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BELGICATHO

  • Recul de le liberté religieuse en Espagne

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    De zenit.org :

    La liberté religieuse est en recul en Espagne

    57 % de cas supplémentaires par rapport à 2023, selon un nouveau rapport

    18 septembre 2026

    « Les données confirment que la liberté religieuse est en déclin constant et de plus en plus rapide en Espagne. Chaque année qui passe aggrave le problème et la réponse institutionnelle devient de plus en plus inadéquate », déclare María García, présidente de l’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience.

    (ZENIT News / Madrid, le 16 septembre 2026) – L’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience (OLRC) a présenté son rapport 2025 sur les atteintes à la liberté religieuse en Espagne le mercredi 16 septembre 2026. Avec 306 cas documentés, le rapport enregistre le niveau le plus élevé de la série historique de ce rapport, qui a débuté en 2012 : 26 % de plus qu’en 2024 (243 cas) et 57 % de plus qu’en 2023 (195 cas).

    « Les données confirment que la liberté religieuse est en déclin constant et de plus en plus rapide en Espagne. Chaque année qui passe aggrave le problème et la réponse institutionnelle devient de plus en plus inadéquate », déclare María García, présidente de l’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience.

    Deux attaques sur trois visent des chrétiens

    Sur les 306 attaques recensées, 173 (56,5 %) ont visé des catholiques. Si l’on ajoute les 33 cas enregistrés contre les chrétiens en général, les cinq contre les évangéliques et le cas contre les orthodoxes, le total s’élève à 212 ; autrement dit, deux attaques sur trois contre la liberté religieuse en Espagne ciblent les chrétiens. Les catégories ayant le plus d’impact sur cette communauté sont le laïcisme militant (60 cas) et la parodie de la religion (40 cas). Par ailleurs, cinq évangéliques ont été victimes d’attaques et un orthodoxe.

    L’antisémitisme a été multiplié par 13

    Avec 40 cas en 2025 (13 % du total), la communauté juive se classe deuxième en nombre absolu d’attaques. Ce chiffre est particulièrement alarmant, sachant que la population juive en Espagne représente moins de 0,1 % de la population totale. Depuis 2022, les attaques contre les Juifs ont été multipliées par treize.

    Les musulmans ont subi 26 attaques (une augmentation notable par rapport aux 11 de 2024) et les Témoins de Jéhovah, 11. Enfin, 17 cas sont considérés comme visant toutes les confessions.

    Les violences physiques contre les croyants se poursuivent

    Par catégorie, le rapport recense six cas de violence physique contre des croyants (un chiffre identique à celui de 2024). « Que la violence physique contre les croyants se maintienne à six cas est scandaleux. Ce chiffre est disproportionné et ne saurait être toléré. Un seul cas d’agression physique contre une personne en raison de sa foi serait intolérable dans un État de droit. »

    « Derrière chacun de ces six cas se cache une personne agressée physiquement en raison de ses convictions. Rien ne peut justifier de tels actes, et nous exigeons que les autorités les traitent avec la même fermeté que si les victimes appartenaient à un autre groupe », déclare María García, présidente de l’Observatoire pour la liberté religieuse et la liberté de conscience.

    Nouvelles attaques contre des lieux de culte

    En 2025, on a également dénombré 73 attaques contre des lieux de culte et des symboles religieux (59 % de plus qu’en 2024), 50 cas de harcèlement de croyants (67 % de plus qu’en 2024), 72 cas de moquerie envers la religion (7 % de plus qu’en 2024) et 105 cas de laïcité belliqueuse (12 % de plus qu’en 2024), la catégorie la plus nombreuse pour la deuxième année consécutive.

    « Le fait que les attaques contre les lieux de culte aient augmenté de près de 60 % en une seule année est une statistique alarmante pour tout gouvernement soucieux de la coexistence pacifique. Cette augmentation est d’autant plus préoccupante qu’elle affecte le patrimoine des communautés religieuses et leur capacité à pratiquer leur foi normalement. Dans la plupart des cas, les auteurs de ces actes restent inconnus, ce qui entrave les poursuites judiciaires, mais n’exonère pas le public de sa responsabilité de prévenir et de réprimer plus efficacement ces actes », souligne García.

    Le gouvernement espagnol, à l’avant-garde de la responsabilité politique

    Près d’un tiers des attaques proviennent de représentants politiques ou de groupes parlementaires : 105 cas au total. Les principaux partis identifiés comme responsables sont le PSOE (31 cas), Sumar (26) et Podemos (18). Le fait que les deux partis au pouvoir en Espagne figurent en tête de liste constitue, de l’avis de l’Observatoire, une grave responsabilité institutionnelle. Dans le domaine médiatique, RTVE est impliquée dans 5 cas, les attaques ayant débuté le 1er janvier avec l’émission spéciale du Nouvel An, durant laquelle une image caricaturale du Sacré-Cœur de Jésus a été diffusée.

    « Il est inacceptable que la télévision publique, financée par les impôts de tous les Espagnols, y compris les croyants, soit l’un des acteurs les plus fréquemment responsables des atteintes à la liberté religieuse. Il est tout aussi inacceptable que les partis au pouvoir figurent en tête de liste des responsables politiques. Ce n’est pas de la laïcité : c’est une laïcité belliqueuse et une hostilité envers la religion », a déclaré le président de l’Observatoire.

    La liberté artistique comme bouclier

    Le rapport documente l’instrumentalisation systématique de la liberté artistique et d’expression pour justifier la moquerie et le ridicule des croyants, notamment catholiques. Des exemples tirés de la télévision et de la radio publiques et privées, d’affiches de partis politiques et de spectacles de carnaval révèlent un schéma qui se répète année après année. L’Observatoire souligne que ce traitement inégal par rapport aux autres groupes constitue, en soi, une violation du principe d’égalité.

    Répartition géographique

    L’Andalousie (37 cas), la Catalogne (32) et la Communauté de Madrid (31) enregistrent le plus grand nombre d’attaques au niveau régional. À cela s’ajoutent 78 cas d’envergure nationale, recensés par des déclarations institutionnelles, des initiatives législatives et des médias d’État.

    Les exigences de l’Observatoire

    Face à cette situation, l’Observatoire de la liberté religieuse exige du gouvernement et des législateurs espagnols qu’ils protègent les symboles religieux et les lieux de culte, maintiennent le délit d’outrage aux sentiments religieux dans le Code pénal, respectent le droit de prier en public et éradiquent le laïcisme belliqueux des institutions publiques et des médias. « L’Espagne a l’obligation, envers ses citoyens et envers le droit international, de garantir que la liberté religieuse ne soit pas un droit de second ordre », conclut le président de l’Observatoire.

