversements idéologiques et sociaux auxquels les langues vivantes sont constamment exposées. C'est précisément pour cette raison que le latin est particulièrement apte à exprimer les vérités avec précision et pérennité.

    Le pape Jean XXIII l'a formulé avec une remarquable clarté dans sa Constitution apostolique Veterum Sapientia . Le latin, disait-il, est une langue qui, par sa dignité, sa stabilité et son universalité, est particulièrement apte à rendre visible l'unité de l'Église. Elle appartient, pour ainsi dire, à l'essence même d'une Église universelle, car elle ne privilégie aucune nation et est également ouverte à tous les fidèles. Il est également remarquable que cette conviction n'ait nullement été remise en cause par le Concile Vatican II. Bien au contraire. Dans la constitution sur la liturgie, Sacrosanctum Concilium , il est expressément affirmé que l'usage du latin doit être préservé dans les rites latins. Parallèlement, le Concile a exigé que le clergé soit formé à bien comprendre les textes latins et à les utiliser à bon escient. Les Pères conciliaires n'ont donc pas entendu bannir le latin de la vie de l'Église. Ils partaient plutôt du principe que chaque prêtre et chaque évêque maîtriserait cette langue.

    L'accès direct aux sources de la foi est quasiment impossible.

    L’évolution de ces dernières décennies est d’autant plus étonnante. Dans de nombreux séminaires, le latin n’occupe plus qu’une place marginale. Nombre de candidats à la prêtrise ne découvrent cette langue que dans les cours d’introduction, sans jamais acquérir la capacité de lire les documents ecclésiastiques ou les Pères de l’Église dans leur langue originale. Il en résulte non seulement une lacune dans la formation classique, mais surtout la disparition d’un accès direct aux sources de la foi catholique.

    Car la théologie s'épanouit grâce à des concepts précis. Saint Thomas d'Aquin lui-même savait qu'un léger changement de perspective peut avoir des conséquences profondes sur la compréhension d'une doctrine. Des concepts tels que la grâce , la personne , la substance , la nature ou la charité ne peuvent être traduits qu'approximativement dans les langues modernes. Toute traduction comporte nécessairement une interprétation. C'est pourquoi l'Église a toujours rédigé ses textes sacrés dans une langue dont le sens demeure stable à travers les siècles.

    La pertinence de ce problème est apparue clairement avec la première encyclique du pape Léon XIV. Pour la première fois, un document magistériel d'une telle importance n'était pas publié à partir d'un texte latin original, mais paraissait directement en diverses versions dans les langues modernes. Si cela peut sembler pratique, cela soulève néanmoins des questions considérables. Peu après sa publication, des débats ont surgi autour de concepts centraux, par exemple lorsqu'il est question d'« humanité ». De quoi s'agit-il exactement ? Des espèces biologiques ? De la famille humaine ? De l'humanité entière ? Ou de la nature humaine commune sur laquelle repose le droit naturel ? Les différentes versions linguistiques suggèrent des interprétations différentes. Un texte latin original faisant autorité aurait, à tout le moins, fourni un point de référence herméneutique sans équivoque.

    Expression de la catholicité de l'Église

    À l’heure même où les concepts anthropologiques fondamentaux sont de plus en plus remis en question par les idéologies de genre, le transhumanisme et les progrès technologiques, la précision conceptuelle n’est pas une question académique secondaire. Elle est essentielle à la compréhension des déclarations de l’Église et de leurs conséquences. Le pape Benoît XVI a souligné à maintes reprises que l’Église ne peut préserver son identité qu’en entretenant vivante la mémoire de sa propre tradition. Dans son exhortation Sacramentum Caritatis, il a explicitement rappelé aux prêtres et aux fidèles qu’ils devaient également connaître les textes liturgiques les plus importants en latin. Pour Benoît XVI, le latin n’était pas une fin en soi, mais l’expression de la catholicité de l’Église, de son unité à travers le temps, les cultures et les nations.