  • Europe : on marchera pour la vie durant ce week-end

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    Marches pour la vie dans les villes de l'UE ce week-end

    Ce week-end, des milliers de personnes participeront aux Marches pour la vie à travers l'Europe.

    Samedi 19 septembre, des marches auront lieu à Berlin et à Cologne , en Allemagne .

    Le dimanche 20 septembre, la Marche nationale pour la vie aura lieu à Bratislava, en Slovaquie . 

    Ces rassemblements envoient un message fort d'espoir pour la vie, réunissant les gens pour défendre la dignité et la protection de chaque vie humaine.

    (One of Us)

  • Le Pape en France : quand la presse française, ou plutôt parisienne, est en émoi

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    D'Ed. Condon sur le Pillar :

    Presse française, in nomine Ecclesiae, et saison des récompenses

    18 septembre 2026

    Personne ne prend plus de plaisir que moi à taquiner les Français. C’est vraiment l’un des petits plaisirs innocents de la vie. Il y a quelque chose dans le caractère national gaulois qui, pour certains d’entre nous, appelle tout simplement à être un peu dégonflé.

    Ne vous méprenez pas : j’aime à la fois la France et les Français, dans l’ensemble. La cuisine, le vin, la langue, l’art, l’architecture — sans parler de la beauté intrinsèque du pays lui-même — en font un endroit merveilleux. Et je n’hésite pas à le dire : la grande majorité des Français sont des gens simples et authentiques, ouverts d’esprit, curieux et intéressants, et tout simplement de bonne compagnie.

    La vérité, c’est que lorsque des gens comme moi avouent aimer piquer « les Français », ce que nous voulons vraiment dire, c’est « les Parisiens ».

    Paris est à la France ce que New York est aux États-Unis : un piège à touristes en permanence dysfonctionnel, gangrené par la criminalité, surestimé et hors de prix, où la nourriture est médiocre, les rues non balayées, et les habitants d’une supériorité méprisante. C’est le genre de combinaison qui donne aux gens honnêtes l’envie de les provoquer — c’est ainsi, et c’est pourquoi, qu’a été inventée la pizza deep-dish de Chicago.

    Je mentionne tout cela parce que la presse française, ou plutôt parisienne, est en émoi cette semaine : apparemment, le Vatican a opposé un non poli mais ferme à toute une série de demandes concernant la prochaine visite du pape Léon en France. J’ai lu avec intérêt que le Saint-Siège a refusé que le pape soit accueilli avec une garde militaire complète, décoré de la grand-croix de la Légion d’honneur, soumis à un banquet d’État et enchaîné au président Macron pour une visite privée de Notre-Dame.

    J’aimerais croire que Léon, en tant que fils de Chicago, manifeste simplement une impatience midwestern sans chichis face au faste et au cérémonial inutiles, ainsi qu’une allergie native à la prétention. Mais je ne pense pas que ce soit tout à fait cela.

    La France traverse actuellement le même cycle politique toxiquement acrimonieux que le reste de l’Occident, et la liste des choses auxquelles Léon a répondu « merci, mais non merci » est largement interprétée là-bas comme une manière habile du Vatican d’éviter que le voyage du pape ne soit récupéré en une série de séances photo présidentielles d’une semaine.

    Il me semble assez clair que Léon a toujours conçu ce bref passage en France comme une visite pastorale du pasteur en chef du troupeau du Christ, et non comme une visite d’État du Père des princes et des rois. Cette distinction est à la fois formelle et assez évidente d’un point de vue diplomatique, et bien établie dans les voyages pontificaux.

    Le voyage de saint Jean-Paul II au Royaume-Uni en 1982 fut le premier de l’histoire effectué par un pape régnant, mais s’il a rencontré la reine Élisabeth II en sa qualité de gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre, et non de chef d’État, il a — d’un commun accord — évité soigneusement le chef du gouvernement, Margaret Thatcher. En revanche, la visite de Benoît XVI en 2010 fut une véritable occasion d’État, avec tout le faste, littéral et métaphorique, que Macron a apparemment demandé… et qui lui a été refusé.

    Je m’attends à ce que les attentes de Léon pour ce voyage aient été clairement exprimées dès le départ, et que l’Élysée ait simplement espéré tirer un peu plus de jus d’un pape encore dans sa saison de rookie. Mais le Quai d’Orsay du Vatican n’est pas composé de débutants, et Léon n’est pas un naïf.

    Je suis content qu’il garde sa poudre diplomatique au sec et qu’il réserve le prestige de chef d’État de la papauté pour le moment où lui, et lui seul, décidera de l’utiliser. La question est : où sera-ce ? Cela vaudra la peine d’être observé.

  • Léon XIV fera une halte discrète à la chapelle des Carmes à Paris

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    D' sur le site de France Catholique :

    Léon XIV pèlerin à la chapelle des Carmes

     
     

    Un raccourci saisissant. Le samedi 26 septembre au matin, au cours de son voyage en France, le pape Léon XIV fera une halte discrète à la chapelle des Carmes à Paris. Là, il se recueillera devant les reliques des 115 prêtres martyrs de la Révolution, à proximité de la tombe de Frédéric Ozanam qui, lui, a amplement contribué au renouveau de l’intelligence de la foi.

    Dans cette crypte de l’église, le Pape aura ainsi devant les yeux le pire et le meilleur. Le pire, c’est-à-dire une idéologie – celle initiée par les « Lumières » – qui avait « perverti les esprits et corrompu les mœurs, et rempli avant tout la France de meurtres et de ruines », comme le souligna le décret pontifical de 1926 actant le martyre des victimes de la Révolution, et donc leur béatification.

    Relèvement de la foi

    Le meilleur, c’est la surprenante fécondité de ce même martyre. Car à peine 50 ans après ce sanglant épisode, un brillant intellectuel, Frédéric Ozanam, reprend le flambeau de la foi qui semble alors moribonde. Prenant acte du rationalisme de la Sorbonne, Ozanam crée la première chaire de littérature comparée, et s’attache à y réconcilier foi et raison, en montrant l’apport du christianisme à la civilisation. Mais il veut également nourrir intellectuellement les catholiques, et les rendre fiers de leur histoire. Il lance les fameuses conférences de Carême à Notre-Dame de Paris, qui ont un succès considérable ! Sa vision du combat culturel à mener est claire, et elle est résolument positive ! «J’apprends, écrit-il, à ne pas désespérer de mon siècle en voyant quels périls a traversés cette société chrétienne dont nous sommes des disciples, dont nous saurons au besoin être les soldats.» Et il joint le geste à la parole, devenant un apôtre de la charité et visitant les pauvres du quartier Mouffetard à Paris.

    En sera-t-il de même dans les années à venir, à observer le changement générationnel à l’œuvre chez les catholiques, avec certes une minorité – de celles qui changent le monde – de jeunes qui ont soif, et sont prêts à agir à contre-courant. Ce tournant pour l’Église en France serait-il un des enjeux sous-jacents de la venue de Léon XIV ?

    Pour cela, il faudra retenir une autre leçon d’Ozanam, celle qui lui faisait opposer «l’esprit de jouissance» à «l’esprit de sacrifice». C’est une autre dimension du personnage, méconnue, celle qui lui faisait dire, lui qui fut fauché à 40 ans par la tuberculose : « Je pense souvent à la mort mais non plus pour en avoir peur. (…) Qu’est-ce qu’un jour de moins dans l’avenir, quand l’avenir est éternel?» Ces mots, criants de vérité, sont d’un chrétien qui sait que son âme est immortelle !

    Et c’est la même inspiration qui guidait les martyrs de la Révolution, dont un des tortionnaires ne put s’empêcher de constater le courage : « Je m’abîme d’étonnement, vos prêtres allaient à la mort avec la même joie et la même allégresse que s’ils fussent allés aux noces. »

    Ainsi, lorsque le Pape, poursuivant son pèlerinage en France, se recueillera devant la Sainte Tunique d’Argenteuil au Stade de France, après avoir vénéré la Couronne d’épines à Notre-Dame, il pourra saisir quelque chose de cet esprit français dans ce qu’il a de meilleur, quand il ne se résout pas au défaitisme et au déclin !

  • 19 septembre : il y a 180 ans, à La Salette, la Vierge est apparue à Mélanie et Maximin

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    D'Aleteia.org :

    Il y a 180 ans, le 19 septembre 1846, Marie apparaissait à deux enfants, Mélanie et Maximin, sur la montagne de La Salette. Le véritable "secret" de la Vierge reste un mystère, l'Église ne reconnaissant pas son ton apocalyptique. On y parle de guerres, de tremblements de terre et de démons sur Terre.

    19 septembre 1846, sud-est de la France. Dans les alpages du petit village de La Salette, la Vierge Marie apparaît à deux enfants venus y faire paître leurs vaches : Mélanie Calvat (14 ans) et Maximin Giraud (11 ans). La Vierge est en pleurs, assise sur un gros caillou. Elle est habillée comme les femmes du village : une robe qui descend jusqu’aux pieds, un fichu sur les épaules, une coiffe sur la tête, et un tablier autour de la taille. La coiffe, le fichu et ses pieds sont ornés de guirlandes de roses. Près des roses du fichu, une lourde chaîne. La Vierge porte sur sa poitrine un crucifix avec, de chaque côté, une paire de tenailles et un marteau. Un halo de lumière émane du crucifix.

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  • Le Vatican et la Russie

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    De George Weigel sur le NCR :

    Le Vatican et la Russie
     
    COMMENTAIRE : Le monde d'aujourd'hui a désespérément besoin d'un leadership moral sérieux. Ce pouvoir de témoignage moral est le seul véritable pouvoir dont dispose le Saint-Siège en politique internationale.
     
    16 septembre 2026
     
    L'archevêque Paul Gallagher, le « ministre des Affaires étrangères » du Saint-Siège (dont le titre officiel est Secrétaire pour les Relations avec les États et les Organisations internationales), s'est rendu à Moscou du 24 au 28 août, où il a rencontré de hauts responsables du régime de Poutine et de l'Église orthodoxe russe. Les réactions à cette visite ont été mitigées.
     
    Un de mes amis ukraino-américains, présent en Ukraine à ce moment-là, a qualifié cette visite de « surréaliste » — peut-être parce que les Russes ont marqué la mission diplomatique de l'archevêque non pas par des gestes de paix, mais en intensifiant leurs frappes meurtrières de missiles et de drones contre des cibles civiles à Kiev et dans d'autres villes ukrainiennes.
     
    Le chef de l'Église grecque-catholique ukrainienne, le grand-archevêque Sviatoslav Chevtchouk (que les Russes auraient assassiné si leur guerre éclair contre Kiev avait réussi en février 2022), a salué l'appel de Mgr Gallagher à des négociations pour mettre fin à l'agression russe. Il a toutefois comparé cette visite à « une descente aux Enfers, lorsqu'un sermon sur la résurrection des morts résonne depuis les profondeurs de l'Hadès ».
     
    Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'est montré beaucoup plus optimiste. Dans ses déclarations après sa rencontre avec Mgr Gallagher, M. Lavrov, selon un article d'ACI Stampa, « a noté avec satisfaction que, malgré les profonds changements survenus dans le contexte géopolitique… les relations entre la Fédération de Russie et le Vatican continuent d'être marquées par la confiance, l'amitié et le pragmatisme ». M. Lavrov a également déclaré avoir remercié ses collègues du Saint-Siège « pour leur position équilibrée sur la situation en Ukraine et dans les zones environnantes ».
     
    M. Lavrov est un menteur expérimenté et raffiné, qu'il ne faudrait pas croire s'il annonçait que le soleil se lèvera à l'est demain matin. Néanmoins, son choix de mots est instructif, ne serait-ce que pour démontrer ce qu'il pensait pouvoir se permettre en présence d'un très haut responsable du Vatican.
     
    Un « contexte géopolitique » modifié ?
     
    Voilà qui bat tous les records d'euphémisme pour décrire la brutale guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine et sa guerre hybride contre les alliés européens de l'Ukraine (enfin reconnue comme telle début septembre par la ministre allemande de l'Intérieur). Et que vient faire cette allusion au « pragmatisme » ? M. Lavrov suggérait-il que la diplomatie du Saint-Siège est dénuée de principes ou de fondements moraux ?
     
    Quant à la « position équilibrée du Vatican sur la situation en Ukraine et dans les zones environnantes », il s'agissait d'une autre insulte tacite, suggérant que Mgr Gallagher, le cardinal Pietro Parolin (secrétaire d'État du Saint-Siège) et le pape Léon XIV ne comprennent pas qui a envahi qui en février 2022, et dans quel but.
     
    La diplomatie du Vatican doit parfois endurer de telles prévarications éhontées pour atteindre des objectifs humanitaires, tels que la libération de prisonniers de guerre ou le retour des enfants ukrainiens kidnappés par la Russie. Cependant, cette tolérance a un prix si ces mensonges restent indéfiniment sans réponse. 
     