    Une langue qui appartient à tous les catholiques

    Dans cette perspective, les propos de Capozza sonnent comme un avertissement. Une Église dont les plus hauts dignitaires ne maîtrisent plus leur langue officielle perd un instrument essentiel à sa compréhension théologique. Elle devient plus dépendante des traductions, des sphères linguistiques nationales, des différentes écoles théologiques et, finalement, des courants dominants de chaque époque. Or, le latin incarne précisément une liberté souvent négligée aujourd'hui. Contrairement à l'anglais, il n'est pas la langue d'une puissance politique ou économique mondiale. Il n'appartient à aucun peuple en particulier. Un évêque africain, asiatique, américain ou européen rencontre un autre évêque sur un même terrain linguistique. C'est pourquoi le latin n'a jamais été l'expression d'une supériorité culturelle, mais bien le lien même d'une Église universelle.

    Il est peut-être temps de relire l’avertissement de Jean XXIII. Il était convaincu que l’Église ne garantit pas son avenir en renonçant à ses traditions, mais en redécouvrant leur valeur pérenne. Cela vaut également pour son langage. Car quiconque perd le langage de l’Église perd bien plus que du vocabulaire et de la grammaire : il perd l’accès direct à un trésor spirituel qui a façonné la pensée occidentale pendant près de deux millénaires. Et une Église qui ne connaît ses sources que de seconde main risque un jour d’être incapable de faire entendre sa propre voix, inimitable.

  • Comment Amnesty s'est retournée contre la vision de son fondateur

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    De David Hahn sur le Catholic Herald :

    Comment Amnesty s'est retournée contre la vision de son fondateur

     
    Amnesty International s'est retrouvée au cœur d'une vive polémique après avoir publié – puis retiré – un rapport accusant des organisations catholiques et chrétiennes à but non lucratif d'appartenir à un prétendu « mouvement anti-droits des droits ». Cet épisode a soulevé des questions embarrassantes, non seulement sur les procédures internes d'Amnesty, mais aussi sur la dérive inquiétante de sa mission depuis sa création.

    Le fondateur d'Amnesty International, Peter Benenson, s'était converti au catholicisme, une foi qui a profondément marqué sa vie. Il racontait avoir eu l'idée de créer Amnesty le 19 novembre 1960, en lisant que deux étudiants portugais avaient été condamnés à sept ans de prison pour avoir prétendument « porté un toast à la liberté » sous la dictature de Salazar. L'indignation de Peter face à cette injustice flagrante a précipité la fondation d'Amnesty et a donné naissance à la tradition, toujours vivante au sein de l'organisation, de porter un toast à la liberté pour conclure ses réunions. Benenson a publié l'appel désormais célèbre, « Les prisonniers oubliés », en première page de l' Observer en 1961.

    L'appel a suscité des milliers de réponses ; les journaux l'ont relayé à l'international, et en moins d'un an, des campagnes similaires ont vu le jour dans plus d'une douzaine de pays. L'organisation se consacrait à la protection des « prisonniers d'opinion » – des personnes emprisonnées uniquement pour leurs convictions. Les premières campagnes ont enquêté sur les conditions de détention en Afrique du Sud sous l'apartheid et apporté un soutien financier aux familles des prisonniers. Le mandat d'Amnesty s'est ensuite élargi pour inclure la torture et les procès inéquitables, et en 1977, elle a reçu le prix Nobel de la paix pour son action.

    Au cours des deux dernières décennies, l'action d'Amnesty a pris une nouvelle orientation. L'organisation s'est désormais clairement alignée sur la gauche progressiste, notamment sur les questions de sexualité et de reproduction. Depuis 2020, sa politique prône la dépénalisation totale de l'avortement « quel qu'en soit le motif », y compris jusqu'à la naissance ; elle s'oppose également à toute restriction de l'avortement sélectif en fonction du sexe, affirmant que « restreindre l'accès à un avortement sûr n'est pas la solution aux discriminations structurelles ».

    En Irlande, Amnesty International a exercé une influence néfaste sur les débats relatifs aux droits de l'enfant à naître. Dès 2014, l'organisation a milité pour l'abrogation du Huitième Amendement, qui consacre dans la Constitution irlandaise le droit à la vie égal pour les femmes enceintes et leurs enfants. Lors du référendum de 2018 portant sur cette protection, Amnesty International a affirmé que voter pour l'abrogation serait « un vote pour l'égalité, la dignité, le respect et la compassion ». L'abrogation a été approuvée par les deux tiers des suffrages.

    En 2015, Amnesty International a commencé à adopter des politiques sur la moralité sexuelle désormais bien associées à la gauche progressiste. L'organisation a notamment adopté une politique de dépénalisation totale de la prostitution, incluant la suppression des lois contre l'achat de services sexuels, le racolage et le proxénétisme. Dès 1991, Amnesty International a étendu la protection accordée aux « prisonniers d'opinion » aux personnes emprisonnées uniquement pour homosexualité. Depuis, cette politique est devenue un axe central du travail plus large de l'organisation sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre. Le rapport d'Amnesty International Royaume-Uni, désormais retiré, intitulé « Une menace croissante », qui décrivait les organisations catholiques britanniques et autres organisations chrétiennes comme faisant partie d'un « écosystème anti-droits » coordonné, est l'expression la plus récente et la plus frappante de cette dérive.

    Les excuses présentées par Amnesty International par la suite sont pour le moins amusantes. On pouvait y lire : « Nous présentons nos excuses pour la publication de la note d’information “Une menace croissante : le mouvement anti-droits au Royaume-Uni”. Ce document n’aurait jamais dû être publié, et Amnesty International Royaume-Uni assume l’entière responsabilité de cette erreur… Nous allons commander une enquête externe indépendante afin de tirer les leçons de cette situation. » Il est en effet regrettable que vous sachiez désormais ce qu’elle pensait de vous en privé – il faut dire que sa politique ne laissait guère de place au doute à ce sujet. Ironie tragique : Benenson lui-même avait mis en garde contre ce scénario, écrivant dans Persecution 1961 : « Si [Amnesty] venait à tomber sous le contrôle d’un pays, d’une idéologie ou d’une croyance, elle aurait échoué dans sa mission. » Selon les critères de son fondateur, ce jour est arrivé.

    Les catholiques devraient reconnaître, dans ce document expurgé d'Amnesty, la séparation essentielle entre la cité des hommes et la cité de Dieu. Nous ne poursuivons assurément pas les mêmes objectifs que nos homologues laïques, même si nous employons parfois une rhétorique similaire. Protéger l'accès public aux soins de santé paraît une bonne chose jusqu'à ce que l'on comprenne que ce terme désigne en réalité la stérilisation des mineurs et l'avortement des enfants non désirés. De même, « protéger les libertés individuelles » semble irréprochable jusqu'à ce que l'on apprenne qu'il s'agit de militer pour la déstigmatisation de la prostitution.

    Il peut être très difficile pour un catholique de garder son sang-froid face à de si vastes organisations internationales qui promeuvent leur propre vision perverse du bien humain. Il est nécessaire, surtout en matière de politiques publiques, d'adopter une perspective éternelle. Le plan de Dieu n'est pas accessoire à nos fins, mais en est la cause première et ultime. Le plus grand mal que causent les politiques d'ONG comme Amnesty International ne s'attaque pas au corps de nos frères et sœurs, mais à leur âme. Elles mettent en péril la véritable liberté humaine, qui ne se trouve que dans la soumission de la volonté humaine à la volonté divine.

    Il nous faut prendre conscience de la substitution insidieuse entre la véritable liberté humaine et la simple autorisation de faire tout ce qui nous plaît. La liberté est donnée à l'homme pour la poursuite du bien, pour sa relation avec Dieu. En dehors de ce bien, la liberté dégénère en une autorisation de tout faire, même des actes contraires à notre nature, aujourd'hui célébrés à travers le monde. Ce n'est pas la liberté ; c'est la pire forme d'esclavage.