    Mgr Gallagher a également rencontré le métropolite Antoine de Volokolamsk, responsable des « relations extérieures » (c'est-à-dire à la fois de l'œcuménisme et des relations internationales) de l'Église orthodoxe russe. Dans une interview accordée à Vatican News après son séjour en Russie, Mgr Gallagher a déclaré qu'il existait « une relation très cordiale et fraternelle » entre « le métropolite Antoine et le Saint-Siège ». L'archevêque a reconnu qu'« une divergence de vues subsiste sur certaines questions », notamment sur la situation internationale, « mais en même temps, nous cherchons à nous encourager mutuellement à suivre la voie de l'Évangile », concluant que la rencontre avait été globalelement « très encourageante ».
     
    Deux semaines et demie avant la mission de Mgr Gallagher à Moscou, j'ai publié une chronique dans le Wall Street Journal, consacrée au nouveau livre du patriarche Cyrille, chef de l'Église orthodoxe russe. Dans son ouvrage, Cyrille défend la guerre de Poutine en Ukraine en des termes que l'on ne peut qualifier que d'hérétiques et de blasphématoires — un avis qui n'est pas seulement le mien, mais aussi celui du patriarche œcuménique Bartholomée de Constantinople, premier parmi ses pairs au sein du leadership de l'Orthodoxie orientale. Dans cette chronique, je soulignais une évidence aveuglante : face à Cyrille, les responsables du Vatican n'ont pas affaire à un chef religieux, mais à un homme de paille du Kremlin qui a subordonné son Église au pouvoir de l'État russe et trahi l'Évangile au passage.
     
    Il semble fort peu probable que le métropolite Antoine, qui doit son poste à Cyrille, soit d'un autre avis que le patriarche. Dès lors, comment une « relation très cordiale et fraternelle » est-elle possible dans de telles circonstances ? Une telle suggestion ne retarde-t-elle pas encore le jour où une véritable conversation théologique œcuménique avec l'Orthodoxie russe sera possible ? 
     
    Le monde d'aujourd'hui a désespérément besoin d'un leadership moral sérieux : un leadership qui transcende le « pragmatisme » et dit la vérité au pouvoir. Ce pouvoir de témoignage moral est la seule force réelle dont dispose le Saint-Siège sur la scène politique mondiale. La réflexion romaine sur la diplomatie du Vatican devrait commencer par ce fait, et nulle part ailleurs. 

  • Des évangélistes qui se contredisent sont-ils fiables ?

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    De Matthieu Lavagna sur 1000 raisons de croire :

    Le critère de dissimilarité renforce la fiabilité des Évangiles

    Vous avez sûrement déjà entendu certains affirmer : « Les évangélistes nous rapportent des versions différentes des mêmes événements ; c’est la preuve qu’ils se contredisent et qu’on ne peut pas leur faire confiance ! » Voilà une objection qu’on lit souvent sur Internet, mais il faut savoir qu’elle n’est pas prise au sérieux chez les universitaires. En effet, parmi les critères d’historicité, les spécialistes du Nouveau Testament utilisent – entre autres – le critère de dissimilarité entre les récits pour attester la fiabilité des textes évangéliques.


    Les raisons d'y croire

    • Le critère de dissimilarité affirme la chose suivante : si divers témoignages d’un même événement s’accordent sur les éléments principaux et divergent sur des éléments secondaires, alors l’événement en question est probablement historiquement vrai (au moins dans les grandes lignes).
    • En effet, lorsque quelqu’un fabrique une histoire de toutes pièces, il évite en général de relater des discours en apparence contradictoires. Au contraire, il prend soin – pour paraître crédible – de s’assurer que les différents témoignages sont identiques.
    • Ce principe rationnel est utilisé dans beaucoup d’autres domaines de la vie quotidienne : les enquêteurs de police et les juges en font usage lorsqu’ils écoutent ce qu’ont à dire les différents témoins d’un même événement. Si tous les témoignages sont absolument identiques en tous points, il y a une suspicion évidente de complot. Au contraire, le fait que les témoins présentent des versions légèrement différentes du même fait atteste de l’indépendance et de la sincérité de la version de chacun. Les témoins en question ne se sont pas concertés pour inventer un récit parfaitement harmonieux.
    • Appliqué aux Évangiles, ce critère de dissimilarité permet de renforcer l’historicité de nombreux passages que certains sceptiques accusent d’être contradictoires. En réalité, le fait que les évangélistes n’aient pas voulu cacher ces « contradictions apparentes » montre bien qu’ils étaient honnêtes dans ce qu’ils rapportaient, et que leur témoignage est historiquement crédible.

    En savoir plus

    Le fait que les textes évangéliques rapportent différentes versions d’un même événement ne suffit pas pour que les historiens du Nouveau Testament les accusent d’être contradictoires et historiquement erronés. En effet, avoir des témoignages différents n’implique pas nécessairement de contradiction, mais une complémentarité d’informations qui racontent globalement un même fait sous différents angles.

    L’accusation à outrance de contradictions, qu’on lit souvent sur Internet, n’impressionne donc pas beaucoup les historiens en ce qui concerne la fiabilité générale du texte. Réfléchissez-y. Il serait tout de même étrange que les quatre récits des Évangiles racontent exactement la même version au détail près. Les enquêteurs de police le savent très bien : si les témoins interrogés livrent rigoureusement le même récit en tous points, il y a une suspicion évidente de complot. En effet, il serait tout à fait suspect de retrouver quatre témoignages absolument identiques, sans omettre aucun détail secondaire. Au contraire, les enquêteurs attendent que les versions données par les individus soient globalement concordantes, car ils savent bien que, lorsque les gens rapportent des témoignages véridiques, il est fréquent qu’ils divergent beaucoup sur les détails secondaires. Cela ne remet pas en cause leur fiabilité générale, maismontre que chacun donne une perspective différente du même événement.

    Prenons l’exemple préféré des sceptiques : la divergence sur les femmes qui découvrent le tombeau vide. Lesquelles sont présentes ? La liste varie quelque peu : selon l’Évangile de Marc, il s’agit de Marie de Magdala, Marie mère de Jacques, et Salomé. L’Évangile de Matthieu ne rapporte que Marie de Magdala et « l’autre Marie », sans mentionner Salomé. L’Évangile de Luc, lui, se contente de parler d’un « groupe de femmes ». Enfin, l’Évangile de Jean mentionne Marie de Magdala et la présence plausible d’un autre groupe de femmes (cf. l’usage du « nous » dans Jean 20,2 ).