    L'ironie la plus profonde de cette histoire est qu'Amnesty a accusé l'Église catholique et d'autres institutions chrétiennes de leur propre échec. Le péché humain a toujours été un acte d'autodestruction, une rupture de notre cœur avec Celui qui est notre seule satisfaction et l'accomplissement de tous nos désirs. En effet, ces agissements illustrent non seulement la menace croissante, mais aussi bien présente, de la morale progressiste – un mouvement anti-droits aussi ancien que le jardin d'Éden.

    Il est tragique de constater que des organisations comme Amnesty ont été fondées par des hommes de bonne volonté tels que Peter Benenson, lui-même catholique, mais qui, comme tant d'autres, ont vu leur œuvre se pervertir. Amnesty est depuis devenue un foyer de progressisme radical, promouvant des politiques aussi controversées que sa position actuelle sur l'idéologie transgenre.

  • L’« invasion » de migrants à Ceuta divise les évêques espagnols

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    D'Edgar Beltrán sur le Pillar :

    L’« invasion » de migrants à Ceuta divise les évêques espagnols

    Les évêques espagnols sont profondément divisés quant à leurs réactions face à l'afflux récent de migrants sans papiers en provenance du Maroc vers la ville autonome espagnole de Ceuta.

    Le président de la Conférence des évêques espagnols a qualifié l'afflux de migrants de la semaine dernière d'« invasion », un contraste frappant avec l'accent mis par le diocèse local sur une réponse humanitaire aux migrants.

    La semaine dernière, plus de 80 000 personnes ont franchi la frontière marocaine pour se rendre à Ceuta en quelques heures, selon les autorités espagnoles, submergeant cette ville de seulement 83 000 habitants.

    Selon les médias, l'afflux de migrants serait dû en partie à de fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux, laissant entendre que la frontière avait été ouverte. L'identité des personnes à l'origine de ces publications reste inconnue.

    La grande majorité des migrants sans papiers sont retournés au Maroc après que les autorités espagnoles ont annoncé qu'ils ne seraient pas autorisés à rester. Cependant, environ 7 000 personnes sont restées à Ceuta, dont un millier de mineurs.

    L'archevêque Luis Argüello de Valladolid, président de la Conférence des évêques espagnols, a déclaré le 2 août sur twitter.com que l'afflux de migrants s'inscrivait dans une stratégie politique plus large.

    « On joue avec la vie et on instrumentalise les gens – leurs rêves, leur faim, leur sexualité, leurs données – au service de l’argent et du pouvoir. Les migrations font partie intégrante de cette stratégie. L’invasion de Ceuta est un test. La démographie est une arme », a-t-il déclaré.

    L’ampleur de la dernière vague de migrants a suscité des réactions similaires de la part d’autres responsables de l’Église, qui ont mis en garde contre les motivations politiques derrière cette vague migratoire, tout en soulignant la nécessité de prendre soin des migrants concernés.

    L’archevêque José Rodríguez Carballo, OFM, de Mérida-Badajoz, a imputé la crise aux mafias locales du trafic et a déclaré qu’« il serait très triste d’essayer de tirer un avantage politique d’une grave situation humanitaire ».

    Il a fait référence à un article de l'archevêque émérite Santiago Agrelo de Tanger, qui suggérait que la vague de migrants avait été « provoquée par des intérêts politiques », mais a ajouté que « ces milliers de personnes manipulées et exploitées ne sont, pour le croyant, pas un sujet d'analyse politique ou idéologique, mais un sujet de compassion. Cette multitude ne peut recevoir que notre miséricorde. »

    Les évêques espagnols se sont généralement montrés favorables aux migrants.

    Le diocèse de Cadix et Ceuta a annoncé le 31 juillet, dans un communiqué, que les collectes du dimanche seraient intégralement reversées à la délégation diocésaine chargée des migrations. Il a ajouté être en contact avec les institutions civiles afin de contribuer à l'atténuation de la crise.