    Ici, les faits sont rapportés de manière différente mais non contradictoire. L’historien peut en conclure que nous avons plusieurs sources historiques indépendantes qui attestent qu’un groupe de femmes a bien découvert le tombeau vide de Jésus trois jours après la crucifixion. Mais il serait absurde d’en conclure, comme c’est le cas chez certains sceptiques, que la découverte du tombeau vide est une fiction sous prétexte que les récits diffèrent sur des détails secondaires.  En effet, si les évangélistes avaient inventé cette histoire de tombeau vide, ils auraient sûrement pris soin d’harmoniser les différentes versions afin d’en produire une seule. On ne peut donc pas les accuser d’avoir trafiqué un récit de toutes pièces.

    À ce sujet, le théologien Henri Blocher remarque très justement : « Ceux qui accusent les textes de contradictions nous semblent les aborder avec une étrange rigidité. Ils ne seraient contents que si les Évangiles exhibaient dès la première lecture une correspondance parfaite, que si l’harmonie était d’emblée évidente et sans aucune obscurité. Mais c’est là vouloir une Bible tombée du ciel ! Les juges savent bien qu’en général, des témoignages tous véridiques mais indépendants présentent des variations considérables, et qu’il est d’abord difficile de les harmoniser. Cela tient à la différence des points de vue, aux choix des éléments retenus, à l’élasticité des mots. Lorsque des témoins de foi paraissent s’opposer, le juge ne décrète pas aussitôt qu’ils se contredisent : il tente une conciliation plausible de leurs dires. C’est cette attitude sympathique et souple que les évangélistes méritent aussi. Montrer qu’on peut les lire d’une façon qui ne les oppose pas, ce n’est pas faire un effort désespéré et malhonnête pour sauver un texte sacré de l’incohérence ; c’est simplement leur accorder le minimum qu’exige un homme digne de foi » (Henri Blocher, « L’accord des Évangiles et la résurrection », La Bible au microscope, vol. II, Édifac, 2010, p. 81).

    Bien loin d’être un argument contre la fiabilité des Évangiles, la dissimilarité entre les récits (comme pour celui de la Passion de Jésus ou de la découverte du tombeau vide) penche au contraire en faveur de l’authenticité générale du témoignage, écartant toute suspicion d’intention complotiste de la part des évangélistes.

    Matthieu Lavagna, auteur de Soyez rationnel, devenez catholique !


    Aller plus loin

    Jim Warner Wallace, Cold-Case Christianity, David C Cook, 2013.


    En complément

  • Un protecteur pour ceux qui présentent des examens

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    Saint Joseph de Cupertino, céleste protecteur de ceux qui passent des examens.(18 septembre) (blogue du Mesnil-Marie)

    La vie de Saint Joseph de Cupertino est assurément l’une des plus extraordinaires et des plus déroutantes de l’hagiographie, mais le fait que son procès de canonisation se soit déroulé en plein « siècle des lumières« , sous les yeux – peut-on dire – des hyper-critiques qui cherchaient à discréditer le catholicisme par tous les moyens, est déjà une garantie : l’Eglise en face de tant de contradicteurs s’est posé toutes les questions qu’on était en droit d’attendre en pareil cas et a fait preuve de circonspection, accumulant les plus certains des témoignages sur ce « phénomène » vraiment déconcertant pour les esprits rationalistes.
    Joseph Désa naquit dans une famille pauvre de biens matériels mais riche de foi et de vertus chrétiennes, le 17 juin 1603. C’était à Cupertino, dans le diocèse de Nardo, au Royaume de Naples.Joseph passa toute son enfance dans cette petite ville, auprès de son père, menuisier, et  de sa mère, Françoise Zanara, femme laborieuse et énergique… La famille était profondément chrétienne et on raconte que dès l’âge de cinq ans le petit Joseph donna des signes de grande piété et vertu…Néanmoins, s’il était précoce en vertu, il était naturellement maladroit – c’est un euphémisme! – d’une maladresse aussi bien manuelle qu’intellectuelle, au point qu’on le considéra bien vite comme le « simplet » du village… Atteint d’une étrange maladie, dont il fut guéri en recourant avec ferveur à la Très Sainte Vierge, il résolut de consacrer sa vie à Dieu et s’imposa dès lors de grandes mortifications comme on en pratique dans les ordres religieux les plus austères.A dix-sept ans, comme deux de ses oncles étaient franciscains conventuels, il se présenta dans leur Ordre où il fut refusé pour insuffisance intellectuelle.

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  • L’Église en crise – et comment nous ne devons pas la sauver (Mgr Rob Mutsaerts)

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    De Mgr Rob Mutsaerts sur son blog :

    L’Église en crise – et comment nous ne devons pas la sauver

    Douze points, des vérités un peu gênantes, et une voie catholique pour avancer

    J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise : l’Église catholique est en crise. La bonne : ce n’est pas la première fois. En regardant l’histoire de l’Église, on a même parfois l’impression que la crise est l’une de ses traditions les plus solides. Nous avons connu des papes corrompus, des évêques trop mondains, des hérésies, des schismes, des révolutions, des persécutions et des commissions liturgiques. Et pourtant, nous sommes toujours là.

    C’est d’ailleurs la meilleure preuve que l’Église vient de Dieu. Une organisation purement humaine, gérée comme l’Église l’a parfois été, aurait probablement fait faillite dès le IVe siècle. Mais bon, la situation reste sérieuse. Pas parce que l’Église n’est pas assez populaire. Pas parce que sa « part de marché » baisse. Pas parce qu’elle n’est pas assez adaptée au consommateur moderne.

    La crise est grave parce qu’à l’intérieur de l’Église, on n’est plus très sûr de choses dont elle devrait justement être sûre : Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce que le péché ? Qu’est-ce que le mariage ? Qu’est-ce que le sacerdoce ? Qu’est-ce que la liturgie ? Qu’est-ce que l’obéissance ? Que veut dire la miséricorde ? Qu’est-ce que le Christ a vraiment confié à son Église ? Et plus profondément encore : est-ce que nous croyons encore que l’Église a reçu du Christ quelque chose qu’elle n’a pas le droit de changer ? Voilà le cœur du problème.

    1. La première réforme urgente : arrêter de faire comme si tout devait être réformé

    Nous vivons dans une culture où le changement est presque automatiquement vu comme une amélioration. Un téléphone de 2019 est déjà vieux. Un ordinateur de 2012 est antique. Alors on finit par penser qu’une doctrine de 325 a besoin d’une mise à jour logicielle. Mais la Révélation n’est pas un iPhone. Le christianisme n’est pas un produit qui doit sortir un nouveau modèle chaque année. Le rôle de l’Église n’est pas d’inventer sans cesse une nouvelle religion. Son rôle, c’est de recevoir, de garder, d’approfondir et d’annoncer ce qu’elle a reçu du Christ.

    Cela ne veut pas dire que rien ne peut changer. Les méthodes pastorales peuvent évoluer. Les règles disciplinaires aussi. Les façons de gouverner, les formes de liturgie… tout cela peut bouger. Mais la vérité, elle, ne peut pas être vraie aujourd’hui et fausse demain.

    À chaque projet de « renouvellement », un évêque devrait se poser une question toute simple : est-ce que ça aide vraiment mes gens à devenir plus saints ? Pas « est-ce innovant ? », pas « est-ce inclusif ? », pas « est-ce qu’on peut monter un groupe de travail ? ». Juste : est-ce que ça rapproche les gens du Christ, des sacrements et de la vie éternelle ? Ça pourrait déjà raccourcir pas mal de réunions. Et ce serait déjà une petite réforme.

    2. La synodalité : un outil utile, mais une mauvaise mise en scène

    Il n’y a rien d’anti-catholique dans les synodes. L’Église en a toujours connu. Le problème, c’est quand la synodalité devient presque une idéologie. Le christianisme n’a pas commencé par : « Là où deux ou trois sont réunis en cercle de parole, la vérité apparaît toute seule. » Les apôtres ont d’abord reçu une foi. Ensuite seulement, ils ont pu en discuter. L’ordre compte.

    Écouter, c’est bien. Mais les catholiques doivent parfois oser poser la question un peu gênante : écouter qui ? La culture ? Les sondages ? Les groupes de pression ? Nous-mêmes ? Ou le Christ ? Quand le résultat d’un « processus d’écoute » ressemble trait pour trait aux demandes de la culture séculière, on peut au moins se demander si on a vraiment écouté le Saint-Esprit… ou surtout l’esprit du temps.

    Le Saint-Esprit a d’ailleurs une drôle de caractéristique : il parle très souvent en continuité avec ce qu’il a dit pendant les vingt siècles précédents. Un conseil à mes frères évêques : utilisez la synodalité, mais restez évêques. Un évêque n’est pas élu pour être un animateur permanent de groupes. Il est successeur des apôtres. Cela veut dire : enseigner, sanctifier, gouverner… et parfois dire simplement « non, on ne peut pas changer ça ». Le mot « non » a mauvaise presse aujourd’hui. Mais les parents savent bien : celui qui ne dit jamais non n’aime pas vraiment ses enfants.

    3. Remettre de l’ordre entre miséricorde et simple validation

    Personne n’a besoin d’une Église dure et froide. Mais personne n’a non plus besoin d’une Église qui n’ose plus nommer le péché que dans les vieux documents. Le Christ était infiniment miséricordieux. Mais sa miséricorde n’a jamais consisté à faire semblant que la conversion n’était pas nécessaire. Au pécheur, il dit « Viens ». Mais aussi « Suis-moi ». Et suivre, cela veut forcément dire qu’on ne reste pas exactement là où on était.

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  • Soixante ans de Nostra aetate : ce que la nouvelle Note vaticane cite et ce qu’elle laisse de côté

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    D'InfoVaticana :

    Une mémoire sélective : ce que la nouvelle Note vaticane cite et ce qu’elle laisse de côté

    17 septembre 2026

    On a appris depuis longtemps que les documents du Vatican se lisent deux fois : une fois pour le texte et une autre pour les notes, et que c’est souvent la seconde lecture qui compte vraiment. Le document par lequel trois dicastères célèbrent les soixante ans de Nostra aetate récompense cette habitude comme peu d’autres. Il cite ses sources avec générosité et s’arrête, avec la ponctualité d’un horloger, juste avant la phrase où ces sources parlaient de la vérité. Ensuite, il déclare caduque la fermeté que cette vérité soutenait. Et pour finir, il propose comme chemin pastoral une pratique que les mêmes sources excluaient. Trois mouvements, un seul geste.

    Il s’intitule « Un chemin d’espérance », est daté du 16 septembre et porte les signatures des cardinaux Fernández (celui que, nous disaient les enthousiastes, Léon allait foudroyer en quelques heures après l'habemus papam), Koch et Koovakad, à la tête de la Doctrine de la Foi, de l’Unité des chrétiens et du Dialogue interreligieux, avec leurs trois secrétaires. Sous les signatures, deux lignes supplémentaires : « Ex Audientia, 22 juin 2026 » et « Léon PP XIV ». C’est le même schéma avec lequel François a souscrit Fiducia supplicans, et il n’y a aucune raison de l’oublier maintenant que le signataire est un autre. Le Pape a approuvé le texte et en a ordonné la publication, et Donum veritatis enseigne que les documents de la Doctrine de la Foi expressément approuvés par le Pape participent de son magistère ordinaire. La même instruction admet que certains documents magistériels peuvent ne pas être exempts de déficiences. On s’accroche à cette admission. Il faut dire d’emblée ce qu’il ne contient pas, car on n’écrit pas pour le chasseur d’hérésies. Il ne nie rien de façon expresse. Il affirme que le Christ est l’unique Rédempteur, veut un dialogue « libre d’ambiguïtés » qui évite « le relativisme et le syncrétisme » et écarte une grande religion mondiale dans laquelle toutes les croyances seraient mises au même niveau. Il l’écarte, certes, « par respect pour soi-même et pour les autres », ce qui est un motif bien aimable pour rejeter ce que l’on rejetait auparavant parce que c’était faux. Le problème de la Note ne réside pas dans ce qu’elle dit. Il réside dans ce qu’elle fait de ce que d’autres ont dit.

    Elle commence par le Concile lui-même. La Note rappelle que l’Église « ne rejette rien de ce qui, dans ces religions, est vrai et saint » et qu’elle regarde avec estime leurs « manières d’agir et de vivre, les préceptes et les doctrines ». Elle s’arrête là. Nostra aetate ne s’arrêtait pas : elle ajoutait que ces préceptes et doctrines sont considérés avec respect « même s’ils divergent en beaucoup de points de ce qu’elle professe et enseigne », et aussitôt après que l’Église « a le devoir d’annoncer constamment le Christ ». Lorsque la Note revient plus loin sur ce numéro, l’obligation d’annoncer est devenue « l’exigence de fidélité à Jésus-Christ ». Fidélité et annonce ne sont pas synonymes. On peut être fidèle en silence, et le Concile ne demandait pas le silence.

    Avec Paul VI, l’opération est plus fine. La Note loue les cercles concentriques d’Ecclesiam suam, cette géométrie du dialogue qui, selon elle, « s’est révélée programmatique », et renvoie en note au passage où ils sont tracés. Dans ce même passage, en arrivant à ceux qui adorent Dieu dans d’autres religions, Paul VI avertissait qu’il ne fallait pas les regarder comme si toutes étaient équivalentes et déclarait, par loyauté, sa persuasion « que la vraie religion est unique, et que c’est la religion chrétienne ». La Note cite le cercle et saute le centre. C’est comme citer le Credo jusqu’à « créateur du ciel et de la terre » et considérer le reste comme récité.