    Le directeur du département des migrations de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, le père Fernando Redondo Pavón, a affirmé dans une interview que la vague massive de migrants « n'avait rien à voir avec la régularisation extraordinaire » des immigrants illégaux votée par le gouvernement espagnol plus tôt cette année.

    Cette mesure, soutenue par la Conférence des évêques espagnols, a permis la régularisation de plus de 600 000 migrants. Des voix critiques locales craignaient qu'elle n'attire davantage d'immigration clandestine.

    D'autres responsables catholiques, quant à eux, ont adopté une approche plus franche face à la récente vague de migrants.

    Andrea Riccardi, fondateur de la communauté de Sant'Egidio, a déclaré dans une interview : « Nous avons besoin de migrants, pas de frontières fermées. »

    Il a toutefois reconnu avoir soupçonné une possible motivation politique derrière la dernière vague migratoire.

    « Il ne s'agit pas d'une arrivée comme les autres. C'est un véritable exode des damnés de la terre, ce qui laisse supposer qu'une organisation est derrière tout cela. Le Premier ministre Sánchez a évoqué des organisations mafieuses », a-t-il déclaré.

    De son côté, l’archevêque Emilio Rocha, OFM de Tanger, a rejeté cette idée, affirmant que « les mafias n’agissent pas ici, car elles agissent pour de l’argent, et les jeunes hommes qui traversent la frontière ne paient personne [pour le faire] ».

    Il a également critiqué l'idée selon laquelle les gens fuient une pauvreté extrême, affirmant que « le Maroc n'est pas un pays pauvre, ce n'est pas un pays où les jeunes fuient la faim ».

    Fernando Sotomayor, directeur de Caritas Ceuta, a déclaré dans une interview du 5 août que « la plupart de nos ressources sont destinées à 450 familles vulnérables de Ceuta, [nous nous occupons d'abord] des populations locales ».

    « C’était horrible… Les deux premiers jours ont été très compliqués. Nous avons constaté les dégâts causés par les migrants ; toutes les ONG ont agi du mieux qu’elles ont pu et avec les ressources dont elles disposaient. »

    Sotomayor a déclaré qu'un nombre important de migrants encore présents à Ceuta proviennent de pays autres que le Maroc, raison pour laquelle ils ne peuvent être renvoyés dans leur pays, et a demandé davantage de ressources pour participer aux efforts d'aide.

    La ville de Ceuta est sous souveraineté espagnole depuis 1640, date à laquelle elle est restée fidèle à la Couronne espagnole après le rétablissement de l'indépendance du Portugal. Elle était déjà sous domination portugaise depuis 1415, suite à sa conquête sur le sultanat mérinide.

    Son incorporation à l'Espagne est antérieure à l'avènement de la dynastie alaouite, qui établit la maison régnante du Maroc actuel au XVIIe siècle.

    Malgré cette longue histoire de domination ibérique, le Maroc continue de revendiquer sa souveraineté sur Ceuta et Melilla, une autre enclave espagnole sur la côte nord-africaine.

    Cela a incité de nombreuses personnes en Espagne, de tous bords politiques, à suggérer que le gouvernement marocain était à l'origine de la vague migratoire.

    Une situation similaire s'est produite, à plus petite échelle, en 2021, lorsque 8 000 migrants ont franchi la frontière, les médias locaux pointant du doigt « un relâchement évident des contrôles par les autorités marocaines » comme un facteur majeur de cette augmentation du nombre de migrants.

  • Alois, le prince de la vie qui défend les enfants contre l'avortement

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    De Tommaso Scandroglio sur la NBQ :

    Alois, le prince de la vie qui défend les enfants contre l'avortement

    Dans la principauté de Vaduz, capitale, la gauche modérée et les féministes ont lancé une campagne de pétition pour un référendum sur la légalisation de l'avortement. Mais le prince héritier et régent a déjà annoncé qu'en cas d'approbation, il y opposerait son veto. Un exemple de souverain qui exerce son pouvoir pour le bien commun.

    6/08/2026

    Le prince Alois de Liechtenstein à la COP28 - 1er décembre 2023 (AP via LaPresse)

    Nous sommes au Liechtenstein. En juin, le parti d'opposition de centre-gauche Freie Liste (Liste libre) et des groupes féministes tels que Femmes en bonne santé et le Réseau des femmes ont lancé l'initiative « Liberté pour le Liechtenstein » (Fristenlösung für Liechtenstein, Liberté pour le Liechtenstein), proposant un référendum sur la légalisation de l'avortement. Cette initiative inclurait la possibilité d'avorter jusqu'à la douzième semaine de grossesse, la mise à disposition d'informations médicales encourageant l'avortement et la prise en charge des frais liés à l'intervention par l'assurance maladie. Le 31 juillet, les initiatrices ont déposé 4 970 signatures auprès de la Chancellerie du gouvernement, soit largement le nombre requis pour la tenue du référendum. Au Liechtenstein, l'avortement est interdit sauf dans les cas suivants : si la vie de la mère est en danger, s'il existe un risque d'atteinte grave à sa santé, en cas de viol ou si la mère a moins de 14 ans. De plus, toute forme de publicité pour l'avortement est interdite. Il convient d'ajouter que depuis 2015, les femmes qui se rendent à l'étranger pour avorter (une quarantaine en moyenne) ne sont plus poursuivies en justice.

    Gabriella Alvarez-Hummel, militante pro-choix, a écrit dans le Guardian qu'elle et ses camarades avaient réussi à convaincre 4 970 personnes, mais qu'il ne leur restait plus qu'à convaincre un seul homme, car sans son consentement, même un référendum avec 100 % de « oui » ne pourrait jamais être promulgué. Cet homme décisif est le prince héritier Alois, régent de son père. En effet, dès le mois de juin, le prince avait fait savoir que, si le référendum était adopté, il y opposerait son veto, empêchant ainsi l'adoption de toute loi pro-avortement. Son service de communication a précisé que « la principale raison réside dans le fait que les dispositions relatives à l'interruption de grossesse ne protègent pas suffisamment le droit fondamental à la protection de la vie ».

    En 2011, le camp pro-avortement est parvenu à faire adopter un référendum sur l'avortement. Mais le résultat fut catastrophique : 52,3 % des votants se sont déclarés contre la légalisation. À cette occasion, le prince héritier a de nouveau déclaré que même en cas de victoire du « oui », il s'opposerait à son vote. Suite à cet échec, et conscients que la prise de position du prince avait influencé le vote des citoyens, un autre référendum a été organisé en 2012. Cette fois, il ne portait pas sur la légalisation de l'avortement, mais sur le principal obstacle à sa légalisation : le droit de veto du prince. Ce fut un désastre pour ses partisans : 76,1 % des votants se sont prononcés contre la suppression de ce droit. Les pouvoirs du souverain sont intouchables. En 2016, les opposants à l'avortement ont également proposé un référendum pour interdire l'avortement dans tous les cas, mais 81,3 % des votants ont décidé de ne pas modifier le cadre légal qui, comme nous l'avons vu, autorise l'avortement dans certains cas.

    Deux brèves réflexions. La première : Francesco De Gregori chantait « Nous sommes l'Histoire ». Or, la plupart du temps, c'est faux. Ce ne sont pas les masses qui font l'histoire, mais les élites, les technocraties, les oligarchies qui exercent une influence sur la société, et souvent, des individus qui les dirigent. Le facteur décisif est fréquemment un homme politique, un penseur, un financier, un banquier, un émir, ou un petit groupe de ces personnes qui s'allient. Et là encore, il arrive souvent que leurs décisions ne soient pas dans l'intérêt du peuple. Le veto du prince Alois confirme qu'un seul homme peut façonner l'histoire d'un pays, mais cette fois-ci, sa décision était prise pour le bien commun. Par le passé, cet homme a déjà sauvé des centaines d'enfants de l'avortement, contribuant ainsi à un changement significatif. Il a marqué l'histoire.