    Avec Jean-Paul II, la méthode se répète. La Note apporte en note de bas de page l’audience générale du 22 octobre 1986, cinq jours avant Assise, et prend de son numéro 5 une phrase aimable sur des religions qui, après avoir causé des divisions, veulent contribuer à la paix. Elle ne prend pas la phrase immédiatement antérieure, qui rappelait les divergences de fond qui les séparent. Ni le numéro 2, où le Pape affirmait que c’est seulement dans le Christ que les hommes peuvent être sauvés. Ni le 4, où il expliquait pourquoi à Assise il n’y aurait pas de prière commune : on pouvait être présent pendant que les autres priaient, mais on ne peut pas « prier ensemble ». La formule retenue pour la journée fut d’être ensemble pour prier. On garde la distinction, car elle reviendra.

    Dominus Iesus s’en tire encore plus mal. Elle n’apparaît qu’une seule fois, dans une note, sans numéro de paragraphe, comme on mentionne dans un faire-part le parent avec lequel on ne se parlait plus. N’apparaît pas son numéro 22, selon lequel les non-chrétiens peuvent recevoir la grâce divine, mais se trouvent objectivement « dans une situation gravement déficitaire » face à ceux qui possèdent dans l’Église la plénitude des moyens de salut. Jean-Paul II a confirmé cette déclaration « avec une conscience certaine et de son autorité apostolique ». Cette Note porte la formule ordinaire : le Pape l’a approuvée et en a ordonné la publication. Quod non est in actis non est in mundo, disent les canonistes. La Note applique l’aphorisme à ses propres sources.

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  • Le catholicisme, une « religion minoritaire » en France ?

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    Le catholicisme, une « religion minoritaire » en France ?

    À quelques jours de l’arrivée du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre 2026, un constat s’impose dans les analyses des spécialistes : le catholicisme n’est plus la religion dominante qu’il fut pendant des siècles. Plusieurs sociologues et historiens le décrivent désormais comme une religion devenue, ou en train de devenir, minoritaire, surtout chez les jeunes générations.

    Selon les données de l’enquête European Values Study (EVS) de 2018, souvent citées par les chercheurs, environ 45 à 48 % des Français âgés de 60 ans et plus se déclarent encore catholiques. Chez les 18-29 ans, ce chiffre s’effondre à 15 %. Dans cette tranche d’âge, les « sans appartenance religieuse » dominent (près de 39 %), suivis des athées (28 %), tandis que les musulmans se situent autour de 13 %. Globalement, seuls 30 à 32 % des Français se disent aujourd’hui catholiques, contre 70 % en 1981. La pratique dominicale, elle, stagne à un niveau très bas, de l’ordre de 1,5 à 2 % de la population.

    Yann Raison du Cleuziou, professeur de science politique à l’université de Bordeaux et spécialiste reconnu du catholicisme contemporain, parle de « transition minoritaire ». « Le catholicisme a longtemps été en déclin tout en restant majoritaire. Aujourd’hui, ce déclin le conduit à devenir minoritaire, mais seulement dans certains segments de la société », explique-t-il. Cette recomposition s’accompagne d’une intensification de la pratique et de l’identité chez ceux qui restent fidèles : un « entre-soi » plus marqué, des communautés plus structurées, parfois plus traditionalistes ou charismatiques.

    La sociologue Céline Béraud, dans son ouvrage Une religion parmi d’autres (PUF, 2025), souligne de son côté que le catholicisme se trouve « dans une situation d’entre-deux ». Il conserve une présence sociale « diffuse » – jours fériés, patrimoine architectural, couverture médiatique – mais perd progressivement les privilèges institutionnels qui étaient les siens lorsqu’il était majoritaire. « La pluralité religieuse tend à le déplacer du côté du lot commun », analyse-t-elle.

    Ce n’est pas pour autant une disparition. Plusieurs observateurs notent un paradoxe : en devenant minoritaire, le catholicisme gagne en visibilité. Il se distingue davantage de la norme séculière dominante. On assiste aussi à des signes de renouveau localisé : hausse des baptêmes d’adultes et d’adolescents ces dernières années, dynamisme de certaines communautés, y compris issues de l’immigration.

    La visite du pape Léon XIV, attendue par des centaines de milliers de personnes à Paris, Lourdes et Metz, intervient précisément dans ce contexte. Elle met en lumière à la fois l’effondrement quantitatif de l’affiliation catholique et les dynamiques de recomposition en cours. Pour beaucoup d’experts, l’enjeu n’est plus de reconquérir une majorité perdue, mais d’apprendre à vivre et à témoigner comme une minorité religieuse dans une société profondément sécularisée.

    Dans la « fille aînée de l’Église », le catholicisme n’est plus le cadre culturel quasi naturel qu’il fut. Il devient une option parmi d’autres – une religion minoritaire, certes, mais encore capable de mobiliser et de surprendre.

    (avec l'IA)

  • Un évêque courageux

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    D'Austin Ruse sur le CWR :

    Un évêque qui montre la voie

    L’évêque Michael Francis Burbidge du diocèse d’Arlington, en Virginie, mène la lutte pour empêcher deux changements radicaux dans la constitution de l’État.

    L'évêque Michael F. Burbidge d'Arlington (Virginie) s'est exprimé récemment au sujet de deux amendements proposés à la Constitution de Virginie. (Image : Capture d'écran / YouTube)
    Les électeurs de Virginie sont appelés à se prononcer sur deux amendements à la constitution de l'État. Tous deux se situent à l'avant-garde de la révolution sexuelle.

    Et l'évêque Michael Francis Burbidge du diocèse d'Arlington mène la lutte pour les arrêter.

    Non seulement on inscrirait l'avortement sur demande dans la Constitution de Virginie , ce qui est inutile puisque l'avortement est déjà légal dans cet État, mais on autoriserait également le personnel non médical à pratiquer des avortements, et ce jusqu'au terme de la grossesse. Sans oublier que les mineurs pourraient interrompre l'avortement sans la surveillance de leurs parents.

    L'autre amendement inscrirait le mariage homosexuel dans la Constitution , ce qui est également inutile puisque le « mariage homosexuel » a été imposé à notre pays par la Cour suprême des États-Unis. Ce même amendement protégerait « l'idéologie du genre » dans la Constitution de Virginie.

    Ce sont parmi les initiatives référendaires les plus radicales du pays. Les démocrates n'en ont besoin que pour provoquer les catholiques et les autres chrétiens.