    Deuxième réflexion : on croirait lire un conte de fées, mais le plus beau jamais écrit, car il est vrai. Nous avons un prince qui se bat pour les plus vulnérables et les plus fragiles, pour les enfants. Un prince qui n'a pas peur d'aller à contre-courant, qui ne craint pas d'être dépouillé de son pouvoir, car il sait qu'aucune autorité humaine ne peut lui ravir ce qui lui appartient de droit divin. Un prince qui ne cède ni au compromis, ni à un pragmatisme sordide, mais un prince de principes, un prince de la vie. Aujourd'hui, plus que jamais, c'est ce dont les hommes ont besoin : des hommes de courage, d'intégrité, fidèles à des valeurs qui les transcendent, irréductibles, forts et tenaces, prêts à payer le prix fort pour leurs choix. Et tout homme dont l'armure intérieure rayonne de ces vertus est déjà un prince.

  • Didier Decoin, le romancier qui savait qu' « il fait Dieu »

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    Didier Decoin, le romancier qui savait qu' « il fait Dieu »

    Didier Decoin est mort le 5 août 2026 à l’âge de 81 ans. Prix Goncourt 1977 pour John l’Enfer, scénariste prolifique, président de l’Académie Goncourt de 2020 à 2024, il laisse une œuvre abondante et un souvenir littéraire fort. Mais ceux qui l’ont connu de près, ou qui l’ont lu attentivement, savent qu’un autre fil traversait toute sa vie : une foi soudaine, radicale et jubilatoire, née d’une nuit de septembre dont il n’a jamais cessé de parler.

    Né le 13 mars 1945 à Boulogne-Billancourt, fils du cinéaste Henri Decoin, il commence très jeune une double carrière de journaliste et d’écrivain. À vingt ans, son premier roman est déjà publié. Athée convaincu, comblé par le travail et la vie, il ne cherche rien. Un soir de 8 septembre — année qu’il a toujours laissée indéterminée —, vers onze heures, dans la maison de campagne familiale, il se brosse les dents. Une intuition claire le traverse : Dieu n’existe pas. Il se dirige vers sa table de nuit pour noter cette évidence. Dans le temps de ce court trajet, tout bascule. Sans vision, sans voix, sans rien de spectaculaire, une certitude inverse s’impose : Dieu est, il est vivant, et il entre avec lui dans une relation d’amour. Une joie « brûlante, inhumaine », trop grande pour être contenue, le jette à genoux. Il passe la nuit entière dans une prière sans mots. Au matin, il formule la phrase qui deviendra le titre de son livre : « Il fait Dieu. »

    Cette expérience, qu’il préfère appeler « révélation » plutôt que « conversion » (le second mot lui semblait trop flatteur), change tout. Il explore d’abord le judaïsme, l’islam et les spiritualités orientales, cherchant à retrouver cette présence. C’est finalement le christianisme, et particulièrement la personne du Christ, qui le retient. Les Évangiles deviennent « ses protéines quotidiennes ». L’Eucharistie, la Résurrection, la Trinité prennent pour lui un sens concret et joyeux. Il fréquente les églises — parfois plusieurs fois par jour —, prie partout, et affirme n’avoir plus jamais eu peur de la mort. Ses relations aux autres se transforment : chaque visage lui apparaît comme une parcelle d’éternité.

    En 1975, il publie Il fait Dieu, récit bref et brûlant de cette nuit. Plus tard viendront Jésus le Dieu qui riait, le Dictionnaire amoureux de la Bible, et un ouvrage sur Élisabeth de la Trinité, mystique à laquelle il se sentait lié. Sa foi n’était ni austère ni triste. Elle était jubilatoire. Il répétait volontiers que l’on rencontre le Christ dans l’autre, et que Dieu n’est pas un concept mais une expérience vivante.

    Jusqu’à la fin, Didier Decoin a porté cette évidence avec la même élégance et la même liberté qu’il mettait dans ses romans. Pour lui, ce n’était plus croire : c’était savoir. Et ce savoir, reçu un soir ordinaire en se brossant les dents, n’a jamais faibli.