    En temps normal, ce serait une période où la voix de l'Église serait la seule à se faire entendre, ou bien où des laïcs organisés prendraient la parole, les évêques restant pour la plupart silencieux.

    C’est assurément le cas en Virginie actuellement, mais nous constatons également que l’évêque d’Arlington prend l’initiative.

    Il y a quelques semaines, l'évêque Burbidge a lancé une campagne « Votez Non » sur le site web du diocèse. C'était déjà remarquable. Puis, il a demandé aux 70 curés de paroisse de s'engager pour faire échouer ces amendements. L'évêque a envoyé des tracts, des pancartes et des affiches, et a demandé à ses hommes de les afficher dans leurs paroisses. La plupart l'ont fait. Dimanche dernier, il leur a demandé de lire une lettre de sa part sur ce sujet à chaque messe !

    « Nous tous, en Virginie, serons bientôt confrontés à de très graves menaces juridiques qui pèsent sur le caractère sacré de la vie humaine et la sainteté du mariage. Durant la prochaine période électorale, du 18 septembre au 3 novembre, deux initiatives dangereuses seront soumises au vote de tous les électeurs. »

    Il s'est adressé directement à tous les catholiques : « Premièrement, je vous demande d'être des disciples fidèles et de vous engager à voter en visitant CatholicVoteno.com, où vous pourrez vous informer et partager la vérité sur ces initiatives légitimes et radicales. Deuxièmement, je vous demande de vérifier votre inscription sur les listes électorales et de vous organiser pour aller voter dès ce vendredi 18 septembre, date du début du vote anticipé. Je vous encourage vivement à voter tôt afin de pouvoir exercer votre droit de vote lors de cette élection cruciale. »

    Il organise même des bénévoles pour envoyer 400 000 cartes postales personnelles demandant aux catholiques de voter non.

    C'est tout simplement stupéfiant. Nous, catholiques, sommes habitués à la timidité des évêques face aux prises avec des positions politiques radicales. Ils craignent d'être taxés de « guerriers culturels » et de franchir, d'une manière ou d'une autre, cette ligne sacrée et illusoire censée séparer l'Église et l'État. Certes, l'évêque nous assure que l'Église est apolitique et que cette élection ne porte pas sur les personnes, mais sur les enjeux. Mais même cela est sidérant.

    Mais cela ne nous surprend pas vraiment dans le diocèse d'Arlington. Notre évêque n'est pas un militant culturel, mais il est aussi courageux, à sa manière discrète et persévérante.

    Il y a plusieurs années, quasiment seul parmi les évêques, il a publié une lettre catéchétique contre l'idéologie du genre . Il affirmait que personne ne peut naître dans le mauvais corps. Il disait même qu'il ne fallait pas se laisser abuser par de faux pronoms.

    Les fidèles doivent éviter d'utiliser des termes ou des pronoms « affirmant le genre » qui expriment une approbation ou renforcent le rejet de la vérité par la personne concernée. Refuser d'utiliser un tel langage n'est ni dur ni moralisateur. Dans la société en général, les catholiques peuvent subir une forte pression pour adopter une terminologie culturellement approuvée. Cependant, nul ne doit être contraint d'utiliser un langage contraire à la vérité. Le droit de dire la vérité est inhérent à la personne humaine et ne peut être remis en cause par aucune institution humaine. Les tentatives de l'État, des entreprises ou des employeurs pour imposer un tel langage, notamment par des menaces de poursuites judiciaires ou de licenciement, sont injustes. Nous devons aimer dans la vérité, et la vérité doit être fidèlement exprimée par nos paroles. Parallèlement, la clarté doit toujours être au service de la charité, dans le cadre d'une volonté plus large de conduire les personnes vers la plénitude de la vérité.

    Ce diocèse est tout à fait particulier. Petit par la taille, il n'en est pas moins dynamique. Plus de 50 hommes étudient et se préparent à la prêtrise. Un grand diocèse ne pourrait pas en compter autant. Nous avons ordonné 12 prêtres l'an dernier. Actuellement, 46 hommes et femmes sont en formation pour la vie religieuse.

    Il y a une dizaine d'années, j'ai siégé quelques années au comité d'examen diocésain. Nous n'avons pratiquement jamais eu affaire à des accusations d'agressions sexuelles. Il n'existe pas ici de sous-culture de prêtres homosexuels. Un prêtre, fervent défenseur de l'association Rainbow Zeus, a organisé une réunion Zoom avec une paroisse il y a plusieurs années. Alerté, l'évêque Burbidge nous a assuré que cela ne se reproduirait plus jamais.

    Certes, Mgr Burbidge a dû faire preuve d'une grande habileté. Lorsque le pape François a injustement restreint la messe traditionnelle en latin, Mgr Burbidge a réduit le nombre de messes célébrées de 21 à 8, soit 13 de moins. Trois de ces huit messes sont restées dans les églises paroissiales, tandis que les cinq autres ont été déplacées. Cette décision a suscité une profonde tristesse parmi les catholiques attachés au rite traditionnel. Il est à noter que l'évêque a maintenu deux de ces messes près de Washington, D.C., où l'archevêque a pourtant interdit la messe traditionnelle. Mgr Burbidge aurait pu les maintenir dans des paroisses plus éloignées, jusqu'en Virginie-Occidentale, mais il ne l'a pas fait. Il les a conservées à proximité de Washington, D.C. Enfin, récemment, et pour la première fois, la Fraternité Saint-Pierre a été autorisée à intervenir dans le diocèse pour accompagner les fidèles assistant à la messe traditionnelle.

    Prenons l'exemple des tables de communion. Elles ont été arrachées partout dans le pays. À Arlington, elles n'ont même pas été installées lors de la construction de toutes ces églises modernes et laides. Mais dès son arrivée en 2016, Burbidge a autorisé leur utilisation et leur installation. Plusieurs ont été mises en place, ou d'autres sont désormais utilisées. Et vous savez quoi ? Les fidèles les apprécient, communiant à genoux et sur la langue.

    Et malgré toutes ces églises laides, l'évêque Burbidge a entrepris l'an dernier de rénover l'architecture de sa propre cathédrale Saint-Thomas-More (elle n'était pas complètement affreuse, mais elle l'était quand même). Comme me l'a dit un ami : « Il est même parvenu à transformer une cathédrale objectivement laide en un édifice évoquant l'esthétique Tudor, ce qui n'est pas une mince affaire. »

    Et toutes les nouvelles églises en construction sont classiques, magnifiques, telles que devraient être les églises, et non pas comme ces églises futuristes construites ici lors de la fondation du diocèse il y a 50 ans. Ce diocèse est remarquable.

    Et voici notre évêque. C'est lui qui montre la voie.